Le saut du diable

Jacques Lavergne

Éditions Cairn, Du noir au Sud, 2022, 191 p., 11 €

Mes Lectures Cairn

Ceux qui la connaissent peu ou mal prétendent que la Camargue est un paradis. C’est faire peu de cas des moustiques, du froid, du vent, de l’humidité, du sel. Toutefois, si ce n’était que cela, elle demeurerait un fabuleux pays. Mais il peut y avoir pire : des hommes véritablement doués pour exercer le mal avec un talent certain. C’est ce que le commandant Sagnes de la police judiciaire et son groupe, vont éprouver durement dans cette enquête où ils vont laisser un morceau d’eux-mêmes…
Mais aussi réaliser de belles rencontres. Reste à savoir si, au final, le bilan s’avérera positif ?

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert cet auteur avec « Echecs et meurtres », un roman dont je vous ai déjà parlé. En septembre, j’ai rencontré le très sympathique Jacques Lavergne au « Festival du polar et de l’aventure » au Barcarès. C’est donc avec curiosité que je voulais lire cette nouvelle enquête.

Je vous conseille fortement de lire « Echecs et meurtres » avant d’enchaîner avec « Le saut du diable ». Bien que dans chaque roman l’intrigue est complète il y a un quelques liens… les petits rappels ne peuvent suffire à comprendre complètement la psychologie des personnages et la dynamique qui a changé à l’issue de la précédente enquête qui les a traumatisée.

Nous sommes au cœur de la Camargue.  On va avoir plusieurs intrigues qui vont occuper les policiers en même temps. À priori elles n’ont rien à voir entre elles… On va avoir des personnages mystérieux avec des extraits du journal intime de Théo. Qui se cache derrière ses écrits ? Qui est ce mystérieux motard qui fonce sur ses routes étroites ?  Ce séducteur aux yeux bleus ? Les petits secrets vont faire surface.

Il y a aussi les petites tensions entre policiers et gendarmes qui viennent parfois compliquer les actions.

Une nouvelle fois j’ai aimé suivre la façon d’enquêter des policiers et celle de la journaliste. Avec leur position différente face aux témoins, les résultats sont différents. J’avais déjà bien aimé ce personnage de la journaliste intègre qui cherche à comprendre et ne cours pas juste pour avoir un scoop. J’ai aussi aimé le reversement des rôles entre flics et vieux voyous.

Des rebondissements tragiques viennent déstabiliser les personnages. Des fausses pistes aussi sont là pour relancer le suspens. Mais je ne peux en dire plus.

Ce qui m’a marqué dans  ce roman, c’est  l’emploi parfois dans l’écriture le langage imagé des classiques du genre, avec un peu d’argot, c’est la grande place du vocabulaire autour de la nourriture. Je n’avais pas réalisé qu’il y avait autant d’expression culinaire. Je ne parle même pas des « poulets » etc… On ajoute à cela que Sagnes est un fin gourmet qui régale ses convives avec de délicieux produits du terroir et ses spécialités.

Il y a heureusement de l’humour qui vient détendre l’atmosphère…

Jacques Lavergne joue aussi avec la vaste palette des émotions.

Quel contraste entre l’image de la Camargue et celle que l’on découvre dans les romans de Jacques Lavergne…. Il me reste un roman dans ma PAL…

Je remercie les Éditions du  Cairn de leur confiance.

Voir sur ce blog :

Échecs et meurtres

Jacques Lavergne

Cairn Éditions, coll. Du noir au Sud, 8 avril 2021, 11 €

Mes lectures Cairn

4e de couv. :
Que se passe-t-il en pays camarguais ?
La sérénité des lieux est troublée par le meurtre sauvage d’un médecin retrouvé égorgé et pendu par les pieds à l’une de ces croix qui jalonnent le pays. Un assassinat a priori inexplicable qui frappe l’imaginaire de toute la région. Et ce d’autant plus que cet acte se révèle totalement inexplicable.
Dans le même temps, une clinique locale déplore des décès se produisant au bloc opératoire sans que l’on en comprenne l’origine : banals accidents ou crimes sordides ?
Le commandant Sagnes de la police judiciaire et son groupe d’enquêteurs vont tout mettre en œuvre pour démêler ces imbroglios. Mais les défis sont de taille et les résultats rien moins qu’incertains.

Mes impressions de lecture :

J’aime bien cette collection car les enquêtes se déroulent dans le Sud. Je découvre certains lieux ou j’en retrouve certains qui me « parlent ». Ici la Camargue, mon enfance… Des polars qui mettent en avant un lieu, une population, une légende ou une tradition, une histoire locale. C’est ce qui m’attire un autre lecteur y trouvera d’autres attraits. D’ailleurs c’est ce qui est mis en avant sur la couverture du roman. Le format poche est agréable à lire.

Je ne connais pas cet auteur, mais j’ai lu qu’il  était avocat, cela joue une certaine influence dans la description des procédures et des fonctions. Par exemple les policiers ne sont pas un groupe avec un chef charismatique, ici chacun non seulement à un rôle mais il a une fonction, il y a le commissaire, le commandant, le procédurier…

L’auteur s’attache à bien marquer la place et la fonction de tous les personnages quelque soit le corps de métier. On pourrait y voir un sens du détail si cela n’avait pas un écho avec le reste de l’affaire. Comme le titre l’indique le jeu d’échec joue un rôle dans cette série de meurtre. Et tous les personnages jouent leur rôle dans la vie comme des pièces sur un échiquier. Quelles pièces vont-elles être sacrifiées ?

Les déplacements entre les villes de la région et la Camargue semi-aquatique avec ses contraintes de déplacement, un peu comme pour certaines pièces de l’échiquier.

J’ai beaucoup aimé suivre d’une part l’enquête du côté de la police avec toutes les procédures, tout en aillant une approche différente avec la journaliste qui a d’autres méthodes à sa disposition.

Je ne peux rien dire le/la/les criminel.les (bon je suis perdue avec l’écriture inclusive, vous aurez compris ce que j’ai voulu dire ou taire !) j’avais compris certaines choses avant les personnages. Suffisamment pour avoir envie de dire à tel ou tel personnage, attention ! Les auteurs jouent avec leurs personnages mais aussi avec leurs lecteurs !

Quand est-il de la vie privée des personnages ? Je suppose que Jacques Lavergne a créé des personnages récurrent car j’ai vu que dans son précédent roman le commandant Sagnes était déjà là, la vie privée c’est ce qui crée chez le lecteur de séries policières le lien entre une enquête et une autre. Certains éléments sont déjà en place, cependant ce n’est pas la partie que l’auteur a choisi de développer le plus.

Vous l’aurez compris j’ai bien aimé cette lecture récréative (oui j’ai parfois de drôles de façon de me détendre). Un texte maîtrisé, structuré qui montre la folie de certains Hommes. L’influence du métier de l’auteur se retrouve dans le mot juste et bien choisi, quelques régionalismes mais pas trop. Je pense que c’est un auteur que je vais suivre.

J’aurais pu vous parler du choix judicieux de cet espace entre eau salé et douce et ces parcelles de terre et tous les possibles pour l’imaginaire, mais c’est un vaste sujet !

Je vous souhaite une belle découverte.

Je remercie les Éditions Cairn de leur confiance.

Où m’entrainera ma prochaine lecture ? Affaire à suivre !