Tous tes amis sont là

Alain Dulot

Éditions de la Table Ronde, Collection Vermillon, 13 janv. 2022, 175 p., 16 €

Mes lectures de la Table Ronde

Le 8 janvier 1896, au 39 de la rue Descartes, Paul Verlaine s’éteint, à l’âge de cinquante et un ans. Le 10 janvier au matin, la foule est dense dans le quartier Mouffetard : proches et curieux, rosettes de la Légion d’honneur et guenilles trouées, vieilles barbes et jeunes moustaches, gens de peu et hauts de forme s’écartent pour laisser passer le corbillard. Alain Dulot se joint au cortège pour suivre la dépouille jusqu’au cimetière des Batignolles en s’adressant au prince des poètes. Il évoque sa mère Élisa, ses amis, la société littéraire qui l’entoure, ses amours tumultueuses – avec Mathilde Mauté, Arthur Rimbaud, Philomène Boudin et Eugénie Krantz – teintées de sa faiblesse pour l’absinthe. Et sa passion sans faille pour la poésie, des tavernes à l’hospice, de la prison aux cabarets, jusque sur son lit de mort.

Mes impressions de lecture :

Depuis quelques temps j’ai l’impression que je suis attirée par des romans qui font parler les poètes. Le dernier en date était «La muse ténébreuse de Baudelaire » de  Raphaël Confiant, qui retrace la vie de la muse de Baudelaire et où l’on suit le poète en filigrane.

Je découvre l’écriture d’ Alain Dulot. Dans ce roman il utilise  la deuxième personne du singulier, comme s’il s’adressait à Verlaine lui-même. Par ce procédé il le convoque, il le prend à témoin pour nous raconter la vie du poète. C’est comme s’il était là au moment de l’enterrement et qu’il évoque son passé. Cela donne au récit une vivacité avec des dialogues lorsqu’on est dans l’évocation d’une scène. Les extraits de poèmes avec leur contexte cela donne  vie aux textes, c’est vraiment une autre façon d’aborder une œuvre poétique.

J’ai beaucoup aimé découvrir le poète étudié à l’école dans sa vie d’homme. Je connaissais les grandes lignes mais ici on est vraiment dans la sphère de l’intime, le simple mortel.

On visualise  aussi très bien cette époque à travers les célébrités qui l’entourent. Les funérailles seront l’occasion de rassembler ses plus fidèles amis, comme le dit le titre, mais aussi d’avoir un contexte social et politique. L’épilogue fait même références aux autres titres de la presse.

Les amoureux de Paris auront plaisir à voir évoluer ses ombres du passé au cœur de Paris.

Je m’étonne à chaque fois que je lis des choses sur cette époque de voir comment le chemin de fer reliait les grandes villes. On le voit aller à Bruxelles, dans les Ardennes, à Londres alors qu’à l’époque beaucoup de gens n’étaient pas sortis de leur canton.

C’est un roman à l’image de la vie tumultueuse du poète, avec ses amours multiples, ses problèmes de santé et ses tourments. J’ai pris plaisir à être comme une petite souris qui regarde ce qui se passait autour de Verlaine.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance et l’auteur pour son roman et sa dédicace.

Michaël Uras

J’ai découvert cet auteur français lors de ma participation au Prix du lecteur 2014, quelle aventure ! Son roman et son personnage m’ont à la fois séduite et déconcertée. Depuis, je lis ses nouveaux romans… D’accord il m’en reste un dans ma Pal, comme ce n’est pas un partenariat je procrastine… voilà plusieurs étés que je me dis que je vais le lire… et si c’était le moment ?

Ce que j’aime dans les romans de Michaël Uras ce sont les thématiques de la mémoire, de l’enfance et le plaisir des mots.

Je suis en train de transférer mes articles de mon ancien blog à celui-ci et j’ai décidé de faire cet article pour que l’on trouve les liens vers mes chroniques, vous n’aurez qu’à cliquer sur l’image ou le titre et théoriquement vous serez redirigez vers ma chronique.

Je mettrais à jour cet article lors d’autres publications…

« Chercher Proust » Michaël Uras

4e de couv. :

À l’âge où les garçons commencent à s’intéresser de près aux jeunes filles en fleur, Jacques Bartel, adolescent ordinaire dont la vie intérieure est aussi riche que la vie sociale est terne, se découvre une idole : Marcel Proust. Toute son existence est désormais « sous domination proustienne ». Ses parents s’en inquiètent, surtout sa mère, qui a lu dans un livre que Proust était homosexuel (et même, un habitué des bordels !).Les années passant, c’est tout naturellement que Jacques devient chercheur en littérature, spécialiste de Proust, voué corps et âme à sa passion, qui finalement, il faut bien se rendre à l’évidence, ne le mène pas à grand-chose. À moins que, de vaines recherches en temps perdu, ne s’annonce une nécessaire métamorphose…

« Aux petits mots les grands remèdes » Michaël Uras

4e de couv. :

Alex, notre héros passionné par les livres, a choisi d’exercer le métier peu commun de bibliothérapeute. Sa mission : soigner les maux de ses patients en leur prescrivant des lectures. Yann, l’adolescent fragile qui s’est fermé au monde ; le cynique Robert, étouffé par son travail et qui ne sait plus comment parler à sa femme ; Anthony, la star de football refusant de s’avouer certaines de ses passions… Tous consultent Alex. Mais qui donnera des conseils au bibliothérapeute lui-même ?
La clé du bonheur se trouve-t-elle vraiment entre les lignes de ses livres chéris ?

« Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse » Michaël Uras
4e de couv. :
« On imagine souvent son enfance dans un bonheur duveteux, une ataraxie ancienne, une sorte de perfection inaccessible. En ce qui me concernait, mon enfance me faisait penser à un tableau de Hopper, Soir bleu, dans lequel on voit un clown, cigarette à la bouche, en train de compter ses billets après le spectacle. »
 
Chroniques d’une enfance rythmée entre la Sardaigne, lumineuse, et le quotidien gris du nord de la France, Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse est un roman sur le souvenir. On y suit le parcours de Jacques, enfant qui découvre le monde, puis dans son enveloppe d’homme qui tente d’y trouver une place. Avec en tête, toujours, l’idée d’approcher le bonheur.

« L’iguane de Mona » Michaël Uras

4e de couv. :

A quarante ans, Paul est un tantinet désœuvré. Il n’aime plus son travail, une activité avilissante qu’il n’a pas vraiment choisi. Il déteste ses collègues, de sombres idiots jaloux les uns des autres, et son patron, un homme prétentieux et vulgaire. Il est exaspéré par son voisin, un forcené du vélo donneur de leçons. Quant à son dentiste, il vient d’avoir l’idée saugrenue de partir en vacances sur l’île de Mona au moment où Paul souffre d’une rage de dents…
Plus rien à perdre ! Rêvant de se la couler douce au soleil comme les iguanes sur l’île de Mona, il décide alors de « sécher » le travail et de partir à l’aventure… dans le quartier ! Tout ceci pourrait mal se finir… Mais Paul peut compter sur le soutien de son épouse, la sérieuse et délicieuse Kate, prof de français à l’université, sur son petit génie de fils Milan, qui parle comme un livre, et surtout sur son chien Pomme, un bon gros briard complice de ses errances.

A lire « La maison à droite de celle de ma grand-mère » Michaël Uras

4e de couv.:
« Giacomo, ne tarde pas. Les médecins sont formels, la fin est proche. »
C’est ainsi que notre héros, un jeune traducteur espiègle et rêveur, retourne sur l’île de son enfance, où sa grand-mère est au plus mal. Et alors qu’il doit rendre un travail sans tarder, soudain, c’est toute la Sardaigne qui le retient : Maria, sa mère, qui n’a jamais vraiment compris pourquoi son fils adoré l’avait quitté, Mario le père taiseux, l’envahissant oncle Gavino, Manuella l’épicière du village, dont Giacomo était secrètement amoureux quand il était enfant, la jolie dottoresse Alessandra, qui s’occupe de la nonna à l’hôpital, Fabrizio, l’ami d’enfance au corps cabossé et au grand coeur, et, surtout, le mystérieux Capitaine, figure tutélaire et énigmatique…
D’une crique perdue aux ruelles pittoresques que bordent les maisons de couleur, entre une bouchée de dolci et les pastilles miraculeuses du docteur Ignazio, pas de doute, la maison de Giacomo est une île. Mais pourra-t-il en repartir ?

Et lesquels avez-vous lus ? Lesquels vous tentent ?

Calame 1. Les deux visages

Paul Béorn

Éditions Bragelonne, 2021, 559 p., 7,90 €

Book en Stock / Bragelonne

Le mois de Paul Béorn

4e de couv. :
Après un an de guerre civile au royaume de Westalie, une rébellion est écrasée dans le sang au cours de l’assaut contre la capitale. Son chef légendaire, Darran Dahl, est tué dans un affrontement avec le roi lui-même et ses partisans sont jetés au cachot.
D’Arterac, célèbre légendier, vient trouver la jeune Maura, la première lieutenante de Darran Dahl, et lui propose un marché : la suspension de son exécution en échange de la véritable histoire du chef rebelle, ce mystérieux guerrier aux origines obscures, aux intuitions géniales, que l’on prétendait indestructible.
La jeune fille raconte alors sa rencontre avec cet homme, dont elle a été la domestique avant de devenir sa plus fidèle alliée au cours de la guerre civile. Mais, profitant de ce sursis, Maura prépare peu à peu son évasion pour reprendre la lutte…

Mes impressions de lecture :

J’avais lu il y a trois ans lors du précédent « mois de Paul Béorn » sur Book en Stock « le septième Guerrier-Mage » qui m’avait emporté dans un univers de fantasy, d’action et de combats. Je renouvelle l’expérience avec un autre univers de fantasy et une nouvelle fois la magie de l’écriture à fonctionné.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, entre autres choses, c’est la dualité. Je ne sais pas si j’ai été influencée par le titre mais je n’ai pas arrêté de voir « les deux visages » ou les deux faces des personnages ou des événements. Que ce soit dans les noms, les doubles vies, ou encore les deux facettes de chaque aventure. Selon que l’on soit d’un camp ou d’un autre on a déjà une vision différente. Deux vérités possibles, la vérité est un des sujets centraux. Certains personnages on en eux un « jardin secret », selon qui ont est on va les voir avec une vérité ou une autre.  

Ce roman débute dans les geôles très spéciales du roi lumière. Les cellules changent de position pour contrer toute évasion. On est donc dans la thématique de l’enfermement. Les mouvements sont entravés, le cours de la vie semble contraint. Cependant c’est un roman où l’action est importante que ce soit dans la résistance interne que dans toutes les narrations entrainant le lecteur à l’extérieur.

Le temps est aussi important. Le temps du récit, on est dans la prison avec Arterac. Mais ces récits nous renvoient à des temps plus anciens. A la quête de l’origine ?

Ce roman fantasy fait la part belle à la gent féminine. On y retrouve les thématiques de la sorcière et la perte de son « âme » donc de son libre arbitre. On va avoir des femmes fortes qui chacune à sa façon va se rebeller. Que cela soit par les armes ou par le silence.

Par certains aspects ce roman m’a fait penser aux mille et une nuits. Certainement car c’est principalement une femme qui raconte à un homme les aventures passées et que c’est ce qui lui permet de rester en vie ainsi que les autres prisonniers.

Je comprends la frustration des lecteurs il y a trois ans lorsque ce premier tome du dyptique est paru. Je pense qu’il me faudra très prochainement le deuxième tome pour avoir la conclusion. Cette lecture est un coup de cœur car l’histoire et prenante et riche en sujet de réflexion. De nombreux rebondissement tiennent le lecteur en haleine.

Je remercie Dup et Phooka et les Éditions Bragelonne pour ce partenariat. Merci à l’auteur pour ce dépaysement.

Désert noir

Adrien Pauchet

Éditions Aux Forges de Vulcain, oct 2020, 540 p., 19 €

4e de couv. :

Paris. Une pilule mystérieuse fait vaciller la capitale. Elle permet, à celui qui la consomme, de revoir les êtres chers qu’il a perdus.
Jocelyn est un jeune flic. Après une intervention désastreuse, il intègre l’équipe qui a pour mission de démanteler le trafic de cette nouvelle drogue. S’engage alors une course poursuite où dealers déchus, policiers, mafieux, assassins et innocents, cherchent la source du produit miracle, qui permet d’ouvrir la porte du royaume des morts.
Mais est-il possible de sauver une société qui ne veut pas l’être ?

Mes impressions de lecture :

J’ai lu il y a plus de 3 ans le premier volet de cette histoire « Pills nation ». Je n’ai pas eu le temps de le relire et je me suis rendu compte au fur et à mesure que je m’en souvenais bien, signe que c’est un roman marquant et celui-ci est dans la même veine.

Peut-on lire directement celui-ci ? je suppose que oui mais il y a beaucoup de subtilités qui vous manqueront. Pour bien faire je vous dirais plutôt d’enchainer les deux volumes.

Ce deuxième épisode fait suite aux découvertes macabres et aux événements tragiques qui ont eu lieu dans le premier roman.
On découvre petit à petit ce qui arrive aux survivants, car en fait tout n’avait pas été résolu dans la première partie.
Ce qui peut surprendre ce sont les différents changements de scènes, pour suivre certains personnages à des moments clés. Certaines scènes « oniriques » intimes, ses voyages intérieurs.
On peut lire ce roman comme un roman policier avec les enquêtes et la vie des différents protagonistes. J’ai été happée par tout ce qu’ils vivent et les conséquences de ce qu’ils ont vécu précédemment. J’ai aimé retrouver certains personnages et découvrir de nouveaux.
Mais il y a d’autres niveaux de lectures. J’ai notamment été intéressé par la place de la ville, Paris en l’occurrence, et de tous les changements qu’elle vit. Les bouleversements et les mutations urbaines, inversions. Le point central qui a attiré mon attention c’est de voir le 36 quai des orfèvres  passer aux Batignoles. Ses nouveaux bureaux et leur toit végétalisé. On retrouve cette idée sur la couverture avec cette chute à l’envers.
Changement d’époque. Changement dans la continuité car le crime continu et la guerre des services aussi.
Il est encore beaucoup question de mort et d’au-delà avec cette impression de vie parallèle ou psychique.
J’ai beaucoup aimé les différentes écritures, article de journal, procès verbal et certains passages avec une mise en page particulière pour encore mieux faire vivre ce que ressentent les personnages.Il y a une part de SF avec le personnage d’Emma et ses pouvoirs.
Je vous laisse découvrir d’autres aspects qui vont attirer votre attention.
Ce roman au rythme effréné. Les seuls moments de pause seraient les « voyages ».
On retrouve aussi la thématique de la famille, puisqu’on est dans la continuité de la première partie, je ne développerais pas.
Vous l’aurez compris j’ai adoré cet univers sombre.

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance.

Vivonne

Jérôme Leroy
Éditions de la Table Ronde, Vermillon, 7 janv 2021, 411 p., 22 €

Mes Lectures de la Table Ronde
Roman / rentrée hiver 2021

4e de couv. :

Alors qu’un typhon dévaste l’Île-de-France, l’éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l’Odéon  : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles. Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mystérieusement en 2008, il y a presque vingt ans.
Qu’est devenu Vivonne  ? Partout en Europe, la «  balkanisation climatique  » sévit et les milices s’affrontent tandis que la multiplication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s’effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au cœur de ses poèmes  ?

Mes impressions de Lecture :

Jérôme Leroy est un auteur que je suis depuis quelques années autant dans la littérature jeunesse que la littérature adulte.
On peut parler d’œuvre dans le sens où tout converge et s’entremêle, du moins ceux que j’ai lu.
Jérôme Leroy s’intéresse à la société, à ses fonctionnement et se dysfonctionnement. Les sujets touchant aux dérives politiques et à l’abandon font qu’il pointe le doigt sur ce que les gens et notamment les laissez pour compte subissent. Il s’intéresse aussi aux dérives des états face aux enjeux climatiques. Des sujets actuels qui le conduisent à nous montrer une société en perdition, où les dirigeants politiques divisent pour mieux régner. Mais Il n’est pas juste dans un constat négatif de ce qui se passe. Il montre aussi qu’il y a des gens qui se battent pour une nouvelle, une renaissance. Il appelle cette nouvelle société « la douceur ». Il n’est pas dans un monde utopique fait de douceur, il raconte comment ces communautés prennent les armes pour se protéger et pouvoir créer ce monde, fait de diversité, de respect et de solidarité. Et ne nous parle pas d’une période lointaine, à peine quelques années … donc les références sont claires et de danger imminent.
Ce que j’aime dans l’œuvre de Jérôme Leroy c’est la place de la littérature et du savoir. C’est son côté professeur de français militant pour la culture pour tous. Nous avons ici comme personnage principal « Vivonne » un poète visionnaire dont les poèmes sont assez fort pour changer la réalité de certains et donner de l’espoir à d’autres.
Petit à petit on voit se dessiner un portrait aux multiples facettes. Du poète mythique dont on partage les textes même après la catastrophe climatique qui touche Paris et la France. Le poète dont les fans partagent leur expérience. Et d’autres dont je vous laisse découvrir leurs liens avec lui, car derrière le poète il y a l’homme.
Nous avons aussi son ami et éditeur qui part à sa recherche, cette quête est devenue vitale pour lui. Cette quête va ressembler à une biographie professionnelle et personnelle.
Jérôme Leroy c’est aussi « la Femme » sont sujet de prédilection ou plutôt les femmes. Des femmes de caractères, des femmes blessées, à fleur de peau…
Ce que j’aime dans les romans et nouvelles de Jérôme Leroy c’est sa passion des livres, des traces écrites, ces objets qu’il exhume des cendres et des gravats, dans les mains de mourants.
Cette uchronie donne la parole à plusieurs narrateurs, chacun à leur niveau nous sonne leur point de vue. Cela donne à la narration des temps différents.
Ce roman joue aussi sur différents temps du passé tantôt lointain, tantôt plus proche. Ces va et vient au gré des rencontres et des souvenirs de chacun on voit se dessiner un tableau d’ensemble de l’Histoire de la France. L’une des narratrice va développer par exemple son ressentie lorsqu’elle lit les écrits d’Adrien Vivonne justement sur le thème du temps.
C’est un roman où l’action est au cœur de la narration, il y a un temps pour penser mais il y a un temps pour agir ne serais-ce que pour sauver sa vie.
Je vous laisse découvrir cette France en pleine débâcle…
Je remercie les Éditions de La Table Ronde, Vermillon, de leur confiance.

Littérature Adulte :

Cimetière des plaisirs

Comme un fauteuil voltaire dans une bibliothèque

La minute prescrite pour l’assaut

Un peu tard dans la saison

Jugan

Big Brother

Littérature Jeunesse :

Norlande

Macha

Requiem pour une apache

Gilles Marchand
Éditions Aux Forges de Vulcain,  août 2020, 414 p., 20 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain
Rentrée Littéraire automne 2020

requiem

4e de couv.:
Jolene n’est pas la plus belle, ni forcément la plus commode. Mais lorsqu’elle arrive dans cet hôtel, elle est bien accueillie. Un hôtel ? Plutôt une pension qui aurait ouvert ses portes aux rebuts de la société : un couple d’anciens taulards qui n’a de cesse de ruminer ses exploits, un ancien catcheur qui n’a plus toute sa tête, un jeune homme simplet, une VRP qui pense que les encyclopédies sauveront le monde et un chanteur qui a glissé sur la voie savonneuse de la ringardisation.

Mes impressions de lecture :

Lorsqu’on débute une histoire de Gilles Marchand on se demande où il nous entrainera, dans quel confins de la littérature il nous emportera… On sent dans chaque histoire qu’il raconte un brin de nostalgie et de souvenirs, un soupçon de tendresse et de passion, quelques pincées de rêverie et de poésie, quelques notes de musique,  quelques gouttes de malice et d’humour, quelques rasades d’équité et de tolérance… mais d’un roman à l’autre et d’une nouvelle à l’autre le mélange épicé varie et les dosages aussi…

Nous allons faire un bond dans le temps et nous embarquer pour un voyage dans les années 60 jusqu’au début des années 80 à Paris. Bien entendu avec le voile narratif les teintes sont passées par le prisme de l’imagination de l’écrivain.

Des souvenirs d’enfance à ceux de l’âge adulte d’une ribambelle de personnages qui ont traversé ces années-là avec des difficultés émotionnelles.

L’écriture de Gilles Marchand est souvent qualifiée de « musicale » avec de nombreuses références musicales et une play-list qui identifie chaque personnage… A chaque pause lecture j’écoutais le morceau cité. Dans la composition du texte il y a des passages qui ressemblent à des ritournelles grâce à des répétitions, des anaphores (et autres variantes). Il y a aussi des passages qui font penser à des refrains où le narrateur reprend les idées déjà développées. Le fait que le narrateur soit un ancien chanteur et musicien explique aussi c’est jeux avec les sonorités dans la manière de raconter.

Je suis sûre qu’avec une lecture à haute voix on se rendrait encore plus compte de la rythmique. Une étude plus poussée mettrait en évidence d’autres procédés littéraires et rhétorique.

J’ai bien aimé retrouver le style qu’on retrouve dans l’écriture de Gilles Marchand, comme par exemple l’énumération. Par exemple on va passer de la présentation détaillée des personnages principaux à une liste de personnages à peine esquissés. Là aussi j’ai pensé à des chansons.

Les instruments de musique jouent un rôle dans la narration dans le passé ou le présent… de la guitare à l’harmonica… de la musique à la musique de film il n’y a qu’un pas pour les références cinématographiques qui sont très importantes pour la narration.

On comprend d’entrée que cela ne peut que mal finir. Il y a des tournures de phrases qui préparent le lecteur… Un exemple d’entrée le narrateur nous parle de « légende » et de la dimension « d’héroïne ». Il dit aussi « si nous avions su » « si nous avions fait ceci ou pas fait cela »…

Si l’idée d’un lieu qui accueille les éclopés de la vie pourraient faire penser à un roman feel good, oublié cette idée tout de suite. Ici cela va se compliquer dès l’arrivée d’un nouveau personnage qui porte en lui une colère qui n’est pas apaisée. Jolène va créer involontairement un déséquilibre dans cette stabilité précaire. Ils étaient dans le renoncement, la résignation face à la société. Pas dans la résilience juste l’acceptation et le besoin de devenir invisibles.

La vie des personnages principaux est introduite après une sorte de résumé de ce qui se passe au présent. On a ainsi des ruptures entre le passé et le présent.

Plus avant dans la narration, on verra à travers le récit du narrateur que les personnages vont se raconter entre eux. Entre ce que lui dit d’eux et ce qu’eux disent d’eux-même on sent la différence de perspective.

Le réel merveilleux fait aussi partie des histoires de Gilles Marchand, on a ici des « dérives » avec entre autre les personnages d’Alphonse et de Gérard. Cela ajoute à la poésie déjà présente dans la narration.

On retrouve aussi la thématique du handicap physique ou mental, celui qui isole ou met l’humain au ban de la société, c’est une thématique récurrente dans l’œuvre de Gilles Marchand. La « Dignité »  est une des préoccupations importantes dans ces écrits.

Il explore tout ce qui peut mettre l’Homme à part, que ce soit les différences au niveau économique, social ou culturel. Ajoutez à cela le passage par la case « prison ».

La situation «intellectuelle » explique que les personnages n’est pas pris la mesure du drame qui se joue autour d’eux. Ils ne se rendent pas compte de la portée de leurs paroles et de leurs actes. Ils vont être dépassés par les événements puisqu’il n’y a aucune stratégie, ils ont dans l’émotionnel.

Le personnage de Jolène prenant le leadership d’un groupe d’homme m’a fait penser Joanna de « Et j’abattrais l’arrogance des Tyrans » de Marie-Fleur Albeker avec toutes les différences que les deux héroïnes malgré présentent.

Que l’histoire se transforme en drame est compensé par l’idée qu’ils ont repris courage, qu’ils ont repris pendant quelques instant leur vie en main, ou comme dit Gilles Marchand « ils se sont rappelés qui pouvaient être debout».

Ce roman aborde de nombreux sujets comme par exemple celui de l’identité. Que ce soit dans le regard de l’autre que dans le nom que l’on porte.

J’ai aussi noté l’utilisation des sens pour exprimer des sentiments. L’odeur de « Suzanne » le côté tactile avec « Alfonse » l’ouïe avec la musique (entre autre) la vue avec le regard artistique, le regard intérieur et le regard que s’échangent les personnages…. cela donne « corps » à  quelque chose impalpable

Je vous en parlerai encore longtemps car c’est un roman très riche en thématiques mais je préfère vous laisser découvrir avec votre sensibilité.

A chaque fois que je lis un roman de Gilles Marchand je le trouve encore meilleur que le précédent mais ils ne sont pas comparables car ils sont différents chacun à sa singularité et son charme. A chaque fois c’est mon préféré !

Vous l’aurez compris c’est un coup de cœur, maintenant il me reste plus qu’à attendre le prochain roman.

Maintenant que je vous ai parlé du texte sans vous dévoiler les différents rebondissements et l’histoire je vais partager avec vous des histoires de lectrice…

NB : j’ai trouvé des clins d’œil à certains romans des éditions Aux Forges de Vulcain. Le plus évident grâce au poème de Louis Aragon « A crier dans les ruines » … J’ai fait le lien avec le roman d’Alexandra Koszelyk qui porte aussi ce nom.

J’ai aussi remarqué  le titre d’un autre roman que je n’ai pas lu « Incivilités fantômes » de Rivers Solomon.

Je vous souhaite une bonne lecture.

kokeshi coup de coeur
kokeshi rentree

Mes anecdotes de lectrice :

Un jour sur Facebook, je découvre que Gilles Marchand et son éditeur David Meulemans étaient invités à la librairie Torcatis à Perpignan le 25 septembre, à une heure de chez moi. Ni une ni deux je trouve quelqu’un pour me remplacer à la médiathèque. J’entoure la date sur le calendrier… partage l’info… une vrai fan ! une gamine…ce qui amuse mon entourage… J’assume

J’ai filé acheter le roman et le lire avant la rencontre !

Avec ma meilleure amie que j’ai embarquée dans l’aventure nous étions devant la librairie avant l’heure…  Bien sûr le train de Gilles Marchand à eu du retard à cause de perturbations climatiques… Comme pour donner à cette rencontre un côté « réalisme magique » comme pour marquer cette venue. un vent terrible a abîmé les caténaires.

J’avais écris le brouillon de ma chronique avant la rencontre pour ne pas me laisser influencer. Pendant cette rencontre où un médiateur nous a exposé l’histoire et a posé des questions pertinentes notre duo auteur-éditeur nous a livré quelques anecdotes et réflexions autours des sujets abordés dans le roman. Puis les lecteurs se sont aussi exprimés. C’était très intéressant d’entre ce que les autres lecteurs attentifs avaient à dire des romans de Gilles Marchand et les réponses des deux intervenants. Cela m’a paru court car les échanges étaient très agréables et drôles, et intéressants. Ce genre de rencontre permet de se poser des questions sur notre lecture et sur le travail d’écriture. Confronter son regard avec les acteurs du livre est enrichissant.

Il a été question de roman social ou/et politique, et de la place de l’humain au centre de l’histoire. C’est un aspect que je n’ai pas développé dans mes impressions de lecture car je ne suis pas trop calée sur ces sujets là.

Les lecteurs ont aussi fait référence à la musique et de poésie… entre autres sujets. Un autre roman de Gilles Marchand a fait forte impression «Une bouche sans personne ».

Une lectrice a fait mention du fait que les personnages bougent assez peu et restent dans cette pension. Je n’ai pu répondre car une autre lectrice a enchainée avec une autre question. Je voulais dire que pour moi le mouvement se fait entre le passé et le présent à travers leurs souvenirs et leurs déplacements plutôt passé vers l’a venue comme aboutissement. La pension est comme un cocon maternel. Ce qui aurait rejoint mon intervention sur la question d’identité et de renaissance.

Mon humble contribution à la discussion portait sur le fait que les personnages étaient présentés par des surnoms. Ces noms qui vous qualifient plus justement que les prénoms de naissance que nos parents nous donne avant de nous connaître. Comme une deuxième naissance à l’âge adulte. Gilles Marchand m’a fait remarquer que c’est le narrateur et sa subjectivité  qui nous parle des personnages et de leur surnom. «le nom est en rapport avec la sphère familiale et le surnom est en rapport avec la société»  «le surnom apparaît avec le collectif».

J’ai beau suivre Gilles Marchand et David Meulemans sur les réseaux sociaux et lors de  leurs d’interviews retransmises c’est autre chose d’être là, présente et à l’écoute. C’est comme pour ma chronique ci-dessus j’aurai aimé prolonger la discussion ! J’ai un partenariat informel depuis 7 ans avec les Forges de Vulcain cette rencontre est un prolongement de nos échanges.

C’est dans cet échange qu’on se rend compte qu’on ne parle pas tous de la même façon d’un même roman chacun va mettre en avance certaines sujets qui l’on marqué.

J’ai été heureuse de les voir en « vrai », c’était comme continuer une discussion commencée à l’écrit.

Gilles Marchand a même joué le jeu en se faisant photographier avec mon « avatar », ma kokeshi !

Je vous conseille donc si vous en avez la possibilité d’aller les rencontrer.

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Nos chevaliers masqués très attentifs …

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bouche sans personne
funambule
mirages plein les poches

Fête de famille fatale

Juliette Sachs

City Éditions, 9 sept 2020, 255 p., 16,90 €

Mes lectures City

Rentrée littéraire 2020

fête de famille

4e de couv. :
Pour sa première réunion de famille en compagnie de Marc, son nouveau petit ami, et de ses beaux-parents coincés, Camille a tout prévu : les cours de bridge pour plaire à belle-maman et les bouquins de philosophie pour impressionner beau-papa. Évidemment, rien ne se passe comme prévu ! Les choses se corsent encore lors de la fête du village. Alors qu’elle sert une coupe de champagne à l’un des pensionnaires de la maison de retraite, il s’écroule, mort. Pour se disculper, une seule solution pour Camille : démasquer elle-même l’assassin. Mais qui essaye par tous les moyens de lui faire porter le chapeau ? Et pourquoi l’ancienne petite amie de Marc est-elle aussi envahissante et insupportable ? Autant de mystères à résoudre si Camille veut sauver ces fêtes de famille… et sa peau !

Un délicieux cosy mystery à la française.

Ma Chronique :

Voilà un roman que j’attendais avec impatience. J’avais aimé le premier roman de Juliette Sachs « Vacances mortelles au paradis » et je voulais découvrir un autre roman. J’ai malheureusement raté la sortie de « On n’attire pas les hirondelles avec su vinaigre » publié chez Alter Real qui m’aurait permis de découvrir le personnage de Camille, se n’est partie remise. Mais je vous rassure l’autrice nous donne assez d’infos pour bien vivre les mésaventures de Camille dans « Fête de famille fatale ».

Ce roman a tout pour me plaire une histoire avec les familles qui rendent la vie de Camille difficile. Deux familles diamétralement différentes, choc de deux mondes. C’est déjà compliqué quand on doit gérer sa propre famille avec les relations mère-fille mais voilà que Juliette rajoute les relations belle-fille belle-mère… puis mère et belle-mère… que de combinaisons possibles. Et les hommes là dedans ? Je crois qu’ils en ont pris leur parti et laissent les femmes se gérer entre elles !

On va enchainer les scènes rocambolesques, les quiproquos, les rencontres explosives, les demi-vérités, et les mensonges complets !

Nous avons donc Camille qui vient chez sa belle-famille pour la première fois pour les fêtes de Noël, elle découvre en même temps le village d’enfance de son compagnon, ainsi que ses amis et son ex-copine. Vous en voulez du stress vous en aurait et Camille aussi, d’autant que la situation va basculer dans le film d’horreur. Elle va devoir gérer plusieurs situations difficiles en même temps…

S’en sortira t-elle ? Si oui dans quel état ? Son couple survivra t-il a toutes ces épreuves.

J’ai apprécié aussi l’âge de Camille elle a quarante ans, elle a donc un vécu et encore tant de choses à accomplir !

Ce roman fait partie des bonbons acidulés qui picotent sur la langue. Il s’agit d’un Cosy Mystery, il y a du suspens et des tensions dramatiques, mais il y a l’humour qui dédramatise tout. Oui il y a la mort et le danger mais pas la pression et l’angoisse d’un thriller et c’est ce qui me plaît. C’est comme si on jouait à se faire peur.

Pour la petite anecdote j’avais compris très vite qui était le coupable, mais cela fait parti du jeu. J’étais la position où le lecteur voudrait dire au personnage principal « c’est lui, regarde…. » et de vouloir secouer l’héroïne !

J’ai bien aimé la diversité des personnages qui vont jouer un rôle et notamment Jules, l’ado qui va est sympathique et va jouer le rôle du dérivatif. Il a son langage bien à lui et il a dans la dynamique familiale un rôle neutre…

La nourriture et les boissons vont jouer un rôle dans la résolution de l’énigme.

Camille est journaliste à la base et c’est donc en tant que tel qu’elle va mener son enquête.

Petite info ça se passe dans l’Est de la France à deux heures de Strasbourg, je sais que ce détail est important pour certains lecteurs…

J’espère qu’il y aura d’autres épisodes à moins que Juliette Sachs crée un nouveau personnage.

Je vous laisse découvrir les succulents détails et vous souhaite une bonne lecture détente.

Je remercie City Éditions de leur confiance.

city éd

La variante chilienne

Pierre Raufast

Alma Editeurs, 2015, 262 p., 18 €

Existe en Folio

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variante chilienne

4e de couv. :

Il était une fois un homme qui rangeait ses souvenirs dans des bocaux.

Chaque caillou qu’il y dépose correspond à un évènement de sa vie. Deux vacanciers, réfugiés pour l’été au fond d’une vallée, le rencontrent  par hasard. Rapidement des liens d’amitiés se tissent au fur et à mesure que Florin puise ses petits cailloux dans les bocaux. À Margaux, l’adolescente éprise de poésie et à Pascal le professeur revenu de tout, il raconte. L’histoire du village noyé de pluie pendant des années, celle du potier qui voulait retrouver la voix de Clovis dans un vase, celle de la piscine transformée en potager ou encore des pieds nickelés qui se servaient d’un cimetière pour trafiquer.

Ma chronique :

Ce roman est le deuxième de Pierre Raufast (depuis il en a écrit bien d’autres). Ce n’est pas anodin quand on sait que son roman « La Fractale des raviolis » a marqué ses lecteurs. Il y a d’ailleurs des clins d’œil dans ce roman.

« La variante chilienne » je l’ai eu pour mon anniversaire et je l’ai dévoré tout de suite (oui il était temps que je publie cette chronique !)

Nous allons suivre trois personnages avec chacun sa singularité qu’on découvrira au fur à mesure à travers leurs discussions. Tantôt parlant de soi, tantôt convoquant les souvenirs et les absents.

La mémoire est l’un des fils conducteurs de ces histoires. Qu’on ait de la mémoire, ou qu’elle soit tronquée, elle reste une préoccupation.

Pascal a subit les conséquences du souvenir du premier amour… Florin a dû se créer une bibliothèque externe de souvenirs… Margaux vit aussi avec un souvenir traumatisant mais il faudra attendre certaines révélations pour qu’elle découvre qu’il ne s’agissait que de son point de vue…

Paradoxes…

L’absence est ici plus  présentent qu’on ne le croit. D’autant plus quand c’est le toucher qui ravive es souvenirs.

Absence de noms. Florin va nous raconter bien des vies mais les noms des personnes sont remplacés par des surnoms. Une identité différente du nom de naissance.

Des  histoires, drôles, rocambolesques ou émouvantes parfois choquantes. C’est un autre paradoxe avec manque d’émotions.

Toutes ses histoires vont former un tout et surtout établir un climat de confiance qui va permettre à Margaux de résoudre son problème existentiel.

J’avoue que les premières scènes du roman m’ont un peu inquiété sur la suite de ma lecture. Je me suis même demandé si je ne m’étais pas trompé de roman. Puis petite à petit j’ai pu me décontracter. Je n’en dis pas plus pour ne rien vous révéler et vous laisser la surprise. En tout cas d’un point de vu littéraire c’est un joli exercice de style, j’imagine que  l’auteur à dû bien s’amuser par anticipation en pensant aux réactions des lecteurs dans mon genre… En tout cas moi je me suis dis une fois que j’ai découvert le fin mot de l’histoire que j’étais tombée dans le panneau…

J’ai bien aimé tout ce qui touchait aux références littéraires ou culturelles et le côté épicurien.

Il ne me reste plus qu’à attendre de lire les autres romans que je n’ai pas encore…

Et avec votre Esprit

Alexis Laipsker

Éditions Michel Lafon, 27 fév. 2020, 414 p., 18,95 €

Mes Lectures Michel Lafon

et avec votre esprit

4e de couv. :
Appelée d’urgence à l’Institut des sciences de Strasbourg suite à la découverte du cadavre atrocement mutilé du prix Nobel de chimie, la commissaire Pourson se retrouve confrontée à une scène de crime aussi sanglante qu’énigmatique…
Au même moment dans la région lyonnaise, le lieutenant Vairne, connu pour ses méthodes un peu particulières et son obsession des probabilités mathématiques, doit mener l’enquête sur la disparition soudaine et inexpliquée d’un éminent physicien. Tandis qu’il cherche à remonter sa piste, chaque nouvel indice semble épaissir encore le mystère de cette affaire, le convainquant d’une conspiration au plus haut sommet. Quel sombre secret unit ces cerveaux de renommée internationale ?
Bien décidés à le découvrir, Pourson et Vairne vont devoir s’allier pour déjouer cette froide machination…

Ma chronique :

Lorsque j’ai vu la couverture du livre et son titre j’ai tout de suite été attirée. Je ne connaissais pas l’auteur et pour cause c’est son premier roman. La quatrième de couverture à fini de me convaincre qu’il fallait que je le lise.

J’ai eu le plaisir de le recevoir un exemplaire avec une dédicace à mon nom, merci.

Je me suis lancé dans cette lecture le week-end de Pâques… oui à cause du titre. J’ai eu du mal à le lâcher. En temps que lectrice on a nos préférences et nos agacements… Autant je comprends ce besoin de commencer fort pour accrocher le lecteur autant ça m’agace, ce fut le cas ici avec le meurtre en version directe et détaillée dans le premier chapitre. Je me suis dit pourvu que ça ne soit pas comme ça tout le long… C’est là que la réputation d’une maison d’édition fait qu’on se dit  « chez Michel Lafon  on ne fait pas dans le gore ». Oui l’auteur joue avec le cerveau de ces personnages et celui de ses lecteurs mais pas avec de l’hémoglobine à tout crin.

Ce que j’ai aimé entre autre c’est la présence féminine aux commandes des enquêtes. Elles sont belles, fortes et intelligentes et indépendantes. Elles ne sont que deux mais elles vont jouer des rôles déterminants. Le personnage central est un homme lui aussi séducteur, joueur, forte tête et intelligent… Il va jouer le rôle de pivot, même si à un moment donné il a laissé de côté une partie de l’enquête. On aura évidemment aussi des tensions sexuelles.

La narration est à la troisième personne on va donc pouvoir suivre plusieurs lieux : Paris, Lyon, Strasbourg etc. Alexis Laipsker a décidé de construire sa narration en alternant les deux équipes qui vont rapidement se former. C’est une méthode classique pour maintenir le lecteur attentif. D’autant qu’il joue avec les chutes et cliffhangers en fin de chapitre, vous savez le truc qui vous agace parce qu’il faut lire le chapitre suivant (sans pouvoir le sauter) pour avoir la réponse ! Cela fonctionne bien puisqu’ainsi on peut suivre deux enquêtes différentes qui semblent avoir un lien entre elles sans vraiment le savoir. Du coup le lecteur parfois comprend certaines choses avant les enquêteurs.

J’ai beaucoup aimé la spécificité du lieutenant Vairne à savoir les probabilités et son passé de joueur de Poker. Il analyse tout avec ce prisme très particulier. En regardant de prés on découvre que l’auteur est un spécialiste du poker.

C’est un roman qui allie réflexion et action ce qui donne des variations de rythmes qui stimule la lecture. Pas trop le temps de s’apesantir.

Quelques éléments surprenants : coopérations entre les différents services de police, partage des informations, déplacements très aisés, c’est aussi normal que deux policiers se retrouvent sans téléphone pendant un jour ou deux (alors que toi ton téléphone casse et tu vas vite t’en chercher un dans n’importe quel commerce). Bon d’accord cela contribue à l’aspect dramatique de l’histoire.

La résolution de l’énigme comporte quelques mises en lumière et d’autres restent un peu dans l’ombre. Un peu comme dans la vraie vie… ainsi soit-il !

Le sujet est intéressant par qu’il est abordé sous différentes facettes, médical (avec plusieurs focus), criminel, financier, politique…

En conclusion je dirais que c’est un bon roman policier et j’espère que c’est la naissance d’un duo d’enquêteurs qui va collaborer sur d’autres affaires. Les personnages méritent d’être plus développés dans d’autres épisodes.

Que la paix soit avec vous… la messe est dite ! lol Rassurez-vous on est loin des croyances et de la religion.

Je remercie des Éditions Michel Lafon de leur confiance.

lafon

Qui en parle ?

DUP

Accrodeslivres

Article précédement publié sur Canalblog

Un amour à Waterloo

François Bott

Éditions de la Table Ronde, 6 fév 2020, 120 p, 14 €

Mes lectures de La Table Ronde

Nouvelles

4e de couv :

René, professeur d’histoire mélancolique qui sent la vieillesse approcher, revient à Paris après un colloque sur Napoléon à New York. Il y retrouve Marianne, son assistante, jeune femme pleine de vie avec qui il partage sa passion pour l’Empereur et pour les écrivains qui l’ont raconté. Stendhal, Chateaubriand, Bloy, Zweig, Dumas ou Burgess, tous alimentent la fascination de Marianne et l’antipathie de René pour cette «star de l’Histoire», alibi parfait des deux personnages pour ne pas nommer l’amour qui naît entre eux, au fil de leurs discussions jusqu’à l’aube.
Un amour à Waterloo est suivi de six autres nouvelles, où François Bott fait rimer amour et littérature.

Anecdote de lectrice :

Hier j’ai publié une chronique d’une autre lecture et lorsque j’ai voulu dire que les hasards  de mes lectures m’avaient une nouvelle fois emmené vers Napoléon Bonaparte, à Waterloo et à un duo de protagonistes chercheurs, j’ai réalisé que je ne vous avais pas encore parlé de ces nouvelles. Aujourd’hui, j’ai commencé un roman où Stendhal est cité.

Ironie du sort j’ai perdu mes notes sur cette lecture ! j’ai donc relire les nouvelles. Alors si ce n’est la première sensation que je  retranscrirai ici, je peux vous dire que mon plaisir de lectrice à été comblé.

Ma chronique :

Je n’ai jamais lu de nouvelles de François Bott, je me suis senti bien dans sa façon d’écrire alors je pense bien renouveler l’expérience.

Ces nouvelles regorgent de références littéraires et historiques qui vont ravir les lecteurs qui apprécient cela. J’ai appris bien des choses. Je n’avais jamais réalisé que Napoléon Bonaparte faisait partie de tant de romans, non pas que je ne connaissais pas les œuvres citées mais je ne les avais jamais liés à l’Empereur. J’ai adoré lire leurs dialogues qui faisaient surgir tous ces noms de héros de la littérature. Chaque lecteur porte en lui des noms d’écrivains, j’ai souris en lisant la citation de Joseph Deltheil grand écrivain audois que j’ai découvert en venant habiter dans l’Aude.

La deuxième nouvelle nous emporte avec le neveu de Bonaparte, non pas Napoléon III mais son cousin germain…

François Bott et les femmes, ce recueil met en avant la gente féminine, est-ce un hommage à Napoléon I où parce qu’elles lui inspirent de histoires ? Depuis Marianne la première héroïne jusqu’au portraits des femmes qui forment la dernière partie de ce recueil. Des prénoms Classiques : Elise, Laurence, Sophie, Olga, Natacha, Tatiana, Simone…

J’ai beaucoup aimé la façon de conter, le rythme de l’écriture, un ton posé. L’imparfait temps de narration par excellence est omniprésent, cela contribue à cet aspect mélancolique qui accompagne parfois l’évocation du passé révolu. François Bott prend des mots et comme pour mieux les savourer il les mets en avant. Par exemple : «[…] j’avais de mauvaises mœurs et tous les défauts, j’étais un mauvais sujet. Le mot incartade, on l’avait sûrement inventé pour moi ».

Les saisons semblent aussi tenir une place importante dans les nouvelles de François Bott. Elles portent en elle toute une symbolique. Dans la nouvelles éponyme par exemple cela se termine au début de l’automne et l’on y voit la maturité de la relation de ce couple. Il y a même une nouvelle qui s’intitule « Aimez-vous la Normandie en hiver ? »…

Les personnages des nouvelles s’interrogent beaucoup sur leur vie, sur leur devenir, les buts de l’existence.

J’ai peur de vous en dire trop alors si vous aimez les nouvelles où les mots ont autant d’importance que les histoires, ce recueil est pour vous.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance

Qui en parle ?

Maeva

Article précédemment publié sur Canalblog