Vivonne

Jérôme Leroy
Éditions de la Table Ronde, Vermillon, 7 janv 2021, 411 p., 22 €

Mes Lectures de la Table Ronde
Roman / rentrée hiver 2021

4e de couv. :

Alors qu’un typhon dévaste l’Île-de-France, l’éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l’Odéon  : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles. Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mystérieusement en 2008, il y a presque vingt ans.
Qu’est devenu Vivonne  ? Partout en Europe, la «  balkanisation climatique  » sévit et les milices s’affrontent tandis que la multiplication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s’effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au cœur de ses poèmes  ?

Mes impressions de Lecture :

Jérôme Leroy est un auteur que je suis depuis quelques années autant dans la littérature jeunesse que la littérature adulte.
On peut parler d’œuvre dans le sens où tout converge et s’entremêle, du moins ceux que j’ai lu.
Jérôme Leroy s’intéresse à la société, à ses fonctionnement et se dysfonctionnement. Les sujets touchant aux dérives politiques et à l’abandon font qu’il pointe le doigt sur ce que les gens et notamment les laissez pour compte subissent. Il s’intéresse aussi aux dérives des états face aux enjeux climatiques. Des sujets actuels qui le conduisent à nous montrer une société en perdition, où les dirigeants politiques divisent pour mieux régner. Mais Il n’est pas juste dans un constat négatif de ce qui se passe. Il montre aussi qu’il y a des gens qui se battent pour une nouvelle, une renaissance. Il appelle cette nouvelle société « la douceur ». Il n’est pas dans un monde utopique fait de douceur, il raconte comment ces communautés prennent les armes pour se protéger et pouvoir créer ce monde, fait de diversité, de respect et de solidarité. Et ne nous parle pas d’une période lointaine, à peine quelques années … donc les références sont claires et de danger imminent.
Ce que j’aime dans l’œuvre de Jérôme Leroy c’est la place de la littérature et du savoir. C’est son côté professeur de français militant pour la culture pour tous. Nous avons ici comme personnage principal « Vivonne » un poète visionnaire dont les poèmes sont assez fort pour changer la réalité de certains et donner de l’espoir à d’autres.
Petit à petit on voit se dessiner un portrait aux multiples facettes. Du poète mythique dont on partage les textes même après la catastrophe climatique qui touche Paris et la France. Le poète dont les fans partagent leur expérience. Et d’autres dont je vous laisse découvrir leurs liens avec lui, car derrière le poète il y a l’homme.
Nous avons aussi son ami et éditeur qui part à sa recherche, cette quête est devenue vitale pour lui. Cette quête va ressembler à une biographie professionnelle et personnelle.
Jérôme Leroy c’est aussi « la Femme » sont sujet de prédilection ou plutôt les femmes. Des femmes de caractères, des femmes blessées, à fleur de peau…
Ce que j’aime dans les romans et nouvelles de Jérôme Leroy c’est sa passion des livres, des traces écrites, ces objets qu’il exhume des cendres et des gravats, dans les mains de mourants.
Cette uchronie donne la parole à plusieurs narrateurs, chacun à leur niveau nous sonne leur point de vue. Cela donne à la narration des temps différents.
Ce roman joue aussi sur différents temps du passé tantôt lointain, tantôt plus proche. Ces va et vient au gré des rencontres et des souvenirs de chacun on voit se dessiner un tableau d’ensemble de l’Histoire de la France. L’une des narratrice va développer par exemple son ressentie lorsqu’elle lit les écrits d’Adrien Vivonne justement sur le thème du temps.
C’est un roman où l’action est au cœur de la narration, il y a un temps pour penser mais il y a un temps pour agir ne serais-ce que pour sauver sa vie.
Je vous laisse découvrir cette France en pleine débâcle…
Je remercie les Éditions de La Table Ronde, Vermillon, de leur confiance.

Littérature Adulte :

Cimetière des plaisirs

Comme un fauteuil voltaire dans une bibliothèque

La minute prescrite pour l’assaut

Un peu tard dans la saison

Jugan

Big Brother

Littérature Jeunesse :

Norlande

Macha

Les yeux d’Aireine

Dominique Brisson

Éditions Syros, janv 2019, 270 p., 16,95 €

Mes lectures Syros

4 e de couv. :

Rêve ou réalité ? Qui ment et qui dit vrai ? Une expérience intime et sensorielle inoubliable, à la lisière du fantastique.  

Pendant quelques mois, quelques années peut-être, la réalité du monde se détraque. De nombreux jeunes changent brusquement de personnalité, oubliant qui ils ont été jusque-là. Des coccinelles se mettent à tomber par grappes entières, tandis que le ciel acquiert une couleur étrange. Puis certains adultes se volatilisent du jour au lendemain, sans laisser d’explications. Aireine, alors adolescente, voit tous ses repères disparaître : Pourquoi sa mère semble-t-elle si lointaine ? Qu’arrive-t-il à sa meilleure amie ? Peut-elle faire confiance à son nouvel amour ? La jeune fille décrit dans son journal cette période troublée. Des décennies plus tard, Achelle, son arrière-petite-fille, hérite de ce journal et part en quête de la vérité. Jusqu’au bout d’elle-même.

Ma chronique :

J’ai découvert l’écriture de Dominique Brisson avec son roman « une vie merveilleuse », un roman bouleversant. Et ce fut le début de ma collaboration avec les éditions Syros. C’est donc avec émotion que je découvre « Les yeux d’Aireine ».

Je trouve la couverture de ce roman très belle. On entre dans l’histoire rien qu’en la détaillant.

C’est un roman en quatre partie. Avec des types de narrations différentes et des histoire très singulières. Des chapitres assez courts, parfois juste un paragraphe. On n’a pas le temps de s’ennuyer on se laisser transporter par l’histoire.

Un roman étonnant qui nous embarque dans l’univers de l’adolescence mais en d’autres temps. Le temps voilà ce qui m’a marqué, cette façon de nous faire revivre plusieurs vies dans des temps indéterminés. On ne se rend pas compte tout de suite qu’on est dans une dystopie. On note quelques étrangetés dans la narration, puis une touche de ce qui pourrait être un scène fantastique, avant de réaliser qu’on est dans une scène futuriste.

Ce qui m’a intrigué et intéressé dans la première partie ce sont les annotations à la fin de chaque chapitres. C’était surprenant de voir ses commentaires. On découvrira dans la deuxième partie qui les a écrites et pourquoi. On découvre ses histoires d’adolescents et des bouleversements qu’ils font subir.

Dans la troisième partie on change de à nouveau de temps de narration. On découvre en fait la suite des premiers écrits. Je n’ai peu m’empêcher de penser à « Macha » de Jérome Leroy avec cette reconstruction dans la forêt.

Quand à la quatrième partie c’est la conclusion que je vous laisse découvrir.

Ce roman m’a plu mais j’aurai aimé que certaines parties soient plus développées. Il y a un côté elliptique qui fait le charme de cette dystopie jeunesse. Il y a de nombreux personnages mais certains ne font l’objet que d’un paragraphe.

Il y a des passages inquiétants sur les effets secondaires de « l’épisode ».

Une nouvelle fois Dominique Brisson traite entre autre sujet celui du suicide et des conséquences sur la fratrie.

Amitié .folie. mémoire .vieillissement. sang. pureté . Tant de pistes de réflexion…

Le rôle de la famille est perverti par ce qui se passe. Elle ne joue plus le rôle de protecteur, bien au contraire. C’est assez déstabilisant pour les personnages.

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

NB : Il se trouve que parfois pendant ma lecture j’ai envie de noter des idées, généralement je les retravaille pour ma chronique. Lorsque j’ai écrit cette chronique je n’ai pas retrouvé mes notes… elles sont apparu aujourd’hui (31 janvier) et j’ai eu envie de partager mes premières impressions :

Dès le titre on devine que les yeux et le regard vont jouer un rôle. Il se trouve qu’en même temps que je lisais ce roman, j’en ai lu un autre qui sortait le même jour chez Syros ; « Dix minutes sur le vif » où le regard a aussi un rôle important. Y aurait-il dans l’air des ondes qui donneraient aux auteurs l’envie de parler de cela chacun à sa façon ? Le vieillissement et la beauté sont aussi des points communs.

Je trouve la couverture de livre très belle avec ce petit côté inquiétant que l’on découvre dans la narration. Cette narration à la première personne nous permet de voir les événements avec le point de vue d’Aireine. Des chapitres courts qui se terminent par les annotations entre croché, qui nous indiquent que ces textes qui constituent la narration on été archivés, étudiés, commentés. J’aime beaucoup ces incises qui utilisent un autre registre de langue, plus « clinique ». Il y a a une belle histoire d’amitié entre Aireine et Elie, supportera t-elle les changements de société ? Il y a une belle histoire d’amour naissante, aura t-elle le temps d’éclore ? Il y est question de liens entre frère et sœur.

Qui en parle ?

Jangélis

L’Eternel Ado

L’ado accro aux livres

Sur ce blog vous pouvez lire la chronique de :

« Une vie merveilleuse » de Dominique Brisson

une vie merveilleuse

Article précédemment publié sur Canalblog

Sky Mundy et les dinosaures. Tome 2 Nom de code : Déluge

Laura Martin

Trad. (usa) Eric Betsch

Éditions Michel Lafon, juin 2018, 361 p., 14,95 €

Mes lectures Michel Lafon

Chronique Jeunesse du mercredidi

4e de couv. :

La semaine dernière : Sky a trouvé les indices laissés par son père, disparu depuis cinq ans, et a quitté le bunker souterrain qui protège les derniers humains des dinosaures régnant à la surface. Guidée par la carte de son père, et accompagnée de son meilleur ami Shaun, elle a pris la route du lac Michigan, dans l’espoir de sauver l’humanité.

Aujourd’hui : Après avoir échappé de justesse aux dinosaures qui veulent la dévorer et aux soldats qui la poursuivent pour s’emparer de sa carte, Sky s’est fait de nouveaux alliés et arrive enfin au lac. Elle y découvre un secret enfoui sous les eaux depuis des années… Peu à peu, la jeune fille apprend la teneur de la véritable mission de son père, et comprend pourquoi et contre qui il s’est battu.

Demain : Connaissant désormais l’effroyable vérité, Sky et ses amis pourront-ils sauver la planète de ceux-là mêmes qui avaient juré de la préserver ?

Mon Billet :

J’ai découvert le tome 1 de Sky Mundy et je suis tout de suite entré dans cet univers, avec ces adolescents qui découvrent que les adultes mentent et manipulent les gens. Ils vont chercher une autre vérité.

On reprend dans le tome deux l’histoire où on l’avait laissée. Je vous conseille donc de lire les deux tomes à la suite parce que le cliffhanger du tome 1 laisse le lecteur  dans l’attente de la suite.

C’est un diptyque, le tome 2 est vraiment une conclusion de cette histoire. La fin laisse entrevoir un avenir, mais je ne pense pas que cela pourrait devenir une série.

La narratrice « je » est Sky Mundy une gamine de douze ans. C’est elle qui est à l’origine de cette quête. On va vivre avec elle les émotions les pus intimes. Par des dialogues on va découvrir les aventures des autres lorsqu’elle n’est pas présente, mais on effleurera simplement les émotions. Il y a une certaine pudeur, pas de commentaires sur des larmes qui coulent, des tremblements etc. pas besoin.

Dans le tome 1, nous étions partis du bunker, où les habitants vivaient sous terre, puis on a découvert des habitants de l’air entre autre dans les arbres. Dans ce tome 2, comme le laisse présager le titre,  on va rejoindre un nouvel élément : l’eau. Le lac Michigan, au fond… qui dit « eau » dit aussi d’autres animaux (je n’en dis pas plus !). Le feu on le trouvera au milieu des explosions et des tirs en tous genres.

Le lecteur va aller d’un rebondissement à un autre. D’une émotion forte à une autre émotion forte, l’adrénaline ne descendra pas avant la fin ! ça va plaire au jeune public, en tout cas moi cela ma plu (ok ado je lisais les « six compagnons »). Les amateurs de dinosaures ne vont pas s’ennuyer !

Les adolescents vont montrer leur vaillance, leur ingéniosité et leur amitié.

On découvrira aussi les utopies de chaque groupe d’adultes. Les trahisons, les guerres de pouvoir. Des idées opposées, ou complémentaires, des compromis possibles pour un avenir possible pour les générations futures.

C’est un roman d’aventure palpitante où l’action et l’émotion viendront s’associer aux découvertes sur l’équilibre de l’écosystème.  Les adolescents vont devoir se poser des questions sur le monde qu’ils veulent pour demain. C’est dynamique dans l’écriture et dans les rebondissements.

A la fin du Diptyque tout n’est pas résolu car seul le temps pourra dire ce qu’il adviendra mais tous les adultes et enfants vont devoir apprendre à vivre autrement lorsqu’on leur aura ouvert les yeux. Il faudra qu’ils fassent  la part des choses entre la réalité et ce qu’on leur a inculqué.

Ma chronique pourrait laisser supposer que c’est un roman noir. Oui les sujets traités sont lourds mais il y a pas mal d’humour et de situations rocambolesques pour ne pas complètement plomber le moral du lecteur. Il y a des petites piques, des réparties acérées, des taquineries…

Le titre (en français) et les sujets nous rappellent le côté Dieu créateur (ancien testament) et l’Homme qui veut devenir créateur (eugénisme)

Je remercie les Éditions Michel Lafon qui m’ont fait découvrir ces deux romans.

Article précédemment publié sur Canalblog

Grupp

Yves Grevet

Éditions Syros, 31 Août 2017, 528 p., 17,95 €

Mes lectures Syros

Challenge rentrée littéraire 2017

4e de couv. :

Mettez-vous à la place de Stan : grâce à l’implant LongLife, comme tous ses amis et ses proches, il ne craint ni la maladie ni les accidents et peut atteindre l’âge de cent ans en menant une petite vie tranquille. Est-ce que ça ne donne pas envie ? Maintenant, essayez de penser comme Scott, le grand frère de Stan : voulez-vous vraiment que vos battements de cœur soient contrôlés à tout instant ? Vous sentir traité comme un être irresponsable, fragile, et que l’on décide à votre place ce qui est bon pour vous ?Si la liberté et la part du hasard valent plus à vos yeux que votre sécurité, faites-le savoir. Rejoignez le Grupp.

Mon Billet :

Dès que vous commencez un roman de Yves Grevet, vous plongez directement dans un univers particulier. Il a l’art de créer une société, une famille, avec ses codes et sa hiérarchie. Vous êtes au cœur de l’histoire en quelques paragraphes.

Grupp a créé une société qui pousse au secret et à la dissimulation. Un lieu où l’on cherche à se rendre invisible et indétectable par les autorités. Car les autorités se sont des humains qui peuvent vous surveiller, vous contrôler et vous manipuler… Les implants sont différents de ceux utilisés dans le roman de Carina Rozenfeld « EVE ».

La famille, c’est la base de départ. Parents et enfants chacun a sa place, son rôle à jouer. On se retrouve au point de bascule entre l’harmonie et de déséquilibre. Ici ce moment charnière c’est quand Scott, le fis aîné est arrêté. Tout le monde tombe des nues. Le voilà accusé d’être un des membres dirigeant du GRUPP, un réseau de jeunes rebelles.

Et c’est comme si on ouvrait les yeux de Stan son cadet de 3 ans. Et au fur et à mesure qu’il gratte le vernis de ce qui l’entoure plus il découvre des choses.

Il y a un effet de balancier plus l’aîné est coupé du monde dans sa cellule  plus Stan s’ouvre aux autres et élargie son champs d’investigation. C’est un éveil à la conscience politique, un chemin initiatique qu’il va devoir faire avec des gens de son âge. Le lecteur découvre ainsi le monde qui l’entoure.

Pendant ce temps Sol son meilleur ami qui le seconde, essai de découvrir les jeux de l’amour. Il va aussi faire des découvertes dans le monde de Longlife.

Il est question de corps aussi. Sol et son problème de croissance, les ancêtres qui deviennent grabataires,  la jeunesse qui cherche ses limites hors contrôle.

L’histoire se compose de trois parties avec les dates qui nous permettent de nous situer.

Dans la première partie Stan collégien nous fait vivre son enfer à son niveau. C’est un collégien en quête de vérité.  C’est préoccupations c’était de suivre en cours, de faire se qu’on lui demandait, les copains.  Et tout à coup le voilà dans une situation plus tendue, il est plus surveillé par les autorités.

Il va chercher des pistes et trouver la force d’entreprendre cette aventure auprès de Lottie et Sol. Mais le danger rôde avec un group non identifié et violent qui lui tourne autour. Il doit tout faire pour se contrôler pour ne pas alerter les autorités à travers son implant.

La première partie se termine sur un cliffhanger et avec des zones d’ombre.

La deuxième partie c’est Scott qui nous raconte. C’est bien plus que son point de vue. Il est lycéen est ne vit pas dans le même milieu, il ne voit pas la vie de la même façon. On va découvrir d’autres facettes de cette société. De plus il va passer par la case prison et découvrir le milieu carcéral. Soit disant LongLife est là pour qu’il n’y ait plus de crimes.

On va vivre d’autres expériences découvrir d’autres points de vue.

Dans la troisième partie la parole est donnée à d’autres personnages et c’est ce qui permettra de conclure cette histoire et ouvrir de nouvelles perspectives à la jeunesse de ce pays. On va aussi sortir du périmètre de sécurité. Ils vont nous parler d’autres aspects du pouvoir de longlife…

Les trois parties sont de longueurs  différentes puisque dans la première partie (la plus longue) nous avons beaucoup d’informations qu’il n’est pas nécessaire de reprendre certaines choses.

Je vous laisse découvrir tous les rebondissements … car la troisième partie est encore plus dans l’action et il ne faudrait pas tout vous dévoiler.

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

Je suis super heureuse d’avoir lu cette histoire en avant-première et maintenant je vais attendre vos réactions et qu’Yves Grevet publie un nouveau roman !

challenge2017b

article précédemment publié sur Canalblog

U4 Contagion #U4

Yves Grevet, Florence Hinckel, Carole Trébor, Villeminot etc…

Éditions Syros, nov 2016, 455 p., 16,95 €

Blog des Editions Syros

 Mes Lectures Syros

4e de couv. :

Le virus U4 a décimé 90% de la population mondiale, n’épargnant que les adolescents entre 15 et 18 ans et de rares adultes. Jules, Koridwen, Stéphane et Yannis font partie des survivants. Mais ils ne sont pas les seuls…« Je m’appelle Séverine, le monde est ravagé et je crois que je suis enceinte. Je m’appelle Philippe, moi, président de la République française, je n’ai pas pu sauver ma propre famille. Je m’appelle Nicolas, je suis bloqué en Espagne avec mes potes : tout le pays est mort sauf nous, touristes français. Je m’appelle François, c’est de la folie mais par amour, je suis prêt à redevenir un hors-la-loi. Je m’appelle Koridwen, j’ai l’impression d’avoir déjà vécu ça… »

Anecdote  de lectrice :

Je venais à peine de sortir de  .U4 lorsque j’ai reçu « contagion ». Je me suis dit « chouette je vais le lire dans la foulée », finalement ça n’a pas eu le résultat escompté. Je me suis essoufflée avant la fin et j’ai compris pourquoi.  Le rythme, la forme et le fond sont très différents des quatre romans. Je ne voulais pas passer à côté alors j’ai préféré le poser. Voilà pourquoi je n’ai pas fait partie de ceux qui en ont parlé avant le Salon du Livre Jeunesse et de l’euphorie de la sortie.

J’ai repris ma lecture à tête reposée et là je n’ai pas eu la même vision des choses. Et j’ai pu apprécier l’ampleur du  travail de tous les auteurs.

Ma chronique :

A la question : Puis-je lire ce livre avant les romans ? Je dis pourquoi pas les nouvelles qui spoilent sont signalées.  Cependant en lisant ma chronique vous verrez que ce serait dommage de ne pas avoir lu les romans d’abord. Après si vous aimez les nouvelles vous y trouverez votre plaisir. Je dis ça aussi pour ceux qui n’ont pas accroché à la structure des quatre romans.

Ce recueil de nouvelles des quatre auteurs, plus d’autres plumes professionnelles pour ce qui est des romans graphiques et illustrations, ajoutez à cela des fan fictions cela donne une somme de travail artistique très variée et importante. Je suis très impressionnée par le travail de composition d’un ensemble cohérent et hétérogène, un beau travail de coordination.

Je ne vais pas vous parler de chaque histoire pour vous les laisser découvrir et pour ne pas faire une chronique sans fin…  je m’attarde juste sur la première, celle qui va marquer les esprits.

On début le recueil avec une nouvelle de Vincent Villeminot qui donne le ton. On a un effet de propagation des ondes. L’aéroport, la gare, les hôpitaux, la rue, les individus dans leur famille, les écoles. Et en même temps on a la réaction des services médicaux, de la préfecture, de la mairie, la mise en place de l’armée etc. Hypothèses, suppositions selon qui pose la question. On sent la tension monter au fur et à mesure de l’étendue des dégâts. La parole est donnée à d’autres personnages nouveaux, mais ici nous retrouvons le docteur Certaldo/ Marco/ Philo/ Julien etc. Dans les quatre tomes de .U4, on voit moins le moment de la mort. Les membres d’une famille qu’on sépare sans pouvoir dire au revoir où se toucher. Les survivants  ont de quoi perdre la raison avec de telles douleurs psychologiques. On a une autre facette de cette tragédie.

Ce que j’ai retenu de toutes ses histoires, c’est que les auteurs ont exploré le début de l’épidémie et le post 24 décembre. Ils ont mis en avant des personnages secondaires  que l’on a plus ou moins croisés dans les romans. Ils ont joué avec les personnages et les décors des uns et des autres. Ce n’est pas évident de prendre le personnage d’un autre, ils l’avaient un peu fait lorsqu’ils intégraient les autres personnages dans les romans mais là il y a la ville aussi, je ne sais pas c’était différent, plus poussé comme travail d’écriture. Cela fait plaisir lorsqu’on a aimé des personnages de les voir encore alors qu’on a fermé le roman.

Les fan fictions donnent une touche supplémentaire et j’espère qu’on verra d’autre écrits de ses écrivains prometteurs.

Dans  les .U4, on avait ce délai d’à peu près un mois avant la date butoir annoncée par Khronos. On était dans une sorte de fuite en avant avec au premier plan un personnage, puis deux, puis quatre ou trois. Et comme à un moment les quatre romans se recoupaient on avait juste des points de vue différents d’une même situation. Cela ressemblait à un arbre avec des ramifications. C’était bien on avait atteint le but, mais une fois lu « contagion » on se rend compte que c’était un arbre avec des bourgeons. Ce dernier volume à ouvert les bourgeons et on a des feuilles qui sont venues développer l’arbre.  Et le lecteur a eu vue d’ensemble très étoffée,  en se mettant au pied de l’arbre il peut tourner son regard à 360° il y aura toujours quelque chose à observer.

Maintenant que j’ai terminé la lecture je peux dire que ce recueil de nouvelles n’est pas juste un coup marketing qui  surfe sur le succès de .U4.  Les quatre romans à eux seuls forment un tout, mais là c’est beaucoup plus complet.

Pour une fois je vous parle de la couverture à la fin… Pourtant c’est la première chose qui vous saute aux yeux ces quatre visages rassemblés qui rappellent toutes les facettes de cette histoire. Elle est magnifique !

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog

Austerlitz

Anne-Laure Beatrix & François-Xavier Dillard

Éditions Belfond, mars 2016, 272 p., 19,00 €

Mes lectures Belfond

4e de couv. :

En 1910 la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8.62 mètres sur l’échelle hydrométrique du pont d’Austerlitz.
Aujourd’hui, la pluie tombe depuis trois jours dans la capitale. Les trois premiers jours les habitants de la grande ville ont râlé. Et puis, le soir du quatrième jour, l’alimentation électrique a été coupée. La plupart des arrondissements ont alors connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé. L’ensemble du vaste réseau sous-terrain des transports publics s’étant retrouvé noyé par des hectolitres d’eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s’est emparée des parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie… La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville.
Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d’avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin…
Sous le pont d’Austerlitz l’eau a atteint son record : 10.5.

Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n’est qu’un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n’a de sens. Jusqu’au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au cœur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même la Joconde a disparu….

Mon Billet :

Un titre qui intrigue, une couverture très accrocheuse, très belle et me voilà embarqué dans un roman policier.

Au début on est vraiment dans le roman SF apocalyptique on est au cœur de la tourmente avec les éléments qui se déchaînent. On a à peine le temps de respirer qu’on est submergé par les vagues d’eau et de boue… on est avec les personnages qui vivent des situations dramatiques. La fin du chapitre on reprend notre souffle mais pas tous les personnages…

Puis un an passe est c’est un Paris post-apocalyptique  qui apparaît et avec lui les enquêtes. Le commissaire suit un tueur en série et une journaliste des trafics… mais comme le monde est petit tout semble s’entremêler. On n’est pas au bout de nos surprises et nos protagonistes non plus. Rebondissements en tout genre. La Mort rode, plane…  on est dans une atmosphère délétère. Il faut se méfier de tout le monde, on ne sait pas qui va donner le prochain coup mortel.

Qui dit Paris, dit capitale et l’on voit les enjeux politiques qui viennent nourrir l’ambiance malsaine où les relations sont faussées.

Une sorte de course contre la montre se met en place dès qu’un enfant disparaît parce qu’il était au mauvais endroit  et au mauvais moment…

Le problème c’est que les personnages sont des gens blessés moralement, affaiblis et perturbés alors ils ne sont pas à cent pourcent performants et  il y a de gros malades de la tête en face !!!). Les vies humaines n’ont plus de valeur.

L’intrigue, les personnages, les décors, d’accord j’ai bien aimé… mais ce qui m’a vraiment  mais vraiment plu et qui fait son originalité se sont les titres des chapitres.  En effet, chaque chapitre porte le nom d’un tableau, sculpture du Louvre… Car Le Louvre est un personnage de l’histoire ! 

Mais ce n’est pas juste pour faire joli… le contenu du chapitre fait écho à l’œuvre et là s’engage une relation entre le lecteur et le livre. Cela m’a fait penser à un « desk », un mur avec des images qui inspire l’écrivain et qui donne le sentiment  texte augmenté, derrière les mots une image. Avant de commencer le chapitre je regardais sur mon téléphone une reproduction et je me demander à quoi le texte allait s’attacher…  Attention ce n’est pas une explication picturale… par exemple une scène de chasse cela va donner un chapitre où l’action et la traque vont être les maîtres mots… Parfois je n’ai pas trouvé vraiment le lien subtil. C’est un livre qui mériterait avoir des illustrations.

C’est un roman qui vous reste en tête une fois posé… mais il faut que j’arrête d’en parler sinon je vais spoiler !

Je remercie les Éditions Belfond pour ce beau roman et la découverte de deux auteurs.

Nox

Yves Grevet

Éditions Syros, Intégrale oct. 2015 (t 1 2012 ; t2 2013), 846 p., 24,90€

nox

4e de couv. :

Une ville basse enveloppée d’un brouillard opaque, plongée dans l’obscurité. Des hommes contraints de marcher sans cesse pour produire de la lumière. Un héros qui se bat pour vivre auprès de celle qu’il aime. Des amis d’enfance qui s’engagent dans des camps adverses. Une jeune fille qui vit dans la lumière, à la recherche de la femme qui l’a élevée.

Anecdote :

J’ai découvert les écrits d’Yves Grevet avec « Celle qui sentait venir l’orage » puis avec « .Koridwen » et c’était avec curiosité que je voulais découvrir des écrits antérieurs. Grâce à cette réédition sous forme d’intégrale j’ai encore été emportée dans les aventures de jeunes gens en quête d’avenir. Prochaine étape ? Dans ma wish list il y a « METO »

Plus de 800 pages qui se lisent sans dormir 😉

Ma Chronique :

En début de livre nous avons un porte folio avec des magnifiques illustrations et des photos d’une lecture musicale. C’est le petit plus de l’éditions intégrale.

L’histoire débute à un moment clé de la vie d’une bande d’adolescents. Chacun semble voué à un destin différent et prédéterminé. Les amitiés d’enfances ne sont pas compatibles. Certains vont avoir 17 ans l’âge critique.

Ils vivent dans une société très hiérarchisé. Il y a ceux qui adhérent complètement, ceux qui se veulent neutre et ceux qui se mettent du côté de la rébellion. Mais au fil de l’histoire ils vont se rendre compte qu’ils ne sont pas vraiment fait pour ce pourquoi ils sont programmés.

Dans la ville basse sous le nuage toxique qui masque la lumière vivent des gens que l’on maintient dans l’obscurité physique et mentale.

Au-delà des choix de vie il y a la naissance de la conscience politique.

Dans la ville du haut le soleil brille et l’on cache autant que possible ce qui se passe sous le Nox. Il y a évidemment un effet miroir entre la jeunesse du haut et celle du bas. Mais pas de manichéisme tout n’est pas beau en haut et laid en bas ! En fonction de leur lieu de naissance ils n’auront pas les même priorités.

Le premier roman mets surtout en scène la lutte face à la famille. La confiance qui devrait être naturelle entre parents et enfant va être mise à rude épreuve. Certains vont être rejetés pour des raisons différentes d’autres vont être couverts et protégés et gardés sous la coupe de l’autorité.

La manipulation par les adultes vient tout fausser. Les parents vont leur demander de passer des épreuves qui vont bouleverser leur vie et leur façon de voir leur existence… et perdre leur innocence.

Comme on se doute la frontière entre la ville du haut et celle d’en-bas est poreuse et des relations vont naître.

Les deux lieux de vie vont nous être décrits à travers les récits de trois personnages : Lucen, Gerges et Ludmilla. La construction des deux univers est faite autant topographiquement que moralement. J’ai bien aimé le travail sur la langue.

Lucen est un anti-héros sur qui le destin va s’acharner. A bien y regarder ils vont tous subir des coups du sort.

Le premier tome s’achève avec des personnages bien abîmés par la vie. La mort a fait son œuvre. Tout ce petit monde va se retrouvé éclaté.

Le deuxième tome va introduire une nouvelle voix celle de Fermie que l’on avait eue que de façon indirecte. On va découvrir de nouveaux lieux et une ouverture vers autre ailleurs.

Les adolescents subissent les conséquences des choix fait dans le premier tome.

De nouvelles rencontres viennent consolider les liens entre certains et détruire d’autres.

Les personnages sont plus ou moins attachants, parfois on a envie de leur donner des baffes à d’autre moment on voudrait les aider en les avertissant. Lucen a l’art de se mettre dans la mélasse.

Les personnages ont suivi à peu près la trajectoire que l’on voyait se dessiner au début, par contre il y a un personnage dont j’imaginais qu’il se développerait autrement. Fermie ne révèle pas être celle que j’entrevoyais au début.

L’histoire se termine vraiment … mais on aurait envie de continuer suivre ses personnages et leurs descendants.

On les aura accompagnés dans la révolte, l’entraide et la survie mais aussi dans la souffrance et le désespoir.

La famille est au centre de toutes les histoires.  Mais qui dit famille dit amour, naissance et espérance.

Je n’en dis pas plus pour vous laisser surprendre par les rebondissements.

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

Le Clan Suspendu

Étienne Guéreau

Denoël, sept. 2014, 470 p., 20 €

Mes lectures Denoël

4 e de couv :

Un clan haut perché dans les bois. Un ennemi étrange. Seule une jeune fille osera désobéir afin d’échapper à son destin.

Ismène vit parmi les siens, dans un village accroché à dix mètres de hauteur. Tous pratiquent des rites immuables et répètent inlassablement Antigone, la tragédie qu’il leur faut connaître sur le bout des doigts.
Descendre leur est interdit, car en bas une créature sanguinaire massacre ceux qui s’aventurent sur son territoire…
Quand le jeune Hémon décide de contester l’ordre établi, tout bascule. Pour fuir cet univers oppressant et comprendre le sens profond de la tradition qui leur a été inculquée, Ismène va devoir percer le secret qui menace son clan.

Ma chronique :

Une couverture qui ne laisse rien transparaître de ce qu’il contient, sauf les ramifications qui constituent cet univers étrange.

Un roman surprenant en trois étapes bien distinctes. Une sorte de crescendo qui va lever le voile sur certains mystères.

Difficile de parler de se roman sans dévoiler. Une société qui vit en autarcie dont deux jeunes gens vont prendre acquérir une conscience politique. Ils vont faire leurs armes sans bases politiques, sans réaliser ce qu’ils font. J’ai beaucoup aimé comment ces deux conceptions diamétralement opposées vont prendre naissance, ce développer et aboutir à ceux idéaux. Il y a le jeune homme et la jeune fille, les rôles que l’auteur leur a distribués sont très cohérents et je dirais presque la masculinité et la féminité induisent leurs choix. Je sens que je ne vais pas me faire des amies !

Les deux prônent « prenons notre vie en main » mais dans deux directions qui ne peuvent que s’affronter.

Ismène veut comprendre et analyser elle est dans recherche de la sécurité et l’évolution « tranquille » un côté plus protecteur qui voit plus loin dans le temps, Hémon joue de son charisme et de son égocentrisme qui le pousse à  la destruction et la violence, le côté guerrier et besoin de toute puissance et de domination.

Mais bien sûr il y a d’autres personnages, d’autres paramètres qui vont influencer le cours de l’histoire.

Les descriptions du clan (en général), son organisation, ses secrets et manipulations de masse, des scènes de la vie quotidienne sont très fluides et nous entraînent dans les méandres de cette société. Les autres parties sont à découvrir !!!

Le langage laisse Ismène perplexe car certains concepts restent abstraits pour elle qui ne connaît que le suspend, par contre il dévoile certaines chose au lecteur.

Un livre qui ne laisse pas indemne, qui donne à réfléchir. Comment une Utopie peut se transformer en Dystopie.  Un roman qui dans le panorama politique actuel n’est pas inutile. Un roman plus complexe que ce que j’en dis ici.

Un roman qui est déjà entre les mains d’un autre lecteur.

Certains aspects de ce roman m’ont fait penser à « La ferme des animaux » de Georges Orwell et « Sa Majesté des mouches » de William Golding. Le duo Ismène/Hémon me fait penser à Nel/Syon des personnages d’un roman Fantasy jeunesse « les souvenirs perdus » de Samantha Bailly que je viens de lire, ils ont vécu dans une île coupé du reste du monde et ils finissent par aller découvrir l’extérieur mais pas avec les mêmes sentiments. C’est drôle les liens qui lient certaines lectures.

Je remercie les éditions Denoël pour cette belle découverte.

1%rentrée2014
100 livres 2014

Article précédemment publié sur Canalblog