Underdog Samouraï

Romain Ternaux

Aux Forges de Vulcain, 14 janv. 2022, 291 p., 15 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv. :

Notre héros vit, suite à la mort étrange de ses parents, avec son grand-père, dans une marginalité nimbée d’ennui, que vient un jour tromper l’arrivée d’un sabre japonais, commandé au Japon. Hélas, ledit sabre se brise sur l’étagère Ikea de notre héros, qui comprend qu’il s’est fait escroquer par des faussaires. Notre pauvre loser dépense ses dernières économies pour un aller simple à destination du soleil levant, avec l’idée folle d’aller se venger des yakuzas qui ont abusé de sa naïveté et de sa bêtise. Commence alors une western asiatique, violent et implacable, drôle aussi, où l’on trouvera tatoués, yokaïs, fantômes, duels, règlements de comptes, bains de sang.

Mes impressions de lecture :

Depuis 2015 je lis les romans de Romain Ternaux aux Forges de Vulcain et à chaque fois c’est une drôle de surprise qui m’attends. C’est un mélange trash et transgressif avec une dose de naïveté et de bon enfant. Il me fait rire avec ces scènes grotesques et ses personnages décalés.

Ce roman s’adresse à des lecteurs à l’esprit ouvert et qui ont baigné dans la culture japonaise des films de Bruce Lee et Jacky Chan. Qui n’a pas eu des affiches de films japonais sur le mur ou un nunchaku sous la main ? Il y a beaucoup de références plus pointues qui parlerons à certains.

Si l’abus d’alcool, les obsessions sexuelles et la violence vous rebutent ce n’est pas pour vous. Ce ne sont pas des sujets que j’affectionne mais chez Romain Ternaux c’est tellement délirant et dans la surenchère  qu’on en rit.

Vous pouvez prévoir de la bière japonaise, du saké et autres délices culinaires … en cas un peu  de whisky  car cela boit plus que de raison ! Rien n’est dans la modération dans ce roman mais vous faites attention vous n’êtes pas un personnage de roman !

Ce nouveau personnage de Romain Ternaux est dans la lignée des précédents… Il est brut de décoffrage, pas méchant (au départ) mais il ne fait pas dans la dentelle. Il fait les choses comme elles lui passent par la tête, pas de filtre. Il est le narrateur et je crois qu’à aucun moment on ne sait son prénom comme pour lui donner une dimension plus universelle.

Si au début on se dit qu’il est un peu crétin avec son histoire de katana et de vengeance envers les yakuzas, on découvre qu’il ne l’ait pas tant que ça. On retrouve ici une thématique des romans de Romain Ternaux : le destin. On ne peut lutter contre son destin, cela dépasse le loser lambda. Il est le jouet de la destinée, il est souvent dépassé par les événements. Du coup on ne peut pas lui en vouloir.

Des multiples épreuves et rencontres il va devoir en tirer des leçons pour avancer et survivre. Il va devoir accepter sa vraie nature et apprendre ce qu’il est au fond de lui. Ce qu’il va découvrir va bouleverser sa vie.

Secret de famille…

Dans ce roman on a beaucoup de scènes d’action ça court, ça se bat. Le surnaturel vient pimenter les choses  et augmenter les possibilités. Quand la mythologie japonaise s’invite à la fête cela donne des scènes extravagantes.

Ce personnage va nous faire voyager sur trois pays, trois continents, la France, le Japon et l’Amérique, les ramifications sont internationales dans cette affaire ! On va aller de Charibde en Scilla en même temps que le narrateur.

J’ai passé un bon moment délirant et une nouvelle fois j’ai suivi le personnage sans savoir où il voulait  nous emmener, il a sa propre logique. Il nous sort des sentiers battus…

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance.

Sur ce blog retrouvez :

I am vampire

Romain Ternaux

Éditions Aux Forges de Vulcain, oct 2019, 165 p., 17 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv. :

Artiste-peintre misanthrope, misogyne et libidineux en manque de reconnaissance, Bertrand vit au crochet de son ami Yann, un rond-de-cuir de l’armée qu’il méprise. En proie à des accès de violence, il se découvre des pouvoirs extraordinaires et commet plusieurs meurtres dans sa petite ville de province. Il part en Roumanie à la rencontre d’un mystérieux homme d’affaires qui a acheté l’un de ses tableaux une petite fortune. Il y est rejoint par Yann et découvre que celui-ci l’a drogué pour tester des drogues pour l’armée. Bertrand est devenu un vampire, Yann un loup-garou.

Ma chronique :

Si la première fois que j’ai lu un roman de Romain Ternaux j’ai eu un choc tant par sa narration que par mes réactions cela ne diminue pas l’effet de surprise à chaque nouvelle histoire. N’ayant pas eu de sp, je n’ai pas pu m’empêcher de l’acheter et de le lire tout de suite ! Y aurait-il un petit quelque chose d’addictif dans son écriture ? Subversif ça oui !

Romain Ternaux nous pousse dans nos retranchements, dans notre côté sombre et c’est drôle. On le suit dans qui est de l’ordre des fantasmes et du monde onirique.

Son héros est une nouvelle fois emporté par ses pulsions les plus violentes qui sont un contrepoint avec son côté artiste maudit. Il découvre qu’en ne se contrôlant plus il acquière des pouvoirs qui le rapproche du vampire.

Ce qui me plaît une nouvelle fois c’est le personnage du loser qui passe à côté de la chance de Bertrand. Il faut qu’il gâche le moment qui est pourtant en sa faveur. Il a l’art de se mettre dans des situations impossibles pour ne pas dire dans les embrouilles.

L’humour qui lie tout cela donne une comédie macabre, ce qui n’empêche pas de nous montre qu’il maîtrise le sujet et on a des références à Vlad l’empaleur et les versions littéraires.

Il y a dans les différentes scènes un côté très visuel, il brosse un tableau  du lieu et nous décrit l’action dans le moindre détail, on s’y croirait… l’hémoglobine coule à jets discontinus.

Ce que j’ai adoré dans cette histoire c’est la présence de ce carnet diabolique transmis par le grand-père.

J’aime aussi la critique du monde artistique et de ces dérives.

Il y a chez Romain Ternaux un côté enfant qui joue à faire semblant… ici il joue à se faire peur et à être un vampire… ce qui n’empêche pas une écriture maîtrisée. On sent qu’il pourrait partir plus loin dans un délire s’il se laissait aller.

Bon il ne me reste qu’à attendre le prochain roman…

Je remercie les Editions aux Forges de Vulcain de m’avoir fait connaître cet auteur.

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Sur ce blog vous pourrez lire les chroniques de :

L’histoire du Loser devenu Gourou

Spartacus

Article précédemment publié sur Canalblog

Spartacus

Spartacus

Romain Ternaux

Aux Forges de Vulcain, 5 oct. 2017, 219 p., 18 €

Mes Lectures aux Forges de Vulcain

Spartacus

4e de couv. :

Un roman qui montre Spartacus comme vous ne l’avez jamais vu.
Racontées à la première personne, les aventures de l’esclave révolté deviennent le journal intime et hilarant d’un pauvre type qui, se trouvant au bon endroit au bon moment, finit par incarner l’espoir des dominés et se trouve sans cesse, bien malgré lui, débordé par la violence des hommes.
Provocant, volontairement bête et méchant, ce roman est une fable grinçante et noire sur la passion des peuples pour les hommes providentiels.

Mon Billet :

J’ai découvert l’écriture de romain Ternaux avec son précédent roman « L’histoire du loser devenu gourou », je savais donc plus ou moins à quoi m’attendre. Je dis plus ou moins car avec ce trublion je crois qu’il faut s’attendre à tout !

Me voici partie pour une nouvelle aventure politiquement incorrecte. S’attaquer à une icône comme Spartacus, il ne faut vraiment pas avoir peur. Oui je parle de la version cinématographique avec Kirk Douglas ! A chacun ses références et sa génération.

Ce qui m’a tout de suite sauté aux yeux c’est la thématique animale que ce soit le bestiaire qui sert à combattre dans les arènes ou les comparaisons entre humains et animaux on a un large éventail. C’est une mise en avant de la violence bestiale des humains. Les femmes ne sont pas en reste avec la prêtresse Varinia qui incarne le serpent.

Alors amis de la ligue de la protection des animaux passez votre chemin. Cette époque n’était pas propice au bien être ni des humains ni des animaux.

Les historiens risquent de trouver des anachronismes notamment au niveau de langage, mais on est dans un roman avec un travail sur l’écriture qui fait la part belle à notre époque au niveau du langage.

Spartacus est le narrateur, on a donc son point de vue. On a droit aussi à toutes ses pensées les plus intimes, ses cogitations, ce qui donne lieu à des digressions et des monologues intérieurs pas piqué des vers. Il s’adresse aux lecteurs avec des « vous ». Il les prend à témoin lorsqu’il partage ses déboires en tous genres.

Le pauvre gars il a des problèmes au boulot avec un patron qui l’exploite, le harcèle, l’humilie et qui l’incite à la débauche. Et il n’y a pas de syndicat chez les gladiateurs. Il va devoir se défendre seul ou en créer un. Et oui il va se révolter  contre son oppresseur.

Il a des problèmes avec se relations avec ses « copains » et collègues qui semblent avoir pris quelques pètes au casque.

Il a aussi des problèmes matrimoniaux. Il est marié à une prêtresse de Bacchus empoisonneuse (dans tous les sens du terme) et nymphomane. Un tantinet jalouse qui ne le laisse pas aller se détendre dans les orgies et les bordels. Elle le veut pour elle seule. Elle fait peur aux hommes.

La bestialité se retrouve aussi dans la débauche. Le sexe à l’état brut avec une certaine obsession, il craint d’être pris pour un efféminé et/ou être sodomisé. Il en fait des cauchemars. Alors je ne vous dis pas la tête qu’il fait en voyant arriver tous les acteurs pour le seconder ! Un vrai péplum avec des gags ! Ça m’a fait le même effet que certains  films avec Jean Yanne.

Pour soulever les troupes, son ami/ennemi (on ne sait pas trop) soutien qu’il faut changer les choses pour avoir encore plus de belles prostituées. (Vous allez dire que je suis tordue moi aussi mais j’y vois une référence à certains martyrs qui sont prêts à mourir pour avoir des vierges. Je ferme la parenthèse).

Je tiens à préciser que toute cette histoire réécrite du point de vue de Spartacus est truffée de petites phrases ironiques, de sarcasmes et d’un humour caustique. Des dialogues frôlant parfois l’absurde tant les personnages sont chacun dans leur monde.

J’ai ri de le voir perdre le contrôle de tout. L’avenir appartient aux ambitieux et Spartacus n’est pas le seul à prendre la grosse tête. J’ai adoré les rebondissements et comment Spartacus a su retourner la situation en sa faveur à plusieurs reprises. C’était aussi très drôle de le voir poursuivi par sa femme ou ses hallucinations.

Je trouve ce roman moins trash que le précédent et pourtant il y est question de massacres, de sang et de sexe mais le contexte s’y prête. Les délires sont plus contrôlés.

Je vous laisse découvrir les mésaventures de Spartacus.

Je remercie Aux Forges de Vulcain pour leur confiance.

spatacus couv ouverte

Je voulais vous montrer la couverture du livre avec rabats ouverts. Elle donne une représentation de l’ambiance.

illustration de la couverture Helkarava. Couverture : Elena Veillard

vulcain

(carte postale littéraire en cours de construction)

RL 2017

Du même auteur :

Histoire du loser devenu gourou

Article précédemment publié sur Canalblog

L’histoire du loser devenu gourou

Romain Ternaux

Éditions Aux Forges de Vulcain, octobre 2015, 184 p., 15 €

Ma rentrée des éditeurs indépendants…

histoire-du-loser-devenu-gourou

4 e de couv. :

Dans cette farce burlesque, notre antihéros, qui restera sans nom, est l’archétype du loser moderne, vaincu par la société : alcoolique, sans emploi, en proie à la plus profonde misère sexuelle et amoureuse. Poussé par ses parents, il accepte un emploi d’homme à tout faire dans une riche fondation qui se révèle être une secte. Par une suite de quiproquos, il va se retrouver patron de cette secte, qui réunit principalement de riches bourgeois érotomanes. Mais ce jeu de masques, ce retournement subversif des valeurs et des positions, ne va pas le rassurer pour autant et, ainsi parvenu au sommet de la pyramide sociale et sexuelle, il va découvrir qu’il ne désire pas plus être maître qu’il ne désirait être esclave. Dans cette fable faussement innocente, mâtinée d’humour trash et de scènes rocambolesques, Romain Ternaux se livre à une destruction méthodique de tout ce qui fait une société : famille, travail, amour. Construit comme un vaudeville surréaliste, cette aventure piège son antihéros comme son lecteur dans une vertigineuse et folle escalade, dont rien ni personne ne sortira indemne. Lorgnant à la fois vers Gaston Lagaffe, vers les Deschiens, vers cette littérature américaine peuplée de vaincus magnifiques (Bukowski, Hunter S. Thompson), L’histoire du loser devenu gourou est un grand éclat de rire de la puissance de ceux qui font exploser nos contradictions et nos faux-semblants.

Anecdotes de lectrice :

J’ai découvert les Éditions Aux Forges de Vulcain en avril 2013 avec un roman au titre provocateur voire choquant pour certains. « Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent » de François Szabowski. Je découvrais alors un éditeur qui osait publier des romans loufoques à côté de livres très sérieux… Je trouvais que la maison d’édition s’était un peu assagit et voilà qu’on me propose de lire un roman un peu « trash »… Je n’ai hésité… là je reçois le livre je l’ouvre au hasard et tombe sur une phrase très « trash » mais qui me fait rire… comme quoi je suis capable de lire des livres pour les petits et des livres très décalés ! Cependant je tiens à préciser que les deux auteurs n’ont rien à voire…

Auteur :

Romain Ternaux est né en 1987. Il s’est enfermé plusieurs années chez lui pour écrire des romans. L’histoire du Loser devenu gourou est le deuxième roman qu’il publie. Une quinzaine d’autres devrait suivre, si tout se passe bien.

Ma chronique :

Je vous laisse admirer la subtilité de la couverture et apprécier le titre…

C’est le genre de roman qui ne laisse pas indifférent. On aime ou on n’aime pas. On ne parle pas de deuxième degré, ni de dixième ! C’est un roman qui m’a fait rire et qui m’a dérangé en même temps. J’irais plus loin cela m’a dérangé de rire à certains moment !

Le personnage est un anti-héros, il ne m’inspire ni la compassion ni la pitié. Je le trouve haïssable et antipathique et d’une grande mauvaise foi. Et c’est justement cela qui fait que cette histoire est possible et intéressante.

Il campe dans un premier temps le rôle du poète maudit, l’incompris aigri qui se complait dans cette image. Il boit pour atteindre un degré de conscience où lui viennent des idées qu’il trouve sublimes ou le plongent dans des abîmes… Cela donne lieu à des scènes grotesques. Et c’est là par exemple que je trouve dérangeant de rire alors qu’il se met en scène dans des positions avilissantes.

Il est l’artiste parasite qui mord la main qui le nourrit. Il finit tout de même par se présenter à un poste que ça mère lui a trouvé. Et c’est là que tout dérape… il n’avait déjà pas trop le contrôle mais là c’est tout se passe à l’insu de son plein gré !

Le lecteur passe son temps à croire que cet être va s’en sortir comme le laisse présager le titre…

L’enchaînement des catastrophes, des quiproquos, de rencontres improbables…

On va avoir droit à un festival de gags avec des allumés en tous genre.

J’avoue que ce roman ne m’a pas laissé indemne… Mes lectures suivantes ont été un peu « polluées » par des images hallucinantes… je ne peux plus penser à un immeuble gris sans que vienne se superposer des images … et des gloussements !

Ce que j’ai aimé au milieu de ce qui pourrait être un vaste délire c’est la satire de la société actuelle notamment autour de la manipulation et des croyances. Sans parler de la place de la sexualité nouvelle religion dans nos société. Le masque des apparences est ici présenté au sens propre et figuré !

La thématique sur la création littéraire il y a aussi quelques passages intéressants surtout dans la critique. Romain Ternaux utilise un langage cru ce qui accroît son côté provocateur. Je repense à la référence à Kérouac… hihihi…(gloussement !)

L’alcoolisme, la violence, la misogynie et misanthropie,  des sujets qui sont aussi abordés sans complexes. 

Sans parler de la place des animaux domestiques… Amis des chats ceci est une œuvre de fiction ! 

Un roman qui fait appel aux bas instincts … et qui m’a fait sourire, parfois un rire nerveux venait accompagner certaines scènes !

Ah l’amouuuuur !  Un sujet encore massacré ou un jeu de massacre au choix. On a même eu droit à quelques fantasmes masculins, malheureusement, mais comme les personnages se prennent les pieds dans le tapis ça donne autre chose à la sortie.

Une série de descentes en flamme… car il n’y va pas avec le dos de la cuillère !

Je vous laisse lire car il y a une intrigue tout de même dans tout ça avec des rebondissements surprenants, des gags…

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain pour leur confiance, ce qui m’a permis de lire ce roman en avant première… j’ai hâte de voir la réaction des autres lecteurs… Continuez à nous surprendre et à jouer les affreux Jojo !

vulcain
1% rentrée 2015

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Un livre sur mes lèvres

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Article précédemment publié sur Canalblog