« Les magies de l’Archipel . T. 1 Arcadia

Estelle Faye

Ill. Sanoé

Éditions Nathan, sept 22, 131 p, 11.95 €

Masse critique Babelio /Nathan

Chronique Jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Nour, la petite sœur de Kassem, est touchée par une malédiction : des écailles commencent à pousser sur sa peau et elle se transforme petit à petit en créature marine. Rejetée par sa famille, elle est condamnée à vivre sur l’île des maudits. Mais Kassem refuse d’abandonner sa petite sœur et l’aide à s’échapper.

Les voilà tous deux embarqués dans un fabuleux voyage, accompagné d’Elissa la navigatrice. Ils sont à la recherche d’Arcadia, la légendaire bibliothèque qui rassemble tous les livres récupérés au fond de l’océan. Au milieu de ces secrets perdus depuis la nuit des temps, Kassem espère trouver un moyen de sauver Nour !

Mes impressions de lecture :

Si vous me suivez vous vous doutez que j’ai aimé ce premier tome et que je râle parce que je dois attendre le printemps pour la suite. J’aime beaucoup la façon de narrer d’Estelle Faye et de plus on est sur un thème où l’eau joue un rôle.

J’ai beaucoup aimé l’aspect visuel on passe de la tour et la vue sur la mer Turquoise, à la descente vers le port et le départ sur le bateau et la ville qui s’éloigne. D’un lieu clos et stable : la tour, la bibliothèque, le jardin… On passe au bateau qui se balance, la mer à perte d’horizon.

La thématique du voyage initiatique est toujours intéressante car on a les lieux et les rencontres avec les inconnus et d’autres façons de voir la vie et le monde. Bien sûr les embûches et la colère des flots m’a fait penser à Ulysse la référence en ce qui concerne ce type de récit.

On pense aussi fortement au monde du conte et des mille et une nuits. Les jeunes lecteurs pourront aisément se croire dans un décor à la Shéhérazade. Un roman fantasy très méditerranéen. Les belles illustrations de Sanoé complètent bien la narration et on visualise très bien certaines scènes.

Les jeunes lecteurs vont vivre des expériences fortes. On a toute la palette des émotions. Nour et Kassem étaient choyés par leurs parents et la vie quand tout à coup tout bascule. Elissa a un autre parcours de vie et elle va jouer un rôle protecteur. Bien que jeune elle a le rôle d’une maitresse femme, elle vient d’un autre monde.

J’ai beaucoup aimé comment Estelle Faye déploie la thématique des croyances et des superstitions qui balayent le savoir et la connaissance. La place de l’écrit (livres et cartes) est importante puisque c’est ce qui va permettre d’avancer.

On aborde aussi la question de l’identité, problématique qui intéresse notamment nos préados et l’adulte en devenir.

C’est une jolie série qui permet au jeune lecteur de se plonger dans le monde de la fantasy.

La question maintenant, c’est de savoir vers quel rivage Estelle Faye va nous entraîner.

Je remercie les Éditions Nathan et Babelio de leur confiance.

Ps : me voilà embarquée dans une nouvelle série fantasy que j’aime beaucoup chez les Éditions Nathan : « les héritiers de Brisaine » de David Bry

Les héritiers de Brisaine. T4. La Sorcière des saisons

David Bry

Ill. Noémie Chevalier

Éditions Nathan, sept 2022, 163 p., 11,95 €

4e de couv. :

Pour sauver la magie et mettre toutes les chances de leur côté, les jeunes héros sont obligés de se séparer. Jehan reste à Trois-Dragons pour fouiller le château et enquêter sur l’archimage. Barse le Troll doit convaincre Mahaut de se rallier à eux. Quant à Grégoire, Enguerrand et Aliénor, ils se lancent à la recherche de la Sorcière des saisons.
Ils doivent absolument la trouver avant leur ennemi juré, Gauthier, et l’empêcher de déclencher le Grand Hiver, qui signerait la mort de toute la magie. Mais la Sorcière ne se laisse pas approcher facilement et de grandes épreuves attendent les trois amis !

Mes impressions de lecture :

Je vous ai parlé de cette série juste avant la sortie du tome 4… J’ai bien essayé de retarder le moment mais j’ai craqué… le prochain et dernier épisode c’est pour mars/avril.

Je vous conseille de lire la série dans l’ordre car c’est un enchainement d’événements qui on conduit nos jeunes héros à ce stade de l’histoire et de leur évolution.  Le volume commence un résumé des épisodes précédents… Et bien sûr l’histoire a une conclusion à la quête annoncée mais pour la conclusion de la quête il faut attendre le dernier épisode, le tome 5 !

J’ai beaucoup souffert avec les personnages qui vont devoir encore affronter des épreuves terribles et faire des choix tels qu’ils sont demandés aux héros. Chaque personnage a sa personnalité bien affirmée et c’est plaisant d’avoir ainsi plusieurs points de vue. Même les gentils peuvent avoir des mauvaises pensées envers les autres mais il ya toujours un qui a une autre perception des choses. Oui nos héros ont des faiblesses et des peurs mais ils forment une équipe bien soudée.

On va suivre trois groupes chacun avec un chemin différent à parcourir et ils vont avoir pour certains des révélations et devoir accepter la terrible réalité.

Réussiront-ils ? Rendez-vous au prochain épisode !

Encore une fois il y a beaucoup de mouvements puisque chaque groupe va devoir parcourir des chemins distincts.

Une nouvelle fois on va frissonner et ce n’est juste à cause du blizzard et de la neige et de la glace.

Un roman où l’amitié et la confiance en l’autre, la force de caractère et la volonté sont à l’honneur. Ils savent ce qu’ils veulent devenir et font tout pour suivre leur voie.

Et toujours un plaisir de retrouver Le Grimoire magique de Fabula enrichi de nouveaux personnages.

Une série fantasy jeunesse à faire découvrir aux 9 ans et plus… en fonction des enfants.

Pour la petite anecdote de lecture j’ai terminé une lecture dans la neige, ici on se retrouve aussi dans la neige et dans ma lecture suivante on est aussi dans la neige…

A voir aussi sur ce blog :

Les héritiers de Brisaine T3. La bataille des Marches hurleuses

David Bry

illus. Noémie Chevalier

Éditions Nathan, mars 2022, 156 p., 11,95 €

4e de couv.

Grégoire, prisonnier de l’Archimage du Clair-Obscur, affronte la cruauté du magicien, la noirceur de sa cellule et sa peur des fantômes pour protéger le secret des Clés.
Enguerrand et Aliénor, aidés de Brisaine, Barse le Troll et d’un mystérieux allié, attaquent les Marches Hurleuses pour libérer Grégoire.
La bataille fait rage, Brisaine affronte l’Archimage, Enguerrand et Aliénor font face aux soldats… Ils sont tous plus déterminés que jamais à sauver la magie, mais à quel prix ?

Mes impressions de lecture :

Tout d’abord il faut que je vous dise : « lisez les tomes de cette série dans l’ordre !  » C’est le troisième sur cinq (4 paru il y a quelques jours et 5 paraîtra au printemps).

Lors du tome 1 nous avions eux les bases et le moment où tout bascule. Nous avions découvert notre gentil trio où chaque personnage à chacun un caractère et des aptitudes différentes et complémentaires. Nous avions aussi rencontré le groupe de méchants.

Puis dans le tome suivant nous avons découvert l’axe du mal qui va au-delà de la méchanceté d’êtres cruels. Il y a des adultes et des guerres de pouvoir. Deux types de magies qui s’affrontent.

Dans ma chronique sur le tome 2 je vous avais dit que l’auteur nous avait laissés sur un moment clé qui trouvera sa conclusion dans le tome 3.

On débute ce tome 2 sur l’idée que nos héros n’ont plus le choix. Il faut qu’ils aillent de l’avant vers l’affrontement puisqu’il faut libérer leur ami Grégoire. Ce qui avait aidé dans les deux premières parties ici n’est plus réutilisable. Il faut d’autres solutions et ce servir des rencontres faites…

Cette saga fait appel aux sentiments, l’empathie avec les personnages et leur quête fait que le lecteur est à fleur de peau. Au début de ce troisième volet ce qui prime c’est « ce n’est pas juste », « c’est révoltant et cruel». On bouillonne devant la cruauté de certains.

Nos jeunes héros vont découvrir des appuis auxquels ils ne s’attendaient pas. Nous allons donc avoir de nombreux rebondissements.

Une aventure palpitante qui va nous faire découvrir d’autres facettes de cet univers créé par David Bry. Jusqu’où nous entrainerons t-ils ?

Est-ce que je vous ai déjà parler de la place de l’illustration ? Chaque couverture est superbe et reprend les éléments clés du tome. À l’intérieur les illustrations sont en noir et blanc, soit un petit dessin en début de chapitre, soit une plaine page. On ne se rend pas compte de l’importance pour les lecteurs de 8-11 ans de ces pauses visuelles. Tous ne sont pas de gros lecteurs et cela les rassure et d’autres on du mal à se représenter ses lectures de l’imaginaire.

Je remercie les Éditions Nathan pour leur confiance.

Il ne me reste qu’à attendre les deux prochains tomes.

Tome 4 « La sorcière des saisons » sorti le 25 août 2022 … Que je n’ai pas !

et le Tome 5 au printemps 2023

Sur ce blog :

Les héritiers de Brisaine. T.2 La cour du clair-obscur

David Bry

Ill. Noémie Chevalier

Éditions Nathan, 2021, 128 p., 11,95 €

Mes lectures Nathan

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Enguerrand, Grégoire et Aliénor enquêtent sur les dangereux personnages masqués qui fouillent le Bois d’Ombres, à la recherche des Clés ouvrant le Cœur de toutes les légendes.
Les trois amis apprennent l’existence de la Cour du Clair-Obscur, constituée des traitres des deux autres Cours.
Aidé de Lusin le gnome, Enguerrand, Aliénor et Grégoire doivent à tout prix retrouver la Clé des Sources pour la mettre à l’abri. Mais Gauthier, leur ennemi juré, risque de leur compliquer la tâche !
Les enfants réussiront-ils à sauver la Clé des sorciers maléfiques ?

Mes impressions de lecture :

J’ai eu le plaisir de recevoir, le tome 2 et 3 de la part des Éditions Nathan, après avoir parlé du premier tome « la malédiction du bois d’ombre ».

Tout d’abord un mot sur la couverture de Noémie Chevalier qui joue bien sur le clair-obcur. J’aime beaucoup l’idée de lien entre l’homme encapuchonné et mystérieux et les enfants au contraire éclairés et portant la lumière.

On retrouve notre trio que nous avons suivi en frissonnant et cela ne va pas aller en s’arrangeant pour eux. Chacun porte en lui des valeurs positives de la « chevalerie »  sans être indestructible et conquérant. J’ai été révoltée par ce qu’ils subissent au quotidien de par leur position sociale.

Les personnages ont été bercés par les histoires de Brisaine, nous avons vu comment la réalité a bouleversé leur vie, dans ce deuxième volet on en voit les conséquences. Ils vont continuer leur voyage « initiatique » et affronter de nouvelles épreuves.

Avec Brisaine, ils représentent le bien, face à eux il y a ceux que l’on pourrait qualifier de disciple du mal… ils vont découvrir ce qui était latent et qui a émergé suite à ce qui s’est passé précédemment. Mais si on le bien face au mal, on va aussi avoir ceux qui ne savent pas encore quel camp choisir…

Nous avons toute la thématique de la forêt et de la magie et toute la symbolique qui leur est liée. Les mystères qui en émanent. J’ai aimé découvrir dans leur quête l’ondine et la présence de l’eau.

David Bry traite aussi la thématique du harcèlement que l’on pourrait transposer au harcèlement scolaire. On a aussi l’abus de pouvoir d’adultes qui sont sensés protéger les plus jeunes. Peut-être que certains enfants pourront s’identifier et trouver la force de se battre. J’extrapole peut-être.

Quelle fin ! On n’a qu’une hâte commencé le tome suivant. J’ai du résister pour ne pas m’embrouiller pour écrire cette chronique.

Je vous laisse découvrir la cour du Clair-obscur.

Je remercie les Éditions Nathan de leur confiance. A bientôt pour la suite…

Voir sur ce blog :

Les héritiers de Brisaine T.1 La malédiction du Bois d’Ombres

David Bry

Ill. Noémie Chevalier

Éditions Nathan, 2021,  168 p. , 11,95 €

CHRONIQUE JEUNESSE DU MERCREDI

4e de couv. :

Le Village de Trois-Dragons, au cœur du royaume de Fabula : la magie, autrefois courante, a disparu suite à une grande guerre.
Enguerrand, avec l’aide de son ami Grégoire, part à la recherche d’Aliénor, sa petite sœur, dans le Bois d’Ombres, une forêt dangereuse et maudite. Mais en pénétrant dans ce bois interdit, il semble que les enfants aient réveillé la magie noire du lieu… Le village est en danger !
Soutenus par la guérisseuse Brisaine, les trois amis vont devoir faire la lumière sur cette mystérieuse malédiction. Pour affronter les terribles dangers qui les guettent, il leur faudra du courage et l’aide de surprenantes créatures alliées.

Mes impressions de lecture :

Au mois de mai David Bry était l’invité du Blog Book en Stock. Durant tout le mois il a répondu aux questions de ses lecteurs. J’ai découvert cet auteur et j’ai lu un roman de fantasy adulte (que je n’ai pas encore chroniqué), j’ai aussi appris qu’il écrivait en jeunesse, j’ai donc gardé l’info dans un coin de ma tête. Début juin, je regarde le programme du salon du livre du Grand Narbonne qui avait lieu le 10-12 juin pour faire mes repérages auteurs. La librairie BD & Cie m’envoie sa newsletter en annonçant la venue sur le stand du salon de Noémie Chevalier que je ne connaissais pas… et là que vois-je c’est l’illustratrice de la saga « Les héritiers de Brisaine » de David Bry. Je ne pouvais laisser passer une telle info. Donc samedi je suis passé acheter et faire dédicacer le premier tome de cette série et j’ai eu droit au visage de la jeune héroïne.

Vous l’aurez compris les illustrations ont leur importance dans ce roman jeunesse, des pleines pages en noir et blanc. La couverture est un bel exemple version couleur de ce qu’on va retrouver à l’intérieur. Pour débuter on a une carte, vous savez comment sont les lecteurs de fantasy, ils adorent les cartes, de vrais voyageurs de l’imaginaire. Les personnages principaux sont représentés ainsi que l’univers de Fabula.

J’ai donc choisi ce roman pour son auteur, pour son illustratrice et parce que c’était de la fantasy jeunesse… je n’ai pas lu la quatrième de couverture donc quel ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu apparaitre les noms des personnages. L’un d’eux m’est très cher donc j’étais déjà sous le charme…

Nous avons donc trois enfants de 8 à 12 ans (c’est justement la tranche d’âge des lecteurs) de modeste condition, voir des souffre douleurs. On comprend très vite qu’ils ont en eux les germes de ce qu’ils veulent être adultes Enguerrand l’aîné est garçon d’écurie et aspire à être écuyer pour devenir chevalier. Aliénor la plus jeune est aussi très vive et fonce tête baissée, protectrice des animaux. Et il y a leur ami Grégoire qui est entre les deux, lui a des prédispositions pour la magie, il écrit un grimoire, dont on a un petit aperçu en fin de volume (texte et illustrations).

Bien sûr notre trio est ami d’une « sorcière » Brisaine une conteuse des légendes des Trois-Dragons. Elle les nourrit de toutes ces histoires. Puis, on découvrira d’autres personnages…

Ce sont des personnages positifs, purs et gentils.

Vous vous doutez bien qu’il y a les « méchants » qui vont essayer de leur mettre des bâtons dans les roues.

Dans ce premier tome nous découvrons donc cet univers et une partie du passé de ce royaume. Quelques parts d’ombre, et ce n’est pas que le Bois qui est d’Ombre, les âmes aussi. De nombreux rebondissements vont faire palpiter les lecteurs. J’ai été prise dans cette histoire.

Nos trois jeunes héros vont devoir mener une mission périlleuse avec les épreuves.

Les thématiques autour de la forêt, la magie, l’amitié, l’honneur sont très présentes.

J’ai adoré ce premier tome, j’ai très envie de lire les autres tomes de la saga. On a tous les bons ingrédients pour un bon roman fantasy et un conteur qui sait faire vibrer le lecteur.

Je vous laisse découvrir leurs mésaventures.

Challenge 15K, catégorie « #30 Les Musclés »

#payetonslip

U4 .Jules

Carole Trebor

Éditions Syros, Éditions Nathan,  août 2015, 401 p., 17,95 €

Mes lectures Syros

4e de couv. :

Jules vit reclus dans son appartement du boulevard Saint-Michel, à Paris. Il n’a pas de nouvelles de ses parents, en voyage à Hong Kong lorsque l’épidémie a commencé de se propager. Le spectacle qu’il devine par la fenêtre est effroyable, la rue jonchée de cadavres. Mais il sait qu’il ne pourra pas tenir longtemps en autarcie. Pour affronter l’extérieur, Jules redevient le guerrier impavide qu’il était dans le jeu. Il va alors retrouver son frère aîné, qui se drogue et dont il ne peut rien attendre, puis secourir une petite fille qui a mystérieusement échappé au virus et qu’il décide de prendre sous son aile. Son seul espoir : le rendez-vous fixé par Warriors of Times.

Ma Chronique :

Après avoir lu Yannis, Koridwen en 2015, j’ai lu Stephan et  Jules avant la sortie « Contagion » dont je vous parlerais dès demain… je connaissais donc les grandes lignes communes mais aujourd’hui c’est à travers le regard, le corps et les sentiments de Jules que je vais assister aux événements tragiques.

Jules c’est le parisien, sa particularité c’est qu’il ne va pas voyager, il est au cœur de la capitale, il est déjà tout près du lieu de rendez-vous des Experts Warriors of Times . Il a la géographie des lieux en tête et navigue d’un quartier à l’autre.

Jules est plus jeune, il a quinze ans et il est encore au collège, c’est un geek qui vivait beaucoup avec / à travers le jeu WOT. Il y croit vraiment au message de Khronos, c’est sa raison de vivre, son espoir.

Tous les personnages de la série vivent des choses extrêmement dures. Mais je trouve que Jules est un cran au-dessus. Son histoire avec Pierre est extrêmement violente. Est-il mort ?… Est-il vivant ? il est en sursis, Va-t-il devoir le tuer ?… Le rejet, l’abandon, le possible retour… je n’en dis pas plus mais ce chaud-froid permanent est du. C’est un traumatisme psychologique et physique.

Heureusement il va croiser la route de minuscule et des autres et sortir de son isolement. Sans parler que les autres experts vont converger vers lui.

Il y a dans l’écriture et la présentation des faits par Carole Trebor un réalisme et une violence sans filtre qui donne au début du texte un coup de poing dans l’estomac. On se croirait sur un ring, elle assène un coup après l’autre. De part le sujet, les quatre auteurs doivent décrire des scènes d’horreur, mais chacun y va à sa façon.

Jules a du mal à se faire entendre. Il est un élément de cette communauté très organisée. Il n’a pas trop son mot à dire, il est peu consulté. Jules n’est pas dans l’ultra violence ambiante. Dans Paris s’installe un climat de guerre de territoire et de guerre civile mais ce n’est pas dans son caractère. Il a un physique de « plaqueur » alors on sollicité surtout son physique. Il a une force d’inertie qui fait qu’il a un temps de retard, il y a va à l’instinct sans calcul.

Les informations ne circulent pas à la même vitesse pour les quatre personnages. Jules par exemple comprendra pourquoi il n’est pas mort, que le 15 décembre soit presque deux mois après le début des décès (22 octobre) Psychologiquement cela modifie l’état d’esprit.

J’ai noté un point commun entre les deux garçons Yannis et Jules  ont eu besoin de rester dans leur personnage virtuel avant de supporter la réalité. Koridwen et Stephan, elles se sont jetées dans le réel immédiatement. Les deux filles ont fait appel au savoir familial. Koridwen la guérisseuse bretonne et Stephane la chirurgienne toutes les deux sont  dans les soins. Dans le même ordre d’idée Jules et Yannis sont ceux qui vont mal vivre toutes les révélations autour de Khronos.

Jules est un personnage qui intériorise dans sa chair les douleurs, qu’elles soient dues aux tortures ou autres injections. Il va lui falloir une intervention extérieure pour extraire « le mal » qu’on lui a implanté. Il parle peu et absorbe les informations. Pour renforcer cette sensation on a le personnage qui est d’abord cloîtré dans sa chambre au 5 ième étage de son immeuble, puis il séjournera dans les égouts, la sacristie (crypte), cave et fosse…

Je remercie les Editions Syros qui m’ont permis de lire la série U4 qui continue avec « Contagion » qui sera  en librairie le 3 novembre. A bientôt donc pour « Contagion » que je vais lire dès demain !

yannis
koridwen
stephane

   

contagion

Article précédemment publié sur Canalblog

U4 .Koridwen

Yves Grevet

Éditions Syros / Nathan, Août 2015, 400 p., 17,95 €

Mes découvertes Syros

Événement de la rentrée littéraire 2015 une coédition Syros /Nathan

4e de couv. :

Cela fait dix jours que le virus U4 accomplit ses ravages.
Plus de 90% de la population mondiale ont été décimés.
Les seuls survivants sont des adolescents.
L’électricité et l’eau potable commencent à manquer.
Tous les réseaux de communication s’éteignent.
Dans ce monde dévasté, Koridwen, Yannis, Jules et Stéphane se rendent, sans se connaître, à un même rendez-vous. Parviendront-ils à survivre, et pourront-ils changer le cours des choses ?

Ma chronique :

Me voici plongé dans le regard de Koridwen. Yves Grevet a choisi de nous emporter dans les terres celtiques. Son personnage est une fille, elle est bretonne et vit dans une ferme. Après la lecture de Yannis on a déjà une vision de la demoiselle, celle de ce garçon qui la croise à Paris. Est-elle vraiment comme il nous la présente ? Bien sûr que non, est-on conforme à ce que les gens perçoivent de nous ou croient percevoir ?

Dans ce projet littéraire au-delà de l’intrigue on peut ainsi se poser des questions que l’on ne se poserait pas forcément.  Sans parler que la lecture d’une autre facette de l’histoire nous renvoi forcément aux autres livres déjà lus… Sans vouloir comparer on a tout de même des liens qui vont se former, les auteurs ont-ils sciemment mis des éléments qui font des effets miroirs ?

Ce roman est un roman indépendant et à part entière mais il me révèle des choses sur le livre de Florence Hinckel #U4 Yannis alors j’y ferais référence… si j’avais lu les livres dans un ordre différent peut-être aurais-je fait autrement.

Koridwen est bretonne, c’est une fille de la campagne, ses racines profondes sont ancrées dans cette terre et c’est certainement ce qui fait que c’est l’élément terre qui ressort dans son caractère et dans ses actes. Yannis dont les racines sont algériennes vient de Marseille ville portuaire et cela se ressent (je vous laisse découvrir ce que je pense du personnage dans « .Yannis ». Les deux auteurs sont donc cohérents entre les lieux et l’essence.

Koridwen tire sa force de la terre, elle est enracinée dans la réalité, elle est pragmatique. Nous aurons donc une autre vision des événements. La terre c’est la seule chose que nous aurons dans son voyage entre sa maison et Paris. Elle va d’ailleurs voyager avec une partie de ses biens tel la tortue avec sa maison sur le dos. Qui dit maison dit famille, elle va aller chercher son cousin qu’elle va protéger et l’emmener avec elle. Cet être lunaire qui ne peut vivre qu’en compagnie de quelqu’un est très attachant. Max est autiste mais très attaché à Koridwen, ils vont se réconforter l’un l’autre et se protéger aussi. Il est pour elle se que Happy le chien de Yannis. Cet être qu’il faut protéger et qui parfois protège sans regarder s’il met sa vie en danger pour autant, ce compagnon fidèle mais qui parfois devra s’éloigner pour laisser les mains libres au héros. Ils sont les acolytes qui font passer les sentiments et l’instinct plutôt que la pensée et la parole.

J’ai aussi remarqué la présence de « la lettre » une sorte de testament moral que ce soit celle du père au fils ou de la grand-mère à sa petite fille. Dans la construction mentale du personnage je pense que c’est important cette filiation singulière. Le contenu du coup est très différent. On retrouve l’idée de valeurs morales pour bien leur rappeler qu’ils doivent rester des humains intègres.

L’amitié est un thème important dans ses quatre romans. Il y a des liens qui vont se tisser. En chemin Kori va trouver Anna et Marek qui  ne font pas partie du WOT, on est dans une incertitude faut-il leur accorder confiance ou vont-ils causer sa perte.

Koridwen part à la recherche de Spider Snake, alors qu’Adrial allait chercher Lady Rotweiller, ce n’est pas n’importe quel joueur du jeu…

Ce qui m’a plu dans cette histoire c’est cette comptine Celte qui va être le fil conducteur et qui va être le contrepoint. Cette incantation empreinte de magie qui va permettre à Kori de rester sur le droit chemin dans sa quête, sa mission, sa destinée.

On aborde la partie politique différemment, il y a des positionnements du personnage différent par rapport à la trame plus générale. On change vraiment de focale et de genre.

La fin que bien sûr je ne vous dévoilerai pas est dans la lignée de ce qui est proposé pour ce personnage… mouah ahh !   Je vous laisse découvrir ce que l’auteur nous a concocté !!!

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance et de m’avoir permis de lire ces deux romans en avant-première.

Article précédemment publié sur Canalblog

Voir aussi #U4 .Yannis