Tant que durent les rêves

Roland Fuentès

Éditions Syros, fév 2019, 272 p, 16,95 €

Mes lectures Syros

tant que durent les rêves

4 de couv. :

Qu’est-ce qui donne à certains d’entre nous la force de croire en soi et de se surpasser ?  

Nathan fait de la natation en compétition, il s’entraîne sans relâche, mais depuis quelque temps le doute s’immisce en lui, la peur de ne pas réussir. Un matin, il se réveille dans la peau d’un fantôme, spectateur impuissant de son pire cauchemar : le vrai Nathan de chair et d’os vient d’arrêter la natation, il est en train de saccager sa vie. Il va alors rencontrer le fantôme d’Alicia, qui a renoncé à devenir écrivaine…

Ma chronique :

Ce roman est d’une grande vitalité, ça bouge, ça bouscule, ça s’affronte. Il est tendre aussi car il montre que chaque personne en elle le besoin de tendresse et de soutien. On s’attache aux personnages en fonction de son ressentie ou de son identification, ils ont tous leurs particularités et ils ne sont pas fait d’un seul bloc.

Roland Fuentès met en scènes des adolescents dans une phase de leur vie où le doute s’installe. Cela parle de passion, de volonté pour aller au bout de ses rêves  mais à quel prix ? Ce rendre compte qu’on s’est fourvoyé est difficile à admettre aussi.

On dirait que l’auteur joue avec son personnage. Tout semble aller bien pour lui, il pratique un sport qui lui plait, il est très bon dans ce domaine… et si on le mettait dans un milieu où les jeunes font la fête, ne se prennent pas la tête ? non se n’est pas sont truc… Si on lui trouvé une amoureuse qui n’a pas les même préoccupations que lui ? il s’en sort pas mal… Si on l’entourait d’idées négatives, son meilleur ami qui mène sa vie et qui ne va pas bien, sa copine qui est essuie des refus, sa prof  va mal ? Ajoutez à cela la compétition n’est plus un moteur, c’est un frein… hop sa part sombre commence à prendre le dessus … jusqu’où ?

Savoir s’écouter pour ne pas se laisser emporter, ne pas s’abandonner, c’est difficile à gérer en période de grand stress. Cela ne touche pas que le milieu sportif, on va voir d’autres cas. Que faire se cette petite voix intérieure qui vous pousse dans la mauvaise direction, encore faut-il savoir ce qui est bon, comment faire la part des choses ? En parler à qui ? voilà la grande question, chacun répondra en fonction de son point de vue…

C’est un roman sur les choix. Prendre la bonne décision et si tenir sans pour autant mettre en péril sa santé.

C’est un roman à la première personne, dans la première partie c’est  principalement ce que pense Nathan qui primera. Grâce aux dialogues on se doutera de ce que ressentent les autres personnages mais sans trop approfondir. Par la suite, avec la petite touche de fantastique, les questionnements ne sont plus théoriques. On dirait qu’on passe de passif (centré sur  soi) à actif (c’est maintenant que ça se passe et il faut agir).

Les trois jeunes adultes (17-18 ans) vont devoir trouver une solution. Pour ce faire on leur montre une « autre vie possible ». A eux de décider qui ils veulent être. Dis comme ça on pense à M. Scrooge , cependant c’est différent car on est pas dans la notion du bien et du mal.

Nathan va découvrir qu’il n’est pas le seul à vivre avec cette dualité interne. Il va prendre conscience que chacun trouve sa façon de surmonter ses doutes et sa part de négativité. Il va falloir qu’il revoit ses rapports aux autres, s’ouvrir aux autres,  car le rôle de l’entourage et l’amitié sont importants. La famille et le groupe, appartenance et cohésion forment un socle solide.

La dernière partie est une conclusion positive et bienveillante. Il faut  accepter les conséquences de ce burn-out, de cette sortie de route.  Tout n’est pas définitif, on peut changer de chemin ou prendre le temps de grandir.

On sait combien les adolescents peuvent être dans l’excès, dans l’absolu, tout devient dramatique ! Nathan et ses copains vont comprendre qu’ils ne sont qu’en phase d’apprentissage…

Je ne voudrais pas que vous pensiez que c’est un roman triste et sombre. Il y a de l’humour des chamailleries et taquineries d’adolescents.

J’ai bien aimé les passages qui parlent de la lecture et de la littérature et de la place importante chez certain physiquement avec la fameuse PAL et mentalement avec le côté évasion et concentration. On voit notamment que les sportif ne sont pas que des corps et des muscles et les futurs écrivains des lecteurs. J’ai rigolé en voyant dans les auteurs cités Laurence Fuentès qui a écrit « vivantes », ça ne serait pas plutôt Roland Fuentès et  « Vivant » ?

Ce roman confirme que j’aime beaucoup ce qu’écrit Roland  Fuentès.

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance

Qui en parle ?

Jangelis

L’éternel Ado

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