Le poids des secrets. T5. Horatu

Aki Shimazaki

Actes sud, Babel, 2009, 136 p., 7,10€

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

4e de couv. :

L’étudiante en archéologie Tsubaki aime tendrement sa grand-mère Mariko, à qui elle a toujours confié ses tourments intimes et amoureux. Depuis une commotion cérébrale, la vieille dame désormais veuve semble victime d’hallucinations, et ses jours sont comptés. De la confusion de ses propos se détache pourtant une histoire d’innocence abusée qui concerne la jeune fille qu’elle était.

Mes impressions de lecture :

C’est avec autant de curiosité que j’ai lu ce cinquième est dernier tome du cycle « le poids des secrets ». J’attendais beaucoup de ce dernier volet j’imaginais une conclusion afin d’englober tous les sujets abordés par tous les protagonistes et une ouverture vers le futur. Qu’en est-il ? C’est un peu cela, mais comme dans la vraie vie les personnes ne connaissent que quelques fragments de l’histoire contrairement au lecteur qui a une vue d’ensemble.

Nous avons ici le Tsubaki, la petite dernière de Yukio, on l’avait croisé dans « Hamaguri » petite, ou allant à l’école avec Mariko dans « Tsubame ». C’est donc une jeune femme qui était très attachée à ses grands parents et ses parents qui débute sa vie d’adulte. Sans le savoir elle est la dernière (momentanément) à pouvoir faire le lien et recevoir les secrets de famille.

Le problème des secrets de famille c’est que si on ne brise pas le silence ils peuvent se perpétuer. Le serpent qui se mort la queue.

Ce cinquième volet est aussi chronologiquement le plus récent. Kenji est mort, Yukiko est morte, il reste Yukio et sa mère Mariko qui est très affaiblie… Nous avions déjà découvert les deux secrets de Mariko, on va voir ici qu’elle en détenait un poids supplémentaire. Au seuil de sa mort elle va le transmettre à Tsubaki et se libérer sa conscience. Il est à noter que Aki Shimazaki lui a attribué le rôle de l’étudiante en archéologie !

Cette fois-ci c’est à travers les « Hotaku/lucioles » on va repartir au temps de la jeunesse de Mariko jusqu’au  fameux jour où tout à basculé à Nagazaki. Encore la nature et sa symbolique.

La confession de sa grand-mère va lui permettre de faire un choix important dans sa vie de femme.

La composition de cette série est très surprenante avec ces différentes mises en avant de personnages et de leurs choix de vie avec ces chronologies décomposées entre souvenir (et tout ce que cela comporte de distanciation) et moments vécus en direct (sans recul). Parfois, on reprend un événement mais d’un autre point de vue, avec un temps de réflexion ou pas. Cela donne aussi l’image de cycle ou de cercle, on en revient toujours au même sans que ce soit tout à fait pareil.

J’ai bien envie de découvrir les romans de Aki Shimazaki qui forment des cycles de 5 tomes à chaque fois.

Voir sur ce blog :

« Tsubaki »

« Hamaguri »

« Tsubame »

« Wasurenagusa »

« 

Le poids des secrets. T3. Tsubame

Aki Shimazaki

Actes sud, Babel, 2007, 119 p., 6,50 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

La jeune Yonhi vit à Tokyo avec sa mère et son oncle, venus de Corée avant sa naissance. Afin de la protéger d’émeutes contre leur communauté, à la suite du tremblement de terre qui a dévasté le Kanto en 1923, sa mère la confie à un prêtre catholique, qui la met à l’abri dans son orphelinat. Désormais cachée sous un nom japonais, coupée de son histoire familiale, Yonhi ne découvrira que des années plus tard le secret de ses racines.

Mes impressions de lecture :

On déroule un nouveau fil de cette bobine  de vies entremêlées.

Nous allons découvrir l’histoire de la famille de Mariko, la maman de Yukio.

On se retrouve à Tokyo en 1923, le tremblement de terre et ce qui a suivit. C’est un pan de l’histoire du Japon qui va avoir une répercussion dans le présent, que je ne connaissais pas. Mariko va avoir des réponses à des questions qu’elle avait enfoui en elle. Encore une fois la religion et les traditions viennent jouer un rôle. L’Histoire rejoint la petite histoire.

Dans ce roman le problème de filiation a une autre portée que celle qui touche Yukio. On comprend mieux pourquoi elle a vécu ce qu’elle a vécu avec le père de Yukio. À 72 ans elle va faire une découverte bouleversante et elle va à nouveau devoir faire un choix : tout dévoiler où tout effacer. Des récits émouvants et poignants.

Dans cette série on a la thématique de la filiation et notamment le problème des filles-mères pour différentes raisons. On a toute une thématique sur l’identité officielle et officieuse. Les nationalités et les conflits.

A chaque nouveau tome on rajoute une petite pierre supplémentaire : Tsubaki/ camélia, Hamaguri / palourde japonaise, Tsubame/ hirondelle. Chaque terme a sa symbolique, et petit à petit des liens se créent. On a un effet de miroirs qui se renvoient des images, des images du passé et du présent. Le futur se prépare sur de nouvelles bases ?

Il y a une grande place pour la nature, que ce soit pour marquer des cycles ou entrer en résonance avec les drames sociaux qui se jouent.

Ce troisième volet m’a donné envie de découvrir le suivant.

Hôtel Costes 11

Stéphane Pompougnac

Pschent

MUSIQUE

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Résumé :

Tout en restant dans la pure tradition de la série Hôtel Costes, Stéphane Pompougnac nous offre pour ce onzième volume une sélection florale. Acoustique et international, ce mix nous entraîne de l’Italie au Brésil sans négliger les sonorités anglo-saxonnes…

Je n’ai pas l’habitude de commenter les musiques que j’écoute mais j’avais envie de partager ma découverte du jour.

Je vais être honnête avec vous j’ai choisi cet album pour son coffret et cette belle photo, un joli objet. Je l’ai pris en sachant juste qu’il était dans le rayon électro. Après quelques recherches je me suis rendu compte que je connaissais d’autres musiques de Stéphane Pompougnac.

La médiathèque où je sévis a un rayon musique qui est fourni par la bibliothèque départementale où des spécialistes sont à l’affut de jolies trouvailles. J’avoue qu’en dehors de ce qu’on entend sur les radio ou certaines chaînes de TV ma culture musicale est fait de « rencontres » inattendues.

Cet album me correspond puisqu’il y a un mix de plusieurs influences. Comme en littérature mes choix musicaux sont hétéroclites donc j’ai pris plaisir à me laisser emporter par ces remix.

Il y a des rythmes qui donnent envie de bouger.

Comme il y a des sample, je reconnaissais certains des anciens morceaux, par exemple « Porque te vas » j’avais les paroles de la chanson d’origine qui refaisaient surface dans mon cerveau mais la variation crée par Stéphane Pompougnac, Marc Ricci, David de Barce nous emporte ailleurs.

J’espère que ce bref retour d’expérience musicale vous aura intéressé.

Vous connaissez cet album ou l’un de la collection ? Vous aimez ?

Bonne écoute…

Un goûter en forêt

Akiko Miyakoshi

Trad. Nadia Porcar

Éditions Syros, 2012, 32 p., 5.50 €

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Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Un merveilleux album d’hiver, qui nous transporte au pays des contes, là où tout est possible !

Quand Kikko se réveille ce matin-là, tout est blanc dehors. Son papa part à l’autre bout de la forêt pour aider Grand-mère à déblayer son toit. Mais il oublie d’emporter avec lui le gâteau spécialement préparé pour elle ! La petite Kikko décide alors de l’apporter elle-même à Grand-mère… Et la voilà qui suit les traces de son papa dans la neige, se hâtant derrière la grande silhouette au manteau noir qui s’enfonce dans le bois.

Mes impressions de lecture :

J’avais beaucoup aimé le crayonné et l’histoire de « quand il fait nuit » et j’ai eu plaisir à retrouver ses ambiances de clair obscur avec les dégradés de gris et juste une touche ou deux de couleur.

L’histoire dans un premier temps fait penser au petit chaperon rouge… Kikko par à travers la forêt apporter un gâteau à sa grand-mère. Elle croit suivre son père, il y a la silhouette au loin. On retrouve la thématique de la forêt. Elle a les cheveux « jaunes », une jupe, un bonnet et des moufles rouges … on est dans la neige et les arbres ne sont que des troncs dénudés et sombres… Qui va-t-elle croiser ?

L’histoire bascule lorsqu’elle sort de la forêt mais pas du tout chez sa grand-mère… là cela m’a fait penser à l’histoire de « boucle d’or et les 3 ours », revisitée… la curiosité et l’intrusion dans une maison inconnue…

Elle va faire une drôle de rencontre… Là j’ai pensé aux « musiciens de Brême ». Il ya tout un jeu avec les couleurs de ses cheveux et ses vêtements rouges dans le dessin en noir (dégradés) et blanc. On voit le grain du papier sous le crayonné, c’est du plus bel effet. Ces couleurs vives vont se propager lorsque tout le monde va repartir dans la forêt… Cela a du sens…

La fin est douce et belle. On a presque l’impression avec le côté fantastique qu’elle a rêvé mais non puisqu’il reste des éléments.

L’autrice est japonaise et on sait combien la forêt et ses créatures font partie de l’imagerie collective.

Une nouvelle fois Akiko Miyakoshi a su insuffler de la poésie dans une histoire touchant  l’enfance. La famille semble aussi être un sujet qu’elle aime traiter.

Les références sont peut-être autres que celles que j’ai perçues…

Je vous souhaite une belle lecture.

Les durs à cuire

Charlye  Ménétrier McGrath

Fleuve Éditions, 2021, 352 p., 18,90 €

Cercle de lecture décembre 2021

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :
Sixtine, 40 ans, mariée, deux enfants et bourgeoise par excellence, est au bord de la crise de nerfs lorsqu’elle se retrouve contrainte d’héberger ses parents. Leurs rapports se limitent au strict nécessaire depuis qu’elle est adulte et pour cause, elle est la fille de deux ex-stars du punk. Grands-parents déjantés versus fille quadra bien rangée (et même un peu coincée), la maison est à deux doigts d’exploser.
Mais pour Constance et Clémence, les deux filles de Sixtine, cette cohabitation tombe du ciel…
Rébellion générationnelle à tous les étages !

Mes impressions de lecture :

Vous l’aurez compris si vous me suivez, j’aime bien les feel good et les romans où des « petits vieux » n’en font qu’à leur tête. Dans ce roman les deux sont réunis.

J’ai découvert Charlye Ménétrier Mc Grath avec  les « Sales gosses » et je voulais renouveler l’expérience.  J’ai  partagé avec vous quelques réflexions sur les titres, j’ai bien l’impression que les titres de cette autrice sont choisis pour créer une unité en prenant des expressions.

Je ne vais pas comparer les deux romans que j’ai lus de cette autrice mais j’ai noté que la musique fait parti de ses thèmes de prédilections… d’autres thèmes ressortent tels que : la famille, la vieillesse, la deuxième chance…

Ce roman m’a bien fait rire car Charlye Ménétier McGrath joue avec la surenchère de situations cocasses ou caricaturales. Mais comme souvent on rit pour ne pas pleurer, il y a des nombreux sujets graves qui sont abordés. On a tous un petit quelque chose des personnages dépeints avec tendresse car ils sont très proche de la réalité.

Ce que j’ai aimé c’est  qu’à la fin tout c’est pas résolu, mais en bonne voie.

Le roman se passe pour un peu plus des trois  quarts le te temps d’un week-end, c’est donc très intense.  Le passé va s’inviter dans scènes de souvenirs soit c’est un personnage qui se remémore des souvenirs heureux ou pas, d’autres souvenirs vont être partagés avec les personnages dans le présent.  Les secrets de famille ne sont pas tous dévoilés au reste des personnes présentes.

Famille je vous aime/ famille je vous hais, secrets de famille…

J’ai beaucoup aimé comment Charlye Ménétrier aborde le sujet de  la vie de femme au foyer  et le féminisme.

Ce roman aborde des sujets très actuels autour de « combats » menés par la jeunesse par exemple autour du climat. Au début de cette chronique je vous ai dit qu’il était question de « petits vieux » rock & roll mais on va vite se rendre compte qu’il est question aussi de la place de la jeunesse. Il y a des conflits intergénérationnels mais aussi des passerelles qui vont se former. Nous avons tous les âges donc des préoccupations très différentes qui en fin de compte vont se rejoindre. Je vous laisse découvrir les « combats » de chacun.

Un très bon roman qui aborde des sujets graves avec des notes d’humour pour faire avancer les choses dans une certaine positivité.

Pour ceux qui ratent les macarons, ce roman va vous agacer… Ahahah ! Pour ceux qui aiment en manger vous aller avoir envie d’en faire ou de vous en procurer !

Alignement des planètes !

A bientôt…

QUI EN PARLE ?

JANGELIS

La commissaire n’aime point les vers

Georges Flipo

Folio,  oct. 2021, 304 p., 8,10 €

Éditions de la Table Ronde, 2011, 300 p.

Dans ma médiathèque il y a…

Cercle littéraire médiathèque

4e de couv. :

Un clochard, sosie de Victor Hugo, assassiné devant l’Académie française ; un sonnet érotique attribué à Charles Baudelaire… comme si la commissaire Viviane Lancier n’avait pas assez de problèmes, entre son ex qui la persécute et ses régimes, qui la martyrisent, sans devoir en plus se soucier de littérature! Heureusement, son nouveau lieutenant, Augustin Monot, aussi ahuri et gaffeur que séduisant et cultivé, finira par motiver la commissaire dans une enquête corsée, pleine de meurtres et de rebondissements…

Mes impressions de lecture :

Je vous vois sourire ceux qui me suivaient. Il y a quelques semaines je vous présentais « La commissaire n’a point l’esprit club » qui était ressorti aussi chez folio. Je râlais un peu parce que j’aime lire les romans dans l’ordre de sortie car l’auteur glisse toujours des références aux tomes précédents. Maintenant que j’ai lu les deux seules enquêtes publiées je râle parce qu’il n’y en a pas d’autre prévue. Ce roman a 10 ans et à l’époque je suis passée à côté, alors merci pour cette réédition qui m’a fait connaître cette terrible commissaire.

J’avais remarqué que le tome précédent me faisait penser à deux romans récents que j’avais lu. Eh bien ce deuxième fait écho à une autre lecture de la rentrée « La muse ténébreuse de Charles Baudelaire ». Voilà que dans cette enquête il y aura des références aux poèmes sulfureux de Charles Baudelaire.

Cette première enquête d’Augustin Monot auprès de la commissaire Viviane Lancier ne va pas se déroulé comme prévue. Si le personnage principal c’est Viviane c’est pourtant Augustin qui sera le plus tenace.

Augustin Monot est un bleu, tout juste sorti de l’école de police il n’a aucune expérience et en plus c’est un littéraire. C’est lui qui va découvrir le clochard agressé et par son intervention va faire rentrer cette affaire dans l’équipe de Viviane. Mais celle-ci n’en veut pas, elle a d’autres chats à fouetter, alors elle le laisse se faire la main sur cette enquête. De temps en temps elle le recadre. Cependant Monot est idéaliste et il va ouvrir une véritable boîte de Pandore et ils vont vite être dépassés par les évènements.

On va avoir des scènes surréalistes, des rebondissements inattendus. Les journaux vont s’en mêler et donc les hauts gradés… jusqu’au ministre.

Augustin va se révélé très communiquant et il va se faire repérer par la « dircom » de la police. Il passe bien à la Tv et il pourrait donner une nouvelle image de la police. Une vrai peste cette Priscilia Smet, elle a les dents longues ! Je réalise que les noms et les prénoms ne sont pas anodins dans cette série. Il va être beaucoup question de communication et Georges Flipo va jouer avec les mots pour notre grand plaisir.

On a donc un contraste physique entre Viviane et Monot, mais aussi dans la façon de fonctionner, elle est négative alors qu’il est positif, elle se prend les pieds dans le tapis alors qui plane au-dessus de tout cela. On a le fameux duo l’expérimentée et le naïf.

On va avoir droit à tous les types de régimes alimentaires, qu’elle essai en vain car il y a toujours une contrariété, une catastrophe qui  la replonge dans les barres de mars. Une belle critique des journaux féminins et du diktat de la minceur.

Si je mets en avant le côté ironique, grotesque et drôle c’est parce que c’est ce qui m’attire dans ce genre d’enquête. L’intrigue policière est intéressante car elle se complexifie au fur et à mesure que les crimes et délits se multiplient. Il va y avoir danger et Viviane et Monot ne vont pas en sortir indemnes.

Ceux qui connaissent Paris vont se régaler à les voir déambuler que ce soit du côté des champs Elysées ou quai Conti, entre autre… Une balade qui n’est pas de tout repos !

Cher monsieur Flipo j’espère que vous allez nous raconter d’autres aventure de Viviane Lancier car j’ai passé un bon moment de détente…

Voir aussi

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Une Partie de chasse

Agnès Desarthe

Éditions de l’Olivier, 2012, 156 p., 16,50 €

Existe chez points

Cercle Littéraire de la médiathèque

4e de couv. :
Au cours d’une partie de chasse, un homme tombe dans une galerie souterraine. Tristan est désigné pour rester sur les lieux tandis que les autres iront chercher du renfort. Mais les secours n’arrivent pas et la tempête se lève. Une longue attente commence. Tout en essayant de soutenir moralement celui qui s’est blessé en tombant (et dont il se sent si loin), Tristan se remémore la suite des événements. Il revit sa rencontre avec sa femme Emma, l’évolution de leur relation. C’est elle qui l’a convaincu de partir chasser, pour que les autres l’acceptent dans le cercle des hommes. Il repense aussi à sa mère malade dont l’image le hante encore aujourd’hui, au petit garçon docile qu’il était alors à son chevet. Et lui, qui a toujours plié sous la volonté des femmes, interroge enfin la place de son propre désir.

Anecdote de lecture :

Depuis des années j’achète des romans de cette autrice. Lorsqu’elle est venue près de chez moi je suis allée la rencontrer et je lui ai dit, ce qui l’a bien fait rire. Ce jour-là j’ai acheté et lu un de ses romans jeunesses « Frrrintek ». Il était temps que je livre un de ces romans adultes.

Je devais lire un roman pour le cercle littéraire de la médiathèque et j’ai oublié d’en emprunter un. Il me fallait donc trouver un roman qui soit chez moi et à la médiathèque.

Mes impressions de lecture :

Le roman débute par une scène surprenante qui peut déstabiliser le lecteur, mais on découvre que selon la focale les mots veulent dire une chose ou une autre.

On découvre ensuite un jeune homme qui  fait sa première partie de chasse avec trois voisins. Il n’est vraiment pas dans son élément. C’est sa femme qui désire qu’il s’intègre à la gente masculine du village. Son couple semble avoir perdu la passion et il veut tout faire pour reconquérir sa femme.

On sent la tension et la violence qui règne, l’appel du sang, j’avoue avoir pensé au film « délivrance » à ce moment là !  Il faudra attendre les trois quart du roman pour que le personnage principal comprenne. On sent que cela va mal finir.

Agnès Desarthe à tendu plusieurs fils de chaîne et en tissant la trame on aura une image plus claire de qui sont les personnages et ce qui est en jeu. Ainsi nous avons le présent avec cette partie de chasse, le passé avec les souvenirs des personnages et surtout ceux de Tristan, tantôt en monologue intérieur tantôt en racontant à l’autre, puis il y a un dialogue intérieur entre Tristan et le lapin de garenne. Et les trois fils se lient et se délient, parfois il  y a des nœuds.

Ces différentes trames narratives jouent une partition avec des contrepoints.

Ce que j’ai aimé ce sont les mots ou idées qui lient les différentes conversations. Par exemple il est question de boue dans le présent et bien lorsque cela renvoi aux souvenirs on parlera de boue au sens figuré. Ou encore il pleut et cela renvoi à un souvenir de pluie. Il ya ainsi des passerelles qui se créent entre toutes ces histoires.

Les dialogues intérieurs entre le lapin et Tristan traitent entre autre de vie et de mort, de sexualité et de reproduction, de sentiments et de consciences, animalité et d’humanité chacun a son ressenti et son point de vue en fonction de qui il est.

Un accident va se produire et faire basculer l’histoire. Les cartes vont être rebattues, le groupe va se scinder. Au niveau de l’espace on a un jeu entre intérieur et extérieur entre le lapin et Tristan, puis Tristan et un des personnages et les deux autres aussi intérieur et extérieur. L’intérieur/extérieur c’est aussi au niveau des conversations, tout n’est pas dit verbalement. Cela crée une certaine dynamique.

Un nouvel événement vient compliquer les choses. L’extérieur c’est aussi ce qui se déroule dans le village. Là aussi il y a une partie intérieure et une partie extérieure.

J’ai bien aimé le personnage de Tristan, il a un côté « lunaire » et naïf, avec ses pensées magiques « s’il vit tout va s’arranger »…

De nombreux rebondissements vont avoir lieu l’espace d’une journée. Et on a des surprises jusqu’à la fin.

Un roman que j’ai lu dans la même journée car je voulais savoir le fin mot de l’histoire.

Il me reste encore des romans à lire !

Le chat terreur des lions

Jihad Darwiche

Ill. Ali Boozari

Éditions Lirabelle, 2008, 30 p, 15 €
version avec CD

Le mois de la littérature libanaise (j +2)
Dans ma médiathèque il y a…
Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

« Ce conte est une fable sociale. Il parle de la peur qui nous saisit devant l’inconnu, devant un inconnu, fut-il un simple chat. Il dit comment cette peur peut grandir jusqu’à paralyser tout un royaume… »* Un conte persan illustré, dans le respect de la tradition, par les patchworks d’un illustrateur iranien majeur de ce début de siècle.
*d’après Jihad Darwiche

Mes impressions de lecture :

J’avais lu l’album, ce conte persan m’avait plu et les illustrations sortent de l’ordinaire puisqu’il s’agit de photos d’illustrations cousues. Le conte m’a plu.

Puis j’ai écouté le conte en suivant les images et je me suis rendu compte que le conteur a ses propres mots, ce n’est pas une lecture littérale. Cela donne une autre dimension à l’histoire. J’ai même écouté à la suite le conteur le dire en « arabe » et bien que n’y comprenant rien j’ai aimé écouter la voix du conteur, sauf erreur de ma part il s’agit de Jihad Darwiche.

La touche musicale c’est aussi un petit plus…

J’ai beaucoup rit au dépend des pauvres ignorants.

Pour l’anecdote la maison d’édition Lirabelle est à quelques kilomètres de chez moi et ils font aussi des Kamishibaï, pour les amateurs…

Je termine avec ce conte le mois de la littérature libanaise organisé par Maeve… qui ne me tiendra pas rigueur d’avoir dépassé la date.

Toute une histoire

Hanan el-Cheikh

Trad de l’arabe Stéphanie Dujol

Éditions Actes Sud, 2010, 334 p., 23,20 €

Babel 8,70 €

Le mois de la littérature libanaise « mille (et une) lecture de Maeve

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4e de couv. :

Après la mort prématurée de sa grande sœur, Kamleh, onze ans, est promise à son beau-frère. Dans le Beyrouth des années 1940 où elle s’installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh devient mère mais reste follement éprise du beau Mohamed. Elle échange avec lui grâce à l’aide de ses amies des lettres enflammées, s’identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d’obtenir le divorce, au risque d’être séparée de ses deux filles… Portrait de la propre mère de l’auteur, femme du peuple analphabète, espiègle et fine, qui eut l’audace de transgresser les interdits de son milieu, ce récit donne également à lire plus subtilement l’histoire d’une fille qui, ayant grandi, peut enfin comprendre sa mère et lui dire combien elle l’aime.

Mes impressions de lecture :

Je ne connaissais ni le nom ni l’écriture de  Hanan El-Cheikh avant débuter ce mois de la littérature libanaise. Ce roman est un hymne à l’Amour et à la vie.

C’est un roman qui se divise en trois parties. Dans la première partie relativement courte l’autre parle au lecteur et parle à sa mère, puis dans un deuxième temps elle donne la parole à sa mère et c’est un récit magnifique et touchant qui nous transporte des années 30 à nos jours, le roman s’achève sur le présent (2001). La fin d’un temps, la fin d’un monde, la vie de vies…

A travers la vie de cette fillette devenue femme on va découvrir des changements dans la société libanaise. Comme beaucoup de gens elle est tellement dans le quotidien et ces problèmes à elle, que Kamleh ne réalise pas ce qui se déroule autour d’elle. La politique, la guerre tout cela est en arrière plan.

C’est une femme d’un grand entêtement, elle aura mis le temps mais elle est arrivée à convaincre sa fille d’écouter son histoire et de la coucher sur le papier. On se rendra vite compte que cette ténacité lui vient de l’enfance  et de son parcours de vie.

C’est une femme qui ne sait pas lire et écrire et son moyen d’expression c’est l’oralité avec les chansons et le pouvoir des mots, elle est très visuelle, la place du cinéma dans sa vie lui permet d’avancer et de rêver. On a tout un panorama artistique avec des titres de films et les répercutions sur sa vie, ainsi que la musique (jusqu’à la fin du roman). Elle est complémentaire avec Mohamed qui lui est un homme de l’écrit avec des poèmes et des lettres plein les poches.

Sa propre mère avait déjà un sacré tempérament mais son parcours de vie l’a brisée mais elle avait insufflé l’envie de vivre à sa fille. Kamleh es devenue femme trop jeune, elle est restée enfantine et fantasque. Elle fait bouger les choses à sa manière.  On a ainsi une « chaîne de femmes » qui a permis à l’autre de devenir qui elle est… et cette envie d’aller plus loin. De l’oralité à l’écriture.

On note combien la religion est importante dans sa famille mais elle n’est pas vécue de la même façon que ce soit les hommes ou les femmes.

C’était touchant de voir que cette gamine qui venait du sud du Liban et qui n’avait pas d’instruction ne comprenait pas « l’arabe égyptien » du film qui a marqué sa vie. On est dans les années 30 et il y a une fracture sociale qui passe par la langue. La langue qui pour elle est d’un autre pays. En France ou en Espagne il devait y avoir les mêmes problèmes entre les « patois » et la langue de la capitale mais y avait –il cette impression « d’un autre pays » ?

Le récit est parfois poignant car il retrace des parcours de vie pas faciles, cependant on rit beaucoup car Kamleh est un petit lutin espiègle.

Dans la première partie de se roman l’écrivaine parle de ces précédents romans et après avoir lu celui-ci elle m’a donné envie d’en découvrir d’autres. Je ne sais pas quand mais c’est un nom que je garderai.

Qui en parle ?

Maeve

Tics olympiques

Roland Fuentès

Éditions Syros, Tempo Syros, 2009, 105 p., 6,95 €

Dans ma médiathèque il y a…

Chronique jeunesse du mercredi

tics olympiques

4e de couv. :

Un roman drôle et sportif de Roland Fuentès, à l’écriture extrêmement savoureuse.
« Au collège, on m’appelle “le sapin”. Ou “Noël”, même si mon véritable prénom c’est Julien. Ça vient de mes yeux, qui clignent en permanence. La plupart des gens ne me supportent pas deux minutes en face d’eux. Ils disent que je les rends nerveux. » Julien est bourré de tics. Le seul moment où il les oublie complètement, c’est lorsqu’il nage, au club Aubagne Natation, où s’est aussi beaucoup entraîné Alain Bernard, son idole. Alors, cet été, Julien a décidé de remédier à son problème. Il va tirer profit des épreuves de natation des JO de Pékin pour engager la plus dure des compétitions… celle qu’il va se livrer à lui-même, contre ces tics qui lui empoisonnent l’existence !

Ma chronique :

J’ai eu le plaisir de retrouver le côté passionné de sport  de l’auteur découvert avec « Vivant » et  pour tout ce qui concerne la natation que j’avais découvert dans « Tant que durent les rêves ». Il nous décrit à nouveau un jeune ados cabossé par la vie. Ici ce sont des tics qui lui pourrissent la vie. Mais loin de se poser en victime il va se surpasser. Il sait que la solution est en lui et il va tout mettre en œuvre pour y parvenir. Comme tout sportif il va commencer par des échauffements et des entrainements quotidiens. Avant se lancer dans la dernière ligne droite.

J’ai beaucoup aimé le rythme de l’histoire. On entre dans l’histoire et on n’a pas envie de s’arrêter avant de découvrir comment il va arriver à ses fins. Rien n’est facile c’est un combat permanent contre soi-même. On y voit les valeurs positives du sport. Volonté, endurance et ténacité.

Il y a des moments de forte intensité notamment lorsque Julien est face aux diffusions des compétions de natation aux jeux olympiques de Pékin. On s’y croirait à écouter les commentaires des journalistes sportifs.

On sent comme la famille et les amis sont importants. Avec ses équipiers c’est comme une seconde famille. Les relations sont différentes par rapport à celles d’autres collégiens. Roland Fuentès nous explique tout cela. On sent que c’est un milieu qu’il connait bien.

J’ai bien aimé le personnage de Louis, plus décomplexé, les relations entre les deux ados. Il y a comme un effet miroir entre les deux.

Tout ne va pas de soit, on va découvrir aussi des moments de doute, de rechute et de questionnements. Il faut que Julien se fixe un but.

Je vous laisse découvrir le cheminement de Julien.

Je viens de réaliser que dans « citadelle de glace » Roland Fuentès, nous parle aussi d’un ado avec des problèmes intérieurs à régler, et que c’est grâce à une passion qu’il va pouvoir se surpasser.

Cette histoire est arrivée au bon moment. Je n’arrivais pas à me concentrer sur mes lectures. De « voir » ce personnage faire tant d’efforts de concentration cela m’a motivé.

Une nouvelle fois j’ai adoré l’univers de Roland Fuentès… sans donner de leçon il montre aux « jeune » lecteurs qu’on n’a rien sans un effort et sans volonté.

NB ; je préfère cette couverture à celle de l’éditions plus récente : ici

Article précédemment publié sur Canalblog