Loveday & Ryder. T1 Le corbeau d’Oxford

Une enquête de Loveday & Ryder

Faith Martin

Trad. Alexandra Herscovici- Schiller

Éditions Harper Collins, 13 nov. 2019, 300 p., 14,90 €

Mes Lectures Harper Collins

4e de couv. :

Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.
Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.
La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions. Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, médecin légiste, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

Ma chronique :

Si vous me suivez vous savez que les « cosy mystery » me plaisent beaucoup. Les personnes qui mènent l’enquête sont souvent des femmes dont ce n’est pas le métier. Ici notre héroïne est une jeune policière stagiaire de 19 ans, elle a donc la naïveté et l’inexpérience de nos héroïnes habituelles. Elle est parfois  accompagnée d’un partenaire plus expérimentée, ici c’est un Coroner, ancien chirurgien qui a un œil plus acéré et l’expérience de la vie.

Ce qui m’a plu dans un premier temps c’est ce qu’implique le personnage de Trudy Loveday. Nous sommes en 1960 à Oxford, en Angleterre. Trudy a 19 ans et elle entre dans la police, à l’époque un métier d’homme. On va donc la voir évoluer dans ce commissariat où on ne sait qu’elle tâche lui attribuer… Les archives sont un lieu peu dangereux… Entre sa jeunesse et son sexe, elle n’est pas aidée ! On va voir au cours de l’enquête qu’elle va  utiliser ce qu’on lui a fait faire avant. Cela va devenir sa force. En découvrant ce personnage j’avais les images de Shirley Trewlove de la série « Inspecteur Morse » qui se déroule en 1967.

NB : Les policiers montent dans une Panda, il doit y avoir une coquille car cette voiture est sortie en 1980.

On  découvre aussi à travers le personnage du DR Clément Ryder, d’autres problématiques liées à l’âge et à la maladie. Il y a tout ce qui touche au pouvoir, il a une place particulière dans les rouages de la justice.

Les policiers, pour la plupart , n’ont pas le beau rôle…

Après la mise en place du décor on va découvrir les enquêtes… Celle actuelle, celle qui fait les gros titres elle incombe aux policiers en fonction…

Notre duo improbable va quand à lui partir sur une autre enquête… Enfin c’est ce que l’on croit…

La thématique de ce roman tourne autour des secrets de famille. A force de masquer des choses on engendre bien des tragédies…

Si le rythme est un peu lent au départ avec la mise en place des personnages et des situations,  il va vite s’accélérer passé la moitié du roman. Et le plaisir du lecteur va crescendo au fur et à mesure que les choses se dévoilent ou se compliquent.

Tel que c’est présenté on se dit que c’est le premier épisode d’une série. Alors ma question maintenant que j’ai terminé cette histoire sera : Quand retrouverons-nous ce duo ?

Je remercie les Éditions Harper Collins de leur confiance.

harper collins

Qui en parle ?

Boukinette

Litote

Article précédemment publié sur canalblog

Nostalgia

Jonathan Buckley

Trad. Richard Bégault

Éditions du Castor Astral, août 2019, 411 p, 22 €

Masse Critique Babelio / Castor Astral

4e de couv. :

Au cœur de l’été toscan, la petite ville imaginaire de Castelluccio se prépare pour le festival annuel en l’honneur de son saint patron. Pendant le carnaval, Gideon Westfall, un peintre anglais exilé depuis de nombreuses années, doit incarner la figure emblématique de l’histoire millénaire du lieu. Dans le même temps, Ilaria, la jeune fille qui lui sert de modèle, a disparu. Quelques jours avant la fête, l’arrivée imprévue de sa nièce, Claire, bouleverse son quotidien et le contraint à faire face à son passé. Cette visite dévoile les trésors artistiques et les secrets des habitants de cette région d’Italie. Jonathan Buckley distille alors de passionnantes observations sur la faune, la flore, la religion, l’art ou encore la géologie. Entre le spectaculaire et l’intime, entre le passé et le présent, il tisse des récits kaléidoscopiques et peint la fresque audacieuse d’une Toscane qu’il revisite, s’approprie et réinvente au fil des pages. Pour paraphraser Marianne Moore : Castelluccio est un jardin imaginaire avec de vrais crapauds.

Ma Chronique :

Lorsque j’ai choisi ce livre le titre « nostalgia » a attiré mon attention. Il est très évocateur, il crée des images de temps passé, de douceur. Qeu l’intrigue se déroule en toscane a joué aussi un rôle dans mon choix.

Je ne connaissais pas Jonathan Buckley et j’ai été enchantée par son écriture. J’ai d’abord été surprise par la numérotation à l’intérieur de chaque chapitre 1.1 , 1.2, 1.3… Mais on s’y habitue on a presque l’impression que c’est pour mieux retrouver les passages lors de recherches littéraires ou pour mémoriser.


Dans un premier temps ce qui a titillé ma curiosité ce sont les relations familiales, pourquoi n’a t-il pas revu sa nièce depuis longtemps ? Par exemple.


Puis, ce sont les personnages et leur portrait qui se dessine peu à peu… la mise en avant de leurs personnalités et des relations entre eux.


Vient ensuite la peinture, la lumière et les couleurs… Je ne sais pas si cela vient du fait que l’oncle soit un peintre mais on a une forte présence du regard. C’est très visuel.
Et enfin la terre, ce village et sa force d’attraction… La nature.


Je ne vais pas vous dévoiler l’intrigue car c’est un roman qui se savoure. Le rythme est lent. C’est un roman qui convient aux lecteurs qui aiment les atmosphères, les romans où on s’installe pour explorer les lieux, leur histoire et leurs habitants.On suit les personnages dans tous leurs déplacements, leur découvertes, leur interrogations.


Je remercie les Éditions du Castor Astral et Babelio pour ce partenariat. Jonathan Buckley est un auteur que j’aurai  plaisir à lire.

RL19

Article précédemment publié sur Canalblog

Son espionne royale (1) mène l’enquête

Rhys Bowen

Trad. Blandine Longre

Robert Laffont, La bête noire, juin 2019, 339 p., 14,90 €

Mes lectures Robert Laffont la Bête Noire

sons espionne royale 1

4e de couv. :

Londres, 1932.
Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres. Et voilà qu’en plus ce dernier veut la marier à un prince roumain !
Georgie, qui refuse qu’on lui dicte sa vie, s’enfuit à Londres pour échapper à cette funeste promesse de mariage : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même.
Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine la convoque à Buckingham pour la charger d’une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Américaine…Entre Downton Abbey etThe Crown, une série d’enquêtes royales so British !

Ma chronique :

Dès que j’ai entendu parler de cette nouvelle série j’ai eu envie de la lire. Cela complète ma facette amatrice de cosy mystery.

Lorsque, j’ai débuté la lecture j’ai tout de suite adhéré au personnage. Quand Georgie arrive à Londres j’ai pensé à Tuppence dans « Mr Brown » d’Agatha Christie (1923) quand elle cherche un emploi… Dans les deux cas on y voit la place des femmes dans cette société et de  la jeunesse de façon générale.

Il y a une mise en place du décor social. On est en 1932, on est entre les deux guerres, avec des tensions avec l’Allemagne qui commencent à pointer,  ainsi que tous les changements dans la société anglaise. Les jeunes aristocrates qui ont dû mal à trouver leur place avec les revenus qui ont diminué après la crise de 29 aux États-Unis.

On débute avec les mésaventures de la pauvre petite fille riche qui découvre la vie avec tous les quiproquos qui  vont surgir des rencontres. Prenez patience la mise en place ce fait en douceur (façon de parler) et le grand drame va avoir lieu vers le milieu du roman.

J’ai bien aimé le personnage de Georgie, j’ai eu peur d’avoir à suivre une écervelée, mais pas du tout c’est une jeune femme au caractère bien trempée, elle a les gênes de ces ancêtre écossais et d’autre par le côté  Cockney.

Dans ce genre littéraire on se retrouve vite dans un duo, comme on est sur un premier tome ce n’est pas encore bien défini on a avoir un personnage masculin et un personnage féminin qui vont venir la seconder. L’amitié et plus si affinités, des rencontres avec la mouvance artistique…

J’ai retrouvé ce que j’aime  dans ce genre littéraire c’est-à-dire l’humour. Que ce soit dans les situations rocambolesques, dans les répliques ou dans les personnages dont le trait est parfois un peu forcé.

Ce cosy mystery  so british sort du lot des nouvelles séries qui voient le jour depuis quelques années par le choix de l’époque historique  et de la classe sociale. J’ai le tome II dans ma Pal est j’espère qu’on aura d’autres aventures qui suivront.

L’autre particularité de cette série c’est que cela se présente comme un journal intime de la jeune aristocrate sans le sou livrée à elle-même dans la Capitale.

Une lecture détente qui enchantera votre été, mais aussi toute l’année. Pensez à faire provision de thé et de crumpets !

Je remercie les Éditions Robert Laffont, la bête noire de leur confiance.

bête noire

Le jardin des bonheurs égarés

Tor Udall

Traduit  de l’anglais par Claire Desserrey

Éditions Préludes, 2018,  411 p., 16,90 €

Mes lectures Préludes

jardin des bonheurs égarés

4e de couv. :

Audrey était l’épouse, l’amour et la meilleure amie de Jonah. Mais la jeune femme est brutalement décédée, et Jonah ignore comment vivre après ce drame. Il ne trouve de réconfort que dans les luxuriants et paisibles Kew Gardens, qu’Audrey adorait tant. Au fil des jours, Jonah y rencontre d’intrigants personnages : Chloe, une artiste passionnée hantée par un secret et par les gracieux oiseaux de papier qui naissent entre ses mains, Harry, intrépide jardinier chargé de prendre soin des plantes, et enfin Milly, une fillette de huit ans qui promène un peu partout sa bonne humeur.
Tandis que Jonah lutte contre ses démons, les mystères se multiplient. Où sont les parents de Milly ? Qui est réellement Harry ? Le journal intime d’Audrey, que Chloe découvre, pourrait les aider à dénouer les fils de l’écheveau qui s’est tissé dans les allées des jardins…
Un ballet de personnages d’une élégance rare, le décor splendide des parcs londoniens, la délicatesse des origamis…

Mon Billet :

J’ai eu très envie de lire ce roman dès que j’ai vu le sujet et qui le publiait. Les premiers avis étaient donnés par des lecteurs enthousiastes, alors je me suis dit qu’il fallait que je le lise. Le travail de communication avait fonctionné.

Ce que j’aime avec les éditions Préludes c’est qu’ils associent d’autres livres et créent des « passerelles ». Cela peut donner une indication, ici Virginia Woolf, Barbara Constantine et Yasunari Kawabata n’ont fait que confirmer que c’était une lecture pour moi.

Le titre français est bien choisi car en effet on va avoir à faire à des « bonheurs » et des âmes égarées. Dans le terme égaré il y a un côté perdu, mais aussi errance. Petit lapsus révélateur j’ai eu tendance à nommer ce livre « le jardin des cœurs perdus » !

Le titre anglais « A thousand paper birds »  est plus poétique, on verra que dans la définition de l’origami qui nous est donnée on retrouve la même idée qu’en français.

J’ai cependant été déroutée par la structure de la narration. C’est un roman à la troisième personne qui va donc nous faire aller d’un personnage à l’autre. Et c’est justement le fait de passer d’une focale à l’autre qui donne un sens à l’histoire. Les personnages sont singuliers et donc leurs relations ne peuvent être que particulières.

Certains jouent à cache-cache et sont passés maîtres dans l’art de l’esquive, alors que d’autres n’ont tout simplement conscience de tout ce qui les entourent.

Les rencontres vont se faire deux par deux à l’insu des autres, c’est tout l’intérêt de ce type de narration, car le lecteur à connaissance de tous les faits. Contrairement aux protagonistes. Mais, j’ai eu un moment de flottement car j’attendais des réponses (qui n’arriveront qu’à la fin) et j’ai failli décrocher.

Je lisais dernièrement « carnets d’Amérique du Sud » de John Hopkins où il disait :  « Ce qui m’intéresse à présent, c’est la logique, la logique des événements qui aboutit à une conclusion inévitable. La logique du personnage qui le mène de façon inéluctable… l’influence logique implacable du paysage et des autres forces sur le déroulement de l’intrigue. Cette logique ne sautera peut-être pas aux yeux au premier abord mais à la fin du livre, lorsqu’il y réfléchira, le lecteur devra conclure le livre dans lequel toutes les forces convergent pour aller dans le sens d’une destinée tracée dès la toute première page. » et c’est ce qui m’a stimulé à poursuivre ma lecture. (NB :  une autre interférence entre deux lectures, il y a un personnage dans «Le jardin des bonheurs égarés» qui s’appelle James Hopkins!)

L’auteur fait ses choix pour sa composition et nous en tant que lecteur on aurait suivi d’autres sentiers. Ma réaction et cette réflexion montre aussi que ce roman est fait de possibles, comme la vie. Et si à ce moment là j’avais dit/ fait ou pas telle ou telle chose, la suite aurait été différente.

Sans le faire exprès cette lecture est entrée en résonance avec une autre de mes lectures récentes « Guide de survie pour le voyageur dans le temps amateur » dans ce roman SF il est question de gens qui peuvent vivre dans des « boucles temporelles ». Ici la boucle est émotionnelle, le temps continue sa course et nos personnages semblent tous coincés dan une boucle qui les empêche psychologiquement d’avancer. Ils ont été propulsés sur une orbite et parfois ils se croisent au cours de leur cycle. Il faut une impulsion pour modifier cette trajectoire. La première à vivre cet instant c’est Audrey, elle va sortir de la galaxie ce qui va faire dériver légèrement la trajectoire d’autres personnages qui vont pouvoir se croiser. On retrouve cette idée de boucle jusqu’à ce que Chloé décide que cette boucle ne lui convient pas et met un coup de booster et progresser… les impulsions sont différentes dans les deux cas et donc les réactions en chaînes aussi. Chacun à son rythme va changer de voie car il n’y a pas d’aiguilleur pour vous mettre sur la bonne voie. Les réponses sont en nous.

Dans ce roman il est aussi question de libre arbitre. Chacun doit prendre ses décisions et ne pas répercuter son malheur sur les autres. La culpabilité aussi ronge de l’intérieur et crée un cercle vicieux.

J’ai beaucoup aimé le fait que le jardin de Kew soit un personnage) part entière avec son histoires, ses mouvements, ses différentes facettes, avec son côté sombre et son côté lumineux.

On croit connaître quelqu’un et finalement, on est si complexe que chacun voit en cette personne ce qu’il veut voir ou celle qu’elle veut montrer. Cette thématique est bien développée.

Quand au deuil, ce roman met en avant le fait que le deuil fait partie de la vie de chacun et cela ne concerne pas forcément la perte d’êtres chers / ou de chair. On fait le deuil de son enfance, de ses illusions, de certains de ses rêves…

Ce roman met aussi en évidence le problème de communications entre les gens, en partie à cause du parasitage causés par les sentiments, de là naissent des quiproquos et des imbroglios… A chacun son jardin secret !

J’étais partie plus sur un feel good qui nous parlerait d’entraide dans des moments délicats, avec l’idée de parler d’un être disparu,   j’ai abouti sur une lecture plus complexe car il y a plusieurs noyaux autour desquels s’interroger, tout ne tourne pas autour d’Audrey.

La carte qui représente  Kew Garden permet de se rendre compte de la variété de constructions et des plantations.

Ce roman donne aussi très envie de se mettre à l’origami, j’ai déjà testé et ce n’est pas toujours très évident !

Je remercie les Éditions  Préludes pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog

Les mystères de Honeychurch : T.1 Petits meurtres en héritage

Hannah Dennison

Trad.  : Raphaëlle Pache

Éditions City, oct. 2018, 335 p., 14,95 €

Mes lectures City

4e de couv. :

Ridiculisée par la presse people, Kat Stanford abandonne son émission de télévision à succès pour se réfugier au fin fond dans la campagne anglaise. Sa mère vient d’acheter une vieille bicoque à Honeychurch, un domaine appartenant à une prestigieuse famille d’aristocrates aussi désargentés qu’excentriques. Ah, les joies de la campagne ! Enfin, les joies, c’est vite dit… La maison de sa mère est une véritable ruine et son voisin est bien décidé à la faire déguerpir. Et puis, à peine arrivée, Kat est plongée dans un imbroglio mystérieux : une nurse disparaît et une domestique est retrouvée assassinée au fond du parc. Quand elle apprend en plus que sa mère écrit des romans érotiques et que ce n’est pas du tout le hasard qui l’a conduite au domaine, Kate se demande ce qu’elle va encore découvrir en arpentant les sombres couloirs du manoir de Honeychruch…

Ma chronique :

J’étais très intriguée par cette histoire qui semblait au premier abord dans la veine des « Agatha Raisin » ou des « Rendez-vous avec… », deux séries sympathiques que j’ai bien. Chacune à ses particularités et offrent un moment de détente sur  d’humour et de mystères.

Il semblerait que ce soit le premier épisode de la série « Les mystères Honeychurch », croisons les doigts pour que les autres épisodes soient traduits. C’est une histoire complète qui se suffit à elle-même. Il y a bien quelques petits détails qui permettront de rebondir.  Kat est une jeune femme qui veut changer de vie,  qui se croit investie d’un rôle de gardien de sa mère. Elle croit qu’elle contrôle tout.  On a l’idée de deuxième chance.

Le personnage principal est très contemporaine, trentenaire, qui vient de quitter la TV, qui la maîtresse d’un autre animateur TV  dont la femme est journaliste pour la presse à scandale. 

Dans un premier temps, j’ai beaucoup rit de voir cette jeune femme qui a tout planifié découvrir que sa mère (veuve) a déménagé sas la prévenir, elle à vendu la maison de Londres pour partir à la campagne à 300 km de là.  Son côté citadin qui fait tâche dans le paysage, les rebondissements pendant son voyage. Elle va de Charybde et Scylla, on a des gags très visuels. Arrivée sur les lieux, elle va découvrir des personnages hauts en couleur.

Petit à petit, même si l’humour reste un ressort de l’intrigue, on va partir sur d’autres pistes. Disparitions, meurtres, agressions. Ce n’est pas angoissant comme un thriller, c’est plutôt à l’Agatha Christie, on est dans du  « Cosy Mystery » . Le danger est présent, cela va donner une certaine intensité dramatique.

Le fil rouge de cette intrigue, c’est la famille, les relations être les membres et les secrets de famille. Secrets plus ou moins graves. Une grande partie de l’intrigue est basée sur les mensonges et l’identité. Qui sont-ils vraiment ? Cela commence par la fille qui croit connaître ses parents. Elle veut jouer le rôle du père défunt auprès de sa mère qu’elle croit complètement démunie face à la vie !

Avec Kat et son milieu, on est dans le monde du déballage médiatique. La vie privée s’étale sur tous les supports. Les liaisons sont connues et font partie du quotidien. Tout est possible, on n’a rien à cacher. Tout le contraire de ce qui se passe à Honeychurch.

Le passé va s’inviter de toute part et on va avoir un jeu de cache-cache avec les informations.

Dans la thématique familiale, on est dans une sorte de « huis clos ». On se retrouve avec des liens de parenté chez presque tous les suspects, c’est à la fois drôle avec des situations cocasses et parfois on se demande sur qui Kat et sa mère peuvent compter. Cela instaure un climat de suspicion notamment  lorsqu’on apprend qui est le policier local.

Le puzzle final est complet, chaque pièce va retrouver sa place. Beaucoup de mystères vont être résolus.

Un autre fil rouge est celui de l’adultère, cela va donner des situations savoureuses.

Ce que j’ai aimé, c’est le texte dans le texte, on va avoir des extraits de romans qui vont jouer un rôle dans les énigmes.

Ce qui m’a plu aussi c’est que Kat et Iris ne vont pas vraiment jouer aux détectives. Elles vont surtout mettre les pieds dans le plat.

Je remercie les Éditions City pour leur confiance.

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Article précédemment publié sur Canalblog

Les détectives du Yorkshire 2. Rendez-vous avec le mal

Julia Chapman

Trad. : Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Éditions Robert  Laffont,  La bête Noire, juin 2018, 392 p., 14,90 €

4e de couv. :

Quand Mme Shepherd vient voir Samson O’Brien à l’Agence de Recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un essaie de la tuer, le détective privé pense avoir affaire à une vieille dame un peu sénile. Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il se demande s’il n’aurait pas dû prendre la chose un peu plus au sérieux…
Alors que Noël approche, Samson se lance dans une enquête qui l’oblige à renouer avec les habitants de Bruncliffe, ceux-là mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant et qui le traitent à présent comme un paria. Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de Rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ?

Ma chronique :

Vous vous souvenez peut-être (non ? cliquez ici) qu’au mois d’avril grâce à un partenariat Babelio/la Bête noire, j’avais découvert le premier tome de cette série  » Rendez-vous avec le crime ». Je suis ravie de vous parler de ce deuxième volume que la maison d’éditions m’a gentiment envoyé. Va-t-il me plaire autant ? Toujours délicat le tome suivant, l’autrice va-t-elle jouer avec les mêmes ingrédients ? Le lecteur va-t-il à nouveau entrer dans le jeu ?

Comme pour tout deuxième tome (et plus) l’autre question qui vient à l’esprit c’est peut-on le lire indépendamment ? Dans la mesure où les intrigues policières se terminent en fin de volume cela ne pose pas de problème, d’autant que l’autrice parsème son texte d’explications sur l’aventure précédente lorsque c’est nécessaire. Cependant dans cette série l’intrigue « secondaire » avance d’un roman à l’autre. C’est ce qui fait le charme de cette série.

Une petite ville rurale où tout le monde se connait depuis toujours. Des antagonismes et des histoires de famille qui créent des relations tendues. Mais beaucoup zones d’ombre viennent donner un petit quelque chose à ces romans. Le mystère et le danger rode dans leur vie personnelle. On a parfois plus d’informations que les personnages. Et en même temps il y a des petites choses encore à moitié énoncées. On a des petits éléments qui font surface histoire de stimuler notre curiosité.

Dans la partie « enquête » nous en avons deux ici qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre mais qui vont parasiter  l’attention du duo « détective-informaticienne », « Samson et Delilah ». Le lecteur a lui une vue d’ensemble et peut deviner les auteurs des crimes et délits. Bien entendu toutes les cartes ne sont pas distribuées alors il faut attendre la conclusion des personnages pour avoir les preuves et les raisons.

La famille, la descendance tiennent un rôle important dans cet épisode et dans la série en elle-même. Des relations conflictuelles, un certain passif … les personnages ont un sacré travail à faire sur eux-mêmes. La famille c’est aussi le côté tendre et l’entraide et les souvenirs.

L’autre facette de cette série c’est l’humour. Des scènes cocasses en rapport avec les histoires de famille. Dans parler dans l’une des enquêtes où le détective est pris pour un idiot. Sous prétexte qu’il a vécu en ville pendant quatorze ans on le prend pour un citadin.

Une mention spéciale pour les scènes avec la petite micra rouge !

Je vous laisse découvrir les différentes facettes de l’affaire Ralph. Une enquête très physique où les collines de Bruncliff vont encore une fois servir de décor.

L’autre enquête aura lieu dans cette résidence pour Séniors : Fellside Court où vit une petite bande de petits vieux qui n’ont pas perdu leur sens de l’observation et leur détermination. Le « mal » rode dans les couloirs…

J’ai eu le plaisir de retrouver George et sa sœur Ida chacun avec ses particularités. Ainsi que Calimero le braque de Weimar et ces crises d’anxiété… Tous vont avoir leur rôle à jouer.

Il y a un côté addictif dans cette série lorsqu’on accroche. Julie Chapman prend son temps pour que le lecteur ait l’impression d’être à Bruncliff. Elle nous emmène dans les mêmes lieux comme pour donner des nouvelles de tout le monde. A chaque lieu est associé un ou des personnages qui vont contribuer à la résolution des problèmes… tout en laissant des choses irrésolues dans la vie privée de chacun.

Ce que j’aime dans cette série c’est le choix des criminels qui sont en adéquation avec les lieux.

Vous l’aurez compris ce nouvel épisode m’a encore plu.

Le prochain s’appelle « Rendez-vous avec le mystère »… vais-je le recevoir… mystère !

Je remercie les éditions Robert Laffont , la bête noire de leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog

Les détectives du Yorkshire 1. Rendez-vous avec le crime

Julia Chapman

Trad Dominique Hass

Robert laffont, La bête noire, 2018, 384 p., 14,90 €

Babelio/ La bête noire

4e de couv. :

Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !
Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Mon Billet :

J’ai été attirée par le synopsis et par le fait qu’il s’agisse d’une enquête en duo. J’aime les personnages récurrents dans les romans policiers. De plus les prénoms des protagonistes Samson et Delilah laisse présager une dose d’humour avec ce jeu d’homophonie avec les personnages bibliques. Dalila qui coupa les cheveux de Samson pour lui retirer sa force. Tiens tiens notre détective aussi a les cheveux un peu longs !  Dans ce duo, on retrouve la dualité pulsion-répulsion. Je t’aime moi non plus et inversement.

Nous avons une trame policière avec une enquête et en contrepoint la trame personnelle. Samson revient dans son village natal qu’il a quitté assez abruptement. Quatorze ans ont passé mais on lui en tient rigueur. De son côté lui aussi à de sérieux contentieux avec les gens de sa jeunesse. Pourquoi revenir alors ? Cela fait partie de ses petits mystères et sous entendus qui ne dévoileront pas complètement ce secret. … il faudra continuer la série. D’où l’intérêt de commencer dès maintenant puisque c’est le premier épisode.

Delilah se retrouve malgré elle embarquée dans une relation « professionnelle » avec son ancien  binôme de course en montagne. Ils sont fauchés l’un  comme l’autre mais aucun des deux l’admettra.

On est dans un village, on va donc ce retrouver avec des personnages haut en couleur qui forment une communauté, avec ses clans, ses familles et ses institutions. Cela donne une galerie de portrait savoureuse. Le caractère de chacun ou place dans la société va jouer un rôle dans l’intrigue.

Samson arrive et il dérange certaines personnes, il est comme un chien dans un jeu de quille. Il n’est pas le seul à avoir des secrets. On lui prête des intentions qu’il n’a pas  (pour l’instant) suite dans le prochain épisode. Il y a des indices qui laissent entrevoir certaines choses.

L’intrigue policière se met en place en parallèle. Le lecteur va assister à certaines scènes et donc en savoir plus que les enquêteurs.

Le problème dans ses huis clos villageois, c’est que soupçonner son voisin, c’est souvent soupçonner un ami ou un membre de la famille. C’est délicat voire compliqué.

Nos deux personnages se débattent avec leurs problèmes personnels qui  font diversion et retarderont parfois les conclusions qui s’imposent. Leur défiance permet de créer encore plus de suspens et fera réagir le lecteur (il ou elle va lui dire ?).

Nous sommes dans un premier tome d’une série, je savais donc qu’il y aurait une certaine lenteur dans la mise en place. Mais ces scènes d’exposition sont accompagnées d’humour alors j’ai bien rit et cela ne m’a pas gêné. Comme je disais en débutant ma chronique j’aime les personnages récurrents et j’aime cet arrière plan qui n’est pas vraiment en parallèle puisqu’il joue un rôle dans l’enquête.

Je me suis prise au jeu et j’ai eu du mal à poser le roman sur le dernier quart où le rythme c’est accéléré. J’ai failli oublier de parler du rythme de la narration. Il y a des variations avec des accélérations qui m’ont fait penser à Delilah lorsqu’elle s’entraine en montagne. Tantôt en petite foulée, tantôt plus rapidement avec des montées qui vous coupent le souffle.

J’ai adoré la fine équipe de la résidence, le côté famille recomposée. On croit qu’ils vivent coupés du monde dans leur bulle et en fait ils ont beaucoup d’atouts dans les mains. Ils m’ont bien fait rire.

Il y a  des personnages qui semblent anodins et qui pourtant on leur importance car ils sont des liens entre divers groupes. J’ai adoré  Ida  qui vaut sont pesant de cacahouète (son langage, sa logique et sa loyauté) !

Bon j’arrête là vous l’aurez compris j’ai bien accroché.

Je remercie Babelio et les éditions Robert Laffont/ « la bête noire » pour cette découverte. J’espère pouvoir continuer à suivre les aventures de « Samson et Delilah ».

Petite parenthèse de lectrice :

Je lisais juste avant un roman où la place du feu était important (« le septième guerrier-mage » de Paul  Beorn) et bien figurez-vous que dans « rendez-vous avec le crime » le feu aussi va jouer un rôle, mais je vous laisse découvrir. Quand au personnage masculin malmené ici aussi c’est le cas. On ne va pas comparer deux romans, mais c’est drôle de voir des similitudes entre deux lectures. Dans les deux cas le rôle féminin principal est tenu par une jeune femme de poigne qui n’hésite pas à taper du poing (et pas que sur la table !)

Article précédemment publié sur Canalblog

La ferme du bout du monde

Sarah Vaughan

Trad. Alice Delarbre

Éditions Préludes, avril 2017, 445 p., 16,90 €

ferme bout du monde

4e dec ouv. :

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Mon Billet :

J’hésitais un peu à lire ce roman car les histoires sous fond de seconde guerre mondiale ce n’est pas ma tasse de thé. Mais j’étais curieuse car il y a les deux époques qui sont présentes, hier et aujourd’hui, des femmes et un secret de famille.

Ce roman est bien construit, on passe bien des années quarante à notre époque. Ce n’est pas l’alternance systématique.  Dans un premier temps on à l’histoire d’une jeune fille d’aujourd’hui et celle d’une ferme avec des adolescents, donc on suit de chemins différents puis il va y avoir un personnage du passé et un du présent qui sont les mêmes à soixante-dix ans de distance. On a plusieurs chapitres qui nous racontent le vécu de tous ses personnages. Et parfois il y a un glissement délicat d’une époque à l’autre,  au niveau de l’écriture, donc de la lecture cela donne une autre dimension aux récits.

Le lecteur en sait plus que les personnages qui ne se confient pas les uns aux autres. Cependant l’auteure laisse des prénoms dans le flou pour ménager des surprises et des rebondissements au lecteur. Notre imagination fertile va deviner des choses et partir vers des suppositions. Le fait que le lecteur sache plus de chose que les personnages, cela rend la lecture plus palpitante, car il aura envie de participer ne serait-ce que pour dire « non pas lui, attention ! ».

Ce que Maggie a vécu jeune a eu des répercussions sur toute sa vie et celle de ses proches. Elle a gardé sa souffrance en elle et son comportement en tant que mère en a subit les conséquences. On le voit notamment au niveau du toucher. Elle a un tel blocage qu’elle n’arrive pas à prendre se enfants ou petits enfants dans ses bras jusqu’au moment où elle dévoile son secret. L’auteur a su rendre cohérent le comportement de ses personnages.

Ce n’est pas un roman larmoyant et plein de bons sentiments comme on pourrait le croire. Il y a des sentiments forts qui s’expriment avec virulence,  ce n’est pas évident de pardonner et de tourner la page lorsqu’on enfoui un secret. Il y est question de passion, d’amour et de haine…

La fin est assez intense, car il faut conclure, trancher dans le vif, il n’est plus temps de laisser les choses vivoter. Il y a un grand changement d’attitude entre le début et la fin du roman. On ne glisse pas lentement vers la mort physique et morale.

L’auteure à fait son travail d’écrivain jusqu’au bout. Elle a fait un pied de nez au passé. Aaaahh ! je ne dois pas spoiler… Pour ceux qui l’on lu c’est le lien entre les événements  du passé et du présent qui lient les personnages qui est bien trouvé (métiers des nouvelles générations).

Ce que j’ai aimé, c’est le travail sur les personnages. Elle nous montre chaque personnage dans une situation où ils doivent faire des choix. On suit leur parcours intérieur en période de crise. C’est la façon de réagir de chacun qui permettra à chaque lecteur de s’identifier, d’aimer ou de détester ce personnage. On laisse une deuxième chance  ou pas. Il y a tout un aspect psychologique et physique.

Les histoires personnelles sont aussi une façon de voir deux périodes bien différentes. On a le même lieu à deux époques différentes et les enjeux économiques et familiaux sont différents.

J’ai beaucoup aimé le côté racines terriennes, avec les lieux qui forgent les caractères. Je connais ce besoin de retour aux sources presque viscéral, ce qui rend très crédible certaines choses qui semblent romanesques.

Le thème de la mort est omniprésent. Il y a tous ces ancêtres qui ont construit le domaine bien sûr ainsi que ces nouvelles générations qui vivent sur le fil du rasoir. Il y a la notion de frontière entre l’envie de vivre et celle de mourir, le risque de basculer qui est renforcé par la présence des falaises, de la mer et des marées.

Il y a le premier personnage qui apparait au moment où il apprend qu’il est atteint d’un cancer. Nous avons Maggie qui approche des 90 ans et qui perds un peu de sa ténacité.  Il y a comme un compte à rebours qui se met en place car la vérité doit être dévoilée.

Il ya Lucy qui côtoie la mort dans un service de néo-natalité, la natalité et la mortalité intimement liées.

Il y a les accidents, les suicides et toutes les morts animales qui sont liées au monde de la ferme.

Bien évidement avec la période de guerre nous avons les bombardements, les soldats que partent pour ne pas revenir.

Toutes ses morts vont influencer le cours de l’histoire et le caractère des protagonistes.

Je ne vais pas vous dire que le roman se lit d’une traite car il y a 445 pages, cependant on a vraiment envie de savoir comment  cela va se terminer pour chaque personnages et les conséquences de la révélation de la vérité, du secret de famille. Le dernier quart il y a une nouvelle dynamique qui se met en place, qui moi m’a reboostée  dans ma lecture.

C’est un roman pour ceux qui aiment les sagas familiales, les passions contrariées, les secrets de famille et les deuxièmes vies.

La fin fin est très mignonne car il y a une ouverture vers le futur, contrairement à ce qu’on découvre au début de l’histoire qui allait vers un enfermement.  On sort de l’entonnoir, on enlève ses œillères …

Je remercie les Éditions Préludes qui m’ont présenté ce roman.

Article précédemment publié sur canalblog

Les Mortes-Eaux

Andrew Michael Hurley

Editions Denoël, mai 2016, 383 p., 21,80 €

Mes Lectures Denoël

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4e de couv. :

Angleterre, années soixante-dix. Comme tous les ans au moment des vacances de Pâques, la famille Smith part en pèlerinage avec quelques membres de sa paroisse. Ils se rendent dans une vieille bâtisse sinistre en bord de mer, sous la houlette d’un prêtre, le père Wilfred. Les Smith, des gens très pieux, espèrent en venant là obtenir la guérison de leur aîné, Andrew, déficient mental. Andrew, lui, part explorer les environs du sanctuaire avec son jeune frère. Au cours de leurs escapades, ils font la connaissance des villageois, qui ne cachent pas leur hostilité à l’égard des pèlerins et semblent se livrer à d’obscures activités nocturnes, sortes de rites païens censés guérir les malades.
Andrew Michael Hurley dresse une galerie de portraits tous aussi étranges et effrayants les uns que les autres, mélangeant de sinistres autochtones et des pèlerins aussi perturbés que perturbants, et signe ici un roman obsédant et ambigu.

Anecdote de lectrice :

C’est un livre que j’ai commencé lorsque je l’ai reçu et puis je l’ai posé à cause de son côté sombre… d’autres  romans sont venus se superposer et lorsque j’ai rangé ma PAL urgente, je l’ai découvert qui m’attendait. C’était le bon moment pour le lire, lorsque je devais le fermer mon esprit restait embourbé dans les méandres de ce roman psychologique où les lieux sont un reflet de l’âme.

Mon Billet :

Ce titre m’a immédiatement attiré, sa couverture avec un crayonné gris/ noir avec un effet de miroir avec la maison près de l’eau, ces arbres inversés, qui excite l’imagination. Je ne savais pas trop à quel degré de fantastique et d’horreur je devais m’attendre surtout après avoir lu l’avis de Stephen King : « Les Mortes-Eaux n’est pas seulement un bon livre, c’est un grand livre. Un roman Incroyable ». Je n’ai pas fait de cauchemar mais lorsque vous posez le livre, il vous hante, il vous reste une sensation étrange. On a vraiment hâte de connaître les tenants et les aboutissants. On s’enfonce un peu dans cette vase et cet obscurantisme ambiant.

Andrew Michael Hurley instille des touches d’angoisse. Avec subtilité il déploie son histoire qui nous transporte dans différentes époques. La pluie, la brume et cette campagne de bord de mer, humide et froide…

Le narrateur parle d’aujourd’hui et d’éléments de 1979 et 1976 et parfois plus anciens. Ils sont tous liés. Il y est question de fragments de vérité autour d’événements fondateurs qui ont eu lieu trente ans plus tôt.

Sur fond de religion catholique et de croyances païennes on va découvrir un groupe de gens à la limite fanatiques ou du moins psycho-rigides. Deux enfants sont au milieu de tout ça et vont vivre des choses très étranges à leur niveau.

Qui dit religion dans les années 70 en Angleterre dit bain de sang en Irlande, guerre de clan et traumatismes. Dans ce roman elle est juste évoquée.

C’est une histoire qui parle de mémoire et de deuil. On a un personnage qui est mort mais que l’on s’évertue à faire revivre en pensée, il est presque plus présent que certains protagonistes. On passe notre temps à nous demander ce que cela cache pourquoi le père Bernard en fait autant les frais. Ils essaient de faire revivre le père Wilfred en le comparant constamment à son successeur. C’est assez dérangeant. Mais le père Bernard va jouer le rôle de l’accoucheur pour leur faire sortir ce qu’ils ont sur le cœur, mais il y a des secrets qui devraient restés enterrés avec les morts ! Mais comment avancer avec des doutes ?

Qui était ce père Wilfred ? Un Saint, un sadique, un Mentor ou un menteur ?

En quête d’un miracle, tout va partir à vau l’eau, cela dérape,  un huis clos ou s’invitent des gens encore plus étranges… qui va perdre dans cette guerre des nerfs ?

Il y a un avant et un après… pour Hanni et Tonto tout particulièrement, ces deux enfants avec leur surnom vont finir par acquérir leur prénom après les événements. Eux aussi vont vivre avec leur secret. Leur vie sera changée à tout jamais après les événements de pâques.

Lorsqu’on arrive vers la fin de l’histoire, on se rend compte que certaines choses racontées au début ne sont pas aussi anecdotiques qu’on le croirait… c’était bien des pièces du puzzle que l’auteur avait mise en place…

Insidieusement Andrew Michael Hurley installe une ambiance délétère qui va nous tenir en haleine, où  la part du fantastique va  finalement culminer au fond d’une cave.

Ce roman parle des réflexes que l’esprit met en place pour surmonter les moments traumatisants. Il y est question de mémoire et  de révélations.

Les rôles dans une communauté sont bien définis, gare à ceux qui sortent du rang, parfois il vaut mieux fermer les yeux que perdre sa raison d’être ! Dans une famille aussi … Passez sa vie à dissimuler pour protéger l’autre, pour ne pas rompre l’équilibre.

Je n’irai pas jusqu’au coup de cœur mais en tout cas c’est un roman qui marque les esprits. Il hante.

Je remercie les Éditions Denoël pour leur confiance.

Denoel

Article précédemment publié sur Canalblog