Les larmes noires sur la terre

Sandrine Collette

Editions Denoël, coll. Sueurs froides, 2017, février 2017, 334 p., 19,90 €

Mes lectures Denoël

4e de couv. :

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé «la Casse».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties. Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la noirceur du quartier. Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix?

Mon Billet :

Je vais vous parler d’un roman que j’attendais avec impatience car les deux précédents romans de Sandrine  Collette m’ont laissés sans voix. Et pourtant j’ai mis plus d’un mois à le lire ! Vous allez voir pourquoi…

Ce que j’aime dans ce roman c’est son architecture. Chapitre après chapitre Sandrine Collette construit une spirale qui ressemble à une descente aux enfers. Les chapitres sont assez courts alors on les enchaîne rapidement…

Ce roman commence comme l’histoire de violences ordinaires d’ordre privée. Une jeune fille polynésienne se retrouve dans la campagne française avec un mari qui se révèle violent et une belle-mère despotique. Coupée de ses liens familiaux elle ne peut compter que sur elle-même. On voit malheureusement dans les faits divers que cela existe à côté de chez nous. On se doute que ça va mal finir avec l’escalade de la violence et de la maltraitance, le coup de trop etc. On a ensuite quelques sursauts d’espoirs mais c’est pour mieux plonger.

Sandrine collette va créer un climat social, et un lieu en France qui fait froid dans le dos. Une variante d’un campas comme celui de Sangatte. Là encore on a des images qui viennent étayer cette construction.

On suit la trajectoire de Moe et de son bébé. Dans un premier temps j’ai dévoré le livre et puis j’ai eu un blocage émotionnel au moment où elle est confrontée à un dilemme. C’était trop pour moi et j’ai dû poser le livre et lire d’autres choses entre deux lectures. C’est là qu’on se dit que l’auteure est très forte car elle a su insuffler à son histoire quelque chose de très prenant.

Il y a une sensation d’étouffement qui s’installe. On est en France, dans un camp social où il n’y a pratiquement pas d’espoir de sortir en vie. Il y a une placette formée par le feu central et autour voitures roulottes et caravane des habitantes. Fils barbelés, ordures, manque d’hygiène, violence, trafics en tout genre, pas d’école… tout le monde est sur le qui-vive et l’instinct de survie est primordial.

A partir de leur entrée à la Casse, on a une nouvelle façon de voir le monde. Un nouveau vase clos. Après l’île et la famille, Moe a connu la campagne française un autre petit microcosme. La troisième étape c’est la casse et sa courette où elle va vivre avec cinq femmes très abîmées par la vie qui essaient de se créer une bulle de protection. Chacune a une certaine philosophie en elle.

Moe depuis toujours à l’art de prendre les mauvaises décisions. Et là, ces cinq femmes vont essayer de la guider+ Chacune (ou presque) va raconter son histoire et ce qui les a conduites là et c’est un peu sensé leur montrer qu’elle est en train de prendre de mauvaises décisions. Elle n’y  voit pas toujours ce côté « parabole » et se fourvoie encore et encore. Elle n’arrive pas à se servir de l’expérience des autres. C’est plus fort qu’elle. Elle croit qu’elle s’en sortira mieux que les autres et vlan elle descend d’un cran. Grâce à l’entraide et à la main tendue, elle ressort un peu la tête de l’eau… mais pas longtemps !

Ce que j’ai aimé, c’est ce côté clan de femmes. Tout n’est pas rose, elles ne sont pas des saintes, mais elles ont bien compris que seules elles seraient mortes depuis longtemps. On retrouve cette thématique qui me plaît, celle de la famille que l’on se crée !

***

Si vous mettez cette histoire dans le contexte politique mondial actuel, elle entre en résonance et c’est encore plus effrayant de se dire que cela pourrait arriver.

Dernièrement j’ai vu un reportage sur les « Kamalari » c’est petites népalaises qui se retrouvent vendues par leurs parents pour faire du ménages et autres travaux. Ces petites filles se retrouvent piégées. C’est tellement ancré dans leur culture que c’est une fatalité acceptée. Urmila est la porte parole d’une ONG qui l’a aidée à s’en sortir.

D’autre part j’ai lu un roman qui traite des «ospedale » (orphelinats à Venise) qui pendant quelques siècle à servit de refuge aux fillettes abandonnées. Elles passaient ensuite quasiment leur vie à travailler pour l’orphelinat pour payer leur dette. « Sonate Oubliée » de Christiana Moreau.

***

Jusqu’à la fin on souffre avec Moe et les autres. Sandrine Collette manie l’art du suspens jusqu’au bout. Elle n’édulcore rien, elle tranche dans le vif et emporte ses lecteurs !

Je remercie les Éditions Denoël pour cette belle lecture.

Qui en parle ?

DUP

Stephanie plaisir de lire

Sur la route de Jostein

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Article précédemment publié sur Canalblog

Six fourmis blanches

Sandrine Collette

Denoël, Sueurs froides, janv. 2015, 276 p., 19,90€

Mes Lectures Denoël

4 e de couv :

Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper?
Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant.
À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches…
Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

Anecdote :

Lire cette histoire alors qu’il neige dehors, que le froid s’installe et que le vent siffle dans les volets, cela fait encore plus frissonner ! Dup nous avait averti dans son avis ….

Conclusion je n’aime pas le froid et je suis peux attirée par la montagne, après ce roman cela renforce mon opinion.

Ma chronique :

C’est le premier roman de Sandrine Collette que je lisais et je ne savais pas trop à quoi m’attendre.

La Couverture de Stanislas Zigart joue avec le blanc, argenté et le noir. On retrouve les couleurs d’un autre roman de la même collection.

Que sommes nous face aux éléments naturels et surnaturels ?

En lisant se roman quatre mots  me venaient à l’esprit : Limites/Frontières/froids/ Forces.

Limite de l’esprit, de l’entendement, du supportable et de la folie. Les personnages vont expérimenter des situations auxquelles ils n’étaient pas préparés.

Frontière entre le visible et l’invisible. Frontière entre l’Albanie et l’Europe. Frontière naturelles et des traditions. L’auteure a choisi un milieu assez fermé, celui de la montagne, que ce soit en Albanie ou ailleurs peu importe, seule existe les parois et les crevasses, les villages isolés et les huis clos en pleine nature, cela peut paraître paradoxal mais pour c’est ce qui se passe.

Force morale, force de la nature et forces du mal. Vouloir rester du côté du bien, ne pas se laisser vers le côté obscure que nous avons tous en nous. Survivre en milieu hostile.

Froid intense voire extrême.

Cette histoire nous emmène au-delà du supportable, au-delà de l’imaginable il semble y avoir encore des choses !

On est au-delà de la vie et de la mort.

L’auteure joue avec l’ascension et la chute, une alternance entre les hauts et les bas –physiques ou mentaux-.  Elle utilise des rythmes lents et rythmes rapides selon si les personnages s’enfoncent dans la neige ou s’ils courent pour sauver leur peau …

Nous allons suivre les personnages sur six jours en enfer. Il y a toute une thématique sur l’effet de groupe. Ils ne se connaissent pas tous avant cette randonnée et ensuite il va falloir vire ensemble et se battre…

La construction avec deux narrateurs (homme/femme) qui racontent deux histoires différentes intrigue le lecteur, on se demande à quel moment elles vont se rejoindre. Les deux histoires se passent dans la même région mais pas en même temps. Les deux histoires commencent doucement, comme on lit un thriller on commence a se monter des scenarii dans la têt. Petit à petit on sent monter l’adrénaline et l’angoisse, puis tout bascule et nous avec…

C’est la tempête dans les têtes et dans les corps.

Il y a un avant et après, c’est irréversible…

Je remercie les éditions Denoël de m’avoir permis de découvrir le tout nouveau Sandrine Collette. J’avais découvert il y a peu la collection « sueur froide » et j’avais vu que deux titres avaient déjà été publiés.

Une auteure que je vais continuer à suivre.

Qui en parle ?

Dup

Delcyfaro

Lilly

Article précédemment publié sur Canalblog