Mystères à Minuit T. 3. Le lac aux esprits

Camille Brissot

Éditions Syros, avril 2021, 214 p., 9,95 €

Mes Lectures Syros

Chronique jeunesse du Mercredi

4e de couv. :

Pourquoi Balti est-il le plus ancien fantôme de Minuit, la ville la plus hantée du monde ? 

Comment calmer le fantôme en colère qui a décidé d’effrayer les touristes du Grand Hôtel de Minuit ? Voilà une mission délicate pour Victor, Tamara et leur ami fantôme Balti… Mais il y a bien pire : le réfectoire du collège, en travaux, vient de s’effondrer. Sous les décombres se trouve une crypte secrète, qui renferme… le tombeau de Balti !

Mes impressions de lecture : coup de coeur

Nous voici dans la troisième aventure de Balti et Victor, Tamara est venue compléter le trio dans le tome 2. Chacun à sa particularité et donc son rôle dans l’histoire et la résolution du mystère.

Lorsqu’on suit une série on a toujours la crainte que la prochaine aventure soit moins excitante que la précédente et bien je vous assure que ce n’est pas le cas dans celle-ci !

Si vous me suivez vous savez que j’ai un coup de cœur pour cette série. Je vous conseille de la lire dans l’ordre car bien qu’une enquête soit complètement résolue  dans l’histoire il y a d’autres enquêtes « secondaires » celles qui vous rendent accro à une série, celle dont la résolution ferme un cycle.

Les personnages sont attachants et chacun a sa propre quête. Cependant on se rend vite compte qu’ils ne peuvent avancer qu’en conjuguant leurs talents.

Ce que j’aime dans cette série c’est que chaque personnage devient le personnage central au cours de l’histoire. Les autres personnages vont le seconder, l’accompagner et lui permettre de progresser. Une amitié qui se renforce à chaque nouvelle aventure.

Nos trois personnages vont progresser et des changements vont se produire entrainant avec eux une partie de leur entourage.

La palette d’émotion est assez vaste pour qu’on soit emporté avec les personnages dans un ascenseur émotionnel important. On s’amuse, on pleure, on rit…

J’avoue que c’est le côté drôle qui me plaît, drôle dans tous les sens du terme. C’est très visuel. A quand une version animée ? C’est bizarre dans ma tête ce n’est pas avec des acteurs réel que j’imagine mais en dessin animé. Et vous ça vous dirait ?

J’ai eu plaisir à retrouver la ville de Minuit et se habitants vivants et morts.

En parlant de ville, j’aime beaucoup la carte à l’intérieur du roman.

Ce que j’aime aussi dans cette série c’est la thématique du passage, de l’entre-deux, de l’impermanence. Il y a aussi cette notion de point de bascule avec le besoin de rétablir l’équilibre.

C’est une narration très dynamique et rythmée qui plaira aux jeunes lecteurs qui aiment la petite touche fantastique.

Vous avez vu je ne vous ai rien raconté pour garder le suspens et titiller votre curiosité de lecteur. Ah si je peux rajouter qu’on a 10 ans quand on lit l’histoire et ça fait du bien.

C’est avec impatience que j’attends la prochaine aventure !

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Qui en Parle ?

Jangelis (bientôt)

Sur ce blog vous pouvez aussi lire mes avis sur :

« Mystère à minuit. Tome1. La ville la plus hantée du monde « 

« Mystère à minuit. Tome 2 . Le cercle des sorcières »

Calame 1. Les deux visages

Paul Béorn

Éditions Bragelonne, 2021, 559 p., 7,90 €

Book en Stock / Bragelonne

Le mois de Paul Béorn

4e de couv. :
Après un an de guerre civile au royaume de Westalie, une rébellion est écrasée dans le sang au cours de l’assaut contre la capitale. Son chef légendaire, Darran Dahl, est tué dans un affrontement avec le roi lui-même et ses partisans sont jetés au cachot.
D’Arterac, célèbre légendier, vient trouver la jeune Maura, la première lieutenante de Darran Dahl, et lui propose un marché : la suspension de son exécution en échange de la véritable histoire du chef rebelle, ce mystérieux guerrier aux origines obscures, aux intuitions géniales, que l’on prétendait indestructible.
La jeune fille raconte alors sa rencontre avec cet homme, dont elle a été la domestique avant de devenir sa plus fidèle alliée au cours de la guerre civile. Mais, profitant de ce sursis, Maura prépare peu à peu son évasion pour reprendre la lutte…

Mes impressions de lecture :

J’avais lu il y a trois ans lors du précédent « mois de Paul Béorn » sur Book en Stock « le septième Guerrier-Mage » qui m’avait emporté dans un univers de fantasy, d’action et de combats. Je renouvelle l’expérience avec un autre univers de fantasy et une nouvelle fois la magie de l’écriture à fonctionné.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, entre autres choses, c’est la dualité. Je ne sais pas si j’ai été influencée par le titre mais je n’ai pas arrêté de voir « les deux visages » ou les deux faces des personnages ou des événements. Que ce soit dans les noms, les doubles vies, ou encore les deux facettes de chaque aventure. Selon que l’on soit d’un camp ou d’un autre on a déjà une vision différente. Deux vérités possibles, la vérité est un des sujets centraux. Certains personnages on en eux un « jardin secret », selon qui ont est on va les voir avec une vérité ou une autre.  

Ce roman débute dans les geôles très spéciales du roi lumière. Les cellules changent de position pour contrer toute évasion. On est donc dans la thématique de l’enfermement. Les mouvements sont entravés, le cours de la vie semble contraint. Cependant c’est un roman où l’action est importante que ce soit dans la résistance interne que dans toutes les narrations entrainant le lecteur à l’extérieur.

Le temps est aussi important. Le temps du récit, on est dans la prison avec Arterac. Mais ces récits nous renvoient à des temps plus anciens. A la quête de l’origine ?

Ce roman fantasy fait la part belle à la gent féminine. On y retrouve les thématiques de la sorcière et la perte de son « âme » donc de son libre arbitre. On va avoir des femmes fortes qui chacune à sa façon va se rebeller. Que cela soit par les armes ou par le silence.

Par certains aspects ce roman m’a fait penser aux mille et une nuits. Certainement car c’est principalement une femme qui raconte à un homme les aventures passées et que c’est ce qui lui permet de rester en vie ainsi que les autres prisonniers.

Je comprends la frustration des lecteurs il y a trois ans lorsque ce premier tome du dyptique est paru. Je pense qu’il me faudra très prochainement le deuxième tome pour avoir la conclusion. Cette lecture est un coup de cœur car l’histoire et prenante et riche en sujet de réflexion. De nombreux rebondissement tiennent le lecteur en haleine.

Je remercie Dup et Phooka et les Éditions Bragelonne pour ce partenariat. Merci à l’auteur pour ce dépaysement.

Capitale du sud. Tome 1 . Le sang de la cité.

Série « La tour de garde »

Guillaume Chamanadjian

Éditions aux Forges de Vulcain, 16 avril 2021, 405 p., 20 €

Mes Lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv.

Enfermée derrière deux murailles immenses, la Cité est une mégalopole surpeuplée, constituée de multiples duchés. Commis d’épicerie sur le port, Nox est lié depuis son enfance à la maison de la Caouane, la tortue de mer. Il partage son temps entre livraisons de vins prestigieux et sessions de poésie avec ses amis. Suite à un coup d’éclat, il hérite d’un livre de poésie qui raconte l’origine de la Cité. Très vite, Nox se rend compte que le texte fait écho à sa propre histoire. Malgré lui, il se retrouve emporté dans des enjeux politiques qui le dépassent, et confronté à la part sombre de sa ville, une cité-miroir peuplée de monstres.

Anecdotes de lecture :

Il y a quelques années j’avais aimé le concept de #U4 une série Syros/Nathan où quatre auteurs traitaient la même histoire mais chacun de son côté avec son personnage principal. Ce fut une expérience de lecture très intéressante, alors quand j’ai vu cette saga fantasy qui allait voir le jour aux Forges de Vulcain j’ai voulu tenter l’aventure.

Ce roman fait partie d’un vaste projet. Deux trilogies vont s’entremêler. Guillaume Chamanadjian situe son intrigue dans le sud et Claire Duvivier dans le nord. Je vous invite à lire l’article sur Elbakin http://www.elbakin.net/edition/26364-Aux-Forges-de-Vulcain-presente-La-Tour-de-Garde ou encore celui  sur point pop-culture : https://www.lepoint.fr/pop-culture/avec-la-tour-de-garde-une-grande-saga-de-fantasy-francaise-est-en-train-de-naitre-09-04-2021-2421436_2920.php

J’avais eu un coup de cœur pour « un long voyage de Claire Duvivier » son premier roman fantasy publié aux Forges de Vulcain.  Qu’en sera-t-il de cette saga ?

Après avoir lu l’interview sur point pop-culture je comprends  pourquoi j’étais en phase avec le texte. Nous avons des points communs dans les références littéraires, les mêmes textes inspirants !

Mes impressions de lecture :

Bon si vous me suivez sur les réseaux vous aurez compris que c’est un coup de cœur.

C’est un roman très prenant qu’on a du mal à poser tant les intrigues se croisent et tissent des liens entre les personnages.

Ce roman a tout pour me plaire : Il y a une carte bien dessinée par Daria Gatti. Oui je fais partie des lecteurs qui aiment ces cartes des pays imaginaires !

Cela se passe dans le sud (d’un pays imaginaire) et j’ai l’impression de regarder autour de moi et d’y être. Le coq sur la tour, ok, on a un coq sur le clocher du village. Le vin et la vigne on leur importance, vu que j’habite entourée de vignes et que le vin est important par ici, je coche aussi. L’olivier et la place dans notre imaginaire collectif (je suis méditerranéenne). La rivière que traverse le village et le canal du midi pas loin je visualise bien ce qui est raconté.  Le port (pas aussi grand)  aussi à moins d’une heure d’ici. La place des gourmandises culinaires aussi. Les clans, les histoires du passé, et autres guerres de pouvoir on a ce qu’il faut au niveau local. Pas aussi extrême heureusement !  du coup je me demande si pour la cité du nord de Claire Duvivier j’aurais le même déclic (mais ceci est un autre histoire !) On verra cet automne !

Bon revenons à cette Cité du Sud… Il y a sang dans le titre donc il va y avoir de l’action. Y aura-t-il  de la réflexion.. Aïe ! Les a priori sont là. C’est la que la caution « Aux Forges de Vulcain » rassure, bien que parfois ça peut aussi partir en live … Eh oui ! il va y avoir de quoi cogiter !

Bon, le jeu de la Tour de Garde  est trop complexe pour moi, aux échecs je n’ai que les bases alors là je n’ai même pas essayé de suivre… Ce que j’ai aimé par contre c’est l’idée de la représentation des différents corps de métiers et autres figures politiques. Un peu comme la représentation de la société… la thématique de la vie de la « Cité greco-latine » (j’extrapole).

Les légendes, les comptines et autres poésies ou chansons qui seraient la mémoire d’un temps passé ou parallèle cela donne des textes dans le texte très travaillés. C’est aussi une façon d’aborder le passé des personnages et de comprendre certaines zones d’ombres.

C’est aussi un roman coup de cœur, car les quatre éléments (c’est mon dada) sont omniprésents. Que ce soit l’eau avec ces travaux gigantesques avec des passages par des chemins souterrains. La terre, notamment avec l’argile du tuilier. L’air avec toute la part onirique et magique. Et enfin le feu destructeur et purificateur ?

La magie est présente alors qu’on a dans un premier temps l’impression que ce sont la mémoire et la folie qui sont le fond du sujet.

J’ai aimé la part constructive de la magie comme avec les maçons…  je vous laisse découvrir les autres pratiques.

L’auteur semble nous focaliser sur les mains. Elles façonnent, on les blesse, on les mange…

La magie aussi permet d’aborder le thème du passage. Le personnage principal est jeune, Nohamux, dit Nox, nous raconte à la première personne ce qu’il vit et ses relations avec le autres. Il va s’entourer d’autres jeunes gens qui  ont chacun une particularité et chacun va faire son expérience.

Les thèmes que j’adore sont nombreux, la famille, les livres, la transmission et le pouvoir des mots, mais je ne veux pas vous dévoiler certaines parties de l’intrigue alors je ne développerais pas plus.

Je me rends comptes que je n’ai pas développé certaines idées ou que je n’ai pas abordé certaines pour garder le mystère. J’espère avoir suffisamment titillé votre curiosité pour que vous ayez envie de découvrir cette aventure.

Misère il faut attendre la suite !

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance.

NB : Cet après-midi je suis allée me promener pour profiter de ma journée de repos et du soleil et aussi pour réfléchir à cette chronique. Qu’est-ce que je voulais retenir de ce roman pour vous en parler ?  Et je réalise que finalement je n’ai pas développé « l’importance des rencontres qu’on croit issues du hasard et qui en fait vont façonner vos avenir » Alors oui l’auteur crée ses personnages et les interactions qui vont former toute une histoire. Mais qu’en est-il du lecteur ? A-t-il lu ce roman juste parce qu’il était sur sa route ou c’est tout un cheminement plus lointain qui l’a conduit à cette lecture. Et qui du coup va contribuer à l’expansion du texte en le partageant avec d’autres lecteurs. Bon ce n’est pas très clair tout cela… « ça ne s’arrange pas ma pauvre fille ! »

Je vous épargne les milliards d’autres pensées que certaines lectures activent.

Merci à ceux qui sont allé au bout de cette chronique.

Constellations, Éclats de vie

Sinéad Gleeson

Trad. Cécile Arnaud

Éditions de la Table Ronde, 11 fév. 2021, 296 p, 22€

4e de couv. :

J’en suis venue à me représenter tout le métal que j’ai dans le corps comme des étoiles artificielles, scintillant sous la peau, une constellation de métal neuf et vieux.

Mes impressions de lecture :

Coup de cœur pour l’écriture et la structure de ce livre.

Avant de vous parler du contenu il faut que je vous parle de la couverture. Elle est magnifique lorsqu’on a livre dans les mais et que l’on suit le tracé des ces fameuses constellations, ces sillons qui vont d’un point à l’autre. On retrouve ses représentations en début de chaque chapitre (sans le relief) et une explication à la fin.

Les titres des chapitres sont déjà une invitation à découvrir ce qu’elle veut nous raconter. « Collines bleues et os de marbre », « cheveux », « de la nature atomique des trimestres »…

Il est beaucoup question des sens que ce soit le vue (en parlant des tableaux par exemple) l’ouïe (avec la présence de la musique) le toucher (avec tout ce qui a attrait au corps), l’odorat (odeur du sang, de la naissance, de la mort), le goût …

C’est un texte à la première personne. Je l’ai lu comme un roman même si la narratrice parle d’ « essai ». Par moment on a l’impression d’une autofiction et à d’autres moment on c’est comme si elle englobait toutes les femmes. J’ai bien aimé cette sensation que la narratrice nous parle directement, nous comment son quotidien.

Chaque chapitre par d’un aspect physique et la narratrice nous entraine dans les méandres de l’esprit et de l’âme humaine. Par exemple, le corps est examiné jusqu’ la moindre petite particule, on va suivre par exemple la moindre veine vers le globule rouge et en chemin elle va raconter sa vie, ses pensées mais aussi de son pays, des femmes etc… Pour moi cela reste quand même une écriture viscérale,  elle qui prend aux tripes… Elle incise avec son scalpel les chairs et les mots ont la même fonction. Parfois le récit prend quelques pages et à d’autres moments en quelques phrases elle concentre les idées et les sensations. De l’infiniment grand à l’infiniment petit tout semble ses refléter dans le corps. On ressent parfois un détachement, une mise à distance par rapport aux événements racontés et puis d’un coup c’est comme si elle se repliait sur elle-même et le lecteur avec. C’est émouvant et sans pathos.

L’écrivaine est irlandaise, comme la narratrice, et le texte est bien ancré en Irlande. On a des références historiques, politiques et la place de la religion catholique avec tout ce que cela implique. Et puis on va vers la femme irlandaise en Irlande.

J’ai beaucoup aimé toutes références culturales et surtout picturales, elles donnent au récit un aspect encore plus visuel. Elle joue avec le visible et l’invisible.

Cet ouvrage touche des sujets qui font écho  à des choses ressenties, elle met des mots là où je ne savais pas le faire et en même temps c’est assez universel pour englober beaucoup d’être humains, « Éclats de vie ».

C’est le genre de livre qu’on pose parfois pour laisser le temps de décanter. D’autre fois les sujets sont assez durs puisqu’ils vont de la vie (et ce n’est pas le plus facile) à la mort en passant par la maladie, le deuil, alors on ne peut pas passer à autre chose.

 « Constellations, éclats de vie », m’a marqué et j’espère que vous aussi.

Je vous laisse découvrir cette plume.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

Je tenais à publier cette chronique aujourd’hui d’une part parce que c’est le jour de sa sortie en librairie en français. Et parce que ce soir à 20 h elle va en parler au Centre Culturel Irlandais en ligne. Mais vous pourriez le lire pour le mois de la littérature irlandaise du mois de mars sur le blog « mille (et une) lecture de Maeve » !