Dix Minutes de dingue

Jean-Christophe Tixier

Éditions Syros, janv. 2018, 171 p., 6,95 €

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

DMDD

4e de couv. :

Mat et Félix sont sidérés devant leur écran : Tim et Léa ont réalisé une vidéo hallucinante avec saut périlleux en skate, atterrissage dans une piscine et baiser final, tout ça sous l’objectif de deux caméras… C’est maintenant au tour des garçons de faire encore plus fort s’ils veulent remporter la battle de skate à distance. Quitte à se mettre en danger, Félix décide de provoquer une course-poursuite en pleine rue. Objectif « DMDD » : dix minutes de dingue !

Anecdotes :

Un livre très attendu ! Des fois on se demande qui est la gamine à la maison !

Mon billet :

Ce roman est le troisième de la bande à Tim. Il peut se lire indépendamment, cependant on perd un peu en intensité. En effet, même si à chaque fois les décors et les histoires commencent  et se terminent dans le volume. Les personnages eux s’enrichissent en expérience, en traumatismes et en émotion. Je ne dis pas qu’ils grandissent puisqu’il seul quelques mois les séparent de la précédente mésaventure. Tim habitait une cité de banlieue près de Felix et de Mat… Lorsqu’il déménage avec ses parents en province il rencontre Léa qui intègre la bande de départ. Contrairement à ce qu’on pouvait envisager a dans le premier épisode leur amitié continue grâce à internet et au téléphone. On retrouve donc quatre adolescents qui s’envoient un défi de skate, leur sport favori.

Dans ce troisième volet c’est Felix  le narrateur et le personnage principal. On a la mise en avant d’un des personnages dans son milieu avec ses spécificités. Il a beau connaître les codes qui régissent sa cité et reste un « enfant ».

L’histoire démarre en douceur avec cette idée de défi à filmer. Il faut trouver le scénario, les accessoires,  penser aux figures et à l’aspect technique. C’est le côté aventure.

On est dans des relations entre jeunes, entre copains plutôt tranquilles. C’est le temps des copains.

Les relations avec la famille ne sont  pas toujours évidentes  à l’adolescence et en fonction du contexte familial cela peut se compliquer. On voit ici plusieurs cas différents.

On a ensuite les relations avec le voisinage et les problèmes intergénérationnels. On ne sait pas toujours qui sont nos voisins !

L’apparition de filles au sein du groupe vient un peu perturber le fonctionnement du groupe.

Tous ces aspects relationnels n’empêchent pas l’humour et les taquineries entre les personnages.

Les questionnements  et les situations nous montrent qu’on est bien dans le changement et la transitions que l’adolescence. Des thématiques qui peuvent « parler » au lectorat ciblé.

Puis, survient le « drame » et là on se dit que ça va partir en vrille. Tout en se demandant comment intégrer cela pour des lecteurs de 11 ans. On suit les personnages dans les rebondissements de plus en plus dangereux. Quel suspens ! La mésaventure pourrait tourner très mal… la dernière partie du roman est très intense. Comment va se résoudre le problème ? l’épilogue c’est un peu le débriefing, c’est très intéressant cette façon de terminer.

Dans les deux premiers volets  on été dans le monde Tim à la campagne. Ici par contre on est en ville. L’ambiance est différente. De plus la dynamique de groupe ne fonctionne pas de la même façon. Jean-Christophe Tixier n’exploite pas une formule qui a bien marché la première fois puisqu’il modifie beaucoup de paramètres.

C’est avec impatience et curiosité que j’attends le prochain épisode… dans un an ?

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

Article précédemment publié sur canalblog

A lire aussi ici chroniques de :

1. Dix minutes à perdre

2.Dix minutes trop tard

Paris est tout petit

Maïté Bernard

Editions Syros, 1er février 2018, 372 p., 17,95 €

Mes Lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

paris est tout petit

4e de couv. :

Inès a 17 ans et un objectif : être admise à Sciences Po après le bac. Elle vient de trouver un job de femme de ménage chez les Brissac, dans le 7e arrondissement de Paris, mais elle n’avait pas prévu le coup de foudre intense entre elle et Gabin, le fils aîné de ses employeurs. « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment, comme nous, d’un aussi grand amour. » Cette phrase de Prévert devient leur credo. Inès et Gabin sont ensemble le soir de l’attentat du Bataclan, quand le pire se produit. Dès lors, leur histoire et la ville qui les entoure prennent d’autres couleurs, celles de l’après.

Mon billet :

En général j’évite de lire des romans qui se basent sur des drames récents. Cependant celui-ci m’avait été chaudement recommandé et à mon tour je le recommande. Et que le mot « roman » « fictions » me permet une certaine distance émotionnelle, quoique…

C’est un roman à la première personne. Je me suis identifié à plusieurs personnages en fonction des situations vécues, les personnages sont crédibles avec la part de fiction  qui donne ce petit plus. On va avoir la vision d’Inès, celle des autres on l’aura grâce aux dialogues.

La première partie traite essentiellement sur la confrontation entre deux classes sociales, entre deux mondes séparés par une heure de RER. C’est très intéressants la façon dont Maïté Bernard met le doit sur des détails. On a plusieurs points de vue dans les différents groupes d’ados. On a d’abord le clivage français de banlieue et français du XV et XVI arrondissement de Paris. On se rend vite compte que les barrières on peut se les créer soi même. On pourrait croire qu’on allait se retrouver avec un Roméo et Juliette version moderne ou au contraire dans une romance adolescente. Mais le destin en a décidé autrement,  puisque le 13 novembre vient tout faire basculer dans la mort et la souffrance. Les répercussions vont être multiples comme on peut le voir dans notre vie de tous les jours.

Maïté a su mettre en mots l’horreur de cette nuit-là. Elle m’a fait pleurer car j’étais avec tous les personnages, aux différents postes. J’ai dû faire une pause avant de reprendre ma lecture.

Avant on était dans des émotions qui touchaient des adolescents après ce climax, les émotions vont former des vagues jusqu’au tsunami. Ce n’est pas larmoyant, c’est fort, intense plein d’énergie, il y a de la colère et l’envie de vivre, il va y avoir des rebondissements, des prises de consciences et des moments d’abattement.

La notion d’un avant et après est omniprésent et pas seulement avec l’attentat. Par exemple : avant ils ne se connaissaient pas et maintenant ils ne peuvent plus se quitter,  et la vie ne pourra plus jamais être la même. Les personnages sont des ados de 17/19 ans, avec eux, c’est tout ou rien.

C’est un roman initiatique. On va suivre des ados dans leur sortie très brusque de l’enfance, de leur certitude et de leur idée de chemin tout tracé.

Comme avec tous les ados il va y avoir des conflits avec la famille, des clashs entre jeunes, il faut qu’ils s’affirment et qu’ils apprennent à penser par eux-mêmes. Ils vont tâtonner  faire des choix, bons ? Mauvais ?

C’est un roman sur la rupture. On peut couper les amarres et quitter la société d’où l’on vient, on peut  rompre ses chaînes intérieures et prendre des décisions qu’on ne soupçonnait pas quelques temps auparavant.

Il est bien évidemment question de deuil. De différents types de deuils pas simplement celui dû aux décès. La perte de l’innocence ? De l’insouciance ? Ils n’étaient pas si insouciants que cela puisqu’ils portaient déjà un fardeau et des souffrances. Je suis moi-même incapable de mettre un mot sur ce que tous ces attentats ont modifié en nous.

C’est un roman sur le corps humain,  celui qui s’éveille à l’amour et celui qu’on enterre. .. celui qu’on cache et celui qu’on dévoile.

Les personnages ne restent pas campés sur des clichés. Le choix des prénoms joue un rôle important. Maïté Bernard donne une belle image de la diversité qui constitue la France et les français… je n’en dis pas plus.

Quand à  la fin, elle laisse libre court à notre imagination. « L’avenir nous le dira » c’est l’idée qui m’est venue en fermant le livre. Que deviendront-ils ?  A 18-20 ans nous nous sommes nous aussi posé ses questions. Bien malin celui qui aurait pu prédire ce que nous allions devenir. J’aimerais dans cinq ou dix ans avoir une suite, en tenant compte de se que nous dit Sekou.

Ce roman soulève des interrogations qui touchent tous les ados, ils s’y retrouveront.

Une chronique difficile à écrire car l’émotion de cette lecture est encore là. En reparler, c’est évoquer certaines scènes… Je vous souhaite une bonne lecture.

Je ne connaissais pas l’autrice maintenant j’ai envie de lire d’autres romans d’elle mais dans quelques temps, car celui-ci est fort émotionnellement.

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

syros

QUI EN PARLE ?

Jangelis

Article précédemment publié sur Canalblog

Macha

Jérôme Leroy

Éditions Syros,  25 Août 2016, 341 p., 12,99 €

Mes lectures Syros

macha

4e de couv. :

Le monde de la Douceur vient d’entrer dans sa quatrième génération. Dans la Douceur, il n’y a plus de téléphones portables, plus de pollution, plus de cadences effrénées, l’idée même de profit a disparu. Macha-des-Oyats, qui a cent sept ans, est née au tout début du 21e siècle. Elle est l’une des dernières personnes à avoir connu l’époque ultraviolente et morose du monde de la Fin. Alors, pour les jeunes qui le lui demandent, Macha accepte de raconter sa jeunesse, son amour perdu, sa fuite vers un idéal…

Mon Billet :

Quel plaisir de retrouver la plume de Jérôme Leroy. C’est un auteur engagé que j’ai découvert au moment de la sortie de « le bloc » un roman adulte à partir duquel il va écrire d’autres histoires qui y fond plus ou moins référence. Aux éditions Syros vous avez « La grande môme » et  « Norlande » qui sont dans la même mouvance. Aujourd’hui « Macha » est une autre branche qui fait référence aux personnages des deux romans jeunesses que je viens de citer.  C’est un fil rouge, mais si vous ne les avez pas lu, cela ne gêne pas du tout la lecture de « Macha ».  Ce sont des romans engagés qui ne laissent pas indifférents qui appellent au questionnement sur ce que nous voulons et ce que nous sommes prêts à croire.

Jérôme Leroy mets en garde contre les dérives extrémistes. Il parle de la violence, des manipulations politiques. Du monde de l’argent qui dénature les relations humaines. Il nous parle de la société consumériste qui détruit la nature pour plus de profit et plus de besoins. Il nous parle de l’adolescence et de la prise de conscience citoyenne.

L’histoire débute en 2100. La France a bien changé. Adieu la convoitise et la guerre, qui a détruit une grande partie de la population,  place à la Douceur, aux cabanes dans les arbres. C’est  une génération qui n’a pas connu la violence de la révolte.  Ces petits jeunes veulent collecter les souvenirs des anciens pour essayer de comprendre ce qui pouvait motiver les gens à cette époque là pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Tiens voilà quelque chose qui me parle « plus jamais ça »  et pourtant on le vit ! Fin du petit aparté.

On vient chercher une vienne dame fatiguée, elle a 107 ans, elle veut oublier pour ne pas souffrir. Elle va accepter d’ouvrir les portes de sa mémoire et de partager son vécu du temps du monde de la Fin. Ce travail de mémoire va nous renvoyer  à notre époque. Macha, s’appelait Marie à l’époque. Elle vivait dans une famille bourgeoise d’une grande ville de Province. Elle vivait dans les non-dits dans un monde où les apparences étaient tout.

Petit à petit elle remonte jusqu’à l’adolescence de cette jeune fille. Elle avait accumulé de la haine et de la rage, elle va découvrir le véritable amour et une autre façon de penser.

L’adolescence et sa recherche de référence, une période de révolte et d’absolu. C’est le moment où l’amitié et l’amour vont se lier pour rejeter la famille et les institutions. Tous les carcans qui essaient d’étouffer sa véritable nature.

Marie va devenir Macha la fille d’immigrée libre qui refuse les violences policières et la politique d’exclusion. Elle va s’émanciper. Elle va faire ses propre choix. Revendiquer sa vraie nature.

Elle va connaître la souffrance de la perte des êtres chers. On va la suivre dans son voyage initiatique qui va la faire sortir assez violemment de l’enfance.

On va la suivre en cavale dans une France violente où il vaut mieux être clair de peau.

Jérôme Leroy noirci le trait de notre société pour mieux nous faire comprendre les dangers qui nous guettent si nous baissons la garde.

Les personnages qu’il nous décrit soit on les aime soient on les déteste.  Il n’y a qu’un personnage qui va nous surprendre.

Connaître la France de 2100 atténue le côté pessimiste du monde tel que nous le décrit Jérôme Leroy.

Je remercie les Editions Syros qui mon permis de lire ce roman en avant–première.

NB : j’ai récemment lu « la fête est finie d’Olivier Maulin qui traite aussi de ses dérives immobilières qui veulent dénaturer la campagne.

J’ai aussi retrouvé une idée ou deux croisées  dans « Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous » de Nathalie Stragier.

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Ma vie sans mes parents

Myriam Gallot

Editions Syros, coll. Tempo, fev. 2016, 144 p., 6,35 €

Mes lectures Syros

ma vie sans mes parents

4 e de couv. :

Les parents d’Éléonore sont boulangers. Le lundi, ils restent à la maison, mais tous les autres jours, Éléonore doit se débrouiller seule. Un matin, elle fait une drôle de découverte sur le balcon de son appartement : un chaton venu de nulle part… Enfin, pas exactement, c’est celui du vieux monsieur qui habite à côté. Éléonore fait alors la rencontre d’Aimée, un grand amateur de comédies musicales, et son quotidien prend de nouvelles couleurs !

Auteur :

Myriam Gallot est née il y a un peu plus de trente ans à Saint-Etienne et vit aujourd’hui à Lyon. Enseignante au lycée, elle se consacre toutefois de plus en plus à l’écriture dès qu’elle peut. Myriam Gallot est un jeune auteur très prometteur, qui a publié chez Syros L’Heure des chats (sélectionné pour le prix des Incorruptibles, lauréat du prix Chronos 2012), Le Pays à l’envers et 760 générations.

Ma chronique :

Ce roman est  ancré dans la réalité d’aujourd’hui. Les enfants peuvent s’identifier de par leur expérience ou en regardant autour d’eux.

D’un côté on a deux parents qui travaillent énormément et une  Eléonore collégienne seule en dehors de l’école.

D’un autre Betty la meilleure amie, avec des parents plus disponibles et une jeune sœur.

Et enfin, Aimée un vieil homme seul avec une fille trop occupée pour s’occuper de lui.

Eléonore trouve un équilibre entre ses trois milieux. De bonnes relations avec ses parents, de bonnes relations avec sa meilleure amie et sa famille, et pour compléter une nouvelle amitié intergénérationnelle.

Aimée trouve un moment de bonheur depuis l’arrivée d’un petit chaton dans sa vie et des deux collégiennes à qui il transmet un peu de bonheur à travers les comédies musicales et de l’attention.

Ce que j’ai aimé dans ce livre sans dévoiler l’intrigue c’est le cheminement que vont faire les filles qui sortent de l’adolescence. Elles  vont découvrir l’importance de l’amitié, de la vie et de la mort… l’ouverture vers les émois amoureux… Et la vie qui continue…

Il y a de l’émotion et les larmes peuvent venir dans une partie du roman très touchante.

Au détour de l’histoire on aborde des sujets  qui questionnent la société… Peut-être une façon de débuter une discussion « philosophique ».

Et pour les amoureux des minous il y en a qui vont nous faire sourire et pleurer…

Je remercie les Editions Syros pour cette lecture.

syros

Article précédemment publié sur canalblog