Encabanée

Gabrielle Filteau-Chiba

Folio, 6 janv 2022, 128 p., 7 €

Mes Lectures Folio

Rentrée Hiver 2022

En librairie le 6 janvier 2022

4e de couv. :

Lassée par un quotidien aliénant, Anouk quitte son appartement de Montréal pour une cabane abandonnée dans la région du Kamouraska, là où naissent les bélugas. « Encabanée » au milieu de l’hiver, elle apprend peu à peu les gestes pour subsister en pleine nature. La vie en autarcie à -40 °C est une aventure de tous les instants, un pari fou, un voyage intérieur aussi. Anouk se redécouvre. Mais sa solitude sera bientôt troublée par une rencontre inattendue…

Mes impressions de lecture :

L’histoire débute le 2 janvier alors j’ai eu envie de publier mon avis le 2 janvier… il sera en librairie le 6 janvier.

Ce roman m’a fait penser à certaines publications des Éditions de la Peuplade. Je ne connaissais pas cette autrice, ni la maison d’éditions « le mot et le reste » où le texte était publié auparavant, d’où l’intérêt de la réédition dans un petit format, folio permet une diffusion plus large.

La couverture de l’édition Folio nous mets tout de suite dans l’ambiance. C’est dépaysant !

Le froid ce n’est pas pour moi et j’étais bien contente de le lire au chaud par une belle journée ensoleillée de décembre. La narration débute le 2 janvier par -40 °c au nord du Canada.

Ce roman est un mélange de récit fictif entrecoupé  d’extraits de journal intime. On a l’impression que c’est Gabriel Filteau-Chiba qui a vécu cette expérience tellement on est dans l’ordre de l’intime.

On suit au plus près l’aventure d’ Anouk. Il n’y a pas de filtre. Cette jeune femme dit ce qu’elle fait et ce qu’elle ressent au quotidien. Petit à petit on découvre pourquoi elle est venue s’encabaner et vivre en ermite.

Il y a un paradoxe entre cet élan vital qui l’a mené  à quitter la grande ville et son travail et cette expérience où elle flirte avec la mort. On pourrait parler d’épreuve. Dans cette vie qu’elle a choisie la frontière entre la vie et la mort est ténue.

Elle est passée d’un extrême à l’autre, du bruit au silence, de la vie sociale à la solitude. Mais dans les deux cas elle était en danger.

La narratrice aborde des sujets actuels qui touchent le nord Canada mais aussi la planète. Des sables bitumeux au réchauffement climatique, de la surconsommation à l’activisme.

J’ai beaucoup aimé la progression dans ce qu’elle ressent au jour le jour, ses doutes, ses craintes, ses faiblesses et sa volonté.

Dans la narration il y a beaucoup de références culturelles, c’est le substrat qui lui permet de vivre, se rappeler de poèmes, de chansons, de textes etc.

J’ai aimé vivre les émotions fortes de cette narratrice, on se demande si on n’est pas dans la chronique d’une mort annoncée. Va-t-elle survivre ? S’en sortir indemne ?

Les derniers rebondissements relancent l’histoire…

Je remercie Folio pour cette découverte.

L’usurpateur

Jørn Lier Horst

Folio, Folio Policier 903, 2020 (VO 2013), 445 p., 8,50 €

Mes Lectures Folio

4e de couv. :

Dans la petite ville de Larvik, à deux pas de la maison de l’inspecteur Wisting, un homme mort depuis quatre mois est retrouvé chez lui, devant sa télé allumée. La fille de l’enquêteur, Line, décide d’écrire un article sur ce voisin disparu dans l’indifférence générale en pleine période des fêtes. Pendant ce temps, Wisting apprend la découverte d’un autre cadavre dans une forêt de sapins avec, dans la poche, un papier portant les empreintes d’un tueur en série recherché par le FBI. À quelques jours de Noël, par moins quinze et sous la neige, s’engage une des plus incroyables chasses à l’homme que la Norvège ait connues…

Voici une petite carte pour se repérer. Larvik c’est le point vert !

larvik

Ma chronique :

Je découvre une enquête qui met en scène  William Wisting un policier norvégien d’une cinquantaine d’années. Série qu’il a commencé à publier en 2004. Cette enquête est la dernière traduite à ce jour.

L’enquête ou plutôt les enquêtes se déroulent en 2011 en Norvège près de Larvik (voir carte). Nous allons débuter une enquête qui tourne court, un homme seul est trouvé mort chez lui. Cette enquête close pour la police va intéresser Line Wisting jeune journaliste fille de notre enquêteur. En parallèle on va suivre une nouvelle enquête, celle d’un homme trouvé mort sous un sapin, dans une forêt, mais là pas de doute c’est un meurtre, c’est donc la police qui va mener les investigations.

Les deux « enquêteurs » ne vont pratiquement pas communiquer entre eux. Le lecteur va donc suivre ces deux affaires en parallèle et en tirer ses propres hypothèses et conclusions. C’est parfois un supplice pour le lecteur car il a envie de dire à l’un ou à l’autre « parle lui ».

Les deux affaires vont se développer à un rythme relativement lent, des détails vont venir petit former ce grand puzzle bien plus vaste que prévu.

On a le temps de découvrir des habitudes des gens. Le temps voilà qui va être omniprésent, que ce soit la météo avec les chutes de neige, le froid qui s’installe en ce mois de décembre, ou que ce soit l’espace temps.

Ces intrigues vont explorer le passé, aller aux sources du drame, que ce soit les années 60 ou années 80, on va avoir des liens qui vont se tisser. Mais c’est surtout quatre mois avant les découvertes, mois juillet-août, qu’il faut trouver le fait déclencheur des cet enchaînement.

Petit à petit le rythme va s’accélérer. Des découvertes vont venir augmenter la pression. Les petites questions touchant au passé vont déclencher des avalanches inattendues. La tension va en s’intensifiant jusqu’au moment crucial. Ce crescendo sur la dernière partie mets les nerfs en pelote !

La solitude tient une place importante dans les drames. C’est d’ailleurs ce qui a motivé l’article de Line Wisting.

La famille est aussi une thématique qui va jouer un rôle. La généalogie et les liens qui se tissent au niveau mondial, les névroses que cela peut engendrer ou au contraires les liens forts qui unissent, tout aura son importance.

J’ai découvert l’expression « l’homme des cavernes » qui n’a rien à voir avec les hommes préhistoriques… je vous laisse le découvrir dans cette enquête.

Il est beaucoup question de cavités dans cette histoire, c’est lieux profonds où l’on cache des secrets plus ou moins intimes, mais je ne peux vous en dire plus.

J’ai beaucoup aimé voir nos deux enquêteur aborder leurs investigations avec chacun une façon de faire, le policier et la journaliste ne vont pas suivre les mêmes méthodes. Il y aussi les relations police et journalistes que dire et que faire… le droit à l’information la course au scoops… mais pas entre père et fille. Respect mutuel.

C’est une jolie découverte, quoique macabre, et je pense lire d’autres romans de cette série.

Je remercie Folio de leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog