Alice marche sur Fabrice

Rosalie Roy-Boucher

Éditions Bouclard, janv. 2023, 175 p., 16 €

Challenge d’Hiver VLEEL Catégorie « Autrice canadienne »

4e de couv. :

Elle est québécoise et elle s’appelle Alice, elle a 26 ans.
Elle est à terre après que son chum l’a quittée. Fucking Fabrice Picard de marde. Alors elle plaque tout, traverse l’Atlantique pour aller marcher vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Sans vraiment savoir pourquoi elle vient s’user les semelles sur ce chemin béni.
Elle prie pour que celle qui lui a volé son amoureux souffre.
Elle marche et marche encore, histoire de remplacer le mal de vivre par le mal de corps. Ultreïa Alice !

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert cette autrice l’autre soir le une rencontre organisée par le groupe VLEEL avec l’éditeur et l’autrice. Les deux ont su me convaincre, ainsi que l’avis positifs de certains lecteurs enthousiastes.

Je commencerai par un avertissement qui a son importance pour certains lecteurs. Ce roman est écrit par une québécoise avec des expressions et un lexique de là-bas, ainsi que quelques dialogues en anglais. La quatrième de couverture ci-dessus en est un exemple. Il n’y a ni glossaire ni notes en bas de page. C’est donc en connaissance de cause que j’ai décidé de lire ce roman et que j’ai pu apprécier cette particularité. Il faut s’immerger et se laisser porter.

Il y a ce côté « exotique » dans les jurons, ou dans les petites choses du quotidien qui rend le texte encore plus savoureux. Quand elle dit qu’elle a une vie de « marde » ça donne une autre dimension à ce qu’elle vit.

J’ai aimé ce personnage féminin à fleur de peau. Elle a été trompée et quittée après 5 ans d’amour. Elle a décidé de tout quitter avant d’entreprendre ce fameux Chemin de Compostelle. Alors je vous le dis tout de suite on n’est pas du feelgood et de bons sentiments. Elle hait Laure qui lui piqué son chum, elle en veut à Fabrice d’avoir piétiné son cœur. Si vous croyez que faire ce chemin c’est pour pardonner cette trahison vous vous égarez. Là, on est dans le concret, elle est en colère et elle le dit à qui veux l’entendre. La petite touche féministe vient donner un petit plus à cette narration…

Ce n’est pas non plus un guide pour pèlerin, elle met en avant certains points négatifs et positifs des rencontres et des effets de la marche. Elle ne fait pas dans la dentelle.

Quand elle ne va pas bien, elle en remet une couche. Elle dit qu’elle est dans l’apitoiement sur elle-même alors qu’elle va de l’avant et qu’elle fonce dans tout ce qui se met en travers de sa route.

J’ai aimé ses monologues intérieurs lorsqu’elle raconte certaines situations qu’elle vit mal, ou lorsqu’elle  dit le contraire de ce qu’elle pense parce qu’on lui a appris à faire attention aux sentiments des autres. Par moment elle se lâche comme si ouvrait des vannes.

Elle va nous raconter des rencontres plus ou moins agréables, elle va décrire des lieux et des scènes qui parlerons à ceux qui connaissent un peu ce chemin. J’ai cru qu’elle allait passer près de chez moi, mais ce n’est pas le chemin qu’elle a choisi. On a droit à des scènes très visuelles qui rappellent certaines anecdotes de pèlerins.

Sur ce parcours elle va rencontrer des personnes qui vont plus ou moins l’aider à avancer. Va-t-elle trouver le bon dérivatif pour oublier le couple maudit ?

J’ai passé un bon moment de lecture avec ses chapitres courts qui nous exposent une scène. L’autre parle de « tableaux » et c’est tout à fait cela. Les titres des chapitres son parfois amusants.

Je vous laisse découvrir toutes les aventures et mésaventure d’Alice et de ses compagnons de route.

Ce roman a confirmé que je ne suis pas prête de faire ce Chemin intérieur ou physique. Mais j’ai eu plaisir à me remémorer certains lieux cités que j’ai eu le plaisir de visiter.

Je remercie le groupe VLEEL pour cette découverte.

Tout ce que tu devrais savoir avant de m’aimer

Gerard Guix

Trad. Carole Fillières

Éditions Aux forges de Vulcain, 2022,373 p., 20 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

Challenge VLEEL

4e de couv. :
Si notre vie est un film, sommes-nous des acteurs… ou des spectateurs ?

Cinq ans se sont écoulés depuis la rencontre de Gérard et Anastasia à Londres. Cinq ans où, malgré la passion des premiers jours, ils se sont éloignés jusqu’à se sentir très loin l’un de l’autre, même s’ils sont dans le même lit. Ils sont maintenant sur le point d’embarquer pour un voyage sur la rive suisse du lac Léman. Là, dans la maison où l’actrice Audrey Hepburn a passé ses derniers jours, Gérard va tenter de relancer sa carrière littéraire tandis qu’elle essaie désespérément de sauver leur relation. Gerard Guix manie l’humour, le suspense et le fantastique dans ce roman empreint d’amour du cinéma, où lectrices et lecteurs découvriront s’il est possible d’effacer notre mémoire et de vivre sans aucun souvenir.

Mes impressions de lecture :

C’est le premier roman de Gérard Guix que je lis. J’avais acheté « Cimetière » mais je n’ai pas encore eu le temps de le lire. C’est un auteur catalan qui n’a que ces deux romans traduits en français. Je ne sais pas si j’ai le niveau suffisant en catalan pour lire « dia de caça » et « la deriva dels continents » mais j’avoue que le lire en VO me plairait.

C’est l’histoire d’un couple improbable… Dès le début on sent qu’il y ont vécu un drame et ils tentent de reconstruire leur couple. Le lecteur va supposer des choses, voir les deviner mais il faut attendre pratiquement la moitié du roman pour avoir des réponses claires. Claires c’est vite dit !

Nous allons suivre ce couple qui va de Barcelone à Monges en Suisse. On a donc un mouvement de projection, on va de l’avant, et en même temps on a Gérard qui se remémore leur rencontre, leur vie de couple chaotique et donc une sorte de marche arrière. Puis ils arrivent à leur destination et il va y avoir le point de bascule et c’est elle qui va devenir narratrice. Ce changement de focale donne à la narration un cours différent.

Tout au long de cette histoire, il y a des touches fantastiques qui sont un peu comme de la pensée magique. Gérard est troublé lorsque ces vœux d’accidents se réalisent. Son imagination fertile d’écrivain et de dramaturge va prendre des proportions énormes.

Mais le fantastique prend un autre chemin… et bouleverser la narration…

C’est un texte très travaillé avec de nombreux détails. Un exemple Gérard nous raconte la fixette qu’il fait sur une tâche d’humidité qu’il retrouve d’une chambre d’hôtel à une autre. Il en devient obsédé et le lecteur voit le malaise que cela crée (cette tâche n’est pas anodine on peut y voir des sens cachés ou symboliques). Lorsque c’est Anastasia qui parle, elle se souvient le regard étrange qu’il avait à fixer le mur. Tous deux ne voit rien de la même façon.

J’ai bien aimé le personnage de Gérard Guix avec tout l’égocentrisme du créateur. C’était troublant de voir une sorte de double de l’écrivain que je lisais. Comme je ne le connais pas, je ne sais pas qu’elle part de lui il a projeté. Mais j’ai aimé son cynisme, sa vision très sombre de ses contemporains, il est très caustique et en même temps il s’englobe dans les êtres qu’il critique. Cela donne par moment des scènes ironiques. J’ai parfois souris. À d’autres moments c’est une vraie tête à claque notamment lorsqu’il façonne la personnalité d’Anastasia jeune fille sans passé. Il y a de forts contrastes entre ce que vivent les personnages intérieurement et leur réactions externes.

On découvre que depuis le départ ils ont des relations assez dysfonctionnelles. Elle qui s’accroche à son rêve de couple et lui qui faute de pouvoir s’en débarrasser va en faire sa créature, sans parler des relations sexuelles avec d’autres femmes.

Ce qui m’a intéressé en dehors de l’histoire autour du couple et de l’histoire « fantastique », c’est tout ce qui concerne la création littéraire (romans et pièces de théâtre) et toutes les références cinématographiques et musicales (je me suis mise à écouter « Mishima » groupe catalan dont j’ai bien aimé ce que j’ai trouvé sur youtube!).

Il y a justement dans ce roman un aspect visuel très important et ainsi qu’un aspect sonore. Le toucher, l’odorat et le goût sont notamment présents dans tous ce qui est sensuel. C’est comme si tous les sens étaient exacerbés, c’est à la limite de la violence tant les personnages sont à fleur de peau. Deux écorchés vifs qui essaient de survivre.

Je me suis régalée dans la partie voyage car ils empruntent une autoroute que je connais depuis toujours. J’ai bien reconnu certaines haltes !

Un roman surprenant et très prenant. Je vous laisse découvrir ce beau roman bien singulier et touchant. Auteur à suivre !

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance

Ps : j’ai choisi ce roman pour le challenge VLEEL catégorie « livre qui réchauffe » à causes scènes sexuelles assez explicites.

La bataille d’Orange. Rome en péril 6 octobre 105 avant J.-C.

Alain Deyber

Éditions Faton, mai 2022 , 128 p., 100 ill., 29 €

Masse Critique Babelio / Éditions Faton

Challenge VLEEL

4e de couv. :

À Orange (Vaucluse), le 6 octobre 105 av. J.-C., une armée germano-celtique venue des confins de l’Europe anéantit deux armées romaines de huit légions, que Rome a dépêchées dans le bas Rhône pour lui barrer la route de la Méditerranée. Les Romains perdent au combat 100 000 hommes, 20 000 sont faits prisonniers et un nombre incalculable sont blessés. Leurs camps sont détruits. Le butin, voué par les vainqueurs aux divinités de la guerre, est mis en pièces et jeté dans des gouffres ou tourbillons du Rhône et ses affluents. Les prisonniers sont torturés, exécutés, leurs cadavres jetés dans des fosses. Les chevaux subissent un sort similaire. Les généraux Mallius Maximus et Quintus Servilius Caepio, s’enfuient pendant la bataille et rejoignent Rome, où ils sont traduits devant le Sénat pour répondre de leurs actes. Cette bataille d’anéantissement est une des plus grandes défaites qu’ait connues la République romaine.

Mes impressions de lecture :

Je commente assez peu de documentaires sur ce blog car ce n’est pas mon genre littéraire de prédilection et donc pas un exercice facile. Je sors de ma zone de confort pour vous parler de cet ouvrage que j’ai reçu grâce à masse critique Babelio et les éditions Faton. Je n’en avais pas entendu parler avant de le voir dans les livres sélectionnés.

Pourquoi avais-je envie de découvrir cet ouvrage ?

Il faut remonter à l’adolescence… et même avant… je suis arrivée à Orange à l’âge de 3 ans et je suis passé je ne sais combien de fois sous les arches de l’Arc de Triomphe ou autour. Mon collège-lycée c’était le lycée de l’Arc juste à côté… Régulièrement on nous parlait de ce qui était représenté sur les différentes vous vous doutez bien que je n’ai pas tout retenu, mais je me souviens des gaulois représentés sur différents panneaux (p.93, 95, 96) et des batailles. Cependant, en ce qui concerne cette bataille je n’ai aucun souvenir.

J’ai compris dès la préface pourquoi je n’avais pas entendu parler des recherches archéologiques… celles dont il est question dans cet ouvrage des décennies à être mises en œuvre. J’avais quitté la région entre temps.

Cet ouvrage est passionnant et très instructif que ce soit au niveau des tenants et des aboutissants de cette bataille. On y découvre différents aspects des batailles, qui étaient les combattants et pourquoi cette bataille a eu lieu et les conséquences. Alain Deyer a su allier connaissances très précises  sur cette époque et ces événements et rendre abordable pour un lecteur non initié.

Ce que j’ai aimé c’est que l’auteur donne ses sources et lorsqu’il émet des hypothèses c’est signalé. Ce n’est pas romancé mais bien raconté.

Le format 16×24 est agréable à tenir, les photos de très bonne qualité permettent de compléter le texte. Il  y a des photos de certains lieux de Rome, d’Orange, des équipements militaires, artefacts, pièces de monnaie etc. des reconstitutions de camps, des schémas…

Cet ouvrage parle de cette fameuse bataille mais aussi des recherches archéologiques. C’est très intéressant de voir les différentes facettes du  travail d’historien et d’archéologue.

Ce documentaire a des annexes très fournis : une table chronologique assez synthétique, un index et surtout les sources et bibliographie qui on servit à écrire cet ouvrage.

J’ai trouvé le glossaire très intéressant (pour les amoureux des mots) l’auteur explique l’emploi de certains termes avec la définition concernant des points particuliers.

C’est ouvrage très structuré  avec des chapitres avec différentes parties, des textes assez brefs  pour chaque thématique qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble.

Bonne découverte.

Je remercie Babelio et les éditions Faton de m’avoir permis ce voyage dans le temps.

Jean-Luc et Jean-Claude

Laurence Potte-Bonneville

Éditions Verdier, Août  2022, 160 p., 17 €

Rentrée Littéraire d’automne 2022

Dans ma médiathèque il y a… Cercle littéraire de janvier

Challenge d’hiver Vleel 2023 : Catégorie Tout Schuss

4e de couv :

Dans ce café d’un petit bourg où Jean-Luc et Jean-Claude ont la permission, tous les jeudis, de venir boire un verre (sans alcool), les choses prennent ce jeudi un tour inhabituel.
D’abord, il y a ce gars, ce jeune gars aux cheveux si blonds, qui émerveille les deux amis parce qu’il vient d’Abbeville. […]
Où vont-ils ? On ne sait pas très bien, au PMU peut-être. Et ce gars, que leur veut-il, à eux qui sont si vulnérables ?
Du souci, il en sera beaucoup question dans cette histoire dont une vieille dame et une phoque sont les témoins silencieux, et les collégiens d’une classe découverte des témoins beaucoup plus agités. Sur le parking d’Intermarché, ça ne se passe pas très bien. Faut-il partir encore plus loin, là où la virée pourrait devenir dangereuse ?

Cet ouvrage a reçu le prix Stanislas 2022 et le prix de la SGDL Révélation d’automne 2022 (dotation André-Dubreuil pour un premier roman).

Mes impressions de lecture :

C’est un livre qui m’a été conseillé par ma libraire, et généralement on a des goûts assez semblables alors je l’ai écoutée.

J’ai lu ce roman en une journée, c’est la consigne de la catégorie tout schuss. C’est tout naturellement qu’on ne pose pas ce livre avant la fin car on veut connaitre les tenants et les aboutissants.

C’est un roman avec des gens tous différents et chacun avec en tête des questionnements qui les font aller de l’avant.

Jean-Luc et Jean-Claude ce sont deux êtres qui se soutiennent l’un l’autre dans leurs difficultés psychologiques, leur léger décalage mental. De plus, Jean-Luc doit faire attention à l’addiction à l’alcool et Jean-Claude à son diabète. Ils prennent soin l’un de l’autre. Ils vivent dans une routine rassurante alors quand un grain de sable s’en mêle ça part en vrille.

Florent lui aussi a des soucis, d’argent et de cœur qui lui embrouillent un peu l’esprit, quand il croise la route du duo il ne va rien gérer. Il y a quelque chose de suicidaire dans son comportement.

La directrice, du Foyer pour personnes handicapées depuis quelques mois, se retrouve avec deux chambres vides on va la voir aussi se débattre avec sa conscience professionnelle.

On a une instit qui ne gère pas ses élèves et qui est complètement dépassée par les événements.

Il y a des gens biens intentionnés qui vont faire ce qu’ils peuvent… sans rien attendre en retour.

Cette histoire c’est un enchaînement d’événements qui fait penser aux dominos, l’un entrainant l’autre dans sa chute.

La tension dramatique est accentuée par la tempête de la veille et l’alerte orange qui est comme lei motiv. On sent le drame arriver, tout dans la narration nous y fait penser. La violence est en arrière plan, on sent que tout peut basculer… Je vous laisse le découvrir.

C’est un roman bref qui va à l’essentiel. Il a les bases pour un roman noir mais ce n’est pas ce que l’autre à choisi. Il a les ingrédients pour un feel-good et là non plus ce n’est pas la voie choisie par l’autrice. C’est un roman littéraire avec des ellipses qui laissent une place aux lecteurs.

« Jean-Luc et Jean-Claude » c’est une question de regard. Regard de la société sur les personnes en handicap mental, en personnes fragilisés par la vie, par la difficulté à communiquer ses sentiments.

La scène sur la plage est magnifique car on est dans l’affectif, l’empathie…

La fin est très belle.

Une très belle lecture.

Back to Japan

Melusine Mallender

Laure Garancher

Clémentine Fourcade

Éditions Nathan, oct 2022, 168 p., 22 €

Dans ma médiathèque il y a…

Challenge d’hiver Vleel « lire un roman graphique ou une BD » (sur Instagram)

4e couv. :

Un road-movie graphique et initiatique sur le dépassement de soi et l’exploration au féminin. Back to Japan raconte l’exploit inédit de Mélusine Mallender, la seule aventurière à avoir parcouru en solo et à moto 22 500 km jusqu’au pays du Soleil-Levant. 
Un trio féminin épatant, donne vie à une héroïne hors du commun, déterminée et indépendante ! 
Une bande dessinée à découvrir dès 14 ans.

Mes impressions de lecture :

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu de BD, mais lorsqu’on m’a parler de celle-ci j’ai eu très envie de la découvrir.  Je n’ai pas tous les codes pour parler de ce genre littéraire.

Elle est assez claire et lumineuse dans les coloris. Le dessin n’est pas surchargé. Il se dégage quelque chose de positifs avant même d’avoir lu l’histoire. Pour moi c’est à mi-chemin entre un carnet de voyage, récit de voyage et un roman graphique. On voit bien la grande variété de paysages et de lieux de vie.

J’ai beaucoup aimé la composition. Dans un premier temps, on a le projet de Melusine et les avis assez négatif de son entourage, sauf celui de son compagnon lui-même aventurier, Christian qui l’encourage à aller au bout de son projet.

On a peu d’éléments sur la préparation, car c’est le voyage en lui-même qui importe. Nous allons donc suivre les principales étapes. On a des informations sur le lieu, le nombre de jours passés, le nombre de kilomètres etc. On découvre une aventure, une rencontre des faits marquants, des questionnements. On a même parfois un petite note pour expliquer par exemple la langue parlée.

Puis on a par moment une page « thématique » avec un dessin plus naïf qui résume des conseils souvent tirés des mésaventures, de découvertes.

Il y a des pages qui nous résument le parcours sur une carte schématique qui nous permet de nous situer et pointer les lieux avec des accidents, les rencontres.

J’ai été très touchée par les pages consacrées à l’Ukraine. L’histoire se déroule en 2010, loin du drame actuel.

J’ai beaucoup aimé la retranscription des rencontres. La découverte d’autres façons de vivre, des mœurs et des cultures différentes. Elle respecte ces différences. Elle n’est pas dans le jugement même lorsqu’on ressent que cela va à l’encontre de ses valeurs.

Parmi les thématiques de cette histoire c’est le rapport à la Terre. Devant l’immensité l’Homme est si petit. Seule sur sa moto elle a le temps d’observer, de réfléchir de voir le monde avec un autre regard.

J’ai aimé retrouver des choses que j’ai eu le plaisir de vivre il y a fort longtemps. J’ai fait un long voyage en moto (une Honda aussi) mais en tant que passagère et certaines scènes ont fait écho à des choses vécues.

À la fin de volume, Mélusine donne quelques précisions très intéressantes.

J’ai très envie de lire d’autres BD de Clémentine Fourcade car j’ai bien apprécié sont trait et l’équilibre entre l’image et le texte. Elle a su transmettre la large palette d’émotions des situations vécues par Mélusine et les gens qu’elle a rencontré.

Le ressenti sur la « luminosité » s’est bien confirmé. C’est une histoire très touchante. Les grands espaces et l’esprit de liberté qui est en partie lié au voyage en moto est très bien mis en valeur.

Je vous conseille cette bande dessinée quelque soit votre âge (+14 ans) car il y a de nombreuses pistes de réflexions.

Bonne lecture.

Les énigmes d’Hypatie : Qui complote au pied du volcan ?

Claudine Aubrun

Couv Marion Duclos

Éditions Syros, Coll. Polar Mini Syros, 25 août 2022, 48 p., 3,65 €

Mes lectures Syros

Rentrée littéraire 22

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Une héroïne passionnée par les sciences. Des énigmes à résoudre. Et une bonne dose d’humour ! 

Hypatie rejoint son papa en Sicile. Il est volcanologue et se réjouit de l’emmener voir l’Etna, ce célèbre volcan ! Mais sa bonne humeur disparaît en découvrant que quelqu’un a saboté l’article qu’il vient d’écrire pour son travail. Heureusement, Hypatie a une idée pour trouver le coupable !

Mes impressions de lecture :

Cette série débute par deux romans qui sortent le même jour l’autre c’est « Mais où est passé le blog ». J’ai lu les deux sans savoir par lequel commencer car les deux font référence à l’autre. J’ai commencé par celui du volcan, histoire de voyager.

Dans cette série à lire à partir de 8 ans, c’est la science qui est mise en avant. Les volcans est un sujet qui intéresse les enfants de cet âge. De plus c’est un sujet d’actualité. C’est intéressant d’en entendre parler par une gamine qui est sur le terrain. Cela donne une touche plus concrète.

On découvre cette gamine avec des parents scientifiques qui travaillent dans des domaines et des lieux différents. Ici elle va retrouver son père qui travaille sur l’Etna en Sicile. On va se retrouver au cœur du volcan où presque. J’adore le prénom de cette petite, ça ne doit pas être facile à porter à cet âge là.

J’ai bien aimé comment elle a préparé son sujet. Elle savait que son père allait lui poser des questions sur les volcans. C’était très drôle ce jeu entre père et fille.

Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un polar, il va donc y avoir un mystère à découvrir.

Hypatie a hérité l’esprit scientifique de ses parents qu’elle met au service de la résolution d’énigmes. Elle n’hésite pas à foncer quand elle a une idée en tête. Elle est aime la justice et ne peut laisser son père dans la situation où il est. On va avoir quelques palpitations plusieurs fois au cours de ce séjour.

Elle est très attachante.  La couverture réalisée par Marion Duclos nous donne une idée de la gamine dynamique qu’est Hypatie. Elle prend l’avion seule, pour retrouver son père. C’est un personnage qui doit faire rêver certains jeunes lecteurs.

Après Nino et ses enquêtes autour de l’art je suis ravie de découvrir cette nouvelle série.

À la fin du volume l’autrice donne quelques explications complémentaires  au sujet des volcans.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Qui en parle ?

Jangelis

Voir aussi sur ce blog autres avis de lecture des romans de Claudine Aubrun

Cendres de Marbella

Hervé Mestron

Éditions Antidata, 2017, 78 p., 7 €

4e de couv. :

Écrit à la première personne dans une langue aussi incorrecte que truculente, Cendres de Marbella est le récit d’une trajectoire au ras du bitume, celle d’un petit gars qui voudrait bien s’extirper de sa banlieue en déliquescence autogérée, pour être quelqu’un d’autre du bon côté du périphérique. Une nouvelle drôle et noire.

Anecdote de lectrice :

Cet été j’ai participé Au Festival de la Cabrerisse et j’ai vu le spectacle de la Compagnie  Périphérique « Cendres de Marbella » mise en scène de Pascal Antonini avec Nicolas Charrier seul en scène.

Le jeu de l’acteur était très intéressant avec une énergie et un sens du rythme. Il intègre plusieurs personnages dans sa narration. J’étais intriguée par le texte à la base de cette pièce. Le comédien m’a indiqué la nouvelle d’Hervé Mestron et m’a recommandé tous ces écrits. Alors j’ai décidé de lire cette nouvelle. C’était impressionnant j’avais la sensation de voir et entendre Nicolas Charrier.

Mes impressions de lecture :

Je découvre la maison d’édition « Antidata » et l’auteur Hervé Mestron. Le petit format de cette nouvelle  avec une couverture très  en rouge et noir donne au texte un bel « emballage ».

Le sujet est très réaliste et actuel. Il n’est pas dénué d’humour malgré la noirceur du sujet avec un travail sur le langage qui donne au texte un aspect brut.

Hervé Mestron nous transporte de la région parisienne au cœur de Paris en passant par Marbella.

Il nous parle de drogue et d’argent, de désillusions, de quête de reconnaissance et de guerre de pouvoir. Le sexe et le m’as-tu vu…

Ces enfances sans naïveté, avec des rêves faits de violence et de mort. On joue avec la loyauté et la crainte.

Qu’est-ce qu’une vie au milieu ce système de gang. Un réseau avec toute une hiérarchie, ses codes et ses règles, qui  joue sur  les trahisons et les morts. Avant de s’attaquer à la tête  il faut passer des étapes.

Mais que ce passe t-il quand on oublie certaines règles de base ?

Sortir de ce milieu de sa zone de « confort » où cela peut conduite ?

Je vous laisse découvrir cette nouvelle avec une chute ironique.

Ps : J’avais choisi cette lecture pour le Challenge de l’été VLEEL pour « découverte d’une maison d’édition » mais ma chronique arrive après la clôture !

Qui en parle ?

Jangelis

Pas de femmes parfaites, s’il vous plaît

Lettres de profonde superficialités

Jane Austen

Trad des lettres Louise Boudonnat

Trad des apparats Delphine Ménage

Éditions L’Orma,  mars 2020, 64 p., 7,95 €

Challenge VLEEL

4e de couv. :

Jane Austen (1775-1817), la plume la plus mordante du XIXe siècle anglais, déploie dans sa correspondance intime ― notamment avec sa sœur et ses nièces ― son incomparable prose, ironique et élégante à la fois. Ce petit livre distille, lettre après lettre, un concentré d’intelligence pratique, sociale et littéraire, dessinant avec précision un parcours d’émancipation et de conscience artistique.

Mes impressions de lectrice :

Il y a quelques temps j’ai suivi une rencontre sur Zoom entre le groupe VLEEL et les deux éditeurs de la maison L’Orma. Je ne sais pas qui sont les pires tentateurs entre tous ces passionnés  !!! En plus je me suis embarquée dans un challenge VLEEL !

Les deux éditeurs nous ont parlé des « plis » cette collection qui est conçue pour pouvoir être envoyée comme une lettre…  vous voyez l’astuce des recueils de lettres qu’on envoie par la poste ! Le piège c’est que vous les gardez pour vous une fois que vous y jetez un œil !

J’ai choisi cet ouvrage parmi les titres qui étaient chez ma libraire parce que j’aime beaucoup cette écrivaine anglaise et que le titre ne ma pas laissée indifférente.  J’ai trouvé cocasse de mettre cet ouvrage à la consigne : « un livre choisi pour son physique ».  Lorsqu’on prend les livres de cette collection on découvre qu’il y a la couverture illustrée et la jaquette qui sert à envoyer le livre, c’est un peut comme si on effeuillait le livre !

L’édition italienne est de 2016 et la version française de 2020. C’est Eusebio Trabucchi qui a choisi les lettres, et écrit une introduction. On suit donc ses choix comme dans les sélections, cependant ici on sait qu’il y a une vraie réflexion et la volonté de mettre certains passages en lumière. Lors de cette rencontre les éditeurs on mis l’accent sur le travail éditorial qu’il y a derrière chaque titre de cette collection. Au milieu de l’ouvrage il y a des informations sur les correspondantes de Jane Austen.

J’ai lu petit à petit les lettres pour bien me délecter de l’écriture de Jane Austen. On l’accompagne dans ces rencontres, ses réflexions. Elle parle aussi de ses écrits. On se rend bien compte qu’au-delà de son travail d’écrivaine elle aime écrire et raconter ce qui se passe autour d’elle. Une vraie radiographie de cette époque. C’est un bon complément aux romans de Jane Austen.

J’aime beaucoup ce regard féminin qui scrute tous les détails de ces contemporaines. Parfois avant des lettres on a une petite explication qui remets en situation ce qui va suivre. C’est très intéressant.

La dernière lettre est émouvante car on sait qu’elle allait mourir quelques semaines plus tard. Jusqu’au bout elle a garder son humour.

Chaque lecteur sera réceptif à un sujet ou un autre. Je ne vais pas me lancer dans une étude de texte. C’est le genre d’ouvrage que l’on garde à portée de la main pour en relire des fragments.

Je remercie VLEEL d’avoir mis en lumière cette maison d’édition.

Bonne lecture à tous.

Mujeres libres

Isabelle Wlodarczyk

Éditions Babouche à l’oreille, 2022, 16€

4e de couv. :

Les Mujeres libres est un mouvement féministe d’une grande force, porté par des femmes qui rêvaient d’émanciper et d’instruire leurs semblables. Il naît en Espagne dans les années 30 et vit encore aujourd’hui à travers le monde. Il fait l’objet d’une grande actualité historique et, à mesure qu’on exhume les cadavres des fosses communes franquistes, la parole des femmes est progressivement elle aussi réhabilitée.

Le roman « Mujeres libres »  s’inscrit au cœur des vies de ces femmes qui ont combattu avec passion, se sont engagées dans la guerre d’Espagne, sont mortes, parfois, avec courage et dignité. Il est traversé par ce même souffle qui leur a permis à toutes de se dépasser. Trois portraits croisés bouleversants, accompagnés d’une version en musique téléchargeable, composée et interprétée par Pierre Diaz.

Mes impressions de lecture :

Vous allez vous dire que je continue à être dans les années 30 et les effets des guerres du XXe siècle. Une fois de plus un livre est venu à moi pour s’insérer dans une suite de textes forts.

On m’a offert ce livre à la Comédie du Livre de Montpellier parce que je suis une femme et je suis espagnole. J’avais hésité à l’acheter moi-même. Je connaissais l’autrice pour un roman jeunesse que j’avais adoré.

J’ai fait une belle découverte en lisant ces trois nouvelles autour de trois figures féminines inspirées de plusieurs personnes réelles. Je ne connaissais pas ce mouvement des « Mujeres Libres » ni leur revue. J’ai bien envie d’en savoir un peu plus. Je suis espagnole mais je viens d’une famille où l’on ne parle pas de politique, le franquisme a causé bien des traumatismes et chaque famille a dû garder certains secrets pour survivre.

Les histoires sont brèves une quinzaine de pages pour la plus longue. Brèves comme la vie de ses héroïnes de la guerre civile espagnole. Vous vous doutez bien qu’elles faisaient partie des révolutionnaires. Des femmes exaltées, courageuses et prête à tout pour être libres.

Isabelle Wlodarcsyk a su mettre en avant l’origine de chacune et ce qui a déclenché leur révolte aussi jeunes. Des histoires émouvantes sans aucun pathos. Elle met bien en avant le rôle de la transmission de mère en fille pour garder sous le boisseau leur envie de s’exprimer. C’est une autre époque.

Je vous laisse découvrir ces parcours de vie. Après l’avoir lu ses nouvelles, j’ai écouté la version avec musique offerte avec le livre. Cela donne un plus aux histoires. Les musiques accentuent l’aspect dramatique et les extraits d’informations de l’époque nous resituent bien dans l’époque.

J’ai aussi lu cet ouvrage dans le cadre du challenge de l’été de Vleel. Il entre dans deux catégories « une maison d’édition que je n’ai jamais lu » et « une livre qui vous ouvre de nouveaux horizons » et je crois que c’est cette deuxième catégorie que je vais choisir.

Le soldat désaccordé

Gilles Marchand

Éditions Aux Forges de Vulcain, août 22, 208 p., 18€

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

Rentrée littéraire automne 2022

4e de couv. :

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

Anecdote de lectrice :

Entre le moment où je choisi mes livres et le moment où je les lis tant de choses peuvent se passer ! Cet été j’ai lu « Le dernier vol » d’une histoire qui se déroulait dans les années 20 roman écrit avant 1930. J’avais été surprise par la présence de gueules cassées et cette jeunesse complètement fracassée par la première guerre mondiale alors qu’on était dans des décors un peu glamour (c’est même devenu un film hollywoodien). Et puis il y a ce personnage lunaire de la « fille de la lune » entre fantôme et dame rêvée… Puis j’ai enchaîné avec des romans où les personnages avaient besoin de croire en leurs rêves pour survivre et de la présence onirique. Et voilà qu’en commençant ce roman j’avais l’impression qu’un fil d’Ariane les reliaient… Bien sûr ce roman m’a fait me remémorer « Au revoir La-haut » de Pierre Lemaître qui nous avait plongé dans cette période trouble. Chaque roman est complémentaire et permet de nous construire une image mentale de ce début de XXe siècle.

Mes impressions de lecture :

Quel plaisir de retrouver la plume de Gilles Marchand et son univers où le passé et les souvenirs ont une place prépondérante. Nous sommes dans les années 1920-30 tout en étant pendant la première guerre mondiale.

J’ai beaucoup aimé le personnage principal et narrateur avec ses troubles, ses émotions, ses fêlures. Chercher la trace des autres c’est un peu se trouver lui aussi et mettre des mots sur ce qu’il a vécu.

Ce que j’aime chez Gilles Marchand c’est ce côté Pierrot lunaire avec la part d’amour et d’onirisme. Il nous parle de belles histoires d’amours qui vont au-delà des apparences.

Gilles Marchand a su nous envouter dans ses éclats de vies éclatées. Comme des milliers de miroirs brises dont les facettes  éclairent des fragments d’existences. Poésie et musique sont toujours là pour sublimer la narration.

Vous l’aurez compris c’est un beau coup de cœur de la rentrée.

J’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire du narrateur au fur et à mesure que son enquête progressait. Il n’y a pas de degré de souffrance, elles sont juste différentes.

C’était beau de voir comment les hommes du quotidien peuvent créer des réseaux humains qui vont au-delà des frontières.

Il y a un moment dans l’histoire qui m’a rappelé quelque chose que j’avais ressenti il y a quelques années en lisant « La demoiselle Tic-Tac » de Nathalie Hug (seconde guerre mondiale), un coup français et un coup allemand, les habitants de l’Alsace-Loraine étaient dans une drôle de situation. Ce n’est pas sans rappeler d’autres cas plus récents.

Au moment du centenaire 14-18 j’ai eu plusieurs lectures qui m’ont apporté des éclairages sur cette époque et c’est intéressant d’en retrouver dans ce roman. Par exemple il est fait mention de la consommation de vin pendant las guerre et après. Je vis dans une région où la viticulture a pris un nouvel essor à cette époque avec construction de caves coopératives car il fallait fournir l’armée en vin bon marché.

Gilles Marchand nous propose une petite bibliographie pour aller plus loin des la partie documentée, pour aller aux sources.

Une nouvelle fois Gilles Marchand a su nous proposer une histoire forte au cœur de l’Histoire.

Quand à l’illustration de la couverture elle pose une ombre sur les milliers de tombes aux stèles blanches.

Je vous laisse découvrir à l’aune de votre propre histoire.

Je remercie les Éditions aux Forges de Vulcain de leur confiance.

Sur ce Blog vous pouvez retrouver

Une bouche sans personne

Un funambule sur le sable

Des mirages plein les poches

Requiem pour une apache

CHALLENGE VLEEL SUR INSTAGRAM « auteur réçu »