Darryl Ouvremonde

Olivier Péru

Éditions Michel lafon , octobre 2017, 573 p., 22,95 €

FORMAT (24×16 x3,5cm) 915 g !

Mes lectures Michel Lafon

4e de couv. :

Collégien à Montréal, Darryl semble être un adolescent ordinaire. Il fugue pourtant toutes les nuits… C’est qu’il a fort à faire dans l’Ouvremonde, où il exerce le métier de journalyste. À dire vrai, il n’est encore qu’apprenti, mais grâce à son courage et son pouvoir sur les Glyphes liant les mondes entre eux, Darryl compte bien écrire un jour pour Le Veilleur, le quotidien le plus 
respectable de l’Ouvremonde. À ses yeux, une enquête, c’est une quête ! Hélas, dans certaines quêtes, il arrive qu’on perde un peu plus que des plumes. C’est ce que risquent de découvrir Darryl et son maître, le célèbre Tortup, dont le mauvais caractère n’a d’égal que le talent pour le scoop. Leur prochain artycle les entraîne tous deux sur l’île de Croque- Corbeau car une insaisissable rumeur prétend que les habitants de ce triste bout de terre ont disparu en une nuit. Qu’y a-t-il à découvrir là-bas où jamais personne n’a écrit un bon papier ?

Mon Billet :

C’est un roman très ambitieux car Olivier Peru explore plusieurs « genres » de la littérature de l’imaginaire et certains lecteurs spécialisés risquent d’être plutôt critiques puisqu’il on a l’impression qu’il a voulu explorer tous les genres. C’est certainement ce qui m’a plu car on n’a pas le temps de s’ennuyer on passe d’un monde à un autre. D’entrée de jeu j’ai adoré la petite référence à Patrick McSpare le complice d’Olivier Péru dans la série « Les hauts conteurs », un autre jongleur avec les mondes de l’imaginaire.

Les illustrations de ce roman sont magnifiques, elles donnent un petit plus à la narration. On découvre certaines créatures ou glyphes…

C’est un roman en trois parties. Pour chacune on a une illustration en double page. Chaque début de chapitre commence par la même illustration selon la partie. Ce sont des repères pendants la lecture. De plus on a une lettrine qui renvois aux textes anciens. C’est un bel objet, ces petits détails sont comme des mises en scènes qui rendent la lecture encore plus agréable. Et c’est beau cadeau à faire à un lecteur.

Ce roman joue avec différents codes de la littéraire de l’imaginaire.  Nous pouvons y voir du fantastique (Julianne et Dean), de l’urban fantasy (fantômes dans la ville), de la fantasy (monde de magie, Aruspide etc.), du Steampunk (Darry, Maître Turtle et les autres) du roman de formation, quête et enquête… Pour chaque pièce de ce puzzle Olivier Péru trouve un langage et un champ lexical approprié. D’accord là, je prends de gros raccourcis, c’est beaucoup plus complexe et imbriqué.

Ce qui saute aux yeux rapidement c’est la relativité du temps. En effet le temps ne s’écoule pas de la même façon que l’on soit à Salem, Kaelatt, ici-là, ou dans le village mort…

J’ai aussi beaucoup apprécié la notion de frontière. Les barrières entre réalité, monde onirique ou fantastique, sont assez poreuses.  La communication s’établit sur plusieurs plans par le langage (avec des spécificités), visuel (images mentales, ) symboliques (glyphes etc.) ou par télépathie. Les frontières entre le bien et le mal sont parfois floues. La folie et la normalité.

Le lecteur averti peut avoir l’impression de trouver des références telles que « Alice au pays des merveilles » « De l’autre côté du miroir » qui sont assez compréhensives. Par contre,  je viens de lire une aventure de « Alfie Bloom » et j’ai retrouvé une relation entre le protagoniste et un oiseau particulier, ou encore l’apport de sucrerie d’un monde à l’autre pour le plus grand plaisir du maître. J’adore ce genre coïncidences. Les glyphes et les passages m’ont rappelée « Tennan ». On pourrait en trouver d’autres qui sont communes aux romans de ce genre.

J’ai aussi été très  sensible aux notions de couleurs qui viennent compléter les notions d’ombre et de lumière et toute la symbolique qui les accompagnent. Cela commence par le monde gris (le nôtre) et le monde blanc (Ouvremonde).

Nous allons suivre le chemin initiatique de chaque personnage. Nous avons dans les personnages principaux des adolescents en quête d’identité, qui manient l’humour noir et l’enthousiasme de la jeunesse.

Darryl, un transfuge,  entre dans l’Ouvremonde pour apprendre le métier de témoin pour devenir journaliste. Il est guidé par un maître. Il va apprendre une autre façon de parler, explorer cet univers.

 Dean lui va tâtonner pour découvrir comment il est devenu un fantôme, Julianne va en partie l’aider. Mais des liens entre Darryl et Dean sont d’un autre niveau. Darryl de victime, il va devenir acteur.

Julianne joue un rôle d’intermédiaire entre les vivants et les morts. Elle aussi n’était pas préparée à ce mode de vie.

Je ne vais pas vous parler de tous les personnages qui entre dans cette histoire.

Les lieux sont très variés on explore aussi bien les bois que les bas-fonds.  Le monde de la violence, de la drogue et de l’alcool , que celui de l’amitié et des émois amoureux.

Ils vont  se retrouver à enquêter sur les forces du mal, les quatre cavaliers de l’apocalypse (tiens un sujet déjà présent dans la Bible !).

Les chapitres n’alternent pas entre un personnage et un autre. On a le temps de les suivre dans une partie de leur progression dans leur enquête. A chaque fois on se plonge dans un univers et on en ressort comme si on avait lu en apnée.

De par sa composition ce roman se lit très vite car il y a beaucoup d’action. Les descriptions ne sont pas pesantes et on navigue bien d’un monde à l’autre.

C’est un roman très riche et je ne peux vous détailler tous les sujets qui sont abordés.

Quand à la résolution des énigmes je ne vais pas vous spoiler, je laisse le suspens jouer son rôle.

Je remercie les Éditions Michel Lafon pour cette découverte.

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Article précédemment publié sur Canalblog

Ysabel

Guy Gavriel Kay

Trad. Elisabeth Vonarburg

Éditions A Lire, sept 2015 (VO 2008) , 463 p., 20 €

World Fantasy Award 2008

Mes lectures Book en Stock / Edtions A Lire

C’est la rentrée est Book en Stock nous embarque dans une nouvelle saison d’aventures et de rebondissements…

4e de couv.

Ned, un jeune Montréalais de quinze ans, accompagne son père, Edward Marriner, dans le Midi de la France. Photographe de renommée internationale, Marriner – assisté de Mélanie, Steve et Greg, son équipe technique – a six semaines pour croquer des images inédites de ce magnifique coin de pays, qui regorge de ruines datant de l’époque des Celtes et des Romains.
Mais des événements inquiétants perturbent le séjour de Ned : un inconnu le menace dans la cathédrale d’Aix-en-Provence, un étrange malaise l’affecte aux abords de la montagne Sainte-Victoire, des chiens l’attaquent dans un café… sans compter qu’au cours de la nuit de la Beltaine, une antique fête celtique, il assiste à la « magique » disparition de Mélanie !
Dès lors, Ned comprend que, dans cette contrée plusieurs fois millénaire, des personnages mythiques ne veulent pas mourir et que, d’une mystérieuse façon, il est personnellement concerné par leur histoire.

Ma chronique : 

Lire ce roman, c’est l’occasion de découvrir un auteur canadien de renommée mondiale, qui a reçu des prix, mais que je n’ai pas l’impression qu’il soit mis très en avant. Je remercie Book en Stock et les Éditions A lire pour ce partenariat.

Un seul bémol que je vous donne maintenant pour après vous donner tous les points positifs. J’ai eu du mal avec la traduction  française mais « québécoise ». En tant normal cela ne me gêne pas mais là c’est du québécois actuel et « parlé », ce qui pourrait plaire à certains… Voilà c’est dit … passons au fond !

Je me suis laissé captiver par l’histoire ou les histoires. Pourquoi au pluriel ? Parce que chaque personnage a son passé et son ressenti et une part dans l’aventure mais aussi parce qu’il y a plusieurs sujets qui sont abordés en marge de l’intrigue « Ysabel ».

Ce qui m’a titillé dès le début c’est la place de la mère et de la gente féminine en général.

L’insistance à nous dire que la mère est absente, loin de sa famille, que la mère est dans une zone dangereuse, quelle travaille pour médecins sans frontière pour sauver des vies, qu’elle est potentiellement en danger. Et à côté de cela des filles/femmes vont venir entourer Ned.

Le garçon est avec son père artiste, photographe de renom qui vit dans sa bulle, ils sont à l’étranger loin des repères familiers. On a toute une thématique sur la famille les liens entres membres, et la famille élargie où le sang n’a rien à voir…

On nous présente Ned comme un garçon à la sensibilité exacerbée, rempli de colère et de frustrations, un adolescent en somme… il est dans un état d’esprit qui le rend sensible à certains phénomènes paranormaux…

La part fantastique de la narration entraîne le lecteur vers d’autres considérations, on fait entre autre un voyage dans l’histoire et la géographie de la Provence.

Ce séjour sera pour Ned un voyage initiatique qui va le sortir de l’enfance comme il  est dit parfois dans le texte.

J’ai beaucoup aimé tout ce qui tourne autour de la magie celtique…  qui est le sujet central de l’histoire d’Ysabel.

Mais voilà je ne peux m’empêcher de m’intéresser aux à côtés… Tel la thématique du regard. Guy Gavriel Kay nous parle de lumière, d’éclairage, l’œil de l’artiste qui détecte la moindre faille ou la beauté du monde. Ed Marriner est photographe il capture des images il est connu pour sa vision personnelle. Immortaliser ce que tant de gens ont déjà photographié. La recherche de l’angle de vue qui fait que l’on reconnaît le style de l’artiste. De la ont peux extrapoler vers la création en général. Plusieurs écrivains peuvent parler d’un même sujet sans que le résultat soit le même. Chacun à son prisme, sa focale intérieure, chaque lecteur va ressentir quelque chose de différent en lisant ce roman, parce que tel ou tel sujet va ressortir, une mise en relief.

Ce roman fait la part belle au visuel sans qu’on se perde dans des descriptions. Comment ? le père est photographe, le fils capte certains détails et certaines ondes, parce que cela se passe ne Provence avec sa lumière et ses couleurs. Parce que des artistes tel Cézanne a immortalisé la Montagne Sainte-Victoire. J’ai bien aimé l’interrogation comment faire une photo sans qu’on le compare à un tableau de Cézanne… Belle réponse que je vous laisse découvrir dans le roman.

J’arrive à la conclusion de ma chronique et je réalise que l’intrigue principale n’a pas été abordée…lisez la quatrième de couverture et partez avec Ned vers les mystères celtes !

Afin de compléter cette chronique je vous invite à découvrir les interviews auxquelles je participe  et qui sont réalisées par les lecteurs sur Book en Stock… Et vous trouverez aussi d’autres liens vers des chroniques des romans de Guy Gavriel Kay

Ysabel couv américaine

Juste parce que trouve la couverture belle !

1% rentrée 2015

A bientôt pour la chronique « l’arbre de l’été » le tome 1 de la Tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay qui est en cours de lecture.

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Article précédemment publié sur Canalblog

NB

Les Outrepasseurs T 1 Les Héritiers

Cindy Van Wilder

Gulf Stream éditeur, fev 2014, 351 p., 18 €

Le mois de… Cindy Van Wilder

4 e de couv :

Londres, 2013. Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…

Ma chronique :

Je remercie les miss de Book en Stock de m’avoir offert un partenariat avec les Éditions Gulfstream afin de découvrir « Les Outrepasseurs »… Merci pour le piège infernal puisque je suis partie pour la lecture de la trilogie ! J’avais pourtant résisté à sa sortie !

Il me semble que c’est ma première chronique sur un roman des éditions Gulf Stream. Donc un petit mot sur la qualité du papier, la mise en page qui rend la lecture agréable, sans avoir besoin de casser le livre. Une mention spéciale pour la Magnifique couverture avec rabat et un médaillon creux qui reprend le O de Outrepasseurs, le fond blanc mais avec des traces comme si le livre sortait de terre avec des arabesques (rappel des tatouages ?) !

Ce premier Tome commence comme un thriller avec un tueur diabolique avant de basculer dans un univers fantastique.

Le personnage que l’on va suivre est Peter, un adolescent de 15 ans qui va connaître des changements corporels et passer une sorte de rite de passage vers l’âge adulte. Il va se découvrir, découvrir un secret de famille et par la même occasion découvrir sa véritable nature. Le tout d’une façon abrupte et brutale. L’âge de la rébellion envers les adultes et contre la destinée à laquelle il est condamné.

Ce roman se compose de deux histoires l’une se déroule aujourd’hui et l’autre fin 1206 début 1207, mais les deux sont liées.

J’ai eu plaisir à trouver les thématiques liées aux éléments, un de mes sujets de prédilection.

Cyndy Van Wilder développe surtout celle de la terre et de l’eau. L’air est présent surtout avec le rêve et la tempête. Quand au feu il représente ici surtout la purification par la destruction.

La terre, mère et créatrice mais qui reprend aussi ce qu’elle a créé. Nous avons d’une part ce monde souterrain avec les secrets enfouis, la matrice ou tombeau, d’autre part la surface, le sol entre berceau et putréfaction du sous-bois. Les peurs ancestrales et le côté terrien du paysan. Mais souvent les personnages se retrouvent un genou à terre, voir effondrés ou essayant de fuir en creusant. On a toute d’une part la forêt de l’autre les terres cultivées.

Je vous laisse découvrir la part de sorcellerie et de mystères que ces lieux engendrent.

La thématique de l’eau est liée à la renaissance et à la mémoire matricielle. Chaque plongée va ouvrir des portes vers le passé que l’on a en nous inconsciemment. Ici on va vers la révélation de la véritable nature.

Il y a une ambivalence entre bien et mal, entre vie et mort… les créatures marines sont terrifiantes et nécessaires…

Peter l’enfant de 2013 croit en ses rêves et au libre arbitre il va se rendre compte que ce n’est pas son destin… On se croit unique et finalement on fait partie d’une communauté avec ses rites et ses coutumes.

Le Tome 1 se termine avec des réponses mais c’est un tome de mise en bouche, que vont décider les héritiers… la suite dans le prochain Tome ! Tome que je me suis empressée de commander… J’espère le lire avant la fin du mois ! Parution du Tome 3 prévue pour Mai-juin il me semble !

Cette chronique n’est qu’une facette de ce que je voulais dire sur ce livre, pour compléter il faut lire les interviews sur Book en Stock, ou pendant le Mois de Cindy Van Wilder, donc tout le mois de mars l’auteure répond à nos/vos questions. Je vous laisse découvrir entre autre tout ce qui tourne autour du Roman de Renart etc…  Il y a tant de choses à dire encore… Mais il faut que je vous laisse en découvrir par vous même !

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NB

NB imagina’livres

Article précédemment publié sur Canalblog