la plaine étincelante

William Morris

Éditions Aux Forges de Vulcain, nov. 2017, 209 p., 19 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv. :

La fiancée de Gìtallègre est kidnappée. Le jeune homme s’élance à la poursuite des ravisseurs et pénètre alors dans la plaine étincelante, un royaume étrange, utopique, qui va être l’occasion pour William Morris, inventeur de la fantasy, de mêler ses trois passions, le moyen-âge, la magie et la politique, ce voyage se révélant être, à la fois, une aventure épique et une réflexion sur l’égalité et la liberté.

Mon billet :

Je continue mon exploration de l’univers de William Morris grâce aux nouvelles traductions publiées aux Forges de Vulcain.

Ce fut un nouveau plaisir de partir dans ces contrées lointaines ou l’imaginaire et la magie vous propulsent hors du temps historique.

J’ai tout d’abord apprécié la longueur du texte qui reste assez concis tout en ayant le temps de nous faire voyager avec son héros plus d’un an, de découvrir le monde…

Ce roman est une succession de péripéties qui mettent notre héros face à ces interrogations et aux épreuves de ce voyage initiatique. Avec beaucoup de scènes dignes des tableaux préraphaélites (voir la couverture du roman). Tout est beau, paradisiaque et dans la scène étincelante on atteint le summum. Il y a bien sûr son opposé avec le mal, les plaines désertiques, les côtes aux falaises escarpées et inhospitalières, vrai barrières à surmonter.

Les peuples sont organisés en maisons avec leurs spécificités, leur code de l’honneur. Échanges et alliances ou haines ancestrales. Soit vous êtes amis soit vous êtes ennemis, rien entre les deux.

La maison des Corbeaux (Gîtallegre) est liée à la maison des Roses (La Belle Otage). Cela permet des mariages et des échanges commerciaux.

La belle de Gîtallegre est enlevée avant son mariage. Pour quelles raisons ? La déshonorer ? contre rançon ? Une Vengeance ? ou pour d’autres épousailles ?  Créer des conflits politiques entre certaines maisons ? Nous découvrirons en même temps que notre héros.

Que fait le malheureux fiancé ? Il part sans réfléchir poursuivre le navire des ravisseurs. Sans aide, sans plan préétabli, sans moyen de communication…  Seul son amour et son honneur le guident et lui donnent les forces d’aller vers l’inconnu.

Et c’est là que débute son voyage initiatique. Lui dont l’avenir était tout tracé au sein de sa maison, le voilà  face à son destin.

Il va rencontrer des gens qui vont le tromper. Qu’elle leçon en tirera t-il ?

Il va voyager dans des contrées lointaines, chez ses ennemis. Il découvrira l’île de Rançon et ses étranges coutumes.  Comment s’en sortira t-il ?

Il rencontrera des gens qui lui veulent du bien et il accompagnera un vieillard dans la fabuleuse plaine étincelante dont il n’avait jamais entendu parler. Il va faire l’expérience de l’amitié à la vie à la mort. Et découvrir la magie.

Il va devoir faire des choix qui changeront sa vie. Choisir la facilité ou choisir l’affrontement.

Gîtallegre va faire l’expérience de « la mort » et pas qu’au sens symbolique. Et de la renaissance. Il va subir des tentations, de la chair ou de l’abandon de la vie, qui risquent de l’éloigner de sa grande Quête : « retrouver sa belle ». Est-il digne de cette quête ?

Il va à son tour jouer le rôle de passeur et sauver des vies et des âmes. En tendant la main il va  faire un choix.

Il va au cours de ses déplacements faire des rêves prémonitoires, des rêves qui ressemblent à des messages télépathiques ou des transes. Leur interprétation  dépend de ce qu’il a veut vraiment. Il en tirera une nouvelle  force.

Dans ce genre de voyage, il y a le risque de se perdre, de perdre ses valeurs, perdre courage, perdre son innocence… Choisir la facilité et profiter de la nouvelle vie qui se présente à lui ou continuer à lutter quitte à ne jamais atteindre son but.

Les Héros de William Morris sont des modèles de droiture, ils ne peuvent renoncer à leur quête première, leur cœur pur ne peut que faire changer les autres et les rendre meilleurs. Les ennemis valeureux ne peuvent que devenir des frères de sang.

Il serait intéressant de creuser la thématique du temps car elle est omniprésente.

J’ai adoré tout ce qui touche au monde onirique et à toute la symbolique autour des noms et des lieux.                                                                                                            

L’honneur, le courage et l’amour triompheront.

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain.

RL 2017

Le lac aux îles enchantées

William Morris

Aux Forges de Vulcain n°18, (1897), trad.2012, 463 p.

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT LIBFLY / AUX FORGES DE VULCAIN

4e de couv :

Petite-Grive est une jeune femme dont la grande beauté inspire la vénération. Elle échappe à la sorcière qui l’a tenue prisonnière toute son enfance et sillonne le lac aux îles enchantées sur un bateau magique qui se nourrit de son sang. Sur chaque île, elle découvre divers aspects de l’existence et se trouve bientôt embarquée dans une quête où demoiselles et chevaliers, magiciens et sorcières se côtoient.

Aidée par une fée protectrice, elle trouvera finalement l’amour, l’amitié et sa place dans le monde, au terme de ce touchant récit d’apprentissage et d’épanouissement féminin.

Ma chronique :

Lorsque je reçu le livre je le proposais à ma fille lectrice de fantasy. Sa première réaction, oh que ça a l’air mièvre ! Je lui répondis qu’il s’agissait un livre du XIX siècle qui sans des histoires comme celle-ci la fantasy n’existerais pas. Une fois lu ce conte, je peux dire qu’il faut le lire avec un certain regard. j’ai pris grand plaisir à suivre les aventures de cette Petite-Grive. J’imagine les jeunes filles lire ce roman à sa sortie.
J’ai été étonnée de voir cette jeune fille qui voyage nue vierge et innocente qui va être protégée par des jeunes filles très douces. Ce conte initiatique nous montre cette jeune fille comme si elle renaissait, nue comme un nourrisson. A partir de là sa vie va changer.
J’ai beaucoup apprécié les petits chapitres tel de petits feuilletons, très structurés. J’imagine la lenteur de la lecture, du temps où les jeunes femmes ne pouvaient se procurer beaucoup de livres et où elles commentaient les événements, alors que pour moi cela a excité à lire plus vite, pour savoir ce que l’auteur va lui faire subir…
J’ai apprécié cette lecture avec tous les ressorts du conte avec les personnages classiques et une langue très fluide, avec le rythme qui sied à ce genre littéraire. Les lieux sont très typiques des codes du conte dans lesquels j’ai plongé.
Une grande place est accordé à l’esthétisme la beauté est omniprésente autant dans les personnages que dans les paysages. la laideur est repoussée.

Citation :

« À la fin du repas, ils remontèrent en selle et continuèrent leur chemin. La route était de plus en plus facile, le passage de plus en plus large, et les falaises de plus en plus basses et de plus en plus déchiquetées. Enfin le sentier amorça une descente abrupte puis se heurta à une épaisse futaie de charmes et de houx. Le chevalier ne ralentit pas et pénétra en ces buissons, se frayant un chemin entre les branches. Les arbres poussaient serrés les uns contre les autres, et la durée d’une heure entière ils ne virent la lumière du soleil. Ils avançaient avec peine entre les troncs enchevêtrés comme en un labyrinthe.

Enfin le bois s’éclaircit, et une lueur blanche apparut entre les fûts. Petite-Grive crut entendre le bruit d’une cascade, puis elle en fut certaine.

-Patience ma Dame, dit le chevalier. Nous sommes presque arrivé. » […]

Pensez ce que vous voudrez mais il y a un joli travail d’écriture à double sens de lecture… cela devait émoustiller certains lecteurs…


C’est avec curiosité que j’essaierais de lire d’autres romans de cet auteur.
Je remercie et les éditions aux forges de Vulcain pour ce partenariat découverte.

un vrai plaisir que ce bond dans le temps.

challe100

64/100

Article précédemment publié sur Canalblog