De Rouages et de Sang. T.1 Les disparus d’Arkantras

A.D  Martel

Éditions Scrinéo, mars 2022, 366 p., 16,95 €

Mes Lectures Scrinéo

4e de couv :

Plongez dans les bas-fonds d’Arkantras, où le danger se cache à chaque coin de rue…

Depuis quelque temps, une menace plane sur les bas quartiers d’Arkantras… Le bruit court qu’une créature avide de chair humaine enlèverait les enfants à la nuit tombée pour les dévorer. Que diable, Rowena, jeune orpheline passionnée de mécanique, se moque bien de ces histoires à dormir debout ! Jusqu’au jour où son ami, Œil-de-Pirate, disparaît lui aussi dans d’étranges circonstances… Résolus à le retrouver, Rowena et son fidèle chat à la patte mécanique, Monsieur Gratouille, s’enfoncent dans les profondeurs d’Arkantras.
De son côté, Eugène Bassompière, un journaliste issu de la bonne société, se voit chargé d’enquêter sur ces disparitions. Sur les traces du monstre, les destins d’Eugène et Rowena vont s’entremêler.
Que se passe-t-il réellement dans la ville ? Et si la vérité s’avérait pire que tout ce qu’ils pouvaient imaginer ?

​Plongez dans les bas-fonds d’Arkantras, où le danger se cache à chaque coin de rue…

Mes impressions de lecture :

Ce roman est mon premier service presse de chez Scrinéo et j’espère qu’il y en aura d’autres !

J’ai  été attirée par le titre et la couverture avant même d’avoir lu le synopsis qui a fini de me convaincre que c’était une lecture pour moi. Depuis j’ai vu que ce roman avait de bons retours sur les réseaux.

Le titre avec ce mélange de mécanique et d’organique donne le ton de cet univers.

Il s’agit d’un premier roman d’une duologie, c’est bon à savoir qu’on ne parte pas dans une série.

Je suis tout de suite entrée dans l’histoire. C’est du Steampunk  pour ado (et +), au début on a l’impression d’être dans une ambiance à la Dickens avec ce côté technologique en plus… Pollution, brouillard et ventres vides, exploitation des plus pauvres, corruption et violence.

On va découvrir deux mondes grâce à deux personnages. Grâce à Rowena on découvre le monde des orphelins qui laissés pour compte qui doivent se débrouiller dans la rue. Ils doivent éviter les forces de l’ordre pour ne pas atterrir dans un orphelinat sordide ou pire.

On visite une partie d’Arkantras dans ce premier tome avec ses règles sécuritaires et couvre feu et surveillance.

Avec  Eugène Bassompière, jeune homme déchu des hautes sphères qui est devenu journaliste et vit dans les bas-fonds, on apprend qu’il existe un autre monde de riches corrompus. Ils ne viennent dans le quartier industriel soit pour la prostitution soit pour des malversations. On a toute la thématique de la chute sociale. On s’attache petit  à petit à lui au fur et à mesure que l’on comprend pourquoi il a une distance avec les habitants de son nouveau quartier.

Rowena à travers les événements actuels nous retrace son parcours. On s’attache rapidement à cette gamine qui est spécialisée dans la mécanique et le trafic de pièces mécaniques.

J’ai beaucoup aimé la trame autour des mystérieuses disparitions. Le côté enquête menée par Rowena qui a ses raisons et par Eugène le journaliste. Deux approches différentes qui bien sûr vont s’entrecroiser.

Ce premier tome évite l’écueil de la présentation des lieux et des personnes. L’action est très présente et les histoires retiennent bien l’attention du lecteur. En ce qui concerne les émotions A.D. Martel ne ménage pas le lecteur, frissons assurés mais aussi joie et tristesse.  Action/réaction.

Pour les amateurs de minous il y a un chat « steampunk » qui vaut le détour.

J’ai hâte de connaître la suite…

Je vous souhaite une belle lecture.

Je remercie les éditions Scrinéo de leur confiance.

Darryl Ouvremonde

Olivier Péru

Éditions Michel lafon , octobre 2017, 573 p., 22,95 €

FORMAT (24×16 x3,5cm) 915 g !

Mes lectures Michel Lafon

4e de couv. :

Collégien à Montréal, Darryl semble être un adolescent ordinaire. Il fugue pourtant toutes les nuits… C’est qu’il a fort à faire dans l’Ouvremonde, où il exerce le métier de journalyste. À dire vrai, il n’est encore qu’apprenti, mais grâce à son courage et son pouvoir sur les Glyphes liant les mondes entre eux, Darryl compte bien écrire un jour pour Le Veilleur, le quotidien le plus 
respectable de l’Ouvremonde. À ses yeux, une enquête, c’est une quête ! Hélas, dans certaines quêtes, il arrive qu’on perde un peu plus que des plumes. C’est ce que risquent de découvrir Darryl et son maître, le célèbre Tortup, dont le mauvais caractère n’a d’égal que le talent pour le scoop. Leur prochain artycle les entraîne tous deux sur l’île de Croque- Corbeau car une insaisissable rumeur prétend que les habitants de ce triste bout de terre ont disparu en une nuit. Qu’y a-t-il à découvrir là-bas où jamais personne n’a écrit un bon papier ?

Mon Billet :

C’est un roman très ambitieux car Olivier Peru explore plusieurs « genres » de la littérature de l’imaginaire et certains lecteurs spécialisés risquent d’être plutôt critiques puisqu’il on a l’impression qu’il a voulu explorer tous les genres. C’est certainement ce qui m’a plu car on n’a pas le temps de s’ennuyer on passe d’un monde à un autre. D’entrée de jeu j’ai adoré la petite référence à Patrick McSpare le complice d’Olivier Péru dans la série « Les hauts conteurs », un autre jongleur avec les mondes de l’imaginaire.

Les illustrations de ce roman sont magnifiques, elles donnent un petit plus à la narration. On découvre certaines créatures ou glyphes…

C’est un roman en trois parties. Pour chacune on a une illustration en double page. Chaque début de chapitre commence par la même illustration selon la partie. Ce sont des repères pendants la lecture. De plus on a une lettrine qui renvois aux textes anciens. C’est un bel objet, ces petits détails sont comme des mises en scènes qui rendent la lecture encore plus agréable. Et c’est beau cadeau à faire à un lecteur.

Ce roman joue avec différents codes de la littéraire de l’imaginaire.  Nous pouvons y voir du fantastique (Julianne et Dean), de l’urban fantasy (fantômes dans la ville), de la fantasy (monde de magie, Aruspide etc.), du Steampunk (Darry, Maître Turtle et les autres) du roman de formation, quête et enquête… Pour chaque pièce de ce puzzle Olivier Péru trouve un langage et un champ lexical approprié. D’accord là, je prends de gros raccourcis, c’est beaucoup plus complexe et imbriqué.

Ce qui saute aux yeux rapidement c’est la relativité du temps. En effet le temps ne s’écoule pas de la même façon que l’on soit à Salem, Kaelatt, ici-là, ou dans le village mort…

J’ai aussi beaucoup apprécié la notion de frontière. Les barrières entre réalité, monde onirique ou fantastique, sont assez poreuses.  La communication s’établit sur plusieurs plans par le langage (avec des spécificités), visuel (images mentales, ) symboliques (glyphes etc.) ou par télépathie. Les frontières entre le bien et le mal sont parfois floues. La folie et la normalité.

Le lecteur averti peut avoir l’impression de trouver des références telles que « Alice au pays des merveilles » « De l’autre côté du miroir » qui sont assez compréhensives. Par contre,  je viens de lire une aventure de « Alfie Bloom » et j’ai retrouvé une relation entre le protagoniste et un oiseau particulier, ou encore l’apport de sucrerie d’un monde à l’autre pour le plus grand plaisir du maître. J’adore ce genre coïncidences. Les glyphes et les passages m’ont rappelée « Tennan ». On pourrait en trouver d’autres qui sont communes aux romans de ce genre.

J’ai aussi été très  sensible aux notions de couleurs qui viennent compléter les notions d’ombre et de lumière et toute la symbolique qui les accompagnent. Cela commence par le monde gris (le nôtre) et le monde blanc (Ouvremonde).

Nous allons suivre le chemin initiatique de chaque personnage. Nous avons dans les personnages principaux des adolescents en quête d’identité, qui manient l’humour noir et l’enthousiasme de la jeunesse.

Darryl, un transfuge,  entre dans l’Ouvremonde pour apprendre le métier de témoin pour devenir journaliste. Il est guidé par un maître. Il va apprendre une autre façon de parler, explorer cet univers.

 Dean lui va tâtonner pour découvrir comment il est devenu un fantôme, Julianne va en partie l’aider. Mais des liens entre Darryl et Dean sont d’un autre niveau. Darryl de victime, il va devenir acteur.

Julianne joue un rôle d’intermédiaire entre les vivants et les morts. Elle aussi n’était pas préparée à ce mode de vie.

Je ne vais pas vous parler de tous les personnages qui entre dans cette histoire.

Les lieux sont très variés on explore aussi bien les bois que les bas-fonds.  Le monde de la violence, de la drogue et de l’alcool , que celui de l’amitié et des émois amoureux.

Ils vont  se retrouver à enquêter sur les forces du mal, les quatre cavaliers de l’apocalypse (tiens un sujet déjà présent dans la Bible !).

Les chapitres n’alternent pas entre un personnage et un autre. On a le temps de les suivre dans une partie de leur progression dans leur enquête. A chaque fois on se plonge dans un univers et on en ressort comme si on avait lu en apnée.

De par sa composition ce roman se lit très vite car il y a beaucoup d’action. Les descriptions ne sont pas pesantes et on navigue bien d’un monde à l’autre.

C’est un roman très riche et je ne peux vous détailler tous les sujets qui sont abordés.

Quand à la résolution des énigmes je ne vais pas vous spoiler, je laisse le suspens jouer son rôle.

Je remercie les Éditions Michel Lafon pour cette découverte.

RL 2017
haut conteur 1

Article précédemment publié sur Canalblog

Les ferrailleurs 1. « Le Château »

Edward Carey

Le livre de Poche,  avr. 2016, 477 p.,

Mes lecture Le Livre de poche 

4e de couv. :

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, gigantesque puzzle architectural, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, qui le suivra toute sa vie.
Clod a quinze ans et possède un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets… Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît. Les murmures des objets se font de plus en plus insistants. Dehors, une terrible tempête menace. Et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Mon billet :

Voilà un livre qui m’avait attiré dès sa sortie en grand format, alors je n’ai pas hésité à le choisir lorsque le livre de poche me l’a proposé. Ce livre se sera fait désirer car il fait parti d’un colis qui a vécu des aventures postales. J’ai bien failli ne jamais le recevoir… et j’aurais pu passer à côté de cette lecture pendant longtemps…

C’est l’histoire d’une drôle de famille pas drôle et d’une maison étrange où il se passe des choses bizarres…

Ce qui donne un charme particulier à ce roman c’est que l’auteur l’a illustré et ses illustrations rehaussent le côté sombre, fantastique et étrange de cette histoire…

Avez-vous un objet de naissance ? A-t-il un nom ? Vous ne l’entendez peut-être pas comme peut le faire Clod Ferrayor…

Je suis immédiatement entrée dans l’histoire… Chaque chapitre est à la première personne qui est clairement identifiée. L’auteur donne la parole à plusieurs et du coup coupe la parole pour mieux accrocher le lecteur.

Voilà, une organisation très complexe qui fonctionne à merveille. Puis, tout à coup un grain de sable vient enrayer la bonne marche de cette organisation. L’histoire débute à ce moment là  et on va voir comment le château de carte va dégringoler à partir  du moment où une carte devient vacillante.

J’ai adoré les personnages principaux « Clod » et « Lucy », deux adolescents. Ils ne sont pas sensés se rencontrer et comme ils sortent de la case qui leur était attribuée, ils vont commencer à se poser des questions, transgresser des interdits, contrarier les plans de ceux qui dirigent la famille Ferrayor.

J’ai adoré cette idée de maison en perpétuelle extension où ceux qui vivent à l’intérieur sont comme des fourmis dans une fourmilière.

La famille avec sa hiérarchie, ses règles, ses croyances, ce huis clos avec toutes ses manigances et ses non-dits… On a l’impression qu’on est dans une secte où on conditionne les habitants…

Cette ville de Londres qui est à côté, si proche et si lointaine… est mystérieuse et attirante et repoussante… déchéance, pauvreté, maladie et mort… fantasmée puisque interdite !

Je ne parle pas de tout l’aspect gothique et fantastique qui est tortueux, glauque et loufoque…

Il faut avoir l’esprit en alerte pour ne pas perdre son esprit ! Quelle imagination !

C’est difficile de parler de ce livre sans trop en dévoiler… vous ne verrez pas les objets soit disant inanimés de la même façon après avoir lu ce roman !

Je remercie les Éditions du livre de poche et Auriane pour ce Coup de cœur… vivement la publication du tome 2 !
  

kokeshi coup de coeur

Article précédemment publié sur Canalblog

Magies secrètes

Hervé Jubert

Folio, mars 2016, 312 p., 7,70 €

Mes lectures Folio

magies secrètes

4e de couv. :

L’empereur Obéron III, aidé du préfet Hoffmann, souhaite débarrasser Sequana des êtres féeriques qui la peuplent. Georges Beauregard, ingénieur-mage au service du ministère des Affaires étranges, recueille toutefois certaines de ces créatures dans son hôtel particulier. C’est ainsi qu’il découvre et prend sous son aile Jeanne, une jeune fille amnésique aux étranges pouvoirs. Ensemble, aidés de la déesse Isis et de Condé, l’automate, ils vont devoir enquêter sur la disparition du neveu de l’empereur, menacé d’être démembré par son mystérieux ravisseur. Arpentant la ville-lumière, ils iront de surprise en surprise afin de découvrir qui menace l’équilibre délicat entre êtres humains et féeriques.

Mon billet :

Dès que j’ai lu la quatrième de couverture j’ai eu envie de lire ce roman. J’étais en pleine période « roman policier » et la variante « fantastique » et « steampunk » étaient des variantes que je voulais explorer.

C’est un roman baroque et flamboyant. On est dans l’excès et les fioritures.  Une kyrielle de détails créent une ambiance très particulière. On hésite entre imagination et réalité. On a l’impression d’être à Paris sous le second empire tout en étant dans une ville complètement recrée, Séquana avec un fleuve du même nom, une ville fantastique et gothique. On a parfois des noms qui évoquent des éléments du passé réel et parfois c’est complètement imaginaire et entre les deux un jeu d’illusions. Gustave Doré, Ninon de l’Enclos, Haussmann… Hoffmann et Chamisso les rois de l’étrange ont des rôles dans cette histoire.

Le temps semble suivre sont propre cours à travers les allers-retours dans les passages entre le monde « réel » et le monde « féerique ». On baigne dans l’aura  des romantiques. Nous avons quelques explications de ses phénomènes étranges.

L’ambiance steampunk est très présente dès la description du personnage principal, Carrick, haut-de forme mécanique, canne-épée …La couverture du livre illustre parfaitement le personnage.  Les  automates font partie de la vie quotidienne et les instruments mi-magiques « mi-mécaniques »,

Hervé Jubert a su créer une ambiance de décadence parfois très glauque entre les beaux quartiers  et les bas-fonds. Les  orgies et bacchanales entre créatures humaines et magiques, ainsi que les pactes avec le diable nous plongent dans un hiver nocturne.

Nous allons suivre Georges Hercule Belisaire Beauregard, 20 ans beau et mystérieux avec des pouvoirs magiques et des appuis haut placés. Plusieurs affaires étranges vont croiser le chemin de cet ingénieur-mage.

Le monde onirique, la sorcellerie, les diableries, télépathie, manipulations mentales, cannibalisme et nécromancie sont le quotidien de ce monde assez gothique.

Les masques, artefacts et Comedia del Arte nous entrainent dans une ambiance de carnaval et de bals masqués mortifères. Derrière les tapisseries et décors de théâtres se cachent des êtres maléfiques et sournois. Arlequin, Pierrot, Pantalon, Colombine etc,  côtoient des « Coppelia »…

On est dans un univers citadin glauque et violent, que ce soit dans les ruelles ou les palais. Et à côté de ça on a des forêts avec des centaures  et des nymphes et tout cela s’entremêle.

En contrepoint nous avons des notes en bas de page tirées d’archives et autres documents (imaginaires), ainsi que du journal « Le voleur illustré » qui crédibilisent cet univers. Cela permet d’avoir un passé, un présent et un futur dans la même page.

Je vous laisse découvrir comment il mène ses enquêtes, les tenants et les aboutissants, ainsi que la place de la femme dans sa vie. « Sa quête » personnelle vient interférer dans tout cela.

En fin de volume nous avons un annuaire de Séquana. Tout est en place pour d’autres épisodes !

Dans un même roman nous avons plusieurs genres d’écriture, on sent que l’auteur a voulu jouer avec tes ces possibilités et entrainer le lecteur dans son sillage.

Je remercie Folio pour ce joli coup de cœur… j’ai vu que d’autres tomes vont suivre !

Le blog de l’auteur est une belle façon de prolonger l’aventure.

kokeshi coup de coeur

Article précédemment publié sur Canalblog