Chronique de jours de cendre

Louise Caron

Aux Forges de Vulcain, avril 2015, 279 p., 17€

Une lecture Aux Forges de Vulcain

4 e de couv :

Bagdad, 2007. Le père de Naïm est tué lors d’une intervention militaire américaine. Bouleversé, le jeune artiste pacifique s’engage auprès d’une bande armée. Sa compagne Sohrab, impuissante, décide de l’accompagner dans sa quête de vengeance. Mais les doutes naissants de Naïm grandissent à mesure que Sohrab lui rappelle l’absurdité de sa situation. De son côté, Niko Barnes, soldat américain, s’interroge sur son engagement. Il couche ses pensées dans des cahiers où se mêlent souvenirs, doutes envers sa hiérarchie et culpabilité envers les Irakiens.

Les chemins des personnages finiront par se lier au hasard d’événements sur lesquels ils n’ont aucune prise, absurdes et brutaux, car nés d’une guerre dont la justice échappe à tous. Qu’est-ce qu’un ennemi ? La vengeance peut-elle appeler autre chose qu’une violence égale en retour ?

La couverture :

Depuis l’année dernière les couvertures des Editions Aux Forges de vulcain on pris des couleurs et un bandeaux diagonal créé par Geoffrey Dorne (direction artistique), nous avons ici un disign de Enza Chaffon qui reflète le contenu de roman. Enza Chaffon qui a réalisé d’autres couvertures de la collection littérature des Éditions aux Forges de Vulcain.

Auteure :

Louise Caron est née en 1948. Docteur en neurobiologie et en biochimie, elle entame, en 1983, une formation de comédienne au théâtre-école de Montreuil. En 2007, elle quitte Paris pour les Cévennes. Depuis, elle consacre son temps à l’écriture et au théâtre. Son premier roman, Se départir, est paru en 2012. Sa pièce Comme un parfum d’épices dans les odeurs de menthe, lauréate du prix d’écriture théâtrale « NIACA » en 2012, a été publiée en septembre 2014.

Mes petites anecdotes de lectrice…

Pour ceux qui suivent mon blog (si si il y en a !!!) savent mon attachement à ce que publient les éditions Aux Forges de Vulcain, c’est donc avec curiosité que je voulais voir si ce roman était dans l’esprit de ses éditions. J’ai ma petite grille personnelle et je confirme que ce roman est dans la même ligne éditoriale qu’une grande partie des romans que j’ai lu. Chacun a ses particularités dans le fond et la forme, mais on retrouve de nombreuses thématiques universelles mais lorsqu’on les cumule on a comme un tissage où s’accrochent toutes ses histoires…

Il m’est arrivé une chose étrange alors que je lisais en parallèle la trilogie « June » de Manon Fargetton qui est de la fantasy post-apo. Les deux textes semblaient se répondre… June devant le dilemme de quitter Jonsi/ Sohrab ne sentant pas capable de quitter Naïm, June dans les marécages et les êtres bannis / Sohrab dans les marécages et des populations dans des villages en partie détruits, l’idée de ville basse et haute, de révolte… Le choix…

Mais revenons au texte de Louise Caron…

Ma Chronique :

Des jeunes gens, entre vingt et trente ans, fasse à des choix qui vont bouleverser leur vie et celle d’autres êtres. Mais ont-ils le choix ?

Ce roman laisse entrevoir une multitude de souffrances physiques et morales qui ne laissent pas insensibles.

Louise Caron développe le thème des « dommages collatéraux » que ce soit durant une guerre ou dans les relations entre les gens.

On a des effets miroirs. Par exemple : Naïm qui entre en guerre pour réagir à une situation intolérable et Nicko qui s’engage pour agir contre l’immobilisme, les deux le font aussi en réaction contre leur famille. Et pourtant ni l’un ni l’autre ne sont fait pour cela. Une fois engagés sur cette voie il n’y a pas de marche arrière possible. Le poète et l’écrivain pris dans l’engrenage de la violence et de la lutte armée.

Sohrab suit Naïm pour le garder et le protéger, Nicko s’en va loin de Lily pour ne pas la perdre. Et finalement aucune des deux solutions ne semble être la bonne. Les nombreux témoignages forment une mosaïque. Cela m’a fait penser à ses tableaux qui forment une image et lorsqu’on s’en approche on réalise que se sont des photos assemblées. Elles sont toutes liées car nous sommes tous humains avec nos doutes, nos espoirs et nos souffrances. Instruments de puissances économiques et idéologiques qui divisent pour mieux régner.

Les histoires sont très cohérentes avec toute les petites invraisemblances que permet le roman en tant que genre littéraire, elles toutes attachantes et touchantes… Bien sûr que l’on en envie de se révolté devant certaines scènes…

Si l’on prend l’histoire de Zhouar tel qu’il la raconte on a l’image d’un homme enragé et armé, près à tout… mais au fur et à mesure qu’il raconte l’enchaînement des drames qui l’on conduit là, on se retrouve avec des instantanés… La fatalité et l’idée de cycles.

Tout au long de histoires on a des sentences, maximes, proverbes, expressions et des exhortations qui viennent soit stimuler, soit consoler.

Les personnages quoiqu’ils fassent sont confronté à leur conscience politique, à la religion, aux traditions, à la pression de la propagande, à la famille, aux non-dit et aux maux-dit … où est le libre arbitre ?

Le titre m’a beaucoup influencé car il m’a fait pensé à « chronique d’une mort annoncée »… sauf qu’ici on ne sait pas qui sera sacrifié ! En même temps on a un côté Roméo et Juliette, dans tous les cas on a la famille, la position sociale, la vengeance…

La fin est prévisible au fur et à mesure de l’avancée des événements mais il reste des rebondissements surprenants. C’est un roman avec une résonance dramatique, on sent dès le début que la justice ne peut être rendue et aucune solution n’est bonne. Quoiqu’ils choisissent ils courent à leur perte.

J’ai beaucoup aimé les mises en abîme avec les extraits du journal/roman de Nicko, les poèmes du grand-père de Sohrab et ceux de Naïm. Les différents registres de langue créent une atmosphère où les conflits et les sentiments sont exacerbés. Il y a une ambiance délétère dans ce pays détruit par eux qui se retrouve dans la position de pacificateurs, des contradictions et des paradoxes que ce roman utilise comme décor et dynamique.

J’ai trouvé amusant le fait que les titres soient une partie d’une phrase du chapitre, je me suis régalée à les repérer…

On a une alternance entre la vision de Nicko et Sohar/Naïm. Cette construction avec des histoires parallèles ne peut que conduire à la rencontre entre les deux camps, ils se croisent, se frôlent jusqu’au moments fatidiques… C’est inéluctable !

La mort et la sexualité sont deux thèmes qui se répondent et créent un climat délétère.

Vous l’aurez compris c’est un roman qui ne laisse pas insensible et prenant. J’espère ne pas en avoir trop dit, mais assez pour titiller votre curiosité !

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain pour leur confiance…

Qui en parle autour de moi ?

Les mots de Guen

&

La Voie des Indés sur Libfly.

la voie des indés 2015

Article précédemment publié sur Canalblog

2 réflexions au sujet de « Chronique de jours de cendre »

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