Sable Bleu

Yves Grevet

Éditions Syros, Hors collection, 26 août 2021, 331 p., 16,95 €

Chronique jeunesse du mercredi

Rentrée littéraire 2021

4e de couv. :

Tess ose à peine y croire : le monde va mieux. La Terre respire depuis qu’une étrange bactérie a contaminé les gisements de pétrole. Et puis il y a ces médicaments, ces aliments nocifs qui disparaissent inexplicablement des magasins. Des hackers de génie à tendance écolo seraient-ils à l’origine de ces phénomènes ? À plusieurs reprises, Tess sent des présences autour d’elle, des frôlements, et se demande si la réponse n’est pas à chercher ailleurs. Alors que la police s’intéresse à son cas, des jeunes gens se mettent à disparaître eux aussi.

Mes impressions de lecture :

Yves Grevet nous présente à nouveau un personnage fort qui n’hésite pas à affronter les épreuves de la vie malgré son jeune âge (16 ans).

Je ne voudrais pas dévoiler l’intrigue mais on peut dire que Tess est le pivot de cette histoire. Il y a plusieurs trames et à chaque fois elle fait la jonction. D’ailleurs, elle se fait tout de suite repérer que ce soit au niveau politique, amoureux ou mystère.

On la découvre dans le cercle familial,  le cercle amical, le cercle intime, le cercle activiste et le cercle mystère. A chaque fois elle doit accepter sa différence et se dépasser et la revendiquer.

A chaque cercle un secret, un mystère… des non dits.

Tout s’enchaîne en fonction de ce qu’elle est, de qui elle est, que ce soit les choix de ses activités et de ses convictions… et on aura la solution qu’à la fin même si on en devine les grandes lignes avant.

Tess n’a pas choisi la voie la plus facile pour avancer dans la vie et devenir adulte. Mais a-t-elle vraiment choisi  ou est-ce que c’est son destin ?

J’ai associé le titre (exotique et intriguant) avec le personnage et je me suis demandé si Tess n’était pas le petit grain de sable qui allait tout en rayer.

Yves Grevet a su jouer avec les variations d’intensités dans une vaste palette d’émotions qui fait vibrer le lecteur.

Il est très difficile pour moi de parler de ce roman qu’on dévore, car je suis allée de surprise en surprises et je voudrai que vous aussi vous puissiez expérimenter cette sensation avec ce page turner qui enchaine les rebondissements.

Ce roman aborde de nombreux sujets très actuels avec des sujets qui n’auraient pas été abordé aussi clairement il y a une dizaine d’années en littérature jeunesse.

Il est beaucoup d’identité dans tous les sens du terme. Yves Grevet en explore plusieurs facettes de ce questionnement important à l’adolescence.

La partie « fantastique » ou futuriste explore plusieurs possibilités.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance

Qui en parle ?

Jangelis ?

NB :

un roman en appelle d’autres, j’ai pensé à plusieurs histoires, en voici quelques exemples

« TerreS » Carina Rozenfeld

« La fille du Futur » Nathalie Stragier

« La fille des manifs » isabelle Collombat

CornichonX

Yves Grevet

Editions Syros, Collection OZ, 25 juin 2020, 192 p., 9,95 €

Mes Lectures Syros

4e de couv. :

Et si un bocal de cornichons pouvait répondre à toutes vos questions ? Croquez et demandez ! 

Angélina a deux problèmes : 1- elle est la plus petite de sa classe ; 2- ses parents sont super sympas, mais ils passent leur temps à s’amuser et à rigoler. Une nuit, des voix mystérieuses attirent Angélina dans la cuisine. Il semblerait qu’un petit bocal de cornichons puisse l’aider… Enfin, de cornichonx !

Ma chronique :

Ah l’adolescence ! période de tous les questionnements, d’où je viens et vais-je ? Et mais c’est quoi ces parents ?!!!!

Yves Grevet nous emporte dans une histoire très touchante. Si de prime à bord on part sur du loufoque c’est quelque chose de plus profond qui fait réfléchir.

On va découvrir des parents très aimants que ce soit ceux de Angelina ou la maman de Martial, qui on essayé de créer un environnement tourné vers le bien être des enfants, et pourtant Angelina et M ne vont pas le vivre de la même façon.

Les adolescents portent un regard critique sur leurs parents jusqu’au moment où ils comprennent le pourquoi du comment. Action réaction les parents l’obligent pratiquement à ne manger que du sucré et quand on lui demande quel métier elle voudrait exercer plus tard, la première idée qui lui vient c’est dentiste !

Angelina est en sixième et elle se pose des questions d’adolescente que ce soit sur son corps ou sur ses émotions. La normalité… avec des parents qui semblent bloqué dans la pré-adolescence et elle qui veut grandir ce n’est pas très facile.

Heureusement il y a l’amitié que ce soit Sara ou celle de Claire. Claire la marraine l’amie de toujours de la maman d’Angelina qui connaît toute l’histoire, celle qui permet d’avoir un regard adulte sans avoir le rôle de mère, elle rééquilibre les choses.

L’importance de « la normalité » chez les collégiens. Angelina va réaliser grâce à des rencontres et à des conversations qu’elle n’est pas la seule à stresser et vivre avec des angoisses liées à tous ces changements ou prises de consciences face à l’avenir.

Le « ressort fantastique » des « cornichonX » va détendre l’atmosphère et dédramatiser tout cela grâce à l’amour et aux réponses découvertes. On va rire de la voir passer de la stupéfaction, au doute, et acceptation. Le côté drôle et rehaussé par le côté inquiétant des passages où les cornichons parlent et attirent leur proie ! (j’avoue que la lecture du « Matou Watson » juste avant m’a fait penser à autre chose !)

L’humour est important aborder des questionnements aussi importants.

Je remercie les Editions Syros de leur confiance

Article précédemment publié sur Canalblog

Qui en parle ?

Jangelis

Meto

Yves Grevet

Éditions Syros, Editions collector 10 ans,  oct 2018, 885 p. (+ illustrations), 26,95€

Existe en poche chez PKJ et en BD

Mes lectures Syros

meto intégrale

4e de couv.

Soixante-quatre enfants vivent coupés du monde, dans une grande maison. Chacun d’eux sait qu’il devra en partir lorsqu’il aura trop grandi. Mais qu’y a-t-il après la Maison ?

Anecdote de lectrice :

Je suis actuellement en train de lire en littérature adulte « La Piste des Cendres » d’Emmanuel Chastellière et lui aussi pose la problématique du « nom » donné par la mère et le nom donné par une « société », ainsi que l’absence de la mère et de toute figure maternelle. Un autre sujet commun appartenance à un groupe…

Ma chronique :

Il s’agit de l’intégrale sortie pour les dix ans de « METO ». Non je ne suis pas en retard…

J’ai adoré Nox, Koridwen, Contagion, La fille qui sentait les orages… La liste est longue je vous laisse découvrir sur mon blog les différentes chroniques…

Nous sommes en confinement et j’ai décidé de me faire plaisir alors je pioche au gré de mes envies dans ma Pal (urgente et géante). L’autre jour j’ai voulu proposer un livre à mon ado alors j’ai pioché dans les jeunesses… finalement c’est moi qui me suis plongé dans cette aventure.

Je viens de dévorer le premier tome qui traite d’un confinement accepté… Nous allons donc être dans un milieu clos où l’on élève 64 enfants « mâles »… Ils sont divisés en quatre sections… Méto fait partie de la dernière celle de ceux qui vont finir leur cycle de vie… que ce passe t-il avant et après leur arrivé nul ne le sait.

Il n’y a aucune présence féminine, aucune représentation… il n’y a pas de famille et toute la terminologie autour de cette thématique leur est inconnue. La sexualité n’est évoquée que dans les cours sur la reproduction animale nécessaire pour ceux qui devront un jour s’occuper des élevages.

Tout est chronométré, bridé, contrôlé… Tout est basé sur la peur et  la douleur. Nous avons un groupe où la méfiance est de rigueur. Un monde de violence contenu à grand renfort de sport et frustrations.

Méto semble avoir accepté cette vie, même s’il y a une part de lui qui se pose des questions, observe et réfléchi. L’histoire donc au moment où il devine qu’il lui reste entre 3 et 6 mois avant sa sortie de la maison. Il a su attirer les bonnes personnes, il est apprécié pour ces qualités de déduction et de négociation…

Une suite de petits incidents va venir modifier le cours des événements et il va devoir faire des choix. A trop cogiter il va voir des choses et il va faire partie des meneurs… C’est subtilement amené pour que le lecteur apprenne petit à petit le fonctionnement de la « maison », mais on ne sait toujours pas le but d’une telle organisation.

Le premier tome s’achève avec l’ouverture vers l’inconnu …

Tome 2

Le passage souterrain, la terre, les odeurs, le sang, la douleur … Est-ce une renaissance, un passage de l’enfant à l’adulte ? Bien qu’il se retrouve à l’extérieur de la maison il est encore pendant un moment confiné dans un lieu de transition.

La confrontation à d’autres groupes, d’autres règles ne va pas se faire sans heurts ni souffrances.

Il a été conditionné depuis son enfance, il doit faire des efforts pour s’adapter. Pour certains de ces compagnons c’est bien plus difficile.

Nouvelles rencontres, nouvelles découvertes… Confrontation avec le monde adulte…

Ce tome deux se présente comme une nouvelle étape vers l’émancipation…

Le troisième tome se nomme : le monde et je suppose que l’ouverture cette fois-ci sera complète… je préfère écrire cette chronique avant la fin de ma lecture pour ne pas divulgâcher et vous laisser en plein suspens. Car je suppose qu’on aura toutes les réponses à nos questions.

Encore  une histoire forte en émotions qui vous reste dans la tête… Nox et #U4 sont encore très présents dans ma tête…

La manière de raconter d’Yves Grevet nous emporte une nouvelle fois dans un univers particulier où tout n’est pas rose pour les adolescents.

Je remercie les Editions Syros de leur confiance.

Comment mon père est mort deux fois

Yves Grevet

Éditions Syros, 7 mars 2019, 350 p., 16,95 €

Mes lectures Syros

Ce printemps le journal intime semble être une thématique importante des éditions Syros. Il y a le troisième volume de « La vie selon Pippa », la collection Tip Tongue qui invite les lecteurs à écrire leur journal en anglais, et voici que Yves Grevet fait parler un de ses personnages à travers ses écrits de jeunesse, un journal intime d’un aspirant écrivain. Peut-être y a-t-il encore d’autres variantes de ce genre littéraire que je n’ai pas vu.

4e de couv. :

Alors que son père vient de trouver la mort sur la route du piton Maïdo, à la Réunion, Soën est miné par de terribles doutes. Pourquoi des policiers ont-ils fait le voyage depuis Paris pour enquêter sur les circonstances du décès ? Pourquoi son père avait-il menti à tous sur l’existence de sa propre famille en métropole ? Pour comprendre, Soën va suivre la seule piste dont il dispose, celle d’événements survenus en Turquie trente ans plus tôt…

Ma Chronique :

J’ai découvert cet auteur depuis quelques années et c’est toujours avec impatience et curiosité que j’attends son prochain opus. Quelle joie de lire ce roman en avant-première. Chacun de ses romans est une rencontre avec un genre et avec des personnages attachants.

Nous voici parti pour la Réunion (2017) mais aussi la Turquie en 1984-1985 et  la métropole. Les différents lieux géographiques ont leurs spécificités qui donne un plus à l’histoire. Espace et temps ont une place  importante. On a deux jeunesses, celle du père et celle du fils. L’une à travers le journal intime et l’autre actuelle en train de se dérouler, ainsi que des lettres.

Le journal intime est une forme qui me plait beaucoup en littérature ainsi que la forme épistolaire. Ce témoignage « subjectif » de la vie du personnage nous permet d’imaginer le personnage de l’intérieur et non pas par le regard des autres.

Le personnage d’Yvon me rappelle bien des choses, car j’étais adolescente en 1984. Pour les jeunes lecteurs il y a des choses qu’ils vont peut-être découvrir comme par exemple cette histoire de « service militaire » pour les jeunes hommes, une plaie pour certains et pour d’autres une façon de sortir de chez eux, et puis il y avait la possibilité de faire de la coopération, une ouverture sur le monde.

Si on se met du côté du fils, adolescent à la Réunion ont est dans les émotions puisqu’il perd son père et découvre tout un pan de sa vie. L’aspect trahison que comporte ce mensonge est vite balayé par les raisons qui sont invoqués.

J’ai trouvé très intéressant de raconter ce qui se passe autour de la mort d’un être cher et de l’importance de la famille comme soutien. La famille qui accompagne les vivants et le mort. C’est très chaleureux, enveloppant. Le père faisait partie d’un « clan », il avait une place reconnue dans la société et dans cette famille. J’ai bien aimé aussi le fait de ne pas éluder le chagrin et les larmes.

L’amitié, c’est le cercle plus élargie de la famille. Pouvoir partager ses questionnements et ses émotions va permettre à Soën d’aller de l’avant et de rechercher plus loin. Il est bouleversé par la perte de son père et il est perturbé par les découvertes.

C’est un roman qui remet en question l’identité. Sommes-nous un nom ? Nous identifions nous par rapport à ce que nos parents nous transmettent de leur histoire ?

L’aspect « enquête » je vous laisse le découvrir car trop vous en dire car je ne veux pas vous dévoiler ce qu’il va découvrir.

C’est un roman jeunesse que je trouve original. Le roman d’espionnage n’est pas beaucoup proposé aux ados. C’est un roman que je conseille aux parents qui ont envie de se replonger dans les années 80.  Je sens que certains adolescents vont aller poser des questions à leurs parents sur leur jeunesse.

Ce fut un plaisir pour moi de revoir des scènes qui m’ont rappelé un séjour dans des familles réunionnaises.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance et à  Yves Grevet pour son intrigue et pour sa dédicace.

Article précédemment publié sur Canalblog

Grupp

Yves Grevet

Éditions Syros, 31 Août 2017, 528 p., 17,95 €

Mes lectures Syros

Challenge rentrée littéraire 2017

4e de couv. :

Mettez-vous à la place de Stan : grâce à l’implant LongLife, comme tous ses amis et ses proches, il ne craint ni la maladie ni les accidents et peut atteindre l’âge de cent ans en menant une petite vie tranquille. Est-ce que ça ne donne pas envie ? Maintenant, essayez de penser comme Scott, le grand frère de Stan : voulez-vous vraiment que vos battements de cœur soient contrôlés à tout instant ? Vous sentir traité comme un être irresponsable, fragile, et que l’on décide à votre place ce qui est bon pour vous ?Si la liberté et la part du hasard valent plus à vos yeux que votre sécurité, faites-le savoir. Rejoignez le Grupp.

Mon Billet :

Dès que vous commencez un roman de Yves Grevet, vous plongez directement dans un univers particulier. Il a l’art de créer une société, une famille, avec ses codes et sa hiérarchie. Vous êtes au cœur de l’histoire en quelques paragraphes.

Grupp a créé une société qui pousse au secret et à la dissimulation. Un lieu où l’on cherche à se rendre invisible et indétectable par les autorités. Car les autorités se sont des humains qui peuvent vous surveiller, vous contrôler et vous manipuler… Les implants sont différents de ceux utilisés dans le roman de Carina Rozenfeld « EVE ».

La famille, c’est la base de départ. Parents et enfants chacun a sa place, son rôle à jouer. On se retrouve au point de bascule entre l’harmonie et de déséquilibre. Ici ce moment charnière c’est quand Scott, le fis aîné est arrêté. Tout le monde tombe des nues. Le voilà accusé d’être un des membres dirigeant du GRUPP, un réseau de jeunes rebelles.

Et c’est comme si on ouvrait les yeux de Stan son cadet de 3 ans. Et au fur et à mesure qu’il gratte le vernis de ce qui l’entoure plus il découvre des choses.

Il y a un effet de balancier plus l’aîné est coupé du monde dans sa cellule  plus Stan s’ouvre aux autres et élargie son champs d’investigation. C’est un éveil à la conscience politique, un chemin initiatique qu’il va devoir faire avec des gens de son âge. Le lecteur découvre ainsi le monde qui l’entoure.

Pendant ce temps Sol son meilleur ami qui le seconde, essai de découvrir les jeux de l’amour. Il va aussi faire des découvertes dans le monde de Longlife.

Il est question de corps aussi. Sol et son problème de croissance, les ancêtres qui deviennent grabataires,  la jeunesse qui cherche ses limites hors contrôle.

L’histoire se compose de trois parties avec les dates qui nous permettent de nous situer.

Dans la première partie Stan collégien nous fait vivre son enfer à son niveau. C’est un collégien en quête de vérité.  C’est préoccupations c’était de suivre en cours, de faire se qu’on lui demandait, les copains.  Et tout à coup le voilà dans une situation plus tendue, il est plus surveillé par les autorités.

Il va chercher des pistes et trouver la force d’entreprendre cette aventure auprès de Lottie et Sol. Mais le danger rôde avec un group non identifié et violent qui lui tourne autour. Il doit tout faire pour se contrôler pour ne pas alerter les autorités à travers son implant.

La première partie se termine sur un cliffhanger et avec des zones d’ombre.

La deuxième partie c’est Scott qui nous raconte. C’est bien plus que son point de vue. Il est lycéen est ne vit pas dans le même milieu, il ne voit pas la vie de la même façon. On va découvrir d’autres facettes de cette société. De plus il va passer par la case prison et découvrir le milieu carcéral. Soit disant LongLife est là pour qu’il n’y ait plus de crimes.

On va vivre d’autres expériences découvrir d’autres points de vue.

Dans la troisième partie la parole est donnée à d’autres personnages et c’est ce qui permettra de conclure cette histoire et ouvrir de nouvelles perspectives à la jeunesse de ce pays. On va aussi sortir du périmètre de sécurité. Ils vont nous parler d’autres aspects du pouvoir de longlife…

Les trois parties sont de longueurs  différentes puisque dans la première partie (la plus longue) nous avons beaucoup d’informations qu’il n’est pas nécessaire de reprendre certaines choses.

Je vous laisse découvrir tous les rebondissements … car la troisième partie est encore plus dans l’action et il ne faudrait pas tout vous dévoiler.

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

Je suis super heureuse d’avoir lu cette histoire en avant-première et maintenant je vais attendre vos réactions et qu’Yves Grevet publie un nouveau roman !

challenge2017b

article précédemment publié sur Canalblog

L’accident

Yves Grevet

Éditions Syros, collection Soon, sept. 2016, 5€

Mes lectures Syros

4e de couv. :

Fantine a un secret. Chaque jour, elle prend un plaisir fou à dévaler à toute allure, sur son vélo, la route de campagne déserte qui mène au collège. Mais ce vendredi-là, elle manque de percuter le tracteur du vieux Jeanjean et atterrit dans le fossé. Fantine s’en sort bien, rien de cassé ! Pourtant, à partir de cet instant, elle ressent une présence invisible jour et nuit à côté d’elle…

Mon Billet

J’adore la collection Soon, pour ses thématiques et certainement aussi pour ces auteurs. Le format poche assez bref, environ 125 pages, c’est comme une récréation pour l’adulte que je suis et je pense que c’est un bon format pour les jeunes lecteurs (+/- 10 ans) qui ne se sentent pas de lire des pavés c’est une belle initiation à l’univers de la SF.

Cette « histoire du futur » explore la thématique du voyage dans le temps et ses conséquences, sans théories trop ardues. La couverture montre bien les deux temps forts de l’intrigue.

Ce roman se compose de deux parties. Dans la première notre jeunes héroïne une collégienne  de 15 ans va vivre des événements particuliers qu’elle ne comprend pas puisqu’elle n’a pas touts les éléments en main. Il y a une ambiance de suspens. On est à la campagne  c’est l’automne les journées se font plus courtes. Un accident et des sensations étranges en rentrant chez elle, tout le monde peut s’identifier à c’est frayeurs. Heureusement il y a aussi de l’humour notamment avec le brave père Jeanjean qui va mettre ça sur le compte de l’alcool… On a tous un personnage comme ça dans son village ! Je n’ai pas pu m’empêcher de voir une référence à « La soupe au choux » mais peut-être que j’extrapole…

Dans la deuxième partie Fantine est au deuxième plan, on va suivre Nock,  17 ans qui va essayer de réparer les dégâts causés par un adulte. Bon ça ne va pas être aussi facile qu’il l’imagine, trop de paramètres et d’aléas. On a aussi un léger aperçu de cette société future assez aseptisée et  autoritaire.

Au-delà de l’intrigue futuriste, on retrouve des thématiques liées à l’adolescence : la famille, amis, amour  et musique. La musique qui en soit est un véritable voyage dans le temps. On peut écouter des vieilles chansons enregistrées et écouter des musiques avant-gardistes. Et là je dis merci à Youtube où je suis allé retrouver des vidéos de Alvin Lee un chanteur des années 60-80. Je me suis rendu compte que je connaissais certaines de ces chansons sans voir qu’elles étaient de lui. Je suppose que le gamins vont faire comme moi à moins d’avoir un parent fan comme le père de Fantine.

Ce que j’aime chez Yves Grevet, c’est les jeux avec les noms. C’est peut-être parce que j’ai lu « Nox » où les noms on une valeur, que cela a attiré mon attention.

Fantine, prénom qui pour moi est lié au passé, puisque c’est le nom de la mère de Cosette dans « Les misérables » de Victor Hugo. Et Nock au lieu de Nick cela me fait penser au futur.

Ce qui m’a aussi frappé, c’est le fait que dans la deuxième partie, on a un personnage derrière son clavier qui essayé de contrôler les événements un peu comme un auteur qui joue aux marionnettes avec ses personnages. Et si ces créations prenaient des initiatives, lui aussi devrait rattraper leurs bourdes ? mais c’est un autre sujet…

La fin du roman est une vraie conclusion, ce qui laisse le lecteur avec un sourire…

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

Voilà ce que ça donne lorsque je m’amuse avec mes livres sur le net

accident compo

Article précédemment publié sur Canalblog

Florimond à la recherche du Oxford Treasure

Yves Grevet

Éditions Syros, 2016, 73 p., 6,20 €

Mes lectures  Syros

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Florimond est très angoissé à l’idée d’aller passer une semaine à Oxford sans ses parents. Heureusement, durant le trajet en Eurostar, il fait la connaissance de Youri, qui va à Oxford comme lui, et qui est très impatient ! Youri est en effet persuadé que la chapelle de la célèbre université dissimule un trésor…

Mon Billet

Je voulais découvrir la collection Tip Tongue des Editions Syros et quoi de mieux que de commencer avec un roman d’Yves Grevet !

L’histoire est assez simple. Florimond n’est pas bon en anglais, il part faire un voyage scolaire. Il va se retrouver en immersion, enfin presque puisqu’il va trouver un copain qui parle français… Il va faire les bonnes rencontres et va réaliser que finalement il peut comprendre l’anglais de base (moi aussi d’ailleurs !). Il est question d’amitié et d’une énigme.

Les phrases en anglais apparaissent d’abord suivies d’une traduction puis petit à petit Florimond(et donc le lecteur) va tâtonner pour découvrir le vocabulaire. La solution n’apparaît as de manière scolaire mais grâce à la conversation. Puis, les deux langues vont s’entremêler jusqu’à passer pour quelques phrases qui s’entrecroisent. C’est peut-être un bon moyen pour encourager les jeunes élèves. Moi dont l’anglais remonte au siècle dernier cela m’a amusé de me rendre compte que je n’avais pas encore tout perdu ! C’est une bonne idée… de plus c’est court alors pas besoin d’être un gros lecteur. Je me demande si cette collection est utilisée au collège ??? Elle existe dans d’autres langues…

On peut écouter la version audio sur le site (une question sur le livre est posée pour y avoir accès)… c’est un petit plus ! ici

Je remercie les Editions Syros pour cette découverte.

Article précédemment publié sur Canalblog

Nox

Yves Grevet

Éditions Syros, Intégrale oct. 2015 (t 1 2012 ; t2 2013), 846 p., 24,90€

nox

4e de couv. :

Une ville basse enveloppée d’un brouillard opaque, plongée dans l’obscurité. Des hommes contraints de marcher sans cesse pour produire de la lumière. Un héros qui se bat pour vivre auprès de celle qu’il aime. Des amis d’enfance qui s’engagent dans des camps adverses. Une jeune fille qui vit dans la lumière, à la recherche de la femme qui l’a élevée.

Anecdote :

J’ai découvert les écrits d’Yves Grevet avec « Celle qui sentait venir l’orage » puis avec « .Koridwen » et c’était avec curiosité que je voulais découvrir des écrits antérieurs. Grâce à cette réédition sous forme d’intégrale j’ai encore été emportée dans les aventures de jeunes gens en quête d’avenir. Prochaine étape ? Dans ma wish list il y a « METO »

Plus de 800 pages qui se lisent sans dormir 😉

Ma Chronique :

En début de livre nous avons un porte folio avec des magnifiques illustrations et des photos d’une lecture musicale. C’est le petit plus de l’éditions intégrale.

L’histoire débute à un moment clé de la vie d’une bande d’adolescents. Chacun semble voué à un destin différent et prédéterminé. Les amitiés d’enfances ne sont pas compatibles. Certains vont avoir 17 ans l’âge critique.

Ils vivent dans une société très hiérarchisé. Il y a ceux qui adhérent complètement, ceux qui se veulent neutre et ceux qui se mettent du côté de la rébellion. Mais au fil de l’histoire ils vont se rendre compte qu’ils ne sont pas vraiment fait pour ce pourquoi ils sont programmés.

Dans la ville basse sous le nuage toxique qui masque la lumière vivent des gens que l’on maintient dans l’obscurité physique et mentale.

Au-delà des choix de vie il y a la naissance de la conscience politique.

Dans la ville du haut le soleil brille et l’on cache autant que possible ce qui se passe sous le Nox. Il y a évidemment un effet miroir entre la jeunesse du haut et celle du bas. Mais pas de manichéisme tout n’est pas beau en haut et laid en bas ! En fonction de leur lieu de naissance ils n’auront pas les même priorités.

Le premier roman mets surtout en scène la lutte face à la famille. La confiance qui devrait être naturelle entre parents et enfant va être mise à rude épreuve. Certains vont être rejetés pour des raisons différentes d’autres vont être couverts et protégés et gardés sous la coupe de l’autorité.

La manipulation par les adultes vient tout fausser. Les parents vont leur demander de passer des épreuves qui vont bouleverser leur vie et leur façon de voir leur existence… et perdre leur innocence.

Comme on se doute la frontière entre la ville du haut et celle d’en-bas est poreuse et des relations vont naître.

Les deux lieux de vie vont nous être décrits à travers les récits de trois personnages : Lucen, Gerges et Ludmilla. La construction des deux univers est faite autant topographiquement que moralement. J’ai bien aimé le travail sur la langue.

Lucen est un anti-héros sur qui le destin va s’acharner. A bien y regarder ils vont tous subir des coups du sort.

Le premier tome s’achève avec des personnages bien abîmés par la vie. La mort a fait son œuvre. Tout ce petit monde va se retrouvé éclaté.

Le deuxième tome va introduire une nouvelle voix celle de Fermie que l’on avait eue que de façon indirecte. On va découvrir de nouveaux lieux et une ouverture vers autre ailleurs.

Les adolescents subissent les conséquences des choix fait dans le premier tome.

De nouvelles rencontres viennent consolider les liens entre certains et détruire d’autres.

Les personnages sont plus ou moins attachants, parfois on a envie de leur donner des baffes à d’autre moment on voudrait les aider en les avertissant. Lucen a l’art de se mettre dans la mélasse.

Les personnages ont suivi à peu près la trajectoire que l’on voyait se dessiner au début, par contre il y a un personnage dont j’imaginais qu’il se développerait autrement. Fermie ne révèle pas être celle que j’entrevoyais au début.

L’histoire se termine vraiment … mais on aurait envie de continuer suivre ses personnages et leurs descendants.

On les aura accompagnés dans la révolte, l’entraide et la survie mais aussi dans la souffrance et le désespoir.

La famille est au centre de toutes les histoires.  Mais qui dit famille dit amour, naissance et espérance.

Je n’en dis pas plus pour vous laisser surprendre par les rebondissements.

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

Celle qui sentait venir l’orage

Yves Grevet

Editions Syros, 2015, 395 p., 16,90 €

Mes lectures Syros

4e de couv :

1897, au nord-est de l’Italie. Frida, une adolescente de quinze ans, fuit sa région natale en diligence. Ses parents, qu’on accuse de crimes odieux, ont été pendus deux jours plus tôt. La foule réclame à présent la tête de celle qu’on surnomme « la fille des démons ». Frida espère pouvoir trouver refuge dans la demeure du docteur Grüber, à Bologne, un médecin réputé qui semble fasciné par son cas.

Ma chronique :

Quelle superbe couverture avec ce profil avec des éléments clés en ombre chinoise, avec ces taches d’encre qui laissent planer bien des mystères.

Ce roman jeunesse mets l’accent sur des superstitions et des théories qui font froid dans le dos. Mais, qui pourraient refaire surface en période de crise.

L’homme a tendance à stigmatiser les populations qui sortent de la norme et à y projeter des peurs.

Dans cette région d’Italie, une route traverse des marécages où seule vie une famille. Du brouillard et des accidents causent des disparitions de diligences. La rumeur se propage que l’origine de ces pertes est l’œuvre d’un couple et leur fille. Il est facile à deviner que les choses vont tourner mal pour ces trois là… Mais c’est bien plus complexe que ce qu’il y paraît.

Yves Grevet nous emporte dans les mésaventures de Frida, mais par petites touches il dose le suspens qui donne à l’intrigue toute sa saveur et qui tiens en haleine le lecteur.

On voit les mécanismes que depuis la simple rumeur on monte l’opinion publique contre des gens. On y voit le paradoxe avec cette foule assoiffée de sang qui s’en repaît à loisir parce que la justice à mis au pilori des bouc émissaires que l’on dit suppôt de Satan. Mais qui l’ai vraiment.

La pauvre Frida qui depuis toute petite est le souffre douleur silencieux va découvrir qu’il n’y a pas de limite à l’horreur. On la voit cernée par les ombres et plus on avance plus elle sombre dans les pièges qui jalonnent son parcours. Va-t-elle s’en sortir ? Va-t-elle réhabiliter la mémoire de ses parents ?

Les codes de l’honneur et de l’amitié vont-ils être respectés ?

Qu’est ce qui est moral ou amoral, immoral dans toute cette histoire ?

Sous prétexte d’avancées techniques ou médicale qui ont tendance à généraliser  peut-on oublier l’humain qui est en face de nous?

Yves Grevet joue avec les masques de la respectabilité et des apparences dans la société si prompte à condamner. Et je ne parle pas de la place de la femme dans cette société !

C’est un roman qui se lit d’un trait ou la révolte du lecteur le pousse à connaître la fin de l’aventure.

Ce roman devrait être lu par certains adultes et  faire l’objet d’une lecture en collège !

Vous l’aurez compris ce roman m’a plu car il soulève beaucoup de questions de société.

Voilà un auteur dont j’aimerais lire d’autres romans !!!

Je remercie les Editions Syros de leur confiance.