Ce que nous jetons et comment l’éviter

Autrice : Rose Hall

Ill. Sandra de la Prada

Éditions Usborne, Coll. Look Inside, 8 sept 2022, 14 p., 10,95 €

Mes lectures Usborne

Chroniques jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Bouteilles vides, carottes biscornues ou jouets cassés, beaucoup de choses ne devraient pas être jetées. Soulève les rabats et découvre comment nous pouvons prendre soin de notre planète en produisant moins de déchets.

Information sur le site Usborne :

Je profite de cette première chronique de la rentrée pour vous faire part d’une petite découverte. Le site des éditions Usborne a changé de « décor » il est bien coloré, et il y a sur la page d’accueil il y a entre autre une rubrique « faits amusants ». Je ne sais plus depuis quand elle a été mise en place mais je ne me souviens pas que c’était quotidien. Je connaissais l’activité qui aujourd’hui est hebdomadaire. C’est une façon de mettre en avant des ouvrages de la maison d’édition et ainsi de découvrir ou de redécouvrir des titres pour ensuite avoir envie de lire le livre.

https://usborne.com/fr/activites-pour-enfants/faits-amusants

Mes impressions de lecture :

Je découvre une nouvelle collection « Look inside », regarder à l’intérieur, un joli programme en perspective.

J’ai choisi cet ouvrage car il traite d’un sujet actuel qui nous touche tous et qu’il n’est pas trop tôt pour en parler aux enfants pour développer leur pensée face à ce quotidien. Nous vivons aujourd’hui avec le tri sélectif à la maison et plus ou moins c’est devenu un automatisme de jeter dans tel ou tel bac mais c’est bien d’expliquer pourquoi.

Sur une double page on traite d’une question avec une brève introduction puis les illustrations et des rabats permettent de développer chaque point. Le format carré  201 x 225 cm permet une tenue en main facile et en travaillant en double page cela donne une vue sur 40 cm. C’est assez concentré, mais l’effet des rabats qui se cachent dans les objets du quotidien et du matériel urbain permet de focaliser le regard de l’enfant sur des points stratégiques.

Que jetons nous ?

A l’origine, les matières premières.

Que deviennent les déchets ?

Une nouvelle vie pour les déchets

La collecte des déchets

Tri et recyclage

Voir plus loin

Le livre est cartonné  puisqu’il y a double page  puisqu’il y a les petites fenêtres et l’enfant pourra le manipuler facilement. Le livre est adressé aux 5 ans et plus, bien entendu c’est en fonction de l’enfant. Les petits rabats sont assez solides grâce à l’épaisseur du papier. J’ai remarqué que ce genre de livre occupe les enfants en partie parce qu’ils aiment ouvrir les petits volets.

Vous pourrez continuer les recherches avec la rubrique « Quicklinks » lorsqu’elle sera mise à jour. Elle facilement repérable sur la page d’accueil puisqu’il y a un onglet.

A vous de faire le tri dans les informations…

Je remercie les Éditions Usborne de leur confiance.

Sable Bleu

Yves Grevet

Éditions Syros, Hors collection, 26 août 2021, 331 p., 16,95 €

Chronique jeunesse du mercredi

Rentrée littéraire 2021

4e de couv. :

Tess ose à peine y croire : le monde va mieux. La Terre respire depuis qu’une étrange bactérie a contaminé les gisements de pétrole. Et puis il y a ces médicaments, ces aliments nocifs qui disparaissent inexplicablement des magasins. Des hackers de génie à tendance écolo seraient-ils à l’origine de ces phénomènes ? À plusieurs reprises, Tess sent des présences autour d’elle, des frôlements, et se demande si la réponse n’est pas à chercher ailleurs. Alors que la police s’intéresse à son cas, des jeunes gens se mettent à disparaître eux aussi.

Mes impressions de lecture :

Yves Grevet nous présente à nouveau un personnage fort qui n’hésite pas à affronter les épreuves de la vie malgré son jeune âge (16 ans).

Je ne voudrais pas dévoiler l’intrigue mais on peut dire que Tess est le pivot de cette histoire. Il y a plusieurs trames et à chaque fois elle fait la jonction. D’ailleurs, elle se fait tout de suite repérer que ce soit au niveau politique, amoureux ou mystère.

On la découvre dans le cercle familial,  le cercle amical, le cercle intime, le cercle activiste et le cercle mystère. A chaque fois elle doit accepter sa différence et se dépasser et la revendiquer.

A chaque cercle un secret, un mystère… des non dits.

Tout s’enchaîne en fonction de ce qu’elle est, de qui elle est, que ce soit les choix de ses activités et de ses convictions… et on aura la solution qu’à la fin même si on en devine les grandes lignes avant.

Tess n’a pas choisi la voie la plus facile pour avancer dans la vie et devenir adulte. Mais a-t-elle vraiment choisi  ou est-ce que c’est son destin ?

J’ai associé le titre (exotique et intriguant) avec le personnage et je me suis demandé si Tess n’était pas le petit grain de sable qui allait tout en rayer.

Yves Grevet a su jouer avec les variations d’intensités dans une vaste palette d’émotions qui fait vibrer le lecteur.

Il est très difficile pour moi de parler de ce roman qu’on dévore, car je suis allée de surprise en surprises et je voudrai que vous aussi vous puissiez expérimenter cette sensation avec ce page turner qui enchaine les rebondissements.

Ce roman aborde de nombreux sujets très actuels avec des sujets qui n’auraient pas été abordé aussi clairement il y a une dizaine d’années en littérature jeunesse.

Il est beaucoup d’identité dans tous les sens du terme. Yves Grevet en explore plusieurs facettes de ce questionnement important à l’adolescence.

La partie « fantastique » ou futuriste explore plusieurs possibilités.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance

Qui en parle ?

Jangelis ?

NB :

un roman en appelle d’autres, j’ai pensé à plusieurs histoires, en voici quelques exemples

« TerreS » Carina Rozenfeld

« La fille du Futur » Nathalie Stragier

« La fille des manifs » isabelle Collombat

100 infos insolites sur le protection de la planète

Rose Hall, Jérôme Martin

Ill. Parko Polo

trad Nathalie Chaput

Éditions Usborne, mars 2021, 128 p., 12,95 €

Chronique jeunesse du mercredi

100 infos insolites sur la protection de la planète

4e de couv. :

100 infos insolites sur la protection de la planète

Peindre les bâtiments en blanc diminue les émissions de carbone

Une réserve de graines pour prévenir La crise climatique

Des tricots pour sauver les manchots.

Mes impressions de lecture :

Nous aimons beaucoup cette collection à la maison.

A chaque nouveau livre j’ai l’impression que c’est différent qu’il y a une évolution dans le traitement de l’information. C’est peut-être dû aux sujets traités.

J’ai appris des choses. Il faut dire que certaines questions ne me seraient pas venues spontanément.

Ce que nous apprécions beaucoup ce sont les petites touches d’humour soient dans le texte soit dans les illustrations pour « alléger » des sujets qui sont assez lourds.

Les illustrations pleine page avec du texte aux couleurs intenses donnent l’impression d’être au cœur de l’info. j’aime beaucoup les jeux avec les typographies et les informations intégrées aux illustrations. comme la phrase dans le tracer de la seule route de l’Alaska (info 5).

Chaque question est abordée d’une façon différente avec des mises en pages différentes ce qui permet de garder l’attention du lecteur. Ce n’est pas un livre à lire d’une traite mais au contraire il ouvre des voies de discussions et des envies d’en savoir plus sur tel ou tel sujet.

On explore tous les milieux du fond de l’océan ou de la terre à ciel ou l’espace.

A la fin du volume on a un glossaire qui permet d’avoir des définitions adaptés aux enfants et un index pour aller directement au sujet que l’on recherche.

Ce livre m’a permis de me rendre compte que je ne maîtrisais pas du tout le sujet. Les livres de cette collection sont des livres à lire et relire.

Je remercie les Éditions Usborne de leur confiance.

Droneboy

Hervé Jubert

Éditions Syros, avril 2019, 247 p., 16,95 €

Mes lectures Syros
Chronique jeunesse du mercredi

droneboy

4e de couv. :

Un adolescent vit à proximité d’une ZAD, zone de tous les dangers. Le premier polar, explosif et sensible, de Hervé Jubert chez Syros.

Depuis deux mois, dans cette forêt du sud-ouest de la France, des zadistes luttent contre un projet de barrage qui doit ravager une zone protégée. Grâce à son drone, Paul ne perd rien de leur affrontement avec les forces de l’ordre. Mais ce contexte de guérilla est propice aux pires dérapages. La moindre image peut devenir une arme… et son auteur payer le prix fort.

Ma chronique :

Je connaissais l’écriture de Hervé Jubert pour son monde imaginaire. J’ai adoré « Magies secrètes » et son monde steampunk. Avec « Droneboy » c’est une autre facette de cet auteur que je découvre. Celle qui nous parle de réalité à travers une fiction, cela se passe aujourd’hui et elle est ancrée dans l’actualité. De plus, on est dans un roman jeunesse, deux éléments qui ont leur importance. Sensibiliser les jeunes lecteurs sur des sujets de société ou renforcer leur opinion, cela donne un texte engagé avec tout ce qui en découle.

Ce titre est en adéquation  avec l’image que j’ai des Editions Syros à savoir ce côté engagé qui propose aux lecteurs de ses poser des questions sur leur société et celle qu’ils voudraient pour demain, tout en la mettant en scène dans de la fiction et en leur laissant leur libre arbitre. Les personnages donnent leur avis pour ou contre, même si on sent de quel côté le cœur de l’auteur balance. Dans une postface « avertissement au lecteur » l’auteur  partager des informations sur le point de départ de cette histoire.

On a donc un lieu que certains veulent protéger et préserver alors que d’autres veulent le transformer pour produire plus et préserver leur exploitation agricole… entre les deux, il y a la politique, l’argent et la loi. On comprend vite qu’il n’y a pas de dialogue possible que chacun campe sur ses positions, pas de compromis possible dans des attitudes extrêmes et diamétralement opposé.

Au milieu de tout cela la vie continue. Hervé Jubert descend son regard à hauteur d’homme. Plusieurs cercles se dessinent.

Les jumeaux,  Jason et Kevin Pradel, représentent les pro-barrage, la testostérone parle avant le cerveau. Ils représentent la milice, le bras armé. Ils forment un clan avec leur père.

Il y a les familles de Paul. Parents divorcés, l’un en ville l’autre dans la forêt, atmosphère tendue. Ici les deux adultes vont faire front commun puisqu’ils ont leur enfant comme point d’achoppement. Le père de Paul lui est garde forestier, payé par l’état et en même temps il est sensé protéger les lieux. Situation ambigüe. La mère elle veut juste que les tensions s’apaisent dans la région car ce n’est pas bon pour les affaires. Ils essaient de jour donc en terrain neutre.

La famille de Manon est du côté de la loi, là aussi on leur demande pas de prendre position. Ce qui n’est pas le cas de leur fille qui elle est en pleine rébellion adolescente et cherche ses propres positions « politiques »

Un autre ensemble ce détache celui autour de l’amitié et des premiers émois amoureux.

Cette génération connectée et avide de technologie, qui voit dans les réseaux sociaux un moyen de dire ce qu’il pense, sans toujours se rendre compte de la portée de ces actes, et des récupérations possibles. Des adolescents avides  de sensations fortes, de sport extrêmes, la vitesse et la spontanéité, provocation/action/réaction. Ils agissent et réfléchissent après. On les suit dans leur quotidien, avec leurs préoccupations par forcément en rapport avec ce sujet épineux. Mais là aussi on a plusieurs points de vue et des attitudes face à la colère qui gronde.

Toutes ces interactions permettent plusieurs niveaux de lecture. Chaque lecteur y trouvera des sujets de réflexion. Le lecteur qui lira cette histoire se reconnaîtra ou son copain.

Le côté suspens de ce roman tiens le lecteur en haleine, se traduit par de l’action, des coups d’éclats et des montées de tensions. On sent dès le début que l’atmosphère est électrique, il va se passer quelque chose, on va au clash. Plusieurs épisodes « dramatiques » vont entrainer les personnages de rebondissement en rebondissement vers le moment fatidique. J’ai aimé comment l’auteur a géré cet instant, le cliffhanger et l’ellipse qui laisse au lecteur le loisir de créer sa scène et être lui aussi actif.

Il y a heureusement de l’humour, comme dans la vie il y a des hauts et des bas et des bulles de bonheur et de l’amour. Les différentes « histoires » vont avoir une conclusion.

« Droneboy » est un roman qui ne laisse pas indifférent, on le dévore.

Je remercie les Editions Syros de leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog

La fête est finie

Olivier Maulin

Éditions Denoël,mai 2016, 239 p.,18,90 €

Mes Lectures Denoël

4e de couv :
Victor et Picot sont deux copains à la ramasse. Le premier passe ses journées vautré sur un canapé à écouter Bach ; le second enchaîne les petits boulots. Ils se retrouvent vigiles de nuit à Lagny-sur-Marne, chargés de veiller sur un parc de camping-cars avec deux chiens récupérés en hâte à la SPA. Mais les deux bras cassés s’endorment dans l’un des véhicules et celui-ci est volé. Ils se réveillent près de la frontière allemande et décident alors de s’installer dans un camping isolé d’une vallée alsacienne où ils font la rencontre d’une jeune fille et de son père, qui avec quelques amis du coin se préparent à l’effondrement de la société. Les deux compères se sentent très à l’aise dans leur nouvelle famille, mais voilà que le «progrès» pointe le bout de son nez dans la vallée : une décharge industrielle et un Center Parc de deux cents hectares menacent de s’implanter sur la lande. Et si la catastrophe attendue était déjà là? Pour la petite bande que va bientôt diriger un «général» très spécial, il est l’heure d’entrer en résistance au cœur de la montagne…

Mon Billet :

J’ai découvert l’écriture d’Olivier Maulin dans « Gueule de bois ». Il y a des choses que je n’aime pas dans son univers et d’autres qui me lassent. Je voulais voir si on les retrouvait dans le reste de ses romans. Je n’étais pas hostile mais sur mes gardes. Pourquoi l’avoir choisi alors ? Parce qu’il y a des choses qui me plaisent dans les sujets qu’il aborde… Et en partie son humour un peu « pourri » qui semble au  premier degré mais qui est plus que ça !

Je ne vais pas comparer ici mes deux lectures, je dirais juste que j’ai préféré. Le côté excessif est moins trash et l’histoire part moins en vrille et en délire alcoolique. (Pourtant en écrivant cela j’ai des flashs du « de gueule de bois » qui me reviennent et un sourire qui étire mes lèvres !) Alcoolisme est une base… les abstinents ne vont pas aimer et les alsaciens vont trouver les descriptions caricaturales ! mais j’adore quand on grossit le trait…

Olivier Maulin nous présente la vie du point de vue d’une bande de branquignoles, de loosers et de laissés pour comptes, des marginaux plus ou moins volontaires que les effluves alcoolisées n’arrangent pas !

Cela donne lieu à des beuveries et des discours  haut en couleur. En découlent des scènes cocasses et délirantes, des rencontres improbables et des voyages imprévus. La vie n’est pas un long fleuve tranquille mais une route à travers la forêt avec des chemins défoncés et des branches basses !

Sous couvert d’humour et de cynisme, dans une ambiance éthylique, on découvre des sujets très actuels.

Les excès et les caricatures couvrent les idées concernant les étrangers par exemple, les clichés racistes qui sont ancrés dans notre langage.

On retrouve aussi les problèmes écologiques, comme par exemple :  quand pour créer une déchetterie ou un complexe hôtelier on dénature une vallée, une région loin de chez nous (mais près de quelqu’un), on réalise que seul les « locaux » et une minorité se bat.

On découvre la perte de métiers ancestraux à cause de l’évolution de la société… et l’industrialisation. Les petites distilleries familiales disparaissent pour laisser grossir les grandes structures aux normes internationales…

Quant à l’humour d’Olivier Maulin ça passe ou ça casse. Je n’adhère pas à toutes ses vannes mais certaines donnent lieu à des scènes d’anthologie. Par exemple :  le Grand d’Espagne  qui mesure moins d’un mètre, cela donne des dialogues assez surréalistes quand on introduit dans la discussion un « géant » qui n’a pas la lumière à tous les étages !

J’ai bien aimé l’idée de « on est toujours le péquenot de quelqu’un. Ceux de la Capitale n’ont pas la science infuse et  ne comprennent pas toujours tout…  là aussi je revois la scène qui  pourrait se conclure par un coup de poing, s’apaiser par un « c’est un parisien », pas besoin d’un long discours.

Olivier Maulin joue avec les contrastes : il prend deux personnages, le grand et le petit. Le petit a un gros chien, le grand un petit chien etc. on est dans le gag plus visuel.

Quand à l’amour, il suit des chemins insoupçonnables. Quand Bach rencontre Schubert … quand…

Entre le début et la fin, toutes les vies vont être bouleversées. Cela m’a fait penser à l’effet papillon…  A quoi ça tient la vie que l’on a ? A un whisky de trop ou à un pays de l’Europe de l’Est qui  est si pauvre que certains habitants vont se servir en France, au culot d’un homme  ou…  jusqu’où remonter l’enchaînement des événements.

Certains protagonistes vont trouver leur voie et la nature reprend ses droits grâce à la main de certains hommes.

Je remercie les Éditions Denoël pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog