Aÿmati

Béatrice Castaner

Éditions Serge Safran, 2014, 158 p., 14,50 €

la Voie des Indés 2016

Libfly // Serge Safran Editeur

4e de couv. :

Aÿmati, jeune femme de trente mille ans, vit sur le continent européen. Mära, elle, va naître en Amérique du Nord. Elles sont les dernières représentantes de leur espèce, néandertalienne pour l’une, sapiens pour l’autre. Aucun lien entre elles, à l’exception d’une statuette en ivoire, mais Aÿmati va transmettre à Mära une part de sa compréhension du monde, pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure, près d’un fleuve. De nos jours, Gabrielle, archéologue française, au coeur du récit, constitue l’articulation entre les deux époques si distantes des deux femmes. Elle travaille en équipe avec Myn, archéologue chinois de renommée internationale, créateur de Salongapan, camp africain de recherches en primatologie. C’est par lui que Mära et Aÿmati seront reliées. À travers différents récits qui s’entrecroisent et s’interpénètrent en miroirs, Béatrice Castaner aborde ici, avec une originalité de construction et une virtuosité d’écriture étonnantes, les questions essentielles de la transmis

Mon Billet :

Ce mois-ci, la voie des Indés nous proposait deux maisons d’éditions… le hasard des choix et attributions m’a accordé ce roman des éditions Serge Safran. Je remercie Libfly et Les Éditions Serge Safran pour leur confiance.

Ce roman m’a attiré, car il parlait de femmes à trois époques différentes et j’étais curieuse de voir le lien qu’allait créer Béatrice Castaner. C’est un roman court mais très dense, peu de temps pour le silence.  Une fois le livre refermé, je pense que l’auteur a tissé plusieurs fils pour que chaque lecteur puisse garder un ressenti différent. J’ai perçu plusieurs pistes mais j’ai gardé celle de « la transmission / la vie », dans cette barre de séparation on peut y mettre les mots avant, pendant, après, le sens  etc. L’héritage et les traces de ces vies vont créer ce patchwork.

La première partie c’est celle du temps de Aÿmati, c’est la plus longue, puisque c’est une sorte de mythe fondateur » et elle est divisée en plusieurs chapitres. C’est cette histoire que les générations futures vont essayer de recréer. Béatrice Castaner nous donne sa version des faits, c’est la puissance de l’écrivain, utiliser ce qu’elle observe pour interpréter sans avoir à apporter de preuve, c’est le côté objectif… il en va autrement pour les archéologues et les historiens !

Aÿmati cette néandertalienne de vingt ans va nous raconter la fin de son clan et sans le savoir de sa civilisation.

Il y a  plusieurs aspects marquants au niveau de l’écriture. Dans sa narration, on va faire des bons en arrière comme pour remonter un ruisseau jusqu’à sa source pour mieux revenir au moment crucial de l’extinction d’un peuple.

D’autre part à travers ses histoires du quotidien, on voit l’importance de la création artistique et la puissance des représentations rupestres. Béatrice Castaner nous fait revivre ce moment où les clans vont peindre dans les cavernes. A travers l’avalanche d’émotions que reçoit en particulier Aÿmati. Début de l’écriture et de la mémoire d’un peuple ? On  y voit aussi la place de l’oralité notamment quand arrive un nouveau membre, on va lui dérouler l’histoire du clan avant de l’inclure son chaînon dans cet enchaînement.

La puissance de la transmission que ce soit en apposant le signe du clan sur le front ou en dessinant les moments forts de la vie des gens Aÿmati va aussi expérimenter la souffrance des pertes, de la mort.  Le deuil, l’introduction du  rituel funéraire pour différencier la mort d’un être humain d’un animal. J’ai aimé cette idée de raconter toute l’histoire du clan devant le corps comme s’il devenait le réceptacle et le dépositaire  de la mémoire. Il y a une part de magie dans la représentation des scènes et des animaux.

Gabrielle, l’archéologue d’aujourd’hui, viendra plusieurs milliers d’années après rechercher les traces laissées par ces clans. On se retrouve aussi au moment de la fin du chantier. Comme un entre deux, un intermède… Juste au moment où ces découvertes vont modifier sa vie.

 La troisième femme, c’est Mara, une génération après nous, on va avoir des réponses à ce qui c’est passé du temps de Gabrielle jusqu’au moment  tragique de la fin de l’expérience à laquelle a participé Mara.

On retrouve aussi cette façon de repartir vers al source pour reprendre le cours des choses présentes.

Qu’est-ce qui lie tout cela ? En partie ce sang qui contient la vie, l’ADN, et la mort…

J’ai beaucoup aimé le côté onirique des ces histoires. Ces trois femmes vont revivre des événements passés dans leurs  rêves  et même si au réveil  rien n’est clair, elles ont ressenti ses ondes du passées. Il y a cette idée qu’un héritage impalpable nous entoure et vient nous visiter pendant notre sommeil. Cela renvoie  à la question  que devient notre esprit après notre mort ?

C’est un roman court avec un rythme très soutenu. On sent une urgence pour chacune de reformuler les moments marquants pour les retransmettre. Trouver un sens et une cohérence aux événements qui se sont mis en marche dès avant leur naissance.

L’épilogue est magnifique !

la voie des indés 2015

Article précédemment publié sur Canalblog

Le démon de l’île solitaire

Edogawa Ranpo

trad. Miyako Slocombe

Nouvelles Éditions Wombat, coll. Iwazaru, mai 2015, 320 p., 23 €

 La Voie des Indés 2015 //

4 e de couv :

Célibataire, Minoura Kin.osuke tombe éperdument amoureux d’une jeune femme au passé mystérieux, Hatsuyo, rencontrée à son travail, avec qui il se fiance. Peu après, Hatsuyo est assassinée chez elle dans sa chambre apparemment close. Dévasté, Minoura demande l’aide d’un ami, détective à ses heures, pour l’aider à retrouver la piste du criminel. Éliminé à son tour, ce dernier laisse néanmoins à Minoura une série d’indices dissimulés dans une étrange statuette. Des indices qui le mèneront jusqu’à une île mystérieuse où se déroulent des expériences inhumaines visant à transformer l’humanité. Roman-feuilleton fantastico-policier, baigné de sensualité et de perversion, Le Démon de l’île solitaire est un grand texte inédit du maître des « mauvais genres » japonais.

C’est au moment d’écrire cette chronique que je me rend compte que ce livre je le nomme « l’île du démon solitaire » depuis que je le lis !!!

Ma Chronique :

L’histoire pendant l’été 1925 au Japon. La première version en feuilleton date de 1929. C’est important de la préciser. J’ai accroché dès le début car il fait références aux romans d’Edgar Allan Poe, Gaston Leroux, Conan Doyle, H.G. Wells…  Je me suis demandé dans un premier temps pourquoi une jeune maison d’édition se mets à publier un texte certes inédit en français mais qui date un peu ???  La réponse qui me vient après avoir refermé le roman c’est : « parce qu’il y a des lecteurs qui aiment ce genre littérature… et j’en fais partie ! Merci donc aux passionnés qui dénichent de jolies perles». Je remercie  La voie des Indés de mettre en avant des maisons d’éditions tel que Wombat. Même si je ne mets pas la note maximale car il y a des petites choses qui m’ont agacée en tant que lectrice d’aujourd’hui c’est un coup de cœur ! Il y a cependant des hauts et des bas qui sont liés au fait qu’il s’agisse d’un feuilleton publié sur un an.

Le narrateur prend le lecteur à témoin « vous allez voir ce qui m’est arrivé » etc. Le lecteur est impliqué, cette façon de raconter nous rapproche de l’oralité. D’entrée il nous annonce deux morts criminelles, la présence d’un médecin très spécial qui fait de drôles d’expériences et qui l’aime. Amour qu’il ne partage pas car Minoura est hétérosexuel mais il y a un je ne sais pas quoi d’ambigu.

On peut diviser le roman en trois parties : résolution de l’énigme criminelle (le comment), découverte du mobile et la quête du trésor, le tout étant lié.

La résolution des « deux morts impossibles » aboutit assez vite. Il y a un côté déjà vu mais c’est bien mené, un classique du genre. Des détectives amateurs avec leurs déductions. Pour les amateurs du genre c’est un plaisir de retrouver les mécanismes classiques. Heureusement des récits viennent étoffer l’intrigue (témoignages, confessions, anecdotes).

L’introduction d’extraits de journal intime dévoilant une histoire très étrange va étoffer le mystère. On imagine bien les lecteurs du feuilleton faire des bonds à chaque rebondissement. Même si le texte a été légèrement retravaillé on sent parfois les coupures et l’enchaînement avec l’épisode suivant.

L’accent est mis sur l’étrangeté des lieux, des gens et des situations que Mochio et Minoura vont explorer et vivre.

Qui restera vivant jusqu’au bout ? Le Happy End est-il au programme ? De nombreux revirements laissent le lecteur pantois.

Je laisse au lecteurs suivre les aventures et mésaventures des personnages de « L’île du démon Solitaire » et découvrir que ou qui se cache derrière ce titre mystérieux…

la voie des indés 2015

C’est toute l’année maintenant !

article précédemment publié sur canalblog

L’invention du dictionnaire

Frédéric Marais & Jean Lecointre

Les Fourmis rouges,  mai 2014, 30 p.,  17€

Lu dans le cadre de la voie des Indés 2014

Que ferions nous sans un dictionnaire ????

4 e de couv :

Au commencement du monde, la Terre fut livrée à ses habitants avec un épais mode d’emploi qui définissait et répertoriait toutes les choses existantes. mais un jour, c’est le drame : un cochon furieux dévore l’unique exemplaire du précieux ouvrage. Les Terriens sont perdus et le désordre est total…

Ma chronique :

J’ai choisi ce livre dans le cadre de la voie des indés 2014, car je ne connaissais pas la maison d’édition les fourmis rouges… j’ai très envie de l’explorer maintenant !

Le titre pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’un livre technique mais lorsque j’ai vu qu’il s’agissait d’un album ma curiosité l’a emporté.

Je l’ai lu dès que j’ai ouvert l’enveloppe. Ma première réaction « c’est drôle et décalé », je l’ai mis entre les mains d’un lecteur de Bd et lui ce qu’il a retenu c’est le message « c’est ensemble que l’on pose les bases d’une société », troisième lecteur mon diablotin qui va sur ses sept ans. Alors lui il est resté bouche bée, il a dû se dire qu’il y a des adultes qui font des drôles de chose ! « Alors tu as aimé » il a hoché la tête les yeux écarquillés ! On le relit demain, il m’a répondu un « oui » rêveur. Je sens qu’il va regarder de plus près ses images de monde sans dessus-dessous…

Le côté illustré de l’ouvrage est un assemblage de photos aux différentes teintes. Il est très très coloré. Ces détournements de photos qui font penser aux années 50-70 donnent parfois des choses assez surréalistes.

Quand aux questions évoquées, elles sont pleines de bon sens, d’autres nécessitent un peu de réflexion. Pour ce qui est des réponses il faut aller chercher le dictionnaire ! Ah que deviendrait le monde sans ce fameux dictionnaire ! Accessoirement j’ai appris que le premier dictionnaire à 320 ans !

C’est un album qui s’adresse à tous les âges et à tout type de curieux avec de l’humour et de l’imagination.

Je remercie Libfly et les Étions les fourmis rouges.

SAM_6132 (1280x868)
fourmis rouges

Article précédemment publié sur Canalblog

La muraille de Chine

Franz Kafka

Éditions Aux Forges de Vulcain, mai 2013, 89p., 10 €

LU DANS LE CADRE DE « LA VOIE DES INDES 2013 » LIBFLY / AUX FORGES DE VULCAIN

4 e de couv :

Entre 1917 et 1922, Kafka est marqué par la fin de l’Empire austro-hongrois, l’émergence de l’antisémitisme et du sionisme, mais aussi par la vague d’intérêt, mêlée de crainte, que suscite la Chine depuis le début du XXe siècle. Il rédige alors plusieurs nouvelles où, pour évoquer le thème, classique chez lui, de la difficulté des hommes à organiser leur vie commune, il place ses récits dans une Chine imaginaire, inspirée de ses lectures. Elle devient pour lui l’archétype d’un territoire trop vaste, impossible à administrer, et difficile à défendre contre les menaces extérieures. En rassemblant ces textes, et d’autres qui leur sont liés, ce volume offre un éclairage nouveau et révélateur sur son œuvre.

Ma Chronique :

Je remercie « la voie des indés » organisé par Libfly en partenariat avec Aux Forges de Vulcain.

Pour ai-je choisi ce recueil de nouvelles ? Parce que j’ai lu plusieurs fois « la Métamorphose », sans avoir le courage d’affronter un roman ? Ou parce que un héros de Murakami était un passionné de Kafka (et que j’ai adoré ce roman)…

Mais en fait, c’est le titre qui m’a attiré… « La Muraille de Chine », je ne pensais pas que cela intéressait les auteurs tel que Kafka.

Qui dit recueil de nouvelles, dit choix d’un traducteur ou d’une maison d’édition, trouver une ligne directrice n’est pas chose aisée.

Pour la plupart des textes choisis, j’y ai vu une recherche sur le thème de la construction et sur des choses grandioses : la muraille de Chine, la tour de Babel, Poséidon, Don Quichotte (mon héros !). Mais on y retrouve l’union des gens. Architecture de la ville et de la société.

Ce recueil débute par une excellente introduction qui donne les clés pour comprendre les textes de Kafka. Il est difficile après cela de dire mieux. J’ai trouvé aussi très intéressant les notes et les références aux différents textes originaux, dont je ne connaissais pas cette particularité.

La longueur des nouvelles est très variable cela va d’une dizaine de lignes à une vingtaines de pages. Certaines histoires nous laissent  pensifs. Notamment «  le prochain village » ou « La vérité sur Sancho Pança ».

J’ai beaucoup aimé la conclusion dans « le timonier ».

Certaines histoires commencent par des descriptions, on dirait qu’il nous décrit un tableau comme dans « le Chasseur de Grachus ».

En fait chaque nouvelle a une particularité et parfois on a du mal a appréhender tous les tenants et les aboutissants.

Ce livre donne envie de continuer à explorer l’univers assez tortueux de Kafka.

Je remercie Libfly et les Éditions Aux Forges de Vulcain.

NB :

Ma Chronique se terminait là quand une autre lecture est venue me questionner. en parallèle avec mes lectures de ses dernières semaines je lis « L’Europe et la Profondeur » de Pierre le Coz aux éditions Loubatières. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis qu’il y avait un chapitre sur Kafka et en particulier « la Muraille de Chine ». Il était dit que je devais lire cette nouvelle maintenant. Lorsque je lu le chapitre en question je me rendis compte que je n’avais pas mesuré l’importance de la nouvelle de Kafka et je me replongeais dans cette nouvelle d’une vingtaine de pages à la lumière de ce que je venais de lire. Cet exercice que personne ne m’obligeait à faire me permis de mettre d’un côté le texte source, l’étude de Pierre Le Coz et mon humble réflexion… Bon on ne tirera rien de ma petite tête… mais je vous laisse essayer par vous même et on en reparle ! J’aurais au moins essayé !

Article précédemment publié sur Canalblog

Le luth d’ébène

Panagiotis Agapitos

Trad. Constantin Kaïtéris

Anacharsis, mai 2013, 399 p., 23 €

LU DANS LE CADRE DE « LA VOIE DES INDES 2013 » LIBFLY /ANACHARSIS

Empire byzantin, mai 832. Envoyé en ambassade auprès du calife al-Mamun de Bagdad par l’empereur Théophile pour négocier la paix, le Premier secrétaire impérial Léon arrive à la ville frontalière de Césarée, en Cappadoce, dernière étape avant d’entrer en territoire musulman. Paisible en surface, la ville est en réalité un chaudron en ébullition. Des silhouettes furtives se glissent le long des ruelles obscures du quartier arabe ; les rumeurs d’une guerre proche commencent à circuler ; le stratège, commandant militaire de la ville, n’est plus que l’ombre de lui-même, et non loin des ruines de la vieille ville on ourdit des complots pour assouvir les désirs lubriques de certains. Et qui sont ces moines patibulaires venus réclamer justice ? Lorsque le corps atrocement mutilé de la fille de treize ans du juge de la cité est découvert hors des murs, le commandant, débordé, se voit obligé de demander l’aide de l’ambassadeur. Jusqu’alors, le Premier secrétaire avait coulé les jours tranquilles de la vie d’un haut fonctionnaire. Célibataire et solitaire, fasciné par les romans d’amour, il s’adonne à la musique sur un luth d’ébène de facture arabe. Désormais, il va devoir entrer dans la danse des masques, enquêter dans les casernes, les tavernes et les bordels de Césarée ; pour la première fois, il va être amené à résoudre des crimes.

Ma chronique :

J’ai lu ce roman grâce à l’opération « la voie des indés 2013 » orchestrée par Libfly, j’ai ainsi découvert une maison d’édition de Toulouse. La couverture est un reflet du contenu, même si avec le titre j’aurais bien vu un luth. Le livre est agréable à lire on n’a pas de difficultés pour lire l’intérieur, ce qui évite de casser le livre et ses mains ! Le papier est de bonne qualité et l’écriture aérée. Le plaisir peut commencer.

Le luth d’ébène est un polar médiéval aux multiples facettes.

Nous sommes à Césarée en Cappadoce en 832, c’est un décor et une époque que je découvre.

La postface nous instruit sur les choix de l’auteur. Elle est très intéressante.

Le glossaire n’est pas de trop à la fin… effectivement dans un premier temps j’ai eu un peu de mal avec le vocabulaire administratif grec mais on a vite fait de passer outre ce détail.

La carte de la ville je l’aurais préférée en début de livre, même si je ne m’y suis pas trop référée car les évènements se passent toujours dans le même secteur.

D’une part nous avons une ville fortifiée, une ville pas tout à fait  fermée car en travaux de reconstruction, va devenir le théâtre d’une série de meurtres sordides. D’autre part une guerre se prépare non loin. On joue avec ouvert/fermé, intérieur/extérieur, ici et là-bas… Des tensions vont voir le jour …

Il semblerait que l’auteur développe sont histoire autour des sept péchés capitaux. La cupidité, l’avarice, les rivalités, la jalousie, l’envie, l’orgueil, la luxure, le pouvoir, la paresse et la gourmandise sont aussi de la partie. Mais l’amour, l’amitié et la justice ne sont pas loin.

Un assiste à une escalade dans la violence.

Des complots et des manipulations ne vont pas arranger le protospathaire pour son enquête. Certains vont en profiter pour exacerber les tensions entres les chrétiens et les musulmans.

L’auteur joue avec ses personnages comme avec des marionnettes qui se déguisent. Qui est qui ? Il va nous ménager quelques rebondissements qui dynamisent l’histoire.

Le thème de la paternité et de la transmission… à travers les rêves le père de Léon va lui permettre de mettre en place ses idées. Lui-même va revêtir le rôle du tuteur.

Le passé qui refait surface… la justice doit être faite et les chose finissent par reprendre leur place.

Quand au mystérieux criminel j’avais trois suspects mais certaines fausses pistes nous font douter.

Vous l’aurez compris j’ai vraiment été emportée par cette histoire. C’est un premier roman, à quand la traduction des deux autres romans qui font suite ???

Merci et à bientôt !

Article précédemment publié sur Canalblog

L’enchantement des Lucioles

Valérie Tordjman

Le Passage Éditions, 2012, 140 p.

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT LIBFLY / LA VOIE DES INDÉS

4 e de couv :

Vers 1850, pour rejoindre son époux à la manufacture hollandaise de Nagasaki, Alexandra van Polder brave les océans et les convenances. Avec elle, débute la saga océanique des Polder. Entre le Japon et l’Amérique, c’est le choc de l’Ancien et du Nouveau Monde, des histoires d’hommes qui domptent les mers et de femmes qui se jettent à l’eau par amour, une merveilleuse alchimie d’image et de magie qui se rejoignent par-delà le temps et les océans jusqu’à Sarah, son arrière-arrière-petite-fille. Et à travers ces êtres de chair et de passions : l’odeur du rivage, le bruissement de la soie, l’arrivée des immigrants sur l’île de Manhattan, la construction du Brooklyn Bridge et partout, d’un continent à l’autre, d’un siècle à l’autre, de l’eau, l’eau primordiale, miroitante, dangereuse.

Mon billet :

Grâce à Libfly partons à l’aventure avec les indépendants. Si je ne fais pas erreur c’est le premier roman de chez « Le Passage-éditions » que je commente. Une couverture sobre avec juste le nom de l’auteur et le titre sur un fond crème. Un bandeau rappelle la quatrième de couverture et le dos du livre en bleu roi. Le bandeau blanc/bleu rappelle les vagues ou les nuages, une vrai invitation au voyage.

Ce partenariat est aussi pour moi l’occasion de découvrir un auteur qui n’en ai pas à son premier roman.

Ce roman se compose de deux parties :

– Alexandra Van Polder 1854

– Sarah Polder 1975

Deux femmes qui ont vécu grâce à la photographie, mais avec deux parcours différents. Leurs conceptions de la vie et de l’art photographique sont différentes. Ce n’est pas seulement, l’évolution de la technique qui sépare ces 5 générations.

Alexandra sera plutôt un photo-reporter avec sa « vérité fixée » (p.43) et Sarah une artiste photographe avec sa « magie / image ».

Des petits chapitres allant d’un paragraphe à deux pages. Des idées concentrées avec des phrases que l’on sent très travaillées, avec des énumérations et des images, une certaine accumulation.

Les descriptions des personnages sont plus des esquisses. On baigne dans la lumière et la couleur.

C’est un type de roman qui a un certain charme et une certaine poésie mais qui peut dérouter le lecteur. Il y a un je ne sais quoi qui me fait penser à l’écriture de Christian Bobin dont j’apprécie la qualité et l’univers avec des personnages forts.

C’est un roman bref sur deux femmes particulières. J’ai plus apprécié le parcours de la première avec la métaphore de l’eau. Cette thématique englobe aussi un aspect sexuel plutôt sensuel. Alexandra la rouge qui ira au Japon retrouver brièvement son époux et elle va aller se fixer en Amérique. Nous avons les déplacements : Hollande/Japon / Hollande / Amérique.

Dans l’histoire de Sarah on sent un malaise, une fin de cycle. Elle aura du mal à trouver sa place et sa destinée. Là les déplacements sont Amérique / Europe / Amérique.

C’est un récit qui parle de l’illusion de la vie. On a un fil rouge avec Houdini le grand illusionniste américain, issu de l’immigration, un pur produit de « american way of  life » (p.78). Le titre représente les insectes, la lumière et le côté éphémère de la vie.

Sarah semble le négatif d’Alexandra, le côté sombre de l’existence. 

On a aussi une suite de ponts : le pont au Japon, le pont de Brooklyn ou le pont du bateau. Lieux de passage, de transition, le mouvement et le vertige. Les chutes !

Je remercie  pour leur dynamisme et leur interactivité avec les lecteurs.

Une très belle découverte…

voie indés


Article précédemment publié sur Canalblog