La saga Cazalet. T3 Confusion

Elisabeth Jane Howard

Trad. Anouk Neuhoff

Éditions de la Table Ronde, mars 2021, 512 p, 23 €

Mes lectures de la Table Ronde

4e de couv :

Mars 1942. Polly et Clary, les deux cousines encore enfants dans Étés anglais et qui, adolescentes, avaient la part belle dans À rude épreuve, ont aujourd’hui dix-sept ans et n’aspirent qu’à une chose: échapper à l’étau familial en quittant Home Place pour Londres.
Polly est encore sous le choc du décès de sa mère, Sybil, qui a succombé au cancer qui la rongeait. Clary, dont le père Rupert n’a plus donné signe de vie depuis le mot apporté par un soldat français, est sur le point de perdre espoir. Au chagrin des deux héroïnes s’ajoute la frustration face au silence borné du clan Cazalet: les adultes se refusent à parler des choses graves, et continuent de les considérer comme des enfants.
À quel modèle les deux jeunes filles peuvent-elles bien s’identifier ? Leur cousine Louise abandonne sa carrière d’actrice pour devenir mère de famille. Leur tante Rachel est à ce point dévouée à ses parents qu’elle laisse s’éloigner sa précieuse amie Sid. Et pendant que Zoë, la belle-mère de Clary, s’éprend d’un Américain, les in délités d’Oncle Edward à l’égard de Tante Villy menacent de tout faire voler en éclats.
Malgré les sirènes et les bombardements, Londres est toujours plus attirante que Home Place, où règnent un froid glacial et une atmosphère de plomb.

Mes impressions de lecture :

Ce troisième tome débute vraiment à la suite du tome 2. On retrouve les personnages chacun avec ses préoccupations, ses questionnements et ses doutes.

Ce qui me surprend c’est que tome après tome c’est de découvrir à chaque fois un pan supplémentaire de l’intimité des protagonistes. Que cela concerne la vie des personnages avec leurs projets ou leur passé, leurs expériences heureuses ou malheureuses, tout ce qui est des pensées et des actes. Mais cela peut aussi aller dans la découverte de leur corps. Cela peut partir d’un vêtement ou d’un aspect physique pour aller vers les pulsions sexuelles ou la maladie. De la joie à la souffrance.

J’ai remarqué dans ce nouveau tome l’importance du corps et des effets miroir. On a de plus en plus, me semble t-il, d’écho entre la jeunesse et la vieillesse. Les personnages âges semblent décliner rapidement comme si l’usure de la guerre se faisait plus sentir que j’ai les jeunes. Est-ce le fait de commencer par le décès de Sybil qui a marqué mon esprit ? Ou est-ce voir Miss Millicent si démunie ?

On retrouve bien sûr le thème de l’adultère, avec la différence entre les hommes et les femmes qui ne voient pas les choses de la même façon. Nous sommes en 1942.

J’aime toujours autant Polly et Carry et leurs questionnements quand à leur avenir. La mort de Sybil et le poids de la guerre jouent un rôle aussi dans leur réflexion.

On sait combien cette période est une époque de changements sociaux déjà amorcés lors de la précédente guerre.

La vie quotidienne avec les rationnements et les coupons complique bien des choses. Être à la campagne et presque en huis clos pour une partie de la famille cela donne à la vie de tous les jours un autre rythme. Je ne sais pas dans quelle mesure la période que nous vivons ne rentre pas en résonance avec ce qu’on lit et donne au texte une autre saveur.

J’ai aussi trouvé très intéressant les différents types de logements décrits car ils révèlent des éléments de la vie des personnages. Prenons le premier chapitre (pour ne pas trop dévoiler) on a la grande maison et les autres autour, mais très vite on est dans la chambre de Sybil, avec son mobilier et ses effets personnels. Et Polly repart avec un carton… on découvrira d’autres chambres au cours de ce roman, on va du général au particulier à un détail.

C’est une série où le moindre détail semble avoir son importance.

Et dire qu’il faudra attendre encore quelques mois pour avoir la suite de cette saga.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

La musique des âmes

Sylvie Allouche

Éditions Syros, coll. Tempo, janv 2021, 99 p., 6,95 €

Mes Lectures Syros

4e de couv. :

Avant, le père de Simon était un luthier renommé, son atelier ne désemplissait pas. Puis il y a eu la guerre, l’occupation et le mot juif placardé en travers de sa vitrine. Alors Simon s’est fait une promesse : il composera une œuvre avec le violon que son père lui fabrique, pour lui dire tout son amour et son admiration. Un après-midi, Matthias, son meilleur ami, trouve l’atelier vide : la famille de Simon a disparu.

Mes impressions de lecture :

Il se trouve qu’en décembre deux copines sont venues me voir pour me demander des livres sur la seconde guerre mondiale pour des ados. Qu’elle coïncidence !  

C’est le premier roman pour les 10 ans que je lis de Sylvie Allouche. Elle aborde toujours des sujets forts et la famille est au centre.

Le titre est très beau, il joue sur le double sens du mot « âme »… La musique du cœur.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, c’est qu’en peu de pages et s’adressant à des enfants de  fin de primaire, il aborde plusieurs sujets touchant à la Shoah.

Sylvie Allouche met en avant des situations que les enfants peuvent visualiser. Tout d’abord l’amitié entre deux garçons qui partagent tout. Deux familles avec leur univers propre avec des gestes du quotidien. Deux milieux celui de la musique et celui du journalisme. Chaque garçon est influencé par les parents. Je vous laisse découvrir les autres différences ou points communs.

Cela débute par de la musique et une certaine douceur. On ressent bien l’incompréhension des garçons et de certains voisins face à ce qui se met en place.

Les allemands sont dans Paris, on découvre les lois antisémites,  le couvre-feu, le rationnement, la faim, le manque, la souffrance, la collaboration, la résistance… Une tension palpable monte petit à petit. On la ressent fortement, cela va crescendo jusqu’à la rafle du Vel d’hiv. C’est expliqué simplement sans s’éterniser. Sylvie Allouche joue avec le suspens, pour accrocher le lecteur.

Je ne vais pas vous dévoiler ce qui va se passer, car il y a une belle intrigue. Dans ce roman, il est beaucoup question de choix, de décisions, de risques, ainsi que de rencontres décisives.

Au niveau émotionnel, Sylvie Allouche n’édulcore pas. Elle n’occulte pas la violence verbale ou physique mais c’est fait de manière brève, sans s’étaler, parfois juste suggérée.

C’est un roman qui est une première lecture, pour jeune lecteurs, qui préparera à des lectures plus « réelles » comme le journal d’Anne Frank.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.