Les Belles étrangères le Liban

Douze écrivains libanais

Éditions Verticales, 2007, 208 p. + un DVD, 20 €

Le mois de la littérature libanaise

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Le livre « Les Belles Étrangères » 2007 seront consacrées à la littérature libanaise, de langue arabe et française. Le Centre national du livre, organisateur de l’événement, invitera ainsi douze écrivains libanais, huit auteurs arabophones et quatre auteurs francophones, représentatifs de la diversité et de la richesse de la création littéraire libanaise d’aujourd’hui : Zeina Abirached, Mohammed Abi Samra, Abbas Beydoun, Rachid El-Daïf, Hassan Daoud, Tamirace Fakhoury, Joumana Haddad, Imane Humaydane-Younes, Elias Khoury, Charif Majdalani, Alawiya Sobh et Yasmina Traboulsi.

Mes impressions :

Je vous disais au début de ce mois de la littérature libanaise, organisé par « Les mille (et une ) lectures de Maeve, que mes connaissances étaient pratiquement inexistantes en ce qui concernait le Liban et sa littérature, alors j’ai commencé par regarder le DVD. J’ai donc découvert ces écrivains de langue arabe ou française. Chacun a parlé de son pays, d’éléments fondateurs de leur besoin d’écrire et de raconter. Chacun/chacune avec son histoire, sa langue et son domaine d’expression. Mettre un visage et une voix sur une écriture c’est déjà entrer dans leur univers.

Ce recueil débute par un avant propos. Viens ensuite une photo et une mini présentation de l’écrivain. Puis le texte choisi.

J’ai souri en lisant la petite bande dessinée de Zeina Abirached… elle fait bien revivre les gens de son quartier. C’est en noir et blanc, ça m’a fait un peu penser à Marjane Satrapi. Entre chez ses parents et chez sa tante 3 rues, mais en chemin il faut qu’elle salue tout le monde et qu’elle refuse leur hospitalité sans les offenser…  elle doit faire semblant de ne pas entendre les commentaires de certaines… on voit aussi les pensées d’autres.

Mahamed Abi Samba, traduit de l’arabe par Franck Mermier, a choisi quand à lui de faire parler plusieurs voix qui font penser à  des formes antiques tout en parlant d’aujourd’hui. Dès le titre ont y est : «  ruines païennes ».

Abbas Beydoun, traduit de l’arabe par Antoine Jockey, la famille est la thématique principale de ce texte.

Rachid El-Daïf, traduit de l’arabe par Yves Gonzalez-Quijano. Les femmes, la sexualité et les relations humaines. Choc des cultures…

Hassan Daoud, traduit de l’arabe par Edwige Lambert. J’ai beaucoup aimé le fait qu’il parte d’une photo pour nous raconter la famille, les non-dits et les arrangements fait par la mémoire. Là encore la sexualité et relations homme/femme dans cette société libanaise des années 60.

Timirace Fakhoury. C’est de la poésie, ce n’est pas un genre dont je sais parler.

Joumana Haddad, traduit par l’auteur, donc je suppose que les textes étaient à la base écris en arabe, ce n’est pas indiqué. C’est une femme qui parle de poétesses. A chaque fois elles parlaient à leur miroir. Des textes courts.

Imane Humaydane-Younes, traduit par Valérie Creusot. Chaque écrivain vient d’une communauté ou d’un lieu différent. Imane Humaydane-Younes est issu d’une famille Druze, elle vient des montagnes Druze, sa communauté ne s’arrête pas à la frontière du Liban. Lorsque j’ai regardé le DVD cela m’a marqué car c’est un nom que je connaissais mais je n’ai pas souvenir de l’avoir entendu souvent. On a dans ce texte l’idée du départ, de l’exil et de rapport au pays absent et du retour. La nostalgie prend ici une autre forme.

Elias Khoury, traduit par Rania Samana. Chaque histoire de cet ouvrage est de la main d’un écrivain et chaque première phrase a son importance. Ici, comme dans plusieurs autres c’est la voix du conteur « L’histoire débuta ainsi. / En ce temps là », c’est le témoin qui parle. Le poids du passé est important.

Charif Majdalani. La nature et la technologie cohabitent dans cette histoire. On est ici dans les montagnes. Gardien, veilleur, guetteur, observateur, le narrateur nous raconte son quotidien.

Alawiya Sobh, traduit par Rachida Damabi Haidoux et Batoul Jalabi Wellnitz. Les souvenirs, songes,   le passé et le pouvoir d’évocation. L’oralité et la famille (la filiation). L’oncle conteur. « […]quand tu seras grande tu sauras que la vie n’est rien d’autre qu’une longue histoire. Heureux sont les êtres dont la mémoire survit, ceux-là auront vaincu la mort. Seule la mémoire est plus forte que la mort.» Le pouvoir des mots et la volonté de ne montrer qu’une partie de la vie. Ne pas mettre en avant les vengeances et les querelles entre les clans. La tradition ici c’est celle du conteur qui recrée les mille et une nuits à sa façon.

Yasmina Traboulsi. Elle va nous faire voyager en Egypte en 1967 en la personne de Souma une chanteuse, une diva. La voix, la tradition et la magie ou pouvoir de séduction.

J’ai beaucoup aimé cet ouvrage qui m’a permis de découvrir douze écritures, cela m’a donné envie d’aller plus loin.

Chaque texte met en lumière un aspect du Liban. Les décors sont variés et contrastés de la ville à la montagne, on a un aperçu de la diversité géographique entre le Sud et le nord.

A travers les histoires de famille et les relations Homme/femme on se rend compte que c’est un pays fait de contrastes, certainement dus au passage de tous les peuples de se pays de passage. C’est le mot creuset qui me vient à l’esprit.

On ne peut évidemment pas faire l’impasse sur la guerre et les ravages tant au niveau des infrastructures qu’au sein des communautés voire des familles.

Cet ouvrage date de 2007 et presque quatorze ans après on voit les ravages des conflits successifs, le Liban a du mal à se relever qu’une nouvelles catastrophe s’abat sur lui, comme l’explosion sur le port de Beyrouth. Aujourd’hui encore le Liban fait encore parler de lui pour sa souffrance, puisqu’il est durement touché par la COVID.

C’est un ouvrage que je conseille pour  l’éventail de voix différentes