Jusque dans la terre

Sue Rainsford

Trad. Francis de Guévremont

Éditions Aux Forges de Vulcain, sept 2022, 213 p., 20 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

Rentrée Littéraire Automne 2022

4e de couv. :
Ada vit avec son père dans une clairière, en bordure d’une forêt, non loin de la ville. Ils passent leur temps à soigner les habitants qui leur confient leurs maux et leurs corps, malgré la frayeur que ces deux êtres sauvages leur inspirent parfois. Un jour, Ada s’éprend de Samson, un de ces habitants. Cette passion, bien vite, suscite le dépit voire la colère du père de la jeune fille et de certains villageois. L’adolescente se retrouve déchirée par un conflit de loyauté entre son héritage vénéneux et cet élan destructeur qui l’emmène loin de tout ce qu’elle a connu.
Roman lyrique, inquiétant, roman de l’émancipation autant que roman du désir souverain, Jusque dans la terre a été salué comme la naissance d’une romancière à l’imagination terrifiante, peuplée de sorcières et de monstres.

Anecdotes de lectrice :

Lorsque je reçois un livre, j’aime bien faire une ou des photos en rapport avec la couverture ou le sujet pour les réseaux sociaux et aussi pour m’amuser. En voyant la couverture, j’ai tout de suite eu l’idée de photos. Cependant ce n’est qu’une fois le livre en main que j’ai voulu aller faire la fameuse photos avec l’arbre aux racines visibles pas très loin de chez moi. J’habite un coin assez sec… eh bien figurez-vous qu’au moment où j’ai choisi d’aller faire les fameuses photos il s’est mis à pleuvoir, pas longtemps mais je me suis dit c’est un signe. La pluie ici ne dure pas donc j’ai fait les photos dès qu’il y a eu une éclaircie. quelques jours après, j’ai eu envie de faire une autre photo avec de la terre et rebelote j’ai dû attendre que l’averse passe. J’étais dans les conditions du livre avec cette terre mouillée…

Mes impressions de lecture :

« Étrange étrangeté », c’est l’expression qui m’est rapidement venu à l’esprit. Je ne suis pas prête d’oublier ce roman, j’y suis entrée comme en terre connue. Il est original et singulier et pourtant j’avais une sensation de continuité. D’autres lectures sont venues nourrir cette histoire. Comme cette ambiance parfois glauque ou gothique. Bien sûr l’influences de mes dernières lectures « Sorrowland » de Rivers Solomon, « Blackwaters » de Mickael McDowell entre autre dans « Le soldat désaccordé » de Gilles Marchand on a les tranchées de la première guerre mondiales qui font écho avec le thème de l’enfouissement.

Par moment on pense aussi à Mary Shelley et sa créature , « Frankestein » , ou E.T.A. Hoffman et son conte « l’homme se sable »… Vous l’aurez compris c’est la littérature fantastique et les romans gothique qui me sont revenus en mémoire.

De l’importance d’une couverture de livre… J’ai bien aimé cette image de racines qui s’enfoncent profondément, cet espace souterrain source d’énergie.

Mais penchons nous sur le texte lui même, des chapitres courts à la première personne, des chapitres « témoignages » aussi à la première personne mais d’autres narrateurs, leur nom apparaît dans l’intitulé du chapitre, donc pas de soucis de repérage.

Dans un premier temps, on présume qu’on va partir sur un procès ou une chasse aux sorcières, avec les « témoignages » des « cures » (ceux qui viennent se faire soigner) que l’autrice insèrent au fur et à mesure entre les chapitres, avec des Ada par-ci des Ada par-là… Il est beaucoup de question de femmes et de féminité… Je vous laisse découvrir… Pour la petite anecdote : dans les liens entre mes lectures on peut rajouter le prénom Ada…personnage de « Ces liens qui nous enchaînent » de Kent Haruf, une fille Edith est liée à son père et à sa terre et ne peux vivre son grand amour.

Les séances de soins sont fortes et prenantes, cette plongée dans les corps des scènes puissantes. On a la thématique de la pénétration et de la dévoration. Le retour à la terre pour ce ressourcer, renaître…

C’est un roman tellement fort que j’ai ressenti parfois l’impression de me retrouver dans cette terre qui aspire les corps et les maux. Sue Rainsford a su donner vie à la matière, on sent l’odeur de la terre (tantôt sèche, tantôt mouillée) on ressent la texture. C’est un roman très visuel et sensoriel.

C’est un roman avec plusieurs niveaux de lecture. On a aussi le rapport père-fille, créateur et créature/création. De plus le père porte en lui une part de mystère et d’animalité qui le rend encore plus inquiétant quant à ses réactions. On a la jeune fille qui découvre le désir, et l’amour pour quelqu’un d’autre que son père. C’est le grain de sable qui va enrayer la machine.

L’arrivée de ce personnage, assez spécial, va briser le noyau père-fille. Samson ne pouvait qu’avoir une particularité pour être attiré par une jeune fille mystérieuse et différente. Ada en voulant s’émanciper va faire des choix sans anticiper les conséquences. Et c’est très intéressant de voir comment Sue Rainsford a su transposer cette histoire de fille qui veut vivre sa vie de femme sans le consentement de son père dans cet univers singulier.

Quant est-il du temps ? On ne sait pas à quelle époque cela se déroule, on sait juste que Samson à un « camion ». Quant à la durée de l’aventure elle est assez brève même si on a des références à des événements passés. Pour ce qui est de la météo on va avoir l’été caniculaire et des périodes très pluvieuses.

Le lieu c’est assez vague, une maison isolée avec un jardin et une rivière pas très loin. On a des mouvements entre la maison et cette rivière. Ada passe de la terre à l’eau en passant par l’amour…

Car c’est aussi cela ce roman est une histoire d’amour à la vie à la mort, mais on n’est loin de la romance. Cette thématique rejoint aussi mes dernières lectures, des amours intenses.

Je vous laisse découvrir cet univers singulier qui a quelque chose de magnétique qui fascine le lecteur jusqu’à la conclusion.

Ce roman pourra intégrer des challenges autour de Halloween !

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance.

Découvrons ensemble Le système solaire

Rosie Dickins

ill. Carmen Saldaña

Trad Virginie Clauzel et Caroline Slama

Éditions Usborne, coll. Découvrons ensemble, sept 2022, 16 p., 12,95 €

Mes lectures Usborne

Mes chroniques jeunesses du mercredi

4e de couv. :

Envole-toi pour un voyage cosmique à la découverte du Soleil et des planètes, ainsi que des lunes et des astéroïdes, qui orbitent autour.

Mes impressions de lecture :

Aujourd’hui il pleut et le soleil n’est pas visible à cause des nuages alors je me suis dis tiens si je partageais ma lecture du dernier « découvrons ensemble » des Éditions Usborne.

Je fais partie des gens qui sont fascinés par les astres et comme une enfant je m’émerveille lorsqu’on nous montre des images de l’espace. Alors vous imaginez bien les petites étoiles dans mes yeux en voyant les belles illustrations de cet ouvrage. Et ça c’est important pour partager avec les enfants.

Il est indiqué qu’il y a 16 pages cartonnées dans ce livre, mais en réalité il y en a plus car il y a de nombreux rabats plus où moins grands. Et chaque enfant aura sa façon d’aborder la lecture. Soit il se contente des images et des quelques titres, soit il regarde chaque fenêtre et chaque message. Il peut revenir plusieurs fois selon son degré d’implication.

Quand aux rabats, je me suis munie d’une lime à ongle car à la première lecture, il est difficile d’en ouvrir certains, particulièrement sur la première page qui est collée à la couverture. C’est un détail, parfois il est utile de juste un peu soulever le petit volet avec de découvrir avec l’enfant, d’autre fois c’est bien de lui laissé cette tâche qui ressemble à l’ouverture d’un cadeau.

Sommaire :

Le système solaire
Le soleil
Mercure
Vénus
La terre
Mars
Jupiter
Saturne
Neptune
Limite extérieure
Au-delà du système solaire
Anecdotes étonnantes

Sur la page « système solaire » dans les informations on a l’indication des pages qui développent le sujet.

Ce qui me plait aussi dans ce sujet, c’est le vocabulaire qui a pour moi un côté magique. Que ce soit les noms des planètes qui sont liés à la mythologie, ou des contrées ou autres termes extraordinaires. Ce type de lecture peut déboucher sur des exercices/jeux de diction.

Pour en revenir au vocabulaire j’ai beaucoup apprécié l’utilisation de mots pas toujours évidents pour les petits accompagnés de définitions simples qui ne sont pas rébarbatives. Des informations intéressantes avec des chiffres, des dates, des données scientifiques qui accrochent les lecteurs.

Les illustrations sont très belles et variées, les pages sont très colorées, je n’ai pas eu de difficulté pour lire. j’ai adoré les petits aliens qui viennent donner une touche humoristique.

Bonne découverte ! Et n’oubliez pas le mois d’octobre c’est le mois de la science !!! Peut-être qu’autour de vous il y a des activités de prévu.

Je remercie les Éditions Usborne de leur confiance.

QUI EN PARLE ?

Jangelis

À voir sur ce blog :

Découvrons ensemble le tableau périodique

Découvrons ensemble les fractions

Découvrons ensemble les ordinateurs et la programmation

Découvrons ensemble les formes géométriques

Système solaire Livre /Puzzle

Blackwater T2 La digue

Michaël McDowell

Trad. Yoko Lacour avec participation d’Hélène Charrier

Monsieur Toussaint Louverture, avril 2022, 260 p., 8,40 €

4e de couv. :

Tandis que la ville se remet à peine d’une crue dévastatrice, le chantier d’une digue censée la protéger charrie son lot de conséquences : main d’œuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes.
Pendant ce temps, dans le clan Caskey, Mary-Love, la matriarche, voit ses machinations se heurter à celles d’Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer.
Manigances, alliances contre-nature, sacrifices, tout est permis. À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences,…

Mes impressions de lecture :

J’ai beaucoup aimé le premier tome et j’avais hâte de continuer cette série. Entre une lecture et une autre je n’ai pas eu le temps… et j’ai envie de continuer la série.

Pour ceux qui me suivent vous savez combien j’apprécie les romans avec la thématique aquatique. Cette petite particularité explique en partie mon engouement. Depuis quelques lectures j’ai l’impression que c’est la thématique de la terre revient, je me suis dis allez une petite « Blackwater » pour te ressourcer (oui Ramettes se parle dans la tête). Et c’était bien sauf que ce tome « la Digue » va prendre une tournure encore pleine de terre et de boue, d’ensevelissement et de sacrifice ! je suis poursuivie !!!! mais ça m’a fait du bien !

La couverture rajoute un touche un peu gore à cette série maintenant qu’on l’on connait certaines choses. Je vous laisse découvrir à quoi correspond ce cœur transpercé d’aiguilles métalliques.

Ce que j’aime dans cette série c’est tout ce qui touche à la famille avec cette matriarche qui a de la concurrence. Les stratégies qu’elle mets en place se retournent contre elle depuis l’arrivée de Elinor. La plupart du temps adversaires et rarement liées. Deux femmes à la forte personnalité.

Elinor à l’étrange personnalité va encore nous faire frissonner, on va même faire des cauchemars avec ses brumes mystérieuses.

Michaël McDowell semble jouer avec ces personnages. L’histoire semble avoir trouvé un certain équilibre, apaisement. Chacun chez soi. Et voilà qu’une nouvelles tuile tombe sur James. J’avoue j’ai rit dans la scène de l’arrivée de Queenie, tout en me disant « le pauvre James ». Il semble attirer les pire femmes !

L’arrivée de Queenie va faire bousculer les choses. et redonner une nouvelle dynamique à la narration. En effet miroir avec l’arrivée de Early Haskew, lui aussi va avoir un rôle moteur dans le nouveau mouvement.

J’aime beaucoup la structure des cette série avec ses rebondissement engendrés par l’arrivé de nouveaux personnages ou de la mise en avant d’autres. C’est certainement dû au fait qu’il s’agisse d’un feuilleton, les rebondissements viennent régulièrement maintenir l’attention du lecteur.

C’était intéressant tout ce qui concernait la digue de l’étude sur le terrain, sa conception à sa réalisation, avec les problèmes logistiques.

Je vous laisse découvrir…

A bientôt pour le troisième volet…

Voir sur ce blog :

Blackwater. T1. La crue

Cendres de Marbella

Hervé Mestron

Éditions Antidata, 2017, 78 p., 7 €

4e de couv. :

Écrit à la première personne dans une langue aussi incorrecte que truculente, Cendres de Marbella est le récit d’une trajectoire au ras du bitume, celle d’un petit gars qui voudrait bien s’extirper de sa banlieue en déliquescence autogérée, pour être quelqu’un d’autre du bon côté du périphérique. Une nouvelle drôle et noire.

Anecdote de lectrice :

Cet été j’ai participé Au Festival de la Cabrerisse et j’ai vu le spectacle de la Compagnie  Périphérique « Cendres de Marbella » mise en scène de Pascal Antonini avec Nicolas Charrier seul en scène.

Le jeu de l’acteur était très intéressant avec une énergie et un sens du rythme. Il intègre plusieurs personnages dans sa narration. J’étais intriguée par le texte à la base de cette pièce. Le comédien m’a indiqué la nouvelle d’Hervé Mestron et m’a recommandé tous ces écrits. Alors j’ai décidé de lire cette nouvelle. C’était impressionnant j’avais la sensation de voir et entendre Nicolas Charrier.

Mes impressions de lecture :

Je découvre la maison d’édition « Antidata » et l’auteur Hervé Mestron. Le petit format de cette nouvelle  avec une couverture très  en rouge et noir donne au texte un bel « emballage ».

Le sujet est très réaliste et actuel. Il n’est pas dénué d’humour malgré la noirceur du sujet avec un travail sur le langage qui donne au texte un aspect brut.

Hervé Mestron nous transporte de la région parisienne au cœur de Paris en passant par Marbella.

Il nous parle de drogue et d’argent, de désillusions, de quête de reconnaissance et de guerre de pouvoir. Le sexe et le m’as-tu vu…

Ces enfances sans naïveté, avec des rêves faits de violence et de mort. On joue avec la loyauté et la crainte.

Qu’est-ce qu’une vie au milieu ce système de gang. Un réseau avec toute une hiérarchie, ses codes et ses règles, qui  joue sur  les trahisons et les morts. Avant de s’attaquer à la tête  il faut passer des étapes.

Mais que ce passe t-il quand on oublie certaines règles de base ?

Sortir de ce milieu de sa zone de « confort » où cela peut conduite ?

Je vous laisse découvrir cette nouvelle avec une chute ironique.

Ps : J’avais choisi cette lecture pour le Challenge de l’été VLEEL pour « découverte d’une maison d’édition » mais ma chronique arrive après la clôture !

Qui en parle ?

Jangelis

Ces liens qui nous enchaînent

Kent Haruf

Trad. Anouk Neuhoff

Éditions Robert Laffont, 2022, 331 p., 21 €

Mes lectures Robert Laffont

4e de couv. :

Colorado, janvier 1977. À l’hôpital où elle est alitée, Edith Goodnough, quatre-vingt-huit ans, reçoit la visite d’un officier de police. Elle est accusée de meurtre. Un sac d’aliments pour volaille éventré et un vieux chien attaché dehors un froid après-midi de décembre constituent les indices qui l’accablent. Ses mobiles ? La dureté du milieu agricole et une famille aussi impitoyable que la prairie en hiver.
Kent Haruf nous livre dans son premier roman, acclamé par la critique, l’histoire bouleversante d’une femme des Hautes Plaines à travers les mots de son voisin, Sanders Roscoe : une enfance marquée par les corvées, la mort d’une mère, la violence d’un père enchaîné à ses enfants. L’histoire d’une femme qui a sacrifié son bonheur à sa famille et qui, enfin, reprend sa liberté.

Mes impressions de lecture :

Me voilà une nouvelle fois, grâce au hasard de mes lectures, au début du XXe siècle. L’histoire débute en 1977 mais on va vite faire un bond en arrières pour découvrir les origines du drame familial. Ce roman a été publié en 1984 aux États Unis et ce n’est que maintenant qu’on peut le lire en français. Situer l’histoire en 1977 cela permet aussi de nous raconter cette partie de l’Histoire rurale avec des gens qui sont né avant 1900. Quand le livre est paru il y avait encore des gens qui avaient connu la vie telle que Kent Haruf nous la décrit.

J’ai découvert cet auteur il y a quelques années avec « Nos âmes la nuit » et déjà on était au Colorado dans une petite communauté où tout se sait, où tout le monde connaît la dur réalité.

Dans ce type de narration non seulement on découvre des personnages fictifs mais qui reflètent bien la population du lieu mais c’est aussi l’histoire du pays. L’origine de la population et ce que les gens on dû affronter pour survivre dans ces contrées arides.

Si c’est bien difficile pour les hommes pour les femmes c’est encore plus terrible. On le voit avec Ada, la mère, ses accouchements et toutes les tâches, puis avec Edith qui n’a pas son mot à dire pour l’avenir. Heureusement elle a un sacré caractère. Et on va en croiser d’autres des femmes fortes. Les femmes abandonnées ou veuves qui s’en sortent sont celles qui ont un fort caractère.

Ce que j’aime dans la façon de raconter de Kent Haruf, c’est qu’on visualise bien les situations quotidiennes. On est au plus près des personnages avec leurs particularités, leurs attitudes et leurs rêves. Oui, il reste encore de l’espoir au milieu de toute vie de labeur.

On revit chaque époque, chaque étape dans la vie d’Edith et des autres personnages.

On retrouve les lieux qui font partie de l’univers de Kent Haruf. On est près de Holt dans le Colorado.

Ce roman fait appel à toutes sortes d’ émotions fortes. Le lecteur fera parfois des bonds et aura envie que tel ou tel personnage se révolte. On est touché par certains personnages, souvent en souffrance et tenus par leur sens de l’honneur et du respect des règles de vie dans ce milieu.

Le roman commence en 1977 avec cette accusation, mais on passe vite à 1895 (date du Mariage du père et de la mère) pour comprendre l’origine du drame. L’ambiance est telle qu’on comprend tout de suite que ça ne va pas être une vie de bonheur qu’on va nous raconter.

Le fait que le narrateur soit un voisin, un descendant de la famille Roesco, qu’il prenne le ton du conteur : « Ce que je vais vous raconter, pour la majeur partie je le sais. Le reste, je ne le crois pas. ».

Le titre en français résume bien le propos de ce roman. « Ces liens qui nous enchaînent » sont de différents types et tous contribuent à façonner nos vies.

Je vous laisse découvrir toutes ses vies qui peuplent ce roman.

Je n’ai pas entendu parler de ce roman à sa sortie au printemps. Et vous l’aviez-vous repéré ? Lu ? Aimez-vous cet auteur ?

Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance.

Pas de femmes parfaites, s’il vous plaît

Lettres de profonde superficialités

Jane Austen

Trad des lettres Louise Boudonnat

Trad des apparats Delphine Ménage

Éditions L’Orma,  mars 2020, 64 p., 7,95 €

Challenge VLEEL

4e de couv. :

Jane Austen (1775-1817), la plume la plus mordante du XIXe siècle anglais, déploie dans sa correspondance intime ― notamment avec sa sœur et ses nièces ― son incomparable prose, ironique et élégante à la fois. Ce petit livre distille, lettre après lettre, un concentré d’intelligence pratique, sociale et littéraire, dessinant avec précision un parcours d’émancipation et de conscience artistique.

Mes impressions de lectrice :

Il y a quelques temps j’ai suivi une rencontre sur Zoom entre le groupe VLEEL et les deux éditeurs de la maison L’Orma. Je ne sais pas qui sont les pires tentateurs entre tous ces passionnés  !!! En plus je me suis embarquée dans un challenge VLEEL !

Les deux éditeurs nous ont parlé des « plis » cette collection qui est conçue pour pouvoir être envoyée comme une lettre…  vous voyez l’astuce des recueils de lettres qu’on envoie par la poste ! Le piège c’est que vous les gardez pour vous une fois que vous y jetez un œil !

J’ai choisi cet ouvrage parmi les titres qui étaient chez ma libraire parce que j’aime beaucoup cette écrivaine anglaise et que le titre ne ma pas laissée indifférente.  J’ai trouvé cocasse de mettre cet ouvrage à la consigne : « un livre choisi pour son physique ».  Lorsqu’on prend les livres de cette collection on découvre qu’il y a la couverture illustrée et la jaquette qui sert à envoyer le livre, c’est un peut comme si on effeuillait le livre !

L’édition italienne est de 2016 et la version française de 2020. C’est Eusebio Trabucchi qui a choisi les lettres, et écrit une introduction. On suit donc ses choix comme dans les sélections, cependant ici on sait qu’il y a une vraie réflexion et la volonté de mettre certains passages en lumière. Lors de cette rencontre les éditeurs on mis l’accent sur le travail éditorial qu’il y a derrière chaque titre de cette collection. Au milieu de l’ouvrage il y a des informations sur les correspondantes de Jane Austen.

J’ai lu petit à petit les lettres pour bien me délecter de l’écriture de Jane Austen. On l’accompagne dans ces rencontres, ses réflexions. Elle parle aussi de ses écrits. On se rend bien compte qu’au-delà de son travail d’écrivaine elle aime écrire et raconter ce qui se passe autour d’elle. Une vraie radiographie de cette époque. C’est un bon complément aux romans de Jane Austen.

J’aime beaucoup ce regard féminin qui scrute tous les détails de ces contemporaines. Parfois avant des lettres on a une petite explication qui remets en situation ce qui va suivre. C’est très intéressant.

La dernière lettre est émouvante car on sait qu’elle allait mourir quelques semaines plus tard. Jusqu’au bout elle a garder son humour.

Chaque lecteur sera réceptif à un sujet ou un autre. Je ne vais pas me lancer dans une étude de texte. C’est le genre d’ouvrage que l’on garde à portée de la main pour en relire des fragments.

Je remercie VLEEL d’avoir mis en lumière cette maison d’édition.

Bonne lecture à tous.

Mujeres libres

Isabelle Wlodarczyk

Éditions Babouche à l’oreille, 2022, 16€

4e de couv. :

Les Mujeres libres est un mouvement féministe d’une grande force, porté par des femmes qui rêvaient d’émanciper et d’instruire leurs semblables. Il naît en Espagne dans les années 30 et vit encore aujourd’hui à travers le monde. Il fait l’objet d’une grande actualité historique et, à mesure qu’on exhume les cadavres des fosses communes franquistes, la parole des femmes est progressivement elle aussi réhabilitée.

Le roman « Mujeres libres »  s’inscrit au cœur des vies de ces femmes qui ont combattu avec passion, se sont engagées dans la guerre d’Espagne, sont mortes, parfois, avec courage et dignité. Il est traversé par ce même souffle qui leur a permis à toutes de se dépasser. Trois portraits croisés bouleversants, accompagnés d’une version en musique téléchargeable, composée et interprétée par Pierre Diaz.

Mes impressions de lecture :

Vous allez vous dire que je continue à être dans les années 30 et les effets des guerres du XXe siècle. Une fois de plus un livre est venu à moi pour s’insérer dans une suite de textes forts.

On m’a offert ce livre à la Comédie du Livre de Montpellier parce que je suis une femme et je suis espagnole. J’avais hésité à l’acheter moi-même. Je connaissais l’autrice pour un roman jeunesse que j’avais adoré.

J’ai fait une belle découverte en lisant ces trois nouvelles autour de trois figures féminines inspirées de plusieurs personnes réelles. Je ne connaissais pas ce mouvement des « Mujeres Libres » ni leur revue. J’ai bien envie d’en savoir un peu plus. Je suis espagnole mais je viens d’une famille où l’on ne parle pas de politique, le franquisme a causé bien des traumatismes et chaque famille a dû garder certains secrets pour survivre.

Les histoires sont brèves une quinzaine de pages pour la plus longue. Brèves comme la vie de ses héroïnes de la guerre civile espagnole. Vous vous doutez bien qu’elles faisaient partie des révolutionnaires. Des femmes exaltées, courageuses et prête à tout pour être libres.

Isabelle Wlodarcsyk a su mettre en avant l’origine de chacune et ce qui a déclenché leur révolte aussi jeunes. Des histoires émouvantes sans aucun pathos. Elle met bien en avant le rôle de la transmission de mère en fille pour garder sous le boisseau leur envie de s’exprimer. C’est une autre époque.

Je vous laisse découvrir ces parcours de vie. Après l’avoir lu ses nouvelles, j’ai écouté la version avec musique offerte avec le livre. Cela donne un plus aux histoires. Les musiques accentuent l’aspect dramatique et les extraits d’informations de l’époque nous resituent bien dans l’époque.

J’ai aussi lu cet ouvrage dans le cadre du challenge de l’été de Vleel. Il entre dans deux catégories « une maison d’édition que je n’ai jamais lu » et « une livre qui vous ouvre de nouveaux horizons » et je crois que c’est cette deuxième catégorie que je vais choisir.

Le soldat désaccordé

Gilles Marchand

Éditions Aux Forges de Vulcain, août 22, 208 p., 18€

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

Rentrée littéraire automne 2022

4e de couv. :

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

Anecdote de lectrice :

Entre le moment où je choisi mes livres et le moment où je les lis tant de choses peuvent se passer ! Cet été j’ai lu « Le dernier vol » d’une histoire qui se déroulait dans les années 20 roman écrit avant 1930. J’avais été surprise par la présence de gueules cassées et cette jeunesse complètement fracassée par la première guerre mondiale alors qu’on était dans des décors un peu glamour (c’est même devenu un film hollywoodien). Et puis il y a ce personnage lunaire de la « fille de la lune » entre fantôme et dame rêvée… Puis j’ai enchaîné avec des romans où les personnages avaient besoin de croire en leurs rêves pour survivre et de la présence onirique. Et voilà qu’en commençant ce roman j’avais l’impression qu’un fil d’Ariane les reliaient… Bien sûr ce roman m’a fait me remémorer « Au revoir La-haut » de Pierre Lemaître qui nous avait plongé dans cette période trouble. Chaque roman est complémentaire et permet de nous construire une image mentale de ce début de XXe siècle.

Mes impressions de lecture :

Quel plaisir de retrouver la plume de Gilles Marchand et son univers où le passé et les souvenirs ont une place prépondérante. Nous sommes dans les années 1920-30 tout en étant pendant la première guerre mondiale.

J’ai beaucoup aimé le personnage principal et narrateur avec ses troubles, ses émotions, ses fêlures. Chercher la trace des autres c’est un peu se trouver lui aussi et mettre des mots sur ce qu’il a vécu.

Ce que j’aime chez Gilles Marchand c’est ce côté Pierrot lunaire avec la part d’amour et d’onirisme. Il nous parle de belles histoires d’amours qui vont au-delà des apparences.

Gilles Marchand a su nous envouter dans ses éclats de vies éclatées. Comme des milliers de miroirs brises dont les facettes  éclairent des fragments d’existences. Poésie et musique sont toujours là pour sublimer la narration.

Vous l’aurez compris c’est un beau coup de cœur de la rentrée.

J’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire du narrateur au fur et à mesure que son enquête progressait. Il n’y a pas de degré de souffrance, elles sont juste différentes.

C’était beau de voir comment les hommes du quotidien peuvent créer des réseaux humains qui vont au-delà des frontières.

Il y a un moment dans l’histoire qui m’a rappelé quelque chose que j’avais ressenti il y a quelques années en lisant « La demoiselle Tic-Tac » de Nathalie Hug (seconde guerre mondiale), un coup français et un coup allemand, les habitants de l’Alsace-Loraine étaient dans une drôle de situation. Ce n’est pas sans rappeler d’autres cas plus récents.

Au moment du centenaire 14-18 j’ai eu plusieurs lectures qui m’ont apporté des éclairages sur cette époque et c’est intéressant d’en retrouver dans ce roman. Par exemple il est fait mention de la consommation de vin pendant las guerre et après. Je vis dans une région où la viticulture a pris un nouvel essor à cette époque avec construction de caves coopératives car il fallait fournir l’armée en vin bon marché.

Gilles Marchand nous propose une petite bibliographie pour aller plus loin des la partie documentée, pour aller aux sources.

Une nouvelle fois Gilles Marchand a su nous proposer une histoire forte au cœur de l’Histoire.

Quand à l’illustration de la couverture elle pose une ombre sur les milliers de tombes aux stèles blanches.

Je vous laisse découvrir à l’aune de votre propre histoire.

Je remercie les Éditions aux Forges de Vulcain de leur confiance.

Sur ce Blog vous pouvez retrouver

Une bouche sans personne

Un funambule sur le sable

Des mirages plein les poches

Requiem pour une apache

CHALLENGE VLEEL SUR INSTAGRAM « auteur réçu »

Ce que nous jetons et comment l’éviter

Autrice : Rose Hall

Ill. Sandra de la Prada

Éditions Usborne, Coll. Look Inside, 8 sept 2022, 14 p., 10,95 €

Mes lectures Usborne

Chroniques jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Bouteilles vides, carottes biscornues ou jouets cassés, beaucoup de choses ne devraient pas être jetées. Soulève les rabats et découvre comment nous pouvons prendre soin de notre planète en produisant moins de déchets.

Information sur le site Usborne :

Je profite de cette première chronique de la rentrée pour vous faire part d’une petite découverte. Le site des éditions Usborne a changé de « décor » il est bien coloré, et il y a sur la page d’accueil il y a entre autre une rubrique « faits amusants ». Je ne sais plus depuis quand elle a été mise en place mais je ne me souviens pas que c’était quotidien. Je connaissais l’activité qui aujourd’hui est hebdomadaire. C’est une façon de mettre en avant des ouvrages de la maison d’édition et ainsi de découvrir ou de redécouvrir des titres pour ensuite avoir envie de lire le livre.

https://usborne.com/fr/activites-pour-enfants/faits-amusants

Mes impressions de lecture :

Je découvre une nouvelle collection « Look inside », regarder à l’intérieur, un joli programme en perspective.

J’ai choisi cet ouvrage car il traite d’un sujet actuel qui nous touche tous et qu’il n’est pas trop tôt pour en parler aux enfants pour développer leur pensée face à ce quotidien. Nous vivons aujourd’hui avec le tri sélectif à la maison et plus ou moins c’est devenu un automatisme de jeter dans tel ou tel bac mais c’est bien d’expliquer pourquoi.

Sur une double page on traite d’une question avec une brève introduction puis les illustrations et des rabats permettent de développer chaque point. Le format carré  201 x 225 cm permet une tenue en main facile et en travaillant en double page cela donne une vue sur 40 cm. C’est assez concentré, mais l’effet des rabats qui se cachent dans les objets du quotidien et du matériel urbain permet de focaliser le regard de l’enfant sur des points stratégiques.

Que jetons nous ?

A l’origine, les matières premières.

Que deviennent les déchets ?

Une nouvelle vie pour les déchets

La collecte des déchets

Tri et recyclage

Voir plus loin

Le livre est cartonné  puisqu’il y a double page  puisqu’il y a les petites fenêtres et l’enfant pourra le manipuler facilement. Le livre est adressé aux 5 ans et plus, bien entendu c’est en fonction de l’enfant. Les petits rabats sont assez solides grâce à l’épaisseur du papier. J’ai remarqué que ce genre de livre occupe les enfants en partie parce qu’ils aiment ouvrir les petits volets.

Vous pourrez continuer les recherches avec la rubrique « Quicklinks » lorsqu’elle sera mise à jour. Elle facilement repérable sur la page d’accueil puisqu’il y a un onglet.

A vous de faire le tri dans les informations…

Je remercie les Éditions Usborne de leur confiance.

Le rêve d’un fou

Nadine Monfils

Fleuve Éditions,  2019, 128 p., 14,90€

Dans ma médiathèque il y a …Cercle littéraire

4e de couv :

Le hasard sème parfois un peu de poudre d’étoiles pour aller au bout de nos rêves.

Quand le destin s’est acharné sur lui, le Facteur Cheval aurait pu sombrer dans la douleur et le désespoir. Il a plutôt choisi de se lancer dans un pari insensé : construire de ses propres mains son Palais Idéal. Mais une étrange rencontre lors de ses tournées va donner un tout autre sens à son rêve.
Parce que la passion est la seule chose qui peut nous sauver.

En s’inspirant librement de la vie du Facteur Cheval, Nadine Monfils nous offre un roman émouvant comme un hymne à la liberté, la poésie, l’art, et la foi en ce qui nous dépasse.

Mes impressions de lecture :

Je venais de lire le roman de Maxence Fermine « l’apiculteur » qui se passe à la même période que la vie de Fernand Cheval… et je suis en train de lire « le soldat désaccordé » de Gilles Marchand… le point commun mise à part plus ou moins la même époque ? Il est question de rêveur, de continuer à vivre grâce aux rêves. Parfois on a l’impression que les livres en appellent d’autres…

Je devais choisir un livre de la médiathèque pour le cercle littéraire, après quelques hésitations je suis tombe sur ce roman et je me suis dit que cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman de Nadine Monfils. Celui-ci est différents des livres précédemment lus… les seuls points communs des personnages à la marge, originaux et un peu barrés, ajoutez à cela des morts en veux tu en voilà… Il a perdu sa mère jeune, puis son père alors qu’il n’a que 19 ans, puis son premier enfant, sa première femme, sa première et unique fille… il a survécu à sa deuxième épouse et à son deuxième fils… il a perdu son meilleur ami…

Le titre est déjà une invitation à un monde particulier. Je connaissais le « palais idéal » je l’ai vu il y a fort longtemps à une période où ce n’était pas trop envahit, puis il y a quelques années où tout est organisé pour protéger le site et le maintenir. Cette deuxième fois je l’ai visité avec mon fils et ma façon de voir était différente, plus ludique. Je connaissais donc quelques faits… si vous ne connaissais pas ce n’est pas grave (sauf pour votre culture personnelle) le texte est très documenté et bien étayée. Il y a tellement de détails qui accrochent l’œil lorsqu’on visite ce lieu, on en retrouve les principaux dans cette histoire.

On a dû mal à se rendre compte que pendant sa construction des touristes étrangers, les artistes ont su voir au-delà de cette construction biscornue.

Cet ouvrage n’est pas un guide, ni une biographie, c’est bien un roman d’ailleurs l’autrice indique bien à la fin de l’histoire qu’elle a mélangé des personnages réels et des personnages fictifs. J’ai adoré  la coïncidence entre fiction et réalité.

Nadine Monfils a inséré de vrais écrits de Fernand Cheval en italique, c’est un roman à la première personne c’est le créateur du palais idéal qui se raconte, on l’écoute nous raconter ses choix et ses états d’âmes.

Roman bref qui nous montre la force de volonté qui a maintenu cet homme dans sa bulle. 33 ans à construire ce palais, et 8 à construire son tombeau au cimetière de Hauterive dans la Drôme. Il est mort à 86 ans son œuvre achevée.

J’ai aimé comment Nadine Monfis a su réécrire les réflexions et les pensées de cet homme qui a réellement existé. Une autre époque et d’autres façons de voir la vie et la mort.

Bonne lecture à tous !

NB : Je suis fan de Mémé Cornemuse; vous trouverez des chroniques de certains des romans de Nadine Monfils sur ce blog.