Le cœur cousu

Carole Martinez

Éditions Gallimard, 2007, 430 p. (existe en folio)

Lu dans le cadre du club de lecture d’auf

4 e de couv :

 » Ecoutez, mes sœurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez… le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l’ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d’épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes !  » Frasquita Carasco a dans son village du sud de l’Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu’elle coud, aux objets qu’elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu’elles faneront sous le regard jaloux des villageoises; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d’un papillon qu’il s’envolera par la fenêtre: le cœur de soie qu’elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement… Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d’un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l’errance à travers l’Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels… Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses on cruelles. Le merveilleux ici n’est jamais forcé : il s’inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.

Ma chronique :

Voilà trois ans que l’on m’a offert ce roman, que j’avais envie de lire « immédiatement / tout de suite ». Mes copines m’en faisaient l’éloge et elles disaient que ça me correspondait. Et puis le temps a passé et le livre a pris de l’âge !

Il a fallu attendre que cet été Delcyfaro et moi, nous nous soyons motivés en voyant qu’il était proposé au  book club de livr@addict.

Au mois de mars j‘ai lu « Du domaine des murmures » (pas de chronique) et j’avais aimé l’écriture et l’univers de carole Martinez entre conte, poésie et fantastique.

Mais venons en à ce roman. « Cœur cousu ».

Je suis entrée dans l’histoire immédiatement le charme et la magie à opéré.

C’est un roman sur une lignée de femmes. Sommes-nous le résultat des actions de nos ancêtres ?  Une question que de nombreux écrivains se posent.

Le choix du sud de l’Espagne est judicieux, L’Andalousie est un creuset de civilisations : des maures, des juifs, des gitans et un fort catholicisme. Il y a un côté tradition, superstitions et mystère. C’est une terre brûlée avec de hautes montagnes difficiles d’accès, avec des villages troglodytes. On est loin des clichés de la côte touristique du XX e siècle, l’arrière pays est rude. On parle d’une terre ou les grands propriétaires avaient pouvoir de vie et de mort sur une population qui mourrait de faim.

L’histoire de Frasquita, petite fille aimée, va entrer dans le monde adulte avec le poids de la pression sociale. Mais petit à petit, elle va se retrouver à la marge, tel est son destin, le don qui lui a été révélé ne va pas lui permettre de rester dans le cadre restreint du village.

A travers son périple, on voit certains aspects de l’Histoire de l’Espagne. Elle va se retrouver embarquée malgré elle dans des histoires politiques.

Elle va s’enfoncer dans une folie qui va lui faire perdre un peu pied. Elle qui était si mère ne va même plus se rendre compte de se qu’elle fait subir à ses enfants.

Il y a eu un moment où j’ai eu envie que ça se termine au moment de sa traversée du désert. Seul petit bémol pour moi. La dernière partie, ce n’est plus vraiment son histoire mes les conséquences de ses actes sur sa descendance. Pour moi, il y a eu une rupture. La toute dernière partie était nécessaire à cause de la construction de départ, la narratrice étant la plus jeune des filles.

Le rôle du père est terrible avec des rebondissements surprenants. Dans l’ensemble cela reste un roman sur les femmes.

L’histoire de Clara, m’a fait penser à un film qui est sorti il y a quelques temps et qui a fait scandale, je  ne sais pas s’il s’est inspiré de ce livre. Après une recherche je ne sais pas s’il ne s’agit pas de « La belle endormie » de Catherine Breillat… comme je ne l’ai pas vu, si ça se trouve ça n’a rien à voir !

C’est avec impatience que j’attends la sortie du troisième roman de Carole Martinez.

A bientôt pour une autre chronique.

NB : fini de lire le 12 août 2012.

Article précédemment publié sur Canalblog