Ces liens qui nous enchaînent

Kent Haruf

Trad. Anouk Neuhoff

Éditions Robert Laffont, 2022, 331 p., 21 €

Mes lectures Robert Laffont

4e de couv. :

Colorado, janvier 1977. À l’hôpital où elle est alitée, Edith Goodnough, quatre-vingt-huit ans, reçoit la visite d’un officier de police. Elle est accusée de meurtre. Un sac d’aliments pour volaille éventré et un vieux chien attaché dehors un froid après-midi de décembre constituent les indices qui l’accablent. Ses mobiles ? La dureté du milieu agricole et une famille aussi impitoyable que la prairie en hiver.
Kent Haruf nous livre dans son premier roman, acclamé par la critique, l’histoire bouleversante d’une femme des Hautes Plaines à travers les mots de son voisin, Sanders Roscoe : une enfance marquée par les corvées, la mort d’une mère, la violence d’un père enchaîné à ses enfants. L’histoire d’une femme qui a sacrifié son bonheur à sa famille et qui, enfin, reprend sa liberté.

Mes impressions de lecture :

Me voilà une nouvelle fois, grâce au hasard de mes lectures, au début du XXe siècle. L’histoire débute en 1977 mais on va vite faire un bond en arrières pour découvrir les origines du drame familial. Ce roman a été publié en 1984 aux États Unis et ce n’est que maintenant qu’on peut le lire en français. Situer l’histoire en 1977 cela permet aussi de nous raconter cette partie de l’Histoire rurale avec des gens qui sont né avant 1900. Quand le livre est paru il y avait encore des gens qui avaient connu la vie telle que Kent Haruf nous la décrit.

J’ai découvert cet auteur il y a quelques années avec « Nos âmes la nuit » et déjà on était au Colorado dans une petite communauté où tout se sait, où tout le monde connaît la dur réalité.

Dans ce type de narration non seulement on découvre des personnages fictifs mais qui reflètent bien la population du lieu mais c’est aussi l’histoire du pays. L’origine de la population et ce que les gens on dû affronter pour survivre dans ces contrées arides.

Si c’est bien difficile pour les hommes pour les femmes c’est encore plus terrible. On le voit avec Ada, la mère, ses accouchements et toutes les tâches, puis avec Edith qui n’a pas son mot à dire pour l’avenir. Heureusement elle a un sacré caractère. Et on va en croiser d’autres des femmes fortes. Les femmes abandonnées ou veuves qui s’en sortent sont celles qui ont un fort caractère.

Ce que j’aime dans la façon de raconter de Kent Haruf, c’est qu’on visualise bien les situations quotidiennes. On est au plus près des personnages avec leurs particularités, leurs attitudes et leurs rêves. Oui, il reste encore de l’espoir au milieu de toute vie de labeur.

On revit chaque époque, chaque étape dans la vie d’Edith et des autres personnages.

On retrouve les lieux qui font partie de l’univers de Kent Haruf. On est près de Holt dans le Colorado.

Ce roman fait appel à toutes sortes d’ émotions fortes. Le lecteur fera parfois des bonds et aura envie que tel ou tel personnage se révolte. On est touché par certains personnages, souvent en souffrance et tenus par leur sens de l’honneur et du respect des règles de vie dans ce milieu.

Le roman commence en 1977 avec cette accusation, mais on passe vite à 1895 (date du Mariage du père et de la mère) pour comprendre l’origine du drame. L’ambiance est telle qu’on comprend tout de suite que ça ne va pas être une vie de bonheur qu’on va nous raconter.

Le fait que le narrateur soit un voisin, un descendant de la famille Roesco, qu’il prenne le ton du conteur : « Ce que je vais vous raconter, pour la majeur partie je le sais. Le reste, je ne le crois pas. ».

Le titre en français résume bien le propos de ce roman. « Ces liens qui nous enchaînent » sont de différents types et tous contribuent à façonner nos vies.

Je vous laisse découvrir toutes ses vies qui peuplent ce roman.

Je n’ai pas entendu parler de ce roman à sa sortie au printemps. Et vous l’aviez-vous repéré ? Lu ? Aimez-vous cet auteur ?

Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance.

Stöld

Ann-Helén Laestadius

Trad. Anna Postel

Éditions Robert Laffont, Pavillons, 25 août 2022, 446 p., 21,50 €

Mes Lectures Robert Laffont

Rentrée littéraire automne 2022

4e de couv. :

C’est l’hiver au nord du cercle polaire arctique. Elsa, neuf ans, est la fille d’éleveurs de rennes samis. Un jour, alors qu’elle se rend seule à skis à l’enclos, elle est témoin du meurtre brutal de son faon, Nástegallu. Elle reconnaît le criminel : Robert, un Suédois du village voisin qui harcèle sa famille et sa communauté depuis des années.
Mais celui-ci la menace de mort et la petite fille, terrorisée, garde le silence. Dix ans ont passé. Face à l’indifférence des autorités et de la police, la haine et les menaces à l’encontre du peuple sami n’ont cessé de s’intensifier. Et lorsque Elsa se retrouve à son tour prise pour cible, quelque chose en elle se brise : le poids du secret, le traumatisme et la peur qu’elle porte depuis son enfance refont surface, libérant une rage nouvelle, celle de vaincre et de vivre.
Stöld retrace la lutte d’une jeune femme pour défendre son héritage et sa place dans une société où la xénophobie fait loi, et dans laquelle les idées modernes se heurtent à une culture façonnée par les traditions et la peur.

Mes impressions de lecture :

Il y a quelques années j’ai lu un roman policier « la loi des same » de Lars Petterson qui se déroulait dans la communauté sami et j’avais été impressionnée par les règles qui régissent la vie dans cette communauté et l’extérieur.

J’ai eu envie de lire ce roman pour avoir un autre regard sur la Suède dont on nous vante la qualité de vie. La société suédoise en prend pour son grade dans cette partie du pays.

La moitié de l’histoire se déroule lorsque Elsa est petite. Elle est témoin direct d’un acte criminel sur son faon, elle découvre son jeune renne et son « assassin » qui la menace. On va suivre cette petite fille traumatisée et découvre que la police ne fait rien depuis des années. Les rennes on un statut particulier, ils sont assimilés à des animaux domestiques. Et les tuer est considéré comme un vol et non du braconnage.

En commençant cette histoire par une gamine qui ne comprend rien à ce qui ce passe, à toute cette injustice qu’elle ressent que ce soit les non-dits dans sa communauté, à l’école ou autour de la police, cela permet au lecteur qui ne connais pas le sujet d’apprendre en même temps qu’elle. On a heureusement quelques moments plus innocents qui font du bien.

Ann-Helén Laestadius a su recréer un climat oppressant et anxiogène, avec toutes les tensions que ce soit du côté des samis ou des braconniers et anti lapons. Chacun ressent une injustice.

Elle n’idéalise pas les lapons, elle met bien en avant leurs défauts de cette société avec des codes stricts. Nous avons la grand-mère mémoire ancestrale qui a intégré la religion chrétienne aux cultes ancestraux ce cumul «d’interdits» et de règles créent un carcan assez fermé. Nous avons le fils qui a hérité de la charge d’éleveur de renne. Il a épousée une femme hors du cercle. On va voir que pour Marika ça n’a pas été facile d’être intégrée et il lui ait encore reproché de ne pas être samie. Elle a pourtant appris la langue, les us et coutumes… On a la jeune génération qui est encore plus révolté par ce subit leur peuple.

On a la thématique du mal-être qui peut aboutir au suicide. C’est un peuple assez taciturne, des taiseux avec des rythmes de vie particuliers et des relations familiales très codifiées.

Le fait que ce soit une voix féminine qui prend la parole montre aussi l’évolution des comportements. Elsa est allée à l’école en ville.

On a de nombreuses scènes qui nous montrent le quotidien des ces communautés. On voit aussi les problèmes liés aux changements climatiques et les changements dans les modes de vie.

Le texte est émaillé de vocables samies avec un glossaire en fin de volume, cela donne encore plus à cette ambiance singulière.

On  n’est pas dans de l’exotisme, on au cœur même des conflits. On a de nombreux aspects de la vie quotidienne qui sont expliqués. C’est très intéressant.

Je vous laisse découvrir ce roman aux tensions dramatiques très fortes.

Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance.

Challenge VLEEL « un auteur traduit »

Challenge 15 k #7 Juliette je t’aime « un personnage féminin en héroïne »

Éclats d’étoile. Livre 1

Neil Shusterman

Trad. Cécile Ardilly

Éditions Robert Laffont, Coll R, fev 2021, 300 p., 17,90€

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Dillon possède le terrifiant pouvoir de déclencher des vagues de destruction avec une simple pensée.
Deanna, elle, ressent une peur si dévorante qu’elle en est devenue une sorte de trou noir, aspirant tout ce qui la terrorise.
Lorsque l’éclat d’une supernova illumine le ciel nocturne, Dillon et Deanna ont une révélation : ils sont six à être accablés de pouvoirs monstrueux qui leur rongent l’âme autant que le corps. Et ce n’est qu’ensemble qu’ils auront une chance de vaincre ces forces mystérieuses.

Mes impressions de lecture :

J’ai reçu le tome 2 qui vient de paraître et je  me suis dis qu’il valait mieux que je commence par le tome1, alors j’ai acheté ce premier tome pour découvrir l’auteur et l’un de ses univers.

C’est un roman fantastique young adulte, grands ados. Il y a une certaine violence … et des thématiques sombres.

C’est un roman surprenant. Dans cette histoire nous avons six adolescents avec des pouvoirs étranges, ça serait plutôt des tares. C’est particularités sont négatives. D’habitude on attributs  aux héros des pouvoirs positifs pour faire le bien autour d’eux, ici ce n’est pas le cas.

Dans ce premier tome on découvre chaque personnage avec son affreuse histoire. Puis, comme aimantés ils vont former des binômes plus ou moins complémentaires. Entre eux les effets négatifs n’ont pas lieux.

Au début je me suis dit qu’on allait être dans la quête, un road trip, le voyage initiatique qui terminerait par leur rencontre, il y a de cela mais aussi pas tout à fait… Je suis donc allé de surprise en surprise.

Les personnages ont plus ou moins appris à vivre avec leurs singularités, on pourrait dire qu’ils sont leur première victime. Cependant, il va y  avoir la lutte pour choisir le bien et le mal, selon les critères de notre société. Il y a un attrait dans le mal qui les ronge.

Je n’ai pas eu d’empathie avec certains personnages, je pense que chaque lecteur sera plus sensible à tel ou tel aspect. Les relations entre les personnages sont étranges comme ce qu’il leur arrive.

C’est un roman relativement sombre, les théories autour des éclats d’étoile sont intéressantes.

Une lecture prenante. Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir.

Je ne saurais vous dire si j’aime ou pas ce roman, il y a quelque chose qui m’a dérangé.

Je vais pouvoir enchainer avec le tome 2 « le dévoreur d’âmes » ça ne laisse pas trop de place au doute sur le côté sombre.

A bientôt pour la suite…

Qui en parle ?

Mylène

Les détectives du Yorkshire 4. Rendez-vous avec le poison

Julia Chapman

Trad. Dominique Hass et Stephanie Leigniel

Éditions, Robert Laffont, La Bête noire, 2019, 395 p., 14,90€

Mes lectures La Bête Noire

4e de couv. :

Il y a comme un vent de printemps qui souffle sur Bruncliffe. Mais la belle saison est loin de profiter à tout le monde… Mêlé à une affaire de meurtre, Samson O’Brien doit répondre aux questions pressantes de la police. Et quand son passé est révélé au grand jour, c’est la ville entière qui se ligue contre lui.
Dans toute cette agitation, il n’y a que le vétérinaire du coin pour s’inquiéter d’une série de morts inhabituelle au sein de sa clientèle canine : plusieurs chiens ont été empoisonnés. Il sollicite alors les services de Samson et Delilah, qui vont devoir braver les foudres des habitants pour résoudre ce mystère.

Ma chronique :

Me voilà embarquée dans le quatrième épisode des aventures/mésaventures de Samson et Delilah. A peine remis de leur précédente aventure en mars on les découvre en plein agnelage !

C’est une série qui gagne à être lue dans l’ordre, car si les enquêtes qui sont liées au titre sont résolues, il reste un petit quelque chose qui le lie à la suite. Il faudra attendre je ne sais pas encore combien d’épisode pour que Julia Chapman nous révèle quelques énigmes.

Il y a bien entendu l’épée de Damoclès sur la tête de Samson à savoir son accusation qui l’a fait quitter Londres. On voit se dessiner petit à petit les ombres liées à ce complot.

Mais il y a un autre complot qui se trame dans Bruncliff. La présence de Samson dérange les plans de cette association de malfaiteurs qui ont pignons sur rue. Un épisode après l’autre Julia Chapman distille les informations, on a de plus en plus d’éléments.

La scène inaugurale est un joli exercice de style qui nous met immédiatement dans l’ambiance !

L’idée de poison est liée à l’acte criminel qui se joue dès la première page, mais au second degré on aussi le poison qui se diffuse dans le cœur de la ville, de ses habitants.  Il me semble que plus on avance dans la série plus les histoires deviennent sombres… on a bien encore le côté plaisant du cosy mystery et de l’humour, cependant il est plus diffus. C’est ce qui me plaît dans cette série, il n’y a pas de surenchère dans le grotesque. Les sentiments sont profonds, car les personnages se connaissent depuis l’enfance pour la plupart. Ne vous inquiétez pas il y a quelques scènes irrésistibles, comme celle où le réveille ne sonne pas, où on pousse la chansonnette,  ou bien celle d’un placage mémorable ! Ahahah ! A vous de découvrir les autres… Encore des mains tendues, des mains serrées et des coups de poings en veut en voilà.

On voit Samson bousculé et basculer du côté sombre de son histoire…

Nathan va aussi vivre des expériences intenses…

Tout le monde semble être dans le brouillard que ce soit dans les collines ou dans le flou de certaines situations.

Le fil rouge de ce tome serait « ne pas se fier aux apparences, attention à pas oublier la présomption d’innocence » même Caliméro va se retrouver dans des situations délicates.

Je termine cet épisode plein de rebondissements et de révélations avec l’envie de connaître le fin mot de l’histoire et les nouvelles mésaventures. A quand le prochain ?

Dans l’idée de série cohérente on a les couvertures et les titres qui en font partie, c’est aussi qui fait le charme de ces histoires. J’aime aussi beaucoup de format entre poche et grand format , c’est un confort de lecture qui a son importance.

On découvre aussi d’autres aspects de la vie à la campagne dans cette partie du Yorkshire.

Je remercie les Éditions Robert Laffont, La Bête Noire de leur confiance.

Voir aussi :

Les détectives du Yorkshire 1 Rendez-vous avec le Crime

Les détectives du Yorkshire 2 Rendez-vous avec le mal

Les détectives du Yorkshire 3 Rendez-vous avec le mystère

Article précédemment publié sur Canalblog