Ces liens qui nous enchaînent

Kent Haruf

Trad. Anouk Neuhoff

Éditions Robert Laffont, 2022, 331 p., 21 €

Mes lectures Robert Laffont

4e de couv. :

Colorado, janvier 1977. À l’hôpital où elle est alitée, Edith Goodnough, quatre-vingt-huit ans, reçoit la visite d’un officier de police. Elle est accusée de meurtre. Un sac d’aliments pour volaille éventré et un vieux chien attaché dehors un froid après-midi de décembre constituent les indices qui l’accablent. Ses mobiles ? La dureté du milieu agricole et une famille aussi impitoyable que la prairie en hiver.
Kent Haruf nous livre dans son premier roman, acclamé par la critique, l’histoire bouleversante d’une femme des Hautes Plaines à travers les mots de son voisin, Sanders Roscoe : une enfance marquée par les corvées, la mort d’une mère, la violence d’un père enchaîné à ses enfants. L’histoire d’une femme qui a sacrifié son bonheur à sa famille et qui, enfin, reprend sa liberté.

Mes impressions de lecture :

Me voilà une nouvelle fois, grâce au hasard de mes lectures, au début du XXe siècle. L’histoire débute en 1977 mais on va vite faire un bond en arrières pour découvrir les origines du drame familial. Ce roman a été publié en 1984 aux États Unis et ce n’est que maintenant qu’on peut le lire en français. Situer l’histoire en 1977 cela permet aussi de nous raconter cette partie de l’Histoire rurale avec des gens qui sont né avant 1900. Quand le livre est paru il y avait encore des gens qui avaient connu la vie telle que Kent Haruf nous la décrit.

J’ai découvert cet auteur il y a quelques années avec « Nos âmes la nuit » et déjà on était au Colorado dans une petite communauté où tout se sait, où tout le monde connaît la dur réalité.

Dans ce type de narration non seulement on découvre des personnages fictifs mais qui reflètent bien la population du lieu mais c’est aussi l’histoire du pays. L’origine de la population et ce que les gens on dû affronter pour survivre dans ces contrées arides.

Si c’est bien difficile pour les hommes pour les femmes c’est encore plus terrible. On le voit avec Ada, la mère, ses accouchements et toutes les tâches, puis avec Edith qui n’a pas son mot à dire pour l’avenir. Heureusement elle a un sacré caractère. Et on va en croiser d’autres des femmes fortes. Les femmes abandonnées ou veuves qui s’en sortent sont celles qui ont un fort caractère.

Ce que j’aime dans la façon de raconter de Kent Haruf, c’est qu’on visualise bien les situations quotidiennes. On est au plus près des personnages avec leurs particularités, leurs attitudes et leurs rêves. Oui, il reste encore de l’espoir au milieu de toute vie de labeur.

On revit chaque époque, chaque étape dans la vie d’Edith et des autres personnages.

On retrouve les lieux qui font partie de l’univers de Kent Haruf. On est près de Holt dans le Colorado.

Ce roman fait appel à toutes sortes d’ émotions fortes. Le lecteur fera parfois des bonds et aura envie que tel ou tel personnage se révolte. On est touché par certains personnages, souvent en souffrance et tenus par leur sens de l’honneur et du respect des règles de vie dans ce milieu.

Le roman commence en 1977 avec cette accusation, mais on passe vite à 1895 (date du Mariage du père et de la mère) pour comprendre l’origine du drame. L’ambiance est telle qu’on comprend tout de suite que ça ne va pas être une vie de bonheur qu’on va nous raconter.

Le fait que le narrateur soit un voisin, un descendant de la famille Roesco, qu’il prenne le ton du conteur : « Ce que je vais vous raconter, pour la majeur partie je le sais. Le reste, je ne le crois pas. ».

Le titre en français résume bien le propos de ce roman. « Ces liens qui nous enchaînent » sont de différents types et tous contribuent à façonner nos vies.

Je vous laisse découvrir toutes ses vies qui peuplent ce roman.

Je n’ai pas entendu parler de ce roman à sa sortie au printemps. Et vous l’aviez-vous repéré ? Lu ? Aimez-vous cet auteur ?

Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance.

Carnets du Nil Blanc

John Hopkins

Trad. Jean Esch

Éditions de la Table Ronde, La Petite Vermillon, 3 juin 2021, 250 p., 8,20 €

Mes Lectures de la Table Ronde

4e de couv. :

Tous deux fraîchement diplômés de Princeton, John et Joe sont davantage affamés de littérature que de nourritures terrestres, et ils ont la ferme intention de tourner le dos à tout ce qu’on attend d’eux aux États-Unis : un mariage, un bon job, une visite hebdomadaire aux parents. Ainsi s’embarquent- ils pour un long voyage qui les mènera de Munich à Nairobi sur une moto BMW immaculée, baptisée en l’honneur du périple : le Nil Blanc.
Objet littéraire singulier, ces carnets de voyage constituent un roman de formation itinérant. En même temps qu’ils arpentent champs de ruines gréco-romaines, villages de Bédouins ou capitales du tiers-monde, les deux amis font l’apprentissage de l’altérité, de la solitude, et, aussi, des inévitables désillusions au détour du chemin. L’opulente nature africaine est ici magnifiée sous une plume d’une fougue et d’une franchise irrésistibles qui ont le charme de ses vingt ans.

Mes impressions de lecture :

Être en train de lire avec plaisir un livre  qui reprend les souvenirs de l’auteur en 1961, lorsqu’il avait 23 ans et apprendre son décès à 82 ans cela fait bizarre. John Hopkins est mort en avril mais je ne l’ai réalisé que maintenant.

Ce livre est un piège à lecteur. Et c’est une des choses qui me plaisent dans ce type d’ouvrages. C’est un mélange de journal et de carnet de voyage. L’auteur raconte les fait marquants de ces journées et il note tous les livres lus ou dont on lui a parlé pendant des conversations. Alors si vous voulez des titres cultes d’avant 1961 vous aller être gâtés. J’avais l’impression de voir ma Pal qui prend la poussière … « la Montagne magique » Thomas Mann, « Lord Jim » Joseph Conrad etc.

J’avais beaucoup aimé son « Carnet d’Amérique du Sud (1972-1973) » Les sujets sont plus adultes que dans « Carnets du Nil Blanc ». Ici nous découvrons John Hopkins au début de son parcours d’écrivain voyageur. Déjà les femmes et l’amour, la création et sa soif de voyage.

On découvre au début du livre une photo de Joe et John et la fameuse moto. On va partir avec eux dans ce périple qui va les faire grandir. Ces jeunes gens, leurs idéaux et leur parcours. Les choix tant au point de vu du cheminement sur terre que mental.

À travers leurs itinéraires et leurs questionnements on découvre une époque et des faits historiques.

Il y a des lettres, petites annonces, et une carte pour bien visualiser… et Loustal à fait la couverture et un dessin.

Nous avons donc une variété de textes. Les souvenirs du jeune homme, ses réflexions la famille, sur ce qu’il a déjà vécu et ce qu’il vit. Ainsi que les réflexions plus existentielles sur les projets de vie et sur son développement émotionnel, spirituel et intellectuel.

Je le demande dans quelle mesure l’auteur a retravaillé ses carnets avant de les publier la première fois en 2012. Ce  carnet se lit comme un roman, avec les dates en plus … le journal permet d’insérer des digressions et une chronologie plus précise qui rythme le texte.

Ce qui m’a beaucoup intéressé c’est tout ce qui concerne la création littéraire et l’influence du vécu comme base de travail.

A travers ce « road movie » avec les aventures et mésaventures on découvre une époque et une certaine vision de la vie et du monde. Il y a des choses que l’on n’écrirait plus de nos jours.

Je vous souhaite un bon voyage.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

Invasion

Luke Rhinehart

Trad. Francis Guévremont

Éditions aux Forges de Vulcain, août 2018, 530 p., 22 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv. :

Des boules de poils intelligentes débarquent sur Terre. Venues d’un autre univers, elles n’ont d’autre but que de s’amuser. L’une d’entre elles, Louie, est adoptée par Billy Morton, un Américain moyen plein de bon sens. Quand les autorités décident de se saisir de ces bestioles, Billy et sa famille, échaudés par l’Amérique
contemporaine où ils se sentent de moins en moins à l’aise, prennent la tangente : peut-être que, finalement, la sagesse n’est pas du côté du pouvoir politique, mais du côté de cette anarchie sympathique, de cette libération improbable que cette invasion apporte.

Anecdote de lectrice :

Parfois un livre est plus qu’un objet que l’on tient dans la main, une histoire que l’on lit seul. C’est le cas de ce roman. Si vous suivez la maison d’édition Aux Forges de Vulcain sur les réseaux sociaux par exemple, vous remarquerez qu’elle est portée par son fondateur pour qui chaque livre publié est tout une aventure qu’il partage en parti avec ces lecteurs. C’est ainsi que j’ai découvert que Luke Rhinehart est un auteur Culte qui a écrit entre autre un roman qui l’a rendu célèbre « L’homme dé ». Il y a des fans absolus, soit dit en passant une nouvelle traduction verra le jour en octobre Aux Forges de Vulcain. Cet auteur, 85 ans, est venu l’été dernier en Europe, mais je ne l’ai pas vu en vrai mais je le suis sur Facebook où il s’amuse à faire des blagues comme écrire sa nécrologie ! Vous imaginez bien que j’avais envie de lire son roman. Si vous me suivez vous savez que je peux m’égarer dans mes lectures ! J’ai enfin terminé la lecture de ce roman très drôle et très effrayant…

Ma chronique :

J’essaierai de mettre des liens vers des chroniques plus intelligentes que la mienne. Je ne saurais pas vous parler de la portée politique ou psychologique de ce roman. Moi mon créneaux ce sont les émotions et les ressentis très subjectifs.

J’ai tout de suite accroché à l’humour un peu potache du narrateur. Je crois que c’est le côté monsieur tout le monde de Billy Morton qui m’a rendu l’histoire à ma portée. Billy Morton est un pécheur et il ne voit pas la portée de cette rencontre du troisième type. Il a bien ce côté « si je peux faire un truc pour enquiquiner l’État » mais il n’a pas d’ambitions politiques.  Il peut se faire passer pour plus bête qu’il ne l’est (quoique !)… il a aussi un côté pas doué de la vie.

Donc ce monsieur tout le monde va devenir un ami sincère de cet extraterrestre qu’il va nommer Louie. Et il va aider les extraterrestres dans leur dessin. Entrainant avec lui sa famille qui est consentante. Mais voilà aux USA ou on est avec eux ou contre eux, il n’y a pas de nuance. L’humour est dans les petites phrases, il est aussi très visuel avec un personnage gaffeur qui va de Charybde en Scylla. Les extraterrestres vont faire leur show à la TV par exemple.

On a des extraterrestres (PP) qui sous prétexte de « s’amuser » vont mettre le feu aux poudre en touchant entre autre aux financiers à travers les réseaux informatiques. Ils vont jouer aux Robins des Bois des temps modernes. J’ai adoré comment il démonte le capitalisme et le détourne en leur faveur… vous imaginez bien que ça ne va pas faire rire les dirigeants !

On va découvrir les aspects des  États Unis gouvernée par les Républicains. Et là on a un humour sarcastique et caustique, une critique franche de la société nord américaine. Il dénonce des comportements gouvernementaux et de toute la machinerie politique et  dérives sécuritaires. Bien sûr on rit mais cela fait peur car on sent un fond de vérité…

Les chapitres sont des extraits d’un journal de  « Billie Morton, Mon ami Louie », à chaque fois c’est une aventure-mésaventure qui est raconté par le menu. Entre deux il y a des « extraits de l’histoire des PP. Incroyable mais vrai ! » là on a une autre focale, une autre façon de raconter les choses.

C’est un roman qui va du drôle au tragique, car on ne peut pas s’amuser impunément dans ce monde d’adultes où le pouvoir c’est tout ce qui compte.

Un roman subversif  à mettre dans vos valises, comme un objet de contrebande ! (une pensée pour le chapitre 19, p.192 ça donne pas très envie de passer la sécurité dans un aéroport américain !) brrr !

Je remercie Les Éditions Aux Forges de Vulcain de me faire confiance.

vulcain
kokeshi coup de coeur

Sur BABELIO

Garoupe

Article précédemment publié sur canalblog

Juillet de sang

Joe r. Lansdale

Trad USA par Claro

Folio Policier, 2014, (1989 Vo), 311 p.

Film « Cold in July » sorti en décembre 2014

4e de couv. :
Parce que Richard Dane a dû se défendre, il a fait un énorme trou dans la tête d’un homme qui se trouvait dans son salon. Le cambrioleur lui a tiré dessus sans une hésitation. Richard a pour lui la légitime défense, la pénombre de la nuit et la protection de son fils qui dormait dans une pièce mitoyenne. Les flics comprennent très bien. Ce que ne sait pas encore Richard c’est que s’ils sont à ce point «sympas», ce n’est pas simplement pour soigner leur image auprès du contribuable. Derrière le fait divers se cache une tout autre histoire totalement invraisemblable. Qui était ce type venu de nulle part? Que cache la mansuétude des enquêteurs et pourquoi le FBI s’en mêle-t-il? Richard, bouleversé par sa propre vulnérabilité, sidéré par ses instincts révélés, va devenir à son tour une cible, car s’il a défendu son enfant, le cambrioleur aussi était le fils de quelqu’un…

Mon billet :

J’ai dû acheter ce roman après avoir lu « les enfants de l’eau noire » lu en 2015, car j’avais aimé et je voulais découvrir d’autres romans de l’auteur. Je n’ai pas la couverture avec l’affiche du film.

L’année dernière j’envisageais de le lire en juillet pour être raccord avec le titre et puis ça ne s’est pas fait. Cette année fut la bonne !

On sent très vite  qu’on est dans un roman des années 90, les voitures, pas de téléphone portable, tv, et K7 et un certain rythme dans la narration. Peu de technologie dans les méthodes de pistage. Un des personnages parle de modem et de livre pour apprendre l’informatique !   La musique c’est de la country donc intemporel, on est au Texas.

C’est un roman à la première personne « je » est Richard Dane. Un mari et un père tranquille pour qui cette terrible nuit va bouleverser la vie et faire ressortir des questions de son passé qu’il n’a jamais résolu.

Je retrouve dans ce roman cette façon d’installer une atmosphère moite et délétère comme pour mieux entrer dans l’intimité des personnages. Il y a un aspect sexuel comme fil conducteur. L’angoisse et l’impuissance d’un simple citoyen face aux menaces et à la justice.

Il y a une escalade de mal être qui s’accompagne par un changement de serrure, l’installation de grilles de protection, de mise ne place d’alarme, d’achat d’arme… mais cela suffira t-il ?

Le décor de départ c’est une maison isolée de l’Ouest du Texas, dans une ville soit disant tranquille. Il fait chaud, orageux, atmosphère lourde.

Le vocabulaire est parfois cru et provocateur. Le côté macho est critiqué mais bien présent. L’honneur doit être sauf ! Les rôles féminins sont assez réduits.

Le thème de la paternité est aussi un fil conducteur. D’ailleurs la première partie s’intitule «  les fils », la deuxième « les pères » et la dernière «  pères et  fils ».

Les trois parties de ce roman correspondent à trois twist. La première partie est presque une histoire en elle-même avec une chute qui nous laisse interrogatif. Un voile tombe et  s’en est fini des apparences trompeuses.

La deuxième partie c’est l’enquête et la traque. Là aussi l’issue est surprenante. On est monté de plusieurs degrés dans l’horreur. La troisième partie c’est la justice immanente, l’action.

Le côté action est un peu rocambolesque, à l’américaine…  voitures, armes et hémoglobine et le côté moral, il faut faire justice soi même quand le système est corrompu.

Un thriller sympa avec des rebondissements et de l’action, plus un côté psychologique, je suis curieuse de voir le film… 

cold

Nos âmes la nuit

Kent Haruf

Trad. Anouk  Neuhoff

Éditions Robert Laffont, 2016, 168 p., 18 €

coll. Pavillon poche, 2018,  192 p., 8 €

Cercles de lectures

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Dans la petite ville de Holt, Colorado, Addie, une septuagénaire veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure… Bravant les commérages, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d’amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d’encouragement. Une nouvelle vie apaisée, toute teintée du bonheur de vieillir à deux.
Hymne à la tendresse et à la liberté parcouru d’un grand vent d’humour, Nos âmes la nuit est l’œuvre qui a fait connaître Kent Haruf au grand public, quelques mois après sa mort.

Auteur et œuvres traduites :

Kent Haruf : Ecrivain américain,  1943-2014

Le Chant des plaines

Colorado blues

Les Gens de Holt County

Nos âmes la nuit

Ma chronique :

J’ai découvert ce roman grâce à des libraires enthousiastes. C’était à la rentrée littéraire 2016. J’avais gardé dans un coin de ma tête  ce titre. Je ne connaissais pas cet auteur américain décédé en 2014. Il aura fallu attendre qu’une copine m’en reparle pour son adaptation au cinéma (2017) et le passage dans Netflix pour qu’enfin je le lise. Les acteurs qui jouent les rôles principaux Robert Redford et Jane Fonda, c’est tout dire !

C’est un roman tendre et dur à la fois. Dès qu’on le commence on n’a qu’une hâte c’est de savoir ce qui va arriver à ces deux personnages très attachants.

Depuis quelques temps, il est souvent question de deuxième chance, de vivre pour soi etc. C’est aussi un des propos de ce livre. On peut peut-être s’affranchir du regard de l’autre, du qu’en dira t-on,  mais que faire du  chantage affectif de nos proches ? Peut-on couper tous les liens avec sa famille quand on un être innocent est en souffrance ?

CE roman assez bref traite de ce sujet et bien d’autres. Tout part de l’idée d’une veuve de 70 ans qui demande à son voisin lui-même veuf de conjuguer leur solitude pour retrouver un peu de tendresse et de compagnie surtout la nuit.

Ce qui commence presque comme une boutade va donner une belle histoire. Ensemble ils vont dépasser le qu’en dira t on et les rumeurs. On est dans les années 2000, on se dit que les mœurs ont évoluées, mais en fin de compte pas tant que cela.

Contrairement à ce qu’on  pourrait croire les réticences face à cette aventure ne viennent pas des personnes âgées bien au contraire cela émane des adultes « dans la force de l’âge ». Ils sont plus critiques et rétrograde.

On va découvrir petit à petit qui ils sont puisqu’ils se racontent l’un l’autre. Ils étaient voisins sans plus. Le passé s’invite parfois pour leur jouer des tours et ternis ces moments de bonheur inespéré. Doit-on payer toute sa vie des choix passés ?

Pendant un temps ils vont même reformer une petite famille et transmettre de l’amour et des connaissances. Mais le bonheur semble leur échapper, il aura été de courte durée. Un triste sire vient faire payer l’addition d’un passé mal vécu. Il a une arme pour se venger. Les gens malheureux ne supportent  pas le bonheur des autres.

Lorsqu’on ferme le livre, on espère qu’ils vivront assez longtemps pour que le bonheur mis entre parenthèse puisse s’épanouir.

Ce roman nous fait découvrir quelques facettes de la vie dans le Colorado. Les personnages découvrent qu’ils ont en eux beaucoup de trésors à partager. Il suffit de provoquer les choses ou de les saisir lorsqu’elles se présentent.

En tout cas en tant que lectrice cela ne laisse pas indifférent.

Faut-il être égoïste pour être heureux ? En tour cas je dis qu’il faut être égoïste pour faire du mal aux gens…

La vie est si courte pourquoi l’être humain a t il besoin de détruire les moments de bonheur simple.

 Bonne lecture et à bientôt !

Article précédemment publié sur canalblog

Les lumières de Cape Cod

Beatriz Williams

Trad. Julia Taylor

Éditions Belfond, coll. Cercle Belfond, juin 2017, 400 p.

Lu dans le cadre du Book Club le Cercle des lecteurs Belfond

4e de couv. :
Avec pour toile de fond la bonne société de l’Amérique des sixties, Beatriz Williams livre le magnifique et troublant portrait d’une femme prise au piège de la passion, du pouvoir et du mensonge.
Tiny Schuyler était prédestinée : une éducation dans les meilleures écoles de New York, des fiançailles de rêve avec un beau parti et, aujourd’hui, un chemin tout tracé vers la Maison-Blanche. Car rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension fulgurante de son mari, Frank Hardcastle. Bientôt, c’est sûr, la douce et raffinée Tiny sera la nouvelle First Lady.
Mais une série d’événements va venir assombrir le ciel bleu de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur QG. C’est d’abord l’arrivée de Pepper, la cadette des soeurs Schuyler, écervelée et insolente. Puis une lettre anonyme, accompagnée de photos qui pourraient menacer la réputation de Tiny et de son époux. Enfin, les retrouvailles inattendues avec le séduisant Caspian Harrison, le cousin de Frank. Un homme que Tiny a aimé autrefois…
Combien de temps avant que l’image de l’épouse modèle se fissure ? Dans la course au pouvoir suprême, les sentiments ont-ils une place ?

Mon billet :

Lorsque j’ai vu passer ce roman sur la page du cercle des Lecteurs Belfond, j’ai été attiré par la couverture et sur le fait qu’on avait une femme de la bonne société américaine des années 60 prise dans une spirale infernale. Et je n’ai pas été déçue par la description de cette société. On a forcément l’image de Jackie Kennedy qui nous vient à l’esprit, elle est d’ailleurs mentionnée… La place de la femme dans les imbroglios de la politique.

J’ai beaucoup aimé la structure utilisée pour nous faire vivre les tourments de Tiny.

Le présent est la conséquence du passé et cette manière de progresser dans la résolution de l’intrigue nécessitait plus que des flash back. On vit deux moments clés de la vie de Tiny. Quelques semaines de  1964 et quelques mois de 1966. 1964 le temps des rencontres et des choix. 1966 le temps de la vérité et des conclusions. C’est très bien balisé en début de chapitre. 1964 on est à la troisième personne du singulier.1966 c’est le « je » qui mène la danse.

Je n’ai pas compris à qui elle s’adressait dans la partie 1966, le lecteur ? un journaliste ? …Il ya des passages où elle évoque ses sentiments à un « vous » : « vous me connaissez » « vous croyez que… »

C’est un roman qui traite de la condition féminine dans un certain milieu. Des femmes dans l’ombre des hommes de pouvoir. Celle qui les élève, celles avec qui ils couchent et celles qu’ils épousent. Elles sont très peu solidaires entre elles que ce soit dans la sphère familiale, privée ou dans la sphère publique.

Tout est sous contrôle, Tiny joue le rôle qui lui est imparti, jusqu’au jour où des grains de sables viennent enrayer cette mécanique bien huilée.  Des erreurs de stratégie vont venir blesser une femme vulnérable. On la pousse à bout, on l’isole, on la manipule sauf qu’elle ne va pas réagir comme on s’y attendrait.  Elle a un jardin secret et des alliances inattendues qui vont venir compliquer les choses. On la prend pour un pion mais c’est une Reine !

Le lecteur se laisse capter par des détails que Beatriz Williams met en avant. Elle éclaire un aspect pour mieux nous emmener ailleurs. Prenons par exemple la situation de départ (comme ça je ne dévoile rien) On focalise notre attention sur la deuxième  fausse couche de Tiny (qui a eu lieu un mois avant le début du récit). Elle place le personnage principal dans le clan familial de son mari avec Constance qui fait de beaux enfants les uns après les autres. Elle nous parle de la grand-mère qui a la main mise sur tout. La belle-mère absente car bannie. Tout ça pour bien mettre la pression sur Tiny, la parfaite épouse qui échoue. Et une fois qu’on croit être sur une voie toute tracée Béatriz Williams va développer une intrigue.

Dans un premier temps on pense qu’il ne s’agit que d’une histoire de vernis social qui se craquelle. Puis petit à petit on se rend compte que c’est plus l’image de la chrysalide. Mais qu’abrite ce cocon ?

J’ai bien aimé Tiny car ce n’est pas une oie blanche, ce qui m’a plu c’est qu’elle savait ce qu’elle faisait à quoi elle s’engageait. Elle a un esprit critique qui lui permet d’analyser les événements, ses introspections sont intéressantes, c’est comme si elle faisait son auto-analyse.

Les personnages sont plus ou moins abjects et il faudra attendre la chute pour vraiment découvrir qui ils sont au fond d’eux même. Quand au personnage de Tiny il ne fait que s’étoffer au fur et à mesure qu’on découvre son passé et ces réactions face à l’adversité.

Il y a toute une thématique sur l’image de soi,  sur celle qu’on l’on projette, sur l’image que les autres perçoivent… à travers la presse, la photographie, les mondanités. Le monde des apparences.

Dans la même perspective on a le monde des sentiments. Ce milieu est régit par des codes et il ne faut surtout pas laisser transparaître ses sentiments au risque de se faire manipuler et dévorer.

Le dernier tiers du roman, il y a une accélération des événements. Plus Tiny perd le contrôle de la situation (du moins en apparence) plus elle se met en danger et les masques tombent. Les deux cent premières pages sont intéressantes et les tensions montent jusqu’au climax avant d’entraîner les personnages et le lecteur dans des rebondissements qui le tiennent en haleine. Les sujets sont classiques mais bien menés.

Je remercie Carine Vershaeve et les Éditions Belfond pour cette lecture.  C’est malin, maintenant j’ai bien envie de découvrir « La vie secrète de Violet Grant » !!!

N’oubliez pas il y a une discussion le 27 août sur la page facebook le Cercle des lecteurs Belfond

NB : Ce roman vient compléter mes dernières lectures de romans  sur les femmes américaines des années 50-70 :

vieilles filles
amie très chère

« Les vieilles filles » Pagan Kennedy

« Une amie très chère » Anton Disclafani

Article précédemment publié sur Canalblog


Une amie très chère

Anton Disclafani

Trad. de l’américain par Pierre Ménard

Éditions Denoël, avril 2017, 440 p.

Mes lectures Denoël

Texas, années 50. Les frasques innombrables de Joan Fortier, grande, blonde et riche, défraient la chronique. Tous les hommes la désirent et toutes les femmes rêvent de lui ressembler. Mais derrière le vernis du physique parfait et de la vie idéale se cache en réalité une personnalité complexe et tourmentée. La seule personne à avoir compris cela est Cece Buchanan, sa meilleure amie. Dévouée à Joan depuis leur plus tendre enfance, liée à elle par un inavouable secret, Cece lui tient lieu autant de chaperon que de complice, acceptant de couvrir toutes ses excentricités. Au point de mettre en danger son propre mariage.

Mon Billet :

J’ai lu ce roman avec une curiosité grandissante. Où allait nous mener cette histoire ? Quel était le propos de ce roman ?  J’ai même cru qu’on allait vers un roman noir, voire un fait divers tant une ambiance devenait délétère… Au moment d’écrire ma chronique, je ne sais pas vraiment répondre à mes interrogations d’où ce petit laps de réflexion …

Ce roman se base au Texas à Houston 1950-1958, on y croise même des personnalités réelles. On est dans un quartier huppé « River Oak » où vivent des magnats du pétrole et des dirigeants d’entreprise.

Ce microcosme de gens aisés ou richissimes vit en vase clos avec des règles et ses valeurs. Ce roman traite surtout du côté féminin. L’homme est lié à l’argent, au travail, à la vie sociale et aux mondanités. Sa place en tant que père est assez réduite.

La sexualité est liée au monde de la nuit… l’alcool, le tabac, la violence sont aussi régis par des codes.

Tout  est codifié. Le mari travaille, la femme est  à la maison et les employés de maison s’occupent du quotidien et des enfants. De ses employés de maison on ne connaîtra que très peu de chose de leur vie privée.

Les filles vont à l’école pour se préparer à assurer leur rôle public. A la fin de leurs études, le bal des débutantes va les conduire vers leur rôle de parfaites épouses, de parfaites mères qui garantirons que les traditions se perpétuent. Tout est écrit à l’avance. Fini les frasques de cette « jet set » de l’époque. Il faut rentrer dans le rang.

Les amies ne viennent pas d’ailleurs. Celles qui font un mariage hors de ce cercle  sont presque considérées comme des bannies. C’est presque un soulagement de les voir revenir après un divorce, mais elles auront droit à une certaine condescendance en fonction de la fortune familiale !

Dans ce groupe d’amies, il y a une richissime héritière qui n’en fait qu’à sa tête. Elle dérange l’ordre établi même si en secret on lui envie cette liberté de corps et d’esprit. Mais dans les années 50 la femme libérée dans un tel milieu c’est impensable. Les frasques de la jeunesse on leurs limites et on les cache grâce à l’argent et au pouvoir familial.

Joan est un être lumineux qui va se brûler les ailes, on nous le dit d’entrée.

Cecilia son âme sœur est tout le contraire elle veut se sentir protéger par ce giron social. Elle vit dans le sillage de Joan tout en ayant son caractère et sa vision de la vie qu’elle veut mener. Cécilia est plus forte qu’il n’y paraît et s’interroge en permanence sur cette relation qu’elle a avec Joan.

Cecilia la narratrice, nous parle avec sincérité de ce qu’elle a vécu avec Joan. Cette amitié avec ses secrets et ses mystères.

 Ce n’est pas une biographie chronologique, cependant les périodes mises en avant sont bien précisées.

Cécilia est riche, belle et intelligente, elle a des amies,  elle à un mari qui l’aime. Elle est une mère aimante et attentive. Elle a vingt-six ans au moment où elle raconte cette histoire. Elle a tout pour être heureuse, cependant il y une part d’ombre qui la lie à Joan. Une amitié toxique ?

Le mari de Cécilia n’a pas un rôle facile. Il aime sa femme. Il lui concède des choses mais la pression sociale et la morale de l’époque sont ce quelles sont. Il a ses limites et il va lui poser un ultimatum et la pousser dans ses ultimes retranchements.

On sent les angoisses de Cecilia tout au long de sa jeune vie. La souffrance de sa mère, son garçon qui ne parle pas, âme sœur qui qu’elle voit s’autodétruire…

La fin nous dévoile quelques mystères de la vie de Joan, c’est très émouvant. Et du coup, Cecilia va « relire» sa vie avec un autre filtre. C’est comme si elle était passé à côté de quelque chose… Qu’aurait été sa vie si elle avait su cela bien avant ?

Cecilia  va devoir vivre sans son alter ego, le fil invisible qui les liait a été coupé. C’est un peu comme si des jumelles devaient vivre séparées. Cette idée de gémellité apparaît dès leur entrée à la maternelle, puisqu’elles avaient le même prénom et qu’on a imposé à Cecilia d’utiliser son deuxième prénom… Ce n’est pas anodin !

L’aspect psychologique est très intéressant, mais comme la narratrice est partie prenante, elle n’a pas les réponses. Elle va devoir continuer à se construire avec les séquelles du passé.

En guise de conclusion : c’est un roman qui m’a beaucoup plu car il décrit un milieu et une époque, qui se lit facilement mais qui intrigue…

je remercie les Éditions Denoël pour leur confiance.

NB : Depuis que j’ai lu ce roman je continue à m’interroger sur ce qui m’a un peu dérangé… Je crois après réflexion que c’est le fait que nous avons un texte qui nous remet dans le présent de l’action et lorsqu’on arrive à la fin on a des éléments qui donnent un éclairage à certains mystères et comportements. C’est comme si la narratrice nous racontait ce qu’elle avait vécu à l’époque alors qu’aujourd’hui elle sait d’autres choses. Vous me direz c’est logique sauf que le livre début par « Ce sont les femmes qui me demandent encore de leur parler de Joan »…. je ne sais pas si je suis claire…

Qui en parle ?

Felina

Lea Touch

Article précédemment publié sur Canalblog

Les vieilles filles

Pagan Kennedy

Trad.  Philippe Brossaud

Éditions Denoël,  mars 2017, 223 p., 20,90 €

Mes lectures Denoël

4e de couv. :

Dans l’Amérique des sixties, deux sœurs d’une trentaine d’années vivent coupées du monde, seules avec leur père malade. Quand il décède, c’est la libération! Chouette, se dit Frannie, je vais pouvoir passer le reste de mes jours avec ma sœur, une vraie vie de vieilles filles, le rêve!
Extra, je vais enfin m’amuser, rire, découvrir le monde… et les hommes, pense Doris.
Les deux sœurs décident de se lancer dans un road-trip décoiffant à bord de leur Plymouth bien-aimée.

Les Vieilles Filles est un roman au charme fou, que l’on a envie de lire en écoutant Otis Redding, Simon & Garfunkel et les Supremes.

Mon billet :

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en voyant la couverture du livre et sa quatrième de couverture… humour, ironie et exubérance ? En fait c’est un roman tendre et émouvant. Un bonbon acidulé car tout n’est pas rose dans cette histoire… il y a même un soupçon de scandale ! Mais pour cela il faut se remettre dans le contexte, nous sommes en juin 1968.

Au début Frannie, la narratrice, nous raconte comme elle et sa sœur Doris se ressemblent. Comment elle (Frannie) envisage de devenir leur avenir, elle s’imagine qu’elles vont devenir deux vieilles filles douces et calmes. En fait un sent vite que le lecteur est en porte à faux car il n’a que la version de Frannie,  ses interprétations et ses souhaits. Mais qu’en est-il en réalité pour Doris ? Petit à petit on comprend que ce n’est pas du tout ce que Doris envisage, et Frannie  se voile la face.

Par petites touches, on va découvrir leur passé. Leur  vie de famille jusqu’au moment de l’action, juin 1968.

Les deux femmes incarnent deux époques. Le monde change, les Etats unis aussi. Doris qui a toujours était plus intrépide, sort de la coquille qu’elle avait  créée. Elle est séduisante et ouverte à de nouvelles aventures, changer de vie, de vêtements, reprendre sa vie en main.

Frannie est plus réservée, elle est bloquée sur l’ancien temps. Rien ne doit changer. Il faut être posée, raisonnable et mesurée. Il faut être convenable ne toute occasion. Elle est comme figée dans le temps. Elles viennent d’une famille de quaker.

Depuis qu’elles ont quitté la maison familiale après la mort  de leur père en avril 1968, on découvre que cette dichotomie concerne toute la société. Alors qu’à Columbia il y a des révoltes estudiantines, Martin  Luther King est assassiné en avril, on voit que Lety et Tante Katherine ne s’imaginent pas changer leur rôle dans la société.  Elles ont trouvé leur équilibre entre employée et employeur.

D’un autre côté, on a Richard qui est prof de photographie qui accueille des artistes au gré de leurs besoins et de leurs envies.

Les deux sœurs vont ouvrir leur cœur et se parler. Elles vont un peu parler de leurs souffrances. Faire le point sur le passé, le présent et le futur du coup devient incertain. J’ai beaucoup aimé comment est traité  thème du « temps », le rythme de la narration.

Elles ont quitté leur ville où tout le monde les connaissaient ainsi que leurs habitudes. Au fur et à mesure qu’elles voyagent, elles découvrent ce qu’est l’anonymat. C’est effrayant (surtout pour Frannie) et excitant de sortit de leur zone de confort.

Entre liberté et dépendance les deux sœurs cherchent leur équilibre dans la nouvelle donne. A tour de rôle chacune prend l’ascendant sur l’autre en fonction des sujets. On retrouve cette impression à travers la place du conducteur de la voiture. Passage de relais, passage de clé.

La clé est très présente dans une partie du roman : Clé de la voiture (pour conduire surtout), clé du motel, se fermer à clé dans sa tête, verrouiller son cœur, chambre fermée à double tour,  etc…

En arrière plan, nous avons le thème de la guerre. Leur père était objecteur de conscience lors de la seconde guerre mondiale. On découvre les conséquences dramatiques de cet acte politique.

Au moment où les deux sœurs font leur road trip, il y a la guerre du Vietnam, les émeutes, le mouvement des hippies et le sujet est toujours d’actualité… Comment dire non à cette guerre du Vietnam ? Comment échapper au massacre ?

A travers les rencontres les deux sœurs vont parler des non-dits de leur famille, leur célibat, leurs émois, leurs rêves …

Lorsque le roman se termine, quelques semaines ont passé,  rien n’est  vraiment résolu mais elles ont fait du chemin dans leur tête, elles ne sont plus les mêmes… l’avenir est devant elles, elles ont les cartes dans leur mains  à elles de les redistribuer ! Et comme dit l’adage les voyages forment la jeunesse !

C’est un roman qui se lit d’un trait au rythme de leur voyage. Il s’en dégage une certaine musicalité, un certain tempo.

Je remercie les Éditions Denoël pour cette belle histoire d’autant que la publication en français de ce roman est déjà une aventure en soit qui nous est conté par l’éditrice au début du volume.

Article précédemment publié sur Canalblog

Génération

Paula McGrath

Trad anglais (irlande) Cécile Arnaud

Editions de la Table Ronde, Quai Voltaire, 12 janv. 2017, 240 p., 20 €

Mes Lectures Editions de la Table Ronde

génération mcgrath

4e de couv. :

Construit comme un film choral, Génération est de ces romans qui vous maintiennent en alerte. Partant des traumatismes et des tabous que chaque génération lègue à la suivante, Paula McGrath bâtit un hymne à la jeunesse et au renouveau.

Mon billet

J’ai eu la surprise de ne pas avoir l’histoire à laquelle je m’attendais ! Je m’explique. Je pensais qu’il s’agissait d’une saga familiale avec le  grand-père qui doit  immigrer pour des raisons économiques et suivre les générations suivantes jusqu’à l’arrière petite fille qui va sur les traces de son aïeul. Ce n’est pas tout à fait cela et c’est ce qui m’a plu dans le roman.

« Génération » est au singulier donc on va avoir des histoires et des périodes qui vont s’accoler. La ville de Chicago est un point commun pour plusieurs personnages, en fait il y a plusieurs familles qui vont s’entrecroiser. C’est un roman avec plusieurs narrateurs et donc des focales différentes. Les narrateurs vont nous parler d’un aspect en particulier de  leur vie. C’est assez ciblé.

On est sur le thème de la famille : parents/enfants. Le  grand-père part  dans les années 50 d’Irlande pour le Canada pour nourrir sa famille (il passera par Chicago), mais il sera toujours enraciné à la ferme familiale. Carlos, le mexicain de nos jours est un travailleur saisonnier près de Chicago mais il a laissé sa famille au Mexique, retour tous les hivers.  Judith aura été marquée par son histoire familiale (seule sa mère à survécu aux camps) elle restera attaché au piano qui représente sa mère et sa maison. Son mari italien de souche cherche à créer une « Famille » et de jouer au patriarche.

Trajectoire de la génération suivante

Le neveu  et enfants de Carlos cherchent aussi à trouver leur chemin

Joe essais de se créer sa propre maison et s’émanciper mais…

Aine, l’irlandaise,  est en recherche d’un nouveau départ et passera sa vie dans une éternelle fuite en avant.

Makiko, la japonaise croira pouvoir sortir aussi de son milieu mais…

Quand à la troisième génération entre les choix des générations  passées  et leurs  futurs  choix,  ils cherchent des réponses… je vous laisse découvrir en 2027. Dernier chapitre.

Toutes ses familles vont plus ou moins se croiser ainsi que d’autres personnages moins exposés.

Ce qui m’a déstabilisé c’est de ne pas avoir la fin des histoires. Certaines on aura un semblant de conclusion par l’entremise de la nouvelle génération, ou par déduction.  Cependant tout n’est pas dis. C’est un peu comme tous ses gens que l’on croise au cours de notre  vie  mais qu’une fois éloignés on ne sait pas ce qu’ils sont devenus.

Mais j’aurais vraiment aimé savoir le fin mot de l’histoire pour Joe et Vicky… bon on se fait notre scénario…

C’est une roman qui se lis très vite peut-être justement parce qu’on a ses ruptures entre les histoires et qu’on va de l’avant avec les personnages. Lorsqu’on ferme le livre on a envie d’en savoir plus sur les personnages, on a pas envie de les quitter si vite !

Je remercie les Editions de la Table Ronde de m’avoir permis de lire ce roman avant sa sortie.

Je vous souhaite une belle lecture.

table ronde

Qui en parle dans mon entourage ?

Mille (etune )  lectures de Maeve

Article précédemment publié sur canalblog