Toute une histoire

Hanan el-Cheikh

Trad de l’arabe Stéphanie Dujol

Éditions Actes Sud, 2010, 334 p., 23,20 €

Babel 8,70 €

Le mois de la littérature libanaise « mille (et une) lecture de Maeve

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Après la mort prématurée de sa grande sœur, Kamleh, onze ans, est promise à son beau-frère. Dans le Beyrouth des années 1940 où elle s’installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh devient mère mais reste follement éprise du beau Mohamed. Elle échange avec lui grâce à l’aide de ses amies des lettres enflammées, s’identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d’obtenir le divorce, au risque d’être séparée de ses deux filles… Portrait de la propre mère de l’auteur, femme du peuple analphabète, espiègle et fine, qui eut l’audace de transgresser les interdits de son milieu, ce récit donne également à lire plus subtilement l’histoire d’une fille qui, ayant grandi, peut enfin comprendre sa mère et lui dire combien elle l’aime.

Mes impressions de lecture :

Je ne connaissais ni le nom ni l’écriture de  Hanan El-Cheikh avant débuter ce mois de la littérature libanaise. Ce roman est un hymne à l’Amour et à la vie.

C’est un roman qui se divise en trois parties. Dans la première partie relativement courte l’autre parle au lecteur et parle à sa mère, puis dans un deuxième temps elle donne la parole à sa mère et c’est un récit magnifique et touchant qui nous transporte des années 30 à nos jours, le roman s’achève sur le présent (2001). La fin d’un temps, la fin d’un monde, la vie de vies…

A travers la vie de cette fillette devenue femme on va découvrir des changements dans la société libanaise. Comme beaucoup de gens elle est tellement dans le quotidien et ces problèmes à elle, que Kamleh ne réalise pas ce qui se déroule autour d’elle. La politique, la guerre tout cela est en arrière plan.

C’est une femme d’un grand entêtement, elle aura mis le temps mais elle est arrivée à convaincre sa fille d’écouter son histoire et de la coucher sur le papier. On se rendra vite compte que cette ténacité lui vient de l’enfance  et de son parcours de vie.

C’est une femme qui ne sait pas lire et écrire et son moyen d’expression c’est l’oralité avec les chansons et le pouvoir des mots, elle est très visuelle, la place du cinéma dans sa vie lui permet d’avancer et de rêver. On a tout un panorama artistique avec des titres de films et les répercutions sur sa vie, ainsi que la musique (jusqu’à la fin du roman). Elle est complémentaire avec Mohamed qui lui est un homme de l’écrit avec des poèmes et des lettres plein les poches.

Sa propre mère avait déjà un sacré tempérament mais son parcours de vie l’a brisée mais elle avait insufflé l’envie de vivre à sa fille. Kamleh es devenue femme trop jeune, elle est restée enfantine et fantasque. Elle fait bouger les choses à sa manière.  On a ainsi une « chaîne de femmes » qui a permis à l’autre de devenir qui elle est… et cette envie d’aller plus loin. De l’oralité à l’écriture.

On note combien la religion est importante dans sa famille mais elle n’est pas vécue de la même façon que ce soit les hommes ou les femmes.

C’était touchant de voir que cette gamine qui venait du sud du Liban et qui n’avait pas d’instruction ne comprenait pas « l’arabe égyptien » du film qui a marqué sa vie. On est dans les années 30 et il y a une fracture sociale qui passe par la langue. La langue qui pour elle est d’un autre pays. En France ou en Espagne il devait y avoir les mêmes problèmes entre les « patois » et la langue de la capitale mais y avait –il cette impression « d’un autre pays » ?

Le récit est parfois poignant car il retrace des parcours de vie pas faciles, cependant on rit beaucoup car Kamleh est un petit lutin espiègle.

Dans la première partie de se roman l’écrivaine parle de ces précédents romans et après avoir lu celui-ci elle m’a donné envie d’en découvrir d’autres. Je ne sais pas quand mais c’est un nom que je garderai.

Qui en parle ?

Maeve

Le mois de la littérature Libanaise (2)

Chers lecteurs,

Je participe au mois de la littérature libanaise organisé par Maeve, elle a déjà posté des chroniques, je vous laisse les découvrir. Comme je vous l’ai dis dans un précédent article je suis en train de lire « Eternalis » de Raymond Khoury un thriller ésotérique qui se déroule en partie au Liban, il me plait bien. Cependant j’avais fait des demandes à la médiathèque et je viens de récupérer trois titres. Je ne sais pas si je vais arriver à tous les lire pendant ce mois-ci, je vais faire tout mon possible pour les lire d’ici fin février. Même hors délai je veux découvrir cette littérature.

Je vous présente donc ces trois ouvrages (4e de couverture). Les avez-vous lu ?

4e de couv :
Cette anthologie réunit des textes inédits de douze écrivains libanais de langue soit arabe soit française invités par le Centre national du livre à sillonner la France pendant l’automne 2007. Nouvelles, extraits de romans, poèmes, bande dessinée, autant d’invitations à nous faire découvrir les mille et une facettes de la littérature libanaise contemporaine.

Les douze auteurs du présent recueil ont en commun d’avoir vécu de près ou de loin la guerre civile qui a endeuillé le Liban entre 1975 et 1990. Chacun de leurs textes porte donc la trace, même décalée ou en filigrane, de cette récente tragédie. Selon les multiples sensibilités de ce berceau de la culture moyen-orientale, nourrie de communautés confessionnelles si diverses, la littérature libanaise d’aujourd’hui offre un lieu de mémoire à un pays parfois tenté par l’oubli de lui-même.

Comme le souligne Mohamed Kacimi dans son avant-propos, cette anthologie annonce l’émergence d’une narration intimiste, d’un style qui sans renier sa tradition poétique semble moins porté au lyrisme et d’une génération d’auteurs femmes qui « bousculent la langue, les représentations et les tabous ».

« Les Belles Etrangères » Douze écrivains libanais , Verticales, 2007, 209 p.

Zeina Abirached, Mohammed Abi Samra, Abbas Beydoun, Rachid El-Daïf, Hassan Daoud, Tamirace Fakhoury, Joumana Haddad, Imane Humaydane-Younes, Elias Khoury, Charif Majdalani, Alawiya Sobh et Yasmina Traboulsi.

J’ai juste eu le temps de jeter un coup d’œil, j’ai vu qu’il y avait des non seulement des extraits de bande dessinée, de nouvelles, der romans, des poèmes… de quoi avoir un aperçu de ce qui se fait en langue arabe ou française. Il y a aussi un DVD. Je vous en parle dès que j’aurais le temps de l’explorer. C’est publié par « Verticale » cela laisse présager des textes décalés et recherchés.

« Toute une histoire » Hanan el Cheikh, Actes Sud, 2010, 334 p.

4e de couv. :
Dans ce récit tendre et drôle à la fois, Hanan el-Cheikh rapporte avec une scrupuleuse fi délité les confessions de sa mère analphabète, Kamleh, née au début des années 1930 dans une famille chiite extrêmement pauvre, au Sud-Liban.

Après la mort prématurée de sa grande sœur, Kamleh est promise à son beau-frère alors qu’elle n’a que onze ans. Dans le quartier populaire de Beyrouth où elle s’installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, Mohamed, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh a une fille l’année suivante, puis une seconde, Hanan, trois ans plus tard, mais reste follement éprise du beau Mohamed. Elle échange avec lui des lettres enflammées qu’elle se fait écrire et lire par ses amies, s’identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d’obtenir le divorce, au risque d’être séparée de ses filles…

Portrait finement dessiné d’une femme du peuple, rusée, truculente, enjouée, ce récit a été salué à sa parution, en arabe puis en anglais, par une presse unanime.

« Les anges de Millesgarden, récit d’un voyage en Suède » Alexandre Najjar

Gallimard, Le sentiment géographique, 2013, 207 p.

Fruit d’un voyage à Stockholm et à Göteborg, ce récit nous livre les premières impressions d’un écrivain libanais parachuté dans
un monde situé aux antipodes du sien. Avec érudition et humour, l’auteur nous décrit la Suède dans tous ses états, nous parle des
Suédois et de leurs coutumes surprenantes, et met en exergue les différences qui séparent le Liban et la France de cette planète
étrange. Plus d’une fois, le narrateur rencontre des anges. Comment s’en étonner dans un pays considéré comme un paradis?

J’ai bien envie de commencer par ce roman, car ce récit m’intrigue…

A bientôt !