Embrouillaminis

Pierre Raufast

Éditions Aux Forges de Vulcain, 21 mai 2021, 351 p., 20 €

4e de couv. :

L’auteur de ce roman est né sous le signe de la Balance : il est incapable de choisir sa confiture au petit-déjeuner ni même le destin des héros de ses romans.
Est-ce que Lorenzo part au Mexique rejoindre une équipe d’effaroucheurs, disciples des dieux aztèques ? Ou alors, est-ce que Lorenzo reste dans la vallée de Chantebrie et devient cambrioleur par amour ?
José-Luis Borges parle d’une bibliothèque infinie dans laquelle se trouveraient toutes les histoires du monde. L’auteur de ce roman remercie l’écrivain argentin pour l’avoir invité dans ce lieu où l’indécision est heureuse.

Mes impressions de lectures :

Lorsque j’ai appris il y a quelques mois que Pierre Raufast entrait dans l’antre des Forges de Vulcain cela m’a semblé une évidence. Je ne parle pas des liens qu’il a avec d’autres membres du clan… Je parle de cette petite part de folie qui s’empare par moment des histoires publiées chez tous ces auteurs, ainsi que des thématiques que l’on retrouve dans le catalogue de cette maison d’édition. Sans parler du fait que j’étais fan de ce qu’il écrivait depuis son premier roman !

Dans l’œuvre de Pierre Raufast il y a des liens qui lient les histoires entre elles, un personnage qui fait une apparition, un lieu singulier la vallée de Chantebrie, ainsi que des thèmes comme la mémoire et effets et conséquences… On finit par avoir l’impression de faire partie des histoires et des lieux. Lorsqu’on lit les romans de Pierre Raufast on a vite une impression de déjà vu grâce aux clins d’œil. Cela fait partie du charme (magie) de ces histoires.

Si à première vue le texte semble « décomposé » il est maîtrisé et chaque pièce s’emboite. il a un esprit scientifique et mathématique très organisé. Donc n’ayez pas peur de vous perdre il a crée des passerelles pour les étourdis… Je vous en reparlerais plus tard.

Ce qui m’a attiré dans le concept de ce roman, c’est que le lecteur se fait son propre film lorsqu’il lit une histoire, et il se dit moi j’aurais choisi ce chemin là plutôt que celui-là. donc Pierre Raufast a exhaussé mon vœu et donc m’a offert d’autres voies possibles…

L’histoire débute et très vite il est donné trois choix au lecteur et un itinéraire à suivre pour développer une version de l’histoire. Est-ce que c’est trois choix reflètent votre caractère plus ou moins aventurier ? Quand à moi, j’ai été influencée par ma précédente lecture « le Cerbère Blanc » où un jeune coupe se retrouve à faire un choix de vie. Eh bien je n’ai pas été déçu du voyage ! C’était un leurre !!! L’auteur est le seul maître à bord et il manipule le lecteur, pour ma grande joie je précise. Donc première expérience et je me dis « je déteste le chapitre 54 » hihihi !

Bon on reprend l’aventure quelques choix avant et là de nouveau on a affaire à l’humour grinçant de notre auteur facétieux… « Lecteur si tu lis ce chapitre c’est que tu t’es trompé » (je cite de mémoire…

Je termine par l’aventure mexicaine, celle choisie par François Busnel dans la grande librairie. L’exotisme, l’ailleurs…

Ce n’est pas un roman qui laisse indifférent, il fait réagir le lecteur, en tout cas moi j’ai fait des commentaires à haute voix plus d’une fois. C’est un roman très travaillé, rien n’est laissé au hasard.

Si en temps normal le lecteur à parfois l’impression d’avoir lu un roman différent de son voisin en ayant le même texte, vous vous doutez bien qu’avec ce roman c’est plus que sûr, d’autant plus si vous ne lisez qu’une des variantes.

Ce que j’aime dans les romans de Pierre Raufast c’est le côté « réalisme merveilleux » et cette impression de destinée, ce qui arrive forme partie d’un tout, fait partie d’un tout.

En conclusion je vous direz :  » lisez pour le plaisir, laissez vous emporter par le jeu entre l’auteur et le lecteur et ne vous prenez pas au sérieux ».

J’ai grand plaisir à retrouver des références aux autres romans de Pierre Raufast mais aussi à ceux d’autres auteurs des Forges…

Bon il me reste un roman de Pierre Raufast dans ma wish list…

Je vous laisse découvrir ce roman singulier.

Sur ce blog :

La fractale des raviolis

La variante chilienne

La baleine Théabaïde

Le cerbère blanc

Cachemire rouge

Christiana Moreau

Éditions Préludes, avril 2019, 263 p., 16,90 €

Mes lectures Préludes

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4e de couv.

Trois destins liés par un fil rouge, celui d’un précieux cachemire tissé de manière ancestrale. Toscane. De l’Asie à l’Europe, du Transsibérien jusqu’en Italie, elles braveront tous les dangers pour prendre leur destinée en main et tenter de réaliser leur rêve.
Avec humanité et un grand sens du romanesque, Christiana Moreau compose une histoire vibrante, véritable ode à l’amitié et au courage.

Ma chronique :

Je vous ai parlé du précédent roman de Christiana Moreau l’année dernière, il s’agissait de « La sonate oubliée » qui se déroulé sur deux périodes à Venise, un roman autour des femmes « exploitées », je suis allais de découverte en découverte.

J’étais donc curieuse de voir où nous entraînerait cette autrice, et quelle période elle explorerait.

Dans cette nouvelle histoire l’autrice nous fait voyager sur deux continents l’Europe avec l’Italie (en Toscane) et en Mongolie intérieure à notre époque.

Les éditions préludes on une particularité, c’est que pour chaque roman ils créent des passerelles avec d’autres histoires. Ici sur le trois proposées j’en ai lu deux qui m’ont touché et la troisième est dans ma wish list… donc il y avait de grandes chances que ce roman me corresponde !

« La tresse » Laetitia Colombani

« No et moi » Delphine De Vigan

« La saga des immigrants. T1  Au pays » Vilhelm Moberg

J’ai découvert bien des choses que ce soit autour du cachemire que de l’implantation de la communauté chinoise en Italie.

Nous avons donc la rencontre entre une italienne et une mongole sur un Marché du bout du monde. Tout les sépare : deux milieux culturels, deux milieux financiers, deux continents… Elles ont pourtant des choses en commun. Les deux principales : une amitié indéfectibles avec une autre femme, une passion pour le cachemire … Alessandra a Giulia et Bolormaa a Xiaoli, chacune à son alter ego qui la complète, quelqu’un sur qui s’appuyer pour avancer sur le chemin de la vie.

Ces jeunes femmes volontaires doivent faire des choix pour gagner leur vie. Toutes deux sont victimes de la main mise des chinois sur le cachemire. On retrouve l’idée de l’effet papillon puisque l’effondrement des petits producteurs entraine une hausse des prix pour ceux qui achetaient directement. L’effondrement est dû en partie à la forte demande de produits de luxe des nouveaux riches chinois.

La famille de Bolormaa se voit contrainte à vendre le troupeau de chèvres qui fournissait l’argent de la famille, en partie à cause des changements climatiques et d’autre part de cette main mise des chinois dur le marché du cachemire.

Bolormaa va faire deux rencontres décisives celle d’Alessandra l’italienne qui lui donne sa carte de visite et celle de Xiaoli grâce à son courage et à ces deux rencontres elle va changer sa vie.

Il est aussi question de voyage et d’aventures. D’épreuves et de rencontres. Il y a l’idée de vases communicants. Chaque personnage à besoin d’aide à un moment donné et c’est grâce à l’autre que les choses avancent.

Il y a des passages révoltants et touchants, d’autres plus drôles. Beaucoup d’émotions.

La couverture du livre  et le titre font référence au rouge… rien de politique… on va avoir la thématique de la couleur qui va être très importante.

On retrouve l’idée que certaines femmes sont victimes de leur condition économique et culturelle, mais qu’elles sont capable de soulever des montagnes pour s’en sortir ou au moins essayer de s’en sortir.

Je ne voudrais pas trop vous en dire alors je m’arrêterai là…

Ah si encore une chose… J’ai beaucoup aimé les quatrains qui débutent les chapitres ainsi que les « dictons » que Xiaoli et Bolormaa utilisent pour se donner du courage ou pour expliquer leur vie. On dirait des incantations, des formules magiques.

Je remercie les éditions Préludes pour leur confiance. Il ne me reste plus qu’à attendre le prochain roman de Christiana Moreau !

De la même autrice :

La sonate oubliée

Article précédemment publié sur Canalblog

La tresse

Laetitia Colombani

Éditions Grasset, 2017, 224 p., 18 €

Club de lecture AUF

4e de couv. :

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
 

Ma chronique :

J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’en ai entendu parler par les services presse il y a un an, mais je n’ai pas fait partie de ces lecteurs là. Puis, les avis de lecteurs ont commencé à affluer plutôt positifs et j’ai fini par saturer du battage médiatique. j’ai même eu peur d’être déçue. C’est un roman qui sort bien en bibliothèque et dans le cercle de lecture que j’anime le livre est passé de main en main. J’avais des petites questions qui me trottaient dans la tête alors j’attendais que l’effervescence retombe pour le lire. On vient de me l’offrir alors plus d’excuses pour retarder ma lecture plus longtemps.

C’est un livre que je conseille pour ceux qui aiment les feelgood. Il se lit facilement et rapidement. Je suis contente de l’avoir lu et d’avoir eu mes réponses.

Nous allons découvrir trois femmes, d’âge et de milieux différents sur trois continents. Elles sont toutes les trois à un moment clé de leur vie, une période critique, et leur existence va basculer pour des raisons qui leurs sont propres.

Elles vont devoir ouvrir les yeux et réaliser que leurs rêves, leurs projets, leur vie va changer. Après leur prise de conscience, on va les voir prendre des décisions qui vont affecter leur avenir. On retrouve l’idée de l’effet papillon ce que l’une fera aura un effet sur les deux autres sans le savoir.

C’est une histoire fragmentée avec une alternance des trois différentes vies. Cette façon de raconter les choses incite le livre. Et aucun intérêt de sauter des pages et suivre qu’une seule histoire à la fois. La « fragmentation » à du sens, ce n’est pas juste un effet de style.

Il y a des petits détails qui lient chaque étape, certains sont évidents et d’autres moins. Il faudrait une lecture plus posée pour mieux détailler les différents brins de cette tresse, mais  j’ai préféré me laisser emporter par les histoires plutôt qu’à analyser la construction du texte.

Cependant j’ai remarqué que les thématiques du corps et des cinq sens font omniprésents du début à la fin. Que cela soit dans le sens positif ou négatif. Cela donne encore plus vie aux personnages et créent des images qui  forment des tableaux. A quand une adaptation cinématographique ?

Je remercie ma copine pour son cadeau… pas innocent puisque j’ai voté pour ce livre au club de lecture d’AUF !

Article précédemment publié sur Canalblog

La sonate oubliée

Christiana Moreau

Éditions Préludes, janv. 2017, 256 p., 15,90 €

Mes Lectures Préludes

sonate oubliée

4 e de couv. :

À 17 ans, Lionella, d’origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle peine toutefois à trouver le morceau qui la démarquerait au prochain grand concours Arpèges. Jusqu’au jour où son meilleur ami lui apporte un coffret en métal, déniché dans une brocante. Lionella y découvre un journal intime, une médaille coupée et… une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Elle plonge alors dans le destin d’Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l’Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel « le prêtre roux », Antonio Vivaldi, enseignait la musique à des âmes dévouées.

Mon billet :

J’avais très envie de lire ce roman après avoir vu la jolie couverture avec ces couleurs de ville dans la brume, avec cette jeune fille au bout d’un ponton comme arrivée au bout du monde. Ce n’est pas un pont. Est-ce qu’elle va s’arrêter  ou trouver moyen d’aller plus loin ? Est-ce une fin ou un commencement ?

Nous avons un roman qui fait une passerelle entre le présent et le passé. Deux jeunes filles qui vivent dans des villes d’eau. Il  y est question de ponts dans les deux villes, des ponts qui relient et séparent à la fois.

J’ai bien aimé les liens qui se tissent entre Lionella, la fille d’immigré italiens en Belgique, et la vie d’Ada cette jeune orpheline vénitienne. La thématique des racines n’est pas trop développée, je pensais qu’elle serait plus présente. Les deux jeunes filles ont deux langues communes celle de la musique et l’italien.

Les deux jeunes filles sont à l’âge des premiers émois amoureux et malgré les trois siècles qui les séparent, elles ont de nombreux communs. C’est ce qui permettra à Lionella d’être en empathie avec ce qu’elle lit de la vie d’Ada.

Il y a un effet de miroir Ada est pauvre et celui qu’elle aime est riche et cultivé, Lionella est beaucoup plus cultivée et  elle vit dans un milieu plutôt aisé alors que Kevin est pauvre et peu cultivé et il a quitté l’école tôt. Le personnage de Kevin est très intéressant  car il est dans l’ombre de Lionella et il la soutien à sa façon. Et inversement au contact de Lionella il fait tout pour s’en sortir. On ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre Ada et Kevin sur certains points et pour d’autres on associe Ada et Lionella. Effet de miroir entre la Belgique et Venise… je vous laisse les découvrir !

C’est un roman tendre même si des sujets graves sont abordés, car les bons sentiments et la droiture morale ont une part privilégiée.

L’alternance (pas systématique) de la vie actuelle de Lionella et/ou Kévin et le cahier intime d’Ada font qu’on est autant pris par une intrigue et une autre. On attend le moment où ces vies se croiseront  même si c’est de façon virtuelle.

J’ai découvert  des choses sur la Venise du XVII e siècle, sur Vivaldi et sur la musique. Ce fut l’occasion aussi de ressortir les cd pour écouter quelques morceaux de cette œuvre immense.

J’ai passé un agréable moment de lecture à me demander si Lionella allait réussir son concours, si elle allait trouver l’amour, si Kévin avait un avenir, si Ada allait sortir de son orphelinat, retrouver sa mère, connaître l’amour….

On est sur la thématique du voyage initiatique et des choix que l’on doit faire… tous ces jeunes gens devront choisir leur avenir…

NB : En parallèle de ce roman je lisais un autre roman « les larmes noires de la terre » de Sandrine Collette et je n’ai pu m’empêcher de faire des connexions entre les deux. Dans les deux cas il y a un personnage qui s’appelle Ada avec des vies bien difficiles, de plus elles partagent  ce côté travailler pour payer une dette.

Je remercie les Éditions Préludes pour ce petit moment de dépaysement.

Article précédemment publié sur Canalblog