La variante chilienne

Pierre Raufast

Alma Editeurs, 2015, 262 p., 18 €

Existe en Folio

A79344
variante chilienne

4e de couv. :

Il était une fois un homme qui rangeait ses souvenirs dans des bocaux.

Chaque caillou qu’il y dépose correspond à un évènement de sa vie. Deux vacanciers, réfugiés pour l’été au fond d’une vallée, le rencontrent  par hasard. Rapidement des liens d’amitiés se tissent au fur et à mesure que Florin puise ses petits cailloux dans les bocaux. À Margaux, l’adolescente éprise de poésie et à Pascal le professeur revenu de tout, il raconte. L’histoire du village noyé de pluie pendant des années, celle du potier qui voulait retrouver la voix de Clovis dans un vase, celle de la piscine transformée en potager ou encore des pieds nickelés qui se servaient d’un cimetière pour trafiquer.

Ma chronique :

Ce roman est le deuxième de Pierre Raufast (depuis il en a écrit bien d’autres). Ce n’est pas anodin quand on sait que son roman « La Fractale des raviolis » a marqué ses lecteurs. Il y a d’ailleurs des clins d’œil dans ce roman.

« La variante chilienne » je l’ai eu pour mon anniversaire et je l’ai dévoré tout de suite (oui il était temps que je publie cette chronique !)

Nous allons suivre trois personnages avec chacun sa singularité qu’on découvrira au fur à mesure à travers leurs discussions. Tantôt parlant de soi, tantôt convoquant les souvenirs et les absents.

La mémoire est l’un des fils conducteurs de ces histoires. Qu’on ait de la mémoire, ou qu’elle soit tronquée, elle reste une préoccupation.

Pascal a subit les conséquences du souvenir du premier amour… Florin a dû se créer une bibliothèque externe de souvenirs… Margaux vit aussi avec un souvenir traumatisant mais il faudra attendre certaines révélations pour qu’elle découvre qu’il ne s’agissait que de son point de vue…

Paradoxes…

L’absence est ici plus  présentent qu’on ne le croit. D’autant plus quand c’est le toucher qui ravive es souvenirs.

Absence de noms. Florin va nous raconter bien des vies mais les noms des personnes sont remplacés par des surnoms. Une identité différente du nom de naissance.

Des  histoires, drôles, rocambolesques ou émouvantes parfois choquantes. C’est un autre paradoxe avec manque d’émotions.

Toutes ses histoires vont former un tout et surtout établir un climat de confiance qui va permettre à Margaux de résoudre son problème existentiel.

J’avoue que les premières scènes du roman m’ont un peu inquiété sur la suite de ma lecture. Je me suis même demandé si je ne m’étais pas trompé de roman. Puis petite à petit j’ai pu me décontracter. Je n’en dis pas plus pour ne rien vous révéler et vous laisser la surprise. En tout cas d’un point de vu littéraire c’est un joli exercice de style, j’imagine que  l’auteur à dû bien s’amuser par anticipation en pensant aux réactions des lecteurs dans mon genre… En tout cas moi je me suis dis une fois que j’ai découvert le fin mot de l’histoire que j’étais tombée dans le panneau…

J’ai bien aimé tout ce qui touchait aux références littéraires ou culturelles et le côté épicurien.

Il ne me reste plus qu’à attendre de lire les autres romans que je n’ai pas encore…