Il n’y a pas de passé simple

François-Henri Soulié

Éditions du Masque, 2016, 392 p., 7,90 €

4e de couv. :

Journaliste stagiaire au Courrier du Sud-Ouest , le jeune Skander Corsaro réalise un reportage culturel sur l’abbaye cistercienne de Morlan. Quarante-huit heures après la parution de son article, un cadavre est retrouvé au pied d’un échafaudage, dans la grande nef.
Skander Corsaro est alors pris dans un engrenage infernal dont le premier rouage remonte à l’Occupation nazie… À moins que tout n’ait commencé encore bien plus tôt, en 1789, par l’assassinat du dernier prieur de l’abbaye ? Peut-être que Blb, le poisson jaune de Skander, connaît la solution. Ce serait tellement rassurant si les poissons savaient tout comme dans la chanson d’Iggy Pop…

Mes impressions de lecture :

Je connaissais le nom cet auteur pour  « Angelus » et « Magnificat » qui se déroulent dans ma région et qui sont dans ma PAL. L’auteur m’a dédicacé « Angelus » au festival Aventure et Polar du Barcarès au mois de juin et en discutant avec lui il m’a dit qu’il avait écrit d’autres séries dont une policière avec un jeune journaliste. Je ne sais plus quel terme il a choisi mais je me suis dit tiens du cosy mystery. Il ne lui restait plus la première enquête. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde et depuis je me suis acheté « Il n’y a pas de passé simple »… et maintenant que je l’ai lu il me faut les autres titres « un futur plus que parfait », « le présent n’a plus de temps », « impératif imprévu »…

Je suis très sensible aux titres des romans et les titres de cette série me plaisent beaucoup, le jeu de mot est tout un programme. Il donne le ton et résume bien l’intrigue.

Dès le titre on a la thématique du temps qui va jouer un rôle primordial puisque vont intervenir dans notre présent des histoires du passé. A commencer par la moto du jeune héros une Morini 69, le point de départ du mystère une abbaye cistercienne… et je vous laisse découvrir le temps dans les intrigues.

L’autre thématique est celle des fantômes du passé. Ils vont surgir dans la vie du jeune héros et perturber sa vie. Il va faire de drôles d’expériences qui vont le tournebouler un peu.

Le personnage principal est un journaliste stagiaire, on pense tout de suite à Rouletabille, d’ailleurs le narrateur y fait référence aussi. Il est bien entouré et il va faire des rencontres marquantes. Il y a un côté roman de formation avec ce personnage qui va devoir affronter des épreuves pour mieux se connaître. La thématique de la famille vient s’ajouter à ce personnage de père inconnu. Je vous laisse découvrir sa mère !

L’intrigue va mener notre jeune héros sur de drôles de chemins. De la page culture, on va passer à la page fait divers…

Nous avons d’autres sujets comme la religion, la politique et le sexe…

J’ai passé un bon moment avec des personnages touchants ou abjects.

Roman policier très prenant avec toutes ses intrigues qui composent un ensemble très intéressant.

Il y a aussi une touche humoristique qui me plait bien.

Je vous laisse découvrir ce qui se cache derrière  ce passé pas si simple.

Réexposition

Un paysage unique envisagé 99 fois

David Samblanet

Éditions Photœil, coll. Un manteau d’image, 2020, 122 p., 25,32 €

David Samblanet

4 e de couv. :

Réexposition : un paysage unique envisagé 99 fois.Ce livre est le résultat d’une rencontre sidérante entre le cirque de Viviès et le photographe David Samblanet. La contrainte était de décliner un même paysage photographiquement 99 fois, en référence au livre singulier « Exercices de style » de Raymond Queneau qui raconte 99 fois la même histoire, mais dans un style à chaque fois différent. Le titre « Réexposition » vient des compositeurs classiques qui utilisaient la structure « forme-sonate » pour le premier mouvement de leurs œuvres musicales. Cette structure comportait l’exposition, le développement et la réexposition : c’était entendre à nouveau ce qui était présenté dans l’exposition sous des aspects identiques ou voisins

Neuf textes correspondants à neuf personnages, seront présents toutes les onze réexpositions. Si vous souhaitez les lire, il vous suffira simplement de scanner les « QR code » avec votre téléphone. La répétition du même paysage, appelé le cirque de Viviès, à Saint-Laurent de la Cabrerisse, proche dans sa composition de l’origine du Monde de Gustave Courbet, du point de vue de l’artiste, deviendra obstinément un prétexte à une construction mnémonique. C’est à l’aide des mots qu’il trouvera un passage.

Mes impressions de lecture :

Je connaissais David Samblanet avant de savoir qu’il était photographe. Nous avions parlé de littérature et autres sujets plus quotidiens. Il vit dans un village à côté de chez moi et nous avons une amie en commun qui a su mettre en avant le travail de David. Une exposition était prévue en juin 2020 dans la médiathèque où je travaille, mais les événements en ont décidé autrement. Nous avons pu la mettre en place pour juin et juillet 2022.

Une chose c’est voir les photos sur le site de l’artiste une autre de les voir face à vous en 1×1 m, 10 photos. C’est un travail qui surprend par les formes qu’elle prend. La démarche artistique est fort intéressante. Voir un espace naturel qui nous est familier prendre des formes aussi étranges il faut faire la démarche de se plonger dans cet imaginaire.

Les photos sont numérotées mais n’ont pas de nom contrairement à Queneau qui annonçait le titre de l’exercice. Ici le photographe laisse le « spectateur » se projeter émotionnellement ou mentalement. J’avoue avoir un faible pour #88. Certaines on un effet hypnotiques comme si on plongeait dans une autre dimension. Des sphères argentées, d’autres translucides ou d’autres objets étranges viennent se superposer au paysage. Tantôt David Samblanet joue avec les couleurs et les déformations, tantôt on voit le paysage voler en éclat… laissant l’observateur interpréter son ressenti.

Comme je disais, l’exposition est constituée de 10 grandes photos, pour avoir les 99 photos, il faut feuilleter le livre ( format ≃ 22×22). Vous savez que je suis une amatrice de livres donc toutes les excuses sont bonnes pour avoir le livre dédicacé et customisé par l’artiste.

Dans un avant propos l’auteur nous explique le pourquoi et le comment accéder à ses textes. En effet le photographe a inclus des textes pour certaines photos, mais il a choisi d’utiliser des QRcod pour les lire, il faut vivre avec son temps,  par pudeur puisque ce sont des personnes qui les lui ont inspiré. Je trouve l’idée très intéressante car on feuillète un « album photo » avec toutes ses variantes sans que le regard soit perturbé par du texte. D’autant qu’il n’y a que 9 textes et  99 photos.

Ces neuf textes qui abordent le thème de l’origine, la pédophilie, des traumatismes de la guerre, souvenirs de rencontres marquantes, voyages… et il y a les textes en suspend qui attendent le moment où l’auteur sera près à les dévoiler. C’est comme si l’auteur se donnait la possibilité de faire évoluer ses textes et pourquoi ne pas en créer d’autres.

Ce livre « d’images » nous invite aussi à nous plonger dans ses paysages modifiés et comme le dit l’auteur « Il regardait le paysage comme un horizon et il songeait… » Voilà qui pourrait donner lieu à des ateliers d’écriture (d’ailleurs il me semble que lors d’une expo ce fut proposé).

Et vous que vous inspirent  ces photos ?  ICI

Je ne vais pas analyser ces photos, c’est un exercice que je ne maîtrise pas du tout.

Je vous laisse découvrir le travail photographique de David Samblanet et les lieux de ses expositions.

NB : pour la petite anecdote, je suis arrivée dans ce village il y a 9 ans et je n’ai toujours pas fait cette randonnée, quelque chose me freine… Je ne connais donc que la partie extérieure… David y voit l’origine du monde à la Courbet et moi un lieu étouffant… mon côté claustrophobe resurgit.

Challenge VLEEL « un livre qui « ouvre mes horizons littéraires »

Les héritiers de Brisaine T.1 La malédiction du Bois d’Ombres

David Bry

Ill. Noémie Chevalier

Éditions Nathan, 2021,  168 p. , 11,95 €

CHRONIQUE JEUNESSE DU MERCREDI

4e de couv. :

Le Village de Trois-Dragons, au cœur du royaume de Fabula : la magie, autrefois courante, a disparu suite à une grande guerre.
Enguerrand, avec l’aide de son ami Grégoire, part à la recherche d’Aliénor, sa petite sœur, dans le Bois d’Ombres, une forêt dangereuse et maudite. Mais en pénétrant dans ce bois interdit, il semble que les enfants aient réveillé la magie noire du lieu… Le village est en danger !
Soutenus par la guérisseuse Brisaine, les trois amis vont devoir faire la lumière sur cette mystérieuse malédiction. Pour affronter les terribles dangers qui les guettent, il leur faudra du courage et l’aide de surprenantes créatures alliées.

Mes impressions de lecture :

Au mois de mai David Bry était l’invité du Blog Book en Stock. Durant tout le mois il a répondu aux questions de ses lecteurs. J’ai découvert cet auteur et j’ai lu un roman de fantasy adulte (que je n’ai pas encore chroniqué), j’ai aussi appris qu’il écrivait en jeunesse, j’ai donc gardé l’info dans un coin de ma tête. Début juin, je regarde le programme du salon du livre du Grand Narbonne qui avait lieu le 10-12 juin pour faire mes repérages auteurs. La librairie BD & Cie m’envoie sa newsletter en annonçant la venue sur le stand du salon de Noémie Chevalier que je ne connaissais pas… et là que vois-je c’est l’illustratrice de la saga « Les héritiers de Brisaine » de David Bry. Je ne pouvais laisser passer une telle info. Donc samedi je suis passé acheter et faire dédicacer le premier tome de cette série et j’ai eu droit au visage de la jeune héroïne.

Vous l’aurez compris les illustrations ont leur importance dans ce roman jeunesse, des pleines pages en noir et blanc. La couverture est un bel exemple version couleur de ce qu’on va retrouver à l’intérieur. Pour débuter on a une carte, vous savez comment sont les lecteurs de fantasy, ils adorent les cartes, de vrais voyageurs de l’imaginaire. Les personnages principaux sont représentés ainsi que l’univers de Fabula.

J’ai donc choisi ce roman pour son auteur, pour son illustratrice et parce que c’était de la fantasy jeunesse… je n’ai pas lu la quatrième de couverture donc quel ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu apparaitre les noms des personnages. L’un d’eux m’est très cher donc j’étais déjà sous le charme…

Nous avons donc trois enfants de 8 à 12 ans (c’est justement la tranche d’âge des lecteurs) de modeste condition, voir des souffre douleurs. On comprend très vite qu’ils ont en eux les germes de ce qu’ils veulent être adultes Enguerrand l’aîné est garçon d’écurie et aspire à être écuyer pour devenir chevalier. Aliénor la plus jeune est aussi très vive et fonce tête baissée, protectrice des animaux. Et il y a leur ami Grégoire qui est entre les deux, lui a des prédispositions pour la magie, il écrit un grimoire, dont on a un petit aperçu en fin de volume (texte et illustrations).

Bien sûr notre trio est ami d’une « sorcière » Brisaine une conteuse des légendes des Trois-Dragons. Elle les nourrit de toutes ces histoires. Puis, on découvrira d’autres personnages…

Ce sont des personnages positifs, purs et gentils.

Vous vous doutez bien qu’il y a les « méchants » qui vont essayer de leur mettre des bâtons dans les roues.

Dans ce premier tome nous découvrons donc cet univers et une partie du passé de ce royaume. Quelques parts d’ombre, et ce n’est pas que le Bois qui est d’Ombre, les âmes aussi. De nombreux rebondissements vont faire palpiter les lecteurs. J’ai été prise dans cette histoire.

Nos trois jeunes héros vont devoir mener une mission périlleuse avec les épreuves.

Les thématiques autour de la forêt, la magie, l’amitié, l’honneur sont très présentes.

J’ai adoré ce premier tome, j’ai très envie de lire les autres tomes de la saga. On a tous les bons ingrédients pour un bon roman fantasy et un conteur qui sait faire vibrer le lecteur.

Je vous laisse découvrir leurs mésaventures.

Challenge 15K, catégorie « #30 Les Musclés »

#payetonslip

Blackwater. T1 La crue

Michaël McDowell

Trad.Yoko Lacour avec participation d’Hélène Charrier

Monsieur Toussaint Louverture, avril 2022, 256 p., 8,40 €

Challenge 15K #1 Dorothée

Challenge de L’Été VLEEL « une maison d’édition indépendante encore jamais lue »

4e de couv. :

Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l’Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l’implacable crue de la rivière Blackwater.

Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s’apprêtent à se relever… mais c’est sans compter l’arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d’une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey.

Mes impressions de lecture :

Eh oui j’ai succombé à l’appel des sirènes médiatiques, la communication a été menée sur le long terme. Je n’ai pas été sélectionnée par Babelio, ni par la maison d’édition, ni par les différents concours.

Oui, la couverture a joué un rôle. L’objet livre a attiré mon attention. Il paraissait plus grand sur les photos des réseaux sociaux, une fois en main sa petite taille a des avantages.

Avoir écouté l’éditeur lors d’une rencontre sur VLEEL, a eu un certain impact. Voir : ICI

Cependant, ce qui m’a surtout attiré, c’est qu’il s’agit d’un roman feuilleton. Ce format à un certain charme qui m’a toujours plu. Et enfin et surtout c’est la thématique de l’eau qui a vraiment titillé ma curiosité.

C’est un roman qui a été publié la première fois en  1983. Et jusqu’à cette publication chez Toussaint Louverture je n’en avais entendu parler. J’étais curieuse de voir pourquoi il avait été choisi pour refaire surface.

L’histoire se déroule au début en 1919-1920 dans l’Alabama. Mais les il a été écrit en 1983. Les mœurs avaient évolué que ce soit en ce qui concerne le féminisme ou la condition des afro-américains, il y a certaines petites phrases qui attirent l’œil. Cela aussi l’intriguait de voir comment l’auteur allait jongler avec ces différentes idées. Sans parler du fait qu’il s’agisse d’une traduction, je ne saurais dire si la traductrice à aussi laissé son empreinte.

J’ai beaucoup aimé la touche de « fantastique » et de réalisme merveilleux qui confère à l’intrigue une part de mystère.

On est dans une sorte de huis clos alors qu’on est au milieu de la nature. Ce petit microcosme est un concentré de la société. Les émotions sont exacerbées. On nous parle d’un monde en apparence patriarcal mais où certaines femmes fortes ont la main mise sur le pouvoir local.

Il y a des familles, véritables clans. Chacun joue un rôle dans cette société. Chaque membre a une place qui lui est assignée. L’arrivée de la mystérieuse inconnue va venir bouleverser l’équilibre qui était en place.

Je me suis régalée avec la thématique de l’eau qui est omniprésente.

On a une belle mise en place des personnages, des lieux et des situations de départ. On a des rebondissements et de l’action. Je suis curieuse où Michaël McDowell va nous entrainer dans les prochains épisodes.

La ville, la maison, la famille, la filiation… et la rivière et la forêt, tout est propice aux mystères.

Ce roman a su capté mon attention, cela tombe bien car j’ai acheté la suite !

NB : se roman aurait pu être dans d’autres catégories du challenge 15 K. ainsi que dans le challenge VLEEL.

Bonne lecture

#payetonslip 4/25

Ce qu’il faut de nuit

Laurent Petitmangin

La manufacture du livre, 2020, 188 p.16,90 €

Challenge VLEEL de l’été catégorie « Un livre que je n’aurais jamais lu sans VLEEL »

4e de couv. :

C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d’hommes en devenir.

Mes impressions de lecture :

J’ai entendu parler de ce roman lors de sa sortie, puis lorsqu’il a eu un prix Femina des lycéens. Cependant l’aspect social/politique m’avait freiné. L’aspect trop « réaliste » de certains romans contemporains me dérange.

Lorsque Laurent Petitmangin a participé à une rencontre avec les lecteurs de VLEEL pour présenter son dernier roman paru « Ainsi Berlin », ils sont évidemment revenus sur le succès du premier. Et la ma curiosité a été titillée. Je n’aime pas rester un à-priori, alors j’ai acheté le roman.

Je ne connais pas la Lorraine malgré tout les problèmes économiques et politiques sont parfois abordés dans l’actualité. Le clivage cheminot de gauche et jeune qui est séduit par l’extrême droite est au cœur du sujet. Ce qui est intéressant dans ce roman c’est que c’est très contemporain puisqu’il parle des élections présidentielles de 2017 et des mois qui ont suivis.

Il aborde aussi la volonté de certains enfants d’ouvriers de vouloir sortir de leur condition et de la fracture sociale que cela peut engendrer (ex. Jérémy/Fus).

Ce qui m’a plu dans ce roman c’est que le narrateur est le père. Il utilise peu le « je », il raconte l’histoire de son fils, de sa famille, de son entourage. Il a la position de l’observateur qui se souvient qui reconstruit tout en étant au cœur du drame. On ne peut pas parler de mise à distance pour se protéger ou pour se trouver des excuses. On ne sait pas à qui il s’adresse, à lui-même peut-être. Il est question d’un homme qui est dépassé par toutes les épreuves de la vie, il ne minimise pas son rôle dans le drame qui va bouleverser sa famille.

Laurent Petitmangin joue avec les chapitres courts et les ellipses. Il y en a une qui m’a fait revenir à la page suivante (122-123) car il y a un tel reversement entre les deux situations que j’ai cru avoir sauté une page. C’est un roman très construit, pas après pas on voit les conséquences des situations ou des choix.

J’ai beaucoup aimé le jeu de miroir dans la narration. Le plus flagrant c’est « tous les dimanches ils allaient à l’hôpital » et puis ensuite les visites plus ou moins régulières au fils, avec le trajet et tout ce qui s’en suit.

C’est un beau et terriblement roman sur la paternité et les relations père/fils. Il y a un côté « chronique d’un drame annoncé ».

Je remercie le groupe de VLEEL pour ces rencontres en ligne et de m’avoir incité à lire ce roman.

Challenge #payetonslip 1/20

Challenge15 K 1/30 « #Olive et Tom »

Horrora Borrealis

Nicolas Feuz

Le livre de poche, 218 p., 7,40 €

4e de couv. :

Tout ce sang qui coule aux pieds de Walker. La question n’est pas de savoir qui est ce cadavre avec une balle dans la tête. Non. La bonne question est : qu’est-ce qui s’est passé en Laponie ? Les souvenirs sont flous, mais ce qui est sûr, c’est que de longue date, Walker ne croit plus au Père Noël. Et vous ? Vous y croyez encore ?

Mes impressions de lecture :

J’ai rencontré l’auteur lors d’un festival du Polar & Aventure au Barcarès en septembre 2021. Je connaissais son nom par ma copine de l’Atelier de Litote qui est assez spécialisée dans les thrillers et qui adore ses romans. J’ai pris ce roman qui semblait un peu moins « terrible » pour la petite nature que je suis ! Auteur fort sympathique qui a su répondre à mes interrogations.

Quel titre ! Il annonce la couleur d’entrée !

Lorsque j’ai débuté ma lecture, quelques temps après et je l’ai posé parce qu’il commence un peu trop violemment pour moi… Puis je l’ai repris avant d’assister à une rencontre en ligne avec l’auteur sur le site de VLEEL. Et puis une fois passé cette première phase sanglante ça allait mieux.

Le passé refait surface dans la vie d’un personnage traumatisé qui va être déstabilisé. Et on va suivre en même temps le présent et cette « chasse sanglante » et ce qui s’est passé dans la passé. Le personnage est devenu un peu paranoïaque. On a une thématique sur le chasseur/chassé.

L’auteur a su jouer avec les « fausses pistes » et les rebondissements. Il joue avec les identités. Au début on a même l’impression qu’il y a quelque chose de « fantastique ».

Beaucoup de suspens sur ce qui s’est passé en Laponie dans le passé. Nicolas Feuz nous a concocté une fin surprenante. Mais chut ! je n’en dis pas plus…

J’ai beaucoup aimé les tensions dramatiques, avec des variations émotionnelles.

Après cette lecture j’ai donc suivi sa présentation de « Brume rouge » qui me tente bien.

Éclats d’étoile. Livre 1

Neil Shusterman

Trad. Cécile Ardilly

Éditions Robert Laffont, Coll R, fev 2021, 300 p., 17,90€

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Dillon possède le terrifiant pouvoir de déclencher des vagues de destruction avec une simple pensée.
Deanna, elle, ressent une peur si dévorante qu’elle en est devenue une sorte de trou noir, aspirant tout ce qui la terrorise.
Lorsque l’éclat d’une supernova illumine le ciel nocturne, Dillon et Deanna ont une révélation : ils sont six à être accablés de pouvoirs monstrueux qui leur rongent l’âme autant que le corps. Et ce n’est qu’ensemble qu’ils auront une chance de vaincre ces forces mystérieuses.

Mes impressions de lecture :

J’ai reçu le tome 2 qui vient de paraître et je  me suis dis qu’il valait mieux que je commence par le tome1, alors j’ai acheté ce premier tome pour découvrir l’auteur et l’un de ses univers.

C’est un roman fantastique young adulte, grands ados. Il y a une certaine violence … et des thématiques sombres.

C’est un roman surprenant. Dans cette histoire nous avons six adolescents avec des pouvoirs étranges, ça serait plutôt des tares. C’est particularités sont négatives. D’habitude on attributs  aux héros des pouvoirs positifs pour faire le bien autour d’eux, ici ce n’est pas le cas.

Dans ce premier tome on découvre chaque personnage avec son affreuse histoire. Puis, comme aimantés ils vont former des binômes plus ou moins complémentaires. Entre eux les effets négatifs n’ont pas lieux.

Au début je me suis dit qu’on allait être dans la quête, un road trip, le voyage initiatique qui terminerait par leur rencontre, il y a de cela mais aussi pas tout à fait… Je suis donc allé de surprise en surprise.

Les personnages ont plus ou moins appris à vivre avec leurs singularités, on pourrait dire qu’ils sont leur première victime. Cependant, il va y  avoir la lutte pour choisir le bien et le mal, selon les critères de notre société. Il y a un attrait dans le mal qui les ronge.

Je n’ai pas eu d’empathie avec certains personnages, je pense que chaque lecteur sera plus sensible à tel ou tel aspect. Les relations entre les personnages sont étranges comme ce qu’il leur arrive.

C’est un roman relativement sombre, les théories autour des éclats d’étoile sont intéressantes.

Une lecture prenante. Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir.

Je ne saurais vous dire si j’aime ou pas ce roman, il y a quelque chose qui m’a dérangé.

Je vais pouvoir enchainer avec le tome 2 « le dévoreur d’âmes » ça ne laisse pas trop de place au doute sur le côté sombre.

A bientôt pour la suite…

Qui en parle ?

Mylène

Les 4 enquêtrices de la supérette Gwangseon

Jeon Gunwoo

Trad. Kyungran Choi et Bessora

Éditions du Matin Calme, nov 2021, 318 p., 14,90 €

4e de couv. :
Quand quatre femmes exaspérées par un exhibitionniste prennent les choses en
main.
Dans une supérette de quartier, quatre femmes se retrouvent pour de petits
travaux et de bons après-midi de papotages. Elles ont respectivement dans les
20, 30, 40 et 60 ans environ. Toutes s’ennuient auprès de maris qui rivalisent
de paresse et de machisme. Alors quand un exhibitionniste sévit dans le
quartier, elles décident d’enquêter pour le faire arrêter. Et y parviennent.
Peu après, dans leur résidence composée d’une dizaine d’immeubles, un serial
killer vient de reprendre ses activités criminelles après quelques années de
pause. Sa spécialité : laisser prés du corps de ses victimes sans tête un
badge  » smiley « .
Ensemble, pour gagner la prime qui paiera le divorce de l’une d’elles, bravant
mille dangers, les quatre Sherlock Holmes de la supérette vont se lancer sur
les trousses de l’assassin.

Mes impressions de lecture :

Vous connaissez peut-être mon penchant depuis quelques années pour les Cosy  Mystery. J’ai surtout lu des romans britanniques et français, alors quand j’ai vu que les Éditions du Matin Calme en publiaient un, je n’ai pu résister à cette découverte. Je me le suis acheté pour les fêtes de fin d’année.

Je ne sais pas si vous connaissez les éditions « Matin Calme », leur couvertures sont souvent  avec des tons Noirs, Rouge et Blanc ce qui correspond au genre polar et roman noir, ici pour le « cosy mystery » les teintes sont plus pastelles pour qu’on ne s’y trompe pas, c’est très bien vu !

Ce qui m’a intéressé dans ce roman ce sont les personnages féminins.  Sur la quatrième de couverture il était annoncé comme un roman féministe cruel et drôle. Cela focalise le lecteur sur ces aspects en particulier.

J’ai noté d’entrée l’emploi de « papa de… » ou « maman de… » alors qu’on aurait dit monsieur ou madame. La notion de grande sœur est aussi une notion que je trouve très intéressante et qui me rappelle des souvenirs personnels loin de la Corée ce n’est donc pas spécifique à cette région du monde.

La présence du diable m’a rappelé certaines choses qui étaient racontées dans « Carnets d’enquête d’un Beau Gosse nécromant » de Jung Jeahan comme la place des superstitions et des forces du mal qui rodent dans la vie des coréens.

On y voit la vie quotidienne des petites gens, la première scène avec les chiffonnières qui vivent au jour le jour des cartons et papiers qu’elles ramassent, ce qui les pousse à certains extrêmes. Puis,  Les quatre femmes avant de devenir des détectives amatrices, elles arrondissaient leur fin de moi en cousant des yeux au nounours.

Les victimes sont des femmes et l’aspect sexuel des crimes est évident. Quand aux quatre enquêtrices, on a une jolie brochette de femmes qui ne sont pas heureuses dans les rôles qu’on leur a attribués dans la société. Elles vont transgresser les règles sociales et sortir des conventions.

C’est très intéressant les relations qu’elles ont avec la gente masculine de ce roman. On a la relation père-fille, mari-femme, homme-femme, professionnel masculin et femmes, mère et enfant…  quand au travail il est alimentaire est peu valorisé. Miri rêvait de devenir détective lorsqu’elle était jeune mais « ce métier n’existe pas en Corée » et pas de femme dans la police (d’après ce qu’elles laissent sous entendre).

Quand elles vont aborder les enquêtes, c’est avec un autre angle que les policiers. Les victimes vont leur confier plus d’informations parce qu’elles vont se sentir écoutées. Le visionnage des vidéos surveillances va être différent de celui des policiers par exemple…

J’ai beaucoup aimé la bienveillance et la solidarité féminine. J’ai aussi adoré les voir changer au fur et à mesure qu’elles s’impliquent dans les enquêtes. Elles essaient d’intégrer les hommes, mais la plupart campent sur leurs positions, ce qui révolte le lecteur ! (enfin moi)

L’humour est là, même si cela dénonce certaines choses, je pense notamment aux références à Holmes et Agatha Christie, car ne l’oublions pas nous sommes en Corée, certaines n’ont jamais lu un des romans (ou un roman quel qu’il soit) et il y en a même une qui va se lancer dans la lecture d’une adaptation enfant. Ce qui est amusant,  c’est ces drôles de dames qui vont s’acheter des trench-coats alors que les chaleurs estivales font leur apparition, cela donne lieu à des situations hilarantes. Je ne sais pas quel est l’équivalent en coréen mais elles semblent croire que l’habit fait le moine, il leur faut donc un uniforme  pour être identifiées comme détectives.

Il y a des scènes cocasses comme il se doit dans ce genre littéraire. Le côté amateur donne lieu à des entrées en scène surprenants. Quand ces femmes prennent les choses en main cela va au-delà des courses poursuites…

L’humour c’est aussi dans le langage, la traduction a su donner le ton et l’emploi de certaines formules pour rendre la narration très visuelle et vivante. On sent la retenue et tout à coup on se relâche. Un exemple : Les victimes de l’exhibitionniste parlent de son « petit truc » et puis on donne comme sobriquet à ce délinquant sexuel « Boules de mulot ».

Les événements vont prendre un tour plus dramatique et lorsque le moment de la résolution arrivera on sera au cœur de l’action en compagnie de ces quatre femmes… Ah la la la…. Je ne peux rien vous dire !

Même si j’avais compris des choses avant j’ai trouvé la résolution des énigmes très bien menée.

J’ai beaucoup aimé ce roman avec des femmes attachantes. J’espère qu’il y aura d’autres « cosy mystery » aux  Éditions du Matin Calme.

Brothers

Sylvie Allouche

Éditions Syros, 2017, 233 p., 14,95 €

Chroniques jeunesse du mercredi

4e de couv :

5 heures du matin. Un terrain vague recouvert de neige. Le coffre d’une Jaguar grand ouvert et dedans, un homme ligoté, au bord de la mort. Debout devant le coffre, atterrés, Ben et Bruno, les frangins sans histoires de la Cité des Fleurs. Ils étaient censés ramener la voiture de luxe à un trafiquant, une mission soi-disant tranquille. Face à cet imprévu, ils doivent improviser : prévenir la police ou s’enfuir. À moins que Juliette, une fille que Bruno vient juste de rencontrer, ne puisse les aider…

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert les romans de Sylvie Allouche  grâce à un partenariat avec les Éditions Syros. Mais je n’avais pas eu ce roman. C’est une réédition d’un roman publié chez Mango en 2012. Comme cela fait un petit moment que je n’ai pas lu un roman de cette autrice j’ai eu envie de découvrir ces deux frères…  Maintenant, il me faudra me procurer « Twist again » qui est une autre aventure qui se déroule dans la cité des fleurs !

Une nouvelle fois Sylvie Allouche m’a surpris par sa narration ancrée dans la réalité crue. Elle n’édulcore pas les choses. Elle part de fait que l’on connait. Banlieue parisienne, cité avec peu d’espoir, présence de trafics en tout genre. Les personnages sont jeunes ils vont faire des choix qui vont avoir des répercussions dans leur vie future. Quelle voie prendre ?

Les romans de Sylvie Allouche c’est aussi la famille, la fratrie. Comme dans la vraie vie il y a des familles de tout type et il y a les familles que l’on se crée par affinité.

Des rencontres peuvent  changer votre vie, en bien ou en mal, et c’est là qu’il faut savoir faire le bon choix.  L’amitié va aussi avoir un rôle important. Il y a des gens bienveillants qui sans faire de bruit vous protègent. La solidarité joue encore un rôle important.

La fatalité n’est pas la règle d’or dans cette cité. «  Je ne vous connaît pas, mais quelque chose me dit que vous valez mieux que ça. Pensez loin devant. Toujours » dit l’un des personnages clé. Il y a de l’espoir, tout n’est pas sombre il y a de beaux moments tendres et de l’amour…

Justice et loi, deux thèmes qui sont abordés. Tout ne finit pas bien pour tout le monde, il y en a forcément qui ont choisi le mauvais chemin.

De nombreux rebondissements vont tenir le lecteur en haleine. Des surprises  aussi comme celle de la cave… je ne vous en dis pas plus.

C’est un bon thriller jeunesse avec un rythme soutenu et une intrigue palpitante.

Le langage reflète assez cette jeunesse sans être caricatural, je dis ça pour rassurer certains prescripteurs ou lecteurs.

Bonne lecture.

Code 93

Olivier Norek

Pocket, 2014, 359 p., 7,60 €

Lu dans le cadre de Black November

Semaine 2 : Titre avec un chiffre….

4e de couv. :

 Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.
Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le  » Code 93  » ?
Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison..

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert cet auteur  lors  du salon du livre de Narbonne. J’en avais beaucoup entendu parler sur les réseaux. Mais je ne m’attendais pas à son côté facétieux lors de la « table ronde » du salon. J’ai acheté son roman qui était sorti chez pocket et de fil en aiguille je me suis enfin lancé dans la lecture de ce premier tome de la trilogie Coste.  Lors d’un autre salon j’ai acheté le deuxième tome…

Ce roman se laisse lire plus facilement que je ne le croyais. Même s’il y a des scènes assez crues et « réalistes ».

Ce que j’ai  aimé c’est découvrir le fonctionnement de le groupe de Victor Coste. Comme c’est le premier de la série  on découvre le passé et le passif des personnages. Mais entre celui qui part et ceux qui arrivent sont groupe est déstabilisé et il faut qu’il retrouve l’équilibre pour savoir sur qui s’appuyer et sur qui compter.

Coste se retrouve bien malgré lui au milieu d’embrouilles qui le dépassent et bien sûr il ne peut pas fermer les yeux, pris entre le marteau et l’enclume il devoir éviter le pire.  Donc danger interne qui se rajoute au danger externe.

Les sujets abordés tournent autour du pouvoir, du  sexe et  l’argent et ce qui en découle : violence, drogue et meurtres.

La thématique familiale est aussi très présente, entre familles inventées et familles dysfonctionnelles cherchez l’erreur.

Il va aller de Charybde en Scylla.

Je ne connais pas la région, je suppose que ceux qui connaissent vont y trouver des repères plus concrets.

Je vous laisse découvrir qui s’en sortira et dans quel état.

Il me reste les autres titres à lire.

Je ne participe pas à la 3eme semaine…