Vieux, râleur et suicidaire

Frederik Backman

Éditions Gabelire, 2015, 413 p.,

Dans ma Médiathèque il y a…

4e de couv. :

Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Et maintenant qu’il ne travaille plus, il se sent seul et inutile. Un beau jour, il décide d’en finir. Corde au cou, debout dans le salon, il est prêt à passer à l’acte… Mais l’arrivée de nouveaux voisins et d’un chat abandonné va contrecarrer ses plans. 

Mes impressions de lectures :

Voilà un roman que je veux lire depuis sa sortie en 2014. Il fait partie de ces livres qui traitent des « petits vieux indignes », cela parle de personnes qui sont arrivé à un moment de leur vie où le qu’en dira-t-on et le regard des autres ça leur passe par-dessus la tête. Ils assument leur côté grincheux. Ce sont souvent des romans avec une bonne dose d’humour et de tendresse.

Cela fait tellement longtemps que je veux le lire que je crois qu’il y a même un film de réalisé !

J’ai lu la version des éditions Gabelire, de la bibliothèque, qui grâce à la taille des caractères (corps 16) m’a semblé plus facile à lire le soir.

On va rire d’un homme qui n’attend plus rien de la vie et qui veux en finir au plus vite. Ce ne sont pas les raisons qui nous font rire mais les empêchements qui vont venir l’interrompre à plusieurs reprises. Il va tenter plusieurs manières différentes de mourir. On va découvrir qu’il y a les interruptions extérieures mais aussi intérieures.

On pourrait dire qu’il n’est ni très douer pour vivre heureux ni pour réussir son suicide.

Ce que j’ai aimé c’est que régulièrement on a une sorte de refrain qui résume sa vie en quelques moments qui parlent à tous le monde, comme pour se convaincre qu’il ne lui reste que le suicide.

Le monde change et lui a dû mal à suivre le mouvement. J’ai aimé suivre sa façon de voir les choses. Les souvenirs qui refont surfaces et qui nous permettent de comprendre qui il est vraiment. On va voir que certaines personnes voient derrière son vernis d’homme bourru et taciturne, l’homme au grand cœur.

Il a une vie très réglée et voilà qu’un drôle de chat et une drôle de voisine vont venir et tel des grains de sable dérégler les rouages. On a presque envie de croire que Sonja est derrière tout ça !

On nous le présente comme presque antipathique, comme pour qu’on ne s’y attache pas. Mais on va découvrir que derrière le « vieux râleur » économe, cet homme de principes à besoin de certitudes.

Les hommes en chemise blanche vont être les oiseaux de mauvais augure tout au long de la vie de Ove. La bureaucratie et les nouvelles technologies ne sont pas de son côté.

Si j’ai souri, ou rit parfois j’ai une poussière dans l’œil et notamment à la fin.

Un roman suédois touchant.

Ce fut un moment de lecture très agréable, d’autant plus que c’est tellement réaliste qu’on peut reconnaître nos voisins, pas nous bien sûr ! On a envie de donner des claques à certains moments. J’avais besoin de me changer les idées et ça a réussi !

Bonne lecture.

Les sales gosses

Charlye Ménétier McGrath,
Éditions Fleuve, mai 2019, 263 p.17,90 €,
Existe chez Pocket

Dans ma médiathèque il y a…

sales gosses

4e de couv.:
Jeanne a été placée en maison de retraite par ses enfants. Et le pire, c’est que chacun se renvoie la balle pour déterminer qui a été à l’initiative de cette mascarade.
Elle a beau avoir 81 ans, une ribambelle de petits-enfants et des tonnes de carnets noircis au fil du temps, preuves de son (très) long passage sur Terre, elle n’a pas dit son dernier mot. Son plan : simuler la démence et les rendre tous dingues.
Sauf que, ce lieu dans lequel elle ne voyait qu’hostilité va lui révéler bien des surprises…
En prenant part, d’abord sur la pointe des pieds, puis avec une ardeur qu’on ne lui connaissait pas, aux rendez-vous mensuels d’une clique de pensionnaires plus agités qu’une colonie de vacances, Jeanne va réveiller des pans de sa personnalité qu’elle pensait à jamais enfouis : la curiosité, l’espoir… et surtout : l’audace. Qu’on se le dise : au « jeu des regrets » de l’avant-dernier vendredi du mois, rien n’est jamais perdu.

Mes impressions de lecture :

Voici un nouveau livre dans la liste «les petits vieux qui nous en font voir de toutes les couleurs ».

Mais qui sont en fin de compte ses « sales gosses » ?

C’est un roman touchant et drôle qui met en scène des personnes de 80 ans qui sont à un moment de leur vie où on leur fait croire qu’il ne faut plus rien attendre de la vie. C’est cette génération qui a connu la deuxième guerre mondiale, une autre époque et d’autres mœurs. Ils font partie de la bourgeoisie. L’argent n’est pas le sujet, ils sont indépendant financièrement, et au niveau motricité. Ce sont d’autres préoccupations qui vont les occuper.

L’histoire se déroule principalement à Lyon, mais pas que…

Nous avons une résidence pour personne âgées. La narratrice tiens un journal intime est c’est à travers son regard que nous allons découvrir les événements. On a parfois les journées qui sont racontées comme dans n’importe quel journal et parfois le récit est en court de réalisation, on est alors dans le présent ou dans les pensées de Jeanne.

On va suivre les différentes étapes. Jeanne veuve dont les enfants décident ce qui est le mieux pour elle. La sidération, la capitulation… toute son éducation de femme de son milieu. Sa colère, sa prise en main de sa vie…

Ah les diktats de la société !

Elle décide de se venger de ses enfants qui l’on installée dans cette résidence. Cette partie est drôle au regard des misères qu’elles leur fait vivre et en même temps très triste puisque c’est la seule manière de pouvoir exprimer sa colère. Il y a des scènes gag.

Cette étape dure assez peu car elle va faire la rencontre de Léon, Lucienne, Jo, Louis et Paddy… Chacun a vécu cette entrée en résidence différemment, eux étaient pleinement consentants.

Comme je disais plus haut ils sont autonome et ont de l’argent alors ils mènent une vie agréable et assez active. Jeanne va vite s’intégrer. Et elle va insuffler malgré elle une nouvelle énergie et ça va être un tourbillon d’émotions et  d’aventures/mésaventures.

Ce qui m’a plu ce sont les secrets de famille dévoilés, l’affirmation d’une femme face à sa famille, la réalisation de rêves…

C’est un roman qui se lit d’un trait, c’est dû certainement aux différentes projets qui sont menés mais aussi au format court des chapitres qui correspondent à les jours d’écriture.

Des personnages attachants qui nous font vivre leurs émotions en live ! sans filtre…

Un épilogue permet de clore ces histoires…

Je pense lire « les imbéciles heureux » lorsque l’occasion se présentera, on change de tranche d’âge !

imbeciles

Debout les vieux !

Ondine Khayat,
Editions Michel Lafon, 2014, 297 p., 16,95 €

debout les vieux

Léonce a beau avoir 72 ans, être mise à la retraite du jour au lendemain lui reste en travers de la gorge. Et puis que va-t-elle faire de ses journées, de sa solitude, des souvenirs – douloureux – qui remontent à la surface ? Soudain, elle se sent vieille, et inutile… ce qui n’arrange en rien son mauvais caractère.,
Qu’à cela ne tienne, ses voisins de la Résidence des Mouettes décident de la sortir de ce début de dépression. Régis le concierge qui veut changer le monde, Mimosa la fleuriste généreuse, Mama Rose l’âme du quartier, Arsène le bel architecte, Mireille la sexygénaire, Chicano l’ex-plombier, et enfin Slimane, Valentine et Amidon, tout juste entrés dans l’adolescence… Tous vont s’ingénier à lui réinsuffler le goût de vivre.
Et ça marche ! Bienfait des différences, rapprochement des générations, miracles de la solidarité, le tout assaisonné d’un petit grain de fantaisie, rien de tel pour oublier le poids des ans et redécouvrir les joies de l’existence. Debout les vieux ! est un roman aussi réjouissant que thérapeutique !

Mes impressions de lecture :

J’ai gagné ce livre à sa sortie, c’est le genre de roman que j’aime bien. Et dernièrement en rangeant ma bibliothèque je me suis rendu compte que je ne l’avais pas lu. Et je sais déjà à qui je vais le faire lire ! C’est bien aussi de parler d’un roman bien après sa sortie !  Je crois que c’était le bon moment pour que je le lise…

Les amateurs de romans feelgood vont se régaler. Ce roman parle de sujets graves. Femmes battues, enfants en souffrance … un narrateur qui fait parti des personnages vient se glisser entre la fiction et le lecteur pour raconter comment à 12 ans sa copine Valentine et lui on déjà souffert autant que des personnes âgées mais qu’ils ont décidé de faire voyager leur imagination pour mettre de la couleur dans leur vie et celle des personnages de la résidence « Mouettes ».

Ce ne sont pas les seuls qui ont envie de créer un monde meilleur avec des relations humaines harmonieuses. Mais voilà un grain de sable va mettre à rude épreuve cette belle mécanique. Léonce 72 ans fini par se retrouver à la retraite. Cette habitante grincheuse et solitaire va se retrouver à passer ses journées dans sa résidence. Elle n’est pas dans la même dynamique que le reste des habitants. On va la voir glisser dans une dépression dû au manque d’activité, malheureusement il y a bien autre chose derrière. Et s’il y a des scènes qui font sourire comme sa quête d’une maladie… Pauvres médecins ! On finit par rire pour ne pas pleurer.

Nous avons donc le thème du jeunisme, Léonce à laissé la place à une jeunette… va-t-elle rejoindre la horde des invisibles que sont les personnes âgées ?

Ondine Khayat va créer un ensemble de personnages hétéroclites et complémentaires. Ils ont tous leurs particularités, ils sont touchants chacun à sa façon. Mais Léonce elle ne relève que ce qui l’agace, tout ce qui n’est pas terre à terre.

On va donc les voir évoluer au fur et à mesure que l’attention se braque sur Léonce.

Les secrets et les rêves vont aussi prendre de l’importance. La confiance en l’avenir va ouvrir bien des cœurs.

Âmes sensibles pensez aux kleenex et au chocolat … N’en déplaise à certains c’est un roman avec beaucoup de beaux sentiments et de piquant !… Les gourmands prenez des notes car il y a des recettes bien tentantes… pour être optimiste et bien avec les autres.

Il faudra attendre pour avoir certaines réponses et comprendre tout ce qu’englobe le titre

J’ai bien aimé cette lecture drôle et tendre. En cette période un peu sombre voir un rayon de soleil ça fait chaud au cœur.

Lecture qui va bien avec la saison des plaids et chocolat chaud …

Lecture des beaux jours, les jours où on veut croire en l’humanité et la solidarité.

Je ne sais pas si Ondine Khayat a écrit d’autres romans feel good, affaire à suivre !

N’hésitez pas à mettre en commentaire des titres que vous avez aimé de cette autrice …

Les vieux qui se faisaient la malle

Anne-Lise Besnier,
City Editions, 4 nov 2020, 302 p., 18,50 €


Mes lectures City

vieux se font la malle

4e couv.:

Lucien est mort. « C’est bien triste » se lamentent au bar du coin ses quatre copains. Pire encore : il a été retrouvé froid sur ses toilettes, lui qui ne s’était jamais montré négligé en public ! Martial, Gilbert, Jacques et Armand sont unanimes : pas question de clamser aussi bêtement !

La bande de septuagénaires a alors une idée folle : chacun va planifier sa propre mort. Quand ils veulent, comme ils veulent ! Enfin, ils vont tout oser. Des plages de Miami et d’Algarve aux montagnes suisses en passant par l’Afrique, les quatre retraités vont vivre à fond. Parce que si près de la fin, tout est permis, non ?

De surprises en extravagances, cette décision sera sans doute la meilleure de leur vie…

Mes impressions de lecture :

J’avais bien aimé le premier roman de Anne-Lise Besnier « La vieille qui cassait la baraque » et j’étais curieuse de voir dans quelle aventure elle allait nous entrainer dans son deuxième roman… et le troisième (oups là il faut attendre qu’il soit écrit !)

J’ai bien aimé l’idée de départ et j’étais curieuse de voir comment l’auteure (c’est ainsi qu’elle s’identifie) allait la développer. Avec une copine nous avions une liste de roman qu’on appelait les « les roman des petits vieux », celui-ci rentre dans cette catégorie. Des petits vieux qui se révoltent contre la routine quotidienne. Comédies grinçantes, feel good à l’envers.

Cependant dans ce projet de « mort » je les trouve un peu jeunes… Vous allez me rétorquer que pour changer de lieu de vie et partir plus ou moins au bout du monde il ne faut pas être trop décati.

L’autre petit détail rejoint des discussions que j’ai lues sur le net. Une histoire qui est sensée se terminer en août 2020, peut-on faire abstraction de la réalité (covid, confinement et masques)… On peut toujours imaginer que l’histoire a été écrite avant les événements… On est dans la fiction alors pourquoi pas… Je vous laisse découvrir comment l’auteure a tiré son épingle du jeu…

Ne voyez pas une critique de ma part en relevant ces deux points de détails, ils m’ont juste  fait réfléchir.

Juste en passant je chois la 38 B quoique la 38 A à aussi du bon…. seuls comprendrons ceux qui ont lu jusqu’à la fin ! Merci pour cette jolie initiative !

Quatre séniors font un pacte pour mourir environ 1 après, le 1 août 2020. Mais un an ça peut être long, tant de choses peuvent se passer. On peut changer d’avis par exemple. . Ah oui mais non car il y a un garant, qui s’improvise « coordinateur de morts volontaire ». Et lui il ne fait pas de sentiments, en tant que coach de fin de vie il ne laisse pas de place au hasard, il veille au grain.

Bon vous l’aurais compris/imaginé rien ne va se passer comme prévu que ça soit dans le camp des futurs suicidés ou de l’organisateur. Ce qui aurait pu être une idée en l’air va prendre une tournure bien différente.

Je vous laisse découvrir leurs changements de lieu de vie et leur parcours vers la date fatidique.

Jusqu’à l’épilogue des personnages vont découvrir des détails. Le lecteur aura noté des petites infos au cours des monologues intérieurs des personnages.

J’ai bien aimé les personnages qui ont chacun leur « charme ». Anne-Lise Besnier a su créer assez de diversité pour avoir différents points de vue. Le personnage de Rémi va prendre une ampleur qu’on ne soupçonnerait pas dans la première scène.

Ce roman feelgood pétillant soulève des interrogations sur des sujets comme la fin de vie, sur son libre arbitre, sur l’influence ou la pression de la famille et de la société.

Un bon moment lecture pour ce roman paru pendant le deuxième confinement…

Je n’en dis pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte.

Je remercie les City Éditions de leur confiance

city éd
vieille

L’Atelier des souvenirs

Anne Idoux- Thivet

Éditions Michel Lafon, 2018, 347 p., 17,95 €

Mes lectures Michel Lafon

4e de couv. :

Lorsqu’elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s’installer à la campagne. Elle se lance alors dans l’animation d’ateliers d’écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Élisabeth, Georges, Lucien… les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres.

Au fil des séances d’écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s’attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidés à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l’aider à trouver l’amour !

Mon avis :

J’ai choisi ce roman pour le titre et parce qu’ il entre dans au moins trois des catégories que j’aime bien en ce moment.

C’est un feel good,  c’est a dire ses roman doudou qui font du bien au moral et qui sont basés sur des valeurs positives et l’amélioration de son estime de soi et des relations à l’autre. On nous parle de problèmes quotidiens de gens « ordinaires » : solitude, estime de soi, trouver sa place dans la société et un travail valorisant du côté de ses jeunes gens qui sont dans les premières années de la vie active. Pour les personnes très âgées (+80 ans) on a comment envisager les années qu’il leur reste à vivre, se contenter du passé et du présent ou parler aussi d’avenir dans les projets de vie dans cet isolement du veuvage et de la coupure avec le quotidien de la société.

Ce roman met en scène des personnes très âgées sorties de leur contexte familial. On ne voit pas les réalités de la majorité des EPAHD. On va dire que c’est la vision partielle. On voit ces personnes là à un moment donné. On ne voit pas comment leur famille les ont perçu pendant leur jeunesse. On a leur point de vu dans leur rétroviseur personnel. Et il n’entre en aucun moment l’idée de culpabiliser les familles.

La troisième catégorie dans laquelle j’inclus ce roman, c’est celui  du bien être apporté par la lecture et l’écriture. Ce roman effleure les problèmes de ses personnes âgées : problèmes de vue, de motricité, de mémoire et du laisser aller.

On va donc suivre les aventures d’une dizaine de retraités sur deux maisons de retraites et de trois jeunes gens qui travaillent avec eux. Il va y avoir une partie sur les relations intergénérationnelles avec madame le maire (comme elle veut qu’on l’appelle) qui va jouer à la fée marraine.

Ce roman est intéressant car il y a plusieurs niveaux de lecture. Anne Idoux-Thivet va faire une excellent travail d’écriture en nous proposant de la narration, de la poésie, de la correspondance, du journal intime, des collages etc. à travers se quelle fait vivre à ses personnages. Ce qui compte c’est s’exprimer.

Le fait que les personnages n’aient  pas d’implication émotionnelle n’étant pas de la famille permet une certaine bienveillance et une distance. Il y a un cas où la fille est présente et ce n’est pas le même rapport à la personne. J’ai adoré à deux ou trois reprises un membre de la famille est mis à contribution, inversion du rôle puisque ce sont les aînés qui demandent aux plus jeunes.

J’ai eu peur au début d’avoir un exercice et les dix copies à chaque fois. Mais ce  n’est pas le propos de ce roman, ce n’est pas  un cahier d’exercice avec des exemples corrigés ! Les différents genres littéraires mis en œuvre sont sensés représentés plusieurs personnalité et personne. C’est très crédible dans la mesure ou les participants on eu une certaine vie ou l’écrit à eu son importance, en même temps on ne voit pas vraiment les brouillons. L’autrice nous donne les références de deux expériences en fin de volume pour ceux qui voudraient aller plus loin chez eux.

C’est très intéressant car à travers tous ces écrits ce sont les portraits des différents personnages que l’on découvre, leurs pensées, leur passé et ce qu’ils sont au fond d’eux.

C’est très agréable de voir tout le monde se prendre au jeu et pas seulement  les « petits vieux » et les enfants. Ce travail d’introspection fait aussi avancer l’intrigue qui se joue au présent.

Il y a de la drôlerie avec le « Alice Project » et l’intervention d’éléments extérieurs au niveau mondial.

Je disais dernièrement qu’on avait une émergence de romans avec des « petits vieux » écrits par des jeunes femmes autrices qui les mettent dans des situations cocasses. Des personnages au caractère bien trempé qui n’ont plus rien à perdre donc qui se laissent aller à dire ce qu’ils pensent, souvent c’est l’humour et la tendresse  qui prédominent.  Ici c’est la douceur et la bienveillance qui nous accompagnent  dans des situations parfois douloureuses qui pourraient traitée  de manière plus tristes.

C’est toujours enrichissant de voir tous ses gens qui croient n’avoir rien en commun puisqu’ils ne se connaissaient pas avant  d’intégrer ces structures découvrir qu’ils ne sont pas si différents que cela. Mettre son ego de côté pour se faire de nouveaux amis.

Il y a toutes les trames « amourettes » en toile de fond qui sert de fil rouge. Je vous laisse découvrir …

Le rôle de tous les intervenants et associations est primordiale pour la qualité de vie des personnes âgées.

J’ai pris grand plaisir à lire les péripéties  de tous ces nouveaux amis… Ils me manquent un peu…

Je remercie les Éditions Michel Lafon pour leur confiance. Je suis curieuse de voir ce qu’écrira cette jeune autrice…

Qui en parle ?

Jangelis

Article précédemment publié sur Canalblog

Mémé dans les orties

Aurélie Valognes

Le livre de poche, 2015, 287 p., 16,95 €

4e de couv. :

Solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant… –, Ferdinand Brun, 83 ans, s’ennuie à ne pas mourir.
Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot.
Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence.
Mais lorsque sa chienne prend la poudre d’escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie… jusqu’au jour où une fillette précoce et une geek de 93 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.

Ma chronique :

Depuis quelques années avec des copines dont Langue Déliée, on s’est rendu compte qu’un nouveau type de personnage est devenu récurrent des grand séniors. Ces romans là fonctionnent très bien. Prenons les personnages de Barbara Constantine, ceux de Jonasson etc… une mention spéciale pour les terribles petits vieux de Nadine Monfils ! Des personnages avec un vécu et qui peuvent encore changer de vie.  C’est comme s’ils se lâchaient en se disant qu’ils n’ont plus rien à perdre et autant profiter du temps qu’il nous reste pour faire ce qui nous plait.

Ce qui est drôle c’est les jeunes autrices trentenaires explore cet univers avec un regard bienveillant et amusé : Aurélie Valognes, Virginie Grimaldi, Ondine Khayat, Anne-Gaëlle Huon et bien d’autres. Peut-être une génération qui voit des grands parents voire des arrières grands parents en forme.

Est-ce un contre coup de la fameuse canicule de 2003 qui a causé tant de morts chez les personnes âgées isolées.

Des petits vieux pas faciles de prime abord, avec un passé et un passif.  

Ferdinand s’est volontairement coupé des autres et cela depuis bien des années. Il n’a jamais su parler aux autres. Il n’a jamais su parler aux autres. Il n’a pas de regrets ou de remords (quoique en y réfléchissant bien…) Il a choisi de mener cette vie terne comme s’il n’attendait plus rien. Il ne se pose pas en victime, il est plutôt fataliste.

On va découvrir petit à petit ce qui se cache derrière ce vieux grognon sarcastique. Il va surtout devenir la cible des femmes.

Il n’a jamais su dire je t’aime. Sa femme l’a quittée (+ de 8 ans)  pour le facteur, alors qu’il avait plus de 70 ans. Elle a pris la décision de profiter  de ses dernières années avec un homme qui sait lui montrer son amour. Depuis elle est morte loin de lui.

Sa fille est allée vivre à l’autre bout du monde loin de ses parents…

Sa chienne Daisy va se faire écraser… il va se retrouvé seul sans famille, sans amis et sans animal de compagnie.

Ferdinand vit dans l’ancien appartement de ses beaux-parents dans une résidence respectable. Sa fille commence à s’inquiéter pour son père et là la vie de Ferdinand  va basculer. Les femmes vont s’ingérer dans sa vie tranquille. Envahir son espace vital… Elles vont lui donner un second souffle.

De rebondissements en rebondissements Ferdinand va utiliser son cœur tout neuf parce qu’il n’a jamais servi. On va sourire et même rire de certaines situations cocasses. Il y a plusieurs passages émouvants mais traités sans pathos.

Il y a un beau rôle de méchante dans le lot et elle est tellement mauvaise qu’on ne peut pas lui trouver d’excuse, ni la plaindre de ce choix de vie, elle est irrécupérable… le pire c’est qu’elle a transmis ses gènes à son petit fils !

Des chapitres courts qui se lisent facilement. Un roman récréatif. Un petit moment de détente agréable.

J’ai bien aimé cette histoire et l’écriture d’ Aurélie Valognes et je pense lire ses autres romans.

Qui en parle ?

Jangelis

Article précédemment publié sur Canalblog

Le bonheur n’a pas de rides

Anne-Gaëlle Huon

Éditions City, 2017, 317 p., 16,90 €

4e de couv. :
Le plan de Paulette, 85 ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves dans le sud de la France. Manque de chance, elle échoue dans une auberge de campagne, au milieu de nulle part. La nouvelle pensionnaire n’a qu’une obsession : partir, le plus vite possible ! Mais c’est sans compter sur sa fascination pour les autres occupants et leurs secrets. Que contiennent ces mystérieuses lettres trouvées dans la chambre de Monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de cet étrange carnet découvert dans la bibliothèque ? Le jour où son grand âge se rappelle à elle, Paulette réalise qu’elle peut compter sur cette bande d’excentriques et que les années ne comptent pas pour découvrir l’amitié. Car au final, ces rencontres vont changer sa vie et, enfin, lui donner un sens.

Il n’est jamais trop tard pour tout recommencer.

Mon billet :

J’ai été attirée par ce roman d’abord pour son aspect extérieur. Le contraste entre le titre et l’image d’une jeune fille vue de dos. Puis par la quatrième de couverture. Le prénom de certains personnages et les situations présentées. Les personnages de « petit vieux » qui se lâchent est un sujet que je partage avec d’autres copines notamment avec Langue Déliée. C’est donc le côté humour et feelgood que je recherchais en débutant ce roman ce week-end et c’est effectivement ce que j’ai trouvé.

 Je l’ai lu rapidement car les événements s’enchaînent et on est vite emporté par les émotions des personnages.

L’histoire commence par être drôle, puis elle vire un peu quand on découvre  par exemple que les relations entre belle-mère et belle-fille sont profondément méchantes et non seulement une incompatibilité d’humeur et rivalités. On passe vite des petites piques à des méchancetés. On choisi vite son camps lorsqu’on découvre les raisons profondes.

Une fois la situation en place, on se dit qu’on va avoir une vieille dame à apprivoiser… Cependant très vite on découvre qu’elle arrive dans l’Auberge du père Yvon au moment où tous les personnages ou presque semblent voir leur vie pendre des directions inattendues. Le sujet va vite devenir «dans la vie il faut  savoir rebondir », « faire les bons choix », « se donner une chance », « l’union fait la force ».

Sans vouloir dévoiler les choses, il v a y avoir des mystères et des secrets plus ou moins graves qui vont être dévoilés. A croire qu’une conjonction des astres envoi des ondes négatives sur ce lieu.

Comme je le disais, c’est un roman feelgood alors il va y avoir des solutions dès que cette petite communauté va s’ouvrir et s’unir. Il va y avoir beaucoup de pudeur dans la façon d’annoncer les choses et dans celle de trouver les solutions.

C’est un roman où l’on rit, où l’on a confiance en l’être humain, où l’amour triomphera… La tendresse et  les émotions ne seront pas larmoyantes. Il y a des sujets qui sont dans l’air du temps et qui me plaisent alors j’ai eu plaisir à les retrouver dans ce livre. L’entraide sans attendre de retour, la bienveillance, la gratitude envers les petits bonheurs quotidiens… Trouver des lettres et des listes au milieu des dialogues et de la narration cela aussi renvoi à d’autres lectures du genre, mais se sont des petits plaisir des mots.

Les personnages sont attachants, même si certains peuvent être pénibles, voir agaçants, car c’est la gentillesse et les bons sentiments qui priment.

On a un concentré de situations négatives qui peuvent bouleverser la vit qu’on imaginait bien réglées. On ne part pas dans des vies extraordinaires (quoique !) on s’identifie à ses gens comme vous est moi, ou nos voisins…

La fin est très émouvante, il a presque l’idée de rédemption. Offrir à l’être aimé quelque chose de sublime et ainsi donner à sa vie un sens. Comme si en faisant ses actions on se disait « voilà pourquoi je suis venue au monde ». On ne fait pas juste que passer.

Pour les amateurs de New-York, la ville est très présente même si tout se déroule dans la campagne française. On a un New-York fantasmé, un New-York de la mémoire et celui des films.

La musique aussi est très présent et ce ne sont pas les tangos et les valses, bien au contraire ! Autre leçon de vie… il faut savoir rire !

Je remercie les Éditions City qui m’ont fait gagner ce livre dans un concours.

Article précédemment publié sur Canalblog