Meto. Zone noire

Yves Grevet

Éditions Syros, 6 octobre 2022, 280 p., 16,95 €

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Le retour du phénomène Méto. Un nouveau roman qui peut se lire indépendamment de la trilogie culte. 
Méto est celui qui a libéré les « Maisons ». Ces lieux terrifiants où l’on enfermait les enfants que leurs parents avaient été forcés d’abandonner. Aujourd’hui Méto a 17 ans. Considéré comme un héros par les siens, il est recherché sur tout le continent. Lorsque sa petite sœur est kidnappée, il accepte le marché des ravisseurs : être enfermé vivant dans un cercueil avec la rançon, et livré en Zone contaminée…

Mes impressions de lecture :

Après la trilogie, Meto reprend du service. Vous avez en parallèle des bandes dessinées qui paraissent et paraîtrons dans les prochaines mois, c’est bon à savoir ! je n’ai pas testé les BD. Et vous ?
Je croyais qu’après la trilogie on ne retrouverait pas toute la bande de Méto, quel plaisir de continuer à le voir évoluer.
On peut lire cette aventure sans avoir lu la trilogie… mais après vous aurez envie de la lire, car les éléments  qui sont donnés pour comprendre certaines choses donnent envie d’en savoir plus.
J’ai lu la trilogie il y a quelques années lorsque l’intégrale est sortie et je me suis rendu compte que j’avais gardé en mémoire beaucoup de passages. Une série très marquante.
La couverture nous montre des personnages déterminés. Ce que j’aime chez Meto c’est qu’il a gardé son humanisme malgré tout ce qu’il a vécu. Ils n’ont pas réussi à le rendre insensible et sadique.
Dans cette uchronie, il y a une troisième guerre mondiale et il y a des zones irradiées. Et c’est justement par là qu’est envoyé Meto en tant que rançon. On retrouve les thématiques post-apo autour de la survie et du changement de société. Même si bien entendu cela ne se passe pas toujours bien.
Il va retrouver d’anciens habitants de la Maison et pas que les meilleurs. On va retrouver l’entraide chez certains et le sadisme d’autres. Le passé les rattrape Meto et ses amis.
Il ne peut passer son chemin lorsqu’il découvre se qui se passe dans le « cube », il sait rallier les bonnes personnes autour de lui.
De nombreux rebondissements vont tenir le lecteur en haleine. On dirait qu’ils vont de Charybde en Scylla. On vit les émotions des personnages,leurs angoisses et leurs bonheurs. On se cache avec eux. Il y a beaucoup d’action mais aussi de la réflexion sur les conséquences de leurs actes, sur leur intégrité morale etc.
Qui sortir vivant de cet enfer ? En tout cas personne ne sortira totalement indemne.
Ce que j’aime dans cette série ce sont les valeurs qui sont mises en avant, et les liens qui se tissent entre les protagonistes. Thématique de la résistance et de l’insubordination pour aller vers une société plus « saine ».

Je parle beaucoup de Meto et des protagonistes. Mais il faut souligner l’importance des rôles féminins volontaires. Des personnages féminins forts qui savent ce qu’elle veulent. Elles agissent avec énergie et courage.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

NB 1 : J’ai beaucoup pensé à la série « U4 » dont Yves Grevet à écrit « Koridwen » et un peu dans « Contagion » lorsqu’on voit le personnage traverser la France ou encore dans l’opposition aux adultes corrompus.

NB 2: J’ai pensé à « À crier dans les ruines » d’Alexandra Koszelyk, un roman adulte qui se passe 20 ans après Tchernobyl, lorsqu’il est question des populations qui continuent à vivre dans les zones irradiées.

Voir aussi sur ce blog :

L’intégrale Meto

Dopamine

Patrick Bard

Éditions Syros,  sept 2022, 215 p., 16,95€

Mes lectures Syros

Chronique Jeunesse du mercredi

Rentrée littéraire automne 2022

4e de couv. :

Février 2021 : le corps d’une jeune fille de quatorze ans est retrouvé dans la Marne. Ses meurtriers, identifiés très vite, sont deux camarades de classe. Une fille et un garçon qui ne semblent pas conscients de la gravité de leur acte et invoquent des mobiles inconsistants. Entre addiction aux écrans, haine déversée sur les réseaux sociaux, harcèlement et calomnie, le juge d’instruction chargé de l’affaire décide de décrypter coûte que coûte la mécanique de l’impensable.

Mes impressions de lecture :

« Qui aurait pu prévoir qu’ils étaient capables de tuer ? Le nouveau roman choc de Patrick Bard.  » Lorsque j’ai lu cette accroche sur le site des Éditions Syros je me suis demandé ce qui se cachait derrière. Ce n’est pas un effet marketing, c’est vraiment un choc. La violence chez les ados n’est pas d’aujourd’hui mais il y a depuis quelques années des dérives que la technologie permet/engendre.

La couverture est excellente que ce soit dans les couleurs ou la composition, elle reflète vraiment le contenu.

D’entrée on découvre la jeune fille morte et on sait qui a commis le crime atroce. Tout l’enjeu de l’intrigue c’est de comprendre le pourquoi ces deux ados de 15 ans étaient passés à l’acte. Dans un premier temps on va suivre le juge d’instruction qui malgré son expérience est dans l’incompréhension. Il faut qu’il détermine les différentes responsabilités et l’enchainement des événements.

On va suivre les auditions des acteurs du drame. Le couple diabolique ne parle pas, n’exprime aucun remord… ce manque de « sentiments » perturbe le juge d’instruction qui essai de les faire parler.

On va découvrir les tenants et les aboutissants en écoutant les protagonistes. Le lecteur aura en plus ce qui ne sera pas dit en audition. Le rythme de la narration va changer un peu avant de revenir à de nouvelles auditions. On est bien guidé par le titre des chapitres où on a le nom de celui qui raconte et la date. C’est important car avec cette structure on ne va pas découvrir l’histoire chronologiquement. Il n’y a pas de longueurs, le changement de focale tiens le lecteur en éveil. Dans qu’elle mesure l’auteur joue t-il avec la « dopamine » que diffuse son histoire ? À la fin on aura des explications d’un médecin, cela fait froid au dos.

À un moment donné madame le proviseur dit que ce n’est pas faute de faire de la prévention contre le harcèlement et les dérives liées à internet, et pourtant ils sont tous passés à cause de l’omerta qui règne chez les adolescents. Que ce soit en lycée public ou privé c’est pareil. Patrick Bard démonter les mécanismes pour mieux nous montrer les rouages.

On retrouve aussi les effets de groupe, les clans et les rivalités. Ce roman nous montre des ados d’aujourd’hui avec cette hypersexualisation. Malheureusement, on n’est pas dans l’exagération. Les deux confinements de 2020 n’ont rien arrangé ni pour les adultes, ni pour les ados qui vivaient sous le même toit. Les réseaux et internet ont pris encore plus de place.

On ressent bien dans ses fragments de vie les différents degrés de violence que ressentent les adolescents à cette période charnière de leur vie. Ils ne font pas dans a dentelle, aucune concession… ils ont des émotions à fleur de peau.

J’ai lu cette histoire avec un regard d’adulte et de mère d’un ado. Soyons honnêtes on a beau prévenir et accompagner on ne peut pas contrôler les dérives. Il faut rester vigilant et à l’écoute. Je suis curieuse de savoir comment un ado reçoit ce roman. Je pense que selon le vécu de chacun ils retiendront plus tel ou tel aspect.

La partie concernant Krystal m’a rappelé une autre lecture (dans un autre style) « E.V.E entité Vigilance Enquête » de Carine Rozenfeld, c’est un sujet qui va devenir de plus en plus présent.

Le roman est recommandé pour les 13 ans et +, ce qu’il relate (en dehors du crime) correspond à ce qui nos ados peuvent rencontrer au collège mais attention aux âmes sensibles.

Je sens que ce roman va rester gravé dans ma mémoire pendant un moment.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Enquête à Bordeaux : L’inconnu du jardin public

Jeanne Faivre d’Arcier

Éditions Syros, coll. Souris noire, avril 2022, 199 p., 6,95 €

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Au Jardin public, Léo et Jasmine font la connaissance de Claudius, un vieux monsieur qui ne se sépare jamais de son magnifique caniche royal et qui semble avoir peur de son ombre.
Quand les deux amis découvrent la chienne seule, errant sur les quais de la Garonne, ils comprennent qu’il est arrivé quelque chose de grave à Claudius ! Y a-t-il un lien entre sa disparition et le comportement suspect des hommes qui rôdent autour du Jardin ? Pour le savoir, Léo et Jasmine vont prendre de très gros risques…

Mes impressions de lecture :

Lorsque j’ai ouvert l’enveloppe il y a quelques jours, je me suis mises en mode j’ai 10-11 ans. Quel plaisir d’apprendre que Jeanne Faivre d’Arcier débutait une nouvelle série dans la collection « souris noire ». Hâte de découvrir les prochaines aventures de Léo, Jasmine, Mathias et Sarah.

Nous avons une intrigue policière jeunesse complète. Nous sommes clairement dans de la fiction. Nous allons assister aux rencontres de ces quatre adolescents, au niveau âge cela va de 9 à 16 ans, deux filles et deux garçons, de différents groupes sociaux. Les lecteurs pourront s’identifier à l’un des univers familiaux ou à son âge.

Léo et Jasmine semblent être les personnages principaux et Mathias et Sarah viennent soit les seconder soit relancer l’enquête.

On est dans un milieu urbain puisqu’on est dans le vieux Bordeaux. Si vous connaissez le coin vous allez vraiment vous y croire. Sinon il y a les explications nécessaires pour se repérer soit physiquement soit des infos plus « sociales » avec les spécificités économiques selon le quartier. Ce sont détails qui rendent crédibles les événements. Ça m’a rappelé mes vacances à Bordeaux où j’ai pas mal arpenté ce coin là !

On va donc avoir des familles très différentes, elles sont à peine esquissées, juste des points de repères. Cela laisse toute latitude pour les prochaines aventures. Nous sommes dans un tome découvertes des lieux et des personnages.

L’enquête débute avec justement la question sociale, cela va du pauvre qui vole pour manger au riche qui juge, en passant par les escrocs. On a le thème de la loi et de la justice, la solidarité et l’entraide, face à la violence et la cupidité. Violence notamment sur animaux, sujet qui touche les jeunes lecteurs surtout ceux attachés à leurs animaux domestiques. On a aussi l’aspect écologique qui évoqué.

Il va bien sûr y avoir du mystère, des rebondissements, du suspens et du danger. Les personnages vont vite se rendre compte que ce qu’ils vivent ce n’est pas comme dans la fiction. Le lecteur va avoir quelques frissons. Émotions garanties.

Dans les émotions on a aussi le fait que nos héros sont des ados avec leurs premiers émois… Vont-il passer de l’amitié à l’amour ? 

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Vivement la prochaine aventure !

Bonne lecture.

Qui en parle ?

Jangelis (bientôt)

Voir sur ce blog :

Le grand appartement bizarre T2 Vivre avec ses amis

Nathalie Stragier

Éditions Syros, Collection OZ, juin 2021, 9,95 €

Mes lectures Syros

Chronique Jeunesse du mercredi

Collection OZ

Ma chronique :

4e de couv.

Gabriel a la solution pour garder le grand appartement où il vit avec sa tutrice Domi : le partager avec ses amis Félix, Charline, et leurs familles. Petit problème, il reste à convaincre les adultes ! Surtout que Domi a décidé de louer une chambre à monsieur Boussac, le principal du collège… Les trois amis vont devoir agir, et vite !

Mes Impressions de lecture :

J’ai reçu  le livre hier. J’avais prévu une pause lecture assez longue pour avancer dans ma lecture en cours. Lorsque je reçois un nouveau livre j’aime lire une dizaine de pages pour me faire une idée.

Ma copine Jangelis m’avais averti, ce roman se lit trop vite et après il faut attendre le prochain…

Je l’ai donc innocemment commencé et je ne l’ai lâché qu’une fois fini ! Pourquoi !!! Bon vous l’aurez compris il se dévore…

Nathalie Stagier nous laisse avec « À suivre … »  ouf la suite ne juillet !

Je vous conseille de lire le Tome 1 « Plein de chambres à louer » d’abord sinon vous allez rater certains enchaînements émotionnels.

J’aime beaucoup l’idée utopique de l’entraide que Gabriel, Felix et Charline imagine. C’est joli sur le papier, il suffit de trouver les bonnes personnes. En vrai  c’est plus compliqué sur la durée… mais comme le reproche Felix à Charline elle se croit chez les Bisounours, et heureusement qu’il y a des gens qui voient la vie ainsi. Parler de valeurs positives n’empêche pas de voir les embûches et les points négatifs.

On retrouve nos trois amis qui ont ce rêve qui ont changé. Gabriel a fait du chemin dans son travail de deuil, sa maturité lui permet de chercher à s’émanciper et sortir du cocon protecteur que Mme Dominique avait créé pour le préserver. Charline affronte la réalité d’une autre façon, elle tient un rôle qui ne devrait pas être le sien, elle se substitue à sa mère. Gabriel et Charline sont bien décider à vivre sous le même toit pour retrouver leur rôle d’adolescent. Mais tout semble se liguer contre eux.

C’est drôle par moment  et rageant. On voit les interférences de l’extérieur sur leur projet. C’est là que les personnages secondaires vont jouer des rôles inattendus, que ce soit involontairement ou au contraire sciemment… Donc attendez-vous à de nombreux rebondissements.

Et Felix que devient-il depuis son départ ? On avait cru dans le premier épisode que les choses allaient s’arranger pour lui et sa famille. On y avait cru à cette cohabitation dans le tome 1 mais rien ne va plus depuis leur départ. Notre Felix  lui aussi fait un travail sur lui-même pour que sa colère ne lui empoisonne pas la vie cependant rien n’est facile chez les ados… On le voit se couper de tout. Il suffirait de faire les mauvaises rencontres pour que tout bascule, heureusement Gabriel et Charline sont là… encore faut-il qu’il leur ouvre son cœur. Il essai de se créer une carapace, jouer l’indifférence, jusqu’au moment où… il faut agir.

Ce que j’aime dans les choix de Nathalie Stragier c’est qu’ils sont bien en adéquation avec le caractère et l’histoire de chaque personnage. Les trois ont trois histoires différentes, trois caractères différents donc il faut des leviers différents. Pour les trois adultes aussi. Il faut attendre le moment où ils sont prêts à écouter leurs « enfants » et à passer outre l’orgueil mal placé, et l’idée que l’autre est là pour le juger, non ils n’ont pas échoué dans la vie ou l’éducation. On voit bien la différence entre les enfants et les adultes sur ce point là.

J’ai bien rit avec le côté théâtral des sonneries et la porte qui s’ouvre sur un élément surprise. La réaction des personnages laisse entrevoir les catastrophes à venir ou l’espoir revenir.

Je viens de réaliser qu’avec le personnage de Rémy, il est question de cuisine dans cette série, cela m’a fait penser à « Fondue au noir » d’Hervé Jubert. L’esprit fait des connexions…

Bon il n’y a plus qu’à attendre juillet… voilà une lecture d’été pour vos enfants ! Ils pourront même enchaîner les 3 tomes !

Ce roman confirme que je suis fan de la « collection OZ » !

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

Qui en parle ?

Jangelis

Fondue au noir

Hervé Jubert

Éditions Syros, 3 juin 2021, 16,95 €

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv :

Un roman gastronomique subtil, mordant, pétri d’humour.

Lola ne parle plus depuis ses dix ans, et les médecins ignorent pourquoi. Ça ne l’empêche pas de se faire très vite repérer comme le talent prometteur de sa classe de seconde pro cuisine. Les six apprentis de la brigade sont coachés par le Bosco, une cheffe renommée et imprévisible. Quand elle leur apprend que seuls deux d’entre eux participeront à l’émission Sur le Gril ! Spéciale Apprentis, l’ambiance se tend. Dangereusement.

Mes impressions de lecture :

Cette historie débute pendant le premier confinement, j’ai un peu tiqué, cependant ma petite inquiétude c’est évanouie dès le deuxième chapitre. De cette période étrange va sortir un point positif : une vocation.  L’histoire se déroule sur 2020-2021 on aura en arrière plan on aura quelques touches pour que ça soit ancré dans notre époque. Que diront les lecteurs dans quelques années ?  Revenons au présent.

Le point de départ c’est Lola. Une adolescente mutique. Pourquoi ? Comment vit-elle cela au quotidien ? Et sa famille ? On a donc le thème de la différence et du handicap. Quel est la cause du traumatisme ?

On va la suivre au sein d’un petit groupe qui l’accepte… enfin presque tour le monde.

On découvre le monde de la cuisine version apprentissage. On n’est pas un univers doux et sucré. Derrière les fourneaux il y a des êtres humains avec de l’ambition et des sentiments. Il y a aussi un côté moins glamour lorsqu’on s’intéresse aux produits, leur origine.

Nous avons un nouvel ancrage dans notre monde contemporain avec la compétition pour être sélectionné pour un concours qui mène sur un plateau TV.

Il est question de reconnaissance dans ce milieu et de carnet d’adresse soit pour se fournir en produits de qualité soit pour intégrer les jeunes apprentis.

Ce roman parle de gastronomie et aussi de se microcosme des restaurateurs d’exception. Nouveau clin d’œil à notre époque avec les difficultés pour cette profession dues aux fermetures.

Vient se greffer à cette histoire de découverte d’une région et de tout ce qui tourne autour de la gastronomie, une autre trame plus « dangereuse ». Un personnage richissime qui navigue dans des eaux troubles des produits aphrodisiaques. L’ouverture sur le monde n’est pas sans danger.

Ajoutez à tout cela l’argent et les pouvoirs locaux et on se retrouve dans une ambiance plus lourde.

On a une partie sombre dans ce roman qui prend petit à petit de plus en plus de place.

On a bien sûr toute une trame autour de l’adolescence et les premiers émois amoureux, les relations au sein d’un groupe. Sa place dans la famille. Un bouillon de tensions et de non-dits.

Vous l’aurez compris ce roman est chargé en suspens et en émotion.

Que dire du titre ? Qu’il fait saliver, qu’il intrigue ? qu’il titille nos papilles ? Et les titres des chapitres !!! un détail me direz-vous. Une jolie trouvaille comme je les aime.

J’ai adoré en particulier tout ce qui concernait la cuisine. C’est une région de France que j’ai envie de découvrir. Un jour peut-être !

Quand au roman il est à découvrir dès le 3 juin !

 Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Mystères à Minuit T. 3. Le lac aux esprits

Camille Brissot

Éditions Syros, avril 2021, 214 p., 9,95 €

Mes Lectures Syros

Chronique jeunesse du Mercredi

4e de couv. :

Pourquoi Balti est-il le plus ancien fantôme de Minuit, la ville la plus hantée du monde ? 

Comment calmer le fantôme en colère qui a décidé d’effrayer les touristes du Grand Hôtel de Minuit ? Voilà une mission délicate pour Victor, Tamara et leur ami fantôme Balti… Mais il y a bien pire : le réfectoire du collège, en travaux, vient de s’effondrer. Sous les décombres se trouve une crypte secrète, qui renferme… le tombeau de Balti !

Mes impressions de lecture : coup de coeur

Nous voici dans la troisième aventure de Balti et Victor, Tamara est venue compléter le trio dans le tome 2. Chacun à sa particularité et donc son rôle dans l’histoire et la résolution du mystère.

Lorsqu’on suit une série on a toujours la crainte que la prochaine aventure soit moins excitante que la précédente et bien je vous assure que ce n’est pas le cas dans celle-ci !

Si vous me suivez vous savez que j’ai un coup de cœur pour cette série. Je vous conseille de la lire dans l’ordre car bien qu’une enquête soit complètement résolue  dans l’histoire il y a d’autres enquêtes « secondaires » celles qui vous rendent accro à une série, celle dont la résolution ferme un cycle.

Les personnages sont attachants et chacun a sa propre quête. Cependant on se rend vite compte qu’ils ne peuvent avancer qu’en conjuguant leurs talents.

Ce que j’aime dans cette série c’est que chaque personnage devient le personnage central au cours de l’histoire. Les autres personnages vont le seconder, l’accompagner et lui permettre de progresser. Une amitié qui se renforce à chaque nouvelle aventure.

Nos trois personnages vont progresser et des changements vont se produire entrainant avec eux une partie de leur entourage.

La palette d’émotion est assez vaste pour qu’on soit emporté avec les personnages dans un ascenseur émotionnel important. On s’amuse, on pleure, on rit…

J’avoue que c’est le côté drôle qui me plaît, drôle dans tous les sens du terme. C’est très visuel. A quand une version animée ? C’est bizarre dans ma tête ce n’est pas avec des acteurs réel que j’imagine mais en dessin animé. Et vous ça vous dirait ?

J’ai eu plaisir à retrouver la ville de Minuit et se habitants vivants et morts.

En parlant de ville, j’aime beaucoup la carte à l’intérieur du roman.

Ce que j’aime aussi dans cette série c’est la thématique du passage, de l’entre-deux, de l’impermanence. Il y a aussi cette notion de point de bascule avec le besoin de rétablir l’équilibre.

C’est une narration très dynamique et rythmée qui plaira aux jeunes lecteurs qui aiment la petite touche fantastique.

Vous avez vu je ne vous ai rien raconté pour garder le suspens et titiller votre curiosité de lecteur. Ah si je peux rajouter qu’on a 10 ans quand on lit l’histoire et ça fait du bien.

C’est avec impatience que j’attends la prochaine aventure !

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Qui en Parle ?

Jangelis (bientôt)

Sur ce blog vous pouvez aussi lire mes avis sur :

« Mystère à minuit. Tome1. La ville la plus hantée du monde « 

« Mystère à minuit. Tome 2 . Le cercle des sorcières »

Contes à croquer

Alain Gaussel, Ill. Ava Dall’ Ava
Editions Syros, nov 2020, 193 p., 15 €

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

contes à croquer

4e de couv:

Édition anniversaire ! Le meilleur du répertoire d’Alain Gaussel, dont l’imaginaire est au plus proche de l’enfance.

Une pomme qui grossit quand on la croque. Un photographe dont les clients sont très remuants… Une petite fille avalée par son assiette de soupe ! Un grain de riz qui pourrait bien nourrir une tablée entière… Des contes joyeux et pleins de fantaisie, où l’on mange beaucoup… quand on ne risque pas soi-même d’être mangé !

Mes impressions de lecture :

Lorsque je lu la quatrième de couverture, je fus très étonnée. Je n’avais jamais lu ou écouté Alain Gaussel ou alors sans le savoir. Les contes est un genre qui n’est pas assez mis en valeur en dehors des grands classiques alors parfois on passe à côté de certaines perles. D’ailleurs Noël arrive est certains enfants en recevons une énième version, alors qu’il en existe bien d’autres.

Ce recueil commence par une introduction d’Alain Gaussel  qui date de juillet. Il a fêté ses 90 ans et il a donc une expérience assez forte sur le terrain. On n’imagine pas ce qui est fait dans certains lieux peut propices à la culture. Il y a un côté militant pour la mixité et le partage des cultures.

Je dis que je découvre cet auteur pourtant certains contes me sont familiers j’ai du en entendre ou en lire sans le savoir.

C’est un livre au format agréable, avec des pages blanches et un texte aéré. Il est facile à ouvrir et à tenir en main. Les jeunes lecteurs pourront entrer sans crainte. Les auditeurs à partir de 5 ans mais c’est vous qui connaissez votre enfant et ce qu’il aime écouter ou pas.

Ce que j’ai beaucoup aimé c’est la brièveté des contes. Chaque conte à une double page illustrée pleine page, puis du texte une illustration sans texte et ainsi qu’une illustration au milieu des mots ou en guise de conclusion. Les couleurs en aplat très colorées comme sur la couverture.

Alain Gausset joue avec la forme des textes (conte et poèmes), avec les mots, les émotions, avec humour, avec le lecteur/auditeur. On peut s’identifier avec certaines attitudes et certains défauts.

Je disais donc que les histoires peuvent aller d’une page à quelques pages en comptant les illustrations. Comme nous l’explique l’auteur il faut parfois accrocher l’auditeur et une fois la première histoire terminée et qu’on a suscité la curiosité on peu lui en proposer une autre plus longue. C’est aussi ce qui se passe avec les lecteurs. « Je n’ai que 5 mn » pas de soucis tu as une histoire complète.  Et puis mine de rien on enchaine la lecture. On n’a pas le temps de s’ennuyer !

Les histoires comme le titre l’indique touche à la gourmandise et à l’art de manger. Des enfants, des ogres, des animaux…

Cela peut aussi susciter des vocations de  conteur ! Comme les histoires sont faciles à retenir certains lecteurs risquent de se prendre au jeu.

Bon appétit !

Je remercie les éditions Syros de leur confiance.

syros

QUI EN PARLE ?

Jangelis

Serial Tattoo

Sylvie Allouche,
Editions Syros, « young adulte », sept 2019, 366 p., 16,95 €

Masse Critique Babelio / Editions Syros,
Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :
Pourquoi la commissaire Clara Di Lazio remarque-t-elle cette femme nigériane qui se tient dans la salle d’accueil du commissariat ? Sans doute parce que la détresse d’Ayo Madaki est immense. Sa fille Shaïna a été piégée par un homme qui lui a proposé beaucoup d’argent. Le pire serait qu’elle ait été embarquée par un réseau de trafic de jeunes femmes. Pour la retrouver, Clara Di Lazio va suivre son instinct. Et impliquer son équipe corps et âme.

Mes impressions de lecture :

J’adore cette série jeunesse. J’attendais donc avec curiosité cette nouvelle enquête. A chaque fois je me dis qu’elle traite d’un sujet fort qu’il n’est pas facile de proposer en jeunesse. Et à chaque fois je trouve que Sylvie Allouche  emporte les ados dans des aventures actuelles et réalistes. En tant qu’adulte je suis autant emportée…

Un nouveau coup de cœur !

Les personnages « victimes » sont des lycéens ou qui pourraient être à peine sortis du lycée… Tous ont un vécu lourd malgré leur jeune âge. Ils ont connu la violence à tous les niveaux. Ils sont prêts à tout pour aider leur famille. Cette notion de sacrifice fait aussi partie de leur culture et les prédateurs le savent. Il y a d’autres personnages légèrement plus âgés qui ont été entrainés dans le monde de la prostitution. On sent la différence entre les deux groupes.

On est dans l’esclavage moderne, déshumanisation des êtres humains… ce roman mets en lumière sur le problème des mineurs.

Nous sommes sur Paris. On va découvrir la misère liée aux guerres, les réfugiés étrangers dont les mineurs peuvent devenir une monnaie d’échange. C’est enfants ont déjà souffert dans leur pays de naissance, ils ont connu les massacres, les viols et autres méfaits… ils arrivent dans le pays des droit de l’homme et ils peuvent retomber dans les mêmes travers. Ils semblent conditionnés pour se sacrifier et accepter leur sort. Il y a aussi  celles (majoritairement des filles) qui sont qui sont recrutées sur place et achetées à leur famille. On est dans un réseau international.  Et quand on pense que l’évolution au sein de cette organisation va conduire certaines victimes à devenir à leur tour des recruteuses. Ce qui rend encore plus pervers ce système.

C’est la deuxième fois depuis cette rentrée littéraire que je lis un roman traitant de prostituées nigérianes sur Paris, des mamas qui tiennent les filles avec des juju. « Le souffle de la nuit » Alexandre Gallien.

On se rend compte que différents services de polices travaillent chacun de son côté sur un des aspects du problème. Le tout c’est de pouvoir croiser les infos… C’est là que la personnalité des enquêteurs va faire la différence.

La narration à la troisième personne va nous faire vivre cette enquête sous plusieurs angles, du côté des truands, du côté des victimes, du côté de la police…

Ce qui m’a plu c’est que tout n’est pas mal/bien. Il y a de l’entre deux. Il y a notamment des « indics », « la fille d’un criminel » etc.

L’enquête est menée tambour battant mais bien sûr il y a des contretemps dus entre autre à des préoccupations personnelles… cela augmente les tensions émotionnelles… En parlant de tensions émotionnelles nous avons un prologue qui nous immerge au cœur d’une course poursuite très angoissante… ça donne le ton !

Je vous laisse découvrir les nombreux rebondissements qui vont tenir le lecteur en haleine.

J’ai remarqué que dans cette série la place de la famille est très ambigüe, elle n’est pas toujours là pour protéger, ce roman le confirme.

Je remercie Masse critique Babelio et les éditions Syros de leur confiance.

kokeshi coup de coeur
kokeshi rentree
stabat murder
snap

Article précédemment publié sur Canalblog

Metamorphoz

Jérémy Behm,
Editions Syros, 10 oct  2020, 198 p., 9,95 €,
A partir de 8 ans

Mes lectures Syros

Chronique jeunesse du mercredi

metamorphoz

4e de couv. :
Une petite créature débarque… et la vie d’Arthur est bouleversée !
Depuis qu’Arthur a emménagé dans un pavillon tranquille, loin de ses copains, il se sent bien seul. Un soir, il surprend une étrange créature dans la maison d’en face. Ozzie a quatre bras, de grands yeux gris et un pelage chatoyant… Arthur est ravi, Ozzie pourrait bien devenir son ami ! Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

Mes impressions de lecture :

Chers parents et chers adolescents (en puissance) qui liraient ces quelques lignes je suis sûre que certains points vont vous interpeller.

Arthur finit sa primaire, c’est encore un gamin mais des changements dans sa vie et dans son corps vont venir bouleverser son quotidien.

Arthur est en colère, il a en lui trop d’émotions contenues.

Un bébé est né et cette petite créature accapare toute l’attention de ses parents. Il se sent exclu du cercle. Perte des repères dans le cercle familial.

Cette naissance implique un changement de maison d’où le déménagement. Perte des repères géographiques.

De là découle la perte des copains et changements d’école. Nouvelle perte des repères.

Il vit un enfer car il est harcelé par un trio.  Une parenthèse si c’est votre cas ne vous taisez pas, cherchez de l’aide !

C’est donc dans cet état de fragilité émotionnelle que nous découvrons notre jeune héros.

Dans ce contexte contemporain nous allons retrouver des éléments liés aux contes traditionnels. Nuit  extraordinaire où les astres et leur forces mystérieuses. Du danger de faire un vœu dans ces conditions émotionnelles et planétaires… le vœu va se réaliser mais notre héros ne contrôle plus rien…. Est-ce un vœu temporaire ou irréversible ? A vous de le découvrir.

On bascule un peu dans le roman fantastique avec les phénomènes extraordinaire et l’arrivée d’un « extraterrestre » le fameux « autre ».

Notre héros va subir des transformations qui ne sont pas sans faire penser aux bouleversements de l’adolescence mais de manière hyperbolique.

Apprendre à se connaître au milieu de tout ce chambardement. Ouvrir les yeux sur qui ont est. Affronter la peur de l’inconnu et de l’avenir. Découvrir la force de l’amitié. L’union fait la force. Sans parler des premiers émois amoureux.

On va voir nos personnages apprendre à affronter leur nouvelle vie.

Nous allons passer les différentes étapes du « conte » pour arriver à la conclusion « nos héros ne seront plus jamais les mêmes ». C’est le côté roman initiatique.

Au niveau de la structure et des thématiques abordées, je trouve que c’est un roman qui pourrait être étudié en sixième. Attention !!! Je ne dis pas que c’est un roman « scolaire ».

C’est un roman qui fait appel à la force onirique qui nous permet d’affronter des événements de notre vie quotidienne et grandir.

Dans cette histoire l’effet miroir est important. On a les deux personnages qui vont servir de regard l’un pour l’autre. On a l’idée de se regarder en face. La lune joue aussi dans cette histoire comme un miroir avec aussi l’idée de l’autre côté du miroir.

J’ai adoré le petit clin d’œil à cette nouvelle collection Syros « Oz ». Nous avons le titre « Métamorphoz » et Ozzie. On pense évidemment au magicien d’Oz. Le livre se termine avec une interview de Jéremy Behm qui vous explique tout ça…

NB : il est question aussi d’Halloween pour ceux qui préparent des thématiques pour cette période de l’année.

Je remercie les éditions Syros de leur confiance.

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 Qui en parle ?

Jangelis

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Attention pour des adolescents + 13 ans

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mon ami arnie

La vérité sur la petite graine

Claire Ubac
Ill. Zelda Zonk

Éditions Syros, 3 sept 2020, 111 p., 10 €
9-12 ans.

Mes Lectures Syros

Chronique du mercredi (Ok on est vendredi !!)
Rentrée Littéraire 2020

vérité sur la petite graine

4e de couv :

Un roman drôle et tendre, qui déconstruit les stéréotypes les plus tenaces !

Grande nouvelle ! La maîtresse est enceinte. À propos, d’où viennent les bébés ? Lena, Luc et Sakina ont chacun leur idée. Anis, lui, en est certain : les spermatos de l’homme font la course, c’est le plus fort qui gagne ! La maîtresse devra rectifier de fausses croyances et leur donner les dernières infos de la science… Pour former le futur être humain, tous les spermatos doivent coopérer. Mais au fait, et si c’était l’ovule, la vraie vedette de cette histoire ?

Ma Chronique :

Cette histoire est racontée par une gamine, Léna, elle est en primaire. Elle est passionnée par les insectes et la nature. Elle est très observatrice et aime connaître le pourquoi du comment. Son esprit plutôt « scientifique » ne peut se contenter d’approximations. Ses parents sont présents et très ouverts et elle a un grand frère en CM2.

Elle est à un âge où on peut parler de tout, alors que son frère lui est déjà dans la phase « il y a des sujets tabous ». On va avoir droit à un renversement de situation ou la petite va apprendre des choses au grand frère malgré ses « chut ne parle pas si fort, des adultes pourraient t’entendre ».

Alors que personne ne s’intéressait à cette question existentielle, ils apprennent que la maîtresse est enceinte et cela va déclencher une avalanche de questions. Dans un premier temps on va avoir la discussion entre enfants du même âge, puis avec les adultes. C’est là qu’on va découvrir que parler « reproduction » chez les être humains peut poser des problèmes avec certains parents qui font un blocage avec le « sexe » en tant que pratique sexuelle.

A quel âge en parler ? Comment en parler ? La maîtresse va développer le sujet en se basant notamment sur un travail pédagogique, en faisant parler les enfants et en visionnant un documentaire. Puis par ses propres recherches.

A nouveau réaction négative d’un parent. Ce roman montre différentes réactions.

Là, les enfants vont se questionner sur les conséquences pour la maîtresse et sur l’enfant dont le parent est bloqué. Puis la réaction d’un enfant sur le sujet qui va apporter de nouveaux éléments.

Et c’est seulement après tout cela qu’on aura la vision dans une partie du monde animal avec la naissance d’un bébé requin…

Attention  !!! Il s’agit bien d’un roman alors il y a une trame narrative qui aborde d’autres sujets que « la vérité sur la petite graine », il y a les familles et l’amitié et les chamailleries qui le sel de l’enfance.

J’ai bien aimé ce roman par sa liberté de ton sur un sujet délicat à aborder. Pour la maîtresse c’est un sujet comme un autre, en parler d’une manière décomplexée casse les barrières autour d’un sujet « tabou ». On nous montre aussi que l’école à évolué et que c’est bon de voir une équipe pédagogique soudée.

Les illustrations de Zelda Zonk sont tendres et humoristiques pour accompagner les différentes discussions. Pour certains enfants ce petit «complément » vient  « détendre » l’atmosphère, car tous ne sont pas à l’aise avec le sujet.

Ce qui m’a plu dans ce roman c’est la clarté des explications de l’adulte et sur le travail d’écoute. A l’heure des infos sur le net c’est bon de se rappeler l’importance de l’accompagnement. Mais Claire Ubac ne fait pas l’impasse sur les à priori et sur les blocages culturels.

La curiosité n’est pas un vilain défaut si c’est pour ouvrir les esprits et aider à grandir.

Je remercie les éditions Syros de leur confiance.

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