La science de l’esquive

Nicolas Maleski

Éditions Harper Collins, 8 janv. 2020, 217 p., 17 €

Mes lectures Harper Collins

4e de couv. :

Kamel Wozniak est en fuite. Locataire d’un meublé où pour rester invisible il faut se montrer habile, l’ancien boxeur sur ses gardes tente de se faire oublier le temps d’un été au vert. Mais de qui ? Et où s’arrête son plan B ? Difficile de disparaître dans une petite ville où un garçon comme lui, aux airs de desperado, n’est pas sans piquer les curiosités.
Après Sous le compost, Nicolas Maleski signe un roman qui s’ouvre comme un film des frères Coen, ménage un suspense de polar et déroule, dans langue où la lucidité combat à armes égales avec la causticité, l’épopée d’un antihéros insaisissable et pourtant pas si éloigné de nous.

Ma chronique :

« La science de l’esquive » est le deuxième roman de Nicolas Maleski. Je découvre cet auteur dont j’ai apprécié la façon de jouer avec le lecteur. Il l’intrique, joue avec les mots pour le mener vers des fausses pistes.

Les personnages ne sont pas vraiment ce qu’ils ont l’air d’être. Chaque personnage interprète à sa façon à partir de ce  qui est dit ou tu.

J’ai beaucoup aimé suivre ce gros dur tatoué avec une gueule de boxeur taiseux. Mais c’est surtout le  voir faire de mauvais choix. Lui qui veut se cacher, ne pas se faire remarquer il va croiser les personnes qui sont attiré par ce mystérieux inconnu. On sourit de son côté loser qui se met dans des situations délicates.

Il attire les confidences de tous les gens qu’il croise, lui est obligé de mentir pour préserver son secret mais petit à petit il va se faire apprivoiser et se mettre à nu.

Les Causses pourraient sembler paisibles et loin de tout mais elles recèlent bien de petits secrets  et des intrigues sensuelles.

Un roman aux chapitres courts qui s’enchaînent jusqu’à avoir le fin mot de l’intrigue.

Un auteur à suivre, d’ailleurs l’une de mes prochaines lectures sera « Sous le compost » son premier roman qui sort en poche.

Je remercie les éditions Harper Collins de leur confiance.

A bientôt pour « Sous le Compost »

Les promesses de nos lendemains

Tiphaine Hadet

City Editions, juin 2019, 304 p., 17,90 €

Mes lectures City

4e de couv. :

Après leur rencontre sur les bancs du lycée, le mari de Valentine l’avait prévenu : « À 37 ans, je te quitterai. » Ce qu’elle prenait pour une plaisanterie est devenu une cruelle réalité lorsqu’il est parti refaire sa vie de l’autre côté de l’océan. Elle est désormais célibataire avec trois enfants à charge ! Pour oublier son quotidien, la jeune femme se réfugie dans l’écriture. Grâce à des concours de nouvelles, elle se lie d’amitié par Internet avec un groupe d’auteurs. Et, bientôt, un défi littéraire leur est proposé : écrire des paroles pour un célèbre chanteur. Valentine est aussi enthousiasmée par la perspective de rencontrer physiquement son groupe d’écriture lors de la soirée de remise des prix. Les heureux hasards de l’existence vont l’aider à tourner la page et à écrire un nouveau chapitre de sa vie…

Ma Chronique :

J’avais bien aimé « le bonheur arrive toujours sur la pointe des pieds » et j’étais curieuse de lire une autre histoire de Tiphaine Hadet. J’ai donc plongé dans ce roman sans même regarder la quatrième de couverture. Je me suis laissé emporter par la narration à la première personne.

Notre héroïne est une jeune divorcée avec trois enfants. Elle a connu la trahison, l’abandon, la reconstruction, nouvelle vie… heureusement ce n’est qu’un aspect du roman. On a plusieurs sujets dans ce roman, tous tournent autour de la famille.

La famille et ses règles… et les conséquences.

La famille décomposée, incompatibilités d’idées

La famille recomposée…

Comment surmonter les traumatismes ? Comment se libérer des névroses de ligne ? Comment dépasser les épreuves. A chaque âge ses joies, ses peines et ses questionnements. Ce roman ancré dans notre époque nous parle de la place des réseaux sociaux et les «e-communautés » qui se créent par affinités.

Beaucoup d’émotions, de la colère qu’il faut savoir transformer pour aller de l’avant et mettre son énergie sur d’autres combats.

Faire le point sur sa vie, ses relations aux autres. J’ai adoré la réaction des belles-sœurs, puis celle de Louis. Ils apparaissent comme des personnages secondaires et pourtant ils vont jouer un rôle important.

La narratrice n’hésite pas à parler de ses faiblesses, de ses doutes, elle va évoluer. Elle est aussi le pivot, l’élément qui va déclencher plusieurs rouages. Elle qui croyait avoir souffert va découvrir une souffrance encore plus grande.

Plusieurs nœuds vont se dénouer et permettre de libérer la parole les émotions et faire circuler les énergies.

On va surtout voir que les femmes quelque soit l’âge on dû garder des secrets, étouffer des sentiments. Beaucoup de personnages vont enrichir émotionnellement. Bien sûr il en reste toujours des obtus et fermés.

Un roman touchant et tendre. Nouvelles vies, nouvelles amitiés pour se soutenir …

C’est un roman feel good alors l’humour a son importance, entre gaffes, maladresses on rit aussi.

J’ai adoré les discussions autour du chanteur Julien Doré qui ne fait pas l’unanimité dans le groupe d’écriture.

Ce roman traite aussi du besoin d’écrire pour s’épancher, pour s’évader, pour communiquer. L’autrice a utilisé la narration, les dialogues, mais aussi les discussions sur le groupe d’écriture, les chansons. Ce qui donne des changements de rythme et ancre bien les personnages dans notre époque.

Autrice à suivre…

Je remercie City Éditions de leur confiance. 

bonheur arrive

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Tags : City Editions, feel good, femmes, Tiphaine Hadet

Une évidence

Agnès Martin-Lugand

Éditions Michel Lafon, mars 2019, 381 p., 19,95 €

Mes lectures Michel Lafon

4e de couv. :

Reine mène une vie heureuse qu’elle partage entre son fils de dix-sept ans et un métier passionnant.

Une vie parfaite si elle n’était construite sur un mensonge qui, révélé, pourrait bien faire voler son bonheur en éclats…

Faut-il se délivrer du passé pour écrire l’avenir ?

Ma chronique :

Agnès Martin-Lugand nous trace le portrait d’une femme contemporaine, une femme forte qui mène sa vie tambour battant. Elle a fait des choix et elle assume les conséquences. Bons ou mauvais ils ont construit sa vie, tout en ayant aussi un côté auto-destructeurs.

On aune femme passionnée qui va au bout des ses choix quitte à se détruire et à les imposer à son entourage.

Elle est parfois dans la contradiction, tiraillée entre son rôle de mère et de femme célibataire. Qui est-elle vraiment ? Elle semble s’être oubliée pour jouer le rôle de mère.

Le sujet que je retiendrai c’est celui de la liberté et par contraste celui des murs de prison qu’on se construit pour se protéger. On fini par se prendre à son propre piège.

Elle a choisi une vie conformiste. Elle fait tout pour coller à cette image acceptable par la société.

En ce donnant corps et âme à son enfant, il se crée forcément une relation fusionnelle. Elle est à un moment clé, où son fils va se détacher d’elle, elle souffre par anticipation.

Lorsque j’ai commencé ce roman je venais de fermer « Phalène fantôme » de Michèle Forbes. Certains sujets se recoupaient comme la passion de jeunesse. Dans les deux cas le passé refaisait surface mais de façon bien différente. Elles avaient mis leur vie entre parenthèse pour continuer à vivre. La grande différence c’est que les conséquences des choix d’une femme des années 50 et des années 2000 sont bien différents.

Dans « une évidence » Saint Malo est comme un personnage de l’histoire. J’ai trouvé malin que Noé soit si attiré par cette ville à travers un roman … ça donne un côté prémonition. En même temps, on ne peut pas s’empêcher de penser à l’arche de Noé et de là faire le lien avec la mer. Eh oui de la mère à la mer il n’y a qu’un pas ! Prendre le large, couper les amarres, couper le cordon ombilical… renaître.

Je n’ai jamais lu « ses messieurs de Saint Malo » de Bernard Simiot  il me semble que je dois avoir un exemplaire perdu dans ma bibliothèque… un jour peut-être !

Un roman  qui se lit d’une traite un week-end dans mon cas … sans être larmoyant âmes sensibles prévoyez un kleenex car il y a des scènes touchantes.

Je remercie les Editions Michel Lafon pour leur confiance.

Qui en parle ?

Jangelis

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Article précédemment publié sur Canalblog

     

J’ai toujours cette musique dans la tête

Agnès Martin-Lugand

Éditions Michel Lafon, mars 2017, 360 p., 18,95 €

Mes lectures Michel Lafon

4e de couv. :

Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin.

Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

Mon Billet

C’est le premier roman d’Agnès Martin-Lugand que je lis. J’avais lu une nouvelle dans « 3 à table » et j’avais bien aimé son écriture et ce qui semble son milieu de prédilection (couples trentaine actifs et citadins). J’étais donc curieuse de découvrir un récit plus long. Ce que j’ai bien aimé dans ce roman, c’est  que les faits sont ancrés dans la réalité et le quotidien. Même si on n’est pas dans le même milieu on s’identifie facilement à l’un ou l’autre des personnages. C’est ce qui fait le charme de ses histoires. Nous avons dès la couverture l’image d’une femme « de tous les jours » sans apprêts, elle est représente bien Véra lorsqu’elle se débat  avec ses problèmes et ses doutes. Et cette main… !!!!

Le point fort c’est la place des personnages. Agnès Martin-Lugand cible plutôt leur aspect psychologique. On y voit leur force, leurs failles et faiblesses. Leur fantaisie ou originalité vient animer les discussions.. Ensuite ce que l’on remarque ce sont les relations entre eux. C’est un peu comme s’ils donnaient 100 % d’eux même que lorsqu’ils sont ensemble. Agnès Martin-Lugand emploi à plusieurs reprises le mot « transparent »pour parler d’un personnage isolé.

Au début, j’ai eu peur qu’on parte sur un triangle amoureux : une femme deux hommes, mais heureusement très vite on se rend compte qu’il s’agit d’autre chose.

J’ai bien aimé le fait que les narrateurs soient les trois protagonistes principaux et que l’ordre de prise de parole ne soit pas à tout de rôle, mais juste au moment où la narratrice principale qui est Véra soit au bout de ce qu’elle est sensée savoir et comprendre.

Agnès Martin-Lugand développe la stratégie de la manipulation par petite touches. On a parfois l’impression que cela dure pendant longtemps et puis on se rend compte que c’est bien plus rapide que cela. C’est dû à l’intensité des émotions et des bouleversements vécus par les personnages.

On voit aussi comment l’alcoolisme prend petit à petit de l’ampleur et détruit certaines choses importantes.Le tabagisme n’est pas non plus oublié. Le travail aussi est une drogue qui modifie la vie.

C’est un roman agréable à lire car il y a plusieurs stades dans la mise en place de la déstabilisation émotionnelle, on croit qu’on arrive au bout et puis c’est comme si les personnages faisaient un pas en arrière.

On dirait que les personnages évoluent  en fonction d’une chorégraphie bien organisée.

Contrairement aux thrillers, on n’est pas dans l’exagération entre la lutte du bien contre le mal et c’est ce qui rend la situation si plausible et  angoissante insidieuse. Le titre va prendre une autre dimension à al fin du roman.

Je remercie les Éditions Michal Lafon pour m’avoir envoyé un exemplaire dédicacé par l’auteure !

musique dans la tête chro

Qui en parle ?

Mabiblio1988

Article précédemment publié sur Canalblog

Heureux les heureux

Yasmina Réza

Éditions Gallimard, Folio, 2014 (2013), 192 p, 7,80€

Mes lectures Folio

4 e de couv. :

«J’ai commencé à éprouver un sentiment, je veux dire un vrai, à ce moment-là. En sortant de la voiture, à Wandermines, sous la pluie. On ne parle pas assez de l’influence des lieux sur l’affect. Certaines nostalgies remontent à la surface sans prévenir. Les êtres changent de nature, comme dans les contes. Au milieu de cette confrérie en habits du dimanche, se pressant vers la mairie pour échapper aux gouttes, tenant le bras d’Odile pour l’aider sur le parvis glissant, j’ai éprouvé la catastrophe du sentiment.»

Glissant de la mélancolie à l’humour, Yasmina Reza dessine avec Heureux les heureux une constellation moderne de personnages confrontés à l’impasse sentimentale.

Ma chronique :

J’aime beaucoup ce qu’écrit Yasmina Réza alors lorsque les éditions Folio m’ont offert l’opportunité de lire ce roman je n’ai pas hésité.

Quel titre ! En exergue nous avons une citation de Borges :

« Heureux les aimés et les aimants et

ceux qui peuvent se passer de l’amour.

Heureux les heureux. »

Cette citation résume bien le contenu de ce roman.

Par contre je n’aime pas du tout la couverture, mais ça c’est très subjectif !

La structure laisse perplexe car on a l’impression d’une succession d’histoires. Mais, on se rend compte qu’il s’agit en fait d’un maillage (comme pour les réseaux électriques !), un petit groupe d’individus liés entre eux.

Chaque chapitre porte le nom du narrateur qui va nous raconter une scène de sa vie.

Les dialogues sont à la forme indirecte ce qui donne à la narration un certain rythme. Yasmina Réza est dramaturge alors cette façon de faire parler ses personnages n’est certainement pas anodine, mais cela risque de perturber certains lecteurs.

Nous avons toutes les facettes de la vie et en particulier la vie de couple.

Couples légitimes ou non, jeunes parents et vieux couples, veuves et veufs…

L’amour va jusqu’à une identification à l’autre.

C’est un roman polyphonique avec des variations sur le thème de l’amour..

Ce roman « choral » où le narrateur change à chaque chapitre forme l’image d’un groupe de gens qui sont liés par des liens d’amitié, d’amour, de famille…

Ils ont en commun des histoires d’amours plus ou moins abouties. On ne peut parler de vie réussie mais de vie partagée ou non. On peut avoir un parcours professionnel enviable, une vie sociale et un couple qui semble stable sans pour autant être heureux.

Ils sont tous à la recherche de quelque chose, un idéal de vie. Certains essaient simplement de combler des vides, d’autres se contentent de ce qu’ils ont trouvé. Parfois c’est par l’esprit. La maladie peut créer des lies entre les gens. La naissance et la mort sont aussi l’occasion de rassembler les êtres.

100 livres 2014