Vous retiendrez mon nom

Fanny Abadie

Éditions Syros, 10 fév 2022, 358 p., 16,95 €

Mes lectures Syros

Chronique Jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Un matin, entre deux voitures, Karim découvre le corps sans vie de Zineb, couverte de bleus et pieds nus. Zineb, pourtant, était une fille sans histoires. Deux jours plus tard, Sublime, un ami de Karim, disparaît en lui laissant un mot d’adieu et un souvenir encombrant : l’un des escarpins que Zineb portait le soir de sa mort. Sublime a-t-il quelque chose à voir avec le meurtre ? Et quel est le secret que les copines de Zineb semblent vouloir taire à tout prix ? Pour comprendre, Karim va mener sa propre enquête et, peu à peu, ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure.

Mes impressions de lecture :

Une nouvelle autrice chez Syros, j’avais hâte de la découvrir.  Maintenant que je l’ai lu j’attends de voir à quoi ressemblera son prochain roman !

J’ai été attirée par la quatrième de couverture. Je ne connaissais pas l’écriture de Fanny Abadie et j’ai donc eu la surprise de découvrir une écriture qui correspond au narrateur mais qui me sort de ma zone de confort. Il m’a fallu un petit temps d’adaptation n’étant pas habituée à ce langage de la cité, enfin de la Tiek, cela va plus loin que le langage de rue que je connais (je suis une vieille et du sud). Il y a des moments où ce langage est moins marqué. 

Ce roman aborde plusieurs problèmes sociétaux qui touchent aux banlieues et aux cités. Dans le contexte actuel il a sa place. Zone de non droit ou zone abandonnée aux mains de trafiquants. Concentration de souffrance humaine. Familles monoparentale, religion, déracinement, exil, exclusion, système D, drogues etc. On sent aussi le changement avec notamment les enfants qui on grandit.  Par exemple : « tu ne te souviens pas quand tu étais en primaire ». Il est question de mémoire.

Avant le crime il y avait une sorte d’entente entre les différents groupes de protagonistes, chaque adolescent dans son clan, dans son secteur… mais le crime a crée le déséquilibre et le chaos en mélangeant les gens. Point de bascule et chaos.

Réouvertures des plaies. Les mères sont très importantes, celle du narrateur est partie depuis quelques mois, c’est son point faible… lui, il a un père un peu perdu … Karim est fragilisé…

Le narrateur est Kabyle et il vit en périphérie des immeubles. Deux éléments qui le mettent un peu à part. Cela perturbe que ce soit dans le camp des jeunes de la cité ou du côté des forces de l’ordre. C’est lui, Karim, qui trouve le corps, c’est lui va enquêter car il est l’élément charnière entre le frère de Zineb et le présumé coupable.

On va voir les dérapages que la quête de vérité et du coupable va engendrer.

On va aussi découvrir les facettes cachées de gens qui se côtoient… sans finalement bien se connaître.

Comment sortir de cette cité, pour certains c’est le sport, pour d’autres les trafiques en tout genre, pour d’autres le rap… Et les études ?  pas vraiment.

Dans la dernière partie il y a une accélération, le rythme s’accélère, il est question de vie et de mort. La résolution de l’affaire va aboutir… mais, la conclusion est terriblement frustrante…

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Qui en parle ?

Mylène (à suivre)

Les rebelles

Fabienne Morel, Gilles Bizouerne

Ill. : Cécile Gambini, Emilie Harel, Marie Caudry

Éditions Syros, oct 2018, 285 p., 21,90 € 

Mes lectures Syros

rebelles

4e de couv. :

Les plus incroyables versions de Barbe-Bleue, Les sept corbeaux et Le Petit Poucet racontées à travers le monde.

Voyagez à travers le monde avec 21 histoires surprenantes de Barbe-Bleue, Les sept corbeaux et Le Petit Poucet, toutes différentes et toutes merveilleuses ! Ces « rebelles » de tous les pays, héros et héroïnes inoubliables, vous accompagneront pour la vie.

Ma chronique :

« Les rebelles », est un recueil composé de 21 histoires qui nous font replonger dans notre enfance. L’originalité de cet ensemble de contes c’est que les histoires sont revisitées et agréables à lire. Pour certaines j’ai eu l’impression de reconnaitre la « patte » de Fabienne Morel avec ses petites ritournelles. Je connais moins Gilles Bizouerne et ses particularités.

L’autre particularité de ce livre c’est qu’on voyage. On retrouve une fois de plus l’universalité des contes avec les variantes ou spécificités liées aux pays ou lieux. Je me suis rendu compte que je n’avais pas le même regard qu’on les enfants qui jouent à se faire peur. J’ai lu quelques contes à mon fils et un de ses copains et j’ai réalisé que j’étais bien embêtée de lire des « horreurs » alors qu’ils faisaient les malins à rire de mon embarras et des horribles choses qui arrivaient aux personnages.

Ce livre permet plusieurs entrées différentes de lecture. Soit on suit de façon linéaire en suivant le choix des auteurs, soit on pioche selon le thème.  On peut le lire  simplement sans se poser de questions et on s’attachera aux illustrations et à l’histoire, soit chercher les contes ce qu’il y a de commun entre eux.

Au niveau de la présentation  les différentes thématiques sont clairement identifiées. Une double page de couleur avec une illustration dans un médaillon. Chaque conte à sa propre page de garde illustrée. En début de conte on à une petite introduction de quelques lignes. Les illustrations sont toujours un petit plus au moment de lire avec les enfants.

En fin de volume, la table des matières des contes est très intéressante puisqu’elle reprend les titres des différentes parties avec les mots clés pour chacune, un code couleur permet de vite les repérer. Puis chaque titre de conte leur lieu d’origine puis des informations : lieux, animaux, personnages, objets, temps de lecture . Ces indications sont très précieuses car elles permettent de faire une sélection, si l’on doit faire un travail préparatoire avec une lecture (par exemple) où pour cibler son auditoire (chaque enfant à ses préférences !), pour aiguiser leur sens critique c’est aussi très intéressant de lire les différentes versions d’une même histoire.

Les postfaces de Nicole Belmont sont aussi des éléments de recherche très précieux pour les adultes qui accompagne les jeunes lecteurs. « Nicole Belmont est directrice d’études à l’Ecole des hautes études en science sociales, membre du laboratoire d’anthropologie sociale. De part ses fonctions, elle a un regard particulier. »

La sélection des contes est donc très recherchée, il y a une ligne directrice comme l’indique le titre « les rebelles », les personnages sont vaillants,  volontaires, positifs.

Ce recueil s’adresse donc aux enfants et aux amateurs d’histoires.

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

Qui en Parle ? 

Pour une vision complémentaire je vous conseille :

Jangelis

Article précédemment publié sur Canalblog