Comme un oiseau dans les nuages

Sandrine Kao

Éditions Syros, 6 janv 2022, 285 p, 16,95 €

Mes lectures Syros

Chronique Jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Que savons-nous des secrets qui nous lient à nos ancêtres ? 
Anna-Mei, seize ans, tient de sa mère ses origines chinoise et taïwanaise. Elle n’a pourtant presque aucun souvenir de cette mère, morte peu après sa naissance. Lors d’un concours de piano vital pour elle, Anna-Mei s’effondre, victime d’une angoisse venue de très loin. Sa grand-mère maternelle va alors lui raconter l’histoire fascinante des femmes de leur famille, car il est temps que les secrets enfouis soient enfin révélés…

Mes impressions de lecture :

Cela fait un petit moment que je n’ai pas lu un roman de Sandrine Kao. Dernier chroniqué ici « Un lapin peut changer une vie ».

Ce roman m’a fait penser à un roman adulte qui traite du même sujet « s’aimer, malgré tout » de Nicole Bordeleau, la couverture fait écho. Bien entendu les deux heures sont totalement différentes. Mais dans les deux cas les héroïnes souffrent à cause des secrets de famille et des souffrances ancestrales.

La couverture est magnifique est très reposante. Un contraste avec la dure réalité des héroïnes.

Le début du roman nous plonge dans les problèmes psychiatriques. Anna-Mei a-t-elle tenté de se suicider ? Ou développe t-elle des problèmes plus psychiatrique. On se rend tout de suite compte qu’elle cache des choses, mais quoi exactement ?

C’est un roman à deux voix qui en convoquent d’autres. Le confinement que nous avons connus en 2020 va aussi faire partie de cette reconstruction. Le huis clos, l’enfermement, le cocon…

J’ai beaucoup aimé ce dialogue entre la grand-mère et sa petite fille. Chacune à leur tour avancent dans leur « confession ». Du passé lointain on enchaîne les révélations sur l’histoire familiale et l’Histoire de la Chine au XXe siècle, tandis que la petite fille déroule les souvenirs qui l’on conduite à cette crise « psychotique ». Et si tout était lié ?

La grand-mère, est mère de substitution et aussi la détentrice de l’histoire familiale. La transmission va pouvoir se faire. Tout le monde n’a pas cette possibilité.

J’ai beaucoup aimé ces histoires de femmes qui a tour de rôle on dû affronter des épreuves. Des destins brisés, des lignées rompues.

On va découvrir si extraire du silence les secrets de la lignée maternelle va pouvoir expliquer et résoudre certains problèmes.

Bonne lecture.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance

Le chemin à l’envers

Claire Mazard

Éditions Syros, 8 avril 2021, 518 p., 17,95 €

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv :

Une enquête très personnelle et bouleversante, par l’autrice de Je te plumerai la tête.
Anne s’est toujours sentie comme une étrangère dans sa propre famille. Il y avait à la maison des photos de ses frères et sœur bébés, mais d’elle, non. À l’âge adulte, elle découvre qu’une femme s’est occupée d’elle durant sa petite enfance, loin de ses parents. Une femme dont on lui a caché l’existence. Sans presque aucun indice, Anne se lance alors dans une enquête vitale. Pour retrouver sa trace, et pour comprendre.

Mes impressions de lecture :

C’est un livre bouleversant car il  touche au plus profond de l’être, son essence,  ses racines et l’amour nécessaire à un enfant pour bien se développer. Cette quête va mettre en évidence toutes ces vies brisées.

On va suivre la quête d’Anne. On comprend qu’il s’agit d’une adulte et on découvre qu’elle est née en 1957. Cela a son importance sur ce qu’elle a vécu. À l’âge adulte elle les avait rayés de la carte de sa vie. Elle va retrouver ses parents âgés. Avec des questionnements sur sa toute petite enfance.

Ce roman se déroule en grande partie du côté d’ Arles mais aussi du côté de Paris. Deux lieux où elle a vécu. L’autrice va beaucoup  jouer avec des liens binaires et il faut attendre le troisième élément pour trouver un équilibre.

Anne va se remémorer sa vie et le retour sur la propriété familiale va révéler certains comportements. La vision d’une adulte sur son enfance permet le recul pour comprendre certains souvenirs et découvrir certaines facettes des adultes, ainsi que les enchainements des événements.

C’est un roman qui questionne sur son passé, ses racines, sur les secrets de famille qui peuvent faire souffrir des enfants même devenus adultes. Sur tout se qu’ont lui a refusé et caché.

C’est un roman qui traite de la mémoire, celle que garde notre corps et notre esprit. Il y a aussi les décès qui sont des pertes de témoignages de première main de la mémoire familiale. Il y a la maladie et la vieillesse qui font son œuvre. Il reste des objets et des photos qui sont des éléments tangibles sur lesquels s’appuyer. Ils ne mentent pas mais difficile de remonter le fil du temps.

Cette quête va devenir une vraie enquête puisqu’elle va partir à la recherche de personnes disparues de sa vie.

Heureusement Anne a su se faire accompagner par des personnes qui l’on soutenue sans mettre en doute ce manque.

Ce qui est beau dans cette histoire c’est qu’elle est devenu qui elle est car elle avait eu une personne lumineuse à un moment clé de sa vie… mais je ne veux rien vous dire.

« Le chemin à l’envers » est un roman jeunesse qui pourra peut-être aider des jeunes qui ressentent des zones d’ombres dans leur vie, souvent balayés par des adultes qui disent qu’ils affabulent, qu’ils se font des films…

C’est un roman qui peut être lu par des adultes et peut-être que certains faits feront écho à des choses ressentis.

Je ne veux pas vous dévoiler trop ce qu’à vécu et vit la narratrice dans ce roman à la première personne et les différentes étapes dans cette reconstruction.

Dans la construction de ce personnage ont a tendance à superposer l’autrice et sa vie, si j’ai bien compris c’est son histoire personnelle.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

De la même autrice dans la même collection :

Je te plumerai la tête

Les mystères de Honeychurch : T.1 Petits meurtres en héritage

Hannah Dennison

Trad.  : Raphaëlle Pache

Éditions City, oct. 2018, 335 p., 14,95 €

Mes lectures City

4e de couv. :

Ridiculisée par la presse people, Kat Stanford abandonne son émission de télévision à succès pour se réfugier au fin fond dans la campagne anglaise. Sa mère vient d’acheter une vieille bicoque à Honeychurch, un domaine appartenant à une prestigieuse famille d’aristocrates aussi désargentés qu’excentriques. Ah, les joies de la campagne ! Enfin, les joies, c’est vite dit… La maison de sa mère est une véritable ruine et son voisin est bien décidé à la faire déguerpir. Et puis, à peine arrivée, Kat est plongée dans un imbroglio mystérieux : une nurse disparaît et une domestique est retrouvée assassinée au fond du parc. Quand elle apprend en plus que sa mère écrit des romans érotiques et que ce n’est pas du tout le hasard qui l’a conduite au domaine, Kate se demande ce qu’elle va encore découvrir en arpentant les sombres couloirs du manoir de Honeychruch…

Ma chronique :

J’étais très intriguée par cette histoire qui semblait au premier abord dans la veine des « Agatha Raisin » ou des « Rendez-vous avec… », deux séries sympathiques que j’ai bien. Chacune à ses particularités et offrent un moment de détente sur  d’humour et de mystères.

Il semblerait que ce soit le premier épisode de la série « Les mystères Honeychurch », croisons les doigts pour que les autres épisodes soient traduits. C’est une histoire complète qui se suffit à elle-même. Il y a bien quelques petits détails qui permettront de rebondir.  Kat est une jeune femme qui veut changer de vie,  qui se croit investie d’un rôle de gardien de sa mère. Elle croit qu’elle contrôle tout.  On a l’idée de deuxième chance.

Le personnage principal est très contemporaine, trentenaire, qui vient de quitter la TV, qui la maîtresse d’un autre animateur TV  dont la femme est journaliste pour la presse à scandale. 

Dans un premier temps, j’ai beaucoup rit de voir cette jeune femme qui a tout planifié découvrir que sa mère (veuve) a déménagé sas la prévenir, elle à vendu la maison de Londres pour partir à la campagne à 300 km de là.  Son côté citadin qui fait tâche dans le paysage, les rebondissements pendant son voyage. Elle va de Charybde et Scylla, on a des gags très visuels. Arrivée sur les lieux, elle va découvrir des personnages hauts en couleur.

Petit à petit, même si l’humour reste un ressort de l’intrigue, on va partir sur d’autres pistes. Disparitions, meurtres, agressions. Ce n’est pas angoissant comme un thriller, c’est plutôt à l’Agatha Christie, on est dans du  « Cosy Mystery » . Le danger est présent, cela va donner une certaine intensité dramatique.

Le fil rouge de cette intrigue, c’est la famille, les relations être les membres et les secrets de famille. Secrets plus ou moins graves. Une grande partie de l’intrigue est basée sur les mensonges et l’identité. Qui sont-ils vraiment ? Cela commence par la fille qui croit connaître ses parents. Elle veut jouer le rôle du père défunt auprès de sa mère qu’elle croit complètement démunie face à la vie !

Avec Kat et son milieu, on est dans le monde du déballage médiatique. La vie privée s’étale sur tous les supports. Les liaisons sont connues et font partie du quotidien. Tout est possible, on n’a rien à cacher. Tout le contraire de ce qui se passe à Honeychurch.

Le passé va s’inviter de toute part et on va avoir un jeu de cache-cache avec les informations.

Dans la thématique familiale, on est dans une sorte de « huis clos ». On se retrouve avec des liens de parenté chez presque tous les suspects, c’est à la fois drôle avec des situations cocasses et parfois on se demande sur qui Kat et sa mère peuvent compter. Cela instaure un climat de suspicion notamment  lorsqu’on apprend qui est le policier local.

Le puzzle final est complet, chaque pièce va retrouver sa place. Beaucoup de mystères vont être résolus.

Un autre fil rouge est celui de l’adultère, cela va donner des situations savoureuses.

Ce que j’ai aimé, c’est le texte dans le texte, on va avoir des extraits de romans qui vont jouer un rôle dans les énigmes.

Ce qui m’a plu aussi c’est que Kat et Iris ne vont pas vraiment jouer aux détectives. Elles vont surtout mettre les pieds dans le plat.

Je remercie les Éditions City pour leur confiance.

1% rentrée 18

Article précédemment publié sur Canalblog

La ferme du bout du monde

Sarah Vaughan

Trad. Alice Delarbre

Éditions Préludes, avril 2017, 445 p., 16,90 €

ferme bout du monde

4e dec ouv. :

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Mon Billet :

J’hésitais un peu à lire ce roman car les histoires sous fond de seconde guerre mondiale ce n’est pas ma tasse de thé. Mais j’étais curieuse car il y a les deux époques qui sont présentes, hier et aujourd’hui, des femmes et un secret de famille.

Ce roman est bien construit, on passe bien des années quarante à notre époque. Ce n’est pas l’alternance systématique.  Dans un premier temps on à l’histoire d’une jeune fille d’aujourd’hui et celle d’une ferme avec des adolescents, donc on suit de chemins différents puis il va y avoir un personnage du passé et un du présent qui sont les mêmes à soixante-dix ans de distance. On a plusieurs chapitres qui nous racontent le vécu de tous ses personnages. Et parfois il y a un glissement délicat d’une époque à l’autre,  au niveau de l’écriture, donc de la lecture cela donne une autre dimension aux récits.

Le lecteur en sait plus que les personnages qui ne se confient pas les uns aux autres. Cependant l’auteure laisse des prénoms dans le flou pour ménager des surprises et des rebondissements au lecteur. Notre imagination fertile va deviner des choses et partir vers des suppositions. Le fait que le lecteur sache plus de chose que les personnages, cela rend la lecture plus palpitante, car il aura envie de participer ne serait-ce que pour dire « non pas lui, attention ! ».

Ce que Maggie a vécu jeune a eu des répercussions sur toute sa vie et celle de ses proches. Elle a gardé sa souffrance en elle et son comportement en tant que mère en a subit les conséquences. On le voit notamment au niveau du toucher. Elle a un tel blocage qu’elle n’arrive pas à prendre se enfants ou petits enfants dans ses bras jusqu’au moment où elle dévoile son secret. L’auteur a su rendre cohérent le comportement de ses personnages.

Ce n’est pas un roman larmoyant et plein de bons sentiments comme on pourrait le croire. Il y a des sentiments forts qui s’expriment avec virulence,  ce n’est pas évident de pardonner et de tourner la page lorsqu’on enfoui un secret. Il y est question de passion, d’amour et de haine…

La fin est assez intense, car il faut conclure, trancher dans le vif, il n’est plus temps de laisser les choses vivoter. Il y a un grand changement d’attitude entre le début et la fin du roman. On ne glisse pas lentement vers la mort physique et morale.

L’auteure à fait son travail d’écrivain jusqu’au bout. Elle a fait un pied de nez au passé. Aaaahh ! je ne dois pas spoiler… Pour ceux qui l’on lu c’est le lien entre les événements  du passé et du présent qui lient les personnages qui est bien trouvé (métiers des nouvelles générations).

Ce que j’ai aimé, c’est le travail sur les personnages. Elle nous montre chaque personnage dans une situation où ils doivent faire des choix. On suit leur parcours intérieur en période de crise. C’est la façon de réagir de chacun qui permettra à chaque lecteur de s’identifier, d’aimer ou de détester ce personnage. On laisse une deuxième chance  ou pas. Il y a tout un aspect psychologique et physique.

Les histoires personnelles sont aussi une façon de voir deux périodes bien différentes. On a le même lieu à deux époques différentes et les enjeux économiques et familiaux sont différents.

J’ai beaucoup aimé le côté racines terriennes, avec les lieux qui forgent les caractères. Je connais ce besoin de retour aux sources presque viscéral, ce qui rend très crédible certaines choses qui semblent romanesques.

Le thème de la mort est omniprésent. Il y a tous ces ancêtres qui ont construit le domaine bien sûr ainsi que ces nouvelles générations qui vivent sur le fil du rasoir. Il y a la notion de frontière entre l’envie de vivre et celle de mourir, le risque de basculer qui est renforcé par la présence des falaises, de la mer et des marées.

Il y a le premier personnage qui apparait au moment où il apprend qu’il est atteint d’un cancer. Nous avons Maggie qui approche des 90 ans et qui perds un peu de sa ténacité.  Il y a comme un compte à rebours qui se met en place car la vérité doit être dévoilée.

Il ya Lucy qui côtoie la mort dans un service de néo-natalité, la natalité et la mortalité intimement liées.

Il y a les accidents, les suicides et toutes les morts animales qui sont liées au monde de la ferme.

Bien évidement avec la période de guerre nous avons les bombardements, les soldats que partent pour ne pas revenir.

Toutes ses morts vont influencer le cours de l’histoire et le caractère des protagonistes.

Je ne vais pas vous dire que le roman se lit d’une traite car il y a 445 pages, cependant on a vraiment envie de savoir comment  cela va se terminer pour chaque personnages et les conséquences de la révélation de la vérité, du secret de famille. Le dernier quart il y a une nouvelle dynamique qui se met en place, qui moi m’a reboostée  dans ma lecture.

C’est un roman pour ceux qui aiment les sagas familiales, les passions contrariées, les secrets de famille et les deuxièmes vies.

La fin fin est très mignonne car il y a une ouverture vers le futur, contrairement à ce qu’on découvre au début de l’histoire qui allait vers un enfermement.  On sort de l’entonnoir, on enlève ses œillères …

Je remercie les Éditions Préludes qui m’ont présenté ce roman.

Article précédemment publié sur canalblog