Son espionne royale (7) et l’héritier Australien

Rhys Bowen

La Bête Noire, Éditions Robert Laffont, mai 2021, 363 p., 14,90 €

Mes lectures La bête Noire

Série : Son Espionne Royale

4e de couv. :

Comté du Kent, Angleterre, 1934.
Passer un smoking pour le dîner, utiliser une fourchette pour la viande, une autre pour le poisson… Franchement, quel intérêt à toutes ces simagrées ? C’est pourtant bien ce à quoi va devoir se plier Jack Altringham, héritier du duc d’Eynsford fraîchement débarqué d’Australie.
Pour l’aider, une seule candidate, la charmante Georgie. Mais, dès son arrivée à Kingsdowne Place, dans le Kent, elle découvre que certains membres de la famille d’Eynsford se donnent beaucoup de mal pour mener la vie dure à son élève. Et quelques jours plus tard, le duc meurt poignardé.
Aux yeux de tous, Jack est le suspect parfait. Sauf pour Georgie qui va tout faire pour démêler le faux du vrai entre petits secrets, rancune de classe et vengeance à froid…

Mes impressions de lecture :

Lorsqu’on suit une série on fini par prendre des habitudes, par exemple visuelles. Pendant 6 épisodes nous avions une couverture avec une charte graphique très identifiable, des couleurs vives, le personnage principal mis en avant et un bandeau avec le titre (je fais court, je ne suis pas spécialiste) et voilà que le tome 7 a une couverture différente. J’ai failli passer à côté en croyant que la série passait en petit format ce qui entraine généralement un changement. C’est un détail me direz-vous mais cela surprend. J’avais besoin de le dire. « Ah c’est lectrices qui aiment que les séries soient bien identifiables sur leur étagère ! ».

La question suivante est : « est-ce que le contenu à changé », car c’est là le plus important !  J’ai découvert une légère modification… rien un détail. Cette série fonctionne comme si la narratrice (et personnage principal) écrivait son journal intime. Ici point de date, l’indication de lieu  a été gardé. Il s’agit toujours du journal intime. Parfois dans sa façon de s’adresser à on journal on a l’impression qu’elle parle au lecteur.

Dans le tome précédent nous avons eu une hécatombe, des meurtres parfois déguisés en accident mais une série de meurtres. Point d’escalade ici, on se demande à quel moment le crime va avoir lieu. Rhys Bowen joue ici avec nos nerfs et ceux de ses personnages. On sent la montée en tension. Jusqu’au moment fatidique. Et l’enquête commence. Comme on est dans un cosy mystery ce qui compte c’est l’atmosphère et la mise en situation qui est importante, ainsi que l’humour. Tout y est !

Nous avons un nouveau lieu, une nouvelle famille aristocratique et donc une nouvelle galerie de portraits savoureux parfois à la limite de la caricature. Rhys Bowen force le trait sur les défauts de certains, ce qui contribue à rendre amusante la série. On retrouve quelques personnages emblématiques et surtout Lady Georgiana et Darcy. D’ailleurs leur couple a un peu évolué. Georgie va sur ses 24 ans… elle a mûrie depuis le premier épisode, un peu moins gaffeuse, mais elle a l’art de se mettre dans des situations difficiles !

Ce roman met en face à face l’aristocratie anglaise des années trente et le reste de la population. La domesticité  est en train d’évoluer mais dans ces grandes familles il y a encore des liens particuliers liés à la loyauté et à la tradition. Il y a des questionnement sur la place et le rôle des femmes, est abordé le thème de l’héritage…

Nous avons donc le monde de l’aristocratie, le monde artistique, le monde des domestiques et le monde des enfants, leurs relations sont parfois bien compliquées…

Arrive dans cette aventure un éleveur de mouton australien, qu’on a propulsé héritier du duché, pas du tout au fait des règles de conduites, cela donne lieu à des scènes cocasses et des incompréhensions entre ces deux continents.

La partie sexualité est menée par la mère de Georgie, son amie Belinda et un nouveau personnage Lady Virginia la vieille dame n’en rate pas eu pour parler de ses anciennes expériences amoureuses/sexuelles. Nous avons aussi le duc Cédric qui a un faible pour les jeunes hommes qui l’entourent.

Bien sûr lorsque le drame à lieu c’est un policier assez bourru qui vient enquêter Lady Georgiana va le seconder tant sur l’enquête que sur la diplomatie dont il faut faire preuve  avec la duchesse. Là aussi on frôle la caricature à effet comique.

Côté enquête les fausses pistes et les indices multiples ne laissent pas prévoir la solution. Que de rebondissements !

J’ai bien aimé cette aventure, j’ai appris des choses et j’ai passé un bon moment distrayant et c’est avec impatience que j’attends les prochaines mésaventures de Georgie.

Je remercie les Éditions Robert Laffont, La bête noire de leur confiance.

Sur ce blog :

Tome 1 Son Espionne Royale mène l’enquête
Tome 2 Son Espionne Royale et le mystère Bavarois
Tome 3 Son Espionne Royale et la partie de chasse
Tome 4 Son Espionne Royale et la fiancée de Transylvanie
Tome 5 Son Espionne Royale mène l’enquête et le collier de la Reine
Tome 6 Son Espionne Royale et les douze crimes de minuit

L’œil du Prince

Frédérique Deghelt

J’ai lu, sept 2014, 384 p., 14€

9782290072172

Mes lectures J’ai lu

4e de couv. :

Yann et Mona, Benoît et Anna, Alceste et France, Hugo et Mélodie… Du milieu du XXe siècle à nos jours, des couples se font et se défont, se mentent et se rendent fous d’amour, s’aiment et se veulent du mal. Au fil des époques, chaque personnage a un lien avec les autres. Une valse du temps, où les non-dits pèsent plus lourd sur la génération suivante, surtout quand le hasard (ou la fatalité?) prend plaisir à alourdir encore les héritages.

Ma chronique :

On ouvre le livre et on trouve non pas cinq chapitres mais cinq histoires à part entière mais lorsqu’on arrive à la fin, on comprend tout !

Cinq moments de vie, cinq époques et une belle galerie de portrait, cinq façons d’écrire.

En commençant j’imaginais quelques chose … j’avais l’impression qu’on allait vers un cheminement depuis la découverte de l’amour à ??? il y a un peu de cela et beaucoup plus.

Histoire 1 : 1988 Cannes

Mélodie presque 17 ans s’éveille à la vie. Elle a des convictions, des projets. Cette histoire parle d’acte de création, nouveau départ, nouveau journal intime. Elle écrit, elle est dans la genèse des évènements. Elle découvre la vie et la création grâce à la littérature, à la musique et au cinéma, mais aussi auprès de Pierrot qui l’aide à s’éveiller.

Qu’est-ce que vivre ? Que faire avant la mort ?

Conception.

Histoire 2 : 1964 USA

Yann en plein deuil, douleur extrême.

« A peine commencé, ce journal ne parle que de courage ou de lâcheté »

A nouveau on retrouve le questionnement autour du sens de la vie.

Vivre ou mourir ? Naître ou ne pas naître ? Enfants désirés ou pas ? « Parents inaptes à la vie »  on retrouve des questionnements que Mélodie se posera aussi.

État amoureux.

Histoire 3 : 1943 France

Échange épistolaire.

On retrouve les mêmes thèmes que précédemment. Rencontre de son autre moitié etc.

Deux autres personnages « Agnès et Alceste » avec des questionnements sur la portée de leurs actes et de leurs convictions.

Histoire 4 :

Les histoires commencent à converger.

Fin d’un amour, début d’une autre histoire. La vie comme elle va.

Toujours les thématiques de l’écriture et de la musique…

Histoire 5 : présent et passé.

Tout s’éclaire, toutes ses vies parallèles qui vont se croiser. Le monde est petit dit l’adage, ici l’auteur en joue.

Les vivants et les morts sont convoqués pour permettre de tisser un tableau avec Anna au centre. Toutes les scènes passées pour expliquer le présent.

J’ai été un peu déroutée par les trois premières histoires qui pourraient être des nouvelles à part entière alors que l’ouvrage m’avait été présenté comme un roman. J’avais bien vu que l’auteure jouait sur différents registres de narration.

Le « je » des deux premières parties va se transformer (je, il, elle, vous, Tu) jusqu’au « tu » qui s’adresse à la narratrice.

J’ai retrouvé l’univers de Frédérique Deghelt avec cette exploration des mots et des maux de l’âme. Ce questionnement sur qu’ai-je fais de ma vie ?

C’est le premier roman que je lis avec cette structure surprenant et intéressante.

Variation sur le même thème, deux amies et un homme / des amis et une femme. Une histoire qui se termine et une autre qui débute mais qui est qui ?

La couverture me laisse un peu perplexe qui est-elle Anne, Mona ou Mélodie ou l’image de l’amoureuse ?

Le titre : la vie serait-elle un théâtre ? qui regarde depuis l’œil du Prince ? est-ce l’auteure ou le lecteur qui regarde ces créature de papier et d’encre ?

J’ai beaucoup aimé ce qui touche à l’introspection et la transformation de ses sensations en mots ou en notes. Le thème de la réinterprétation de ce que l’on a vécu. L’acte de création associé au retour à la vie comme si créer insufflait la vie et l’énergie.

Je remercie les éditions J’ai lu de m’avoir permis de découvrir ce roman à sa sortie.

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100 livres 2014
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Article précédemment publié sur Canalblog