Fahrenheit 451

Ray Bradbury

Folio,1953, version trad de 2000

Lu dans le cadre de la Lecture commune de Felina : LC

Lu dans le cadre du club de lecture d’AUF

4 e de couv :

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.

Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Mon billet :

Ma première Dystopie ! Ne riez pas il n’y a que quelques mois que je connais ce terme alors que je connais Fahrenheit 451 depuis très très longtemps.

C’est un livre qui fait partie des classiques dont tout le monde parle que je n’ai jamais lu même au lycée. Je croyais connaître le contenu et en fait non. C’est une découverte totale.

La première surprise c’est le personnage principal. Guy Montag est un pur produit de la société de ce monde.

L’entrée en matière est assez abrupte. On a l’impression que Guy Montag est sûr de ce qu’il fait, de ce qu’il est. Puis petit à petit on sent qu’il y a une faille dans ses convictions.  Les rouages semblent bien huilés.

Sa rencontre avec Clarisse, cet élément subversif et perturbateur, va lever un voile sur une légère fissure dans sa cuirasse. S’en suit la scène dramatique avec sa femme. Et à partir de là des grains de sable vont venir gripper les rouages et la machine va dérailler. En fait, le doute s’était déjà insinué depuis une rencontre dans un parc (lieux pratiquement  interdits). On va se rendre compte qu’à côté de cette société lisse existent des marginaux, des rebelles, des récalcitrants.

On est dans une société où tout  est  sous contrôle, la population ne se rend même plus compte qu’elle est dans un état totalitaire. C’est ce qui est terrifiant. Personne ne veut se l’avouer, c’est si pratique de fermer les yeux.

J’ai trouvé la description de la société par le capitaine (p.90) assez cynique et très actuelle, avec les gens qu’on garde en mouvement et qu’on assomme d’image et de sons. Les gens avec leur écran plats, avec des amis et famille virtuels, les gens coupés des autres, chacun dans son appartement, sans vrai conversation, puisque penser rend malheureux. L’interactivité fictive entre les animateurs et les spectateurs.

Les scènes avec Mildred / Guy et Mildred/ amies sont d’une violence psychologique terribles. Les femmes et les ménagères en particulier n’ont pas le beau rôle.

J’ai trouvé des similitudes entre les scènes concernant la guerre éclair et certaines guerres qu’on nous a médiatisé de cette façon.

Dans l’ensemble je n’ai pas trouvé que ce classique de la SF avait vieilli. Etrange !

Au début, on se dit que Montag , stéréotype du bon petit soldat, est un idiot et qu’il est détestable, puis l’histoire avançant son personnage va évoluer et s’étoffer.

Au fur et à mesure l’homme au centre de la décision. Car au début c’est la société qui prime sur l’humain. L’auteur veut emmener son personnage vers la libre pensée.

Guy Montag acquière peu à peu une conscience, un réflexion qu’il veut personnelle.

Il réalise qu’il peut devenir le jouet d’un autre groupe manipulateur. Comment faire confiance à nouveau, alors que c’est cette confiance qui a conduit les hommes à la mise en place de cette société ?

Il y a aussi le thème de la mémoire et du temps. On reste dans le vague quand à l’époque de la disparition de l’ancienne civilisation, on semble parler de siècles et à d’autres moments on a l’impression qu’il y a encore des anciens qui s’en souviennent.  De ces thèmes là découlent celui du savoir et de sa transmission.

J’avais encore bien des chose à dire mais c’est un peu en vrac dans mon esprit.

Dans ma Pal j’ai encore « 1984 » de Georges Orwell, « Le meilleur des mondes » de Aldous Huxley, « la planète des singes » de Pierre Boule et « Hunger Games » de Susanne Collins… Alors qui sait lequel je lirais dans quelques temps !

Merci Felina pour cette lecture commune.

Citations :

« Après tout, on vit à l’époque du kleenex. On fait avec les gens comme avec les mouchoirs, on froisse après usage, on jette. Tout le monde se sert des basques du voisin. Comment soutenir l’équipe locale quand on n’a pas le programme et que l’on ne connaît pas le nom des joueurs ? » p.38

« N’existait-il pas une vieille blague sur cette épouse qui passait tellement de temps au téléphone que son mari désespéré, courait au magasin le plus proche et lui téléphonait pour s’enquérir de ce qu’il y avait à dîner ? Bon alors pourquoi ne s’achetait-il pas un mini émetteur pou parler à sa femme au milieu de la nuit, murmurer, chuchoter, crier, hurler, beugler ? Mais que chuchoterait-il, qu hurlerait-il ? Que pourrait-il dire ? » (p.68)

« Cette nuit, j’ai pensé à tout le pétrole que j’ai déversé depuiss dix ans. Et j’ai pensé aux livres. Et pour la première fois je me suis rendu compte que derrière chacun de ces livres, il y avait un homme. Un homme qui les avait conçus. Un homme qui avait mis du temps pour les écrire. Jamais cette idée ne m’était venue ». ( p.79)

A bientôt pour une autre découverte !

Article précédemment sur Canalblog

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