Les Bourgeois de Calais

Michel Bernard

Éditions de la Table Ronde, 26 août 2021, 197 p., 20€

Mes Lectures de la Table Ronde

Rentrée littéraire 2021

4e de couv. :

Quand Omer Dewavrin entre dans l’atelier d’Auguste Rodin, dédale de formes humaines de pierre et de glaise, il a la certitude d’avoir fait le bon choix. Notaire et maire de Calais, il a confié au sculpteur à la réputation naissante la réalisation d’un monument en hommage à six figures légendaires de la guerre de Cent Ans : les Bourgeois de Calais. Nous sommes en 1884, et Dewavrin ne sait pas encore qu’il s’écoulera dix ans avant que l’artiste, en quête de perfection, se décide à déclarer son travail achevé. La bouleversante chorégraphie de bronze n’existerait pas sans ce bourgeois du XIXe siècle qui, devinant le génie du sculpteur, l’obligea à aller au bout de lui-même et imposa son œuvre en dépit du goût académique et des controverses idéologiques. Sa femme Léontine et lui sont les héros inattendus de cette histoire, roman de la naissance d’une amitié et de la création du chef-d’œuvre qui révolutionna la sculpture.

Mes impressions de lecture :

Je découvre l’écriture de Michel Bernard, on sent qu’il est bien documenté et en même temps il y a toute la par de fiction qui nous donne l’impression de voir les scènes décrites et les pensées des personnages historique.

Je ne me suis jamais posé la question de ce qui se cachait derrière une statue monumentale. Pour moi, il y avait un appel à candidature par un dirigeant, on choisissait, on passait commande, l’atelier de l’artiste exécutait le travail et il livrait … puis pose et inauguration. C’est beaucoup plus complexe que cela puisqu’il y a des humains, de l’argent et le temps. Ce roman va nous faire vivre les coulisses de l’aventure des « Bourgeois de Calais », à commencer par l’histoire de personnages historiques qui allaient être représentés, selon qui la raconte le sens change.

C’était très intéressant de voir le maire de Calais porter ce projet, de voir la confiance qu’il a pour l’œuvre de Rodin. Ce mélange de politique et de négociation pour obtenir l’argent. D’autre part on a Rodin, l’artiste qui doit avancer « de l’argent » pour avoir de quoi proposer une maquette des ébauches, en plus d’imaginer sur le papier. Pour convaincre il faut du concret pour élaborer le projet.

Michel Bernard a su montrer la dichotomie entre l’aspect artistique et l’aspect financier. Il a su mettre en avant l’art de la négociation de l’un et l’art de la création de l’autre.

L’Histoire avec un grand H rattrape le projet lorsque les détracteurs refont sortir le texte de Jules Michelet qui ne présente pas ces fameux Bourgeois sous leur meilleurs jours. Tout est politique dans cette histoire de statue.

Je n’avais pas la notion du temps nécessaire, ou du temps qu’il avait fallu entre le moment de la commande et la livraison. Dix ans, tant de choses peuvent se passer pendant ce laps de temps. Et il va s’en passer des choses…  Je vous laisse les découvrir les multiples rebondissements.

Qui dit temps dit aussi évolution dans les carrières. Rodin lui voit sa notoriété grandir, et Omer Dewavrin perdre son mandat de maire, son argent et sa charge de notaire. Dewavrin et son épouse continuent d’œuvrer avec passion pour l’aboutissement de ce projet. C’est d’ailleurs cette ténacité qui a permis d’avoir les bases documentaires, plus de 150 lettres entre le couple et Rodin.

Paris change, Rodin passe du dépôt des Marbres à son atelier près de Montparnasse, Melle Claudel est aussi dans le paysage de Rodin. Calais change avec la construction du nouveau port. C’est une époque de grands changements.

Ce que j’aime dans ces histoires de rencontres d’hommes de convictions, ce sont leurs prises de position, la confrontation de mondes différents et de points de vue qui révèlent leurs passions. Et puis il y a les femmes dans l’ombre. Mme Dewavrin est pour beaucoup dans cette collaboration, Michel Bernard a su mettre en lumière cette personne.

J’ai beaucoup aimé les passages où l’on voit le regard de Rodin face au paysage, aux mouvements. Justement le mouvement est très présent dans cette histoire que ce soit celui insufflé dans la composition des statues ou de lui des déplacements entre la capitale et cette ville de province, la place du train et autres véhicules et le mouvement des hommes en action pour donner ce groupe de personnages statufiés.

En fin de volume l’auteur a mis quelques lettres des trois acteurs de cette histoire ce qui donne un petit aperçu de ce qui a servi de base d’inspiration et la reproduction de l’œuvre. Que de chemin de la correspondance et autres documents à un roman. Nous, nous savons que le projet à abouti mais il faut se rappeler que les personnages eux ne savent pas si cela réussira… au bout de dix ans !

Vous l’aurez compris j’ai beaucoup apprécié ce roman historique grâce auquel je me suis retrouvé dans un autre temps (pas si lointain) avec un autre rythme de vie.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

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