Nos passés imparfaits

Danielle Rollins

Trad. Christophe Rosson

Éditions Michel Lafon, 6 fév 2020, 400 p, 17,95 €

Mes lectures Michel Lafon

4e de couv. :

Dorothy est piégée et prête à tout pour échapper au mariage arrangé par sa mère. Y compris s’enfuir et embarquer clandestinement à bord d’un étrange vaisseau.
Mais en faisant la connaissance du jeune et mystérieux Ash, la jeune fille est loin de se douter qu’elle va atterrir dans un futur déchiré par les catastrophes naturelles et la guerre civile.
Un futur dans lequel Ash a une mission des plus cruciales : remonter le temps et retrouver le Professeur, son mentor, afin d’empêcher le monde de sombrer dans le chaos.
Ce que Dorothy ignore, c’est qu’en fuyant son tragique destin, c’est celui de l’humanité entière qu’elle vient de changer…

Ma chronique :

Ce livre m’a attiré dès que j’ai vu la couverture avec cette femme qui semble en suspension ou en chute libre, les couleurs bleu nuit et argenté brillant sont une première entrée dans le monde onirique, imaginaire. Ainsi  que le titre avec une typographie qui fait penser justement à une autre époque. Bien entendu la quatrième de couverture laisse présager des aventures fantastiques.

 Les voyages dans le temps et les machines à remonter le temps font parti des sujets sf qui m’intriguent. Je n’ai pourtant pas lu le roman de Wells… mais qui n’a jamais eu envie de faire un bond dans le passé pour rectifier quelques chose sans imaginer les effets en cascade que cela peut engendrer.

J’ai été très sensible au fait que l’autrice s’attache aux matières comme mieux mettre en oppositions avec l’immatériel. L’espace, la météo et les orages en particulier, les rêves, les souvenirs… face à l’exomatière, les métaux, les engins… Cela crée chez le lecteur (du moins pour moi) un contraste entre deux mondes, d’autant qu’il y a les personnages présents et les absents. Moi qui adore les thématiques autour des quatre éléments j’ai été gâtée.

Le roman se présente en quatre parties, de plus en plus courtes. J’ai aimé les citations en ouverture de chaque étape blanc sur fond noir.

Dans chaque partie nous allons suivre soit Dorothy, Ash ou les extraits du journal du professeur. C’est un joli travail d’écriture puisque pour chacun l’autrice a dû écrire d’une façon différente. Nous avons trois époques. Les chapitres avec Dorothy ou Ash sont à la troisième personne, le journal est évidemment à la première personne.

Les relations entre les différents personnages aux caractères biens trempés s’enrichissent au fur et à mesure des épreuves. On s’attache aux personnages et à leurs craintes, failles…

Les personnages nous entraînent dans leur quête personnelle. Et c’est avec impatience que j’attends la suite.

Je remercie les éditions Michel Lafon de leur confiance.

Qui en Parle ?

Jangelis

Nath Aely

Mylène

Article précédemment publié sur Canalblog

Ne ramenez JAMAIS une Fille du Futur chez vous (1)

Nathalie Stagier

Editions Syros, février 2016, 429 p., 16,90 €

 Mes lectures Syros

fille du futur

4e de couv. :

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous…
…  Parce que pour elle, votre monde ressemble au Moyen Âge
…  Parce qu’elle sera envahissante, agaçante, imprévisible
…  Mais surtout, parce qu’elle détient un secret terrible. Et c’est à vous qu’elle va le confier.

Ma chronique :

Ce roman fait partie des livres qui ont une histoire particulière dans ma vie de lectrice. J’aurais dû le lire à sa sortie mais il y a eu un petit souci de transport… donc après un voyage dans le temps il m’ai parvenu (deuxième envoi) et j’ai pu le lire.

Entrons dans le vif du sujet ce livre est présenté comme « une comédie à suspens », un petit voyage dans le temps, de la SF jeunesse… Des lectrices me l’avait chaudement recommandé j’étais donc dans de bonnes dispositions pour découvrir cette aventure. Une belle surprise ! Oups ! Je vais trop vite !

Dans une première partie Nathalie Stragier joue avec tous les codes des ados. On est bien dans tout ce qui les intéresse ou les préoccupe. La famille, un  sujet sensible à cette période de la vie. Le besoin de s’émanciper, de s’affirmer, de sortir du cadre familial, de voyager et tous les conflits qui en découlent.

L’adolescence et son monde des apparences où l’image que l’on renvoi influence les relations, codes vestimentaires et comportementaux, l’importance de la beauté, les signes extérieur de popularité. L’auteure va jusqu’à intégrer l’élément fondamental de ce monde lycéen : « le sèche-cheveux ». J’exagère, d’accord elle ne parle pas du lisseur… Tout ce qui touche à la pilosité est un sujet sensible pour les jeunes générations !

Ce roman parle des relations entre les deux sexes que ce soit l’attirance ou les inégalités, mais bien d’autres sujets.

La confrontation avec cette fille du futur donne lieu à des scènes cocasses et d’autres qui font réfléchir, mais le ton reste celui de la comédie.

Si l’histoire avait continué sur cette trajectoire, je vous aurez dit que c’est un roman jeunesse plaisant. Mais l’histoire va prendre un virage plus complexe. On va aborder des sujets assez graves et amener des questionnements qui demande réflexion.

C’est un roman qui aurait sa place dans un cours de philo, car Nathalie Stragier soulève des sujets classiques de la SF et sur les voyages dans le temps mais aussi des sujets plus centrés sur les choix et leurs conséquences. Je pense qu’il pourrait faire l’objet de discussions philosophiques. C’est un roman qui peut faire réfléchir sous couvert de légèreté.

Les tournures prises par cette histoire m’ont surprise et on donné au roman une autre dimension, un autre intérêt.

Les personnages sont bien campés sur leurs certitudes, c’est donc la confrontation avec l’autre et une façon différente de penser la société qu’ils vont devoir appréhender. C’est très intéressant et Nathalie Stragier a bien mis en place ses balises. Évidemment on attend de voir les modifications dans les modes de pensée des personnages. Ce qui tient en haleine, qui va changer ? Andrea et Pénélope qui n’arrêtent pas de se répéter qu’elles n’ont que seize ans et que les événements les dépassent. Elles sont un peu démunies face aux événements.

Au fait, la couverture ne correspond pas vraiment au personnage de Pénelope, grande blonde et frisée !

Par contre, j’attendais certains développements sur un autre sujet (dont je ne peux parler) qui n’a pas été exploré… Il le sera peut-être dans le prochain roman. Le lecteur prend parfois un brin de fil et essai de rembobiner en se créant son propre scénario… Je verrai bien si cette intrigue secondaire va être traitée ou abandonnée. D’où mon impatience de lire le prochain épisode.

Lorsque l’histoire se termine on reste dans une attente… Les personnages sont attachants et il reste des choses en suspens même si l’aventure semble achevée… presque frustrée…

C’est un roman qui est bien dans la ligne éditoriale des Éditions Syros, l’adolescence et la société.

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog