Les Costa 3 : Par la mer et les nuages

Laurent Whale

Éditions Critic, mars 2018, 537 p., 23€

Mes lectures Critic

4e de couv. :
L’apocalypse a eu lieu. La politique, la finance et l’avidité des hommes ont transformé la planète bleue en un dépotoir puant et délétère.
Quelques foyers humains tentent d’y arracher une existence précaire, menacés par des hordes de chiens sauvages et de vagabonds, rendus fous par la famine. Chaque jour, la dégradation de l’air, de l’eau et l’augmentation des radiations changent la vie en un baroud perdu d’avance. Mais nul n’a l’intention de périr sans combattre.
À Pontault et Port Leucate, en dépit de tensions et de conflits internes, deux communautés de survivants entament un ultime périple vers des terres nouvelles et plus accueillantes, de l’autre côté de l’Atlantique ; parmi elles, la famille Costa.
Ainsi commence le long exode, véhiculant les espoirs d’une poignée d’humains résolus.
Cap à l’ouest ! Par la mer et les nuages.

Ma chronique :

J’ai découvert cet auteur et cette série grâce à Book en Stock et  « mois de de Laurent Whale». Un mois d’interviews sans filtres entre les lecteurs et l’auteur. Ces » mois de » me font sortir de ma zone de confort et découvrir des auteurs actuels de la littérature de l’imaginaire. C’était le second tome « les damnés de l’Asphalte » que j’avais adoré. Puis ce fut la sortie chez folio de du tome 1 à nouveau coup de cœur. Et voici donc un troisième volet qui nous fait voyager et réfléchir, je suis fan de cette série. Pourquoi je vous raconte cela ? Pour répondre à la question : « puis-je lire cet épisode sans avoir lu les autres ? » Ma réponse est donc oui, car ils sont construits de façon à vivre une aventure, il y en début de volume un « récapitulatif des personnages clés ». Bien sûr dans l’idéal il vaudrait mieux lire les trois volumes dans l’ordre, car de toute façon si vous aimez celui-ci il vous faudra les autres.

Laurent Whale à une façon de raconter le quotidien et les aspirations des membres de ces communautés à la façon des écrivains de roman d’aventure. On est au cœur des événements. On est dans des zones hostiles, il faut savoir se défendre, prendre les armes quelques quelles soient. Moi qui ne suis pas adeptes des armes et des batailles  j’ai vibré en même temps que les protagonistes. On y est on voit, on sent, on ressent.

Lorsque je parle de roman d’aventure, je pense aussi à l’aspect technique. Comment nourrir un groupe ? Comment  le faire dormir ? Comment se défendre ? Comment explorer ? Comment se déplacer ? Toutes les descriptions sont utiles, s’il nous décrit comment sont les lieux ou de quoi se composent les armes c’est parce qu’on va les voir en action.

On est dans une France post-apo , alors il faut être inventif et ingénieux. Ce qui m’intéresse ce n’est pas tant de savoir que telle ou telle pièce va permettre de créer un nouvel engin adapté à ce nouveau mode de vie, c’est de savoir qu’il faudra compter sur la mémoire de certains, de voir comment les vieux documents vont pouvoir servir. La famille Costa a su récupérer et se constituer une bibliothèque utile. Lorsque je vois que dans nos petites bibliothèques de village on ne garde que le récents et peu de livres techniques, je m’inquiète. Aujourd’hui on compte trop sur les serveurs informatiques et les données stockées… mais que ce passera t-il lorsque l’énergie sera rationnée.

L’auteur a fait un remarquable travail de recherche, c’est très documenté comme dans chacun de ses romans.

C’est un véritable roman d’aventure qui nous fera voler dans un dirigeable (en autre) nous fera naviguer sur des catamarans modifiés, etc. comme le titre l’indique « Par la mer et les nuages »

On retrouve la communauté de Pontault, de Port Leucate, du delta de l’Ebro… on découvrira au fil du voyage les stocks d’Hélium en Algérie avant de partir plus loin encore…

La pollution est telle que pour tenter de survivre, il faut refaire le voyage vers « le nouveau monde ». L’Histoire se répète ?

Ce qui est intéressant, c’est de reconstruire des communautés sans commettre les mêmes erreurs du passé. Le partage du pouvoir et faire primer les valeurs humaines dans les prises de décision, ce n’est pas toujours évident. Le facteur humain dans la reconstruction d’une société ce n’est pas comme créer un engin à partir de pièces détachées hétéroclites.

Ce que j’ai aimé dans la construction narrative c’est qu’en début de chapitre nous avons la date, le lieu et l’heure de ce qui va se produire. Il y a aussi des extraits de documents du style articles de journaux d’une autre époque. Cela débute par le mois de septembre 2107  Jour 1… Et là il y  une sonnette d’alarme qui s’allume dans ma tête de lectrice, mon fils aura 100 ans ! Oui, Laurent Whale nous parle de demain… on reconnaît encore des éléments de notre époque, cela donne au récit quelque chose de plus fort encore.

Ce que j’aime aussi dans cette série c’est que l’on n’est pas dans le jugement, mais dans le constat. Il n’est pas dit clairement c’est de notre fautes gens de 2017 si on en est là, il nous laisse tirer nos propres conclusions. A chacun sa prise de conscience ou pas. Ce n’est pas un roman moralisateur, c’est un roman de l’action, il faut agir pour survivre à la pollution, aux pénuries en groupe. On voit d’autres modes de survie différents plus tournés vers la violence. Certains personnages  on un côté visionnaire et idéaliste tout en étant pragmatiques.

Ne vous y trompez pas il y a l’aspect technique, l’aspect politique (vie de la cité) mais ce sont les relations humaines qui sont au cœur de tous ces efforts. La vie, la mort, l’amour et l’amitié, les émotions restent des sujets primordiaux pour ne pas retomber dans la bestialité. La réflexion, les dialogues, les discussions, la communication  et le partage sont là pour faire avancer les choses chez l’être de parole.

Vous l’aurez compris une nouvelle fois j’ai été conquise. A vous de vivre l’aventure avec la famille Costa, mais rien à voir avec les croisières Costa !

Je terminerai par une petite anecdote personnelle. J’ai rencontré Laurent Whale au Barcarès (près de Port Leucate) sur le Lydia, bateau ensable transformé en salle de spectacle, c’était pour le festival du roman d’aventure. Et l’auteur correspondait vraiment à ses récits, aussi spontané que ces écrits.

Je remercie les Éditions Critic pour leur confiance.

kokeshi coup de coeur
étoiles s'en balancent critic
damnés mitraillette

  

NB : J’aime aussi une autre série très différente de Laurent Whale « Les rats de poussière » dont j’ai lu « Good bye Billy »

goodby billy critic

Article précédemment publié sur Canalblog

NB

Après la vague

Alexander Key

Trad. : Arnaud Guillemette

Aux Forges de Vulcain, 2012, 177 p., 13,90 €

Mes Lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv. :

Après de longues années de guerre et un cataclysme, le monde occidental est détruit. A 17 ans, Conan est un rescapé qui vit sur un îlot depuis cinq ans lorsque l’arrivée d’un bateau arborant le pavillon ennemi vient rompre sa solitude. Emmené contre son gré, Conan découvre la ville de l’Ordre nouveau, Industria, dans laquelle sa force physique et son intelligence le destinent à la condition d’ouvrier. Cependant, Conan refuse de se soumettre à la hiérarchie sociale d’une cité dont il exècre le fonctionnement totalitaire. Mû par son esprit d’indépendance et son désir de retrouver les siens à High Harbor, une petite cité qui résiste tant bien que mal à la suprématie de l’Ordre nouveau, il trouve l’aide nécessaire pour planifier sa fuite.

Mon billet :

J’ai enfin lu un roman que j’ai envie de lire depuis longtemps, grâce à un partenariat avec les Éditions Aux Forges de Vulcain c’est fait. C’est drôle de retrouver la couverture blanche avec la petite photo est des accolades !

Décidément, je suis dans une série de lectures post-apo où le climat joue le rôle primordial. Faisons table rase sur le monde qui existe et que renaisse un monde nouveau plus beau et plus juste ! Mais en fait ceux qui s’accrochent au pouvoir semblent les plus tenaces et le monde nouveau semble devenir leur terrain de jeu.

L’histoire débute cinq après la catastrophe,  Conan est devenu un adolescent de  17 ans. Il s’est retrouvé piégé sur une sorte d’île pas très accueillante. Nous n’avons que quelques récits de ses années de survie, ce que j’ai apprécié. On a un jeune homme qui s’est forgé un corps et un esprit affutés. C’est un résistant. Il a un rôle à jouer dans ce nouveau monde.

Son chemin initiatique va prendre une autre tournure. Une nouvelle étape qui commence par une nouvelle prison. Il n’est pas qu’un pion dans un jeu d’échec c’est un cavalier il attaque. Le disciple va retrouver son maître.

On va jongler entre trois lieux : le rocher de Conan, Industria qui centralise le pouvoir mondial, et l’île de High Harbor où vit une communauté de jeunes.

High Harbor est très organisé de manière paternaliste, mais tous ces gamins sont devenus grands sans trop de cadre et ses adolescents vivant en vase clos veulent prendre le pouvoir. Il reste cependant une partie du groupe qui pense à l’entraide et à la solidarité pour que le groupe survive.

Industria c’est « Le Nouvel  Ordre » une dictature, un monde organisé et hiérarchisé avec chacun à sa place et une place pour chacun mais pas forcément celle qu’il voudrait, ils passent par la case esclave. Endoctrinement et propagande. On ne sait pas qui est à la tête de ce monde. Il n’y a que des adultes. Il faut qu’ils soient productifs, opérationnels. Pas de place pour les faibles. Tous pour L’État.

Les vieux instincts ressortent. Ils jouent sur la délation et l’égocentrisme.

Bien sûr il y a quelques grains de sable qui vont résister.

Dans les deux façons de voir le monde, on a le discours « nous œuvrons pour la meilleure société possible » deux approches différentes. L’homme n’a pas la même place dans ces deux façons de mettre en place ce nouveau monde.

On retrouve aussi l’idée que celui qui détient le pouvoir, c’est celui qui détient le savoir faire.

Les notions de liberté sont diamétralement opposées.

C’est un roman qui se lit avec facilité car on attend la suite des aventures de Conan et de Lanna qui sont chacun sous la pression des émissaires du nouvel Ordre.

Il a une certaine violence qui donne une tension aux récits.

Alexander Key n’est pas dans la thématique du bon sauvage face à la civilisation. Conan a su se discipliner grâce au but qu’il s’est fixé et une voix qu’il entend dans sa tête. On aborde un peu aussi l’idée d’un Dieu, car que représente cette voix ?

A la base Conan avait une éducation morale, il était adolescent au moment du changement. Il avait été un peu formé pendant des temps de guerre. Les plus jeunes eux sont plus difficiles à diriger et à former.

Le fait que le roman soit sur deux voix on a l’histoire de Conan et celle de Lanna. On a donc deux focus sur des problèmes différents et complémentaires.

Et puis, il y a les thématiques qui me sont chères les quatre éléments avec une prédominance de l’eau.

Ce roman est un coup de cœur car il n’y a pas de avant et pas d’après, je m’explique. On est dans l’action on est au moment où Conan doit prendre la place qui lui est destinée. On va le suivre dans son combat. Et cela se termine quand il accepte son destin. Et le lecteur ne peut qu’envisager se qui va se produire. On finit avec tous les possibles…

Ce roman est un coup de cœur car il m’a emporté avec les personnages et leur destin.

C’est une lecture qui convient aux adolescents et aux adultes. Pas besoin d’être un lecteur de SF pour réfléchir aux diverses façon d’aborder la façon de diriger le monde.

Je m’arrête  là pour vous laisser découvrir et réfléchir sur plusieurs sujets de société…Ce texte de 1970 (en VO) n’a pas vieilli !

J’ai eu le plaisir de retrouver les Editions Aux Forges de Vulcain et leur univers qui me gâtent.

kokeshi coup de coeur

Article précédemment publié sur Canalblog

U4 .Jules

Carole Trebor

Éditions Syros, Éditions Nathan,  août 2015, 401 p., 17,95 €

Mes lectures Syros

4e de couv. :

Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n’a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l’épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu’il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu’il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l’extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu’il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu’il décide de prendre sous son aile. Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.

Ma Chronique :

Après avoir lu Yannis, Koridwen en 2015, j’ai lu Stephan et  Jules avant la sortie « Contagion » dont je vous parlerais dès demain… je connaissais donc les grandes lignes communes mais aujourd’hui c’est à travers le regard, le corps et les sentiments de Jules que je vais assister aux événements tragiques.

Jules c’est le parisien, sa particularité c’est qu’il ne va pas voyager, il est au cœur de la capitale, il est déjà tout près du lieu de rendez-vous des Experts Warriors of Times . Il a la géographie des lieux en tête et navigue d’un quartier à l’autre.

Jules est plus jeune, il a quinze ans et il est encore au collège, c’est un geek qui vivait beaucoup avec / à travers le jeu WOT. Il y croit vraiment au message de Khronos, c’est sa raison de vivre, son espoir.

Tous les personnages de la série vivent des choses extrêmement dures. Mais je trouve que Jules est un cran au-dessus. Son histoire avec Pierre est extrêmement violente. Est-il mort ?… Est-il vivant ? il est en sursis, Va-t-il devoir le tuer ?… Le rejet, l’abandon, le possible retour… je n’en dis pas plus mais ce chaud-froid permanent est du. C’est un traumatisme psychologique et physique.

Heureusement il va croiser la route de minuscule et des autres et sortir de son isolement. Sans parler que les autres experts vont converger vers lui.

Il y a dans l’écriture et la présentation des faits par Carole Trebor un réalisme et une violence sans filtre qui donne au début du texte un coup de poing dans l’estomac. On se croirait sur un ring, elle assène un coup après l’autre. De part le sujet, les quatre auteurs doivent décrire des scènes d’horreur, mais chacun y va à sa façon.

Jules a du mal à se faire entendre. Il est un élément de cette communauté très organisée. Il n’a pas trop son mot à dire, il est peu consulté. Jules n’est pas dans l’ultra violence ambiante. Dans Paris s’installe un climat de guerre de territoire et de guerre civile mais ce n’est pas dans son caractère. Il a un physique de « plaqueur » alors on sollicité surtout son physique. Il a une force d’inertie qui fait qu’il a un temps de retard, il y a va à l’instinct sans calcul.

Les informations ne circulent pas à la même vitesse pour les quatre personnages. Jules par exemple comprendra pourquoi il n’est pas mort, que le 15 décembre soit presque deux mois après le début des décès (22 octobre) Psychologiquement cela modifie l’état d’esprit.

J’ai noté un point commun entre les deux garçons Yannis et Jules  ont eu besoin de rester dans leur personnage virtuel avant de supporter la réalité. Koridwen et Stephan, elles se sont jetées dans le réel immédiatement. Les deux filles ont fait appel au savoir familial. Koridwen la guérisseuse bretonne et Stephane la chirurgienne toutes les deux sont  dans les soins. Dans le même ordre d’idée Jules et Yannis sont ceux qui vont mal vivre toutes les révélations autour de Khronos.

Jules est un personnage qui intériorise dans sa chair les douleurs, qu’elles soient dues aux tortures ou autres injections. Il va lui falloir une intervention extérieure pour extraire « le mal » qu’on lui a implanté. Il parle peu et absorbe les informations. Pour renforcer cette sensation on a le personnage qui est d’abord cloîtré dans sa chambre au 5 ième étage de son immeuble, puis il séjournera dans les égouts, la sacristie (crypte), cave et fosse…

Je remercie les Editions Syros qui m’ont permis de lire la série U4 qui continue avec « Contagion » qui sera  en librairie le 3 novembre. A bientôt donc pour « Contagion » que je vais lire dès demain !

yannis
koridwen
stephane

   

contagion

Article précédemment publié sur Canalblog

Nous entrerons dans la lumière

Michèle Astrud

Éditions Aux Forges de Vulcain, 7 janv. 2016,

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv.

 » Je suis le guetteur de la nuit, le gardien des hautes cimes. Je surveille l’arrivée du désert, l’avancée des tempêtes, bientôt la maison sera ensevelie sous le sable. Seuls ceux qui habitent les étages les plus hauts arriveront à survivre.  » Dans un monde en déliquescence, la sécheresse et la canicule font des ravages, l’égoïsme et l’anarchie règnent, et chacun lutte férocement pour sa survie. Antoine, un ancien professeur, rend quotidiennement visite à sa fille Chloé qui, suite à un événement traumatique dont il se sent coupable, souffre de graves troubles de la mémoire et réside depuis des années dans une maison pour enfants malades. Antoine se bat contre l’oubli et la destruction, en photographiant son environnement en train de disparaître, et en reconstruisant sa relation douloureuse avec Chloé. C’est alors que réapparaît Sonia, son amour de jeunesse, devenue documentariste de renom, mais elle meurt avant qu’ils ne puissent tourner la suite du film qu’ils avaient jadis commencé ensemble. Antoine décide de partir sur les routes avec Chloé, dans l’espoir que ce voyage lui permette de sauvegarder les archives de Sonia, et de les sauver eux-mêmes. Dans une atmosphère des derniers jours où l’obscurité gagne, dans une errance où l’oubli croît, Antoine réussira-t-il à assumer son rôle de père ? Chloé arrivera-t-elle à grandir ? Parviendront-ils, ensemble, à retrouver la lumière ?

Ma chronique :

J’ai eu très envie de lire ce roman car j’avais beaucoup aimé l’écriture de « Le jour de l’affrontement ». C’est un roman post-apo, mais si près de nous que cela s’en est effrayant. On pourrait se dire que si on continue comme ça on verra se produire les catastrophes annoncées. Mais ce n’est pas un roman moralisateur, Michèle Astrud pose juste son histoire dans un contexte dévasté.

Le réchauffement climatique est tel que des infrastructures sont détruites, le sirocco et les tempêtes viennent balayer les villes. Les gens sont contraints à partir. De nos jour l’immigration climatique existe mais elle est loin de chez nous, on ne réalise pas. Mais dans cette histoire c’est ici à notre porte que commence le désastre.

Nous sommes dans un environnement hostile où les gens ont dû partir laissant derrière eux leurs biens matériels. Mais quelques uns restent dans ce chaos. Pour aller où ? Pour faire quoi ?

Dans cette ambiance, on va suivre un personnage qui se débat avec ses propres démons et sa fille de 17 ans qui va devoir affronter l’extérieur et une nouvelle vie.

On a des effets miroirs dans la narration on a des reflets du passé dans le présent et inversement. On a aussi cette relation père/fille, mémoire/ oubli, intérieur/extérieur, culpabilité/rédemption.

Le futur reste obscur, on est dans la survie dans le présent. L’avenir du narrateur est assombri depuis longtemps.

On est à la croisée des  chemins. Le narrateur vit avec les conséquences des choix passés mais maintenant que sa fille, une adolescente, doit prendre sa vie en main, la vie de son père va être bouleversée. Elle va le forcer à faire tomber la carapace derrière laquelle il se voilait la face.

C’est Chloé, la fille, qui va le mettre au pied du mur et le forcer à ouvrir les yeux et à bouger pour sortir des ténèbres. Mais tout ne va pas aller de soi avec le passif de Chloé.

Le fait qu’Antoine le protagoniste soit un vidéaste/photographe amateur incite le lecteur à regarder au-delà de l’apparence. Reconstruire une réalité. Sa fille lui demande de la regarder directement mais il lui répond qu’il ne peut pas qu’il a besoin du filtre de l’appareil pour vraiment la voir avec le cadre modifié. Le lecteur lui aussi mets les personnages dans ce théâtre de marionnette. Je suis incapable de dire si les personnages sont sympathiques où pas. Ils sont trop dans leur bulle.

C’est un roman sur l’absence, absence de repères, de l’épouse/mère, de l’eau, de moyens, de relations avec les autres, d’informations.

Ce roman me fait penser à une poupée Russe on va de l’infiniment intime – au fond de l’âme du narrateur- à l’infiniment général.

Le côté onirique contribue à comprendre les mécanismes mentaux du narrateur.

Je ne vous parle pas des autres personnages qui vont venir influer dans leur trajet afin de vous laisser des surprises.

J’ai beaucoup aimé aussi l’idée d’immobilité et mobilité … physique ou mentale.

Un roman très riche, qui aborde trop de sujets pour les résumer ici en quelques mots. Michèle Astrud a une belle écriture que j’ai eu plaisir à retrouver. On y retrouve bien l’esprit des Forges de Vulcain et leur niveau d’exigences.

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance.

Qui en parle ?

MarieJuliet

Cornwall

Article précédemment publié sur Canalblog

U4 .Koridwen

Yves Grevet

Éditions Syros / Nathan, Août 2015, 400 p., 17,95 €

Mes découvertes Syros

Événement de la rentrée littéraire 2015 une coédition Syros /Nathan

4e de couv. :

Cela fait dix jours que le virus U4 accomplit ses ravages.
Plus de 90% de la population mondiale ont été décimés.
Les seuls survivants sont des adolescents.
L’électricité et l’eau potable commencent à manquer.
Tous les réseaux de communication s’éteignent.
Dans ce monde dévasté, Koridwen, Yannis, Jules et Stéphane se rendent, sans se connaître, à un même rendez-vous. Parviendront-ils à survivre, et pourront-ils changer le cours des choses ?

Ma chronique :

Me voici plongé dans le regard de Koridwen. Yves Grevet a choisi de nous emporter dans les terres celtiques. Son personnage est une fille, elle est bretonne et vit dans une ferme. Après la lecture de Yannis on a déjà une vision de la demoiselle, celle de ce garçon qui la croise à Paris. Est-elle vraiment comme il nous la présente ? Bien sûr que non, est-on conforme à ce que les gens perçoivent de nous ou croient percevoir ?

Dans ce projet littéraire au-delà de l’intrigue on peut ainsi se poser des questions que l’on ne se poserait pas forcément.  Sans parler que la lecture d’une autre facette de l’histoire nous renvoi forcément aux autres livres déjà lus… Sans vouloir comparer on a tout de même des liens qui vont se former, les auteurs ont-ils sciemment mis des éléments qui font des effets miroirs ?

Ce roman est un roman indépendant et à part entière mais il me révèle des choses sur le livre de Florence Hinckel #U4 Yannis alors j’y ferais référence… si j’avais lu les livres dans un ordre différent peut-être aurais-je fait autrement.

Koridwen est bretonne, c’est une fille de la campagne, ses racines profondes sont ancrées dans cette terre et c’est certainement ce qui fait que c’est l’élément terre qui ressort dans son caractère et dans ses actes. Yannis dont les racines sont algériennes vient de Marseille ville portuaire et cela se ressent (je vous laisse découvrir ce que je pense du personnage dans « .Yannis ». Les deux auteurs sont donc cohérents entre les lieux et l’essence.

Koridwen tire sa force de la terre, elle est enracinée dans la réalité, elle est pragmatique. Nous aurons donc une autre vision des événements. La terre c’est la seule chose que nous aurons dans son voyage entre sa maison et Paris. Elle va d’ailleurs voyager avec une partie de ses biens tel la tortue avec sa maison sur le dos. Qui dit maison dit famille, elle va aller chercher son cousin qu’elle va protéger et l’emmener avec elle. Cet être lunaire qui ne peut vivre qu’en compagnie de quelqu’un est très attachant. Max est autiste mais très attaché à Koridwen, ils vont se réconforter l’un l’autre et se protéger aussi. Il est pour elle se que Happy le chien de Yannis. Cet être qu’il faut protéger et qui parfois protège sans regarder s’il met sa vie en danger pour autant, ce compagnon fidèle mais qui parfois devra s’éloigner pour laisser les mains libres au héros. Ils sont les acolytes qui font passer les sentiments et l’instinct plutôt que la pensée et la parole.

J’ai aussi remarqué la présence de « la lettre » une sorte de testament moral que ce soit celle du père au fils ou de la grand-mère à sa petite fille. Dans la construction mentale du personnage je pense que c’est important cette filiation singulière. Le contenu du coup est très différent. On retrouve l’idée de valeurs morales pour bien leur rappeler qu’ils doivent rester des humains intègres.

L’amitié est un thème important dans ses quatre romans. Il y a des liens qui vont se tisser. En chemin Kori va trouver Anna et Marek qui  ne font pas partie du WOT, on est dans une incertitude faut-il leur accorder confiance ou vont-ils causer sa perte.

Koridwen part à la recherche de Spider Snake, alors qu’Adrial allait chercher Lady Rotweiller, ce n’est pas n’importe quel joueur du jeu…

Ce qui m’a plu dans cette histoire c’est cette comptine Celte qui va être le fil conducteur et qui va être le contrepoint. Cette incantation empreinte de magie qui va permettre à Kori de rester sur le droit chemin dans sa quête, sa mission, sa destinée.

On aborde la partie politique différemment, il y a des positionnements du personnage différent par rapport à la trame plus générale. On change vraiment de focale et de genre.

La fin que bien sûr je ne vous dévoilerai pas est dans la lignée de ce qui est proposé pour ce personnage… mouah ahh !   Je vous laisse découvrir ce que l’auteur nous a concocté !!!

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance et de m’avoir permis de lire ces deux romans en avant-première.

Article précédemment publié sur Canalblog

Voir aussi #U4 .Yannis

Les Costa 1 : Les étoiles s’en balancent

Laurent Whale

Folio, mars 2015, 467 p., 8,50€

Mes Lectures Folio

Anecdote :

J’ai découvert Laurent Whale lors du « mois de… » sur book en stock, j’avais eu un partenariat pour « Les damnés de l’Asphalte » qui est en fait une suite de « Les étoiles s’en balancent ». J’avais adoré ce roman alors que je ne pensais pas que ce serait mon genre. Alors lorsque Folio me proposa ce roman je n’hésitais pas une seconde.

Après maintes péripéties voici donc ma chronique.

Ma chronique :

Dans une France post apo, en 2065 nous découvrons des groupes de gens avec des préoccupations très semblables à celles de notre époque, c’est toujours un peu troublant cette proximité.

Les dirigeants des quelques villes qui existent encore font leurs petites magouilles entre eux.

Les petites gens essaient de survivre. Des clans très marqués contrôlent des zones avec leurs petits boulots etc… Le troc est devenue une pratique obligatoire.

A l’intérieur la sécurité est aux mains de milices et des gardiens qui sont prompts aux exactions.

Les Hors-murs (HM) vivent à l’extérieur avec d’autres règles de survie des rebelles qui cherchent à rester libres.

Dans tout cela, il y a encore des gens avec une conscience et le besoin de protéger les plus faibles. Armand vit dans l’ancienne médiathèque (j’adore l’idée !) et à une place particulière car il détient le savoir des anciens écrits (ceux de notre époque !!!). Il a pris Tom comme un fils qui est aujourd’hui adulte et Miki un enfant des rues. Des personnages attachants vont se donner la main. Une thématique que j’aime beaucoup.

Tom aussi a une place particulière car c’est un pilote chevronné sur ULM et autres engins bricolés. Il prend Miki sous son aile comme mécano, car il faut avoir confiance en ceux qui préparent les engins volants. Le carburant frelaté a failli lui coûter la vie.

J’ai trouvé que les mouvements verticaux d’abord descendant avec la chute de l’ULM, qui se poursuit avec une mise à terre, puis une recherche dans le fond d’une mine donne l’impression de civilisation en perdition… l’impulsion vers le haut et la reprise de l’activité aérienne correspond à un sursaut.

Les hommes su maire sont des êtres rampants, ils sont dans un mouvement horizontal, ils roulent en v.quad ou en voiture pour les privilégiés… Ils n’ont rien de sympathiques ni de positif.

Les inventions, les bricolages, le recyclage cela fait le charme de ce roman, ainsi que du suivant « les damnés de l’asphalte ».

Les cartes et la géographie urbaine avec les restes des routes, autoroutes, pistes d’atterrissage, tous ces vestiges du passé occupent une grande partie de ce roman.

L’accident, le lynchage, le sauvetage ne sont qu’une mise en bouche, une façon de nous présenter le monde tel qu’il est. Le scénario nous entraîne dans des bouleversements dans cette espèce de statu quo. Je parle de scénario car je trouve que la narration est très visuelle avec beaucoup de mouvements.

L’action : Laurent Whale affectionne l’utilisation d’engins hybrides composés à partir d’épaves diverses et variées. Alors entre avions et engins plus ou moins légers, autogire et Ulm nous avons droit à des ballets aériens entre repérages et combats les missions s’enchaînent. Sur terre les blindés ne sont pas en reste.

Les chiens sauvages en horde sont aussi dangereux que les populations venues du nord.

La guerre pour la survie touche aussi la nourriture et le l’énergie…

Un excellent Post apo avec de belles descriptions, de l’action et des dialogues… Il s’en dégage un grand enthousiasme et une fois en l’homme qui est capable du meilleur comme du pire.

Je vous laisse découvrir l’imagination et l’écriture de Laurent Whale.

Cette lecture confirme ce que je pensais de l’univers de Laurent Whale… Je veux découvrir d’autres facettes de son écriture avec « Goodbye Billy » qui est dans ma wish list !

Je remercie les éditions Folio pour leur confiance.

damnés mitraillette

Article précédemment publié sur Canalblog

NB

Les Costa 2 : Les Damnés de l’Asphalte

Laurent Whale

Éditions Critic, 2013, 484 p., 22€

Lu dans le cadre du Mois de… Laurent Whale

4 e de couv :

« Comment peut-on encore croire qu’une entité supérieure veille sur nous ? Rien, dans ce monde, n’est beau. »

   Quinze ans ont passé depuis l’invasion venue du Nord, mais le monde ne s’est pas amélioré, bien au contraire… La misère et la famine règnent sur un pays ravagé. Villes fantômes, bandes organisées, soldats de fortune et sectes d’illuminés en tout genre se partagent la route du Sud. Il faudrait être fou pour l’emprunter. Fou… ou déterminé.
   Lorsque son frère est porté disparu, Miki, le jeune mécano, se met en tête de rallier la péninsule ibérique. À ses côtés, Toni, le pilote, et Cheyenne, le hors-murs, reprennent du service !
   Commence pour eux un périple à travers un pays en proie aux flammes et au chaos. Et, alors que les survivants se disputent les miettes de la civilisation, une menace resurgit des abysses du monde d’avant. Un cauchemar sans nom qui pourrait bien barrer la route aux damnés de l’asphalte…

Ma chronique :

Joli titre qui nous met bien dans l’ambiance de ce roman post-apocalyptique.

Le prologue nous décrit une scène dramatique. Puis ensuite, on change d’époque et de lieu .

Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est le côté road-movie et aventure.

Nos héros partent du point A pour aller au point B qui est assez vague. Le but c’est de retrouver deux hommes les frères de Miki qui dirige l’expédition.

Ils partent à cinq mais petit à petit, ils vont croiser des gens et il va falloir composer. Mais cela enrichit le récit.

Les personnages vont évoluer au fur et à mesure, notamment deux jeunes ados. Entraide, amour, espoir sont un contre pied à la déchéance de la société industrielle.

Ce que j’ai aussi beaucoup aimé ce sont les faux extraits de journaux passés pour eux et futur pour nous, où l’auteur nous donne des détails sur ce qui sépare 2014 de leur époque (environ 2100). Ce qui m’a fait rire se sont les noms des journalistes des drôles descendants des noms très médiatiques qui font parti de notre panorama actuel. Ex : « Ilana Drucker-Seimoun ».

On avance en même temps que les personnages, il se trouve que je connais une partie du trajet emprunté par les aventuriers et c’est très étrange de les voir ainsi détruits, en ruine. La pollution a gagné, on vit sur des restes de civilisation, les armes sont du coup des antiquités.

Un petit truc qui m’a fait sourire … la catalanité est absente, quand on sait que depuis des siècles cette partie de la France et de l’Espagne joue sur cette identité culturelle et politique… Sujet sensible ! (par exemple en ce moment il y a tout un problème autour du mon de la futur région !)

Le narrateur parle même de Moyen-Âge avec ses villes fortifiées avec fanatisme religieux. On est dans la puanteur des déchets, des cadavres qui se décomposent. Notion de clan et de survie, l’homme à terre. Hors des murs on est un étranger. Les changements climatiques n’arrangent rien.

Le fait que le trajet se fasse à cheval donne un rythme au voyage.

Les dialogues donnent un reflet de l’état de dégradation qui touche aussi le langage.

Les personnages d’âge différents vont vivre cette aventure de façon différente et ils vont évoluer, en particulier le couple adolescent.

Les créatures qui croisent le chemin de l’expédition vont des molosses monstrueux à des créations plus personnelles de l’auteur à l’imagination débordante.

Ce roman est le deuxième volet des aventures de la famille Costa, mais il se lit sans problème, sauf que maintenant j’ai bien envie de découvrir « Les étoiles s’en balancent », le premier volet.

Je remercie Book en stock et les éditions Critic de m’avoir fait découvrir cet auteur. Le mois de Laurent Whale m’a permis de découvrir certaines facettes de cet auteur.

Article précédemment publié sur Canalblog

NB