Fragiles serments

Molly Keane

Tread. Cécile Arnaud

Éditions de la Table Ronde, coll. La Petite Vermillon, 6 mai 2021, 375 p., 8,90 €

Mes lectures de la Table Ronde

4e de couv. :

Grand jour pour lady Bird : la splendide demeure qu’elle habite avec son époux Julian s’apprête à résonner à nouveau du tumulte d’une famille au grand complet. John, l’amour de sa vie, l’aîné de ses trois enfants, est de retour de ce qu’on s’empressera d’appeler son « voyage à l’étranger  » : un séjour en maison de repos. Pour affronter cet événement, dans une existence largement dévouée à l’entretien du jardin et à la constitution d’une garde robe à faire pâlir les plus coquettes de la capitale, lady Bird peut compter sur Eliza, une vieille amie de la famille. Mais peu à peu le vernis de la paisible haute société anglo-irlandaise se craquelle…

Mes impressions de lecture :

C’est le premier roman de Molly Keane, je connaissais son nom sans rien savoir d’elle. C’est donc une totale découverte. C’est un roman de 1935 donc quand elle parle du rôle des femmes durant la guerre il s’agit de la première guerre mondiale.

Nous sommes en Irlande dans un milieu favorisé, avec ses codes et ses jeux d’apparence. Il y aussi les alliances et autres stratégies pour unir les jeunes gens. Mais voilà que dans la famille Bird le fils aîné vient de faire un séjour dans une clinique privé pour dépression. Son retour déstabilise le fragile équilibre des conventions. C’est une ombre sur l’histoire de la famille.  Ce qui complique une certaine idylle.

Ce qui est troublant au début ce sont les rôles des parents. On les appelle par leurs prénoms et ils ne montrent aucune affection pour leurs trois enfants. Ils sont chacun dans leur « monde », seul leur petite personne les intéresse. Ce sont des gens de devoir, ils ne doivent pas montrer leurs sentiments.

L’arrivée d’une invitée proche de la famille va nous permettre de découvrir la maisonnée par son regard. Elle est là pour gérer ce retour. Elle a un regard extérieur pas toujours tendre.

Molly Keane a un regard acerbe sur la haute bourgeoise. Elle égratigne ses personnages sur les plaies pour ne pas qu’elles cicatrisent. On retrouve cela dans les portraits et dans les situations. Les dialogues ne sont pas en reste. Il y a une grande vivacité d’esprit dans l’écriture de Molly Keane.

John est encore bien fragile et il préfère attaquer pour masquer sa souffrance et son décalage avec la société. Il a pris ses distances.

Molly Keane laisse une place importante pour la jeunesse entre continuité dans les traditions et émancipation.

C’est un grand plaisir de suivre le cheminement de chaque personnage.  J’avoue que Louise m’a particulièrement agacée !

Je suis toujours étonnée que certains sujets soient toujours d’actualité  90 ans après. Notamment sur les femmes et les produits de beauté ou les effets de mode.

Je pense lire d’autres romans de cette écrivaine irlandaise.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

Ce genre de petites choses

 Claire Keegan

Trad. Jacqueline Odin

Sabine Wespieser Editeur, nov 2020, 118 p., 15 €

Le mois irlandais

4e de couv. :

En cette fin d’année 1985 à New Ross, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, a fort à faire. Aujourd’hui à la tête de sa petite entreprise et père de famille, il a tracé seul sa route : élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d’autres enfants nés sans père.

Trois jours avant Noël…

Prix Lucioles 2020 (attribué par les lecteurs de la librairie Lucioles à Vienne)

Finaliste du Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro 2021

Mes impressions de lecture :

Les romans de Claire Keegan sont rares, on les attend avec impatience et on les savoure dès qu’on les a entre les mains.

Ce roman se déroule autour de Noël et je me suis offert ce roman pour Noël. J’ai attendu mars pour le lire dans le cadre du mois irlandais organisé par Maeve. J’en aurai lu au moins un !

On retrouve des thématiques qui plaisent à l’écrivaine, la famille, l’Irlande, les blessures de l’enfance. Elle met en scène une famille pour mieux mettre en avant des aspects voilés de l’histoire irlandaise.

J’ai aimé cet homme qui s’est construit sur l’absence du père, puis l’absence de la mère. Il est à un tournant de la vie où il se met à réfléchir sur son parcours. Peut-être par ce qu’il ne reste qu’un témoin qui pourrait peut-être lui dire qui est son père ou parce qu’il a une fille qui a l’âge auquel sa mère l’avait mis au monde… Cette introspection à la veille de Noël pourrait bien faire basculer les choses.

Sa femme qui l’a toujours soutenu ne se rend pas compte de la souffrance intérieure qu’il a toujours cachée par son acharnement au travail. Elle préfère fermer les yeux.

On va découvrir les fameuses  « blanchisseuses de la Madeleine » sous un autre angle. Je connaissais les grandes lignes mais je n’avais pas compris que la dernière à fermé en 1996 ! Toutes ces filles mères réduites en esclavage et tous ses enfants volatilisés.

Ce roman soulève de nombreux sujets de réflexions notamment sur le silence de la population au XXI siècle. L’avortement n’est autorisé en Irlande que depuis 13 décembre 2018 mais il reste encore du chemin.

La présence du corps est très importante, on les mains sales du travailleur manuel, les pieds nus, les ventres vides… On est parfois troublé par cette distorsion temporelle, à quelle époque est-on ? au début XX ou dans les années 90 ?

Je suis toujours très étonnée de l’intensité de l’écriture de Claire Keegan. Ces scènes de la vie quotidienne, ses souvenirs de Noël.

Qui en parle

Maeve

Sur ce blog

Les trois lumières

Ailleurs, en ce pays

Colum McCann

trad. Michelle Herpe-Voslinsky

Éditions Belfond, 2001, 145 p., 18 €

Existe chez 10/18

Cercle littéraire médiathèque

ailleurs en pays

4e de couv. :

À travers ces nouvelles, Colum McCann brosse l’inoubliable portrait de trois jeunes Irlandais témoins ou, acteurs malgré eux du drame qui déchire leur pays. Entre colère et résignation, désir de vivre et devoir de mémoire, restent les silences, éloquents. Ceux des vivants, et ceux des morts. Un recueil bouleversant sur une tragédie contemporaine.

Ma chronique :

Ce recueil se compose de trois nouvelles, deux courtes et une longue. Elles forment un ensemble où l’on voit ressortir des thématiques communes. Écrire des nouvelles est un exercice de style pour évoquer tant de choses en si peu de pages. Elles sont aussi sombres que la couverture choisie par les éditions  Belfond.

La première chose que j’ai remarqué, c’est la place des éléments météo de ces histoires. Dans la première de fortes pluies on provoqué la monté des eaux, et c’est dans cette rivière que débute le drame. Dans la deuxième la forte chute de neige est le point de départ, elle se termine dans une image de vent. Quand à la dernière c’est plutôt le vent qui est mis en cause, l’eau sera aussi très présente. En fait dans les trois cas les drames viennent de plus loin, le terrain était propice pour voir surgir cette violence.

Dans ces trois nouvelles on découvre un des parents ou substitut  mort ou dans l’incapacité de venir en aide à leur famille. On va suivre les gestes d’un adolescent ou d’une adolescente qui  change de rôle et va se substituer au parent déficient. La mort, la maladie et la prison pèsent sur les épaules de ces adolescents. Chacun un va affronter les événements à sa façon et sera marqué à vie.

Le thème de l’honneur, de la honte sont très présents. On note cependant que les hommes et les femmes ne l’appréhendent pas de la même façon. Les hommes sont rigides, buttés, fermés. Les femmes sont plus pragmatiques, pour elles l’essentiel c’est d’aller de l’avant, de survivre. Elles savent saisir la main qu’on leur tend.

Les notions de silence, de secret viennent peser sur les protagonistes. L’autorité, la pauvreté et la violence sont aussi des charges qu’ils doivent supporter.

Il se dégage de ce recueil beaucoup de tensions dramatiques qui ne laisse pas le lecteur indemne. Les deux premières sont courtes et sont très rythmées et on fini par un coup au sternum. La troisième plus longue joue avec les nerfs des personnages et du lecteur. On voit monter la charge émotionnelle qui empêche de prendre un nouveau départ.

« Ailleurs, en ce pays » comme l’indique le titre suppose que cela se passe en Irlande et la date est assez vague, c’est suggéré, un pays en guerre. La troisième se déroule en 1981 pendant la grève de la faim des prisonniers irlandais.

J’ai lu il y a quelques mois « lettres à un jeune auteur » et j’avais aimé l’écriture et la puissance d’évocation de l’auteur, maintenant j’ai aimé ses nouvelles,  prochaine étape un roman !

Constellations, Éclats de vie

Sinéad Gleeson

Trad. Cécile Arnaud

Éditions de la Table Ronde, 11 fév. 2021, 296 p, 22€

4e de couv. :

J’en suis venue à me représenter tout le métal que j’ai dans le corps comme des étoiles artificielles, scintillant sous la peau, une constellation de métal neuf et vieux.

Mes impressions de lecture :

Coup de cœur pour l’écriture et la structure de ce livre.

Avant de vous parler du contenu il faut que je vous parle de la couverture. Elle est magnifique lorsqu’on a livre dans les mais et que l’on suit le tracé des ces fameuses constellations, ces sillons qui vont d’un point à l’autre. On retrouve ses représentations en début de chaque chapitre (sans le relief) et une explication à la fin.

Les titres des chapitres sont déjà une invitation à découvrir ce qu’elle veut nous raconter. « Collines bleues et os de marbre », « cheveux », « de la nature atomique des trimestres »…

Il est beaucoup question des sens que ce soit le vue (en parlant des tableaux par exemple) l’ouïe (avec la présence de la musique) le toucher (avec tout ce qui a attrait au corps), l’odorat (odeur du sang, de la naissance, de la mort), le goût …

C’est un texte à la première personne. Je l’ai lu comme un roman même si la narratrice parle d’ « essai ». Par moment on a l’impression d’une autofiction et à d’autres moment on c’est comme si elle englobait toutes les femmes. J’ai bien aimé cette sensation que la narratrice nous parle directement, nous comment son quotidien.

Chaque chapitre par d’un aspect physique et la narratrice nous entraine dans les méandres de l’esprit et de l’âme humaine. Par exemple, le corps est examiné jusqu’ la moindre petite particule, on va suivre par exemple la moindre veine vers le globule rouge et en chemin elle va raconter sa vie, ses pensées mais aussi de son pays, des femmes etc… Pour moi cela reste quand même une écriture viscérale,  elle qui prend aux tripes… Elle incise avec son scalpel les chairs et les mots ont la même fonction. Parfois le récit prend quelques pages et à d’autres moments en quelques phrases elle concentre les idées et les sensations. De l’infiniment grand à l’infiniment petit tout semble ses refléter dans le corps. On ressent parfois un détachement, une mise à distance par rapport aux événements racontés et puis d’un coup c’est comme si elle se repliait sur elle-même et le lecteur avec. C’est émouvant et sans pathos.

L’écrivaine est irlandaise, comme la narratrice, et le texte est bien ancré en Irlande. On a des références historiques, politiques et la place de la religion catholique avec tout ce que cela implique. Et puis on va vers la femme irlandaise en Irlande.

J’ai beaucoup aimé toutes références culturales et surtout picturales, elles donnent au récit un aspect encore plus visuel. Elle joue avec le visible et l’invisible.

Cet ouvrage touche des sujets qui font écho  à des choses ressenties, elle met des mots là où je ne savais pas le faire et en même temps c’est assez universel pour englober beaucoup d’être humains, « Éclats de vie ».

C’est le genre de livre qu’on pose parfois pour laisser le temps de décanter. D’autre fois les sujets sont assez durs puisqu’ils vont de la vie (et ce n’est pas le plus facile) à la mort en passant par la maladie, le deuil, alors on ne peut pas passer à autre chose.

 « Constellations, éclats de vie », m’a marqué et j’espère que vous aussi.

Je vous laisse découvrir cette plume.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

Je tenais à publier cette chronique aujourd’hui d’une part parce que c’est le jour de sa sortie en librairie en français. Et parce que ce soir à 20 h elle va en parler au Centre Culturel Irlandais en ligne. Mais vous pourriez le lire pour le mois de la littérature irlandaise du mois de mars sur le blog « mille (et une) lecture de Maeve » !

Hérésies glorieuse

Lisa McInerney

Trad. Catherine Richard-Mas

Éditions de la Table Ronde, La Petite Vermillon, 28 mai 2020, 536 p., 9,80 €

Mes Lectures de la Table Ronde

hérésies

4e de couv :

Jimmy Phelan trône sur la ville de Cork comme sur un tas de billets. Il est de toutes les magouilles, et mieux vaut marcher dans son sens que croiser son chemin. Pourtant sa mère, Maureen, fraîchement installée dans l’ancien bordel dont il est propriétaire, réussit à semer la pagaille dans ce bel équilibre. Quand un inconnu se présente à sa porte, elle lui assène un coup fatal et déclenche une série de malheurs dans cette ville où cohabitent dealers, prostituées et chrétiens illuminés se faisant un devoir de réparer les dégâts… qu’ils ont eux-mêmes causés. Mais Maureen n’est pas née de la dernière pluie et compte bien se laver de toute culpabilité à sa façon.

Ma Chronique :

Je découvre de plus en plus la littérature irlandaise actuelle que j’apprécie. Je n’avais pas vu ce titre lors de sa sortie en grand format, mais je ne crois pas que j’étais prête à le lire non plus. Appréhension d’un texte trop « cru » trop « réaliste », oui on a des à priori. Entre temps j’ai rencontré des irlandais fort sympathiques. Et puis on évolue aussi en tant que lecteur, heureusement ! Et on sort de sa zone de confort pour tout à coup se rendre compte que c’est un roman magnifique que l’on a entre les mains.

Après ce petit préambule je vais essayer de vous partager ce coup de cœur littéraire.

Une mention pour la magnifique couverture qui résumé en partie une tranche de vie, Le visage resté en partie dans l’ombre, la beauté sensuelle, la place du corps et des muscles et ce tatouage de vierge Marie… « Hérésies Glorieuses » !

Les 500 pages de ce roman vont vous faire vivre des émotions fortes, et vous aurez du mal à le poser. Tant de vies sur le fils du rasoir entre les pages et entre vos mains ne vous laissent pas indifférents.

Ce qui m’a particulièrement plu c’est que le fond et la forme sont étroitement liés. Je viens de vous dire qu’on a des personnages forts, pas forcément sympathiques que l’on va voir dans des situations plus ou moins dramatiques. Mais je crois que ce qui les rend encore plus prenantes c’est la façon dont elles sont amenées.

Ce n’est pas simplement la vision d’une population en marge des bas fonds de Cork. Cela pourrait sonner comme un roman noir voir un polar avec des truands qui gèrent la prostitution, la drogue et le crime organisé. Et autour gravitent des laissés pour conte de la société, les losers et les petites frappes. Lisa McInerney les place sur différents plans. Leur place dans la société, dans leur communauté et petit à petit dans leur intimité.

Ce que j’ai adoré c’est le côté très visuel, cinématographique. On découvre un personnage et ce qu’il vit. Puis au chapitre suivant c’est un autre. Et on enchaîne avec une autre scène une autre vie. Mais on se rend vite compte que A nous a déjà parlé de B avant de le rencontrer, puis B nous parlera de A et de C ou D… et lorsque ce nouveau personnage apparait on le reconnait même si on va le voir sous un autre angle. Et c’est comme si la caméra avait tourné autour de lui pour nous montrer une autre facette de lui. Et tout cela va tisser une vaste tapisserie de cette partie de la ville de Cork.

On va aussi découvrir  des personnages à différents âges. Les adolescents qui ont encore des chances de s’en sortir ou de plonger, des êtres au point de bascule. Puis il y a ceux qui ont entre 20 et 30 ans qui semble déjà vieux tant ils sont esquintés. Ceux qui ont entre 40 et 50 ans soit ils dirigent soient ils sont en bout de course, s’ils ont survécu. A part un ou deux personnages rares sont ceux de la tranche au-dessus.

 Du bouillonnement de l’adolescence révoltée à la chute de l’adulte déchu on a un panorama assez sombre. Cependant il y a des moments merveilleux d’espoir et d’amour, tout n’est pas pourri ou corrompu dans ce royaume.

Les années passent et on se rend compte que finalement on est dans un creuset. Le monde est petit dans ce microcosme et tous se retrouvent liés d’une façon ou d’une autre. Il y a un effet boomerang quand on s’y attend plus la tâche de sang ressort.

Les personnages féminins sont aussi présents que les personnages masculins mais ils ne jouent pas dans la même cour.  Il y est beaucoup question de prostitution et du rapport au corps. Sexe, maternité, drogue et alcoolisme, violence en tour genre, elles ne sont pas épargnées bien au contraire.

En arrière plan on a  la société avec l’école,  la religion et la familiale et à chaque fois les dérives les mauvaises décisions qui ont des conséquences sur l’avenir et sur la place dans la société.

Ce que j’ai aimé c’est aussi la langue, j’avais peur de trouver une langue crue voir argotique mais pas du tout. Lisa McInerney (ou/et sa traductrice) joue plus avec le rythme beaucoup de phrases courtes percutantes et des phrases légèrement plus longues. Alternance de dialogue et de narration.  Parfois à la troisième personne en suivant un personnage plus qu’un autre, puis de temps en temps un chapitre à la première personne (en italiques). Jeu de rythme et de regard.

Ce roman est un roman qui m’a marqué car il parle de révolte et de colère tout en parlant de démission et résignation, comment réussir à s’en sortir ?

J’arrête de vous parler de ce roman car il faut que vous le découvriez  avec vos yeux.

C’est le début d’une trilogie…

Je remercie les Editions de la Table Ronde, La Petite Vermillon pour cette découverte.

table ronde
kokeshi coup de coeur

Qui en parle ?

Maeve

Opération Farceuses

Roddy Doyle

Ill. : Brian Ajhar

Trad. : Marie Aubelle

Gallimard jeunesse, 2001,92 p., 10,70 €

Chronique jeunesse du mercredi

opération farceuses

4e de couv. :

Qui sont les Farceuses ?
D’insaisissables petites créatures qui adorent les enfants.
Que font-elles ? Elles les suivent partout pour s’assurer que les adultes les traitent convenablement, sinon…Sinon quoi ?
Elles les punissent en déposant de la crotte de chien sur leur chemin pour qu’ils mettent le pied dedans.
Et pourquoi Mister Mack va-t-il être puni ?

Ma chronique :

Je remercie Jangelis et Maeve de m’avoir permis de combler une lacune en littérature irlandaise. Quel moment de plaisir ! Le livre a fait le tour de la maison et je pense le conseiller à la médiathèque.

Dès la couverture, on se dit que ces farceuses on un sourire et un regard qui ne laisse présager que des bêtises. Mon fils a été déçu par les illustrations intérieures où elles sont légèrement différentes… je vais trop vite !

C’est un roman jeunesse d’un format particulier (24×16,5) , illustré par Brian Ajhar (je ne connaissais pas non plus), mais rien à voir avec un album comme pourrait le suggérer la  couverture. Les illustrations sont des crayonnés dans les tons gris, en pleine page encadrée ou juste un dessin qui accompagne le texte.

J’aime beaucoup le travail fait sur les titres de chapitres, c’est un petit plus qui attire souvent mon attention. Ici, c’est un texte dans le texte. Le narrateur insère des commentaires, joue avec le lecteur.

Il y a dans la narration un jeu. On dirait que le narrateur nous parle, et en même temps, on a l’impression d’assister à une conversation avec un conteur et un auditeur, par moment on dirait que le narrateur pose les questions et y répond, c’est très amusant car on se dit parfois que justement on aurait bien posé cette question là.

Le travail sur la temporalité fait partie de l’originalité de l’histoire. La narration va tenir « l’espace «  de trois pas dont le dernier va s’éterniser dans un ralenti incroyable qui va tenir le lecteur en haleine. Durant ce temps on va avoir des explications sur les personnages et le pourquoi de la situation, des flashs back et des commentaires.

Il y a un côté  visuel qui joue sur le burlesque, un homme en costume qui va mettre le pied dans un énorme tas de crotte de chien. J’ai eu le vers de Lamartine qui m’est venu à l’esprit « Ô temps ! Suspends ton vol » ce vers est venu interférer ma lecture d’autant qu’on a droit à une mouette bavarde…

On a un évidement un côté fantastique voir surréaliste entre le vautour voleur de sandwich, la mouette qui n’aime pas le poisson et ces fameuses farceuses.

Je vous laisse découvrir comment tout cela va s’imbriquer. Je ne sais pas si les autres ouvrages de cet auteur sont aussi loufoques mais je vais essayer d’explorer au gré de mes trouvailles.

La fuite en héritage

Paula McGrath

Trad. Cécile Arnaud

Editions de la Table Ronde, Quai Voltaire, 22 août 2019, 331 p., 21 €

Mes lectures de la Table Ronde

Challenge 1% la rentrée Littéraire 2019

fuite en héritage

4e de couv. :

2012. Une gynécologue hésite à accepter un nouvel emploi à Londres qui lui permettrait d’échapper à l’atmosphère de plus en plus tendue qui règne dans l’hôpital dublinois où elle exerce. Mais qui s’occuperait alors de sa mère qu’elle a été obligée de placer dans une maison de retraite?
1982. Jasmine, seize ans, prend le bateau pour l’Angleterre et tente d’intégrer la troupe de danseuses d’une émission de
télévision. Contrainte de rentrer à Dublin quelques mois plus tard, elle commence à pratiquer la boxe, un sport interdit aux filles dans l’Irlande des années 1980.
2012. Dans le Maryland, Ali, dont la mère vient de mourir, fugue avec un gang de bikers pour sortir des griffes de grands-parents dont elle ignorait jusque-là l’existence.
Dans ce deuxième roman polyphonique de Paula McGrath, une longue histoire de fuite et d’exil relie trois femmes qui aspirent à vivre selon leurs choix et se tendent la main au-delà des frontières et des générations.

Ma chronique :

C’est avec impatience et curiosité que j’attendais le deuxième roman de Paula McGrath car « Génération » sont premier roman m’avait fait  forte impression.

Il semblerait que ce qui caractérise l’univers de Paul McGrath ce soit la condition des femmes en Irlande et ailleurs.

Les femmes les interactions humaines au sein de la famille et en particulier le rapport à la mère, plutôt dysfonctionnel ou inversion de la position mère-fille. Elle a une façon bien à elle d’en parler. Le père est soit absent (ex : décédé) soit négatif (ex : oncle Adrian).

Nous avons 3 femmes, trois époques, trois lieux, trois âges. Chaque chapitre est identifié par la date et le lieu pour bien se repérer.

Paula McGrath donne la parole à ces femmes soit à la 1ère personne, 3 ième personne. Nous croiserons dans chaque moment de vie (âge différent) d’autres femmes. Il n’y a pas une alternance régulière. On va régulière. On va passer plus de temps avec l’une d’entre elle avant de retrouver une autre qu’on avait laissé à un cliffhanger. Cela donne un certain rythme à la lecture et accroche le lecteur.

Nous allons dont suivre les trajectoires de trois femmes qui vont faire des choix et surtout des rencontres décisives, amitié, amour, danger… vont venir mettre leur grain de sable dans les rouages causant des réactions en chaîne, faisant dévier la trajectoire du destin. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs.

Le mouvement joue un rôle dans tout le roman que ce soit l’idée d’aller de l’avant, d’aller simple, d’aller retour, ou dans la gestuelle des activités. Cela imprime aussi un rythme à la narration.

Des femmes attachantes, touchantes avec leur force et leur fragilité qu’on aura plaisir à accompagner dans leurs errances, leurs découvertes et leurs choix.

Et les hommes me direz-vous ? On va avoir un vaste éventail de possibilités, pas tous mauvais heureusement, j’avoue ne pas m’avoir attardé sur leur cas. Paula McGrath ne propose pas une vision du monde manichéenne.

Quelque soit le sexe, la transmission (du savoir, des émotions, de l’histoire…) n’est pas toujours positive comme s’ils ne savaient pas passer le relais.

Le choix des différentes époques permet d’aborder des sujets particuliers, j’ai appris des choses sur 1983 que je ne connaissais pas, pourtant ce n’est pas si vieux, je vous laisse les découvrir.

La famille est un des sujets principaux. La dépendance à l’autre et la culpabilité qui créent des relations déséquilibrées. L’alcool et la violence font partie du décor.

La naissance, la vie, la maladie et la mort tous les sujets sont abordés sans complaisance.

L’autre thématique prépondérante est celle du « corps ». Corps en général mais féminin en particulier. On a  une gynécologue. Corps aimé mais plus souvent malmené. Découverte de sa féminité, du plaisir mais aussi viol (ou tentative), agressions, accident,  avortement…  déchéance de la vieillesse et de la maladie. Le sport extrême… La relation corps et esprit est très importante. La thématique miroir pourait être celle du « sang » que ce soit la lignée, la naissance, le sang qui s’écoule volontairement ou involontairement, porteur de vie et de mort.

Paula McGrath est autrice irlandaise à suivre. Je vous laisse découvrir les subtilités et les nuances de sa narration. Le titre en anglais « A difficult history » et le titre en français « La fuite en héritage » proposent deux regards différents, j’ai une nette préférence pour le titre en français car il met en avant ce que je disais plus haut à propos de la transmission et du mouvement.

A vous de découvrir la richesse du texte. Un roman fort qui a frôlé le coup de coeur…

Je remercie les Editions de la Table Ronde de leur confiance.

table ronde
RL19
génération mcgrath

Qui en parle ?

Maeve

Phalène Fantôme

Michèle Forbes

Tad.  Anouk Neuhoff

Editions de la Table Ronde, La Petite Vermillon,  2019, 363 p., 8,90 €

Mes Lectures de la Table Ronde

phalène fantôme

4e de couv. :

Belfast, 1969 : tension dans les rues, trouble dans les âmes. De loin, Katherine a tout d’une femme comblée. Trois petites filles, un bébé adorable, un mari valeureux, George, ingénieur et pompier volontaire. Seulement, Katherine a un passé… En 1949, chanteuse lyrique amateur, passionnée par son rôle de Carmen, elle fait la connaissance de Tom, jeune tailleur chargé de lui confectionner son costume de scène. Le coup de foudre est immédiat, mais elle est déjà fiancée à George et la double vie a un prix. Vingt ans après le drame qui a décidé de son destin, Katherine ne parvient plus à garder ses émotions sous cloche. Au moment où sa ville se déchire, elle doit affronter les zones d’ombre de son passé.
Exploration de la mémoire, de l’enfance, de l’amour illicite et de la perte, Phalène fantôme dépeint des morceaux de vie ordinaire qui ouvrent sur de riches paysages intérieurs.

Ma chronique :

C’est le premier roman de Michèle Forbes, publié une première fois en français en 2016. Je vous ai  parlé de son deuxième roman il y a un mois ou deux, « Edith & Oliver », un roman de la rentrée 2019 qui m’a marqué.

Dans « Edith & Oliver » Michèle Forbes nous parlait de Music-Hall en Irlande début XXe S (1905-1922), dans  « Phalène Fantôme » elle nous parle de théâtre et opéra amateur en Irlande (1949,1969), on sent que c’est un monde qui la touche de près.

Sans chercher à  comparer les deux romans, on commence à entrevoir les thèmes forts dans son début d’œuvre littéraire, L’Irlande politique et sociale, les femmes  et les folles passions, la famille et la famille du théâtre… Il y a une force dramatique dans sa façon d’aborder ces sujets.

Je ne m’attendais pas à la dernière partie et pourtant tous les signes étaient pourtant là depuis le titre et la première scène.

L’histoire est l’histoire de nombreuses femmes de sa génération qui on choisi la raison et la sécurité, la famille et une vie de couple classique. (Contrairement à Edith dans l’autre roman).

Dès la première scène n se rend compte que le couple a de lourds secrets, que le passé n’est pas révolu. Une telle passion laisse des traces… et tout va tendre à ce qu’elle refasse surface.

On va don suivre les histoires au présent Août 1969-mars 1970 et le passé août 1949. Le choix d’une jeune femme va sceller le destin de plusieurs personnes.

Pourquoi ouvrir la boîte de Pandore vingt ans après ? c’est lié à ce qu’on découvrir à partir de novembre 1969… à vous de le découvrir.

Une fois ouvertes les vannes du cœur de Katherine, le passé va venir perturber le présent. Les digues sont brisées et c’est une déferlante d’émotions longtemps refoulées, il n’y a plus moyen de faire marche arrière. Tout part à vau l’eau  comme sur la couverture.

L’alternance entre les deux époques nous permet de sentir la souffrance de Katherine et Georges, bien que celle de Georges soit moins mise en avant. Georges n’a qu’une raison de vivre c’est d’avoir Katherine à ses côtés.

On découvre un couple où tout est sous contrôle, tout est réglé comme du papier à musique, ils n’ont pas droit à une fausse note…

C’est un roman qui parle d’amours inconditionnels, de jardins secrets qui permettent d’avoir une raison de vivre et avoir un semblant de bonheur.

Le choix des dates n’est pas anodin. Après-guerre et début d’une autre. Plus on découvre les drames d’ordre privé, plus on voit ceux qui bouleversent l’Irlande. On sent monter les tensions, notamment grâce aux enfants qui posent des questions et qui vivent entre leur quartier et leur école. Elsa et sa copine Isabelle son un reflet de l’Irlande qui se déchire.

J’ai trouvé Katherine bouleversante et l’effet miroir avec sa fille Elsa est très touchant. Elles ont des connexions, des affinités de caractère. Elsa ressent le trouble qui envahi sa mère sans savoir de quoi il s’agit.

On verra Katherine avec chacun de ses quatre enfants avoir des moments privilégiés, des instants émouvant où elle prend conscience qu’elle n’est pas en accord avec son moi profond et que cela ne peut durer.

C’est un roman où l’eau se marie avec la lumière et la terre avec le feu. Les quatre éléments sont omniprésents que ce soit dans les scènes ou les états esprits et les rêves. Le monde onirique et l’imagination ont leur importance. Je ne m’étendrais pas sur le sujet pour ne pas dévoiler l’intrigue.

Cette deuxième lecture confirme mes premières impressions très positives. Michèle Forbes écrit des romans qui me touchent et j’attends avec impatience son prochain roman.

Je remercie les Editions de la Table Ronde pour leur confiance.

Autrice :

Née à Belfast, Michèle Forbes est une actrice de théâtre, de cinéma et de télévision maintes fois récompensée. Elle a notamment joué dans Omagh (nommé meilleur film au British Academy Television Award et aux festivals internationaux de Saint-Sébastien et de Toronto) et a accompagné sur des tournées mondiales plusieurs pièces de renom. Parallèlement à sa carrière artistique, Michèle Forbes a étudié la littérature au Trinity College de Dublin, puis travaillé comme critique littéraire pour le Irish Times. Ses nouvelles ont été couronnées par plusieurs prix nationaux.

table ronde
petite vermillon R

Qui en Parle ?

Maeve

edith & oliver

Article précédemment publié sur Canalblog

Edith & Oliver

Michèle Forbes

Trad. Anouk Neuhoff

 Editions de la Table Ronde, Quai Voltaire, 2019, 440 p, 23,50 €

Mes lectures de la Table Ronde

edith & oliver

4e de couv :

Belfast, 1906. Edith tombe follement amoureuse d’Oliver, un illusionniste ambitieux qu’elle croise un soir de fête trop arrosée et retrouve le lendemain sur scène, où elle doit l’accompagner au piano. Mais c’est sur la jetée de Dun Laoghaire, bien des années plus tard, que s ‘ouvre le roman. Edith y attend, avec sa fille, le bateau qui les emmènera en Angleterre et contemple à regret le pays où elle laisse son mari après avoir tout tenté pour le sauver de ses démons et le soutenir à une époque où le music-hall pâtit de l’arrivée du cinéma.

Ma chronique :

Je ne connaissais pas Michèle Forbes mais je me suis laissée tenter par la quatrième de couverture et ma curiosité.

Ce roman me permet de découvrir une écriture certes, mais aussi un univers celui des magiciens, du Music-Hall au début du XXe siècle en Irlande. Ma culture en ce qui concerne ce pays est assez réduite, je l’avoue, autant je visualise les côtes, la pêche, les vertes prairies et autre histoire terriennes et tout le folklore, autant je ne me suis jamais posé la question de l’Irlande Urbaine à cette époque là.

Ce roman débute en 1906, le siècle est jeune, Oliver aussi, il est plein d’énergie avec des rêves plein la tête, le monde de tous les possibles. Ce qu’il ne sait pas c’est que c’est pratiquement la fin d’une époque. Au fur et à mesure que les mois passent on découvre les avancées technologiques qui annoncent la fin de son monde. Ces nouveautés touchent le monde du spectacle avec l’arrivée du cinéma mais aussi d’autres moins ludiques, celles qui vont entourer la guerre de 14-18.

Ce roman qui se déroule dans le monde  de l’illusion est non seulement dans la narration des spectacles, avec des descriptions de créations et des mises en œuvre, mais aussi dans l’écriture. Michèle Forbes joue avec cette idée d’illusion, elle détourne l’attention du lecteur sur des problèmes pratiques et quotidien, alors que le fond du sujet est la société. Par petites touches on découvre les changements dans la société qui vont avoir des répercussions sur le climat  de tensions dans la société et dans leur microcosme familial. Elle fait des tours de passe-passe entre les scènes, ainsi qu’entre le passé et le présent. En effet les jeux de miroirs nous font voir des scènes qu’on ne devrait pas voir et les traumatismes du passé ressortent. L’alcoolisme et la violence voilent aussi des souffrances…

L’arrivée du cinéma, des syndicats, la précarité de ces métiers artistiques, la concurrence. Le temps de l’entraide entre gens du spectacle qui se délite.

Le regard des gens change, ils demandent de plus en plus de sensationnel, de spectaculaire. Des sujets qui nous touchent aujourd’hui encore et qui nous semble nouveaux. Le côté du pain et des jeux moderne. Mais la colère gronde et les ventres aussi. On sent le malaise social de ce pays divisé par la religion.

Ce qui m’a plu c’est toute la construction mentale autour de la famille. L’aspect psychologique. Comment du couple exubérant et libre, qui nous montre la joie de vivre du monde artistique. L’arrivée des enfants, le bonheur de construire une famille heureuse va coïncider avec  la chute dans le milieu du travail. Les failles du passé vont sortir de la zone où elles avaient été refoulées.

 On va découvrir le monde des femmes en parallèle du monde masculin. On remarquera que la aussi il y a des libertés qui se perdent et qu’une autre sorte de solidarité se met en place. Edith par exemple, va avoir une éducation pour être autre chose qu’une simple mère de famille. La thématique autour de la mère fait partie de la construction mentale des personnages… mais je vous laisse le découvrir.

Ce que j’ai particulièrement aimé c’est que chaque scène m’a fait penser à des « tableaux » comme au théâtre, dialogues et l’intensité narrative, le lecteur ressent une montée dans les émotions et reprend son souffle après chaque « chute ».

La couverture du roman nous montre ce monde où tout semble sens dessus-dessous, les serpents de la Méduse, et cette bouche qui essai de nous chanter les aventures ou mésaventures de « Edith & Oliver ». Michèle Forbes donne la parole à ces gens un peu à part… pas toujours compris par la société.

Je remercie les Éditions de La Table Ronde pour leur confiance.

table ronde

Qui en parle ?

MAEVE 

Article précédemment publié sur Canalblog

3 femmes et un fantôme

Roddy Doyle

trad. Marie Hermet

Flammarion 2013, 223 p., 11,50€

Je continue ma découverte des écrits de Roddy Doyle, après « Opération farceuses » un roman pour jeunes lecteurs, je vous présente maintenant un roman préconisé à partir de 13 ans…

3 femmes et un fantôme

4e de couv. :

Emer, la grand-mère de Mary est sur le point de mourir. Apparaît alors le fantôme de son arrière-grand-mère, morte dans les années 1920 : elle a un message à faire passer à Emer et souhaite la soutenir dans cette dernière épreuve. La mère de Mary va les aider. Toutes les quatre entament alors un road-trip délirant à travers l’Irlande vers la maison de famille abandonnée.

Ma chronique :

C’est un roman jeunesse. Est-ce parce que Mary à 12 ans ? Parce que le roman est court ? ou parce qu’il aborde la mort avec une part de fantastique, de réalité magique ? Je pense qu’il peut s’adresser à tous les publics. On remarquera qu’il y a des morts dont on ne parle pas…

C’est un roman qui aborde le thème de la mort, et  de la disparition d’un proche en particulier. Nous avons ici  Emer  la grand-mère  de 85 ans qui est hospitalisée, et plutôt sur le déclin, enfermée dans ses craintes. Comment gérer cette situation, ce départ imminent ?

C’est aussi un roman sur les femmes à des âges différents, à des époques différentes. Va apparaître le fantôme de la mer d’Emer, donc la quatrième génération. A travers sont personnage c’est une histoire de femme du début du XXe siècle en Irlande. La maison, la famille, la femme, la maternité, l’amour, la maladie… Tansey va entrer en contact avec le reste du clan par l’élément le plus jeune Mary 12 ans qui est réceptive et va faire le lien. Scarlett, la mère de Mary, la fille d’Emer, la petite fille de Tansey. Elle a le rôle de la femme active, elle a la place intermédiaire. Elle doit tout gérer, les problèmes de sa mère, son mari et ses garçons.

Les garçons ont du mal avec l’état de leur grand-mère qui empire, ils se réfugient dans leur monde d’ados.

Ce n’est pas traité comme une histoire triste même si le sujet est sérieux et si les personnages sont émus et touchants. Il y a de l’humour dans les situations. Le fantôme dédramatise , elle crée des scènes cocasses et insolites. Scarlett avec sa place intermédiaire doit rester raisonnable et forte, elle est malgré tout « paumée » dans une détresse contenue.

Mary la gamine qui n’est plus une enfant mais pas une femme non plus. Elle a aussi un langage « jeune », avec des formulations tel que « genre » dans toutes les phrases. Elle a aussi la langue bien pendue et essai de se rattraper avec des « ce n’est pas de l’insolence » « je ne suis pas insolente », ce qui n’est pas l’avis de tout le monde. Elle est attachante car avec chaque personnage elle a une complicité et une grande empathie.

C’est aussi un roman sur « l’entre deux ». Tansey est entre disparaître complètement et rester en attente là. Elle est entre deux époques. Emer est entre la vie et la mort. Scarlett est entre deux générations, entre sa mère et sa famille, entre le passé et le présent. Mary est entre l’enfance et l’adolescence, entre le présent et le futur (tu auras une fille à ton tour).

La composition du roman se fait à travers le regard de chaque personnage. Le chapitre porte le nom du personnage en question.

On va découvrir le passé de cette famille, le rôle, la place des femmes.

J’ai pris grand plaisir à lire ce roman… je vais continuer à explorer l’univers de cet auteur irlandais je crois que je suis en train de devenir fan.

opération farceuses

Article précédemment publié sur Canalblog