Dopamine

Patrick Bard

Éditions Syros,  sept 2022, 215 p., 16,95€

Mes lectures Syros

Chronique Jeunesse du mercredi

Rentrée littéraire automne 2022

4e de couv. :

Février 2021 : le corps d’une jeune fille de quatorze ans est retrouvé dans la Marne. Ses meurtriers, identifiés très vite, sont deux camarades de classe. Une fille et un garçon qui ne semblent pas conscients de la gravité de leur acte et invoquent des mobiles inconsistants. Entre addiction aux écrans, haine déversée sur les réseaux sociaux, harcèlement et calomnie, le juge d’instruction chargé de l’affaire décide de décrypter coûte que coûte la mécanique de l’impensable.

Mes impressions de lecture :

« Qui aurait pu prévoir qu’ils étaient capables de tuer ? Le nouveau roman choc de Patrick Bard.  » Lorsque j’ai lu cette accroche sur le site des Éditions Syros je me suis demandé ce qui se cachait derrière. Ce n’est pas un effet marketing, c’est vraiment un choc. La violence chez les ados n’est pas d’aujourd’hui mais il y a depuis quelques années des dérives que la technologie permet/engendre.

La couverture est excellente que ce soit dans les couleurs ou la composition, elle reflète vraiment le contenu.

D’entrée on découvre la jeune fille morte et on sait qui a commis le crime atroce. Tout l’enjeu de l’intrigue c’est de comprendre le pourquoi ces deux ados de 15 ans étaient passés à l’acte. Dans un premier temps on va suivre le juge d’instruction qui malgré son expérience est dans l’incompréhension. Il faut qu’il détermine les différentes responsabilités et l’enchainement des événements.

On va suivre les auditions des acteurs du drame. Le couple diabolique ne parle pas, n’exprime aucun remord… ce manque de « sentiments » perturbe le juge d’instruction qui essai de les faire parler.

On va découvrir les tenants et les aboutissants en écoutant les protagonistes. Le lecteur aura en plus ce qui ne sera pas dit en audition. Le rythme de la narration va changer un peu avant de revenir à de nouvelles auditions. On est bien guidé par le titre des chapitres où on a le nom de celui qui raconte et la date. C’est important car avec cette structure on ne va pas découvrir l’histoire chronologiquement. Il n’y a pas de longueurs, le changement de focale tiens le lecteur en éveil. Dans qu’elle mesure l’auteur joue t-il avec la « dopamine » que diffuse son histoire ? À la fin on aura des explications d’un médecin, cela fait froid au dos.

À un moment donné madame le proviseur dit que ce n’est pas faute de faire de la prévention contre le harcèlement et les dérives liées à internet, et pourtant ils sont tous passés à cause de l’omerta qui règne chez les adolescents. Que ce soit en lycée public ou privé c’est pareil. Patrick Bard démonter les mécanismes pour mieux nous montrer les rouages.

On retrouve aussi les effets de groupe, les clans et les rivalités. Ce roman nous montre des ados d’aujourd’hui avec cette hypersexualisation. Malheureusement, on n’est pas dans l’exagération. Les deux confinements de 2020 n’ont rien arrangé ni pour les adultes, ni pour les ados qui vivaient sous le même toit. Les réseaux et internet ont pris encore plus de place.

On ressent bien dans ses fragments de vie les différents degrés de violence que ressentent les adolescents à cette période charnière de leur vie. Ils ne font pas dans a dentelle, aucune concession… ils ont des émotions à fleur de peau.

J’ai lu cette histoire avec un regard d’adulte et de mère d’un ado. Soyons honnêtes on a beau prévenir et accompagner on ne peut pas contrôler les dérives. Il faut rester vigilant et à l’écoute. Je suis curieuse de savoir comment un ado reçoit ce roman. Je pense que selon le vécu de chacun ils retiendront plus tel ou tel aspect.

La partie concernant Krystal m’a rappelé une autre lecture (dans un autre style) « E.V.E entité Vigilance Enquête » de Carine Rozenfeld, c’est un sujet qui va devenir de plus en plus présent.

Le roman est recommandé pour les 13 ans et +, ce qu’il relate (en dehors du crime) correspond à ce qui nos ados peuvent rencontrer au collège mais attention aux âmes sensibles.

Je sens que ce roman va rester gravé dans ma mémoire pendant un moment.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Vous retiendrez mon nom

Fanny Abadie

Éditions Syros, 10 fév 2022, 358 p., 16,95 €

Mes lectures Syros

Chronique Jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Un matin, entre deux voitures, Karim découvre le corps sans vie de Zineb, couverte de bleus et pieds nus. Zineb, pourtant, était une fille sans histoires. Deux jours plus tard, Sublime, un ami de Karim, disparaît en lui laissant un mot d’adieu et un souvenir encombrant : l’un des escarpins que Zineb portait le soir de sa mort. Sublime a-t-il quelque chose à voir avec le meurtre ? Et quel est le secret que les copines de Zineb semblent vouloir taire à tout prix ? Pour comprendre, Karim va mener sa propre enquête et, peu à peu, ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure.

Mes impressions de lecture :

Une nouvelle autrice chez Syros, j’avais hâte de la découvrir.  Maintenant que je l’ai lu j’attends de voir à quoi ressemblera son prochain roman !

J’ai été attirée par la quatrième de couverture. Je ne connaissais pas l’écriture de Fanny Abadie et j’ai donc eu la surprise de découvrir une écriture qui correspond au narrateur mais qui me sort de ma zone de confort. Il m’a fallu un petit temps d’adaptation n’étant pas habituée à ce langage de la cité, enfin de la Tiek, cela va plus loin que le langage de rue que je connais (je suis une vieille et du sud). Il y a des moments où ce langage est moins marqué. 

Ce roman aborde plusieurs problèmes sociétaux qui touchent aux banlieues et aux cités. Dans le contexte actuel il a sa place. Zone de non droit ou zone abandonnée aux mains de trafiquants. Concentration de souffrance humaine. Familles monoparentale, religion, déracinement, exil, exclusion, système D, drogues etc. On sent aussi le changement avec notamment les enfants qui on grandit.  Par exemple : « tu ne te souviens pas quand tu étais en primaire ». Il est question de mémoire.

Avant le crime il y avait une sorte d’entente entre les différents groupes de protagonistes, chaque adolescent dans son clan, dans son secteur… mais le crime a crée le déséquilibre et le chaos en mélangeant les gens. Point de bascule et chaos.

Réouvertures des plaies. Les mères sont très importantes, celle du narrateur est partie depuis quelques mois, c’est son point faible… lui, il a un père un peu perdu … Karim est fragilisé…

Le narrateur est Kabyle et il vit en périphérie des immeubles. Deux éléments qui le mettent un peu à part. Cela perturbe que ce soit dans le camp des jeunes de la cité ou du côté des forces de l’ordre. C’est lui, Karim, qui trouve le corps, c’est lui va enquêter car il est l’élément charnière entre le frère de Zineb et le présumé coupable.

On va voir les dérapages que la quête de vérité et du coupable va engendrer.

On va aussi découvrir les facettes cachées de gens qui se côtoient… sans finalement bien se connaître.

Comment sortir de cette cité, pour certains c’est le sport, pour d’autres les trafiques en tout genre, pour d’autres le rap… Et les études ?  pas vraiment.

Dans la dernière partie il y a une accélération, le rythme s’accélère, il est question de vie et de mort. La résolution de l’affaire va aboutir… mais, la conclusion est terriblement frustrante…

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Qui en parle ?

Mylène (à suivre)

Toutes les options beau gosse

Myriam Gallot

Éditions Syros, mars 2021, 263 p, 15,95 €

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv :

Comment devenir un homme à l’heure de #MeToo ? Un roman qui parle vrai, impertinent et pétri d’humour. 

Peut-on être ami avec son exact contraire ? Oui ! La preuve : Lucas, si sage et sérieux, ne quitte plus Florian. Il est fasciné par son culot et son sens irrésistible de la provoc. Pas franchement concerné par #MeToo et #BalanceTonPorc, Florian passe son temps à évaluer les filles. Lorsqu’il humilie horriblement Gaëlle, ses amies refusent de laisser passer ça. Et pour leur plan, elles ont besoin de Lucas.

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert Myriam Gallot avec « ma gorille et moi » et « ma vie sans mes parents »  des sujets forts étaient développés avec ce côté faire sa propre expérience au moment de l’adolescence.  C’est donc avec une certaine curiosité que j’attendais ce roman. Je n’ai pas été déçu du voyage !

« Toutes les options du beau gosse » le narrateur est un garçon de 13 ans qui va découvrir la sexualité avec son entourage adolescent. J’avoue qu’en tant que maman d’un ado du même âge j’ai été un peu gênée cependant je trouve bien que les mots clairs soient posés sur des situations vécues par les ados et ce qui se passe dans le caleçon peu soit choquer soit être très instructif tout dépend du gamin. A ne pas mettre entre les mains d’un élève de primaire, certaines scènes peuvent le troubler. Vous pourrez toujours me dire que certains ont des grands frères …

Ce roman fait écho au roman « La vérité sur la petite graine » de Claire Ubac, j’ai cru voir un clin d’œil.

Ce roman montre combien cela peut être compliqué pour un garçon d’affirmer sa virilité naissante influencé par la société et internet. Des comportements qui ne sont plus admissibles de nos jours sont pourtant encore ancrés dans les images véhiculées. Pourtant il y a des figures masculines adultes qui prônent un autre comportement (les pères de Lucas et Florian). 

On va découvrir une variété de figures féminines qui veulent sortir des stéréotypes ou de la victimisation. Ce qui a commencé par un éveil à la séduction va basculer. Là aussi on voit les changements dans l’éducation des filles et la libération de la parole.

Un des sujets de ce roman c’est le positionnement de chacun face aux autres. Qui va être capable d’évoluer entre le début de l’histoire et la fin.

La famille est un sujet important puisque c’est là le berceau de l’éducation et de l’encadrement. Lucas est très observateur, il est le fils d’un prof de philo, il s’interroge il va nous montrer sa famille et celle de Florian. Mais il  va  prendre conscience de la chance d’avoir une famille à l’arrivée d’un nouveau personnage.

Je ne veux pas trop vous en dire mais il y a beaucoup de sujets qui sont exploré de l’amitié aux relations amoureuses, de l’intimité à l’exposition sur les médias…

Lucas va mettre en avant une série de choses « malaisantes » qu’il va vivre au cours de ces quelques mois …

Le langage oral est parfois un peu trop actuel pour moi lorsque les ados parlent entre eux. Mais ça parlera certainement aux collégiens.

J’ai posé le roman dans la chambre de mon ados…

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Metamorphoz

Jérémy Behm,
Editions Syros, 10 oct  2020, 198 p., 9,95 €,
A partir de 8 ans

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

metamorphoz

4e de couv. :
Une petite créature débarque… et la vie d’Arthur est bouleversée !
Depuis qu’Arthur a emménagé dans un pavillon tranquille, loin de ses copains, il se sent bien seul. Un soir, il surprend une étrange créature dans la maison d’en face. Ozzie a quatre bras, de grands yeux gris et un pelage chatoyant… Arthur est ravi, Ozzie pourrait bien devenir son ami ! Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

Mes impressions de lecture :

Chers parents et chers adolescents (en puissance) qui liraient ces quelques lignes je suis sûre que certains points vont vous interpeller.

Arthur finit sa primaire, c’est encore un gamin mais des changements dans sa vie et dans son corps vont venir bouleverser son quotidien.

Arthur est en colère, il a en lui trop d’émotions contenues.

Un bébé est né et cette petite créature accapare toute l’attention de ses parents. Il se sent exclu du cercle. Perte des repères dans le cercle familial.

Cette naissance implique un changement de maison d’où le déménagement. Perte des repères géographiques.

De là découle la perte des copains et changements d’école. Nouvelle perte des repères.

Il vit un enfer car il est harcelé par un trio.  Une parenthèse si c’est votre cas ne vous taisez pas, cherchez de l’aide !

C’est donc dans cet état de fragilité émotionnelle que nous découvrons notre jeune héros.

Dans ce contexte contemporain nous allons retrouver des éléments liés aux contes traditionnels. Nuit  extraordinaire où les astres et leur forces mystérieuses. Du danger de faire un vœu dans ces conditions émotionnelles et planétaires… le vœu va se réaliser mais notre héros ne contrôle plus rien…. Est-ce un vœu temporaire ou irréversible ? A vous de le découvrir.

On bascule un peu dans le roman fantastique avec les phénomènes extraordinaire et l’arrivée d’un « extraterrestre » le fameux « autre ».

Notre héros va subir des transformations qui ne sont pas sans faire penser aux bouleversements de l’adolescence mais de manière hyperbolique.

Apprendre à se connaître au milieu de tout ce chambardement. Ouvrir les yeux sur qui ont est. Affronter la peur de l’inconnu et de l’avenir. Découvrir la force de l’amitié. L’union fait la force. Sans parler des premiers émois amoureux.

On va voir nos personnages apprendre à affronter leur nouvelle vie.

Nous allons passer les différentes étapes du « conte » pour arriver à la conclusion « nos héros ne seront plus jamais les mêmes ». C’est le côté roman initiatique.

Au niveau de la structure et des thématiques abordées, je trouve que c’est un roman qui pourrait être étudié en sixième. Attention !!! Je ne dis pas que c’est un roman « scolaire ».

C’est un roman qui fait appel à la force onirique qui nous permet d’affronter des événements de notre vie quotidienne et grandir.

Dans cette histoire l’effet miroir est important. On a les deux personnages qui vont servir de regard l’un pour l’autre. On a l’idée de se regarder en face. La lune joue aussi dans cette histoire comme un miroir avec aussi l’idée de l’autre côté du miroir.

J’ai adoré le petit clin d’œil à cette nouvelle collection Syros « Oz ». Nous avons le titre « Métamorphoz » et Ozzie. On pense évidemment au magicien d’Oz. Le livre se termine avec une interview de Jéremy Behm qui vous explique tout ça…

NB : il est question aussi d’Halloween pour ceux qui préparent des thématiques pour cette période de l’année.

Je remercie les éditions Syros de leur confiance.

syros

 Qui en parle ?

Jangelis

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Attention pour des adolescents + 13 ans

1 million de vues
mon ami arnie

Jours sauvages

Claire Cantais

Éditions Syros, 2 juillet 2020,   p., 16,95 €

Mes Lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

jours sauvages

4e de couv.

Semaine 1 : Apprendre à Survivre.
Semaine 2 : Survivre ! Ils ont entre 13 et 15 ans. Ils ne se connaissent pas. Mais ils sont inscrits ensemble à un stage bushcraft dans les Pyrénées cet été. Le bushcraft, c’est « l’art de vivre dans les bois ». Sans toit, sans nourriture, sans rien. Certains sont prêts à se donner à fond, d’autres feraient n’importe quoi pour ne pas être là. Mais pour tous, un même défi : dépasser ses limites.

Ma chronique :

Nous allons partir vers l’aventure être en Ariège loin de tout, coupés du monde sans technologie. Ce que la magnifique couverture nous promets l’histoire le tient largement.

Dans un premier temps on découvre Angelo dans le premier chapitre inaugural alors notre attention va se focaliser sur ce personnage qui va jouer le rôle principal.

L’histoire va être ponctuée par les jours qui passent avec une date en début de chapitre rassemblés en trois parties, j’allais dire en trois actes. La rencontre avec les illusions qui vont vite perdues, l’action-aventure, et le drame final qui était latent.

On découvre les histoires des autres personnages sur le chemin de la gare et l’aventure va démarrer par cette rencontre dans le train et le premier positionnement des personnages, sept ados aux personnalités différentes et un accompagnateur.

Puis entre certains chapitres on découvre une autre histoire plus inquiétante écrite en italique, celle d’un petit garçon Thierry qui a un parcours de vie très difficile. Cette touche dramatique laisse entrevoir que tout ne va pas se passer comme prévu. On ne sait pas de qui il s’agit, même si on a vite des doutes.

Ces sept ados de la région parisienne vont se retrouvé propulsé dans les Pyrénées ariègeoises loin de tout, sous la surveillance de trois adultes qui se révèlent avoir des comportements assez étranges. Ils se posent des questions et nous aussi. Les méthodes employées sont assez extrême. Ils vont se rendre vite compte qu’entre le dépliant et la réalité il y a un fossé. Tous les ados n’étaient pas préparés ni vraiment partants au départ. Il y a un certain degré de violence qui s’installe. Perte des repères habituels.

Claire Cantais va jouer avec les effets de groupe et les mécanismes qui vont faire évoluer les relations entre eux. Entre ceux qui se la jouent perso et ceux qui joue un rôle protecteur chaque lecteur va pouvoir s’identifier à l’un et à l’autre.

Dans « Jours sauvages » les actions vont s’enchaîner avec des rebondissements vont tenir le lecteur en haleine. L’instinct de chaque personnage va se révéler décisif pour la suite des mésaventures car il est beaucoup question de manipulation mentale. La vaste palette d’émotions va toucher les lecteurs selon sa sensibilité.

C’est un roman qu’on a du mal à lâcher tant on veut savoir ce qu’il va advenir des personnages, que ce soit les adolescents ou les adultes.

La nature va aussi jouer un rôle primordial, tantôt hospitalière, tantôt hostile violente et extrême ce qui est en accord avec un camp de bushcraft. C’est le thème du roman la survie en milieu hostile, thème très utilisé par certaines chaînes de tv et sur les réseaux mais version adulte. La nature changeante de l’environnement va s’associer aux humeurs des adolescents. On pense que tout est maîtrisé bien encadré mais l’humain et la nature ne sont pas toujours contrôlables. Tout va partir en vrille assez rapidement.

Des vacances inoubliables qui vont laisser des traces profondes. On est sur du roman initiatique qui va faire basculer tous ces personnages dans une autre façon de voir la vie et la mort. Ils ne vont pas en ressortir indemnes, pour ceux qui vont s’en sortir…

On ferme le livre en laissant derrière nous des personnages avec qui ont on vécu des émotions fortes, ils laissent un vide. Leurs dialogues, leurs vannes et leurs piques, leur humour et leur joie de vivre…

On a toute la panoplie des thèmes de la réalité, amitié, rivalité, amour, inquiétudes, angoisses, pulsions et phobies…

Pour les parents qui se poseraient des questions on n’est pas dans le trash complet cela reste un roman jeunesse qui se déroule en France très abordable dès 13 ans (c’est vous qui connaissez votre enfant).

C’est très étrange de savoir que cela se passe à deux ou trois heures de chez moi.

L’histoire se déroule du 1er août au 13 août  (2016 ?)… Bonnes vacances ! Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Qui en parle ?

Jangelis

Article précédemment publié sur Canalblog

Tics olympiques

Roland Fuentès

Éditions Syros, Tempo Syros, 2009, 105 p., 6,95 €

Dans ma médiathèque il y a…

Chronique jeunesse du mercredi

tics olympiques

4e de couv. :

Un roman drôle et sportif de Roland Fuentès, à l’écriture extrêmement savoureuse.
« Au collège, on m’appelle “le sapin”. Ou “Noël”, même si mon véritable prénom c’est Julien. Ça vient de mes yeux, qui clignent en permanence. La plupart des gens ne me supportent pas deux minutes en face d’eux. Ils disent que je les rends nerveux. » Julien est bourré de tics. Le seul moment où il les oublie complètement, c’est lorsqu’il nage, au club Aubagne Natation, où s’est aussi beaucoup entraîné Alain Bernard, son idole. Alors, cet été, Julien a décidé de remédier à son problème. Il va tirer profit des épreuves de natation des JO de Pékin pour engager la plus dure des compétitions… celle qu’il va se livrer à lui-même, contre ces tics qui lui empoisonnent l’existence !

Ma chronique :

J’ai eu le plaisir de retrouver le côté passionné de sport  de l’auteur découvert avec « Vivant » et  pour tout ce qui concerne la natation que j’avais découvert dans « Tant que durent les rêves ». Il nous décrit à nouveau un jeune ados cabossé par la vie. Ici ce sont des tics qui lui pourrissent la vie. Mais loin de se poser en victime il va se surpasser. Il sait que la solution est en lui et il va tout mettre en œuvre pour y parvenir. Comme tout sportif il va commencer par des échauffements et des entrainements quotidiens. Avant se lancer dans la dernière ligne droite.

J’ai beaucoup aimé le rythme de l’histoire. On entre dans l’histoire et on n’a pas envie de s’arrêter avant de découvrir comment il va arriver à ses fins. Rien n’est facile c’est un combat permanent contre soi-même. On y voit les valeurs positives du sport. Volonté, endurance et ténacité.

Il y a des moments de forte intensité notamment lorsque Julien est face aux diffusions des compétions de natation aux jeux olympiques de Pékin. On s’y croirait à écouter les commentaires des journalistes sportifs.

On sent comme la famille et les amis sont importants. Avec ses équipiers c’est comme une seconde famille. Les relations sont différentes par rapport à celles d’autres collégiens. Roland Fuentès nous explique tout cela. On sent que c’est un milieu qu’il connait bien.

J’ai bien aimé le personnage de Louis, plus décomplexé, les relations entre les deux ados. Il y a comme un effet miroir entre les deux.

Tout ne va pas de soit, on va découvrir aussi des moments de doute, de rechute et de questionnements. Il faut que Julien se fixe un but.

Je vous laisse découvrir le cheminement de Julien.

Je viens de réaliser que dans « citadelle de glace » Roland Fuentès, nous parle aussi d’un ado avec des problèmes intérieurs à régler, et que c’est grâce à une passion qu’il va pouvoir se surpasser.

Cette histoire est arrivée au bon moment. Je n’arrivais pas à me concentrer sur mes lectures. De « voir » ce personnage faire tant d’efforts de concentration cela m’a motivé.

Une nouvelle fois j’ai adoré l’univers de Roland Fuentès… sans donner de leçon il montre aux « jeune » lecteurs qu’on n’a rien sans un effort et sans volonté.

NB ; je préfère cette couverture à celle de l’éditions plus récente : ici

Article précédemment publié sur Canalblog

Le voyage de nos vies Ou quand la réalité rejoint la fan fiction.

Chris Colfer

Trad. : Cyril Laumonier

Éditions Michel Lafon, avril 2019, 303 p., 16,95 €

Mes lectures Michel Lafon

chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Cash Carter est une star internationale. Aussi, lorsque quatre de ses plus grands fans l’invitent à se joindre à eux pour un road trip à travers les États-Unis, ils n’imaginent pas une seconde qu’il puisse accepter. Sauf que Cash est présent le jour du rendez-vous. D’abord pétrifiés par leur idole, les adolescents réalisent bientôt que leur star est avant tout un être humain comme les autres avec ses forces, ses faiblesses… et ses secrets. 
Pourchassés par les reporters et traqués par les paparazzis, ils découvriront, au rythme de ce voyage mouvementé, la vérité sur Cash Carter. Et sur eux-mêmes.

Ma chronique :

Je ne connaissais de Chris Colfer que son monde imaginaire de « Le pays des contes » préconisé pour les 9 ans et plus. Ici les personnages on 18-22 ans, on s’adresse plus aux 15 ans et plus, on est plus dans « glee » la série. Ce roman n’a vraiment rien à voir avec le monde onirique de la série des pays du conte, on est dans la réalité même si c’est traité sous forme de fiction.

On est dans le monde de l’image et des apparences. Les réseaux sociaux, les séries tv, les vidéos et autres porteurs d’image. Des réputations qui se font et se défont d’un seul coup de clic. On en oublie l’être humain derrière le personnage en représentation. Un monde bien cruel.

On va découvrir quatre amis qui terminent le lycée, c’est l’été avant leur entrée à l’Université. Ils ont 18 ans et déjà un lourd passif émotionnel. Chacun élevé dans des milieux familiaux différents et des projets d’avenir tout tracé par les parents. Leur point commun ? Ils sont fan de la série tv «Wiz Kids ».

La veille de partir Christopher envoi un message à leur « idole » Cash Carter, le personnage principal de la série, pour l’inviter à les rejoindre pour ce road trip qui clôturera leur vie de lycéens. Et à son grand étonnement la star accepte. Mais est-ce une bonne idée ?

Chaque personnage est bien campé sur ces positions, chacun a sa problématique propre, un secret, ainsi qu’une décision à prendre pour son avenir. C’est un roman à la 3e personne et le  lecteur en sait plus que certains protagonistes… mais on ne lui dit pas tout, Chis Colfer joue avec un certain suspens et nous ménage des rebondissements. On a les voit se démener avec toutes leurs émotions. Heureusement il y a l’humour et l’auto dérision pour dédramatiser tout ça.

Rien ne va se passé comme prévu. Les masques vont tomber mais pas forcément comme on l’imaginerait. Je vous laisse découvrir. Des désillusions, des déconvenues… que ce soit en ce qui concerne les relations que des visites.

C’est une vraie perte de l’innocence de l’enfance. Ils vont devenir adulte le temps d’un été. Cash Carter va jouer au diable tentateur ou révélateur au choix, véritable accoucheur.

On va vivre ce road trip comme un vrai chemin de vie, on a bien l’image du voyage intérieur en parallèle du voyage concret.

Il faudra attendre la fin pour que les voiles se lèvent et que la vérité nue apparaisse et on n’est pas au bout de nos surprises. Attendez-vous à du très touchant, sans mièvrerie. Les cinq voyageurs vont faire un bond en avant.

Je voulais partager cette citation (ci-dessous) car elle m’a évidemment renvoyé au « pays des contes », une sorte de clin d’œil. Il y en a peut-être d’autres que je n’ai pas relevés.

« Le miroir  était bien plus qu’une couche de verre qui renvoyait son reflet ; c’était une fenêtre sur un monde dans lequel vivait son double. A ce jour, si Mo passait devant un miroir sans se regarder dans les yeux ou sans dire « salut, belle gosse », elle avait le sentiment de négliger une vieille amie » p. 71

C’est un roman qui va « parler » à beaucoup d’adolescents.

Je remercie les Editions Michel Lafon de leur confiance.

Qui en parle ?

Jangelis

Ce que j’ai lu de Chris Colfer : (prochainement)

Le pays des contes 1 le sortilège perdu

Le pays des contes 2 le retour de l’enchanteresse

Le pays des contes 3 L’éveil du drafon

Le pays des contes 4 Au-delà des royaumes

La pays des contes 5

La pays des contes 6

Article précédemment publié sur Canalblog

La vie selon Pippa (2) Ma vie est un merveilleux désastre

Barbara Tammes

Trad. Du néerlandais : Myriam Bouzid

Éditions Syros,  7 février 2019, 160 p., 17,95 €

Mes lectures Syros

4e de couv. :

Impossible de me passer de mon journal dans lequel j’écris et je dessine !

Pippa s’interroge : est-elle quelqu’un de bien ? Son journal intime va l’aider à y voir plus clair car elle a de gros doutes à ce sujet. Elle va nous expliquer pourquoi…

Ma chronique :

Lorsqu’on est petits nos livres sont surtout fait d’image, on  grandit et le texte prend de plus en plus de place jusqu’à faire disparaître les illustrations… Aujourd’hui on fait de plus en plus appel à un mélange des deux, peut-être se sont-ils rendus compte que l’image est partout hors du livre et que l’enlever du livre c’est un peu trop le mettre à part. Le dessin reprend une place importante dans la vie de tous les jours sur tous les supports. Barbara Tammes est illustratrice pour le magazine « happinez », l’idée de bien-être on la retrouve aussi dans ces romans « s’exprimer » « être une meilleure personne ». Elle est dans l’air du temps et elle joue aussi sur la typographie, tout à un sens, tout va dans la même direction s’exprimer !

J’adore ce personnage et la structure de cette série « La vie selon Pippa » qui la mettent en scène. Ce n’est pas construction à chaque fois mais il y a le même esprit. Après « la vie selon Pippa », Barbara Tammes nous avait proposé un cahier d’exercice pour faire notre propre journal intime « Une semaine de la vie de… »

Nous avons ici un journal intime non pas avec une date mais avec un numéro, comme si point par point l’histoire avançait. On n’a pas de phrase du style « cher journal » alors on a l’impression qu’elle s’adresse directement à nous. Des dessins viennent appuyer ou expliciter ses propos. Traits simples avec une touche de couleur, comme les illustrations sur la couverture, c’est le style de Barbara Tammes.

J’aime beaucoup ce personnage. Une adolescente de 14 ans qui se pose des questions existentielles. D’une part elle se dit qu’elle est une « mauvaise personne » et va nous le démontrer point par point… sa démonstration la conduire à se dire que tout n’est pas noir ou blanc. Les événements qui vont se succéder vont lui permettre de se rendre compte qu’elle change et tire les conséquences de se actes. Tenir une promesse n’est pas chose aisée.

On retrouve une adolescente tiraillée entre la semaine à la campagne avec sa mère et le week-end à la ville avec son père. Tout est cloisonné mais que ce passe t-il lorsqu’une faille vient tout chambouler dans sa vie.

Ce que j’aime dans cette série c’est de voir que selon les besoins elle peut compter sur l’un ou l’autre. Famille ou amis chacun joue un rôle dans sa vie. De plus, on n’est pas dans les stéréotypes père/ mère, leur caractère est plus important que leur « fonction ». On réalise aussi que les adultes ont parfois un comportement puéril, ils ne contrôlent pas plus leurs émotions que leurs enfants !

Ce qui est intéressant c’est la place qu’on est chevaux dans sa vie. On la sent passionnée, on la voit entrer en contact avec eux en faisant appel à son intuition et à ce qu’elle a appris de leur comportement. Et cela change aussi le regard qu’elle porte sur la société et son entourage. Elle tire des leçons de ses actes et des réactions de ces animaux.

Différentes formes d’amour sont ici développées : aimer ses parents, aimer ses frères et sœurs (demi frère, beau-frère…), beau-père, belle-mère,  être aimés d’eux… aimer ses amies, aimer un garçon… être aimé en retour… ou pas ! Ah oui j’oubliais aimer les chevaux et le retour…

Les sujets vous paraissent un peu trop sérieux, trop philosophiques ? N’ayez aucune crainte l’humour est là, que ce soit dans les réflexions, les réparties, les situations et les illustrations… C’est ça aussi le bien-être savoir prendre du recul et un peu d’autodérision ne nuit pas bien au contraire.

Pippa déploie une énergie positive qui vous laisse le sourire sur les lèvres et une envie de prendre son crayon.

Je vous laisse découvrir l’intrigue et les multiples rebondissements. Un roman inspirant.

Je remercie les Editions Syros de leur confiance.

Qui en parle ?

Jangélis

kokeshi coup de coeur

 

Sur mon Blog vous pouvez lire aussi mes chroniques de :

La vie selon Pippa 1

Mon journal à la manière de Pippa Une semaine dans la vie de…

Article précédemment publié sur Canalblog

Poison d’Amour

Eric-Emmanuel Schmitt

Albin Michel, oct 2014, 166 p., 15 €

Cercle littéraire sept 2018

4e de couv. :

Quatre adolescentes de seize ans liées par un pacte d’amitié éternelle tiennent le journal de leur impatience, de leurs désirs, de leurs conquêtes et de leurs rêves. Comment éviter les désastres affectifs dont les couples parentaux donnent l’image quotidienne ? Hier encore des enfants, les voilà prises au piège de cette émotion bouleversante, l’amour, prêtes à entrer dans ce domaine mystérieux, cette folie qui peut les transformer en monstres.

Tandis qu’au lycée, on s’apprête à jouer Romeo et Juliette, imprévisible et fatal, un drame se prépare…

Anecdotes de lectrice : 

Quelques petites choses à propos autour de l’œuvre de Eric-Emmanuel Schmitt. Je suis fan de cet auteur depuis plusieurs années (avant ce blog) Je l’ai découvert en même temps que les pièces de théâtre de Yasmina Reza et longtemps j’ai associé ces deux dramaturges. Une nouvelle fois ces deux écrivains vont croiser ma vie de lectrice puisque je vais lire « Babylone » de Yasmina Reza.

Je n’ai pas chroniqué toutes mes lectures, vous trouverez en fin d’article des liens vers mes autres chroniques.

D’autre part j’ai participé, il y a quelques années au « Challenge Eric-Emmanuel Schmitt » organisé par le blog « unchocolatdansmonroman »

Samedi sur le blog Parlons livre j’ai parler de « L’élixir d’amour »

Ma Chronique :

J’ai eu envie de lire ce roman car le titre ressemblait à un autre roman d’Eric-Emmanuel Schmitt « l’élixir d’amour ». J’étais intriguée par ces deux romans d’autant que je n’en avais pas entendu parler avant et pourtant je suis fan de cet auteur. Deux romans publiés la même année.

La forme utilisée pour raconter cette histoire est aussi originale. Nous avons quatre journaux intimes de quatre meilleures amies qui vont s’entrecroiser pour avoir tous les regards sur une même histoire commune. Il y a aussi des conversations écrites. Dans tous les cas il n’y a pas de date cela débute la veille de la rentrée scolaire et ce termine fin janvier l’année de leur année en 1ère. Pas de jour, pas d’année, étonnant pour des formes d’écritures qui sont associés à des dates.

Quatre jeunes filles de 16 ans aux prises avec des questions existentielles autour de l’amour, de la sexualité et du couple… En contrepoint on a la pièce « Roméo et Juliette » avec à peu près les mêmes problématiques. Une autre tragédie.

D’entrée on découvre que certaines sont très fragiles (il y a déjà eu des tentatives de suicide), d’autres ont des certitudes, et il y a celle qui est préoccupée par autre chose et n’est pas encore prête à sauter le pas. Elles sont chacune à un carrefour de leur vie.

Elles regardent autour d’elles et tirent des conclusions. En même temps elles vont faire des expériences. Et tous ces changements vont causer des fêlures dans leur entente.

Ce roman semble être un autre pendant de « l’élixir de l’amour » où deux adultes essaient de réinventer l’amitié. Sauf qu’ici on est dans les premiers pas des jeux de l’amour. C’est la perte de l’innocence. L’amitié est mise à rude épreuve.

J’ai retrouvé les penchants assez sombres que  l’on croise souvent dans l’œuvre d’Eric-Emmanuel Schmitt.

La fin est terrible, aucune ne sortira indemne de ces jeux de l’amour.

Comme du cristal

Cypora Petitjean-cerf

Éditions du Serpent à Plumes, 2018, 251 p., 18 €

Mes lectures du Serpent à plumes

4e de couv. :

Lisette et Ada sont deux cousines. Lisette aime lire et Ada a tout le temps mal quelque part. Lisette rédige des notices fleuries, pimpantes, pour des brochures commerciales, Ada travaille pour une grande surface et est amoureuse du pharmacien.
Elles s’entendent comme chien et chat, comme le chaud et le froid ; et entre elles, il y a Franz.
En août 1988, alors qu’ils écoutaient Powerslave d’Iron Maiden, Franz a embrassé sa cousine Ada sur la bouche. Si elle ne s’en souvient plus, lui ne l’a jamais oublié et l’aime encore de cet unique baiser partagé.

Mon billet :

Et puis il y a le canapé de leur enfance. Un matin il est posé devant chez Franz, quinze ans après sa disparition dans un camion-benne. Après quelques jours il disparaît à nouveau. Avant de réapparaître. Et encore.

Cypora Petitjean-Cerf évoque avec humour et précision tous ces doux rêves/fantasmes éveillés qui rythment les vies des gens normaux, qui font leurs courses le samedi matin.

Cypora Petitjean-Cerf est au sommet de son art dans ce roman minimaliste et tendre. La simplicité de ses personnages, de leur vie, de leur passé, de leurs espoirs se lie admirablement avec les enjeux éperdus de l’amour.

J’étais curieuse de découvrir ce roman. Cette histoire de canapé de l’enfance qui réapparaît à l’âge adulte au point d’envahir la couverture du livre cela intrigue.

Il faut dire aussi que je suis toujours très intéressée par les auteurs qui traitent du quotidien ordinaire. On a une part de nous qui s’identifie à une époque, un mobilier, des habitudes de vie, on se rend compte que finalement on a des points communs (ou pas !).

La thématique de la famille est un sujet qui m’intéresse.

Si vous cherchez l’action, les coucheries et les grands voyages passé votre chemin. Par contre si vous aimez les histoires où les petits détails, les petits « rien » viennent modifier le paysage de manière imperceptible, ce roman vous plaira.

J’ai eu l’image d’un vase qui se remplit goutte à goutte et j’attendais qu’il déborde ou se brise. C’est peut-être à cause du titre. Le cristal représente, la pureté et la fragilité, mais que cache sa transparence ?

J’ai aussi eu l’image de ces boules de neige qu’on secoue et qui semble s’animer pendant un temps jusqu’à ce que les paillettes retombent, et  entre les deux les scènes  ne sont plus tout à fait les même.

Les personnages semblent bloqués plus ou moins en 1988… l’adolescence, premier baiser et mort accidentelles des copains. L’histoire se déroule en 2013, ils ont une maison, du travail et vivent en vase clos comme dans une bulle de cristal qui empêche d’entrer en contact, une fragile barrière de protection.

Ce qui frappe dans ce roman, c’est l’absence de parents adultes de plus de 40 ans. Les parents d’Ada, Lisette et Franz sont morts du cancer. Ils sont omniprésents par l’éducation qu’ils ont donnée à  leurs enfants. C’est peut-être cela qui donne cette impression d’image figée. Plus de nouveaux conseils, pas d’évolutions. Leur mort n’a pas suffit à émanciper ces jeunes adultes (35-40 ans).

Ces trois cousins se sont fait une image du monde et ont continué à fantasmer sur des possibles sans arriver à surpasser certaines barrières jusqu’à ce printemps 2013.

On ne voit pas non plus les parents de Gretchen, Anne-Céline, Cyril, M. Paillet ou M. Christophe Renard…

Gretchen, elle aussi est bloquée dans une relation toxique, elle aussi va bénéficier de cet air printanier pour évoluer. Petit bémol il y a des petites incohérences autour d’Emile (vocabulaire et connaissances), comme pour montrer qu’il n’a pas une évolution normale.

J’ai adoré le personnage d’Anne-Céline, fille de la terre, avec son langage fleurie, qui ne s’embarrasse pas de considérations protocolaires.

Les personnages masculins sont très coincés dans leur quand à soi, ce sont les filles qui doivent avoir les initiatives et faire le premier pas. On notera qu’il y a un personnage qui n’apparaît qu’avec son prénom et un autre avec juste une initiale.

Il y a le petit côté de réalisme magique avec le canapé qui apparaît et disparaît, il y a toute la pensée magique des personnages qui cherchent des signes. On a par exemple Lisette qui se raccroche à son vieux maillot de bain anglais puis à la salopette de Anne-Céline, il y a la partie onirique (rêves nocturnes et rêves éveillés), il ya les messages subliminaux des publicités et autres.

Un autre détail a attiré mon attention celui du miel… j’ai bien sûr pensé à « on n’attrape pas les mouches  avec du vinaigre » non plus sérieusement, c’est l’histoire des tartines : tartines de miel, tartines de fromage, tartine de fromage au miel. Finalement petit à petit, on teste, on découvre et on apprend à aimer de nouveaux goûts… une jolie métaphore pour ce que vivent les personnages.

Il y a l’idée de constance. Dans un premier temps, on à l’impression que rien ne doit bouger pour être heureux. Et même lorsqu’ils constatent qu’ils ne sont pas heureux ils ont du mal à tourner la page.

Je n’ai pas spécialement aimé les personnages au début car ils ne sont pas présentés comme des personnes sympathiques  (la lectrice que je suis est difficile !). Ils se parlent mal à eux même et aux autres. Petit à petit mon ressenti à évolué en même temps que ce que je découvrais sur eux.

Leurs pensées intimes prêtent parfois à sourire, ils se retrouvent dans des situations drôles ou grotesques, et l’humour n’est pas le ton adopté pour raconté leurs aventures, il est juste là pour alléger certains sujets graves. Je n’ai noté aucune ironie dans le texte, quoique… que penser du nom du domaine du « grand gland »  ou d’autres patronymes?  J’ai eu l’impression  qu’il y avait  une certaine distance avec l’objet d’étude.

J’ai aussi aimé l’idée que tous les personnages se mettent à écrire au même moment des choses différentes mais avec le même but se faire du bien.

Les roman est divisé en  cinq parties et à l’intérieure de chacune les bouts d’histoires sont simplement séparés par un astérisque.

Une coïncidence veut qu’en ce moment je sois repartie sur « la poétique de l’espace » de Gaston Bachelard (suite à des émissions de radio) et j’ai tout de suite fait le lien avec ce roman. Dans « Comme le cristal » il y est question de maisons et Gaston Bachelard nous en parle aussi.

Il y a Ada avec sa maison en zone inondable, en face de l’Intermarché où elle travaille. A un certain moment elle va se mettre à nettoyer, ranger, explorer sa maison de l’entrée au grenier, le moindre placard, tiroir ou carton va y passer, pour son grand soulagement. Et pourtant elle ne connait pas le travail de Marie Kondo !

Il y a Franz qui a acheté il y a bien des années un pavillon dans le même domaine où il habitait avec ses parents. Il va aussi repenser de la cave au grenier la décoration et le rangement de sa maison.

Il y a lisette qui elle a acheté hors du village natal et qui a acheté une vieille bâtisse qu’elle a transformé en gîte  (famille de substitution ?). Elle c’est sa garde robe qu’elle a vidé et modifié (d’ailleurs elle passe sont temps dans sa piscine par tous les temps !)

Gretchen va rechercher dans sa cave une partie cachée de son passé, et quelle va partager  avec son fils puis avec les autres, ces tableaux, ses œuvres (là je le relierai à sa maternité très compliquée). Elle va pouvoir être fière de sa création : son fils. Elle sort beaucoup de choses de son four, de sa camionnette… L’état du pain et des pâtisseries sont des reflets de ce qu’elle vit.

Vous l’aurez compris ce roman très singulier m’a beaucoup plu car très travaillé et recherché malgré la simplicité apparente. Par delà les mots, je me suis laissée emportée  par ces vies plus complexes qu’on ne croit.

Je remercie les Éditions Le Serpent à Plumes pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog