Miss Sharp 2 Meurtre en Cornouailles

Léonie Swann

Trad. Frédéric Weinmann

NIL Éditions, nov 22, 461 p., 14,90 €

Mes lectures NiL

4e de couv. :

Alors qu’Agnès Sharp et ses colocataires retraités viennent à peine de résoudre leur première enquête, un nouveau cadavre apparaît à Duck End. La tension monte et tous auraient bien besoin de changer d’atmosphère ! Et voilà qu’Edwina remporte un séjour dans un hôtel de luxe en bord de mer. La petite troupe s’envole donc pour les Cornouailles. Mais à peine sont-ils installés qu’Agnès assiste à ce qui a tout l’air d’être un meurtre…
Entre deux repas bio, une séance de massage et un cours d’aquagym, nos détectives tentent d’arrêter le meurtrier avant que la clientèle ne soit décimée.

Mes impressions de lecture :

J’avais bien aimé le tome 1 et j’étais curieuse de voir comment l’autrice allait développer ses personnages… je n’ai pas été déçue, j’ai beaucoup souris !

On part vraiment dans l’exagération, ce qui donne une ambiance bien particulière et drôle. L’histoire débute et on a Miss Sharp qui tombe sur un mort. On se dit que c’est le début de l’aventure et bien non notre ancienne policière n’a pas envie/le temps de s’arrêter et hop elle s’en va !  Cette inaugurale va laisser le lecteur un peu pantois, mais elle va permettre de développer un questionnement chez notre héroïne sur le thème de l’indifférence. Peut-on passer son chemin pour ne pas avoir à témoigner et répondre à la police ?  Lorsque les autres crimes auront lieu, elle ne pourra pas les laisser passer car cette première « lâcheté » lui pèse sur la conscience…

J’ai bien rit avec les préparatifs et le voyage de toute l’équipe en Cornouilles. Le séjour dans cet hôtel de luxe écologique pour nos colocataires se transforme en vaste n’importe quoi… ils voient des morts partout, planquent un camé en manque et j’en passe …

Dans cette histoire la tortue Hetty est en hibernation, elle va être substituée par une tortue gonflable ! Si si elle va voyager avec Edwina, en plus du pot de café avec le reste des cendres de Lillith, je ne vous raconte pas pour passer les contrôles à l’aéroport !

La touche animale est une des caractéristique de cette autre, Edwina va trouver moyen de récupérer un boa blanc…. On a va même avoir des pages où on suivra les pensées de cet animal  qui sera le seul à garder son sang froid !

Chaque personnage est « hanté » par son passé professionnel et Edwina, se personnage lunaire,  va nous surprendre dans son attitude au cours de cette mésaventure.

En transportant ces personnages à l’autre bout de l’Angleterre Léonie Swann va nous faire découvrir les côtes de Cornouailles et faire sortir nos héros de leur zone de confort qu’est Sunset Hall. Cela évite les redites concernant le quotidien. Un nouveau décor demande à nos protagoniste de contrôler leurs attitudes, enfin presque !

Les faiblesses de chacun viennent causer des situations cocasses et évitent la résolution de la série de meurtres directement. N’oublions pas que nous sommes dans un cosy mystery.

On va découvrir des personnages qu’on ne verra que dans cet « épisode », si vous avez peur d’avoir trop de personnages à mémoriser, ne vous inquiétez. Au début du roman,  il y a une liste le nom de chaque personnage et de quoi le situer.

Un petit mot sur la couverture, sa charte graphique permet de bien identifier la série qui débute. Nous retrouvons les éléments clés de cette histoire mais ce n’est qu’en les lisant qu’on les comprend. J’aime beaucoup.

Voilà maintenant après ce moment de détente, il ne reste qu’à attendre les prochaines aventures pour découvrir où cela va se passer…

Je vous laisse découvrir ce lieu nommé « Eden » où Adam et Eve seront en compagnie du serpent ! mais chut n’en disons pas plus.

Je remercie Nils Éditions de leur confiance.

L’histoire de l’hiver qui ne voulait jamais finir

Shane Jones

Ill.  Anastasia Kardashova

Trad. Joy Setton

Éditions La croisée Delcourt, nov 2022, 160 p.,  18 €

Lecture Masse Critique Babelio / Édition La Croisée

4e de couv. :

Se rebeller face à la puissance de l’hiver : une fable gothique, poétique et moderne. Au cœur d’un petit village, l’hiver s’installe et ne veut plus partir. La lumière baisse, les enfants disparaissent, la morosité gagne les cœurs. Désespérés, les habitants décident alors de se rebeller et de faire revenir la vie, par tous les moyens. A la manière des livres de Tim Burton et d’Edward Carey, L’histoire de l’hiver qui ne voulait jamais finir modernise avec une touche gothique et graphique le conte hivernal.
Ce court roman devenu culte, tout d’abord publie chez un petit éditeur, a été réédite avec succès par Penguin avant de séduire l’Europe entière. Ce conte onirique pour adultes, illustre par la dessinatrice russe Anastasia Kardachova, nous emporte dans une histoire poétique et envoûtante.

Mes impressions de lecture :

J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu la présentation de l’éditeur et la magnifique couverture.

J’ai découvert cette maison d’édition que je ne connaissais pas et c’est une belle découverte. J’ai bien aimé ce conte pour adulte.

Cet un bel objet livre. Ce petit format « édition illustrée, 14 x 16, impression couleur, couverture cartonnée, fer à dorer » précise l’éditeur. Les illustrations à l’intérieur donnent un relief supplémentaire au texte.

Lorsque j’ai ouvert le livre la première fois la composition avec titre et texte bref d’une page j’ai cru qu’on pouvait le lire comme de petits « tableaux », ce n’est pas du tout le cas. La parole est donnée à plusieurs personnages ainsi on a plusieurs focales ce qui permet une immersion encore plus complète puisqu’on a l’impression d’être au milieu de tous ses gens. Le titre prend alors toute son importance puisqu’il permet de se repérer. Le changement de focale donne des changements de rythme qui peuvent surprendre.

Le conte va nous emporter dans un lieu, dont on ne connait ni le nom ni l’époque, où les montgolfières jouent un rôle important. L’aspect aérien complète conte onirique. Très vite cela va partir en vrille lorsqu’un dictateur nommé Février va interdire tout ce qui vole et prolonger l’hiver. Au début c’est un peu perturbant cette histoire de nom puis on est tellement pris dans histoire qu’on l’intègre rapidement.

On passe très vite aux thématiques de la forêt (arbres, hiboux , mystère…) et  la terre ce qui augmente le côté sombre et mortifère, ajouter à cela les disparitions… On associe souvent la forêt à des couleurs sombres, pourtant ici la neige persistante donne un blanc angoissant.

L’eau est ici sous forme de neige persistance qu’ils veulent fondre, l’eau est aussi cause de noyade…

On suit en particulier la famille de Taddeus, Selah et leur fille Bianca. Leur vie bouleversée par cette nouvelle façon de vivre, la résistance qui s’installe. Puis, cela vire au drame…

Shane Jones va monter graduellement jusqu’à ce que la résistance se transforme en guerre.

On retrouve la thématique de la guerre et ses exactions causés par ce régime dictatorial. Cela fait écho à certaines de mes lectures récentes.

Je remercie Babelio et les Éditions de la Croisée pour cette découverte.

L’archiviste

Alexandra Koszelyk

Éditions Aux Forges de Vulcain, oct 2022, 268 p., 18 €

Mes lectures aux Forges de Vulcain

K est archiviste dans une ville détruite par la guerre, en Ukraine. Le jour, elle veille sur sa mère mourante. La nuit, elle veille sur des œuvres d’art. Lors de l’évacuation, elles ont été entassées dans la bibliothèque dont elle a la charge. Un soir, elle reçoit la visite d’un des envahisseurs, qui lui demande d’aider les vainqueurs à détruire ce qu’il reste de son pays : ses tableaux, ses poèmes et ses chansons. Il lui demande de falsifier les œuvres sur lesquelles elle doit veiller. En échange, sa famille aura la vie sauve. Commence alors un jeu de dupes entre le bourreau et sa victime, dont l’enjeu est l’espoir, espoir d’un peuple à survivre toujours, malgré la barbarie.

Mes impressions de lecture :

C’est le troisième roman d’Alexandra Koszelyk et un plaisir littéraire renouvelé. C’est romans bien que différents on la passion en commun. Passion pour un lieu et pour les êtres qui en émanent.

On découvre un personnage avec une érudition qui se mêle aux traditions populaires  et souvenirs  familiaux.  On va donc  passer de la sphère familiale à la sphère publique. De par son métier elle a engrangé un grand savoir. Mais on va se rendre compte qu’avant cela elle a engrangé une savoir populaire et plus traditionnel transmis entre autre par la mère et le père. L’histoire se déroule en Ukraine mais on peu transposer à notre propre culture et notre propre vécu.

J’ai ressenti une forte présence des sens. Les sens qui  jouent un rôle dans l’acte de création mais aussi de réminiscences.

Le personnage principal qui est présente sous la lettre K (pas anodin du tout comme choix). Elle va évoquer des souvenirs d’enfances et convoquer des fantômes du passé, une nouvelle fois on est entre la sphère de l’intime et la sphère de l’universel.

J’ai beaucoup aimé l’aspect onirique, le lien entre le visible et l’invisible, conscient et inconscient. Alexandra Koszelyk joue aussi avec le réel magique qui crée des liens des âmes du passé. C’était très beau ce qui ressortait de chaque « rêverie », et comment elle a relié l’universel à l’histoire familiale.

C’est un roman qui donne envie de se replonger entre autre dans l‘œuvre de Gogol par exemple. Il y a aussi un chapitre qui m’a fait à son premier roman « À crier sur les ruines » que je vous conseille fortement.

La thématique de la forêt et du monde souterrain sont des thématiques liées à la terre, à la profondeur et aux racines, ce qui illustre parfaitement ce qui se passe dans ce roman. Cela vient aussi faire écho aux mouvements qui animent le personnage de K.

Il y a un côté Kafkaïen dans se que subit notre héroïne. On l’oblige à faire quelque chose d’absurde au nom de la propagande d’État.  Ce qui va la rendre rebelle par réaction. Grâce ou à cause de ce qui lui est demandé on va découvrir certains éléments fondateurs de la culture.

On a aussi la thématique du deuil, elle ne nous parle pas que de la perte de personne chères mais aussi pertes du monde connu, de l’innocence.

J’ai été très touchée par cette histoire non seulement parce que cela touche à la situation actuelle de l’Ukraine, mais surtout parce que cela entre en écho avec mon histoire et celle de beaucoup de gens qui sont très attachés à leur racines. On est entre pays peuplé par les souvenirs et réalité. Je vous laisse lire entre les lignes ce que l’autrice partage.

Je vous invite à découvrir ce roman où la poésie  des lieux, des mots et idées nous transportent dans l’univers littéraire d’Alexandra Koszelyk avec une forte présence de l’art.

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance.

Son espionne royale (10) et le baron irlandais

Rhys Bowen

Trad. Blandine Longre

Éditions Robert Laffont, La bête Noire, oct 2022, 387 p., 14,90 €

Mes lectures Robert Laffont

4e de couv. :

Irlande, 1934.
Lady Georgie est sur un petit nuage : le beau Darcy O’Mara l’a finalement demandée en mariage. Mais rien n’est simple pour une princesse d’Angleterre… Georgie doit obtenir une autorisation de la reine pour épouser son fiancé.
Avant même que les tourtereaux puissent officialiser leur union, une nouvelle épreuve se dresse sur leur chemin : le père de Darcy est suspecté de meurtre. Il est impensable pour une héritière royale d’épouser le fils d’un criminel ! Prête à tout pour innocenter son beau-père, Georgie décide de rejoindre le château familial des O’Mara… au risque de déterrer des secrets de famille bien cachés.

Mes impressions de lecture :

Vous imaginez bien qu’à ce stade de la série (Tome 10) si je poursuis c’est que je suis fan !

Pour commencer un petit mot sur la couverture. J’avais eu du mal à me faire au changement graphique mais ça y est j’ai bien intégré ce nouveau design et la couleur est évidemment en accord avec le sujet de cet épisode !

La série nous entraîne à chaque fois sur un lieu emblématique. Cette fois-ci c’est dans le château familial de Darcy, enfin presque.

Nous avions laissé nos amoureux (tome 09) dans une voiture qui fonçait vers leur mariage en écosse à Gretna Green. On reprend les mésaventures de notre duo alors qu’ils roulent vers le nord. La question qui nous vient tout de suite à l’esprit qu’elle nouvelle catastrophe va leur tomber dessus… En fait on va avoir un enchainement de situations rocambolesques. Je n’avait pas souvenir que Georgie savait conduire, elle plus d’une corde à son arc cette lady.

Ce qui m’a frappé en lisant ce tome ci, et en y réfléchissant c’est dans chaque roman, c’est la force qui réside dans les personnages féminins alors qu’on a l’impression qu’on est dans un monde mené par les hommes. Darcy pourtant très entreprenant et intrépide se retrouve ici dans une position de faiblesse. Et heureusement ce sont les femmes qui l’aiment et qu’il aime qui vont faire avancer l’intrigue.

Darcy est dans une situation psychologiquement compliquée car le père et le fils ont une relation complexe puisque le père rejette la mort de son épouse sur son fils. Le baron est accusé de dopage et d’un meurtre, tout joue contre lui à commencer par lui-même. L’honneur de la Famille O’Mara est en jeu et donc Darcy voudrait croire son père innocent mais il n’arrive pas à trouver l’angle d’attaque. Heureusement deux anges gardiens vont venir bousculer ces deux mâles qui s’affrontent.

C’est un roman qui traite aussi de la filiation. Lady Georgina n’est pas seulement l’arrière petite fille de la reine Victoria, la fille du Duc de Ranoch, la sœur de Blincky etc… Cela peut jouer en sa faveur ou pas. En tout cas Georgie prend de plus en plus confiance en elle. Darcy est un O’Mara, une famille irlandaise reconnue, de part sa mère il est anglais. Il a un pied dans chaque île.

On va découvrir plusieurs personnages forts et on va retrouver avec plaisirs certains comme Belinda qui a pris des décisions importantes (on verra dans les prochains épisodes ce qu’il adviendra), Queenie qui va une nouvelle fois nous épater.

Il va falloir toute la ténacité féminine pour mener à bien la résolution du problème et pour que le père et le fils commencent à communiquer. Et à vouloir prendre leur destin en main.

Je m’arrête là pour vous laisser le plaisir de découvrir avec quel humour Rhys Bowen va jouer avec ses personnages et le lecteur.

Vivement le prochain épisode… il y a tant de sujets ouverts…

Je remercie les Éditions Robert Laffont, La bête noire de leur confiance.

Ps : j’ai lu un autre roman en même temps et hasard de la vie de lectrice dans les deux cas un fils allait rejoindre son père sur son île pour le sortir de prison ! Voir « nous ne nous n’allons pas nous réveiller ».

Nous n’allons pas nous réveiller

Heine Bakkeid

Trad. Céline Romand-Monnier

Éditions des Arènes, 2022, 512 p., 23 €

Masse Critique Babelio / Les Arènes

4 e de couv. :

Ce roman noir nous plonge avec l’ex-flic Thorkild Aske dans une affaire de meurtre et un passé familial troublé.
L’ex-flic Thorkild Aske est de retour à Stavanger, sur le droit chemin de la réinsertion professionnelle. Sa consommation de médicaments est sous contrôle, un brillant avenir de fabricant de chandelles se profile à l’horizon. Mais c’est sans compter cette urgence qui l’envoie en Islande avec sa sœur Liz. Après vingt-cinq ans, il revoit son père, Úlfur, un vétéran de la lutte environnementale, qui vient d’être écroué pour meurtre. Dans des paysages arides plongés dans la grisaille, la visite familiale ne tarde pas à prendre un tour mouvementé…

Mes impressions de lecture :

Le hasard de mes lectures à fait que j’ai lu en parallèle deux romans parlant d’un fils qui va aider son père accusé d’un crime. Mais traitez de manière bien différente.

Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà lu un roman publié par cette maison d’édition, la qualité du livre autant par le texte qu’en tant qu’objet sont de belles découvertes.

C’est la première enquête de Thorkild que je lis mais j’ai bien envie de découvrir les précédentes grâce aux éléments que l’auteur a disséminés dans l’histoire.

Ce roman nous plonge dans l’Islande d’aujourd’hui et d’hier. Tout tourne autour de la cause menée par Úlfur contre la destruction du milieu naturel du pays. On va suivre Thorkild aujourd’hui qui en venant dire au revoir à son père mourant va se retrouver au cœur d’une série de morts et de disparitions. Très vite il réalise que l’origine du mal vient peut-être d’un événement qui a eu lieu en 1982. Nous allons voir remonter ses souvenirs d’enfance et il va poser inlassablement des questions sur ce qui c’était passé lors de cette marche.

Nous allons aussi suivre en italique le tueur, mais faudra attendre la fin pour comprendre de qui il s’agit et ses motivations.

L’auteur va bien différencier l’écriture entre ses trois temps/espaces. Cela donne des rythmes bien différents.

En grande partie il est questions d’écologie et de l’environnement, qui je pense doit s’inspirer de la réalité au vue de ce qu’on voit par ailleurs.

On a tout un aspect sur la manipulation, l’emprise et l’ascendant de certains. On a le cercle familial et le cercle social. Comment résister quand il s’agit de votre père ?

On va découvrir comment un ego trop grand peut détruire son entourage. L’épouse à perdu la tête, la fille est victime de violences conjugales et le fils est un mort en sursis… mais Le père, sorte de gourou, tout ce qu’il voit c’est l’Islande détruite par les constructions et les hommes.

J’ai beaucoup aimé les personnages de Thorkild et Liz, le frère et la sœur ont des parcours différents mais des êtres en souffrance. S’ils sont séparés ils sont dans l’autodestruction et quand ils sont ensemble l’un protège l’autre. Ils sont très attachants.

C’était très intéressant l’idée de « personne n’est innocent » qu’on retrouve tout au long de l’histoire. C’est aussi une manière que prendre le pouvoir sur les autres.

Il est beaucoup question de suicide, de mort… Personne n’en ressortira indemne. on a plusieurs effets miroirs le père et le fils, ou le père et le pays par exemple. Úlfur va en jouer.

Il y a beaucoup de personnages forts avec plusieurs facettes, on se pose souvent la question a qui faire confiance. Thorkild lui ne compte sur personne à part peut-être sur sa sœur ainée. Il a aussi l’art de faire « avouer » les gens avec sa ténacité, il revient sans cesse sur ce qui le préoccupe. Il est beaucoup question de mémoire.

L’enquête en elle même va devenir de plus en plus complexe au fur et à mesure qu’on découvre certains éléments.

Heine Bakkeid a su montrer les différentes facettes de ce pays, avec Hommes attachés à leur terre tout en y étant enchaîné. Il y a des sujets qu’on connait peu comme les relations entre les pays, certains personnages sont allés en Norvège pour recommencer une nouvelle vie sans pour autant arrivé à tourner la page. Les couleurs influencent aussi le regard. Il est question de regard tourné vers l’extérieur mais aussi vers le passé.

Je remercie Babelio et les Éditions Les Arènes de leur confiance.

Miss Sharp détective T.1 Meurtre à Sunset Hall

Léonie Swann

Trad. Frédéric Weinmann

NiL éditions, mai 2022, 495 p, 14,90 €

Mes lectures NIL

4e de couv :

Agnès Sharp avait déjà bien assez de soucis avec sa hanche, le remonte-escalier et ses entreprenants colocataires. Elle n’avait pas besoin de ce cadavre dans la grange. Ni de cet autre cadavre dans le jardin de ses voisins. Mais il faut se rendre à l’évidence : on ne peut pas se fier à l’air idyllique de la campagne anglaise, un perfide meurtrier a les vieilles dames dans le collimateur !
Sans traîner, Agnès et ses petits camarades se lancent à la poursuite de l’assassin – une enquête qui les mènera non seulement sur le sol glissant de la salle paroissiale, mais aussi dans une douteuse maison de retraite et, enfin, dans les profondeurs de leur propre passé. Car eux aussi ont leurs petits secrets…

Mes impressions de lecture :

Voilà un petit moment que je n’avais pas lu une histoire de la catégorie « petits vieux »… que je vus explique. Pendant quelques années j’avais l’impression de souvent tomber sur des histoires de « petits vieux » que ce soit en feelgood ou cosy mystery. Nous étions plusieurs lectrices à partager nos trouvailles. Je crois que le dernier en date c’était « Les Dames de Marlow » .

« Quand les seniors mènent l’enquête » nous dit la quatrième de couverture et c’est tout à fait ça !.

C’est un premier tome, on découvre un lieu Duck End et une grande maison « Sunset Hall », des habitants qui ont décidé de cohabiter. Leurs particularité être très âgés et avoir un passé dans les forces de l’ordre… Chacun a un passif, un passé avec de grandes zones d’ombres. Aujourd’hui le brouillard ce retrouve dans les têtes ce qui donne ne va pas trop aider à résoudre rapidement.  

C’est personnages à la mémoire ou concentration réduite partent dans des déductions et des pistes qui se perdent dans les méandres de leur esprit. Ce qui pour le lecteur donne lieu à des scènes hilarantes.

Cette confusion des idées entre les souvenirs du passé et les évènements présents. Les fils se mêlent et s’emmêlent. Ils finissent même par douter de leur innocence. Parfois ils se croient encore en service et se permettent des interrogatoires musclés etc…

Ce roman parle de gémellité, nous allons avoir deux cas bien différents, avec des relations complexes. Dans ce roman l’aspect psychologique de l’intrigue trouve plusieurs sources avec la thématique de la gémellité, les personnages vont être perturbés et le lecteur troublé.

Tous les désagrément de la vieillesse vont faire partie du quotidien de nos détectives retraités. Leur passé riche en expérience va leur permettre de rebondir (au sens figuré ! Ahahah!), par ce qu’ils ont l’art de tout embrouiller et de faire compliqué.

La question de l’âge va venir prendre une nouvelle dimension avec l’arrivé du petit fils. Là encore c’est  une source de quiproquos et de situations cocasses. Sans parler de la place et du rôle joué par les animaux.

Je vous laisse découvrir d’autres lieux et d’autres personnages qui vont voir leur vie bouleversée par le rencontre de cette communauté.

Le 3 novembre sort le tome 2 « Meurtres en cornouilles », j’ai hâte de découvrir ce qui va arriver à cette bande de pieds nickelés.

Je remercie Nil Éditions de leur confiance

Malena, c’est ton nom

Anne-Christine Tinel

Éditions Elyzad, sept 2022, 315 p, 21,50 €

Masse Critique Babelio / Éditions Elyzad

4e de couv. :

Une jeune femme fuit l’Argentine et sa dictature. C’est la France qui va l’accueillir, où, réfugiée politique, elle goûte peu à peu au bonheur avec Arnaud dans le Sud. Mais est-ce le fil de sa vie qu’elle poursuit là ? Pourquoi Malena ne parle-t-elle jamais de son passé ? Quels tourments a-t-elle traversés ? Arnaud tente de percer le mystère de celle qu’il aime. De l’emprise politique à celle de l’intime, il n’y a parfois qu’un pas. Dans ce texte d’une grande force romanesque balayé par le souffle de l’océan Atlantique, Anne-Christine Tinel compose avec brio le portrait d’une femme qui se libère, une héroïne en devenir pour qui l’exil est un chemin vers elle-même, de l’ombre à la lumière.

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert ce roman lors de la présentation de la rentrée littéraire par la maison d’édition sur VLEEL.  Quel plaisir de le recevoir pour masse critique Babelio.

Chaque lecteur arrive avec son vécu et ces connaissances. Je fais partie de la génération qui a beaucoup entendu parler dans les années 80 de cette période sombre de l’Histoire de l’Argentine, dans les livres de Langue vivante « Espagnol » dès la 6ième on avait des auteurs et des références à cette période. Je partais donc avec des idées préconçues. Le lecteur qui n’en a jamais entendu parler va avoir un autre regard et faire d’autres découvertes que celles que j’ai faites.

C’est un roman sur l’identité. Qui sommes-nous vraiment ?  Sommes-nous celui que l’autre forge ? Celui dont on donne une image ? De la naissance à la mort on peut avoir plusieurs vies, plusieurs identités… On vit avec des non-dits. On laisse passer suffisamment d’informations  pour qu’on ne nous pose pas trop de questions sur notre jardin secret, ou ce qu’on a refoulé.

La couverture m’avait intriguée, ce tableau célèbre destructuré, reconstruit comme s’il y avait plusieurs arrières plans derrière le premier plan. On retrouve cela dans le texte. Puisque le lecteur va découvrir l’histoire par fragment en essayant de se faire une idée globale de ces vies. L’art jouera un petit rôle dans ce roman…

Dans un premier temps nous assistons au sauvetage d’une femme, cette scène inaugurale interpelle le lecteur, qui se demande qui est cette femme, que lui est-il arrivé, où sommes nous et quand. Nous sommes en 1982 en Italie, puis en France où Malena un argentine a émigré à cause de la dictature en Argentine. L’autrice a choisi d’utiliser le « tu ». Cela continue d’interpeller le lecteur. Ce « tu » est insistant, lancinant, presque accusateur parfois. Ce « tu » dureras sur plusieurs époques tant qu’on est avec le personnage de Malena.

Milena a cloisonné son esprit et refoulé certaines choses, on retrouve cela dans la composition du roman. Lorsque les vannes vont s’ouvrir c’est un véritable raz de marais psychologique.

Lorsqu’on a fini cette longue partie nous avons l’impression d’avoir compris qui était Malena et ce qui lui était arrivé. Mais c’est sans compter sur l’imagination de l’autrice qui a un projet plus complexe.

Nous allons avoir une autre focale et le « tu » disparait pour un il, et découvrir un homme qui n’avait jamais vraiment chercher à savoir qui était sa femme.

Dans une troisième partie un « elle » va apparaitre avec un autre personnage… la clé de l’énigme. Nous allons avoir de nombreuses réponses mais l’autrice a laissé assez de part d’ombre pour que le lecteur comble avec ses connaissances sur cette époque. L’histoire est relancée avec un autre regard. Ce fut une bonne surprise car l’autrice reprend la main. Mais chut !

Chaque lecteur réagira différemment aux  différents rebondissements. Certains comprendront plus ou moins rapidement certaines choses.

C’est un roman poignant sur plusieurs sujets, les sujets qui touchent à la femme sont peut-être plus présents puisque nos personnage principal est une femme.

L’horreur est présente mais c’est parfois plus suggéré qu’explicite c’est donc le lecteur qui va y coller des images et des ressentis. Il y a beaucoup de pudeur, pas de voyeurisme. Par moment on ressent un certain malaise car on nous parle de sujets durs.

Je vous laisse découvrir ce beau roman. J’ai découvert une écriture qui m’a beaucoup plus, j’ai bien envie de découvrir ses autres romans.

En refermant ce livre, je n’ai pu m’empêcher de penser que le « plus jamais ça » n’est qu’une utopie au regard de l’actualité.

Je remercie Babelio et les Éditions Elyzad de leur confiance.

Lulu

Léna Paul-Le Garrec

Éditions Bûchet-Chastel, sept 2022, 175 p., 16,50 €

Mes Lectures de la Rentrées 2022

4e de couv. :

Enfant singulier et solitaire, élevé par une mère maladroite, étouffante, malmené par ses camarades de classe, Lulu trouve refuge sur le littoral. Tour à tour naturaliste, collectionneur, chercheur de bouteilles, ramasseur de déchets, il fera l’expérience de la nature jusqu’à faire corps avec elle.

Conte initiatique et poétique, Lulu, premier roman de Léna Paul-Le Garrec, interroge…

Mes impressions de lecture :

J’ai fait la découverte de ce premier roman de Léna Paul-Le Garec lors d’une soirée VLEEL sur le net. L’autrice nous en a parlé avec tant d’enthousiasme qu’elle a su me convaincre. Le fait que cela se passe sur les côtes bretonnes a aussi contribué à me tenter.

J’ai lu ce roman et lorsque je l’ai fini j’ai eu envie de relire le départ comme pour fermer une boucle.

D’entrée nous savons que le petit garçon a réussi une fois adulte. Je crois que cela m’a aidé émotionnellement car il était un enfant très particulier, en souffrance.

Lucien, est un enfant sans papa, avec une maman surprotectrice. On comprend petit à petit pourquoi ils ont cette relation. Et on a beau surprotéger son enfant arrive le moment ou l’enfant a besoin de déployer ses ailes.

Pour Lulu les relations avec ses congénères à l’école sont trop compliquées. Lulu n’est pas plus compris par les autres que lui ne les comprend. Et comme dans la vraie vie c’est la combinaison de rencontres et de découvertes de centres d’intérêt qui vont permettre des ouvertures. Lulu a commencé à ce construire une carapace de protection quand une institutrice a su s’intéresser à ce qui le passionnait.

L’enchaînement des passions est très logique, très bien trouvées. J’ai aimé cette recherche d’équilibre entre le monde intérieur de Lulu et celui de la société. Il y a mouvement entre intérieur et extérieur. Le flux et le reflux de la mer, marée basse et marée haute.

La place de la musique dans cette histoire, on en comprendra toute la portée vers la fin. Sa musique intérieure, sorte de vibration qui est le début de son langage. La musique c’est aussi les vinyles que sa mère écoute. On sent une certaine complicité entre ses deux personnages coupés du monde.

La construction du roman m’a tantôt fait penser à ces ronds dans l’eau qui se forment lorsqu’on lance un galet plat. Des petits rebonds qui donnent à chaque fois des cercle qui s’élargissent et tantôt j’avais l’impression d’un éventail qui s’ouvrait et se refermait et qui dévoilait dans ses plis des secrets et des mystères.

Si la mère parait hystérique et castratrice au début, on fini par comprendre son comportement et cet amour quelle ressent pour son enfant. On se rend compte qu’elle fait ce qu’elle peut avec sa propre histoire.

Ce que j’ai aimé c’est de voir que Lulu est considéré comme « étrange » parce qu’il n’est pas sur la même longueur d’onde que la société et puis on se rend compte chacun est porteur de singularité, la mère et cette fixette sur la musique, Félicie et son détecteur, Ferry et sa collection… Pas évident de ne pas rentrer dans le moule social et scolaire…

Nous avons donc un narrateur « je » qui va nous raconter son enfance et ce qui l’a amené à être qui il est. Les chapitres cours rappellent l’élocution de Lulu. Il est devenu un scientifique mais on réalise très vite que c’est sa nature profonde.

Je vous laisse découvrir ce beau roman dont la couverture est une belle entrée en matière. Je vous laisse découvrir, sur le replay Youtube de cette rencontre Vleel, la petite histoire derrière cette couverture.

Je remercie le groupe des VLEEL sans qui peut-être je n’aurais pas vu ce roman parmi la flopée de nouveautés. Il n’y a plus qu’à attendre le prochain…

Un fils comme un autre

Eduardo Halfon

Trad David Fauquemberg

Éditions de la Table Ronde, 13octobre 2022, 200 p, 17,50

Mes Lectures de la Table Ronde

Rentrée littéraire 2022

4e de couv :

« Les histoires qui composent ce livre ont été écrites au cours des cinq dernières années, autrement dit les cinq premières années de la vie de mon fils. Comme toujours, elles ont surgi devant moi tels le chat ou le passant qui croisent ma route, mais le fait est que je marche et écris depuis cinq ans en tenant la main d’un petit garçon qui entre et sort de ces histoires, court se cacher dans l’une d’entre elles et va parfois jusqu’à me chuchoter les siennes. Un fils qui m’oblige désormais à écrire en tant que père. »
Eduardo Halfon

Mes impressions de lecture :

Ce recueil de nouvelles est une variation sur le thème de la paternité. Je ne vais pas vous parler de chaque nouvelles. Certains fils rouges parcourent certaines, d’autres semble compléter une autre. J’ai eu l’impression que cela formait un tout que cela tissais un mur d’images. Des fragments d’éclats dans des miroirs qui donnent une image en surimpression, une image augmentée.

La forme brève est une forme qui convient à l’écriture de Eduardo Halfon. Il sait y glisser des histoires et des émotions, des références culturelles et des questionnements.

La couverture de l’ouvra montre cette toute puissance paternelle, avec l’idée de porter son enfant à bout de bras.

C’est toujours un plaisir de retrouver la façon de raconter d’Eduardo Halfon, ce mélange d’autofiction et d’érudition qui nous parle des relations humaines, La famille et ses motivations.

On retrouve ses questionnements sur le pouvoir du père sur son enfant et sur la transmission. Prendre des décisions pour son enfant en réalisant que les conséquences sont irrémédiables comme « circoncision ou pas ? ». Il nous parle du poids des traditions familiales, de sa judéité.

Dans les nouvelles il est question du Guatemala, de son histoire récente. Sa famille qui est d’origine libanaise et qui a émigré dans ce pays. D’où peut-être l’importance des traditions juives qui font partie de son identité.

J’ai beaucoup Les références littéraires qui sont par exemple présentes dans la nouvelle « quelques secondes à Paris » comment des soucis de santé vont changer le cours des choses et modifier les projets de l’auteur. J’ai aimé les réflexions sur l’acte d’écrire et l’écriture.

Dans ces nouvelles parfois mélancoliques et nostalgiques la vie et la mort sont omniprésentes. Des émotions fortes.

Ces nouvelles donnent une impression d’intimité et de sentiments profonds chez le narrateur. Certaines scènes m’ont émue, des questionnements m’ont fait me poser des questions. Une nouvelle fois l’alchimie écrivain-lecteur à fonctionner.

J’ai aimé aussi voyager avec le/les narrateurs, avec cette impression de déracinement et de recherche de sens.

Vous commencez à savoir (ahahah !) combien le thème de l’eau m’est précieux alors imaginez mon intérêt lorsque j’ai retrouvé le l’histoire du fameux lac Guatémaltèque dont il nous avait déjà parlé dans « Deuil ». Ce n’est qu’un exemple sur le thème de l’eau.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

Jusque dans la terre

Sue Rainsford

Trad. Francis de Guévremont

Éditions Aux Forges de Vulcain, sept 2022, 213 p., 20 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

Rentrée Littéraire Automne 2022

4e de couv. :
Ada vit avec son père dans une clairière, en bordure d’une forêt, non loin de la ville. Ils passent leur temps à soigner les habitants qui leur confient leurs maux et leurs corps, malgré la frayeur que ces deux êtres sauvages leur inspirent parfois. Un jour, Ada s’éprend de Samson, un de ces habitants. Cette passion, bien vite, suscite le dépit voire la colère du père de la jeune fille et de certains villageois. L’adolescente se retrouve déchirée par un conflit de loyauté entre son héritage vénéneux et cet élan destructeur qui l’emmène loin de tout ce qu’elle a connu.
Roman lyrique, inquiétant, roman de l’émancipation autant que roman du désir souverain, Jusque dans la terre a été salué comme la naissance d’une romancière à l’imagination terrifiante, peuplée de sorcières et de monstres.

Anecdotes de lectrice :

Lorsque je reçois un livre, j’aime bien faire une ou des photos en rapport avec la couverture ou le sujet pour les réseaux sociaux et aussi pour m’amuser. En voyant la couverture, j’ai tout de suite eu l’idée de photos. Cependant ce n’est qu’une fois le livre en main que j’ai voulu aller faire la fameuse photos avec l’arbre aux racines visibles pas très loin de chez moi. J’habite un coin assez sec… eh bien figurez-vous qu’au moment où j’ai choisi d’aller faire les fameuses photos il s’est mis à pleuvoir, pas longtemps mais je me suis dit c’est un signe. La pluie ici ne dure pas donc j’ai fait les photos dès qu’il y a eu une éclaircie. quelques jours après, j’ai eu envie de faire une autre photo avec de la terre et rebelote j’ai dû attendre que l’averse passe. J’étais dans les conditions du livre avec cette terre mouillée…

Mes impressions de lecture :

« Étrange étrangeté », c’est l’expression qui m’est rapidement venu à l’esprit. Je ne suis pas prête d’oublier ce roman, j’y suis entrée comme en terre connue. Il est original et singulier et pourtant j’avais une sensation de continuité. D’autres lectures sont venues nourrir cette histoire. Comme cette ambiance parfois glauque ou gothique. Bien sûr l’influences de mes dernières lectures « Sorrowland » de Rivers Solomon, « Blackwaters » de Mickael McDowell entre autre dans « Le soldat désaccordé » de Gilles Marchand on a les tranchées de la première guerre mondiales qui font écho avec le thème de l’enfouissement.

Par moment on pense aussi à Mary Shelley et sa créature , « Frankestein » , ou E.T.A. Hoffman et son conte « l’homme se sable »… Vous l’aurez compris c’est la littérature fantastique et les romans gothique qui me sont revenus en mémoire.

De l’importance d’une couverture de livre… J’ai bien aimé cette image de racines qui s’enfoncent profondément, cet espace souterrain source d’énergie.

Mais penchons nous sur le texte lui même, des chapitres courts à la première personne, des chapitres « témoignages » aussi à la première personne mais d’autres narrateurs, leur nom apparaît dans l’intitulé du chapitre, donc pas de soucis de repérage.

Dans un premier temps, on présume qu’on va partir sur un procès ou une chasse aux sorcières, avec les « témoignages » des « cures » (ceux qui viennent se faire soigner) que l’autrice insèrent au fur et à mesure entre les chapitres, avec des Ada par-ci des Ada par-là… Il est beaucoup de question de femmes et de féminité… Je vous laisse découvrir… Pour la petite anecdote : dans les liens entre mes lectures on peut rajouter le prénom Ada…personnage de « Ces liens qui nous enchaînent » de Kent Haruf, une fille Edith est liée à son père et à sa terre et ne peux vivre son grand amour.

Les séances de soins sont fortes et prenantes, cette plongée dans les corps des scènes puissantes. On a la thématique de la pénétration et de la dévoration. Le retour à la terre pour ce ressourcer, renaître…

C’est un roman tellement fort que j’ai ressenti parfois l’impression de me retrouver dans cette terre qui aspire les corps et les maux. Sue Rainsford a su donner vie à la matière, on sent l’odeur de la terre (tantôt sèche, tantôt mouillée) on ressent la texture. C’est un roman très visuel et sensoriel.

C’est un roman avec plusieurs niveaux de lecture. On a aussi le rapport père-fille, créateur et créature/création. De plus le père porte en lui une part de mystère et d’animalité qui le rend encore plus inquiétant quant à ses réactions. On a la jeune fille qui découvre le désir, et l’amour pour quelqu’un d’autre que son père. C’est le grain de sable qui va enrayer la machine.

L’arrivée de ce personnage, assez spécial, va briser le noyau père-fille. Samson ne pouvait qu’avoir une particularité pour être attiré par une jeune fille mystérieuse et différente. Ada en voulant s’émanciper va faire des choix sans anticiper les conséquences. Et c’est très intéressant de voir comment Sue Rainsford a su transposer cette histoire de fille qui veut vivre sa vie de femme sans le consentement de son père dans cet univers singulier.

Quant est-il du temps ? On ne sait pas à quelle époque cela se déroule, on sait juste que Samson à un « camion ». Quant à la durée de l’aventure elle est assez brève même si on a des références à des événements passés. Pour ce qui est de la météo on va avoir l’été caniculaire et des périodes très pluvieuses.

Le lieu c’est assez vague, une maison isolée avec un jardin et une rivière pas très loin. On a des mouvements entre la maison et cette rivière. Ada passe de la terre à l’eau en passant par l’amour…

Car c’est aussi cela ce roman est une histoire d’amour à la vie à la mort, mais on n’est loin de la romance. Cette thématique rejoint aussi mes dernières lectures, des amours intenses.

Je vous laisse découvrir cet univers singulier qui a quelque chose de magnétique qui fascine le lecteur jusqu’à la conclusion.

Ce roman pourra intégrer des challenges autour de Halloween !

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance.