Le sanctuaire

Laurine Roux

Folio, 3 fév 2022, 143 p.,

Mes Lectures Folio

4e de couv. ;

« Chaque matin je me lève à l’aube, quand les brumes de la vallée trempent le pied de la montagne. La veille, Maman a allongé le fond de soupe laissé sur le poêle ; j’en remplis une gourde, puis me barbouille le visage de cendres et décroche mon arc. Avant de sortir, je pose un baiser sur son front. Des notes d’amande et de reine-des-prés s’échappent de ses cheveux. »

Gemma, sa sœur et leurs parents ont trouvé refuge dans un chalet de montagne isolé. La famille vit depuis des années à l’abri d’un virus qui a décimé la quasi-totalité de l’humanité. Gemma, née et élevée dans ce « Sanctuaire », obéit aux lois imposées par son père. Elle a apprivoisé chaque recoin de son territoire, devenant une chasseuse hors pair. Mais ces frontières imposées commencent à devenir trop étroites pour l’adolescente…

Mes impressions de lecture :

Je ne sais pas si c’est moi qui attire ce genre de lecture ou si ce genre de lecture m’attirent en ce moment. Ce n’est pas tant l’aspect « effondrement du monde » que les liens qui se tissent  dans la communauté qui m’intriguent.  Huis clos au milieu de la nature sauvage. On retrouve la notion d’île terrestre, protection ou prison. « les arbres sont nos barreaux » dit June. L’importance du titre, il évoque bien des choses, lieu sacré qu’il ne faut profaner, ni souiller…dans lequel on ne pénètre pas impunément…

C’est un sujet maintes fois traités, cependant je suis toujours curieuse de voir comment l’auteur va jouer sur le point de bascule. Ici le roman est bref donc on va aller direct au sujet. On sait juste qu’il faut exterminer les oiseaux qui sont porteur de la maladie. Les tuer et les brûler.

Dans ce roman on a l’opposition ville/ nature sauvage. Organisation calculée et orchestré. L’ordre pour éviter le désordre et le chaos. Tout est sous contrôle ou presque…

On n’est pas dans un post-apo à proprement parlé. On ne va pas partir sur comment la terre par en vrille et comment survivre. On est dans une famille au milieu des montagnes, le lieu importe peu. Cela fait une bonne douzaine d’année qu’ils ont trouvé leur rythme de vie. Ils sont arrivés là avec une petite fille et une autre est née sur place. C’est elle la narratrice.

Gemma n’a jamais connu la ville et la vie en société, elle ne connait que la loi de son père et la douceur de sa mère. La mère et la sœur ainée font des allusions au monde passé dans le dos du père.

La question qui nous vient tout de suite c’est : laquelle des deux filles va craquer avant ? La grande a la sexualité plus avancée ou la petite au caractère bien trempé.

Je ne vous le dirais pas laquelle, je vous laisse découvrir transgressera les limites établies.

Je vous dirais juste que j’ai aimé comment  Laurine Roux a amené l’élément déclencheur et ce que cela a engendré.

Certains moments font penser à des renaissances. Il y est questions de passages souterrains, sombres et humides où certains personnages voient leur vision de la vie changer.

Il  n’y a pas que pas de les chemins qui soient sombres, il y a aussi la violence qui couve sous la cendre et qui ne demande qu’à exploser.

Je vous souhaite une bonne lecture. J’ai beaucoup apprécié cette lecture pour les sujets abordés et pour la concision de l’écriture qui est censée représenter la parole et les pensées d’une adolescente coupée du monde.

Je remercie Folio de leur confiance.

Ceux des Limbes

Camille Brissot

Editions Syros, 5 avril 2018, 484 p., 17,95 €

Mes lectures Syros

4e de couv :

Du haut du Mont-Survie, Oto admire chaque jour la forêt qui l’encercle à perte de vue. Elle est si belle qu’il en oublierait presque ce qui se tapit sous les arbres. Mais lorsque la montagne s’endort, que les lumières s’éteignent et que les voix s’effacent, le vent résonne d’un chant inhumain, effroyable : le gémissement des limbes, les victimes de l’épidémie. Bientôt, Naha devra passer plusieurs jours et plusieurs nuits dans la forêt. Oto refuse de rester cloîtré en espérant le retour de celle qu’il aime plus que tout. Quitte à être une proie de plus, il va sortir lui aussi.

Ma chronique :

J’ai découvert cette autrice avec « la maison des reflets » un livre très particulier qui j’avais adoré de par le fond et la forme. Alors je n’attendais qu’une occasion pour retenter l’expérience…

J’ai reçu ce roman en avant-première et je l’ai dévoré.

C’est un roman à la première personne. Les personnages principaux sont des adolescents de 15 ans.

C’est un roman post-apo. On découvre un monde aux ruines multiples. Une société à survécu à une terrible épidémie en s’isolant sur une montagne. Il reste très peu de gens qui ont connu le monde d’avant. C’est une société pyramidale. Ceux qui vivent tout en bas sont les plus mal lotis, ce sont les plus démunis et méprisés, plus on monte plus on va vers les privilégiés.

Notre narrateur a une position sociale à part. Il a commencé par le plus bas puis a été propulsé tout en haut malgré lui. Il a choisi une position intermédiaire pour essayer de trouver sa vraie place.. sa sensation de liberté qui entoure son cas est toute relative. Il y a la notion de rejet puisqu’il ne fait parti d’aucun clan et qu’il a refusé de rester en haut de la pyramide. Pour la plupart c’est le traitre, l’ingrat. C’est très intéressant de le suivre d’une part parce qu’on découvre cette hiérarchie qui permet de maintenir cette société. Nos n’avons pas à faire à la première génération, ces jeunes que l’on va suivre sont tributaire du savoir des adultes de la « montagne ». Difficile de se faire sa propre opinion sur le monde qui les entoure puisqu’ils n’y ont pas accès. Difficile de se révolter face à l’ordre établi.

Le lecteur a de quoi s’interroger. Les informations nous sont distillées petit à petit. Est-ce que les dirigeants cachent des choses à la majorité de la population ? Qu’en est-il réellement  de la vie à l’extérieur ? Y a-t il d’autres survivants ? Est-ce qu’on cherche à maintenir ce monde clos ? Si oui pourquoi ? Est-ce que la situation peut continuer ainsi ?

Après la vie à l’intérieur avec les antagonismes entre les dirigeants et entre adolescents. On va avoir la phase aventure à l’extérieur.

Il y a un rituel initiatique qui veut que tous les jeunes de 15 ans par petit groupe fassent une sortie dangereuse mais assez encadré et planifiée. Elle est potentiellement mortelle. Il y a peu de risque que ces jeunes « formatés » veuillent allez au-delà des limites autorisées.

Bien sûr cette fois-ci ne va pas être comme les autres. On interdit à notre héros d’y participer. Alors que son principal rival va partir avec son amoureuse. Je vous laisse découvrir les tensions qui entourent ses jeunes gens avant le départ. Démonstration de pouvoir,  de confiance…

Qui dit groupe dit organisation et interactions entre les participants. Ils viennent de toutes les strates de la société. Il y a ceux qui sont préparés et ceux qui  ne le sont pas, il y a ceux qui ont l’équipement adéquat et ceux qui ont du faire du recyclage.

Quitter la montagne protectrice c’est aussi révéler ce sont  capables ces jeunes gens. On va les voir agir en situation de stress extrême et affronter leurs peurs intérieures. C’est aussi l’occasion de règlements de comptes. Alors nous aurons de nombreux rebondissements et des surprises.

Dans ce roman Camille Brissot traite aussi de la mémoire, des séquelles, des absences. De ce qui est caché au fond de nous. Les rêves, les intuitions donnent un côté mystérieux à ce qui se passe à l’intérieur de la Montagne ou dans le monde qui entoure ce lieux protégé. C’est aussi un moyen de faire ressurgir le passé.

Il y a les vivants et les morts, entre les deux ceux des limbes. C’est assez mystérieux ce monde de morts-vivants. On a la sensation d’un monde de brume, comme si un écran de fumé nous masqué des choses.

On a une forte présence de l’élément terre. La Montagne, les caves et les souterrains, les ruines à l’extérieur formées de pierres et de béton, ces arbres aux racines potentiellement dangereuses. On a ces images de champignons, d’humus, de terre en décomposition, de mort latente. L’atmosphère est asphyxiante et oppressante par moment. La peur est palpable.

L’eau, on la retrouve avec la pluie, les ruisseaux, elle n’apporte rien de bon, elle apporte les sangsues ou éveille des sentiments négatifs (la nudité dans la scène du bain par exemple).

L’élément air, j’ai cru qu’il jouerait un rôle plus important avec la notion de sommet de la Montagne et la présente des oiseaux et oiseleurs. Sans parler de la présence du rêve et des odeurs. Finalement il a peut de chance de s’évader par le haut !

Dans l’ensemble les personnages sont assez malmenés par l’autrice, au point que le narrateur se fait souvent la réflexion « qu’est-ce qui va encore m’arriver ? » avec une énumération de toutes les catastrophes  qu’il a subit depuis dix ans. Quand à moi je n’ai pas arrêté d’écorcher son nom. « Otolan » est devenu « Ortolan », la faute à la volière !

La mémoire d’Oto va se débloquer par à-coups, on aura donc des passages en italiques pour bien marquer la frontière entre le passé et le présent. Il faudra attendre la fin pour avoir certaines réponses. Le chemin initiatique d’Oto avec ces différentes épreuves va l’aider à extraire de ces propres  « limbes » ce qui a causé ses blocages. On va découvrir sa vie d’avant.

Les interactions entre les personnages sont très intéressantes. Plus on avance, plus elles s’intensifient. On a des monté de tension. On attend la catastrophe. On sent l’électricité dans l’air. Les rivalités, les jalousies, les tensions cachées, la colère, la haine tout nous prépare à un drame.

On se demande si la révélation de certains secrets, les actes héroïques ou dramatiques vont être à la hauteur de l’attente…. Pour moi cela a fonctionné car j’ai été happée par cette histoire. J’ai eu du mal à lâcher les personnages.

J’ai été peinée par certaines pertes alors que d’autres… Cela fait partie des voyages initiatiques.

La thématique de l’amitié, de l’amour et des trahisons sont aussi bien entendu présente. L’idée de solidarité et d’entraide affrontent l’individualisme et la soif de pouvoir. C’est ce qui fait qu’on s’attache plus ou moins à certains personnages.

Je suis triste d’être arrivée à la fin, j’aurais aimé que l’histoire continue… ils ont mis en mouvement certaines choses alors ont voudrait voir comment tout va évoluer…

J’ai failli oublier l’effet traitre des chapitres courts. On se dit allez entre « un » et puis encore « un autre »… De quoi finir en nuit blanche ! Cela peut aider certains lecteurs qui auraient peur de lire presque 500 pages… moi je ne les ai pas vu passer…

J’arrête là car il ne faudrait pas dévoiler l’essentiel ! Tout ce qui touche à « ceux des limbes » etc.

J’ai été conquise par le rythme, la vivacité des répliques, les interactions entre les personnages, l’intérieur et l’extérieur, le haut et le bas ainsi que la construction de cet univers.

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

kokeshi coup de coeur

Article précédemment publié sur Canalblog

U4 .Stephane

Vincent Villeminot

Éditions Syros, Éditions Nathan, août 2015, 432 p., 17,95 €

Mes lectures  Syros

stephane

4e de couv. :

Stéphane vit à Lyon avec son père, un éminent épidémiologiste. Si des adultes ont survécu, son père en fait partie, elle en est convaincue. Alors elle refuse de rejoindre le R-Point, ce lieu où des ados commencent à s’organiser pour survivre. Elle préfère attendre seule, chez elle, que son père vienne la chercher. Et s’il ne le fait pas ? Et si les pillards qui contrôlent déjà le quartier débarquent avant lui ?  Tout espoir s’écroulera, à l’exception d’un seul : un rendez-vous fixé à Paris…

Mon billet :

J’avais craqué pour le personnage de « Yannis », son histoire et son parcours au sein de cette aventure. Si je vous parle de ce personnage, c’est qu’il est très lié à celui de Stéphane. Il me fallait donc lire l’histoire de ce personnage pour avoir son point de vue que cette aventure et sur son ressenti par rapport aux événements et à Yannis avec qui elle va partager un mois de mésaventures.

Stéphane est un personnage ambigu lorsqu’on le perçoit  à travers les yeux de Yannis ou Koridwen (je viens juste de commencer « Jules »). Yannis est le premier à la croiser lors de son passage à Lyon, il va donc vivre plus longtemps avec elle que les deux autres personnages. Ils vont faire un bout de route ensemble. Jules et Koridwen vont vivre à Paris avec elle, ce n’est pas la même façon d’engager son amitié et sa vie.

Pourquoi ce personnage  est ambigu ?

Parce que c’est une fille avec un prénom de garçon ? non.

Son apparence froide et son côté scientifique qui lui fait analyser les choses de manière plus « raisonnable », contribuent à créer une distance.

Parce que son père est vivant et collabore avec le gouvernement ? (dès le début son père est parti se mettre à l’abri). C’est quelque chose qu’elle va avouer à certain et taire à d’autres.

Comme Yannis lui dit sans savoir cela : « C’est peut-être idiot, ce que je vais dire, mais ça me réconforte qu’on ait tous la même blessure. Qu’on soit tous orphelins. Ça nous fait une raison de survivre ensemble » (p. 185)  Oui mais voilà sa mère et son frère sont loin, son père aussi et elle a l’espoir qu’ils soient à l’abri, mais pas Yannis…

Ces adolescents voient leurs proches mourir et chacun réagit à sa façon. Car il n’y a personne à blâmer puis que ce n’est pas la conséquence d’une guerre bactériologique. Par contre,  quand ils tuent pour leur survie, ils deviennent des criminels, c’est un autre rapport à la mort. Suspicion, méfiance, peur, paranoïa, folie criminelle tout est possible.

Chaque personnage à une histoire touchante. Stéphane va avoir un choix douloureux à faire que les autres n’auront pas, les désillusions ne sont pas au début pour elle. Elle va les subir au fur et à mesure. C’est aussi le seul personnage qui va être seule. Yannis a son chien, Koridwen son cousin, Jules sa sœur d’adoption, chacun doit protéger un être cher… Stéphane va avoir du monde autour d’elle notamment Alex et Marco mais c’est très différent car elle n’a pas de responsabilité morale et affective.

Je suis de nouveau agréablement surprise de la réussite de cette expérience artistique. Et que dire des couvertures ? Je les trouve très impressionnants avec ses regards plus grands que nature, ils en ont trop vu pour des adolescents.

J’ai découvert la plume de Vincent Villeminot et j’espère lire d’autres romans très prochainement…

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog

U4 .Yannis

Florence Hinckel

Éditions Syros/Nathan, 28 août 2015, 400 p., €

ISBN : 9782092556153

La rentrée chez Syros

Événement rentrée littéraire 2015 une coédition Syros/Nathan

4 e de couv :

Depuis la création de la Cellule d’Éradication de la Douleur Émotionnelle, la souffrance psychologique n’a plus cours. Il suffit de se faire oblitérer, et on ressort comme neuf ; seul un point bleu à l’intérieur du poignet garde la trace de cette douleur effacée. L’intervention est obligatoire pour les mineurs. Les adultes, eux, ont le choix. Le jour où sa petite amie Astrid se fait renverser par une voiture, le jeune Silas est aussitôt emmené par les agents en combinaison jaune. Le lendemain, lorsque ses parents viennent le chercher, le garçon se sent bien. Tout n’est-il pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Anecdote :

Voulez-vous découvrir en avant première un événement littéraire de la rentrée ? 4 romans, 4 personnages, 4 histoires,  4 auteurs et deux maisons d’éditions réunis autour d’une même aventure.  Ouiii… fut ma réponse !

Me voilà embarquée dans du post apo jeunesse.

Les quatre histoires se lisent indépendamment chaque personnage aura sa fin. Pour l’instant je n’ai reçu que les deux romans des éditions Syros. Dilemme par lequel commencer ? J’aime l’écriture des deux auteurs, les deux livres font 400 pages… plouf plouf et saute dans l’eau…

Je commence par « .Yannis », car j’avais été touchée par « #bleue » un précédent roman de Florence Hinckel…

Ma chronique :

Vous avez vu les couvertures comme elles sont belles. Ces gros plans sur le visage de chaque personnage avec leur regard intense. Ce n’est pas une photo anthropométrique et pourtant c’est un peu l’idée … Cela rappelle les affiches dans la narration…

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai commencé par cette histoire, mais j’aime beaucoup le personnage de Yannis. Peut-être que cela me fera le même effet avec chaque personnage. Je ne les ai découvert qu’à travers le regard de Yannis et la plume de Florence Hinckel. Chaque auteur va développer son personnage et comme on découvre l’histoire à travers le regard de chaque protagoniste, Yannis sera perçu différemment… J’ai à peine commencé que de  nombreuses questions affleure mon esprit…

Yannis me plaît, car il est solaire, il est touchant dans son  approche du problème. Il est très sensible, à la fois fragile et fort. Dans un premier temps il se réfugie dans son personnage virtuel du jeu Warriors of time (WOT). Son imaginaire est tel qu’il va être accompagné de fantômes  tout au long de sa quête. Il est attentif aux autres, il est très ouvert. Il accorde facilement sa confiance ce qui lui permet de faire des rencontres décisives. Il est un élément central qui entraîne les autres.

Yannis est un rêveur, un idéaliste. Il croit au message de Khronos, mais dans l’éventualité d’un échec il aimerait que les survivants reconstruisent un monde nouveau. La violence qu’il voit autour de lui le blesse. L’injustice le révolte.

Ce qui m’a plu dans ce roman, c’est la fluidité de la narration avec des dates comme repère, comme un compte à rebours. Plus on approche du 24 décembre plus la pression monte. Y aura-t-il un après 24 décembre et lequel ?

Lorsque je débutais ce roman, je remarquai la présence d’une thématique qui m’est chère, celle de l’eau. Cet élément va être comme un fil rouge, du moins pour moi il ponctue le récit. De la mer Méditerranée puisque l’histoire débute à Marseille, on va remonter le Rhône à partir de la région lyonnaise, puis la seine… On à l’impression de remonter à la source. L’eau est parfois souterraine, parfois sale (égouts), souvent absente puisqu’il n’y  a plus d’eau courante, elle apporte l’énergie (force motrice qui remplace l’électricité chez Elissa), l’eau des larmes, la pluie ou la neige purificatrice.

Dans ce voyage initiatique, j’ai trouvé qu’il y avait une idée de renaissance avec des cavités humides… Yannis n’est plus l’enfant qu’il était, il va se découvrir.

L’intrigue est bien menée avec de nombreux rebondissements. Nous ne sommes pas dans une vision angélique, d’entrée la mort, la violence, la cruauté et la manipulation viennent donner le ton. Le retour à une certaine animalité, à l’instinct de survie et la lutte vont être des moteurs. On retrouve des thématiques de la littérature post apo. On a l’impression que cela peut avoir lieu demain avec tous ces virus qui font la une des journaux.

Il n’est plus question de jeu virtuel, ils vont devoir tout faire pour survivre, et se dépasser…

Ce qui m’a marqué c’est ce besoin d’enterrer ses morts au-delà du côté sanitaire, pour pouvoir avancer. Il doivent survivre et pourtant le travail de deuil doit se faire.

La liberté est une question importante pour Yannis, il veut rester indépendant et maître de son destin. La solitude  reste une angoisse permanent. Ils ont tous besoin de se raccrocher à quelqu’un. On découvre l’effet de groupe, de regroupement, entre gangs et communautés des organisations se mettent en place. La famille est détruite et pourtant présente par les bases qu’elle a données à chaque personnage.

J’ai été surprise par la fin, je ne m’y attendais pas… je vous laisse la découvrir… C’est bien aussi de ce laisser surprendre par le choix d’un auteur…

C’est un livre que j’ai lu par petites touches, puis une nuit je ne l’ai plus lâché… le silence et la tranquillité de la nuit se prêtait à cette lecture avec le couvre feu et les expéditions nocturnes des personnages… j’ai laissé une vingtaine de pages en suspens pour les apprécier reposée…

Maintenant je n’ai qu’une hâte c’est découvrir les autres histoires… Car on veut connaître les autres points de vue… Donc un conseil, prévoyez de lire les quatre romans à la suite !

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

A bientôt pour les autres titres de U4.

syros 2
coeur livre
koridwen
Jules
Stephan
1% rentrée 2015

Article précédemment publié sur Canalblog