Et avec votre Esprit

Alexis Laipsker

Éditions Michel Lafon, 27 fév. 2020, 414 p., 18,95 €

Mes Lectures Michel Lafon

et avec votre esprit

4e de couv. :
Appelée d’urgence à l’Institut des sciences de Strasbourg suite à la découverte du cadavre atrocement mutilé du prix Nobel de chimie, la commissaire Pourson se retrouve confrontée à une scène de crime aussi sanglante qu’énigmatique…
Au même moment dans la région lyonnaise, le lieutenant Vairne, connu pour ses méthodes un peu particulières et son obsession des probabilités mathématiques, doit mener l’enquête sur la disparition soudaine et inexpliquée d’un éminent physicien. Tandis qu’il cherche à remonter sa piste, chaque nouvel indice semble épaissir encore le mystère de cette affaire, le convainquant d’une conspiration au plus haut sommet. Quel sombre secret unit ces cerveaux de renommée internationale ?
Bien décidés à le découvrir, Pourson et Vairne vont devoir s’allier pour déjouer cette froide machination…

Ma chronique :

Lorsque j’ai vu la couverture du livre et son titre j’ai tout de suite été attirée. Je ne connaissais pas l’auteur et pour cause c’est son premier roman. La quatrième de couverture à fini de me convaincre qu’il fallait que je le lise.

J’ai eu le plaisir de le recevoir un exemplaire avec une dédicace à mon nom, merci.

Je me suis lancé dans cette lecture le week-end de Pâques… oui à cause du titre. J’ai eu du mal à le lâcher. En temps que lectrice on a nos préférences et nos agacements… Autant je comprends ce besoin de commencer fort pour accrocher le lecteur autant ça m’agace, ce fut le cas ici avec le meurtre en version directe et détaillée dans le premier chapitre. Je me suis dit pourvu que ça ne soit pas comme ça tout le long… C’est là que la réputation d’une maison d’édition fait qu’on se dit  « chez Michel Lafon  on ne fait pas dans le gore ». Oui l’auteur joue avec le cerveau de ces personnages et celui de ses lecteurs mais pas avec de l’hémoglobine à tout crin.

Ce que j’ai aimé entre autre c’est la présence féminine aux commandes des enquêtes. Elles sont belles, fortes et intelligentes et indépendantes. Elles ne sont que deux mais elles vont jouer des rôles déterminants. Le personnage central est un homme lui aussi séducteur, joueur, forte tête et intelligent… Il va jouer le rôle de pivot, même si à un moment donné il a laissé de côté une partie de l’enquête. On aura évidemment aussi des tensions sexuelles.

La narration est à la troisième personne on va donc pouvoir suivre plusieurs lieux : Paris, Lyon, Strasbourg etc. Alexis Laipsker a décidé de construire sa narration en alternant les deux équipes qui vont rapidement se former. C’est une méthode classique pour maintenir le lecteur attentif. D’autant qu’il joue avec les chutes et cliffhangers en fin de chapitre, vous savez le truc qui vous agace parce qu’il faut lire le chapitre suivant (sans pouvoir le sauter) pour avoir la réponse ! Cela fonctionne bien puisqu’ainsi on peut suivre deux enquêtes différentes qui semblent avoir un lien entre elles sans vraiment le savoir. Du coup le lecteur parfois comprend certaines choses avant les enquêteurs.

J’ai beaucoup aimé la spécificité du lieutenant Vairne à savoir les probabilités et son passé de joueur de Poker. Il analyse tout avec ce prisme très particulier. En regardant de prés on découvre que l’auteur est un spécialiste du poker.

C’est un roman qui allie réflexion et action ce qui donne des variations de rythmes qui stimule la lecture. Pas trop le temps de s’apesantir.

Quelques éléments surprenants : coopérations entre les différents services de police, partage des informations, déplacements très aisés, c’est aussi normal que deux policiers se retrouvent sans téléphone pendant un jour ou deux (alors que toi ton téléphone casse et tu vas vite t’en chercher un dans n’importe quel commerce). Bon d’accord cela contribue à l’aspect dramatique de l’histoire.

La résolution de l’énigme comporte quelques mises en lumière et d’autres restent un peu dans l’ombre. Un peu comme dans la vraie vie… ainsi soit-il !

Le sujet est intéressant par qu’il est abordé sous différentes facettes, médical (avec plusieurs focus), criminel, financier, politique…

En conclusion je dirais que c’est un bon roman policier et j’espère que c’est la naissance d’un duo d’enquêteurs qui va collaborer sur d’autres affaires. Les personnages méritent d’être plus développés dans d’autres épisodes.

Que la paix soit avec vous… la messe est dite ! lol Rassurez-vous on est loin des croyances et de la religion.

Je remercie des Éditions Michel Lafon de leur confiance.

lafon

Qui en parle ?

DUP

Accrodeslivres

Article précédement publié sur Canalblog

Son espionne royale (1) mène l’enquête

Rhys Bowen

Trad. Blandine Longre

Robert Laffont, La bête noire, juin 2019, 339 p., 14,90 €

Mes lectures Robert Laffont la Bête Noire

sons espionne royale 1

4e de couv. :

Londres, 1932.
Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres. Et voilà qu’en plus ce dernier veut la marier à un prince roumain !
Georgie, qui refuse qu’on lui dicte sa vie, s’enfuit à Londres pour échapper à cette funeste promesse de mariage : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même.
Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine la convoque à Buckingham pour la charger d’une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Américaine…Entre Downton Abbey etThe Crown, une série d’enquêtes royales so British !

Ma chronique :

Dès que j’ai entendu parler de cette nouvelle série j’ai eu envie de la lire. Cela complète ma facette amatrice de cosy mystery.

Lorsque, j’ai débuté la lecture j’ai tout de suite adhéré au personnage. Quand Georgie arrive à Londres j’ai pensé à Tuppence dans « Mr Brown » d’Agatha Christie (1923) quand elle cherche un emploi… Dans les deux cas on y voit la place des femmes dans cette société et de  la jeunesse de façon générale.

Il y a une mise en place du décor social. On est en 1932, on est entre les deux guerres, avec des tensions avec l’Allemagne qui commencent à pointer,  ainsi que tous les changements dans la société anglaise. Les jeunes aristocrates qui ont dû mal à trouver leur place avec les revenus qui ont diminué après la crise de 29 aux États-Unis.

On débute avec les mésaventures de la pauvre petite fille riche qui découvre la vie avec tous les quiproquos qui  vont surgir des rencontres. Prenez patience la mise en place ce fait en douceur (façon de parler) et le grand drame va avoir lieu vers le milieu du roman.

J’ai bien aimé le personnage de Georgie, j’ai eu peur d’avoir à suivre une écervelée, mais pas du tout c’est une jeune femme au caractère bien trempée, elle a les gênes de ces ancêtre écossais et d’autre par le côté  Cockney.

Dans ce genre littéraire on se retrouve vite dans un duo, comme on est sur un premier tome ce n’est pas encore bien défini on a avoir un personnage masculin et un personnage féminin qui vont venir la seconder. L’amitié et plus si affinités, des rencontres avec la mouvance artistique…

J’ai retrouvé ce que j’aime  dans ce genre littéraire c’est-à-dire l’humour. Que ce soit dans les situations rocambolesques, dans les répliques ou dans les personnages dont le trait est parfois un peu forcé.

Ce cosy mystery  so british sort du lot des nouvelles séries qui voient le jour depuis quelques années par le choix de l’époque historique  et de la classe sociale. J’ai le tome II dans ma Pal est j’espère qu’on aura d’autres aventures qui suivront.

L’autre particularité de cette série c’est que cela se présente comme un journal intime de la jeune aristocrate sans le sou livrée à elle-même dans la Capitale.

Une lecture détente qui enchantera votre été, mais aussi toute l’année. Pensez à faire provision de thé et de crumpets !

Je remercie les Éditions Robert Laffont, la bête noire de leur confiance.

bête noire

Flic de papier

Guy Rechenmann

Éditions du Cairn, 2018, 241 p., 10 €

Enquête 1

flic de papier

4 e de couv :

Un homme disparaît au Cap‐Ferret.
La disparition, c’est une blessure jamais refermée et c’est l’histoire d’Anselme Viloc.
Bizarrement dans cette affaire il n’y a pas le moindre embryon de piste. De plus, ici les gens parlent peu aux étrangers, encore moins aux flics ! Par chance il a noué des liens avec Éric le jeune pilote de la navette et David, le patron de l’Escale. Eux, ils connaissent du monde !
Ce roman vous entraîne dans un univers aux énigmes imbriquées, rythmées par les humeurs d’un bassin d’Arcachon imprévisible et la réapparition d’un amour perdu….

Ma chronique :

J’ai découvert cette série par le T3 et et T4. Il était temps que je commence par le début. Je vous recommande fortement de lire cette série dans l’ordre car ce qui fait le charme de ces aventures c’est ce qui arrive au policier qui enquête.

Je me suis régalée à remonter vers la source. C’est un peu comme si on vérifiait que l’auteur ne nous a pas raconté des mensonges plus tard ! Il y a des petits détails qui sont comme des clins d’œil pour le lecteur qui lirait comme moi les tomes à l’envers, je pense notamment au magnétisme et circulation d’énergie sujet développé dans un autre roman, mais chut ceci est une autre histoire !

Le tome 1 d’une série c’est là où tout doit se jouer pour avoir avoir envie de poursuivre avec les épisodes suivants. C’est aussi le tome où l’on présente les personnages, exercice délicat ne pas trop en dire pour en laisser pour la suite et en même temps en dire assez pour commencer à cerner le personnage principal. Dans ce premier épisode l’équilibre est maintenu. Et sans spolier il utilise une ruse pour faire agrandir son cercle (désolée de rester énigmatique), très astucieux !

Si vous aimez le bassin d’Arcachon, vous y retrouverez des lieux emblématiques. Et vous aurez envie d’iode, d’huîtres et de vin blanc…

Si vous aimez les chats alors vous allez être servis en histoires très spéciales et vous aurez envie d’en caresser un.

Si vous aimez les chevaux et les courses hippiques je vous pari que vous allez en entendre parler !

Si vous aimez les histoires de belles rencontres, vous serez gâtés. Anselme Viloc est très attachant et touchant.

Si vous aimez les histoires qui se passent fin des années 80, vous y retrouverez des scènes comme on n’en voit plus, des salles de PMU enfumées et un téléphone gris à fil !

Si vous aimez les enquêtes où tout n’est pas résolu en 24h chrono, sans course poursuite, ni des litres hémoglobine alors ce roman est pour vous.

Cela commence par une disparition et cela fini par …[je ne dois pas spoiler] mais tout ne fini pas bien… J’allais dire que la boucle est bouclée mais c’est comme un ruban de Moebius.

Si vous aimez ce roman il vous reste 3 autres épisodes déjà publiés pour continuer à vous faire plaisir.

Car il vous reste bien des choses laissé en chantier pour vous donner envie de découvrir plus amplement Anselme Viloc.

Et l’enquête me direz vous ? Il suffit de savoir que sans la ténacité d’Anselme il n’y aurait peut-être pas eu d’enquête. Il va mettre le temps qu’il faut mais il résoudra quelques mystères. C’est un flic de papier car il écrit de beaux rapports mais c’est aussi un flic de papier car je n’imagine pas que dans la police réelle cela se passe pas ainsi même dans les années 80. C’est la magie de la fiction !

Petite info le tome 2 vient de sortir dernièrement aux Éditions du Cairn.

J’adore la couverture de ce tome ! Ce côté sombre et morbide autour de la mort, ce n’est pas le numéro de la Bête mais presque, ahahah!

Vous l’aurez compris j’aime beaucoup cette série, Anselme Viloc est si humain que l’on croit connaître pour de vrai ce personnage.

J’espère que l’auteur ne surveille pas trop la météo et qu’il écrit d’autres épisodes…

Je remercie C, pour ce cadeau.

cairn

Article précédemment publié sur Canalblog

Même le scorpion pleure

Guy Rechenman

Éditions Cair, 2018, 230 p., 16 €

Enquête 4

 Challenge The Black November 2018

scorpion pleure

4e de couv. :

Il est des sourires qui camouflent la peine. D’autres cachent la malice, voire le vice, tel celui qu’Anselme Viloc voit se dessiner sur les lèvres de l’une des personnes présentes à l’enterrement de son ami Augustin. Augustin, le colosse, l’indestructible, pourtant mort subitement.
Un viager, une mort inattendue, et ce sourire… Un sourire qui le dérange, le hante même… Anselme, le flic de papier, doit comprendre, mener l’enquête pour chasser cette peine qui l’étreint.

Ma chronique :

On m’a offert ce roman car j’avais l’intention d’aller voir l’auteur et son attachée de presse/épouse au festival du livre de Collioure en septembre. Non seulement, je n’ai  eu   le temps de  lire ce roman à ce moment-là, mais je n’ai pu y  aller.

The Black November organisé  par Severine Lenté sur Facebook a été le petit déclencheur pour sortir ce livre de ma PAL. Dans la catégorie -300 p.

J’avais découvert le personnage Anselme Viloc dans « A la place de l’autre »,  j’ai bien aimé cet inspecteur de police assez original qui aime suivre ses intuitions ainsi que d’autres personnages récurrents qui forment une sorte de clan.

Avec les enquêtes d’Anselme Viloc, on fait un petit bond au début des années 90… pas de portable, pas d’internet… on se sert de sont réseaux social, on cherche dans les livres, on demande conseil au libraire du coin…

Dans cette série, on a plusieurs trames : la vie de famille et les amis, la vie intime, l’enquête. Parfois tout se mêle et des interactions inattendues vont permettre de résoudre l’une ou l’autre des quêtes. Dans l’histoire précédente il restait en suspend une étape dans sa quête intime.

Les vacances de cet inspecteur ne vont pas être de tout repos.  Il va mettre en évidence la possibilité d’une escroquerie au viager. Son sens du détail et d’observation va lue mettre sur cette piste insoupçonnable.

D’autre part il continue ses recherches sur ses parents, il est né sous X le 13 novembre 1952 du côté de Lille mais il ne retrouve aucun dossier à son nom… Cette particularité le rend attachant car il semble émotionnellement fragile et hypersensible.

On va le suivre dans ses découvertes concernant son thème astral, ses séances psy et ce qui touche à la sourcellerie…  Bien que septique il va devoir accepter ses façons peut orthodoxe de résoudre des énigmes. Enfin de volume on a même le thème astral du personnage comme s’il s’agissait d’une personne réelle !

Quand enfin il croit avoir résolu les différentes énigmes il va devoir encore surmonter une nouvelle épreuve. Il y a plusieurs strates de passé et de mémoire.

Anselme vit plusieurs types de deuils (ami, enfance, parents…) toutes ses interrogations vont lui faire vivre des émotions assez fortes qu’il doit surmonter. Sera-t-il assez fort pour tenir le coup ?

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé la baie d’Arcachon et le Cap Ferret qui sont le théâtre des opérations des aventures d’Anselme Viloc. Cela donne envie d’y aller malgré les mésaventures …

C’est un roman policier qui se lit tranquillement il a un rythme qui me convient avec des digressions et les différentes interactions entre les personnages.

Il faudra que je me procure « Flic de papier » et « Fausse note » pour découvrir les deux premières enquêtes.

Le challenge continue… du 05 au 11 novembre Un thriller avec un seul mot dans le titre…

cairn

Article précédemment publié sur canal blog

Vous trouverez sur ce blog :

Flic de papier

Fausse note

A la place de l’autre

A la place de l’autre

Guy Rechenmann

Éditions Vents Salés 2016, 285 p., 19,50€

a la place de l'autre

4e de couv. :

Un jour de septembre, 6 h 45. La pointe du Cap-Ferret est déserte. Les touristes ont décampé et les rares sédentaires ne se risquent pas si tôt face à un océan d’humeur changeante. Alors que fait là cette silhouette immobile perdue au milieu des blockhaus ? Qu’attend-elle, cette jeune femme ? Cela m’interpelle, moi, Anselme Viloc, le « flic de papier ». En règle générale je fuis les enquêtes ordinaires, j’ai le don de dénicher le grain de sable qui grippe les belles mécaniques assassines. Je ne lâche aucune affaire ! La guerre et les bâtisseurs du mur de l’Atlantique, un enfant et un chat, autant d’indices à prendre en compte. De Bouliac à la Chalosse, d’Arcachon à Andernos, Marie, Clémence, Marina… trois générations d’une même famille. Noyées dans la folie…

Ma chronique :

J’ai découvert cet auteur et ses écrits à travers ses interventions sur FB et l’enthousiasme de son agent littéraire (son  épouse cela va de soi !). La curiosité m’a poussé à aller les rencontrer au Festival du livre de Collioure « D’une mer à l’autre » (66190) qui a lieu le premier week-end de septembre. C’est en toute convivialité qu’on est passé du virtuel au réel sans surprise.

J’ai donc acheté ce roman. Mais c’est délicat lorsqu’on « connaît » la personne, une petite appréhension  née… Et si je n’aimais pas ? je ne sais pas si c’est cette crainte ou parce que ma bibliothèque est un véritable capharnaüm mais le livre s’est retrouvé enseveli… Oui les livres se cachent parfois à croire qu’il y a un lecteur fantôme dans ma bibliothèque !

Le  livre est réapparu il y a peu alors j’ai décidé de le lire avant le prochain Festival de Collioure !

Ce roman est le troisième avec Anselme Viloc mais je n’ai nullement été dérangée de ne pas avoir lu les deux précédents. Il y a quelques références qui nous sont expliquées sans trop spoiler pour avoir envie de revenir aux sources !

Ce qui m’a attiré dans les romans de Guy Rechenmann c’est le fait qu’il y ai un personnage qu’on voit évoluer d’une enquête à l’autre. Alors avant l’enquête elle-même ce sont les caractéristiques de ce personnage qui m’intéressent : Où vit-il ? Avec qui ? Y a t il un personnage absent dans vie ? Quel est son caractère ? Comment se comporte t-il avec les autres ? Quelle est l’attitude de ceux qui le croisent et le côtoient ? Est-il seul ou accompagné ? Qu’il soit sympathique ou antipathique, il faut qu’il impose sa présence. Ce sont là mes exigences de lectrice.

Anselme Viloc, c’est son nom… Dans ma tête il y a du Arsène Lupin et de l’Eugène-François Vidocq dans l’air… ouh là ! Jeux avec les  mots à surveiller… Il a un côté gentleman et un côté policier.

Ce que j’ai aimé dans ce personnage c’est qu’il a une vie équilibrée avec une touche de fantaisie. Cela nous change des policiers dépressifs et alcoolique. En fait il a crée une sorte de tribu autour de lui, et ça me plait ! Ils ont tous leurs petites particularités. J’ai une petite préférence pour la petite Lily. Les interactions entre les membres de ce clan sont intéressantes.

Ce qui m’a fait sourire, c’est qu’il est policier et son supérieur (il vaut son pesant de cacahouète)  le suit dans sa façon peu conventionnelle d’enquêter. Là où on voit qu’on est dans la fiction c’est qu’il reste sur la même affaire avec J son second pendant plusieurs mois. Cela m’étonnerait que dans la police cela se passe ainsi ! C’est justement que l’enquête se déroule sur plusieurs mois qui est intéressant.

Une spécificité de ce policier c’est qu’il aime écrire des rapports détaillés et littéraires, d’où son surnom de flic de papier obtenu lors de sa première affaire.

J’aime sa façon d’observer et d’aller plus loin, au-delà des apparences.

Cette histoire se déroule entre 1992-1993. Il y a beaucoup de références au jazz et au cinéma. J’ai essayé de guetter la petite erreur de datation, je n’en ai pas trouvé. Il n’y a qu’un mot dans une expression qui a attiré mon attention « tsunami », c’est un mot qui existe depuis longtemps mais dans les conversations je n’ai pas souvenir de l’avoir entendu avant le tsunami de 2004, c’est un détail. On a quelques repères avec des faits réels comme le décès d’un musicien etc. L’histoire est bien ancrée dans l’époque.  Cette période est importante car cela permet d’introduire une période du passé un peu trouble de Bordeaux. Anselme Viloc va aller aux origines du mal, le vent va déterrer le passé, mais il devra creuser un peu plus profondément.

Ce roman policier, c’est ce qu’on a tendance à appeler un roman policier de terroir, rien de péjoratif pour moi. Cela permet de mettre en évidence l’importance du lieu, de la région avec ces spécificités et son histoire. N’étant pas de cette région je fais confiance  à l’auteur qui m’a l’air d’être très documenté au vue des anecdotes. Donc nous sommes dans le bassin d’Arcachon avec en arrière plan Bordeaux et la côte …

Ce livre rentre dans le cadre de mes lectures « voyageur immobile », j’ai l’impression d’avoir visité cette partie du Sud Ouest.

Je vous ai parlé du personnage principal (à vous de découvrir les autres !), l’époque où l’enquête à lieu, mais qu’en est –il de la l’enquête ? Elle est intéressante. Il y a une certaine lenteur car il faut suivre les méandres de l’esprit humain. L’aspect psychologique est primordial, mais n’en disons pas trop. Point de course poursuite et de policier qui dégaine son pistolet à tout crin. J’ai pris grand plaisir à le suivre, même si j’avais repéré le suspect bien avant qu’il le soit mais n’ayant pas tous les éléments je ne connaissais pas le mobile. Très logique (est-ce le terme adéquat), on a plus ou moins toutes les réponses à la fin.

Je ne vous ai pas parlé de l’écriture. C’est un roman très fluide divisé en chapitres aux titres significatifs. L’écriture est fluide et on se laisse emporter par les différentes histoires qui s’emboîtent telles des  pièces d’un puzzle. Il ya quelques mots qui sont me semble t-il régionaux qui donne la touche locale. J’ai beaucoup aimé la qualité de français et les jeux de langage.

La couverture est en adéquation avec la narration.

La cuisine et l’alcool sont  assez absents mais on a comme une envie d’iode et de vin blanc  pendant la lecture ! C’est peut-être l’influence des apéritifs littéraires au Cap-Ferret où je n’ai jamais mis les pieds !

C’est donc avec plaisir que je vais continuer à suivre ses investigations…

Les détectives du Yorkshire 1. Rendez-vous avec le crime

Julia Chapman

Trad Dominique Hass

Robert laffont, La bête noire, 2018, 384 p., 14,90 €

Babelio/ La bête noire

4e de couv. :

Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !
Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Mon Billet :

J’ai été attirée par le synopsis et par le fait qu’il s’agisse d’une enquête en duo. J’aime les personnages récurrents dans les romans policiers. De plus les prénoms des protagonistes Samson et Delilah laisse présager une dose d’humour avec ce jeu d’homophonie avec les personnages bibliques. Dalila qui coupa les cheveux de Samson pour lui retirer sa force. Tiens tiens notre détective aussi a les cheveux un peu longs !  Dans ce duo, on retrouve la dualité pulsion-répulsion. Je t’aime moi non plus et inversement.

Nous avons une trame policière avec une enquête et en contrepoint la trame personnelle. Samson revient dans son village natal qu’il a quitté assez abruptement. Quatorze ans ont passé mais on lui en tient rigueur. De son côté lui aussi à de sérieux contentieux avec les gens de sa jeunesse. Pourquoi revenir alors ? Cela fait partie de ses petits mystères et sous entendus qui ne dévoileront pas complètement ce secret. … il faudra continuer la série. D’où l’intérêt de commencer dès maintenant puisque c’est le premier épisode.

Delilah se retrouve malgré elle embarquée dans une relation « professionnelle » avec son ancien  binôme de course en montagne. Ils sont fauchés l’un  comme l’autre mais aucun des deux l’admettra.

On est dans un village, on va donc ce retrouver avec des personnages haut en couleur qui forment une communauté, avec ses clans, ses familles et ses institutions. Cela donne une galerie de portrait savoureuse. Le caractère de chacun ou place dans la société va jouer un rôle dans l’intrigue.

Samson arrive et il dérange certaines personnes, il est comme un chien dans un jeu de quille. Il n’est pas le seul à avoir des secrets. On lui prête des intentions qu’il n’a pas  (pour l’instant) suite dans le prochain épisode. Il y a des indices qui laissent entrevoir certaines choses.

L’intrigue policière se met en place en parallèle. Le lecteur va assister à certaines scènes et donc en savoir plus que les enquêteurs.

Le problème dans ses huis clos villageois, c’est que soupçonner son voisin, c’est souvent soupçonner un ami ou un membre de la famille. C’est délicat voire compliqué.

Nos deux personnages se débattent avec leurs problèmes personnels qui  font diversion et retarderont parfois les conclusions qui s’imposent. Leur défiance permet de créer encore plus de suspens et fera réagir le lecteur (il ou elle va lui dire ?).

Nous sommes dans un premier tome d’une série, je savais donc qu’il y aurait une certaine lenteur dans la mise en place. Mais ces scènes d’exposition sont accompagnées d’humour alors j’ai bien rit et cela ne m’a pas gêné. Comme je disais en débutant ma chronique j’aime les personnages récurrents et j’aime cet arrière plan qui n’est pas vraiment en parallèle puisqu’il joue un rôle dans l’enquête.

Je me suis prise au jeu et j’ai eu du mal à poser le roman sur le dernier quart où le rythme c’est accéléré. J’ai failli oublier de parler du rythme de la narration. Il y a des variations avec des accélérations qui m’ont fait penser à Delilah lorsqu’elle s’entraine en montagne. Tantôt en petite foulée, tantôt plus rapidement avec des montées qui vous coupent le souffle.

J’ai adoré la fine équipe de la résidence, le côté famille recomposée. On croit qu’ils vivent coupés du monde dans leur bulle et en fait ils ont beaucoup d’atouts dans les mains. Ils m’ont bien fait rire.

Il y a  des personnages qui semblent anodins et qui pourtant on leur importance car ils sont des liens entre divers groupes. J’ai adoré  Ida  qui vaut sont pesant de cacahouète (son langage, sa logique et sa loyauté) !

Bon j’arrête là vous l’aurez compris j’ai bien accroché.

Je remercie Babelio et les éditions Robert Laffont/ « la bête noire » pour cette découverte. J’espère pouvoir continuer à suivre les aventures de « Samson et Delilah ».

Petite parenthèse de lectrice :

Je lisais juste avant un roman où la place du feu était important (« le septième guerrier-mage » de Paul  Beorn) et bien figurez-vous que dans « rendez-vous avec le crime » le feu aussi va jouer un rôle, mais je vous laisse découvrir. Quand au personnage masculin malmené ici aussi c’est le cas. On ne va pas comparer deux romans, mais c’est drôle de voir des similitudes entre deux lectures. Dans les deux cas le rôle féminin principal est tenu par une jeune femme de poigne qui n’hésite pas à taper du poing (et pas que sur la table !)

Article précédemment publié sur Canalblog

Un homme seul

Antonio Manzini

Trad. : Samuel Sfez

Éditions Denoël, fév. 2018, 348 p., 20,90 €

Mes lectures Denoël

4e de couv. :

Vous la trouverez à la fin de cette chronique car elle spoile le roman précédent !

Mon Billet :

J’attendais ce livre depuis un an. J’aime beaucoup cette série avec son personnage récurrent le sous-prefet Rocco Schiavone et toute son entourage. De l’eau a coulé sous les ponts depuis que j’ai lu « Maudit printemps ». En commençant « un homme seul » tout m’est revenu d’un coup et notamment la terrible fin de «Maudit printemps ». Ce roman est la suite immédiate pratiquement le lendemain de la tragédie. Alors un conseil ayez les deux livres dans les mains et lisez les à la suite, vous aurez un « combo » gagnant !

Le personnage du sous-prefet  Rocco Schiavone évolue d’un roman à l’autre (c’est le quatrième). Il commence à prendre ses marques après 8 mois à Aoste et son équipe commence à faire partie de sa vie. Rome est/fait  encore une partie de lui. Il  y a encore des attaches : amitiés, souvenirs et passif de flic.

J’ai eu le plaisir de retrouver les petits détails qui font que Rocco est Rocco. C’est fameuses clarks, le fantôme de Marina, le café en terrasse et les relations assez crues avec les autres.

J’ai bien aimé quand Italo lui offre une camel, juste pour montrer qu’il s’inquiète pour lui. Chacun lui envoi un petit signal pour lui montrer qu’il peut compter sur eux. Ex. : Le tableau avec les échelles des « emmerdements selon Rocco ».

Dans la partie qui touche à l’affaire liée à Rocco le lecteur en sait plus que lui sur le coupable, on va donc suivre ses recherches en ayant envie de lui dire fait ceci ou cela…

Dans l’autre enquête qui vient se greffer, celle  qui est liée à la grande enquête de « maudit printemps » on en sait autant que les enquêteurs.

On découvre encore des pans de la société italienne actuelle, ça va du petit malfrat au financier véreux.

J’aime beaucoup l’humour grinçant de cette série. Le duo « Intino et Deruta » sera encore la cible de Rocco. C’est méchamment drôle.

Les petits détails qui viennent ponctuer les enquêtes comme la photo de l’épouse du juge Baldie qui selon la place qu’elle occupe dans son bureau indique l’humeur dans le couple et donc les répercussions sur l’état d’esprit du juge. Ce qui renforce le côté drôle cette histoire c’est le juge Baldie fait celui qui n’a rien vu.

Le fait de donner le jour en titre de chapitre nous permet de voir le rythme des avancées. Certaines journées sont plus remplies que d’autres.

Dans chaque chapitre (donc journée) on suit plusieurs scènes, elles sont juste séparées par un saut de paragraphe. On ne peut pas se perdre. C’est très intéressant ce côté bouts de vies qui font penser à des pièces de puzzle.

Nous auront une conclusion  à l’affaire financière.  Mais il reste un petit quelque chose pour que le lecteur soit en attente du prochain épisode !

Vous l’aurez compris je suis toujours aussi fan. Un livre que j’ai dévoré durant un week-end. Et j’attends que le prochain soit traduit…

Je remercie les Editions Denoël de leur confiance.

4e de couv. :

Depuis qu’Adele, la fiancée de son meilleur ami, a été assassinée par erreur, l’inénarrable Rocco Schiavone ne croit plus en rien et s’isole dans une pension sordide. Il décide malgré tout de retrouver l’assassin de la jeune femme et se met à passer en revue tous ceux qui pourraient lui en vouloir : entre Stefania Zaccaria, qu’il a arrêtée pour proxénétisme, et Antonio Biga, malfrat septuagénaire à la retraite, la liste des candidats est longue.
En parallèle, Rocco poursuit son enquête sur la famille Turrini, tous corrompus jusqu’à l’os. Rocco pense qu’ils sont les relais locaux de la ’ndrangheta, la mafia calabraise, visiblement bien implantée dans le Val d’Aoste.
Rocco parviendra-t-il à aller au bout de sa traque effrénée? Trouvera-t-il le meurtrier d’Adele? Et surtout, Rocco ne commencerait-il pas à aimer cet Aoste froid et inhospitalier qu’il prend tant de plaisir à critiquer?

Article précédemment publié sur Canalblog

Maudit printemps

Antonio Manzini

Traduit de l’italien par Samuel Sfez

Éditions Denoël, mai 2017, 292 p., 20,90 €

Mes lectures Denoël

4e de couv. :

Chiara Breguet, héritière d’une riche famille d’industriels du Val d’Aoste, étudiante brillante admirée de ses pairs, n’a plus donné de ses nouvelles depuis plusieurs jours. Persuadé que cette disparition est inquiétante, Rocco Schiavone se lance dans une course contre la montre pour sauver la jeune femme et découvrir ce que dissimule la façade impeccable de ce milieu nanti. Pendant ce temps, la neige tombe sur Aoste en plein mois de mai, et cette météo détraquée ne fait qu’exacerber la mauvaise humeur légendaire de Rocco.

Mon Billet :

Il y a des livres que vous dévorez et ensuite vous devez  attendre le prochain épisode. C’est ce qui fait le charme des romans policiers avec un enquêteur attitré.

L’intérêt de la lecture de ce type de roman, réside dans l’enquête et sa résolution ainsi que dans l’intrigue personnelle des personnages récurrents. Cependant,  ce n’est pas  gênant de lire ce roman avant les autres, l’auteur distille suffisamment d’éléments sur les spécificités de la série.

On apprend très vite les manies et réactions de Rocco. J’aime bien ces petits trucs qu’on attend dans la mesure où on donne un sens symbolique qui forge l’identité du personnage.

On voit si le personnage a évolué ou si certains actes sont devenus une part de lui-même. Il y a aussi une part comique dans les choses qui pourraient à première vue puéril, comme ses obsessions à ne se chausser que de chaussures, des Clark inadaptées à sa nouvelle région. il pleut s’en cesse et vous attendais le moment où il va mettre les pieds dans une flaque et où il devra battre le pavé sous la pluie et la neige détruisant ses chaussures de peau s’en suivent des scènes de mauvaises humeur, de colère, de tristesse voir de douleur physique. Un romain à Aoste qui ne veut pas s’adapter ou qui s’auto-puni au choix… Puis, il y a la quête d’une nouvelle paire pratiquement introuvable et le soulagement lorsque ses pieds blessés (maltraités) chassent les nouvelles Clark taille 44. Ces différentes étapes accompagnent l’enquête et influencent les relations  avec les autres. Ces collaborateurs ont  vite compris qu’elles servent de baromètre dans les réactions de leur chef. Ils tiennent les comptes depuis l’arrivée du sous-préfet neuf mois plus tôt.

Il a un rapport aux femmes très conflictuel. Elles essaient  de le retenir et lui fait tout pour pourrir les situations. Il ne veut pas ou ne peux plus aimer une femme car il n’a pas fait le deuil de Marina dont il retient une sorte de fantôme qui  fait partie de sa vie. Voilà un deuxième exemple d’automutilation le corps (chaussures) et le cœur (Marina). Bien sûr il y a toujours une femme qui s’accroche à lui et cela crée des étincelles dans ses relations conflictuelles.

On pourrait ajouter la cigarette et le cannabis. Encore deux autodestructions qui influent sur ses rapports aux autres. Il fume des Camel et continue à prendre les cigarettes de ses collaborateurs qui fument d’autres marques. Avec le cannabis, on rit de le voir se cacher pour fumer dans son bureau avec la fenêtre ouverte… personne n’est dupe. Cet élément fait partie de son aspect borderline. Il franchit parfois la frontière de la légalité, il s’arrange avec les lois. Il crochète les serrures, casse les vitres,  toujours pour une bonne raison, mais ces actes répréhensibles pourraient porter préjudice dans les enquêtes. Le juge Baldi essaie de rattraper autant que possible ses incartades. Mais heureusement il ne les connait pas toutes.

Je ne vais pas vous dévoiler tous les petites manies, défauts et qualités de Rocco. Rocco le cynique, le sadique, le robin des bois, jaloux et incontrôlable mais fidèle en amitié.  Tout semble se liguer contre lui…

C’est la troisième enquête qu’Antonio Manzini publie. Chaque roman a en dehors des spécificités (dont je viens de vous en énumérer certaines) une trame particulière. Il y a le côté polar avec la description d’une certaine société italienne. On y voit les bas fonds, les malfrats, petites frappes, petites gens dans la détresse, les sans papiers… mais aussi les notables, entrepreneurs, banquiers et notaires, hauts fonctionnaires… La corruption, les petits arrangements…

Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, ce sont les enquêtes qui viennent s’insérer dans la narration, sans que Rocco soit au courant.  Nous avons donc tout ce quotidien avec les embrouilles « amoureuses », les problèmes de gestion du personnel, une enquête sur un accident avec une camionnette portant une fausse plaque alors que le propriétaire est au volant. Nous avons un texte en italique, la voix d’une jeune fille de 19 ans qui a été enlevée ligotée et abandonnée. Et personne qui semble la chercher. Ce texte en italique joue avec le registre de l’angoisse et de l’émotion. On la voit se battre, essayer de comprendre ce qui lui arrivé et où elle se trouve, mais la déshydratation et la panique font aussi qu’elle souffre et perd conscience…. Va-t-elle mourir ? Il attendre une soixantaine de pages pour voir arriver des informations extérieures.

Les deux enquêtes vont soulever d’autres interrogations. Là, on a l’Italie  dans toutes ses diversités qui s’invite. La place de la famille, la tradition, les règlements de compte, la corruption, la passion latine, clandestins …

Je ne vais pas vous en dire plus sur les enquêtes pour vous laisser la surprise…

Juste un mot pour dire que jusqu’à la fin, il y a de l’émotion et du danger… Cette terrible fin ouvre la porte à un prochain épisode et laisse le lecteur dans l’attente de la prochaine publication.

A chaque nouvel épisode je trouve que les histoires s’intensifient. Antonio Manzini tisse une toile au motif  de plus en plus complexe.

Je remercie les Éditions Denoël pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog

La loi des Sames

Lars Pettersson

Trad. (suédois ) Anne Karila

Folio, 2017, nov 2016, 523 p., 8,80 €

Mes lectures FOLIO

4e de couv. :

En Laponie norvégienne, les Sames, peuple autochtone, continuent à vivre de l’élevage des rennes et selon des traditions ancestrales. Certains restent, d’autres partent, comme Anna, qui mène son existence en Suède, où elle a été nommée substitut du procureur. Son cousin Nils, lui, est resté, et il vient d’être accusé de viol. Devoir de famille, c’est Anna qui est chargée de trouver un arrangement avec la plaignante. Elle retourne alors chez les Sames, dans ces contrées reculées qui n’évoquent pour elle que de vieux souvenirs d’enfance. Là, entre les menaces qu’elle subit et les vérités qu’on lui cache, la jeune femme comprend vite que cette affaire de viol n’est que la partie émergée d’une enquête qu’elle va devoir mener. Même si, à la lumière des aurores boréales, la nature somptueuse et meurtrière semble parfois imposer sa loi aux hommes.

Mon billet :

Il y a des romans policiers qui se lisent comme on regarde des feuilletons et d’autres qui sont de long métrages avec de grands espaces, des plans larges et des zooms sur des détails. Les personnages vont vivre les deux semaines les plus longues, enfin pas tous !

La famille, le clan, ses traditions, ses codes et ses règles. Anna va découvrir l’étendu du pouvoir du silence dans la communauté. Dès la première scène ont sent que sa tâche va être difficile. Un renne se mets en travers de sa route et tous va aller de mal en pis. Un signe de mauvais augure !

Le problème de départ semblait presque une formalité. Mais Anna ne comprend pas pourquoi sa famille à vraiment fait appel à elle. D’autant qu’elle ne veut pas couvrir les agissements coupables. Est-ce son intransigeance qui va déclencher une série de sabotages, accidents, et toutes sortes de morts…

C’est un roman qui joue avec les ambiances. Huis clos dans une zone enneigée. Tout ramène à al famille d’Anna et à l’élevage de Renne.

On a une confrontation entre les gens du coin et ceux de l’extérieur. La police, la justice, la médecine, des règles différentes. Anna fait partie des deux mondes et on lui demande de choisir le camp de sa famille maternelle. Elle a beau rejeter cette part elle va devoir s’en servir pour avancer dans ses recherches. Elle apprend petit à petit comment se servir des coutumes locales. Elle va passer du rejet à l’utilisation des armes mises à sa disposition.

J’ai beaucoup aimé tout ce qui touche à la culture same notamment en ce qui concerne la langue et l’usage qui en est fait. Comment ils commencent par faire la généalogie de la personne  avant de prendre des tours et des détours pour dire ou apprendre des choses. Cela peut dérouter ceux qui vont droit au but. Le langage passe aussi par les vêtements.

C’est un roman qui prend son temps !

Il y a toute une thématique autour du temps. La maîtrise du temps avec  façon de procéder  lente pour quelqu’un de la ville qui  ne maîtrise pas cette coutume et ça englobe le passé dans le présent.  Chaque déplacement prend du temps, que ce soit le véhicule. Les distances entre les lieux réclament du temps.

Dans cette thématique temporelle, on a le fait qu’ Anna soit plus ou moins prise pour sa mère décédée qui a quitté sa famille pour se marier et vivre hors de la communauté.  C’est parfois troublant quand on lui parle comme si elle était l’absente, la fille du passé.

Ils conservent beaucoup de choses du passé que se soit les us et coutumes, les vêtements et outils, les journaux… preuves, traces…

La luminosité et la longueur des jours donnent un éclairage étrange sur les scènes des crimes…

Ce roman fait la part belle à la neige aux sons  et aux couleurs, aux effets optique et sonores,  à l’isolement, les dangers, au froid, tous ces événements qui font partie de la vie et la mort des habitants. Les peaux de rennes sont toujours aussi vitales pour les habitants, c’est lié à la vie et à la mort.

Côté nourriture elle est aussi très importante pour la survie. On en revient encore une fois aux rennes, leur viande. Le partage…

L’alcool est un vrai fléau dans ces contrées, elle engendre entre autre la violence.

Par moment, il y a des scènes assez troublantes avec des regards, des phrases mystérieuses et l’idée du retour au sein du clan. Anna va-t-elle survivre ? Va-t-elle pouvoir repartir ? Dans quel état physique et psychologique va-t-elle terminer cette série de mésaventures ? On dirait qu’elle est un insecte pris dans une toile d’araignée. Est-elle là pour remplacer sa mère pour que tout se rééquilibre ? Quand est-il de l’amour ?

L’homme est peu de chose au milieu de ces immensités… Tout peut arriver. Circuler d’un lieu à l’autre prend du temps et demande beaucoup de concentration, la solitude et le danger est permanent, ainsi que le froid et la mort. On en peut compter que sur soi. Tout le monde semble cacher des choses, tout le monde à un rapport avec les autres.

J’ai découvert des informations sur la politique d’assimilation de la Norvège. Comment on a déplacé des enfants sames hors de la communauté. C’est un roman intéressant qui nous montre comment ce peuple est à la croisée de trois pays. Des langues et des législations différentes.

Je remercie Folio de m’avoir permis de  découvrir cet auteur.

Article précédemment publié sur Canalblog

Les Talons Hauts rapprochent les filles du ciel

Olivier Gay

Éditions du Masque, 2013, 381 p., 6,60 €

Lu dans le cadre de « Le mois de…Olivier Gay » sur Book en Stock

4e de couv. :

Un serial killer rôde dans les rues de Paris. Plusieurs filles sont retrouvées assassinées dans leur appartement. Leur seul point commun : elles fréquentaient toutes le milieu de la nuit et les clubs à la mode.
John-Fitzgerald, surnommé Fitz par ses amis, est un parasite par excellence. Dragueur paresseux et noctambule, il partage sa vie entre les soirées parisiennes, les jeux en réseau et la vente de coke à la petite semaine. Ce héros improbable va se retrouver au cœur d’une enquête de plus en plus dangereuse, avec l’aide de ses conquêtes d’un soir et de ses amis toxicomanes.

Anecdote : 

J’ai découvert cet auteur grâce à l’équipe de choc de Book en Stock il y a deux ans.

C’est un auteur qui sévit dans différents genres littéraires : policier, jeunesse, Young adulte, Fantasy et Fantastique.  J’ai beaucoup apprécié son écriture dans « Le noir est ma couleur » tome 1… j’ai bien prévu de lire les cinq tomes mais vous savez ce que c’est on remet toujours au lendemain…

Lorsque Dup et Phooka on proposé cette nouvelle session de « Le mois de… » je me suis dit que ça serait l’occasion de me plonger dans une autre histoire. Je n’ai pas été sélectionnée pour les partenariats…

Alors je me suis lancé dans son premier roman policier qui a eu beaucoup de succès. Et j’ai posé quelques questions à l’auteur. Il fait partie  de ses  auteurs qui ont compris les rouages des réseaux sociaux et qui donnent de leur personne  sur tous les supports possibles. Ce que j’apprécie c’est son côté trublion, savoir écrire sérieusement sans se prendre au sérieux.

Ma chronique :

J’étais dans de bonnes dispositions pour cette lecture et je me suis vraiment régalée (façon de parler, car on est dans du glauque)  en lisant ce roman.

Ce que j’aime dans ce roman policier c’est l’humour et le côté décalé des personnages et des situations.

On a Fitz pas méchant bougre mais bon c’est un dealer. Il joue dans la cour des petits joueurs  et ne consomme pas. Cela se passe dans le milieu de la nuit où tout n’est qu’apparence et elles sont très faussées. Il profite de la vie à sa façon. Il a son réseau d’habitué et pensait que ça pouvait continuer… Sauf qu’entre dans le tableau son ex, une commissaire de police qui lui fait comprendre qu’il est repéré et qu’il n’a pas d’autre choix que de l’aider dans une enquête très glauque.  Non mais vous imaginez le truc son ex est commissaire de police !!!  Qui dit Ex dit embrouilles sentimentales pas toujours très conscientes… il reste toujours un traces…

Le lecteur va le suivre dans ses déambulations et ses réflexions, avec des rencontres parfois assez étranges,  Fitz  va se retrouver dans des situations assez glauques et étranges.

Dit comme ça on se dit qu’on va être dans une enquête bien sombre et une ambiance plombée, mais c’est sans compter sur l’humour d’Olivier Gay qui joue avec son personnage comme un démiurge avec sa marionnette.

Ceux qui connaissent Paris vont se régaler car il y a beaucoup de noms de lieux et Olivier Gay sait nous mettre dans l’ambiance avec des références des nuits parisiennes et des night clubber.

Il y a toute la thématique de l’amitié et de la confiance en l’autre qui me plait bien surtout quand on voit dans quel milieu ce déroule l’enquête. J’ai bien rit lorsqu’il montre les photos de certaines victimes, lorsqu’elles étaient vivantes et que les gens se lâchent pour dire le fond de leur pensée sur elles… Que les filles peuvent être mauvaises entre elles surtout lorsqu’elles sont rivales !

Je vous laisse découvrir les tenants et les aboutissants de l’enquête et des déboires de Fitz…

C’est avec plaisir que je lirais ces autres enquêtes et autres romans ! Ce roman a confirmé que j’aimais l’écriture d’Olivier Gay.

Pour mieux vous faire une idée sur ce qu’écrit Olivier Gay et sur ce qu’il dit, je vous conseille d’aller sur le blog « Book en Stock »

Sur ce blog j’ai chroniqué :

couleur noir 1

 Je voudrais lire les autres enquêtes de Fitz :

fitz

Article précédemment publié sur Canalblog

NB 2014

NB 2016