L’extravagante histoire de Lucia Fancini

Guy Rechenmann

Éditions Cairn, Du Noir au Sud, fév 2022, 263 p., 10,50 €

Mes Lectures Cairn

4e de couv.

L’extravagante histoire de Lucia Fancini est un préquel de la saga du Flic de papier. Une enquête étonnante où l’on va découvrir l’origine du don de Léonard, médium chargé d’aider la police à résoudre les affaires les plus inextricables. Une véritable plongée dans le Bordeaux des années 60 sur les traces d’un destin hors du commun, celui de la petite Lucia.

Mes impressions de lecture :

Si vous me suivez vous savez que j’aime bien l’univers de Guy Rechenmann et sa façon de narrer les choses, j’aime aussi beaucoup le personnage d’Anselme Viloc.

 Ce roman n’est une enquête du « flic de papier », mais c’est une histoire qui lui est adressée. Le narrateur va donc l’écrire comme aime le faire son ami. J’ai bien aimé ce procédé qui permets à l’auteur de raconter une « enquête » à la manière de mais en mettant en scène d’autres personnages.

Le narrateur d’aujourd’hui porte un regard sur une histoire qui se déroule entre 1956 et 1960, mais on va se rendre vite compte que l’origine se situe durant la seconde guerre mondiale. Ce n’est pas un cold case, la résolution du mystère date de la fin des années 50.

On retrouve des thèmes qui sont très présents dans les romans de Guy Rechenmann, la seconde guerre mondiale et les secrets de famille qui en découlent, la communauté juive. J’ai appris des choses car je ne connaissais pas les lieux où se déroulent les évènements ni ce qui s’était passé pendant la guerre. Les traumatismes et répercussions sur les enfants et les survivants, font partis des sujets qu’explore souvent l’auteur.

L’autre thème qu’affectionne l’auteur c’est tout ce qui touche aux énergies, (aux forces telluriques ?) qui traversent les humains. Le narrateur va ressentir des choses. Cette part d’invisible qui interroge l’humain.

L’un des procéder d’écriture que j’ai aimé dans ce roman c’est l’utilisation d’informations indirectes. Comment chaque personnage distille les informations aux autres. Et notamment l’utilisation de lettres venues de loin qui amorcent certaines découvertes  et dont les lectures sont interrompues soit par les protagonistes qui commentent, soient parce qu’il faut attendre le prochain envoi. La notion de temps est liée à l’époque cela donne différents rythmes.

J’ai adoré les différents stratagèmes pour obtenir des réponses que ce soit nos trois mousquetaires ou d’Artagnan … des amitiés se créent au fur et à mesures des rencontres. L’humain est au cœur de tout même si on commence à voir arriver la technologie.

C’est un roman du souvenir, on a donc toute une part de mémoire, la société en pleine mutation, l’arrivée du confort domestique et de l’électroménager etc.  On a beaucoup de marques qui viennent créer un ancrage culturel. Un peu trop à mon goût, mais c’est très personnel, pour d’autre cela apprendra ou rappellera des choses.

J’ai bien aimé cette histoire singulière, nous avion le flic de papier, nous avons maintenant un flic de crayon ! Le verra t-on à l’action dans une enquête en cours ? À quand le prochain Anselme Viloc ?

Je remercie les Éditions du Cairn de leur confiance.

Anselme Viloc

Chers lecteurs,

Depuis quelques mois j’ai crée ce nouveau blog, le rapatriement de mes anciens article de mon blog précédent ce fait petit à petit. Il donne lieu à une nouvelles mise en page, correction de certaines erreurs, de nouveaux liens etc.

J’ai aussi voulu faire cette présentation car j’adore quand une série est publiée dans une même maison d’édition, cela fait un ensemble harmonieux, même s’il y a ici deux tailles de livres !

Mais cela me donne envie aussi de faire des articles où on retrouve les liens vers les chroniques d’une même série, d’un même auteur.

Je profite de la sortie de « À la place de l’autre » chez Cairn Éditions pour vous remettre la liste des titres de la série « Viloc Anselme » et partager avec vous le plaisir de lecture de cette série.

Je sais que Guy Rechenmann n’aime pas que certains parlent de roman policier de terroir, mais pour moi ce n’est pas péjoratif. Cette série se déroule principalement dans le Bassin d’Arcachon et le Cap Ferret. Cela m’a donné envie de découvrir les lieux qu’il connait bien et qu’il affectionne.

Au mois d’Octobre 2020 j’ai pu faire une halte à Arcachon le temps d’une balade. Il faisait beau. J’ai pu aussi me rendre compte de la distance entre Bordeaux et Arcachon etc. Je n’ai pas eu le temps de revoir l’auteur que j’avais rencontré à Collioure en Août 2018 au festival du livre « d’une mer à l’autre ».

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J’ai lu les romans dans le désordre, et dans une ancienne version pour à la place de l’autre, ce n’est pas gênant pour l’enquête qui est résolue mais pour l’évolution des personnages on a des choses qui sont dévoilées.

Je me suis attachée à ce personnage très touchant par certains aspects. Dans cette série chaque enquête est prétexte à découvrir des faits historiques ou d’autres sujets se rapportant à la mémoire. Les personnages qui gravitent autour de lui sont aussi intéressants.

Je vous ai mis les nouvelles photos avec les liens vers la maison d’édition. Pour les amateurs il existe des versions numériques sur le site.

Je vous souhaite de bonnes lectures, moi je vais attendre une nouvelle enquête…

Si vous voulez découvrir un peu plus l’auteur je vous conseille d’aller sur son blog : Cliquez ici

Voici les liens vers les chroniques que vous trouvez sur ce blog.

Flic de papier

Fausse Note

A la place de l’autre

Même le scorpion pleure

Une étoile en enfer

L’extravagante histoire de Lucia Fancini

Ci dessous liens vers Cairn Éditions :

Une étoile en enfer

Guy Rechenmann

Éditions Cairn, mars 2020, 293 p., 11 €

Enquête 5

étoile en enfer

4e de couv. :

Fait rarissime, une montagne s’écroule en 1248. Dès lors les crimes commis sur le versant du mont Apremont, dans la vallée de la Chartreuse, ne seront jamais élucidés. C’est sans compter sur la pugnacité d’Anselme Viloc, le flic de papier, qui, confronté à la fois au mystère du naufrage d’un chalutier d’Arcachon et à la disparition d’une jeune fille du pays partie en apprentissage à Paris chez un cuisinier en devenir, va, non sans mal, arriver à remonter le temps. Anselme Viloc, le savoyard adopté par le Bassin et ses humeurs, est devenu une référence dans le domaine des « crimes à haute probabilité de non-résolution », c’est son patron le commissaire Plaziat qui l’affirme et il va, encore une fois, nous en faire une brillante démonstration.

Ma chronique :

C’était avec impatience que j’attendais ce roman. Je devais le recevoir avant le confinement mais l’enveloppe c’est perdu dans la confusion. Et ce n’est qu’après le déconfinement que j’ai pu en recevoir un exemplaire.

Je disais donc que c’était un roman attendu. C’est la cinquième enquête (4 publiées chez Cairn Editions) que je lis. Le personnage récurrent me plait, ce n’est pas un policier assez particulier. Il a autour de lui un petit cercle d’intimes qui l’aident et l’accompagne. Dans cette enquête ils interviennent assez peu au quotidien mais le peu de fois où ils apparaissent lui apportent un grand soutien.

Ce que j’aime c’est aussi qu’il est heureux en amour. Enfin si on veut car c’est à croire que le destin s’acharne sur eux pour essayer des les séparer.  Dans cet épisode Sylvia frôle la mort et va être en convalescence tout le long. Elle sera quand même d’un grand secours pour l’aider dans ses réflexions avec son amnésie. J’ai découvert des techniques pour recouvrer la mémoire après un traumatisme que je ne connaissais pas. C’est ça aussi cette série apprendre des choses… et ici ce ne sera pas la seule !

J’ai découvert aussi le mot  « béatilles » et d’autres choses dont je ne peux parler pour ne pas dévoiler le mystère, les secrets de cuisine ! Qui sont le cœur de cette enquête.

Nous avons donc notre gentil Anselme qui se fait du mauvais sang pour sa moitié et qui devra pourtant poursuivre sa quête.

En fait d’enquête nous allons en voir trois. Elles semblent en apparence être différentes et sans liens et pourtant ! Une des particularités d’Anselme Viloc c’est de sentir des liens souterrains  qui relient des événements aux quatre coins du monde, comme si des forces telluriques qui tisseraient des réseaux invisibles. On le voit rêveur et pourtant c’est un être très attaché aux racines.

Après avoir résolu le secret de sa naissance il est passé à autre chose concernant son passé. Un souvenir d’enfance, une quête sur un mystère qu’il a découvert du temps où il habitait du côté de Chambéry.  Un mystère ancien qui n’a rien à voir avec son histoire à lui. Mais alors qu’il s’est décidé à faire des recherches deux autres mystères vont se présenter à lui. Vont-ils l’arrêter ou au contraire le pousser à aller plus loin ? L’actualité va-t-il le stopper dans ses recherches sur le passé ?

Le temps, l’espace temps est important dans les enquêtes de Anselme Viloc. Ce substrat que forme le passé est là, va-t-il s’enliser ou au contraire s’en nourrir ?

Quand je parle de temps je pense aussi à  l’époque choisie par Guy Rechenmann pour le déroulement de ces aventures, les années 90 avec sa technologie de l’époque.

Une autre des spécificités de la vie de ce personnage c’est le besoin de se raccrocher au lieu de vie. Il est très attaché au Cap Ferret et ses environs proches, mais cela ne l’empêchera pas de se déplacer et de nous faire voyager.

Il faut attendre la fin pour comprendre pourquoi ces différentes enquêtes vont se faire écho.  Le lecteur comprendra des choses mais c’est Anselme qui nous tissera la toile finale.

C’est un roman à la fois à la première personne (Anselme Viloc narrateur) et à la troisième personne mais c’est toujours Anselme qui est dans le point de mire.

Il ne me reste plus qu’à attendre le prochain épisode !

Je remercie les Editions Cairn de leur confiance.

cairn

Sur ce blog :

Flic de papier

Fausse note

A la place de l’autre

Même le scorpion pleure

Flic de papier

Guy Rechenmann

Éditions du Cairn, 2018, 241 p., 10 €

Enquête 1

flic de papier

4 e de couv :

Un homme disparaît au Cap‐Ferret.
La disparition, c’est une blessure jamais refermée et c’est l’histoire d’Anselme Viloc.
Bizarrement dans cette affaire il n’y a pas le moindre embryon de piste. De plus, ici les gens parlent peu aux étrangers, encore moins aux flics ! Par chance il a noué des liens avec Éric le jeune pilote de la navette et David, le patron de l’Escale. Eux, ils connaissent du monde !
Ce roman vous entraîne dans un univers aux énigmes imbriquées, rythmées par les humeurs d’un bassin d’Arcachon imprévisible et la réapparition d’un amour perdu….

Ma chronique :

J’ai découvert cette série par le T3 et et T4. Il était temps que je commence par le début. Je vous recommande fortement de lire cette série dans l’ordre car ce qui fait le charme de ces aventures c’est ce qui arrive au policier qui enquête.

Je me suis régalée à remonter vers la source. C’est un peu comme si on vérifiait que l’auteur ne nous a pas raconté des mensonges plus tard ! Il y a des petits détails qui sont comme des clins d’œil pour le lecteur qui lirait comme moi les tomes à l’envers, je pense notamment au magnétisme et circulation d’énergie sujet développé dans un autre roman, mais chut ceci est une autre histoire !

Le tome 1 d’une série c’est là où tout doit se jouer pour avoir avoir envie de poursuivre avec les épisodes suivants. C’est aussi le tome où l’on présente les personnages, exercice délicat ne pas trop en dire pour en laisser pour la suite et en même temps en dire assez pour commencer à cerner le personnage principal. Dans ce premier épisode l’équilibre est maintenu. Et sans spolier il utilise une ruse pour faire agrandir son cercle (désolée de rester énigmatique), très astucieux !

Si vous aimez le bassin d’Arcachon, vous y retrouverez des lieux emblématiques. Et vous aurez envie d’iode, d’huîtres et de vin blanc…

Si vous aimez les chats alors vous allez être servis en histoires très spéciales et vous aurez envie d’en caresser un.

Si vous aimez les chevaux et les courses hippiques je vous pari que vous allez en entendre parler !

Si vous aimez les histoires de belles rencontres, vous serez gâtés. Anselme Viloc est très attachant et touchant.

Si vous aimez les histoires qui se passent fin des années 80, vous y retrouverez des scènes comme on n’en voit plus, des salles de PMU enfumées et un téléphone gris à fil !

Si vous aimez les enquêtes où tout n’est pas résolu en 24h chrono, sans course poursuite, ni des litres hémoglobine alors ce roman est pour vous.

Cela commence par une disparition et cela fini par …[je ne dois pas spoiler] mais tout ne fini pas bien… J’allais dire que la boucle est bouclée mais c’est comme un ruban de Moebius.

Si vous aimez ce roman il vous reste 3 autres épisodes déjà publiés pour continuer à vous faire plaisir.

Car il vous reste bien des choses laissé en chantier pour vous donner envie de découvrir plus amplement Anselme Viloc.

Et l’enquête me direz vous ? Il suffit de savoir que sans la ténacité d’Anselme il n’y aurait peut-être pas eu d’enquête. Il va mettre le temps qu’il faut mais il résoudra quelques mystères. C’est un flic de papier car il écrit de beaux rapports mais c’est aussi un flic de papier car je n’imagine pas que dans la police réelle cela se passe pas ainsi même dans les années 80. C’est la magie de la fiction !

Petite info le tome 2 vient de sortir dernièrement aux Éditions du Cairn.

J’adore la couverture de ce tome ! Ce côté sombre et morbide autour de la mort, ce n’est pas le numéro de la Bête mais presque, ahahah!

Vous l’aurez compris j’aime beaucoup cette série, Anselme Viloc est si humain que l’on croit connaître pour de vrai ce personnage.

J’espère que l’auteur ne surveille pas trop la météo et qu’il écrit d’autres épisodes…

Je remercie C, pour ce cadeau.

cairn

Article précédemment publié sur Canalblog

Même le scorpion pleure

Guy Rechenman

Éditions Cair, 2018, 230 p., 16 €

Enquête 4

 Challenge The Black November 2018

scorpion pleure

4e de couv. :

Il est des sourires qui camouflent la peine. D’autres cachent la malice, voire le vice, tel celui qu’Anselme Viloc voit se dessiner sur les lèvres de l’une des personnes présentes à l’enterrement de son ami Augustin. Augustin, le colosse, l’indestructible, pourtant mort subitement.
Un viager, une mort inattendue, et ce sourire… Un sourire qui le dérange, le hante même… Anselme, le flic de papier, doit comprendre, mener l’enquête pour chasser cette peine qui l’étreint.

Ma chronique :

On m’a offert ce roman car j’avais l’intention d’aller voir l’auteur et son attachée de presse/épouse au festival du livre de Collioure en septembre. Non seulement, je n’ai  eu   le temps de  lire ce roman à ce moment-là, mais je n’ai pu y  aller.

The Black November organisé  par Severine Lenté sur Facebook a été le petit déclencheur pour sortir ce livre de ma PAL. Dans la catégorie -300 p.

J’avais découvert le personnage Anselme Viloc dans « A la place de l’autre »,  j’ai bien aimé cet inspecteur de police assez original qui aime suivre ses intuitions ainsi que d’autres personnages récurrents qui forment une sorte de clan.

Avec les enquêtes d’Anselme Viloc, on fait un petit bond au début des années 90… pas de portable, pas d’internet… on se sert de sont réseaux social, on cherche dans les livres, on demande conseil au libraire du coin…

Dans cette série, on a plusieurs trames : la vie de famille et les amis, la vie intime, l’enquête. Parfois tout se mêle et des interactions inattendues vont permettre de résoudre l’une ou l’autre des quêtes. Dans l’histoire précédente il restait en suspend une étape dans sa quête intime.

Les vacances de cet inspecteur ne vont pas être de tout repos.  Il va mettre en évidence la possibilité d’une escroquerie au viager. Son sens du détail et d’observation va lue mettre sur cette piste insoupçonnable.

D’autre part il continue ses recherches sur ses parents, il est né sous X le 13 novembre 1952 du côté de Lille mais il ne retrouve aucun dossier à son nom… Cette particularité le rend attachant car il semble émotionnellement fragile et hypersensible.

On va le suivre dans ses découvertes concernant son thème astral, ses séances psy et ce qui touche à la sourcellerie…  Bien que septique il va devoir accepter ses façons peut orthodoxe de résoudre des énigmes. Enfin de volume on a même le thème astral du personnage comme s’il s’agissait d’une personne réelle !

Quand enfin il croit avoir résolu les différentes énigmes il va devoir encore surmonter une nouvelle épreuve. Il y a plusieurs strates de passé et de mémoire.

Anselme vit plusieurs types de deuils (ami, enfance, parents…) toutes ses interrogations vont lui faire vivre des émotions assez fortes qu’il doit surmonter. Sera-t-il assez fort pour tenir le coup ?

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé la baie d’Arcachon et le Cap Ferret qui sont le théâtre des opérations des aventures d’Anselme Viloc. Cela donne envie d’y aller malgré les mésaventures …

C’est un roman policier qui se lit tranquillement il a un rythme qui me convient avec des digressions et les différentes interactions entre les personnages.

Il faudra que je me procure « Flic de papier » et « Fausse note » pour découvrir les deux premières enquêtes.

Le challenge continue… du 05 au 11 novembre Un thriller avec un seul mot dans le titre…

cairn

Article précédemment publié sur canal blog

Vous trouverez sur ce blog :

Flic de papier

Fausse note

A la place de l’autre

A la place de l’autre

Guy Rechenmann

Éditions Vents Salés 2016, 285 p., 19,50€

a la place de l'autre

4e de couv. :

Un jour de septembre, 6 h 45. La pointe du Cap-Ferret est déserte. Les touristes ont décampé et les rares sédentaires ne se risquent pas si tôt face à un océan d’humeur changeante. Alors que fait là cette silhouette immobile perdue au milieu des blockhaus ? Qu’attend-elle, cette jeune femme ? Cela m’interpelle, moi, Anselme Viloc, le « flic de papier ». En règle générale je fuis les enquêtes ordinaires, j’ai le don de dénicher le grain de sable qui grippe les belles mécaniques assassines. Je ne lâche aucune affaire ! La guerre et les bâtisseurs du mur de l’Atlantique, un enfant et un chat, autant d’indices à prendre en compte. De Bouliac à la Chalosse, d’Arcachon à Andernos, Marie, Clémence, Marina… trois générations d’une même famille. Noyées dans la folie…

Ma chronique :

J’ai découvert cet auteur et ses écrits à travers ses interventions sur FB et l’enthousiasme de son agent littéraire (son  épouse cela va de soi !). La curiosité m’a poussé à aller les rencontrer au Festival du livre de Collioure « D’une mer à l’autre » (66190) qui a lieu le premier week-end de septembre. C’est en toute convivialité qu’on est passé du virtuel au réel sans surprise.

J’ai donc acheté ce roman. Mais c’est délicat lorsqu’on « connaît » la personne, une petite appréhension  née… Et si je n’aimais pas ? je ne sais pas si c’est cette crainte ou parce que ma bibliothèque est un véritable capharnaüm mais le livre s’est retrouvé enseveli… Oui les livres se cachent parfois à croire qu’il y a un lecteur fantôme dans ma bibliothèque !

Le  livre est réapparu il y a peu alors j’ai décidé de le lire avant le prochain Festival de Collioure !

Ce roman est le troisième avec Anselme Viloc mais je n’ai nullement été dérangée de ne pas avoir lu les deux précédents. Il y a quelques références qui nous sont expliquées sans trop spoiler pour avoir envie de revenir aux sources !

Ce qui m’a attiré dans les romans de Guy Rechenmann c’est le fait qu’il y ai un personnage qu’on voit évoluer d’une enquête à l’autre. Alors avant l’enquête elle-même ce sont les caractéristiques de ce personnage qui m’intéressent : Où vit-il ? Avec qui ? Y a t il un personnage absent dans vie ? Quel est son caractère ? Comment se comporte t-il avec les autres ? Quelle est l’attitude de ceux qui le croisent et le côtoient ? Est-il seul ou accompagné ? Qu’il soit sympathique ou antipathique, il faut qu’il impose sa présence. Ce sont là mes exigences de lectrice.

Anselme Viloc, c’est son nom… Dans ma tête il y a du Arsène Lupin et de l’Eugène-François Vidocq dans l’air… ouh là ! Jeux avec les  mots à surveiller… Il a un côté gentleman et un côté policier.

Ce que j’ai aimé dans ce personnage c’est qu’il a une vie équilibrée avec une touche de fantaisie. Cela nous change des policiers dépressifs et alcoolique. En fait il a crée une sorte de tribu autour de lui, et ça me plait ! Ils ont tous leurs petites particularités. J’ai une petite préférence pour la petite Lily. Les interactions entre les membres de ce clan sont intéressantes.

Ce qui m’a fait sourire, c’est qu’il est policier et son supérieur (il vaut son pesant de cacahouète)  le suit dans sa façon peu conventionnelle d’enquêter. Là où on voit qu’on est dans la fiction c’est qu’il reste sur la même affaire avec J son second pendant plusieurs mois. Cela m’étonnerait que dans la police cela se passe ainsi ! C’est justement que l’enquête se déroule sur plusieurs mois qui est intéressant.

Une spécificité de ce policier c’est qu’il aime écrire des rapports détaillés et littéraires, d’où son surnom de flic de papier obtenu lors de sa première affaire.

J’aime sa façon d’observer et d’aller plus loin, au-delà des apparences.

Cette histoire se déroule entre 1992-1993. Il y a beaucoup de références au jazz et au cinéma. J’ai essayé de guetter la petite erreur de datation, je n’en ai pas trouvé. Il n’y a qu’un mot dans une expression qui a attiré mon attention « tsunami », c’est un mot qui existe depuis longtemps mais dans les conversations je n’ai pas souvenir de l’avoir entendu avant le tsunami de 2004, c’est un détail. On a quelques repères avec des faits réels comme le décès d’un musicien etc. L’histoire est bien ancrée dans l’époque.  Cette période est importante car cela permet d’introduire une période du passé un peu trouble de Bordeaux. Anselme Viloc va aller aux origines du mal, le vent va déterrer le passé, mais il devra creuser un peu plus profondément.

Ce roman policier, c’est ce qu’on a tendance à appeler un roman policier de terroir, rien de péjoratif pour moi. Cela permet de mettre en évidence l’importance du lieu, de la région avec ces spécificités et son histoire. N’étant pas de cette région je fais confiance  à l’auteur qui m’a l’air d’être très documenté au vue des anecdotes. Donc nous sommes dans le bassin d’Arcachon avec en arrière plan Bordeaux et la côte …

Ce livre rentre dans le cadre de mes lectures « voyageur immobile », j’ai l’impression d’avoir visité cette partie du Sud Ouest.

Je vous ai parlé du personnage principal (à vous de découvrir les autres !), l’époque où l’enquête à lieu, mais qu’en est –il de la l’enquête ? Elle est intéressante. Il y a une certaine lenteur car il faut suivre les méandres de l’esprit humain. L’aspect psychologique est primordial, mais n’en disons pas trop. Point de course poursuite et de policier qui dégaine son pistolet à tout crin. J’ai pris grand plaisir à le suivre, même si j’avais repéré le suspect bien avant qu’il le soit mais n’ayant pas tous les éléments je ne connaissais pas le mobile. Très logique (est-ce le terme adéquat), on a plus ou moins toutes les réponses à la fin.

Je ne vous ai pas parlé de l’écriture. C’est un roman très fluide divisé en chapitres aux titres significatifs. L’écriture est fluide et on se laisse emporter par les différentes histoires qui s’emboîtent telles des  pièces d’un puzzle. Il ya quelques mots qui sont me semble t-il régionaux qui donne la touche locale. J’ai beaucoup aimé la qualité de français et les jeux de langage.

La couverture est en adéquation avec la narration.

La cuisine et l’alcool sont  assez absents mais on a comme une envie d’iode et de vin blanc  pendant la lecture ! C’est peut-être l’influence des apéritifs littéraires au Cap-Ferret où je n’ai jamais mis les pieds !

C’est donc avec plaisir que je vais continuer à suivre ses investigations…