Encyclopédie illustrée L’histoire du monde

Fiona Chandler et autres auteurs

Ill. collectif

Trad. Nathalie Lefebvre et Renée Chapsoul

Éditions Usborne,  oct 2021, 413 p., 17,50 €

Mes lectures Usborne

Mes  chroniques jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Une introduction très complète à l’histoire de notre monde – de la préhistoire aux temps modernes, en passant par l’antiquité et le Moyen Âge.
Des descriptions d’événements historiques, des reconstitutions de scènes à travers les époques…

Mes impressions de lecture :

Tout d’abord je tiens à préciser que ce n’est pas un ouvrage scolaire mais très instructif. Je le conseille aux enfants mais aussi aux adultes pour leur culture générale en histoire. Ceci posé c’est un livre pour les curieux. Le précédent ouvrage de ce type aux éditions Usborne date d’une dizaine d’année, c’était une bonne chose de l’actualiser.

Chaque sujet est traité sur une double page, on a donc sous les yeux tout le texte et illustrations. C’est assez bref avec des petits paragraphes. On n’a pas le temps de se déconcentrer et on peut toujours approfondir soit avec d’autres lectures soit avec Internet . Ce qui le rend aussi attractif ce sont les liens qui vous renvoient à leur site « quicklinks » et qui est sensé être mis à jour pour aller plus loin dans les explications selon les sujets.

Cet ouvrage comporte des cartes, des illustrations et des photos il est donc très attractif à l’œil. Les jeunes lecteurs pourront le feuilleter même s’ils ne savent pas lire ils auront de informations visuelles et pourront se diriger vers  un lecteur  pour avoir les informations.

Le seul bémol c’est la dernière partie, celle ne notre histoire récente. Les sujets abordés ne vont pas jusqu’à maintenant. Je sais bien que l’actualité est trop vaste mais certaines informations s’arrêtent en 2000. Je sais qu’il faut un certain recul. En tout cas cela m’a fait réfléchir sur ce choix éditorial, ce qui est une bonne chose un ouvrage qui pousse à réfléchir.

J’aime beaucoup, les frises historiques  où l’on voit les différentes parties du monde et ce qui se passait au même moment. C’est quelque chose qui me posait problème petite et encore parfois aujourd’hui.

Le glossaire est toujours très appréciable  car on a toujours du mal à avoir un dictionnaire à côté de soit et on évite d’aller sur un moteur de recherche qui nous distrait de la lecture en cours.

L’index est bien exhaustif pour pouvoir aller directement aux sujets que l’on recherche. C’est une autre façon de rentrer dans l’ouvrage.

C’est un bon départ pour rafraîchir ses connaissances et pour en acquérir. Pour les lecteurs de non fiction on peut , par exemple,  lire une double page par soir et noter les questions pour faire d’autres recherches. Mois je serais plutôt du genre à me plonger par période histoire ou à picorer c’est selon.

Je remercie les Éditions Usborne de leur confiance.

NB : Nous avions lu et apprécié avec mon fils « l’encyclopédie de géographie illustrée » une autre façon d’aborder le monde qui nous entoure.

Qui en parle ?

Jangelis

La dame d’argile

Christiana Moreau

Préludes, 9 juin 2021, 319 p., 18,90 €

Mes  Lectures Préludes

4e de couv. :

Sabrina est restauratrice au musée des Beaux-Arts de Bruxelles. Elle vient de perdre sa grand-mère, Angela, et a découvert, dans la maison de celle-ci, une magnifique sculpture en argile représentant un buste féminin, signée de la main de Costanza Marsiato. Le modèle n’est autre que Simonetta Vespucci, qui a illuminé le quattrocento italien de sa grande beauté et inspiré les artistes les plus renommés de son temps.
Qui était cette mystérieuse Costanza, sculptrice méconnue ? Comment Angela, Italienne d’origine modeste contrainte d’émigrer en Belgique après la Seconde Guerre mondiale, a-t-elle pu se retrouver en possession d’une telle œuvre ? Sabrina décide de partir à Florence pour en savoir plus. Une quête des origines sur la terre de ses ancêtres qui l’appelle plus fortement que jamais…

Mes impressions de lecture :

J’avais beaucoup aimé ces deux précédents romans qui eux aussi abordaient le thème des vocations des femmes. Des femmes qui sortent de leur condition attribuée par la société. La mise en avant d’un talent que ce soit dans le domaine de la musique, du tissage ou ici de l’art.

Christiana Moreau aime jouer avec le temps et différents espaces géographiques. « La Dame d’argile » ne fait pas exception.

Chaque chapitre est la mise en avant d’une femme dans cette lignée qui a conduit de l’argile et la restauratrice. Dans les premiers chapitres, on découvre des femmes au moment où leur vie bascule par leur volonté, leur ténacité. L’émancipation débute dans le cadre familial.

Restauratrice, elle ne va pas que restaurer des œuvres, elle va restaurer le nom d’une artiste, d’une lignée de femmes.

Christiana Moreau aime raconter des destins hors du commun, quelles soient fictives ou réelles. Elle nous emporte dans leurs bagages.

Les petites touches historiques m’ont appris des choses comme par exemple l’immigration italienne en Belgique et les accords politico-financiers dont ils ont été l’objet.

Les livres passerelles proposés : j’ai lu « La tresse » de Laetitia Colombani, j’ai dans ma PAL  « Chimères » de Nuala O’Faolain… il était dit que je devais lire « la dame d’Argile ».

J’ai beaucoup aimé les différents cheminements de ces quatre femmes. On commence par le point de bascule, le moment où elles partent. Puis l’arrivée sur les lieux où leur destin doit se déployer. Et enfin l’action, les conséquences. Ces quatre destins sont liés…

Ce nouveau roman de Christiana Moreau a su m’emporter dans ses trajectoires où l’amour bouleversera les destins. C’est un roman qui traite aussi de la transmission par les femmes.

L’aspect historique m’a permis de me plonger dans d’autres époques et apprendre des choses. La documentation exhaustive est introduite dans la narration de manière fluide. Une chronologie en fin de volume permet de se rendre compte des dates de la partie qui se déroule à la Renaissance.

La couverture est magnifique et représente le personnage historique.

Je remercie Préludes de leur confiance.

De la même autrice :

La sonate oubliée

Cachemire rouge

Le chant du perroquet

Charline Malaval

Préludes, janv. 2021, 315 p., 18,90 €

Mes lectures Préludes

Le Chant du Perroquet

4e de couv. :
São Paulo, 2016. Tiago, un jeune journaliste indépendant, fait la connaissance de son voisin, Fabiano, qui habite  le quartier depuis plusieurs décennies, avec un perroquet pour seul compagnon. Au fil de leurs rencontres, le vieil homme raconte son passé à Tiago, l’épopée d’une existence soumise aux aléas de l’Histoire. Le départ de son Nordeste natal pour participer à la construction de Brasília avec ses parents, son travail d’ouvrier dans les usines Volkswagen de São Paulo… et, surtout, il lui parle de la femme de sa vie, qui a disparu à la fin des années 1960, sous la dictature. Avec l’idée d’en faire le sujet de son premier roman, Tiago recueille, fasciné, ce palpitant récit et, son instinct de journaliste reprenant le dessus, il décide d’effectuer des recherches par lui-même.
Mais bientôt les pistes  se brouillent et le doute s’insinue dans son esprit.

Véritable ode à la transmission, à l’amour, à la résistance, Le Chant du perroquet nous offre également, grâce  à ses personnages inoubliables et à son écriture vive  et magnétique, un magnifique et vibrant hommage  à un Brésil immortel, celui d’hier et d’aujourd’hui.

Connaissez-vous les publications Préludes ? L’une de leurs particularités c’est de proposer pour chaque titre publié trois livres passerelles dans l’idée que si vous avez aimé ce roman vous aimerez peut-être ces trois autres. Alors je fais le contraire je regarde les trois proposés pour me faire une idée sur cette nouveauté. Dans ce cas c’est la présence de « La vie invisible d’Euridice Gusmão » (livre de Poche) « Les milles talents d’Euridice Gusmão » chez Denoël de Martha Batalha qui fut un coup de cœur et la référence à García Márquez qui m’ont donné envie de le lire. Et j’ai frôlé le coup de cœur.

Ce roman est une dragée. D’abord c’est tout doux et puis lorsqu’on croit que le sucre va fondre on  tombe sur l’amande … mais pas l’amande douce, une amande amère qui va vous réveiller les papilles.

L’histoire débute en 2016 et la rencontre passionnelle de deux jeunes adultes. Lui, Tiago, est journaliste freelance, un célibataire « freelance » aussi jusqu’à cette rencontre, on ne sait pas grand-chose de Juliana. Alors qu’ils sont dans cet état fusionnel, ils font la connaissance de Fabiano, le voisin de Tiago, qui va leur raconter sa vie depuis 1957… Entre ces deux allers retours entre hier et aujourd’hui c’est la petite histoire qui vient se mêler de la grande Histoire du Brésil. Histoire des mouvements sociaux et politiques et l’histoire de la musique. De la Samba à la Bossa nova on a en parallèle la passion de Tiago pour Juliana et celle de Fabiano pour Josefa. On sent monter les tensions sociales et les tensions sensuelles. On est dans le Brésil des grands drames, guerre de pouvoir et rivalités amoureuses.

D’entrée Josefa n’est plus avec Fabiano alors on se dit qu’il y a eu drame. On est donc dans cette attente. Le lien entre le présent et le passé c’est aussi la présence du perroquet Chico qui dit de drôles de choses et qui a un comportement curieux.

Histoire plaisante, intéressante qui va connaître un revirement sur le dernier tiers du roman. Un petit grain de sable va venir faire dérailler le train train dans lequel on était. Je n’en dirais pas plus, mais cette dernière partie c’est celle qui va donner une autre dimension à l’intrigue. Je vous laisse découvrir.

C’est un roman qui fait la part belle à l’oralité. Transmission des musiques de l’un à l’autre. Transmission des fragments de vies. Et ce Perroquet qui contribue à cette transmission. Que reste t-il quand tous disparaîtront ? Mais finalement les traces écrites prendront le dessus. Pour la musique se transmets avec toutes les variations personnelles, sauf les versions enregistrées. La mémoire est une thématique qui me plait beaucoup !

Ce que j’ai aimé en dehors des intrigues dont je viens de parler, c’est le personnage de Tiago. Ce journaliste qui veut écrire l’œuvre qui le fera connaître. Ce jeune homme qui est idéaliste, qui a des idées sur son travail de journaliste, sur celui d’écrivain et qui se laisse emporter par ce qu’il vit et entend. Il est comme aveuglé par ses émotions. Il faudra attendre le grain de sable pour qu’il reprenne les choses en main…

J’ai eu en flash des réminiscences du film « Orfeo Negro », et les romans de Vasconcelos et de Jorge Amado. Et en bande sonores Carlos Jobim, Chico Buarte, Vinicius de Moraes, Stan Guetz João Gilberto… des musiques que j’aime.  A la fin du volume l’autrice à mis la liste des titres cités, de quoi se faire une play list !

Je remercie les éditions Préludes de leur confiance.

Ne ramenez JAMAIS une Fille du Futur chez vous (1)

Nathalie Stagier

Editions Syros, février 2016, 429 p., 16,90 €

 Mes lectures Syros

fille du futur

4e de couv. :

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous…
…  Parce que pour elle, votre monde ressemble au Moyen Âge
…  Parce qu’elle sera envahissante, agaçante, imprévisible
…  Mais surtout, parce qu’elle détient un secret terrible. Et c’est à vous qu’elle va le confier.

Ma chronique :

Ce roman fait partie des livres qui ont une histoire particulière dans ma vie de lectrice. J’aurais dû le lire à sa sortie mais il y a eu un petit souci de transport… donc après un voyage dans le temps il m’ai parvenu (deuxième envoi) et j’ai pu le lire.

Entrons dans le vif du sujet ce livre est présenté comme « une comédie à suspens », un petit voyage dans le temps, de la SF jeunesse… Des lectrices me l’avait chaudement recommandé j’étais donc dans de bonnes dispositions pour découvrir cette aventure. Une belle surprise ! Oups ! Je vais trop vite !

Dans une première partie Nathalie Stragier joue avec tous les codes des ados. On est bien dans tout ce qui les intéresse ou les préoccupe. La famille, un  sujet sensible à cette période de la vie. Le besoin de s’émanciper, de s’affirmer, de sortir du cadre familial, de voyager et tous les conflits qui en découlent.

L’adolescence et son monde des apparences où l’image que l’on renvoi influence les relations, codes vestimentaires et comportementaux, l’importance de la beauté, les signes extérieur de popularité. L’auteure va jusqu’à intégrer l’élément fondamental de ce monde lycéen : « le sèche-cheveux ». J’exagère, d’accord elle ne parle pas du lisseur… Tout ce qui touche à la pilosité est un sujet sensible pour les jeunes générations !

Ce roman parle des relations entre les deux sexes que ce soit l’attirance ou les inégalités, mais bien d’autres sujets.

La confrontation avec cette fille du futur donne lieu à des scènes cocasses et d’autres qui font réfléchir, mais le ton reste celui de la comédie.

Si l’histoire avait continué sur cette trajectoire, je vous aurez dit que c’est un roman jeunesse plaisant. Mais l’histoire va prendre un virage plus complexe. On va aborder des sujets assez graves et amener des questionnements qui demande réflexion.

C’est un roman qui aurait sa place dans un cours de philo, car Nathalie Stragier soulève des sujets classiques de la SF et sur les voyages dans le temps mais aussi des sujets plus centrés sur les choix et leurs conséquences. Je pense qu’il pourrait faire l’objet de discussions philosophiques. C’est un roman qui peut faire réfléchir sous couvert de légèreté.

Les tournures prises par cette histoire m’ont surprise et on donné au roman une autre dimension, un autre intérêt.

Les personnages sont bien campés sur leurs certitudes, c’est donc la confrontation avec l’autre et une façon différente de penser la société qu’ils vont devoir appréhender. C’est très intéressant et Nathalie Stragier a bien mis en place ses balises. Évidemment on attend de voir les modifications dans les modes de pensée des personnages. Ce qui tient en haleine, qui va changer ? Andrea et Pénélope qui n’arrêtent pas de se répéter qu’elles n’ont que seize ans et que les événements les dépassent. Elles sont un peu démunies face aux événements.

Au fait, la couverture ne correspond pas vraiment au personnage de Pénelope, grande blonde et frisée !

Par contre, j’attendais certains développements sur un autre sujet (dont je ne peux parler) qui n’a pas été exploré… Il le sera peut-être dans le prochain roman. Le lecteur prend parfois un brin de fil et essai de rembobiner en se créant son propre scénario… Je verrai bien si cette intrigue secondaire va être traitée ou abandonnée. D’où mon impatience de lire le prochain épisode.

Lorsque l’histoire se termine on reste dans une attente… Les personnages sont attachants et il reste des choses en suspens même si l’aventure semble achevée… presque frustrée…

C’est un roman qui est bien dans la ligne éditoriale des Éditions Syros, l’adolescence et la société.

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog