Meurtres à la Pomme d’Or

Michèle Barrière

Le livre de poche, 2008, 320 p., 6,10€

Lu ans le cadre du challenge un genre par mois

Club de lecture d’Auf

4 e de couv. :

An de grâce 1556 : François, étudiant en médecine à Montpellier, n’a qu’une idée en tête : devenir cuisinier. Aux dissections, il préfère l’étude du safran, de la cardamome, du gingembre, du macis et autre maniguette sous la houlette de l’apothicaire Laurent Catalan. Mais une série de morts suspectes sème le trouble dans la ville. Un mystérieux breuvage distribué par un apothicaire ambulant en est la cause. Laurent Catalan, en raison de ses origines juives et de ses sympathies pour les protestants, est accusé de complicité et jeté en prison.
François mène l’enquête jusqu’à Bologne. Parviendra-t-il à sauver Catalan ?
Assorti d’un guide de la tomate, Meurtres à la pomme d’or propose également un carnet de recettes de la Renaissance.

Ma chronique :

Il était temps que je lise ce roman et que je découvre cette auteure qui m’intrigue depuis que les copines du club de lecture d’Auf m’en ont parlé !

Ce roman se compose d’une intrigue, de notes pour éclairer le lecteur sur certains éléments historiques et pour finir de recettes de tomate de la renaissance.

C’est un roman historique qui nous renvoi à une époque où de nouveaux aliments arrivés des Amériques étaient nimbés de mystère et de suspicion. Ajoutez à cela les recherches médicales qui sentent aussi le souffre en cette période où l’inquisition  est une menace et/ou une solution pour refuser certains progrès.

Nous sommes à Montpellier (voilà qui me parle !) dans le milieu médical avec ses « castes » et de frictions entre elles.

Médecins, apothicaires, épiciers : chacun cherche à protéger son pré carré et ses avantages.

La position sociale est aussi liée à sa religion : catholiques, protestants et juifs un équilibre sur le fil du rasoir. Si on lie le métier et la religion cela peut créer des étincelles.

Le pouvoir reste le moteur des ambitions.

La justice est malheureusement liée à la religion et au savoir donc avec un grand parti pris, alors dès le moindre soupçon on n’hésite pas à arrêter et faire subir la question à l’apothicaire juif qui a pignon sur rue.

L’autre aspect intéressant, c’est celui des voyages et des déplacements en Europe. Par route ou par bateau ce sont des voies banalisées à cause des bandits de grand chemin.

A une époque où l’on imagine que les informations sont difficiles à obtenir nous voyons apparaître des réseaux entre les savants chacun connaissant la spécialité de l’autre et les avancées qu’il a accompli.

L’intrigue va suivre deux voies qu vont se croiser pour donner la solutions.

La particularité de ce roman c’est que le protagoniste principal est un amateur de l’art culinaire et nous allons découvrir des mets, des recettes. Nous avons là une autre organisation en corporations avec aussi des guerres de clan. Tout est aussi cloisonné et codifié. Le voyage est prétexte pour François de compiler des idées culinaire… j’ai adoré sa découverte de la fourchette et de l’assiette à Bologne.

Le duo que forment François le français/catholique/ amateur de chair (dans tous sens du terme)/extravagant et B. le suisse/protestant/médecin/raisonnable, par leur complémentarité permet de voir plusieurs facettes du problème.

L’aspect vestimentaire fait aussi partie des codes sociaux et régionaux, et c’est aussi codifié par la religion.

Ajoutez à tout cela un brin d’amour et de sensualité au milieu des plantes et huiles médicales et vous aurez une image de cette période avec ses fêtes et ses beuveries.

Amateur de bonne chair cela va de pair avec l’amour et la sensualité pour pimenter la sexualité !

Des complots, des traquenards, des empoisonnements, des tentatives de meurtre, l’action est aussi présente dans cette histoire avec quelques galopades et escarmouches.

J’ai bien aimé ce roman qui est dans la veine que ceux que l’on retrouve dans une autre collection : 10/18 grands détectives. Un roman très documenté qui nous fait voyager dans le temps en découvrant d’autres moeurs et coutumes.

Un_genre_par_mois_avril

Article précédemment publié sur Canalblog