Bleu nuit

Dima Abdallah

Sabine Wespieser Éditeur, janv 2022, 228 p., 20€

4e de couv. :
Dans un périmètre bien délimité autour du cimetière du Père-Lachaise, il change d’emplacement tous les soirs, cherchant à conjurer les violentes réminiscences qui malgré tout le hantent : ce bleu profond de la mer qui l’obsède, ce soleil écrasant… Réfugié dans sa nouvelle errance, il ponctue ses semaines par des échanges fugaces, mais quotidiens, avec des femmes ou des jeunes filles, toujours les mêmes, dont le prénom rime avec celui de son Alma disparue. À son insu, comme si ces figures le révélaient à lui-même, des images refoulées de vergers en fleurs, des odeurs d’iode, d’anis ou de jasmin le submergent…Dans un périmètre bien délimité autour du cimetière du Père-Lachaise, il change d’emplacement tous les soirs, cherchant à conjurer les violentes réminiscences qui malgré tout le hantent : ce bleu profond de la mer qui l’obsède, ce soleil écrasant… Réfugié dans sa nouvelle errance, il ponctue ses semaines par des échanges fugaces, mais quotidiens, avec des femmes ou des jeunes filles, toujours les mêmes, dont le prénom rime avec celui de son Alma disparue. À son insu, comme si ces figures le révélaient à lui-même, des images refoulées de vergers en fleurs, des odeurs d’iode, d’anis ou de jasmin le submergent…

Mes impressions de lecture :

J’ai lu cet roman car l’autrice doit venir à la librairie près de chez moi. Souvent j’écoute les auteurs, j’achète l’un de leur roman et après je mets un temps fou à les lire… Là j’ai eu envie de faire le contraire. J’ai donc le roman avant.

Samedi 26 mars 17h, librairie le nom de l’homme à Lagrasse (11220)

J’ai trouvé ce roman très cinématographique. J’avais l’impression qu’une caméra déambulait dans les rues à mi-hauteur avec une voix off qui commentait ce que faisait le narrateur. La hauteur du point de vue est importante pour ne pas avoir l’impression de surplomber les gens. Il est question de bancs, de trottoirs, de seuils de portes. L’arrivée de Minuit la chienne a accentué cette impression que j’avais. Le narrateur observe certaines personnes de loin sans attirer le regard et on n’a pas l’impression qu’il les regarde dans les yeux lorsqu’elles sont près. 

C’était très touchant de l’écouter faire ses observations et les interprétations des signes. Pas besoin d’être dans la rue pour être seul et malheureux. Chacun est dans sa propre bulle de souffrance et de solitude.

J’ai trouvé que l’écriture de Dima Abdallah était tout en délicatesse, pudeur et bienveillance. Le personnage est en empathie avec ces femmes qui croisent sa route. Il les comprend à l’aune de son propre vécu.

Ce roman est fait d’étapes, le narrateur évolue dans tous les sens du terme. Il avance par étapes. Une lente descente malgré sa résistance il n’a plus de vrai but dans la vie.

J’avais très peur que le sujet soit « plombant » mais pas du tout car il est empreint d’humanité et de tendresse, les réflexions sont clairvoyantes. Il est beaucoup question de vie et de mort, de bien vivre et de bien mourir. C’est émouvant mais sans pathos. Mais il y a un côté lumineux qui rend les choses plus éthérées. Je ne sais pas comment l’expliquer, c’est touchant mais pas triste.

J’ai beaucoup aimé les passages du « carnet » c’est plus intime, voire poétique. Et toute cette couleur bleue …

Il y a bien de choses à explorer dans cette déambulation physique et mentale, que je vous laisse découvrir au gré de vos émotions et de vos humeurs.

J’ai découvert une belle écriture et cela me donne envie de lire « mauvaises herbes », j’avais hésité lors de sa sortie à cause du sujet…

Les trois lumières

Claire Keegan

Trad. Jacqueline Odin

2011, 108 p.

Sabine Wiespieser éditeur.

Lu dans le cadre du club de lecture d’auf

3 l gra d

4e de couv :

Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande
rurale. Bien qu’elle ait pour tout bagage les vêtements qu’elle porte, son séjour chez les Kinsella,
des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s’agit de la
soulager jusqu’à l’arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes.

Ma chronique :

Un très joli titre pour ce récit irlandais.

Les trois lumières font leur apparition à un moment très particulier de l’histoire. Un moment très touchant.

J’ai trouvé la chute terrible et dérangeante.

Il y a beaucoup de souffrance enfouie, contenue.

Le fait que les enfants n’aient pas de nom est très significatif, ils n’ont pas encore de place attitrée.

On a l’impression que le père se débarrasse d’une bouche à nourrir dans la famille de sa femme. Sa femme qui enchaîne les grossesses pendant qu’il accumule les dettes de jeu.

La fillette va découvrir le respect, la tendresse, la confiance. En peu de temps, elle va recevoir quelques belles leçons de vie qu’elle va pouvoir mettre en application.

Trois être vont recevoir un peu de lumière et avoir droit à une part de bonheur, mais nul n’est à l’abri du malheur.

Un récit pudique sur le misère financière, morale et émotionnelle.

Je remercie les copines du club de lecture d’auf pour cette jolie découverte. J’ai les nouvelles « Antarctique » sous la main, mais vais-je retrouver la même magie. On verra bien.

Un petit mot sur cette maison d’édition dont c’est le premier livre que je lis. Le format et la souplesse rend très agréable la lecture. J’aime la sobriété de la couverture.

J’ai lu ce récit, car je viens de voir qu’il vient de sortir chez 10/18, c’est dire s’il était temps de le lire ! Je ne comprend pas trop la couverture qu’ils ont choisit.

3 l poche

NB : fini de lire le 24  août 2012

Article précédemment publié sur canalblog