Aÿmati

Béatrice Castaner

Éditions Serge Safran, 2014, 158 p., 14,50 €

la Voie des Indés 2016

Libfly // Serge Safran Editeur

4e de couv. :

Aÿmati, jeune femme de trente mille ans, vit sur le continent européen. Mära, elle, va naître en Amérique du Nord. Elles sont les dernières représentantes de leur espèce, néandertalienne pour l’une, sapiens pour l’autre. Aucun lien entre elles, à l’exception d’une statuette en ivoire, mais Aÿmati va transmettre à Mära une part de sa compréhension du monde, pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure, près d’un fleuve. De nos jours, Gabrielle, archéologue française, au coeur du récit, constitue l’articulation entre les deux époques si distantes des deux femmes. Elle travaille en équipe avec Myn, archéologue chinois de renommée internationale, créateur de Salongapan, camp africain de recherches en primatologie. C’est par lui que Mära et Aÿmati seront reliées. À travers différents récits qui s’entrecroisent et s’interpénètrent en miroirs, Béatrice Castaner aborde ici, avec une originalité de construction et une virtuosité d’écriture étonnantes, les questions essentielles de la transmis

Mon Billet :

Ce mois-ci, la voie des Indés nous proposait deux maisons d’éditions… le hasard des choix et attributions m’a accordé ce roman des éditions Serge Safran. Je remercie Libfly et Les Éditions Serge Safran pour leur confiance.

Ce roman m’a attiré, car il parlait de femmes à trois époques différentes et j’étais curieuse de voir le lien qu’allait créer Béatrice Castaner. C’est un roman court mais très dense, peu de temps pour le silence.  Une fois le livre refermé, je pense que l’auteur a tissé plusieurs fils pour que chaque lecteur puisse garder un ressenti différent. J’ai perçu plusieurs pistes mais j’ai gardé celle de « la transmission / la vie », dans cette barre de séparation on peut y mettre les mots avant, pendant, après, le sens  etc. L’héritage et les traces de ces vies vont créer ce patchwork.

La première partie c’est celle du temps de Aÿmati, c’est la plus longue, puisque c’est une sorte de mythe fondateur » et elle est divisée en plusieurs chapitres. C’est cette histoire que les générations futures vont essayer de recréer. Béatrice Castaner nous donne sa version des faits, c’est la puissance de l’écrivain, utiliser ce qu’elle observe pour interpréter sans avoir à apporter de preuve, c’est le côté objectif… il en va autrement pour les archéologues et les historiens !

Aÿmati cette néandertalienne de vingt ans va nous raconter la fin de son clan et sans le savoir de sa civilisation.

Il y a  plusieurs aspects marquants au niveau de l’écriture. Dans sa narration, on va faire des bons en arrière comme pour remonter un ruisseau jusqu’à sa source pour mieux revenir au moment crucial de l’extinction d’un peuple.

D’autre part à travers ses histoires du quotidien, on voit l’importance de la création artistique et la puissance des représentations rupestres. Béatrice Castaner nous fait revivre ce moment où les clans vont peindre dans les cavernes. A travers l’avalanche d’émotions que reçoit en particulier Aÿmati. Début de l’écriture et de la mémoire d’un peuple ? On  y voit aussi la place de l’oralité notamment quand arrive un nouveau membre, on va lui dérouler l’histoire du clan avant de l’inclure son chaînon dans cet enchaînement.

La puissance de la transmission que ce soit en apposant le signe du clan sur le front ou en dessinant les moments forts de la vie des gens Aÿmati va aussi expérimenter la souffrance des pertes, de la mort.  Le deuil, l’introduction du  rituel funéraire pour différencier la mort d’un être humain d’un animal. J’ai aimé cette idée de raconter toute l’histoire du clan devant le corps comme s’il devenait le réceptacle et le dépositaire  de la mémoire. Il y a une part de magie dans la représentation des scènes et des animaux.

Gabrielle, l’archéologue d’aujourd’hui, viendra plusieurs milliers d’années après rechercher les traces laissées par ces clans. On se retrouve aussi au moment de la fin du chantier. Comme un entre deux, un intermède… Juste au moment où ces découvertes vont modifier sa vie.

 La troisième femme, c’est Mara, une génération après nous, on va avoir des réponses à ce qui c’est passé du temps de Gabrielle jusqu’au moment  tragique de la fin de l’expérience à laquelle a participé Mara.

On retrouve aussi cette façon de repartir vers al source pour reprendre le cours des choses présentes.

Qu’est-ce qui lie tout cela ? En partie ce sang qui contient la vie, l’ADN, et la mort…

J’ai beaucoup aimé le côté onirique des ces histoires. Ces trois femmes vont revivre des événements passés dans leurs  rêves  et même si au réveil  rien n’est clair, elles ont ressenti ses ondes du passées. Il y a cette idée qu’un héritage impalpable nous entoure et vient nous visiter pendant notre sommeil. Cela renvoie  à la question  que devient notre esprit après notre mort ?

C’est un roman court avec un rythme très soutenu. On sent une urgence pour chacune de reformuler les moments marquants pour les retransmettre. Trouver un sens et une cohérence aux événements qui se sont mis en marche dès avant leur naissance.

L’épilogue est magnifique !

la voie des indés 2015

Article précédemment publié sur Canalblog

Le démon de l’île solitaire

Edogawa Ranpo

trad. Miyako Slocombe

Nouvelles Éditions Wombat, coll. Iwazaru, mai 2015, 320 p., 23 €

 La Voie des Indés 2015 //

4 e de couv :

Célibataire, Minoura Kin.osuke tombe éperdument amoureux d’une jeune femme au passé mystérieux, Hatsuyo, rencontrée à son travail, avec qui il se fiance. Peu après, Hatsuyo est assassinée chez elle dans sa chambre apparemment close. Dévasté, Minoura demande l’aide d’un ami, détective à ses heures, pour l’aider à retrouver la piste du criminel. Éliminé à son tour, ce dernier laisse néanmoins à Minoura une série d’indices dissimulés dans une étrange statuette. Des indices qui le mèneront jusqu’à une île mystérieuse où se déroulent des expériences inhumaines visant à transformer l’humanité. Roman-feuilleton fantastico-policier, baigné de sensualité et de perversion, Le Démon de l’île solitaire est un grand texte inédit du maître des « mauvais genres » japonais.

C’est au moment d’écrire cette chronique que je me rend compte que ce livre je le nomme « l’île du démon solitaire » depuis que je le lis !!!

Ma Chronique :

L’histoire pendant l’été 1925 au Japon. La première version en feuilleton date de 1929. C’est important de la préciser. J’ai accroché dès le début car il fait références aux romans d’Edgar Allan Poe, Gaston Leroux, Conan Doyle, H.G. Wells…  Je me suis demandé dans un premier temps pourquoi une jeune maison d’édition se mets à publier un texte certes inédit en français mais qui date un peu ???  La réponse qui me vient après avoir refermé le roman c’est : « parce qu’il y a des lecteurs qui aiment ce genre littérature… et j’en fais partie ! Merci donc aux passionnés qui dénichent de jolies perles». Je remercie  La voie des Indés de mettre en avant des maisons d’éditions tel que Wombat. Même si je ne mets pas la note maximale car il y a des petites choses qui m’ont agacée en tant que lectrice d’aujourd’hui c’est un coup de cœur ! Il y a cependant des hauts et des bas qui sont liés au fait qu’il s’agisse d’un feuilleton publié sur un an.

Le narrateur prend le lecteur à témoin « vous allez voir ce qui m’est arrivé » etc. Le lecteur est impliqué, cette façon de raconter nous rapproche de l’oralité. D’entrée il nous annonce deux morts criminelles, la présence d’un médecin très spécial qui fait de drôles d’expériences et qui l’aime. Amour qu’il ne partage pas car Minoura est hétérosexuel mais il y a un je ne sais pas quoi d’ambigu.

On peut diviser le roman en trois parties : résolution de l’énigme criminelle (le comment), découverte du mobile et la quête du trésor, le tout étant lié.

La résolution des « deux morts impossibles » aboutit assez vite. Il y a un côté déjà vu mais c’est bien mené, un classique du genre. Des détectives amateurs avec leurs déductions. Pour les amateurs du genre c’est un plaisir de retrouver les mécanismes classiques. Heureusement des récits viennent étoffer l’intrigue (témoignages, confessions, anecdotes).

L’introduction d’extraits de journal intime dévoilant une histoire très étrange va étoffer le mystère. On imagine bien les lecteurs du feuilleton faire des bonds à chaque rebondissement. Même si le texte a été légèrement retravaillé on sent parfois les coupures et l’enchaînement avec l’épisode suivant.

L’accent est mis sur l’étrangeté des lieux, des gens et des situations que Mochio et Minoura vont explorer et vivre.

Qui restera vivant jusqu’au bout ? Le Happy End est-il au programme ? De nombreux revirements laissent le lecteur pantois.

Je laisse au lecteurs suivre les aventures et mésaventures des personnages de « L’île du démon Solitaire » et découvrir que ou qui se cache derrière ce titre mystérieux…

la voie des indés 2015

C’est toute l’année maintenant !

article précédemment publié sur canalblog

L’invention du dictionnaire

Frédéric Marais & Jean Lecointre

Les Fourmis rouges,  mai 2014, 30 p.,  17€

Lu dans le cadre de la voie des Indés 2014

Que ferions nous sans un dictionnaire ????

4 e de couv :

Au commencement du monde, la Terre fut livrée à ses habitants avec un épais mode d’emploi qui définissait et répertoriait toutes les choses existantes. mais un jour, c’est le drame : un cochon furieux dévore l’unique exemplaire du précieux ouvrage. Les Terriens sont perdus et le désordre est total…

Ma chronique :

J’ai choisi ce livre dans le cadre de la voie des indés 2014, car je ne connaissais pas la maison d’édition les fourmis rouges… j’ai très envie de l’explorer maintenant !

Le titre pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’un livre technique mais lorsque j’ai vu qu’il s’agissait d’un album ma curiosité l’a emporté.

Je l’ai lu dès que j’ai ouvert l’enveloppe. Ma première réaction « c’est drôle et décalé », je l’ai mis entre les mains d’un lecteur de Bd et lui ce qu’il a retenu c’est le message « c’est ensemble que l’on pose les bases d’une société », troisième lecteur mon diablotin qui va sur ses sept ans. Alors lui il est resté bouche bée, il a dû se dire qu’il y a des adultes qui font des drôles de chose ! « Alors tu as aimé » il a hoché la tête les yeux écarquillés ! On le relit demain, il m’a répondu un « oui » rêveur. Je sens qu’il va regarder de plus près ses images de monde sans dessus-dessous…

Le côté illustré de l’ouvrage est un assemblage de photos aux différentes teintes. Il est très très coloré. Ces détournements de photos qui font penser aux années 50-70 donnent parfois des choses assez surréalistes.

Quand aux questions évoquées, elles sont pleines de bon sens, d’autres nécessitent un peu de réflexion. Pour ce qui est des réponses il faut aller chercher le dictionnaire ! Ah que deviendrait le monde sans ce fameux dictionnaire ! Accessoirement j’ai appris que le premier dictionnaire à 320 ans !

C’est un album qui s’adresse à tous les âges et à tout type de curieux avec de l’humour et de l’imagination.

Je remercie Libfly et les Étions les fourmis rouges.

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fourmis rouges

Article précédemment publié sur Canalblog

Une saison à longbourn

Jo Baker

Trad. : Sophie Hana

Stock, La cosmopolite, avril 2014, 396 p., 21,50€

Lecture Libfly / Stock

longbourn

4 e de couv :

Nous sommes au xixe siècle, au coeur du Hertfordshire. Sur le domaine de Longbourn vit la respectable famille Bennet, constituée de Mr et de Mrs Bennet et de leurs vénérables filles, en âge de se marier. Hélas, point de garçon dans la lignée : Mr Collins, un cousin, deviendra l’héritier légitime du domaine. Ce qui n’est pas sans inquiéter les domestiques qui veillent sur leurs maîtres sans répit. Matin et soir, ils astiquent, frottent, remplissent, vident, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mrs Hill, l’intendante, règne sur l’organisation de la maison et orchestre la petite troupe d’une main de fer : son époux Mr Hill, la juvénile Polly qui aime les sucreries plus que de raison, Sarah, une jeune idéaliste qui rêve de s’extraire de sa condition et surtout d’aventures, et enfin, le dernier arrivé, James, un valet un brin lunaire, ancien soldat de surcroît. À mesure qu’Elizabeth, se laisse aller à rêver à un mariage avec le beau Mr Darcy, on assiste, un étage plus bas, à la naissance d’une idylle entre Sarah et James. Mais une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de ressurgir…

Ma chronique :

Lorsque j’ai choisi ce roman j’avais lu plusieurs fois « Orgueil et préjugé » (1813) et vu au moins deux adaptations cinématographiques. Mais je pense que sans connaître l’œuvre de Jane Austen, on peut lire ce roman dérivé. Par contre pour les fans entendre parler des Bennet c’est très amusant.
Les chapitres portent un incipit qui nous positionne dans l’histoire de Jane Austen.
Sarah est servante dans la maison des Bennet, c’est une jeune fille qui va connaître ses premiers émois et prendre conscience de ce que sa condition sociale lui permet comme avenir.
James un mystérieux valet fait son entrée dans ce petit monde clos à une époque où les hommes valides sont enrôlés dans les guerres napoléoniennes. Il a un regard sur la société et les gens qui l’entourent qui laisse supposer qu’il n’est pas un simple quidam. Son arrivée crée des tensions entre la gouvernante et le maître de maison, mais aussi entre Sarah et lui. On présume qu’une histoire d’amour va voir le jour entre les deux célibataires… mais arrive un autre homme, le valet mulâtre de la maison Bingley. L’affaire se corse. Si l’on se contente de cette partie on pourrait croire que c’est une romance, mais il y a des sujets de fonds qui sont abordés même si Jo Baker ne fait que les effleurer.
Avec l’arrivé de cet homme de couleur on a le thème de l’esclavage qui est abordé. Les domestiques ne sont pas des esclaves mais ils ne sont pas libres de faire ce qu’ils veulent de leur vie. Il y a une certaine perversité dans cette situation.
D’autres thèmes sont abordés comme celui de la maternité et de la famille. Les domestiques semblent vivre certaines choses par procuration, Mrs Hill parle des filles Bennet comme si c’était ses filles. Mrs Bennet avec son tact légendaire met le doigt sur un sujet sensible, l’absence de descendance de Mrs Hill.
Le thème de l’homosexualité n’est pas non plus un sujet abordé par Jane Austen, Jo Baker explore des sujets laissés de côté par l’auteure du début du XIX e siècle (1775-1817).
C’est très étrange et amusant de voir en filigrane se dérouler les événements du roman de Jane Austen. Roman qui montrait combien les jeunes filles de bonne famille n’avaient pas un sort toujours enviable. Les filles Bennet ne pouvaient pas hériter de leur père donc si elles ne faisaient pas un bon mariage de son vivant elles auraient été dans une position délicate. Quand à Jo Baker, elle nous montre que cet héritage les touche aussi car ils sont à la merci de l’héritier dont le choix de l’épouse n’est pas anodin.
Une rupture dans le récit nous éloigne du domaine de l’histoire de base. Jo Baker prend son envol. Un petit flash back nous permet de découvrir le secret de James et d’autres qui y sont liés. On va plonger dans les horreurs des guerres napoléoniennes. Cette partie était très intéressante mais la rupture dans la trame m’a un peu dérangé. Sans parler d’une partie du secret qui bien que plausible m’a déplu.
La fin m’a réconcilié avec le plaisir que j’ai pris à lire cette histoire.
J’ai trouvé le travail littéraire très intéressant et bien mené.
Merci Libfly et Stock pour ce partenariat.

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stock
100 livres 2014

Article précédemment publié sur Canalblog

La muraille de Chine

Franz Kafka

Éditions Aux Forges de Vulcain, mai 2013, 89p., 10 €

LU DANS LE CADRE DE « LA VOIE DES INDES 2013 » LIBFLY / AUX FORGES DE VULCAIN

4 e de couv :

Entre 1917 et 1922, Kafka est marqué par la fin de l’Empire austro-hongrois, l’émergence de l’antisémitisme et du sionisme, mais aussi par la vague d’intérêt, mêlée de crainte, que suscite la Chine depuis le début du XXe siècle. Il rédige alors plusieurs nouvelles où, pour évoquer le thème, classique chez lui, de la difficulté des hommes à organiser leur vie commune, il place ses récits dans une Chine imaginaire, inspirée de ses lectures. Elle devient pour lui l’archétype d’un territoire trop vaste, impossible à administrer, et difficile à défendre contre les menaces extérieures. En rassemblant ces textes, et d’autres qui leur sont liés, ce volume offre un éclairage nouveau et révélateur sur son œuvre.

Ma Chronique :

Je remercie « la voie des indés » organisé par Libfly en partenariat avec Aux Forges de Vulcain.

Pour ai-je choisi ce recueil de nouvelles ? Parce que j’ai lu plusieurs fois « la Métamorphose », sans avoir le courage d’affronter un roman ? Ou parce que un héros de Murakami était un passionné de Kafka (et que j’ai adoré ce roman)…

Mais en fait, c’est le titre qui m’a attiré… « La Muraille de Chine », je ne pensais pas que cela intéressait les auteurs tel que Kafka.

Qui dit recueil de nouvelles, dit choix d’un traducteur ou d’une maison d’édition, trouver une ligne directrice n’est pas chose aisée.

Pour la plupart des textes choisis, j’y ai vu une recherche sur le thème de la construction et sur des choses grandioses : la muraille de Chine, la tour de Babel, Poséidon, Don Quichotte (mon héros !). Mais on y retrouve l’union des gens. Architecture de la ville et de la société.

Ce recueil débute par une excellente introduction qui donne les clés pour comprendre les textes de Kafka. Il est difficile après cela de dire mieux. J’ai trouvé aussi très intéressant les notes et les références aux différents textes originaux, dont je ne connaissais pas cette particularité.

La longueur des nouvelles est très variable cela va d’une dizaine de lignes à une vingtaines de pages. Certaines histoires nous laissent  pensifs. Notamment «  le prochain village » ou « La vérité sur Sancho Pança ».

J’ai beaucoup aimé la conclusion dans « le timonier ».

Certaines histoires commencent par des descriptions, on dirait qu’il nous décrit un tableau comme dans « le Chasseur de Grachus ».

En fait chaque nouvelle a une particularité et parfois on a du mal a appréhender tous les tenants et les aboutissants.

Ce livre donne envie de continuer à explorer l’univers assez tortueux de Kafka.

Je remercie Libfly et les Éditions Aux Forges de Vulcain.

NB :

Ma Chronique se terminait là quand une autre lecture est venue me questionner. en parallèle avec mes lectures de ses dernières semaines je lis « L’Europe et la Profondeur » de Pierre le Coz aux éditions Loubatières. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis qu’il y avait un chapitre sur Kafka et en particulier « la Muraille de Chine ». Il était dit que je devais lire cette nouvelle maintenant. Lorsque je lu le chapitre en question je me rendis compte que je n’avais pas mesuré l’importance de la nouvelle de Kafka et je me replongeais dans cette nouvelle d’une vingtaine de pages à la lumière de ce que je venais de lire. Cet exercice que personne ne m’obligeait à faire me permis de mettre d’un côté le texte source, l’étude de Pierre Le Coz et mon humble réflexion… Bon on ne tirera rien de ma petite tête… mais je vous laisse essayer par vous même et on en reparle ! J’aurais au moins essayé !

Article précédemment publié sur Canalblog

Le luth d’ébène

Panagiotis Agapitos

Trad. Constantin Kaïtéris

Anacharsis, mai 2013, 399 p., 23 €

LU DANS LE CADRE DE « LA VOIE DES INDES 2013 » LIBFLY /ANACHARSIS

Empire byzantin, mai 832. Envoyé en ambassade auprès du calife al-Mamun de Bagdad par l’empereur Théophile pour négocier la paix, le Premier secrétaire impérial Léon arrive à la ville frontalière de Césarée, en Cappadoce, dernière étape avant d’entrer en territoire musulman. Paisible en surface, la ville est en réalité un chaudron en ébullition. Des silhouettes furtives se glissent le long des ruelles obscures du quartier arabe ; les rumeurs d’une guerre proche commencent à circuler ; le stratège, commandant militaire de la ville, n’est plus que l’ombre de lui-même, et non loin des ruines de la vieille ville on ourdit des complots pour assouvir les désirs lubriques de certains. Et qui sont ces moines patibulaires venus réclamer justice ? Lorsque le corps atrocement mutilé de la fille de treize ans du juge de la cité est découvert hors des murs, le commandant, débordé, se voit obligé de demander l’aide de l’ambassadeur. Jusqu’alors, le Premier secrétaire avait coulé les jours tranquilles de la vie d’un haut fonctionnaire. Célibataire et solitaire, fasciné par les romans d’amour, il s’adonne à la musique sur un luth d’ébène de facture arabe. Désormais, il va devoir entrer dans la danse des masques, enquêter dans les casernes, les tavernes et les bordels de Césarée ; pour la première fois, il va être amené à résoudre des crimes.

Ma chronique :

J’ai lu ce roman grâce à l’opération « la voie des indés 2013 » orchestrée par Libfly, j’ai ainsi découvert une maison d’édition de Toulouse. La couverture est un reflet du contenu, même si avec le titre j’aurais bien vu un luth. Le livre est agréable à lire on n’a pas de difficultés pour lire l’intérieur, ce qui évite de casser le livre et ses mains ! Le papier est de bonne qualité et l’écriture aérée. Le plaisir peut commencer.

Le luth d’ébène est un polar médiéval aux multiples facettes.

Nous sommes à Césarée en Cappadoce en 832, c’est un décor et une époque que je découvre.

La postface nous instruit sur les choix de l’auteur. Elle est très intéressante.

Le glossaire n’est pas de trop à la fin… effectivement dans un premier temps j’ai eu un peu de mal avec le vocabulaire administratif grec mais on a vite fait de passer outre ce détail.

La carte de la ville je l’aurais préférée en début de livre, même si je ne m’y suis pas trop référée car les évènements se passent toujours dans le même secteur.

D’une part nous avons une ville fortifiée, une ville pas tout à fait  fermée car en travaux de reconstruction, va devenir le théâtre d’une série de meurtres sordides. D’autre part une guerre se prépare non loin. On joue avec ouvert/fermé, intérieur/extérieur, ici et là-bas… Des tensions vont voir le jour …

Il semblerait que l’auteur développe sont histoire autour des sept péchés capitaux. La cupidité, l’avarice, les rivalités, la jalousie, l’envie, l’orgueil, la luxure, le pouvoir, la paresse et la gourmandise sont aussi de la partie. Mais l’amour, l’amitié et la justice ne sont pas loin.

Un assiste à une escalade dans la violence.

Des complots et des manipulations ne vont pas arranger le protospathaire pour son enquête. Certains vont en profiter pour exacerber les tensions entres les chrétiens et les musulmans.

L’auteur joue avec ses personnages comme avec des marionnettes qui se déguisent. Qui est qui ? Il va nous ménager quelques rebondissements qui dynamisent l’histoire.

Le thème de la paternité et de la transmission… à travers les rêves le père de Léon va lui permettre de mettre en place ses idées. Lui-même va revêtir le rôle du tuteur.

Le passé qui refait surface… la justice doit être faite et les chose finissent par reprendre leur place.

Quand au mystérieux criminel j’avais trois suspects mais certaines fausses pistes nous font douter.

Vous l’aurez compris j’ai vraiment été emportée par cette histoire. C’est un premier roman, à quand la traduction des deux autres romans qui font suite ???

Merci et à bientôt !

Article précédemment publié sur Canalblog

Le lac aux îles enchantées

William Morris

Aux Forges de Vulcain n°18, (1897), trad.2012, 463 p.

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT LIBFLY / AUX FORGES DE VULCAIN

4e de couv :

Petite-Grive est une jeune femme dont la grande beauté inspire la vénération. Elle échappe à la sorcière qui l’a tenue prisonnière toute son enfance et sillonne le lac aux îles enchantées sur un bateau magique qui se nourrit de son sang. Sur chaque île, elle découvre divers aspects de l’existence et se trouve bientôt embarquée dans une quête où demoiselles et chevaliers, magiciens et sorcières se côtoient.

Aidée par une fée protectrice, elle trouvera finalement l’amour, l’amitié et sa place dans le monde, au terme de ce touchant récit d’apprentissage et d’épanouissement féminin.

Ma chronique :

Lorsque je reçu le livre je le proposais à ma fille lectrice de fantasy. Sa première réaction, oh que ça a l’air mièvre ! Je lui répondis qu’il s’agissait un livre du XIX siècle qui sans des histoires comme celle-ci la fantasy n’existerais pas. Une fois lu ce conte, je peux dire qu’il faut le lire avec un certain regard. j’ai pris grand plaisir à suivre les aventures de cette Petite-Grive. J’imagine les jeunes filles lire ce roman à sa sortie.
J’ai été étonnée de voir cette jeune fille qui voyage nue vierge et innocente qui va être protégée par des jeunes filles très douces. Ce conte initiatique nous montre cette jeune fille comme si elle renaissait, nue comme un nourrisson. A partir de là sa vie va changer.
J’ai beaucoup apprécié les petits chapitres tel de petits feuilletons, très structurés. J’imagine la lenteur de la lecture, du temps où les jeunes femmes ne pouvaient se procurer beaucoup de livres et où elles commentaient les événements, alors que pour moi cela a excité à lire plus vite, pour savoir ce que l’auteur va lui faire subir…
J’ai apprécié cette lecture avec tous les ressorts du conte avec les personnages classiques et une langue très fluide, avec le rythme qui sied à ce genre littéraire. Les lieux sont très typiques des codes du conte dans lesquels j’ai plongé.
Une grande place est accordé à l’esthétisme la beauté est omniprésente autant dans les personnages que dans les paysages. la laideur est repoussée.

Citation :

« À la fin du repas, ils remontèrent en selle et continuèrent leur chemin. La route était de plus en plus facile, le passage de plus en plus large, et les falaises de plus en plus basses et de plus en plus déchiquetées. Enfin le sentier amorça une descente abrupte puis se heurta à une épaisse futaie de charmes et de houx. Le chevalier ne ralentit pas et pénétra en ces buissons, se frayant un chemin entre les branches. Les arbres poussaient serrés les uns contre les autres, et la durée d’une heure entière ils ne virent la lumière du soleil. Ils avançaient avec peine entre les troncs enchevêtrés comme en un labyrinthe.

Enfin le bois s’éclaircit, et une lueur blanche apparut entre les fûts. Petite-Grive crut entendre le bruit d’une cascade, puis elle en fut certaine.

-Patience ma Dame, dit le chevalier. Nous sommes presque arrivé. » […]

Pensez ce que vous voudrez mais il y a un joli travail d’écriture à double sens de lecture… cela devait émoustiller certains lecteurs…


C’est avec curiosité que j’essaierais de lire d’autres romans de cet auteur.
Je remercie et les éditions aux forges de Vulcain pour ce partenariat découverte.

un vrai plaisir que ce bond dans le temps.

challe100

64/100

Article précédemment publié sur Canalblog

Et je me suis caché

Geoffrey Lachassagne

Aux Forges de Vulcain, 2012, 258 p.

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT LIBFLY & AUX FORGES DE VULCAIN

caché

4 e de couv :

Titi, 14 ans, et Jérémie, 7 ans, vivent chez leur grand – mère dans une petite ville de Corrèze. Leur grand frère Jules a quitté la ville il y a plusieurs années en promettant à Titi qu’il reviendrait le chercher et voici qu’il annonce enfin son retour. Tandis que Titi erre avec ses amis autour de la halle et du lac artificiel en attendant l’arrivée imminente de Jules, Jérémie se trouve livré à lui-même et vit dans son monde imaginaire. Ses journées, quand elles ne sont pas consacrées à l’étude de la Bible avec sa grand-mère, sont faites de guerres incessantes contre les Indiens et les Incroyants, qui provoquent toutes sortes de catastrophes. Le retour attendu du grand frère prodigue, la frustration de Titi, les maladresses de Jérémie et une série de rencontres imprévues vont amener les deux frères, pendant trois jours, à transformer la ville en un vaste terrain d aventures. À la fois brut et poétique, ‘Et je me suis caché’ restitue avec une grande justesse la langue et l’imaginaire de l’enfance et de l’adolescence, faisant de Titi et Jérémie les lointains descendants corréziens d Huckleberry Finn et Holden Caulfield.

Ma chronique :

Lorsqu’on reçoit un livre « surprise », la première chose que l’on regarde c’est le visuel. Je savais que l’auteur m’était inconnu et le titre aussi alors on regarde la petite « vignette » pour se faire une idée du livre. Tiens, là nous avons une partie d’un tableau deux garçons qui semblent faire des ricochets et observer l’eau. Après avoir lu le roman, je trouve cette image très pertinente… Puis nous passons à la 4e de couverture où les grandes lignes sont données.

Mais une surprise nous attend dans la forme du roman. Deux voix vont nous raconter le quotidien de deux enfants 14 ans et 7 ans. Deux stades de la vie qui sont représentés par deux types d’écriture et deux voix différentes. Une troisième voix viendra nous parler d’un autre stade de la vie et d’une autre expérience de vie, mais c’est la surprise de la fin et je ne veux pas la dévoiler.

J’ai eu du mal à entrer dans l’écriture de ce roman. Non pas parce qu’il s’agit d’un monologue intérieur, un monologue à l’absent, mais le langage utilisé avec des tournures de phrases particulières. C’est un travail difficile à réaliser, Geoffrey crée une langue ado pour Titi et ses copains. Certains livres ne se dévoilent pas au lecteur au premier regard. Celui-c j’ai du un peu pousser la porte pour voir ce qu’il y avait au bout du chemin.

Puis nous avons la langue utilisée par Jéremy on est dans le monde imaginaire qui vit à travers les aventures de la Bible… J’ai été plus sensible à cette langue qui me semble plus abordable.

La mise en place des éléments du début ne me donnait pas envie de continuer. Titi n’a pas la vie facile, le père a baissé les bras et à disparu, la mère est partie, le grand frère est allé voir si l’herbe est plus verte ailleurs, le grand-père est décédé et il ne lui reste que sa grand-mère qui élève ses deux petits enfants à coup de rallonge et de religion. Le personnage de Titi nous est présenté comme celui d’un enfant avec des problèmes mentaux assez graves, Jérémy comme un arriéré… mais petit à petit on se rend compte que c’est le point de vue d’un ado de 14 ans qui nous donne une image déformée comme si les choses étaient vue avec une loupe grossissante et angoissante. Une fois que Titi prend du recul les choses sont moins déformées. Le lecteur respire mieux.

A travers Titi, ce sont les thèmes propres à l’adolescence qui sont abordés. L’amitié est très présente. Ces copains sont en phase, ils vivent des choses semblable quoique différentes alors ils comprennent les petits mensonges qu’il invente pour embellir la vie. On est à la période des extrêmes la drogue, l’alcool, la violence, le sexe tout est exacerbé. Les souffrances sont intenses et vont des ravages.

J’ai bien fait de ne pas m’arrêter à la mauvaise impression du début car j’ai beaucoup aimé la partie « fugue ». Le roman a pris un tournant à ce moment là. Aurore, Tulipe et Moïse vont donner un peu de soleil. Les problèmes sont toujours là et ils sont peut-être même plus graves qu’au début mais vu et vécus de manière différente.

J’ai beaucoup aimé la « voix » de Jérémie, un petit garçon de 7 ans qui vit dans son imaginaire. Il intègre tout ce que son entourage lui transmet. Bien sûr, il l’arrange à sa sauce. Geoffrey  Lachassagne a fait un travail remarquable pour créer une « langue littéraire » pour se mettre dans la peau d’un petit garçon.

La langue créée pour parler comme Titi ou celle pour parler comme Jérémie ne sont pas réelles. La littérature ce n’est pas cela. Cela m’a fait repensé à la polémique qu’il y avait eu lorsque Eric Fottorino à publié « Dos crawlé » et je ne sais plus quel autre auteur avait écrit comme s’ils étaient des jeunes. 

Le thème de la mort est sous-jacente, on a d’abord l’absence, le Christ en croix, les martyrs, l’alcool, la drogue, le tabac, les coups, l’asphyxie, la noyade, les rails de chemin de fer, le suicide, la maladie, la vieillesse… et puis on a Jérémie qui joue à la mort pour de faux, puis qui croit avoir tué quelqu’un, sans parler des morts qui bougent de chez Moïse… C’est une piste de lecture qui peut être intéressante à explorer.

L’eau et le feu avec une fonction purificatrice vont jouer un rôle important.

La fin est ouverte … On a l’impression d’avoir passé une étape et  qu’une nouvelle phase dans la vie de tous les personnages, une seconde chance. Une sorte de rédemption va peut-être leur ouvrir des perspectives d’un futur possible.

La réalité est la même mais les personnages ne sont plus les mêmes.

Vous aurez le pourquoi du titre à la fin du roman et je suis restée bête car je n’avais pas du tout pensé à ça !

Ce roman n’est pas un roman neutre des idées fortes le traverse. Il y a un côté pas du tout politiquement correct qui n’a pas dû aider à trouver un éditeur.

Je vous remercie de votre confiance  ET pour cette découverte.

A bientôt pour la suite de l’aventure…

challe100

Article précédemment publié sur Canalblog

Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent

François Szabowski

Aux Forges de Vulcain, 2011, 281 p.

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT AUX FORGES DE VULCAIN / LIBFLY

4 e  de couv :

Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent suit les aventures rocambolesques d’un jeune homme qui, convaincu par les idées de son temps que l’homme n’obtient sa dignité que par le travail, décide de réussir par tous les moyens à décrocher un emploi, aussi abrutissant soit-il. Sa bêtise et sa mesquinerie, doublées d’un art consommé de l’intrigue, provoquent une série de catastrophes qui l’amènent à revoir ses ambitions à la baisse, et le poussent in fine à explorer tout l’éventail du parasitisme, en profitant sans scrupule de la naïveté de son entourage. Portrait d’un Candide à l’innocence feinte, Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent est le tome 1 du roman-feuilleton Le Journal d’un copiste, dont il regroupe les 180 premiers épisodes.

Ma chronique :

J’ai décidé de participer à cette nouvelle aventure avec Libfly car je découvre toujours de nouveaux écrivains et des maisons d’éditions. D’autant plus qu’il y a une interactivité entre l’éditeur, l’écrivain et les lecteurs, d’où l’intérêt de participer aux forums de Libfly. C’est une expérience très particulière pour la lectrice cachée derrière son livre et son écran.

En temps normal un titre pareil ne m’aurait pas donné envie. En le voyant je me serais dit encore un témoignage sur la maltraitance conjugale, les sujets trop documentaire ne m’attirent pas. Mais, en regardant de plus près on voit qu’il s’agit bien d’autre chose.

Il y a derrière ce titre une telle évidence qu’on se dit se n’est pas possible de donner un titre pareil et effectivement un second degré est nécessaire pour tourner les pages. Quand à l’improbable illustration en couverture : un âne !!! « No comment ! ».

Une petite particularité dans la mise en page c’est que le texte semble être décalé vers le haut et donc quand on prend le livre en main les pouces en bas (pas sur les côtés) on ne cache pas les dernières lignes. C’est juste un détail. Pour les autres questions typographiques l’éditeur s’explique dans le forum dédié.

La composition est originale. Au départ, les 180 épisodes ont vu le jour sur le net, alors on est à la croisé du journal intime, du roman épistolaire et des chroniques d’humeur. Je dis chapeau à l’auteur pour avoir trouvé un titre à chaque épisode. Ce fameux titre de « chapitre » est déjà tout une histoire à lui tout seul. Si on s’amuse à les décortiqués on découvrirait derrière la pensée du jour, une série de sentences, d’aphorismes, de thèmes de pensées qui pourraient être un exercice de style pour atelier d’écriture. Ce qui était amusant aussi ce sont les résumés tous les 10 épisodes. Après avoir vécu les événements « en direct » on a le narrateur qui prend du recul et qui résume les faits à sa façon, ce qui donne lieu à des réactions du lecteur, du moins moi je me dis à chaque fois « mais quel toupet il a» on a envie de dire à son voisin « Tu as vu ça ? » bien sûr la personne à côté de vous n’est pas en train de visualiser la scène alors vous gardez vos réflexions pour vous !

Les personnages principaux sont François et Clémence, la trentaine, un couple improbable.

Ce François est un être qui pourrait faire pitié s’il n’était pas aussi bête et méchant. Il est à lui tout seul la mauvaise fois incarnée. Par exemple, il est à la source d’un drame mais ça retombe sur un autre, eh bien il finit par croire que c’est l’autre qui a vraiment fait la mauvaise action.

La première partie aurait pu faire à  lui tout seul un recueil : « François et le monde du travail de copiste ». Mais on enchaîne avec « François garde malade soigne Clémence dépressive ou le monde des cafés». « François écrivain », « François et Clémence à Paris »…

Ce François vit de drôles d’aventures, il adore séquestrer les gens et quand il les relâche il est même pas inquiété, il arrive à tourner la situation en sa faveur. Il paraît un peu crétin mais finalement pas tant que ça. Il a parfois un langage assez vieillot, ex : « relation adultérine ». Je ne l’aime pas ce personnage. Il me donne envie de lui donner des claques… le plus important pour un personnage c’est de nous faire réagir.

François a l’esprit retors lorsqu’il a une idée en tête. Il ne veut pas être un écrivain qui utilise l’imagination mais pour ce qui est des plans machiavéliques il n’en manque pas !

Et Clémence qu’est-ce qui lui a pris de s’attacher à lui ? Elle aussi à l’air gourde mais pas tant que ça et elle va reprendre le dessus… en partie grâce à François.

Je dis ça mais de leur couple improbable vont naître des scènes nous font bien rire.

C’est le genre de livre dont on voudrait citer des passages, mais hors du contexte ce n’est pas sur que l’on fasse rire.

Certaines descriptions sont minutieuses : « Je l’ai [Christian ] réveillé et j’ai voulu le prendre dans mes bras mais il avait du mal à sortir du sommeil, et ce n’est qu’au bout de plusieurs bourrades que son visage a fini par s’ouvrir, comme une feuille roulée en boule qu’on aurait défroissée. Ses yeux étaient petits et clairs au fond des orbites, mais quand il m’a reconnu il a poussé un grognement de joie et s’est redressé pour me serrer dans ses bras. Son odeur était forte et je lui ai demandé ce qui s’était passé et ce qu’il faisait là. »

Conclusion : ce roman est une belle découverte tant dans le fond que la forme. Un auteur à suivre et pourquoi pas la suite des aventures avec« Il n’y a pas de sparadraps pour les blessures du cœur ». J’ai été réceptive à l’humour de cet auteur…

Je remercie Libfly et les Éditions Aux Forges de Vulcain pour ce partenariat.

A bientôt pour une autre découverte des éditions « Aux Forges de Vulcain ».

challe100

Article publié précédemment sur canalblog

Malheureusement Libfly n’existe plus.

Mathieu Hidalf (2) et la Foudre fantôme

Christophe Mauri

Gallimard Jeunesse, 2011, 351 p.

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT LIBFLY / LA FOIRE DU LIVRE DE BRUXELLES

4 e de couv :

Onze ans, enfin ! Cette année, Mathieu Hidalf en est persuadé, son rêve va être exaucé. Il sera admis à l’école de l’Élite où vit son héros, le capitaine Louis Serra. Mais comment y parvenir sans réviser ?
En trichant, tout simplement !
C’est compter sans l’inflexible directrice, qui a imaginé pour Mathieu une épreuve impossible : capturer la Foudre fantôme…
Attention Mathieu Hidalf est de retour !

Ma chronique :

Nous voilà dans le deuxième épisode des aventures de l’insupportable Mathieu Hidalf. C’est avec beaucoup de curiosité et d’appréhension que j’aborde ce roman. En effet, j’ai passé un excellent moment de lecture avec le premier tome, alors je me suis  demandé si le tome 2 était une récidive ou un succédané. Je vous rassure tout de suite ce tome 2 est mieux que le tome 1. Il a passé l’écueil du premier, la mise en place et la présentation des personnages… Ce roman est plus riche et plus complexe. C’est une réussite.

Nous retrouvons tous les personnages avec un an de plus. Il n’est plus question du record de la plus grosse bêtise, le soir de l’anniversaire du roi (qui est aussi le sien).  Il s’agit de la première tricherie réussie pour être admis à l’école des Elitiens. De quoi s’agit-il ? Va t-il réussir ? On le saura assez tôt, car ce n’est pas le but de l’histoire. Notre jeune héros de 11 ans va devoir atteindre une quête en compagnie de deux autres garçons.

La fratrie n’est pas loin en cas de coup dur ou coups tordus ! Même ses parents vont se révélés des alliés mais pas forcément pour les raisons que l’on imagine.

Ce roman tient plus du roman initiatique. Notre jeune héros va devoir apprendre des choses, surmonter des épreuves et faire preuve de courage et de loyauté.

L’amitié, l’amour, l’honneur, la volonté n’empêchent pas l’égoïsme, l’égocentrisme, l’orgueil, l’insolence et l’espièglerie de l’horripilant Mathieu Hidalf !

Mathieu Hidalf a toujours autant d’imagination et des « aptitudes »  et l’art de se mettre dans des situations difficiles. Il n’est pas un être insignifiant, il a un destin !

L’humour est toujours présent dans l’écriture et dans les événements.

Il croit manipuler les gens, mais comme il le dit lui-même, il a encore la naïveté de ses  11 ans. Certains sauront regarder au delà des apparences.

C’est un roman qui peu se lire de manière indépendante mais qui est placé dans la trilogie.

J’espère vite trouver le tome 3 à la bibliothèque pour découvrir ce qui va se passer après ses vacances et retrouver cette ribambelle de personnages. Le danger rode toujours dans le royaume et l’école.

Je remercie de m’avoir permis de découvrir un auteur et une écriture.

BRUXELLES

3/3

challe100

18/100

Article précédemment publié sur Canalblog