Cendres de Marbella

Hervé Mestron

Éditions Antidata, 2017, 78 p., 7 €

4e de couv. :

Écrit à la première personne dans une langue aussi incorrecte que truculente, Cendres de Marbella est le récit d’une trajectoire au ras du bitume, celle d’un petit gars qui voudrait bien s’extirper de sa banlieue en déliquescence autogérée, pour être quelqu’un d’autre du bon côté du périphérique. Une nouvelle drôle et noire.

Anecdote de lectrice :

Cet été j’ai participé Au Festival de la Cabrerisse et j’ai vu le spectacle de la Compagnie  Périphérique « Cendres de Marbella » mise en scène de Pascal Antonini avec Nicolas Charrier seul en scène.

Le jeu de l’acteur était très intéressant avec une énergie et un sens du rythme. Il intègre plusieurs personnages dans sa narration. J’étais intriguée par le texte à la base de cette pièce. Le comédien m’a indiqué la nouvelle d’Hervé Mestron et m’a recommandé tous ces écrits. Alors j’ai décidé de lire cette nouvelle. C’était impressionnant j’avais la sensation de voir et entendre Nicolas Charrier.

Mes impressions de lecture :

Je découvre la maison d’édition « Antidata » et l’auteur Hervé Mestron. Le petit format de cette nouvelle  avec une couverture très  en rouge et noir donne au texte un bel « emballage ».

Le sujet est très réaliste et actuel. Il n’est pas dénué d’humour malgré la noirceur du sujet avec un travail sur le langage qui donne au texte un aspect brut.

Hervé Mestron nous transporte de la région parisienne au cœur de Paris en passant par Marbella.

Il nous parle de drogue et d’argent, de désillusions, de quête de reconnaissance et de guerre de pouvoir. Le sexe et le m’as-tu vu…

Ces enfances sans naïveté, avec des rêves faits de violence et de mort. On joue avec la loyauté et la crainte.

Qu’est-ce qu’une vie au milieu ce système de gang. Un réseau avec toute une hiérarchie, ses codes et ses règles, qui  joue sur  les trahisons et les morts. Avant de s’attaquer à la tête  il faut passer des étapes.

Mais que ce passe t-il quand on oublie certaines règles de base ?

Sortir de ce milieu de sa zone de « confort » où cela peut conduite ?

Je vous laisse découvrir cette nouvelle avec une chute ironique.

Ps : J’avais choisi cette lecture pour le Challenge de l’été VLEEL pour « découverte d’une maison d’édition » mais ma chronique arrive après la clôture !

Qui en parle ?

Jangelis

Pas de femmes parfaites, s’il vous plaît

Lettres de profonde superficialités

Jane Austen

Trad des lettres Louise Boudonnat

Trad des apparats Delphine Ménage

Éditions L’Orma,  mars 2020, 64 p., 7,95 €

Challenge VLEEL

4e de couv. :

Jane Austen (1775-1817), la plume la plus mordante du XIXe siècle anglais, déploie dans sa correspondance intime ― notamment avec sa sœur et ses nièces ― son incomparable prose, ironique et élégante à la fois. Ce petit livre distille, lettre après lettre, un concentré d’intelligence pratique, sociale et littéraire, dessinant avec précision un parcours d’émancipation et de conscience artistique.

Mes impressions de lectrice :

Il y a quelques temps j’ai suivi une rencontre sur Zoom entre le groupe VLEEL et les deux éditeurs de la maison L’Orma. Je ne sais pas qui sont les pires tentateurs entre tous ces passionnés  !!! En plus je me suis embarquée dans un challenge VLEEL !

Les deux éditeurs nous ont parlé des « plis » cette collection qui est conçue pour pouvoir être envoyée comme une lettre…  vous voyez l’astuce des recueils de lettres qu’on envoie par la poste ! Le piège c’est que vous les gardez pour vous une fois que vous y jetez un œil !

J’ai choisi cet ouvrage parmi les titres qui étaient chez ma libraire parce que j’aime beaucoup cette écrivaine anglaise et que le titre ne ma pas laissée indifférente.  J’ai trouvé cocasse de mettre cet ouvrage à la consigne : « un livre choisi pour son physique ».  Lorsqu’on prend les livres de cette collection on découvre qu’il y a la couverture illustrée et la jaquette qui sert à envoyer le livre, c’est un peut comme si on effeuillait le livre !

L’édition italienne est de 2016 et la version française de 2020. C’est Eusebio Trabucchi qui a choisi les lettres, et écrit une introduction. On suit donc ses choix comme dans les sélections, cependant ici on sait qu’il y a une vraie réflexion et la volonté de mettre certains passages en lumière. Lors de cette rencontre les éditeurs on mis l’accent sur le travail éditorial qu’il y a derrière chaque titre de cette collection. Au milieu de l’ouvrage il y a des informations sur les correspondantes de Jane Austen.

J’ai lu petit à petit les lettres pour bien me délecter de l’écriture de Jane Austen. On l’accompagne dans ces rencontres, ses réflexions. Elle parle aussi de ses écrits. On se rend bien compte qu’au-delà de son travail d’écrivaine elle aime écrire et raconter ce qui se passe autour d’elle. Une vraie radiographie de cette époque. C’est un bon complément aux romans de Jane Austen.

J’aime beaucoup ce regard féminin qui scrute tous les détails de ces contemporaines. Parfois avant des lettres on a une petite explication qui remets en situation ce qui va suivre. C’est très intéressant.

La dernière lettre est émouvante car on sait qu’elle allait mourir quelques semaines plus tard. Jusqu’au bout elle a garder son humour.

Chaque lecteur sera réceptif à un sujet ou un autre. Je ne vais pas me lancer dans une étude de texte. C’est le genre d’ouvrage que l’on garde à portée de la main pour en relire des fragments.

Je remercie VLEEL d’avoir mis en lumière cette maison d’édition.

Bonne lecture à tous.

Mujeres libres

Isabelle Wlodarczyk

Éditions Babouche à l’oreille, 2022, 16€

4e de couv. :

Les Mujeres libres est un mouvement féministe d’une grande force, porté par des femmes qui rêvaient d’émanciper et d’instruire leurs semblables. Il naît en Espagne dans les années 30 et vit encore aujourd’hui à travers le monde. Il fait l’objet d’une grande actualité historique et, à mesure qu’on exhume les cadavres des fosses communes franquistes, la parole des femmes est progressivement elle aussi réhabilitée.

Le roman « Mujeres libres »  s’inscrit au cœur des vies de ces femmes qui ont combattu avec passion, se sont engagées dans la guerre d’Espagne, sont mortes, parfois, avec courage et dignité. Il est traversé par ce même souffle qui leur a permis à toutes de se dépasser. Trois portraits croisés bouleversants, accompagnés d’une version en musique téléchargeable, composée et interprétée par Pierre Diaz.

Mes impressions de lecture :

Vous allez vous dire que je continue à être dans les années 30 et les effets des guerres du XXe siècle. Une fois de plus un livre est venu à moi pour s’insérer dans une suite de textes forts.

On m’a offert ce livre à la Comédie du Livre de Montpellier parce que je suis une femme et je suis espagnole. J’avais hésité à l’acheter moi-même. Je connaissais l’autrice pour un roman jeunesse que j’avais adoré.

J’ai fait une belle découverte en lisant ces trois nouvelles autour de trois figures féminines inspirées de plusieurs personnes réelles. Je ne connaissais pas ce mouvement des « Mujeres Libres » ni leur revue. J’ai bien envie d’en savoir un peu plus. Je suis espagnole mais je viens d’une famille où l’on ne parle pas de politique, le franquisme a causé bien des traumatismes et chaque famille a dû garder certains secrets pour survivre.

Les histoires sont brèves une quinzaine de pages pour la plus longue. Brèves comme la vie de ses héroïnes de la guerre civile espagnole. Vous vous doutez bien qu’elles faisaient partie des révolutionnaires. Des femmes exaltées, courageuses et prête à tout pour être libres.

Isabelle Wlodarcsyk a su mettre en avant l’origine de chacune et ce qui a déclenché leur révolte aussi jeunes. Des histoires émouvantes sans aucun pathos. Elle met bien en avant le rôle de la transmission de mère en fille pour garder sous le boisseau leur envie de s’exprimer. C’est une autre époque.

Je vous laisse découvrir ces parcours de vie. Après l’avoir lu ses nouvelles, j’ai écouté la version avec musique offerte avec le livre. Cela donne un plus aux histoires. Les musiques accentuent l’aspect dramatique et les extraits d’informations de l’époque nous resituent bien dans l’époque.

J’ai aussi lu cet ouvrage dans le cadre du challenge de l’été de Vleel. Il entre dans deux catégories « une maison d’édition que je n’ai jamais lu » et « une livre qui vous ouvre de nouveaux horizons » et je crois que c’est cette deuxième catégorie que je vais choisir.

Le soldat désaccordé

Gilles Marchand

Éditions Aux Forges de Vulcain, août 22, 208 p., 18€

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

Rentrée littéraire automne 2022

4e de couv. :

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

Anecdote de lectrice :

Entre le moment où je choisi mes livres et le moment où je les lis tant de choses peuvent se passer ! Cet été j’ai lu « Le dernier vol » d’une histoire qui se déroulait dans les années 20 roman écrit avant 1930. J’avais été surprise par la présence de gueules cassées et cette jeunesse complètement fracassée par la première guerre mondiale alors qu’on était dans des décors un peu glamour (c’est même devenu un film hollywoodien). Et puis il y a ce personnage lunaire de la « fille de la lune » entre fantôme et dame rêvée… Puis j’ai enchaîné avec des romans où les personnages avaient besoin de croire en leurs rêves pour survivre et de la présence onirique. Et voilà qu’en commençant ce roman j’avais l’impression qu’un fil d’Ariane les reliaient… Bien sûr ce roman m’a fait me remémorer « Au revoir La-haut » de Pierre Lemaître qui nous avait plongé dans cette période trouble. Chaque roman est complémentaire et permet de nous construire une image mentale de ce début de XXe siècle.

Mes impressions de lecture :

Quel plaisir de retrouver la plume de Gilles Marchand et son univers où le passé et les souvenirs ont une place prépondérante. Nous sommes dans les années 1920-30 tout en étant pendant la première guerre mondiale.

J’ai beaucoup aimé le personnage principal et narrateur avec ses troubles, ses émotions, ses fêlures. Chercher la trace des autres c’est un peu se trouver lui aussi et mettre des mots sur ce qu’il a vécu.

Ce que j’aime chez Gilles Marchand c’est ce côté Pierrot lunaire avec la part d’amour et d’onirisme. Il nous parle de belles histoires d’amours qui vont au-delà des apparences.

Gilles Marchand a su nous envouter dans ses éclats de vies éclatées. Comme des milliers de miroirs brises dont les facettes  éclairent des fragments d’existences. Poésie et musique sont toujours là pour sublimer la narration.

Vous l’aurez compris c’est un beau coup de cœur de la rentrée.

J’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire du narrateur au fur et à mesure que son enquête progressait. Il n’y a pas de degré de souffrance, elles sont juste différentes.

C’était beau de voir comment les hommes du quotidien peuvent créer des réseaux humains qui vont au-delà des frontières.

Il y a un moment dans l’histoire qui m’a rappelé quelque chose que j’avais ressenti il y a quelques années en lisant « La demoiselle Tic-Tac » de Nathalie Hug (seconde guerre mondiale), un coup français et un coup allemand, les habitants de l’Alsace-Loraine étaient dans une drôle de situation. Ce n’est pas sans rappeler d’autres cas plus récents.

Au moment du centenaire 14-18 j’ai eu plusieurs lectures qui m’ont apporté des éclairages sur cette époque et c’est intéressant d’en retrouver dans ce roman. Par exemple il est fait mention de la consommation de vin pendant las guerre et après. Je vis dans une région où la viticulture a pris un nouvel essor à cette époque avec construction de caves coopératives car il fallait fournir l’armée en vin bon marché.

Gilles Marchand nous propose une petite bibliographie pour aller plus loin des la partie documentée, pour aller aux sources.

Une nouvelle fois Gilles Marchand a su nous proposer une histoire forte au cœur de l’Histoire.

Quand à l’illustration de la couverture elle pose une ombre sur les milliers de tombes aux stèles blanches.

Je vous laisse découvrir à l’aune de votre propre histoire.

Je remercie les Éditions aux Forges de Vulcain de leur confiance.

Sur ce Blog vous pouvez retrouver

Une bouche sans personne

Un funambule sur le sable

Des mirages plein les poches

Requiem pour une apache

CHALLENGE VLEEL SUR INSTAGRAM « auteur réçu »

Stöld

Ann-Helén Laestadius

Trad. Anna Postel

Éditions Robert Laffont, Pavillons, 25 août 2022, 446 p., 21,50 €

Mes Lectures Robert Laffont

Rentrée littéraire automne 2022

4e de couv. :

C’est l’hiver au nord du cercle polaire arctique. Elsa, neuf ans, est la fille d’éleveurs de rennes samis. Un jour, alors qu’elle se rend seule à skis à l’enclos, elle est témoin du meurtre brutal de son faon, Nástegallu. Elle reconnaît le criminel : Robert, un Suédois du village voisin qui harcèle sa famille et sa communauté depuis des années.
Mais celui-ci la menace de mort et la petite fille, terrorisée, garde le silence. Dix ans ont passé. Face à l’indifférence des autorités et de la police, la haine et les menaces à l’encontre du peuple sami n’ont cessé de s’intensifier. Et lorsque Elsa se retrouve à son tour prise pour cible, quelque chose en elle se brise : le poids du secret, le traumatisme et la peur qu’elle porte depuis son enfance refont surface, libérant une rage nouvelle, celle de vaincre et de vivre.
Stöld retrace la lutte d’une jeune femme pour défendre son héritage et sa place dans une société où la xénophobie fait loi, et dans laquelle les idées modernes se heurtent à une culture façonnée par les traditions et la peur.

Mes impressions de lecture :

Il y a quelques années j’ai lu un roman policier « la loi des same » de Lars Petterson qui se déroulait dans la communauté sami et j’avais été impressionnée par les règles qui régissent la vie dans cette communauté et l’extérieur.

J’ai eu envie de lire ce roman pour avoir un autre regard sur la Suède dont on nous vante la qualité de vie. La société suédoise en prend pour son grade dans cette partie du pays.

La moitié de l’histoire se déroule lorsque Elsa est petite. Elle est témoin direct d’un acte criminel sur son faon, elle découvre son jeune renne et son « assassin » qui la menace. On va suivre cette petite fille traumatisée et découvre que la police ne fait rien depuis des années. Les rennes on un statut particulier, ils sont assimilés à des animaux domestiques. Et les tuer est considéré comme un vol et non du braconnage.

En commençant cette histoire par une gamine qui ne comprend rien à ce qui ce passe, à toute cette injustice qu’elle ressent que ce soit les non-dits dans sa communauté, à l’école ou autour de la police, cela permet au lecteur qui ne connais pas le sujet d’apprendre en même temps qu’elle. On a heureusement quelques moments plus innocents qui font du bien.

Ann-Helén Laestadius a su recréer un climat oppressant et anxiogène, avec toutes les tensions que ce soit du côté des samis ou des braconniers et anti lapons. Chacun ressent une injustice.

Elle n’idéalise pas les lapons, elle met bien en avant leurs défauts de cette société avec des codes stricts. Nous avons la grand-mère mémoire ancestrale qui a intégré la religion chrétienne aux cultes ancestraux ce cumul «d’interdits» et de règles créent un carcan assez fermé. Nous avons le fils qui a hérité de la charge d’éleveur de renne. Il a épousée une femme hors du cercle. On va voir que pour Marika ça n’a pas été facile d’être intégrée et il lui ait encore reproché de ne pas être samie. Elle a pourtant appris la langue, les us et coutumes… On a la jeune génération qui est encore plus révolté par ce subit leur peuple.

On a la thématique du mal-être qui peut aboutir au suicide. C’est un peuple assez taciturne, des taiseux avec des rythmes de vie particuliers et des relations familiales très codifiées.

Le fait que ce soit une voix féminine qui prend la parole montre aussi l’évolution des comportements. Elsa est allée à l’école en ville.

On a de nombreuses scènes qui nous montrent le quotidien des ces communautés. On voit aussi les problèmes liés aux changements climatiques et les changements dans les modes de vie.

Le texte est émaillé de vocables samies avec un glossaire en fin de volume, cela donne encore plus à cette ambiance singulière.

On  n’est pas dans de l’exotisme, on au cœur même des conflits. On a de nombreux aspects de la vie quotidienne qui sont expliqués. C’est très intéressant.

Je vous laisse découvrir ce roman aux tensions dramatiques très fortes.

Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance.

Challenge VLEEL « un auteur traduit »

Challenge 15 k #7 Juliette je t’aime « un personnage féminin en héroïne »

Le dernier vol (Single Lady)

John Monk Saunders

Trad. Philippe Garnier

Éditions de la Table Ronde,  mai 2022, 320 p., 24 €

Mes lectures de la Table Ronde

4e de couv. :

Dans les années 1920, cinq jeunes vétérans de l’armée de l’air – Shepard Lambert, Bill Talbot, Johnny Swann, Cary Lockwood et Francis, dit le Washout – se retrouvent à Paris après l’Armistice, livrés à eux-mêmes. Incapables de reprendre leur souffle, ils semblent n’avoir qu’un but, celui de se noyer dans l’alcool. Ils rencontrent Nikki, jeune Américaine esseulée à Paris, et l’embarquent dans leur tournée spectaculaire des bars parisiens puis des cafés de Lisbonne et des corridas madrilènes.
Publié en feuilleton dans le magazine Liberty en 1930, sous le titre Single Lady, ce roman inspiré de l’existence de Saunders n’est pas sans rappeler Le soleil se lève aussi : les clins d’œil à Hemingway y sont nombreux, et ne font qu’ajouter au charme et à la drôlerie d’une histoire pourtant tragique.
Adaptée au cinéma peu après sa parution, elle est devenue Le Dernier Vol, l’un des meilleurs films de l’époque sur la génération perdue.

Mes impressions de lecture :

Je ne connaissais ni l’auteur, ni le film avant de lire ce roman.

J’ai choisi ce roman car il se déroulait dans les années 20. Les prémisses des années folles.

Ce qui m’a surpris dans ce roman qui pourrait sembler au premier abord léger, avec ces jeunes gens glamour, qui font la bringue toute la nuit c’est la présence de gueules cassés. On pourrait croire que nous sommes dans l’envie de vivre une fois libérés du poids de la première guerre mondiale. Cependant c’est le contraire qui se dégage de leur comportement. Ils n’ont plus rien à perdre et ne voient pas de perspective d’avenir.

J’ai aimé ce contraste entre la légèreté et la drôlerie souvent lié à l’ébriété. Ils se font des films dans leur tête, ils se racontent des histoires, ils surjouent. Ça chante, ça rit, ça plaisante.

Cela débute dans le Paris by night, les personnages sont désenchantés et bien abîmés. Certains ont de l’argent et d’autres moins mais aucun veut revenir à leur vie d’avant. L’alcool coule à flot et n’arrange rien, ni aux problèmes physiques ni psychologiques. On a même un personnage qui a des problèmes de vue suite à la consommation d’alcool frelaté à New-York, Nikki a la tremblotte elle va même faire une cure…

Ils sont dans une fuite en avant, rester le plus en mouvement, que ce soit de bar en bar, d’hôtel en hôtel, il faut trouver quelque chose à faire avec en même temps le besoin d’oublier, de s’oublier.

C’est une histoire qui a été publié en feuilleton alors il faut un certain rythme… je ne connais pas le découpage mais on note des changements de plans. Par exemple quand ils décident tout à coup d’aller visiter Versailles, ou encore Le père Lachaise, ou le voyage en train, l’aventure à Lisbonne, puis Madrid…

Côté drôlerie il y a notamment les références à Wodehouse ou les chansons, on a aussi par exemple les scènes avec la naïve Nikki qui se fait pincer les fesses et Bill qui s’en prend au mauvais homme, il y a les aventures dans le train ou dans certains échanges des parties dialoguées. J’ai adoré les commentaires sur le guide touristique sur Versailles ou le manuel de conversation en portugais, entre autre.

Comédie douce-amère on ne sait pas s’il faut rire ou s’émouvoir, car il y a des sujets douloureux qui sont traités. Nous avons notamment le problème l’alcoolisme, de drogue et les séquelles de la guerre. Cela fait écho à ce qui se passe de par le monde en ce moment.

Ils étaient des jeunes gens prometteurs, étudiants à Oxford, là ils ont 25 ans et ils sont : «  Des cartouches vides. C’était ça. Ils étaient comme des balles tirées. Forgées pour la guerre et lancées contre l’ennemi. Elles avaient décrit une belle trajectoire, haute et arquée. Maintenant elles étaient retombées sur terre. Tirées. Refroidies. Fragiles. » (p. 127)

Ce que j’aime bien dans les romans de cette époque c’est la place de la technique.  Les moyens de transports avec les codes qui vont avec. Le taxi parisien, on apprend que Nikki a pris l’avion pour aller à Londres, ils prennent le train c’est le Sud-Express qui part de la gare d’Orsay, la limousine au  Portugal c’est une allemande une Steyr 7 places, le ferry… On a aussi l’ascenseur du Carlton avec force détails, le gramophone dans la chambre, et tout l’aménagement du train de luxe… Il faut se remettre dans le contexte le feuilleton a été publié en 1929.

Au début j’ai eu l‘impression d’être dans un film Hollywoodien genre « certains l’aiment chaud » ce style là… C’est peut-être en voyant Nikki dans le rôle de « jolie idiote sexy » et ses soupirants qui essaient d’obtenir ses faveurs tout en la protégeant.

Ce fut une lecture intéressante. J’ai bien envie de voir le fameux film dont on voit quelques photos dans le livre.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

Challenge VLEEL un livre avec les lettres VLEEL

Une lettre pour Alessandro Giovaninetti

Jacques Issorel

Éditions Trabucaire , oct 21, 200 p., 15 €

4e de couv. :

Un soir d’automne, le narrateur rencontre Helena sur le quai Rive Gauche à Perpignan. Elle est russe, la soixantaine, et n’a pas toujours été la pauvre femme qu’elle est maintenant devenue. Sa jeunesse, dans les années 50, à l’époque où avec Kroutchev les relations entre la France et l’URSS commencent à peine à se dégeler, son début de carrière de danseuse au Bolchoï, sa découverte de l’amour à quinze ans, tout semble la conduire vers un avenir heureux. Mais ce serait sans compter sur la police politique soviétique qui ne lui pardonnera pas d’avoir commis un faux pas.

Le livre connaît un premier dénouement, mais c’est pour mieux rebondir dans la deuxième partie où le narrateur et son ami Mario partent imprudemment à la recherche du premier et grand amour d’Helena, le beau danseur italien Alessandro Giovaninetti dont la trace se perd à New York en 1960.

Mes impressions de lecture :

J’ai eu le plaisir de revoir M.  Jacques Issorel au salon du livre du Grand Narbonne en juin 2022 et de découvrir qu’il avait publié un roman. Je le connaissais plutôt versé dans la poésie et l’étude d’œuvres littéraires. C’est donc avec curiosité que j’ai eu envie de découvrir ce roman.

La couverture m’intriguait, mais il après une petite visite sur le site de la maison d’édition, il s’avère que ce soit un concept pour cette collection roman-poésie. Seule, elle ne me plait pas trop mais en tant que collection ça a une autre portée.

Dans un premier temps j’étais un peu déstabilisée par certains traits du personnage qui comme l’auteur était professeur d’université à Perpignan. Cela arrive parfois lorsqu’on connait certaines facettes de la vie des auteurs, on se dit qu’ils se sont inspirés de certains faits.

Le roman se divise en deux parties. La première partie est une mise en place des personnages et relate la vie d’Helena singulière. J’ai trouvé cette partie un peu classique, une rencontre et un témoignage direct.  Partie intéressante et nécessaire pour lancer l’intrigue mais j’ai préféré la deuxième partie.

Dans cette première partie on va découvrir petit à petit l’histoire de cette femme qui avant d’être vagabonde avait une vie sous les feux de la rampe. Dans ce roman les personnages avec des vies « publiques » on a envie d’aller vérifier s’ils ont vraiment existé. Il y a des données qui donnent une certaine crédibilité. Danseuse étoile au Bolchoï à Moscou, danseur à la Scala de Milan, actrice à Hollywood etc.

Dans la première partie on aborde la vie personnelle du narrateur avec l’impression de constat d’un jeune professeur retraité.  Il n’y a plus l’intensité de la recherche littéraire, les cours, les conférences, les articles. Une passion qui a dévoré le quotidien d’un couple. L’épouse a fait sa vie en parallèle de son mari, les enfants sont partis. Il a troqué sa passion avec d’autres occupations. Classique. Comme elle, on se demande ce qu’il cherche…  Certains lecteurs s’identifieront facilement avec un personnage ou un autre.

Chercheur un jour chercheur toujours…

On lui a donné une mission apporter une lettre a un disparu… et avec l’aide d’amis eux aussi professeurs il va se retrouver dans une d’autre d’aventure. Cela va permettre d’avoir trois couples de professeurs avec des situations différentes…

J’ai bien aimé le duo entre le narrateur et Mario qui se complètent. L’un ni connait rien à la technologie et fait ses recherches en bibliothèque et l’autre sur internet. Chacun va faire des découvertes différentes. C’est un aspect que j’aime bien retrouver dans la résolution de mystères. Deux façons d’aborder le sujet. Vient alors se greffer un troisième larron avec une façon encore différente d’aborder la situation. Chacun a une nationalité différente et un caractère différent.

Si L’histoire débute dans le centre-ville de Perpignan, elle nous entraine au fin fond de la Sibérie, en passant par l’Espagne, le continent américain et l’Italie. Des contrastes géographiques qui viennent alimenter les intrigues.

Au fur et à mesure des rencontres, notre narrateur, dont je n’ai pas trouvé le nom, va sortir de sa zone de confort et de sa vie bien réglée. Jusqu’où va-t-il aller ? D’autant que la gent féminine va venir perturber ce détective amateur.

Ce qui dans un premier temps est une simple recherche d’une personne qui a eu une vie publique par le passé, on se retrouve dans une enquête périlleuse.

Le narrateur érudit va aussi nous faire voyager dans le monde des arts et de la littérature. Son côté candide va le mettre face à des situations qui le dépassent et le rendent sympathique.

Certains personnages vont changer d’attitude entre le début et la fin de cette aventure et d’autres vont rester dans leur lancée.

En parlant des personnages j’ai bien aimé le choix des prénoms qui ne sont pas anodins… mais ce n’est peut-être que mon interprétation.

J’ai bien aimé les références surtout littéraires. Quelques souvenirs ont refait surface. J’ai résisté à faire une liste des livres à lire… ou vérifiés qu’ils étaient dans ma bibliothèque.

 Je vous laisse découvrir la résolution de l’énigme et les nombreux rebondissements. On va beaucoup voyager…        

 On a bien envie de découvrir ce que ce personnage va devenir maintenant que sa vie à pris un nouveau chemin pétillant.

NB : Petite coïncidence de lectrice : La thématique de la lettre donnée avant de mourir à remettre à un être de son passé, c’est aussi celui de la série « le poids des secrets » de Aki Shimanzaki.

Challenge de l’été VLEEL « Un livre réunissant dans son titre les lettres V.L.E.E.L »

Mississipi solo

Eddy L. Harris

Trad. : Pascale-Marie Deschamps

Éditions Liana Levi, coll. Piccolo, mai 2022, 12 €

Souvenir d’une rencontre à la Comédie du Livre de Montpellier mai 2022

4e de couv. :

Le Mississippi. Un fleuve mythique qui descend du lac Itasca dans le Minnesota jusqu’au golfe du Mexique, en passant par Saint-Louis et La Nouvelle-Orléans. Impétueux et dangereux, il charrie des poissons argentés, des branches d’arbre arrachées, des tonnes de boue, mais aussi l’histoire du pays et les rêves d’aventure de ses habitants. À l’âge de trente ans, Eddy décide de répondre à l’appel de l’Old Man River, de suivre en canoë son parcours fascinant pour sonder le cœur de l’Amérique et le sien, tout en prenant la mesure du racisme, lui qui ne s’est jamais vraiment vécu comme Noir. Au passage, il expérimentera la puissance des éléments, la camaraderie des bateliers, l’admiration des curieux ou l’animosité de chasseurs éméchés. Mais aussi la peur et le bonheur d’être seul. Il en sortira riche d’une force nouvelle et d’un livre fondateur.

Mes impressions de lecture :

J’ai assisté à une présentation de la maison d’édition par Liana Levi et l’éditrice a beaucoup parlé du travail de Eddy L. Harris. C’était la sortie en poche de ce roman et la suite de l’aventure était parue quelques mois au paravent « le Mississipi dans la peau ».

C’est un roman tiré d’une expérience très personnelle. Cette aventure l’a tellement marquée que plusieurs années après il récidivé. Maintenant que j’ai lu « Mississipi solo » je suis très curieuse de voir ce qui a changé dans cette partie de l’Amérique et comment il a abordé ce nouveau voyage, mais ceci est une autre lecture (à venir).

Dans «  Mississipi solo » à plusieurs reprises il se demande ce que les gens garderont de son bref  passage dans leur vie. Il fait référence entre autre au fait qu’il soit noir. Eh bien moi je ma brève rencontre au salon du livre de Montpellier c’est un homme grand qui dédicaçait debout et qui avait une jolie voix. Je n’avais encore rien lu de lui donc je n’avais pas grand-chose à dire.

J’ai choisi ce roman pour découvrir l’auteur à cause de les thématiques… l’eau, le fleuve, le voyage, la nature.

C’est un roman avec des chapitres courts qui mettent en avant un aspect du voyage. On a le pourquoi, le comment et avec qui… En fin de volume on a aussi une carte de l’itinéraire.

On pourrait croire avant de le lire que ça serait répétitif mais pas du tout. Chaque jour est une étape différente que ce soit au niveau de ce qu’il ressent, ce qu’il vit ou ce qu’il voit. Ce n’est pas non plus une accumulation de rencontres et d’anecdotes, il y a toute une réflexion sur la vie et sur son pays.

Il sait faire ressentir au lecteur les épreuves qu’il va vivre. Il n’est pas vraiment préparé pour ce périple, il a un côté naïf qui permet au lecteur de mieux s’identifier. On est loin du récit d’un sportif de haut niveau entrainé qui a l’habitude des voyages extrêmes. Il n’est pas dans la performance. Il est touchant et fait parfois sourire.

J’ai beaucoup aimé suivre ses aventures et ses rencontres. Comment en toute simplicité il nous raconte son parcours chaotique sur ce fleuve qui traverse plusieurs états d’Amérique. Il nous raconte une autre Amérique. Celle de gens pas sophistiqués et très attachés à leurs terres. On est loin du rêve américain et de la course à la réussite.

On va ressentir ses états d’âmes et ceux des gens qu’il a croisé.  Va-t-il réussir ? Dans quel état va –t-il terminer cette aventure.

C’est un cheminement personnel où les souvenirs se mêlent aux évènements présents et aux pensées de l’auteur.

C’est le style de livre où on a envie de souligner des phrases…

Je remercie Liana Lévi d’avoir su titiller ma curiosité. Ils sont terribles ces éditeurs passionnés !

Pour la petite anecdote je parlais avec une copine au téléphone et elle me dit je viens de lire un roman génial « Mississipi… » et moi de terminer « solo »… j’étais en train de le lire… j’adore ce genre de coïncidences.

Je vous laisse découvrir à votre façon ce roman.

Challenge VLEEL « un auteur que j’adorerais voir en VLEEL »

«Challenge 15 K #18.Tom Sawyer : « un livre qui se passe en Amérique »

Le poids des secrets T2 Hamaguri

Aki Shimazaki

Actes Sud, Babel, 2007, 114 p.

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Deux petits enfants de Tokyo, Yukio et Yukiko, scellent un pacte de fidélité en inscrivant leurs noms à l’intérieur d’une palourde, comme un serment d’amour éternel. Devenus adolescents, ils se retrouvent à Nagasaki sans se reconnaître ; les sentiments qui les habitent désormais, qui les troublent profondément, leur seraient-ils interdits ?
Aux dernières heures de sa vie, la mère de Yukio cherchera à ouvrir les yeux de son fils en lui remettant ce coquillage sorti du tiroir de l’oubli.

Mes impressions de lecture :

Vous savez (peut-être) que j’aime bien lire des romans avec une date qui correspondent au moment de lecture de manière volontaire ou fortuite. Nous avons ici l’explosion de la bombe atomique le 9 août sur Nagazaki.

Je ne voulais pas lire ce deuxième tome tout de suite, cependant ma curiosité était plus grande et une fois lu les première pages je ne l’ai plus lâché.

On revient plus ou moins sur les évènements racontés dans le tome 1 mais cette fois-ci le narrateur et Yukio. Le fils de Mariko. Lui a vécu le secret de famille d’une autre façon. Et il n’est pas encore au courant de l’autre secret.

Dans ce roman on voit comment un secret de famille peut perdurer, se transmettre. Un enchaînement de souffrances.

On découvre de nouvelles facettes, on retrouve certains évènements mais d’autres histoires.

J’ai bien aimé le jeu avec les « hamaguri » retrouver les paires de coquillages qui retrouvent leur unicité. Une jolie image pour parler des deux moitiés d’un couple. On fait plusieurs essais mais il n’y a que deux qui forment un tout.

Je ne connaissais pas la particularité de la ville de Nagazaki et de la forte présence de la communauté catholique.

Je n’avais pas non plus compris que l’autrice japonaise, vivant au Canada avait écrit en français, c’est en cherchant le nom du traducteur que je me suis rendu compte qu’il n’y en avait pas.

A bientôt pour le prochain épisode…

Challenge L’été Lisons l’Asie

Voir sur ce blog :

Tsubaki

Une immense sensation de calme

Laurine Roux

Éditions du sonneur, 2018, 121 p., 15 €

4e de couv. :

Alors qu’elle vient d’enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor. Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d’une guerre qui, cinquante ans plus tôt, ne laissa aucun homme debout, hormis les « Invisibles », parias d’un monde que traversent les plus curieuses légendes.
Au plus noir du conte, Laurine Roux dit dans ce premier roman le sublime d’une nature souveraine et le merveilleux d’une vie qu’illumine le côtoiement permanent de la mort et de l’amour.

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert cette autrice en début d’année avec « Sanctuaire », puis elle fut invitée sur VLEEL et ses interviews en ligne, j’achetais alors « une immense sensation de calme » et enfin je lui ai brièvement parlé à la comédie du livre où m’a dédicacé « Une immense sensation de calme ». Nous avons parlé entre de son roman « l’autre moitié du monde » dont je n’étais pas prête à le lire à cause du sujet.

J’adore la couverture des éditions du sonneur, cette forêt dans la brume. On imagine le silence et l’isolement.

Cette histoire m’a fait penser à Carole Martinez. Cette façon ne mêler les «légendes » locales, la magie qui émane de la nature et l’influence sur l’avenir de ses personnages.

On note encore la forte présence de la nature et des forces qu’elle insuffle. Si les hommes en apparence détiennent la force physique ce sont les femmes qui ont le pouvoir de donner la vie et détiennent le pouvoir de guérison.

Il est question de premier amour qui tourne souvent au drame. Les êtres sont attirés l’un vers l’autre envers et contre tout. Chacun a un rôle à jouer dans la survie.

Il est beaucoup question de terre et d’eau… de cycles dictés par la nature, les saisons et la lune.

Avec la thématique de la vie et de la mort nous avons évidement le sang qui joue un rôle important.

La violence est omniprésente, ne serais-ce que la rudesse de la terre. L’animalité et la vie sauvage sont à fleur de terre, fleur de peau.

Nous sommes dans un pays de l’Est, j’ai pensé à la Sibérie par le froid extrême et tout ce qui touche au Grand oublie après la guerre.

Tout est économisé même les mots et gestes. J’ai eu tendance à appeler ce roman le grand silence. La sensation de calme est toute relative.

On retrouve la faune et la flore, la nature sous toutes ses formes réelles ou mythiques.

Un roman bref et intense.

Challenge VLEEL : Une autrice reçue à VLEEL,

Challenge 15 K #20.Premier baiser : un livre avec un premier amour